Ndla : Je tiens à remercier Umichan17 pour la relecture et les corrections. Egalement un grand merci à Yz3ut3 et Stella pour leur review, je suis brève cette fois pour vous laisser profiter de votre lecture mais sachez que vos petits mots sont appréciés !
Bonne lecture !
Association insolite
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Chapitre 3
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De fait, sa vie avait pris un drôle de tournant à partir de ce moment. Leur vie.
Ces premières journées sur la route furent les plus reposantes. Le cuistot tenait à garder le volant, non pas méfiant au regard des intentions du sabreur. Il avait été clair, la seule et unique fois que Zoro s'était proposé à prendre le relais. Sanji ne tenait pas à ce que son précieux camion finisse sa vie dans un fossé ou aplati contre un mur qui aurait la mauvaise idée de se trouver là. Tout ce que Zoro avait à faire était d'occuper le siège passager. La grande majorité du temps, il faisait donc ce qu'il faisait de mieux dans ce genre de situations. Dormir.
Le camion restait donc à l'arrêt le temps que le cuistot prépare leurs trois repas par jour. Le sabreur n'en avait pas tant demandé mais il appréciait. Durant les rares pauses qu'ils faisaient pour que le cuistot prenne sa dose de nicotine, Zoro en profitait pour se dégourdir les jambes.
― Reste dans mon champ de vision, lui rappelait le cuisinier à chaque fois qu'il le voyait s'éloigner. J'ai pas envie de passer le reste de la journée à te chercher.
Zoro avait fait attention, aussi bizarre que cela puisse paraître. La perspective de se perdre au beau milieu de nulle part n'était pas plus réjouissante que d'être traité comme un enfant par cet arrogant blondinet. C'était drapé de sa fierté qu'il faisait un petit tour sous les yeux attentifs de son compagnon de voyage.
Dès que la nuit tombait, le cuisinier mettait un point d'honneur à s'arrêter dans une aire de repos ou ce qui s'en approchait le plus du moment qu'il y avait de la lumière et que c'était fréquenté. Les hamacs étaient installés dans la seconde partie du camion, la réserve. Zoro était le premier à s'endormir, bien sûr. Jamais il n'avait vu ou entendu Sanji se coucher ou se lever. Les premiers jours, il avait été réveillé par le cuistot lui-même pour le petit-déjeuner. Les jours suivants, le sabreur avait pris le pli.
La seule chose réellement notable avait été un contrôle policier. Un camion-restaurant qui se baladait sur des routes de campagne avait semblé suspect aux yeux de ces représentants de l'ordre.
Une perte de temps infinie. En le voyant approcher, Sanji avait ouvert la portière et reculé son siège. Zoro eut plus qu'un aperçu du flic. Il avait l'air de quelques années leur cadet. Ses cheveux roses maladroitement ramené à l'intérieur de sa casquette, quelques mèches rebelles s'étaient échappées. Il montra un badge flambant neuf sous lequel était déclinée son identité tout en remontant ses lunettes perchées sur le bout de son nez.
― Descendez avec les papiers du véhicule et votre permis s'il vous plaît.
Le flic avait jeté un regard plein de préjugé sur Zoro. En y repensant, c'était sans doute la présence du sabreur qui l'avait poussé à faire sortir le cuistot du camion. Il avait lu de la crainte sur ce visage juvénile lorsque son attention s'était brièvement portée sur les sabres derrière le siège passager. Il s'était éloigné à grands pas, attendant que le conducteur le suive.
― Quelle plaie, avait soufflé Sanji.
L'inspection dura en tout et pour tout moins d'une minute. Le temps pour son compagnon de voyage de descendre et de montrer ses papiers. Zoro n'avait rien entendu des quelques paroles échangées entre eux. Par contre, il vit le policier pâlir devant les papiers qu'il lui rendit avec précipitation. Il le salua, une main sur sa casquette beaucoup trop grande.
Sanji avait paru contrarié. Il avait glissé ses affaires dans la portière et avait redémarré le camion d'une main tremblante.
Zoro n'était ni très disert ni très curieux de nature. Ils échangeaient donc peu. Le cuistot était celui qui engageait la conversation, le plus souvent. Jamais ils n'avaient parlé d'eux, rien de personnel. Ce fut la première fois que le sabreur se posa des questions sur l'identité de son bon samaritain. A se demander si sa première impression sur lui n'avait pas un fond de vérité.
La première semaine de cohabitation était vite passée, et avait été extrêmement calme.
Le huitième jour, Zoro fut arraché de sa torpeur par des coups sur le volet métallique. Des coups puissants, insistants, presque impérieux.
Sans réfléchir, le sabreur sortit du hamac, sabre en main. Il tira la porte, prêt à dégainer.
― Qu'est-ce qui se passe ?
Deux paires d'yeux se tournèrent vers lui, la troisième levée vers le ciel.
― Comme j'essayais de te l'expliquer, Luffy, je ne suis plus tout seul, reprit Sanji. J'aurais aimé que tu fasses preuve de plus de délicatesse. Franky va te tuer à la moindre bosse.
― Désolé…
Un rire léger se fit entendre à côté du responsable du tout ce boucan. Le cuistot termina de pousser les panneaux avant de se tourner vers un sabreur complètement perdu. Ce dernier eut une vision plus claire des deux nouveaux venus. Une jeune femme à la peau hâlé, à la longue chevelure de jais et aux grands yeux bleus qui le toisaient avec curiosité. Son compère était homme, plus petit qu'elle et aux cheveux aussi sombres que les siens. Une mince cicatrice soulignait son œil gauche.
― Je vous laisse faire connaissance, j'ai un petit-déjeuner à préparer, annonça le cuistot.
Il ajouta, soudain si sirupeux que Zoro ne put retenir une grimace :
― Ne t'en fais pas, ma Robin d'amour, je me dépêche !
― Au contraire, prends ton temps, Sanji. Personne n'est pressé.
Le cuistot disparut dans la réserve, louant la patience et la bienveillance de la belle jeune femme au passage. Il passa devant son compagnon de voyage comme une tornade.
Zoro raccrocha son sabre à sa ceinture et, en relevant la tête, croisa le regard étincelant de curiosité du jeune homme au chapeau de paille. Presque aussi lumineux que son sourire. Devant un tel intérêt, le sabreur ne put s'empêcher de se sentir un poil menacé, de la même manière qu'on pouvait craindre le pire d'un ami trop affectueux.
― Comment tu t'appelles ? Moi, c'est Luffy et voilà Robin.
Le sourire de la belle brune s'élargit devant l'embarras du sabreur qui répondit :
― C'est ce que j'ai cru comprendre… Zoro.
― Tu veux bien être mon ami ? Les amis de Sanji sont les miens !
Le vert eut un œil sur la porte fermée de la réserve, dans le doux espoir soit que le cuistot ne puisse les entendre ou en soit capable et songe à venir à sa rescousse. Ce qui ne risquait pas d'arriver.
― On n'est pas… 'fin on se connaît depuis un peu plus de deux semaines quoi.
Robin comme Luffy parurent surpris. Le jeune garçon s'était étalé sur le comptoir, les mains fermement arrimées, yeux écarquillés.
― Ah ouais ? On dirait pas !
Zoro était perturbé par une telle spontanéité. Un véritable concentré d'innocence que ce drôle d'énergumène.
― Pourquoi ça ?
― Disons que c'est la première fois que Sanji invite quelqu'un à voyager avec lui, expliqua Robin. Nous nous disions que vous étiez de vieux amis.
« De vieux amis? » C'était à ça qu'ils ressemblaient de l'extérieur ? Zoro n'en avait pas l'impression.
― Vous vous connaissez depuis longtemps ?
― Plusieurs années maintenant, répondit Luffy. J'étais pratiquement en train de mourir de faim quand je l'ai rencontré pour la première fois.
Ah, étrangement peu surprenant. Le garçon au chapeau de paille eut un petit rire à ce souvenir, insouciant.
― Sanji ne parle jamais de lui, ajouta Robin. Je ne serai pas surprise d'apprendre qu'il a un frère jumeau ou quelques cadavres dans le placard.
Si cette femme plaisantait, elle n'en laissait rien paraître. Elle devait forcément plaisanter, on ne racontait pas ce genre de truc à un parfait inconnu, sachant que Zoro était plus ou moins bloqué avec lui. Son sourire l'invitait à pencher pour cette option.
S'il y réfléchissait deux secondes de plus, il parviendrait à la conclusion que Sanji n'avait pas l'air du type à gâcher de la nourriture pour un gars s'il comptait le tuer. Pas aussi longtemps.
Soudainement, Luffy se redressa.
― Il en met du temps, Sanji ! Je devrais aller l'aider, il va peut-être me récompenser.
Avant que l'idée de le retenir n'effleure l'esprit de Zoro ou Robin, il ouvrit la portière et bondit sur la porte de la réserve qu'il referma derrière lui.
― J'imagine que ça craint ?
― Non, Sanji s'en occupe, assura Robin.
― Entre nous, il est très… très...
― Amical ? Sanji a confiance en toi alors Luffy ne se pose pas de questions. Du moment que tu ne deviens pas son ennemi, j'entends. On s'y fait.
Le visage de Robin s'illumina à ses paroles. Il y avait plus chez ce bonhomme que ce qu'il laissait paraître. Tant mieux.
La porte derrière Zoro fut sèchement claquée. Le cuistot réapparut, une caisse dans une main, le col de Luffy dans l'autre.
― Combien de fois faudra-t-il que je me répète ? Pas. Touche !
― Je voulais seulement t'aider !
― Ce serait vraiment gentil de ta part si tu ne te servais pas au passage ! Prends les chaises et la table, on mange dehors. Désolée de l'attente, ma Robin d'amour, je n'en ai plus pour longtemps promis !
Robin s'empara de la table sur laquelle Luffy allait s'empêtrer d'une minute à l'autre. Zoro suivit le garçon pour l'aider à mettre les chaises en place. Le cuistot n'avait certainement pas besoin de l'avoir dans les pattes dans la cuisine.
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― Ne t'en fais pas, ma Robin d'amour, je vais m'occuper de la vaisselle. Repose-toi, tu dois être fatiguée à force de surveiller l'autre tête-en-l'air toute la journée.
― C'est bon, je vais le faire.
Zoro partit à l'intérieur du camion-restaurant, emportant la vaisselle sale avec lui sous le regard stupéfait de Sanji. Ce dernier s'installa à côté de la belle brune, tous les deux gardant Luffy dans leur champ de vision. Le jeune garçon semblait avoir trouvé son bonheur dans la faune de la forêt locale.
― Qu'est-ce que vous faites au beau milieu de nulle part ? s'enquit le cuisinier.
― Luffy voulait voir du pays, expliqua Robin. Nami s'inquiétait à l'idée qu'il pourrait s'attirer des ennuis alors je me suis proposée.
Son regard chut sur la tasse de thé que Sanji lui avait préparée.
― Si je devais être honnête, j'avais aussi mes raisons pour partir avec lui.
Le cuisinier eut la sensation qu'il était sur le point de marcher sur un terrain glissant et dangereusement pentu.
― Tu sais… Si…
― Oui, je le sais. Merci, Sanji.
Un sourire lumineux réapparut sur les lèvres de Robin.
― Et toi alors ? Tout va bien de ton côté ?
― Oh oui ! Oui, bien sûr. Niveau nouveauté… tu l'as déjà vu.
― Question chamboulement, tu te poses là. Il y a une raison particulière ?
Sanji croisa les bras sur la table, soudain pensif. Il mâchonnait la cigarette qu'il avait glissée entre ses lèvres sans l'allumer. Son ton baissa drastiquement, assuré qu'il fut que les cris d'excitation de Luffy et les bruits de vaisselle couvriraient sa voix.
― Pour être honnête, moi aussi… ça commençait à me peser. D'être seul, constamment, avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête…
― Nous sommes là pour toi, s'il le faut. Tu m'as fait promettre de n'en rien dire à Luffy et les autres mais s'il y a besoin...
Sanji leva la main avant qu'elle ne dise un mot de plus. Ça allait, pas besoin. Non, vraiment, son quotidien avait radicalement changé. Pour le mieux. A dire vrai, c'était la revoir qui l'y avait fait penser. Rien de mal, bien sûr. Il aimait beaucoup la capacité d'écoute et de discrétion de sa Robin d'amour. Il n'avait pas besoin de plus. Comme à son habitude, à ses yeux, Robin était la plus adorable et la plus charmante. Rien de nouveau sous ce soleil-là.
Ce fut ce moment-là que Luffy choisit pour revenir avec le fruit de ses recherches, irradiant de fierté et de félicité. Cette joie-là était terriblement contagieuse. Le cuisinier sentait un sourire apparaître malgré sa répulsion pour les insectes. Ce lucane était une merveille, pour sûr.
― Qu'est-ce que je peux faire pour vous maintenant ?
― C'est très gentil de ta part, Sanji, mais on ne va pas s'attarder. Nous allons reprendre la route.
― Alors je vais vous concocter un petit quelque chose pour le déjeuner. Je ne sais pas si vous croiserez une aire de repos avant la fin de la journée.
― Oh ! Tu pourrais nous faire des paniers-repas de pirate ? Comme ceux de la dernière fois ?
Après avoir obtenu l'approbation muette de Robin, le cuisinier fut ravi de prendre la commande. Il ajouta mentalement un thermos de café à glisser pour la jeune femme, à côté de ses sandwichs. Il remonta dans le camion, laissant Robin à sa lecture et Luffy à la traque d'un nouveau spécimen de coléoptère.
― Tu t'en sors ?
Zoro haussa les épaules, ignorant la grimace que le cuistot affichait devant son manque évident d'ordre. Un œil sur l'égouttoir avait suffi pour qu'un frisson d'inconfort parcourt tout son corps.
― Ce n'est que de la vaisselle.
Par contre, il vit le spasme qui agita le sourcil de Sanji.
― Bien sûr. « Que » de la vaisselle. Ce n'est « qu'un » service inestimable. Une seule fêlure et tu tâteras de ma semelle.
― Je voudrais bien te voir essayer.
Cette tension dans ce corps longiligne, encore. Un mot de plus, le geste, et il allait falloir sortir du camion pour éviter la casse.
Il sortit une assiette de l'évier, la faisant émerger de cet océan de mousse. Il la passa sous l'eau, la secoua effrontément pour ensuite la laisser tomber dans l'égouttoir sous les yeux d'un cuistot sur les nerfs. Ce dernier choisit de ne pas répondre à la provocation. Pas devant Robin tout de même. Lui avait de bonnes manières.
― On vous laisse ici alors ? demanda Sanji. Vous en êtes sûr ?
― Certain, répondit Luffy. Ça t'embête pas de nous donner ton numéro, Zoro ? Ce serait sympa de se recroiser, un de ces quatre !
Ils se connaissaient depuis quoi ? Deux heures, trois ?
― Oh, je n'ai pas de… de téléphone.
Loin de s'en formaliser, le jeune homme au chapeau de paille répondit :
― Pas grave, Sanji a mon numéro. Je l'appellerai.
Ses derniers mots avant de repartir avec un entrain renouvelé à l'idée de s'être fait un nouvel ami. Robin leur fit un petit signe de la main avant de suivre Luffy.
― Un peu épuisant, non ? dit Zoro.
― Luffy ? Ouais, un peu. Malheureusement, on s'y habitue très vite.
Le sourire de Sanji était d'une joie enfantine, contagieuse semblait-il. Zoro le sentait déjà fleurir sur ses lèvres.
― J'imagine bien. Je me rends compte que venir en aide aux crève-la-faim, c'est une habitude chez toi.
― Je suis aussi passé par là. Je n'ai pas toujours eu ce beau camion pour me balader d'une ville à une autre. Quand j'étais petit, jusqu'à ce que mon vieux me recueille, je n'ai pas toujours mangé à ma faim, tu vois ce que je veux dire.
Autant pour les préjugés que Zoro avait conçu sur son compagnon de voyage, il ne donnait vraiment pas l'impression d'avoir connu la rue.
Le cuisinier leva les bras au plus haut pour s'étirer, fit craquer son cou avec un soupir d'inconfort.
― C'est pas tout ça mais on a de la route à faire. On va pas rester au milieu de nulle part toute la journée !
Zoro s'installa sur le siège passager. D'ici, il parvenait encore à les voir par le rétroviseur. Un Luffy surexcité et une Robin d'un calme olympien s'éloignaient petit à petit, sans se retourner.
Malgré lui, ce petit gars lui manquait déjà.
Le jour suivant, le cuistot dut constater le désœuvrement dans lequel le passage de Luffy les avait laissés.
― Plus grand-chose à manger pour ce matin, Luffy a tout dévoré. Ce sera des œufs.
― Du moment que t'as du shoyu, ça me convient.
Sanji ne se rappelait pas lui avoir demandé son avis. Pas encore.
― Œufs au shoyu pour toi alors, dit-il. Il reste quelques tranches de bacon. Pancakes, ça t'intéresse aussi ? Avec un peu de sirop d'érable, de la poire caramélisée…
Il parlait déjà pour lui-même. Le cuistot pouvait composer un menu en quelques secondes. Il fallait lui donner ce crédit, même avec peu, il savait être créatif. De son côté, à sa demande, Zoro faisait l'inventaire des provisions stockées dans la réserve. Le travail avait été tellement pré-mâché que le sabreur n'avait qu'à sortir les caisses une à une, compter et reporter le résultat sur la feuille qui lui avait été donnée.
― Il va falloir qu'on fasse un arrêt à la ville la plus proche, conclut le cuistot. Je ne pensais pas y être obligé aussi tôt mais on n'a pas le choix.
― Pourquoi est-ce que ça t'embête ? Nourrir tout ceux qui sont dans le besoin, c'est pas ton objectif ?
― Si ça l'était, je m'y prendrais autrement. Je te l'ai dit, je cherche un endroit précis… Et après ce qui s'est passé la semaine dernière, ce n'est pas ici que je le trouverai.
― Tu parles du flic ?
Le cuistot opina, pensif.
― Ça t'arrive souvent ?
― De temps en temps disons. Assez pénible à force.
Soudain, Sanji tourna la tête vers lui.
― Maintenant que j'y pense, tu me disais chercher quelqu'un, toi.
― Oui.
Le silence qui s'installa fut tendu. Zoro eut la présence d'esprit, quoique tardive, d'ajouter :
― Pas pour le tuer, rassure-toi.
― Bizarre, j'ai dû mal à te croire
― Si je t'en fais le serment, ça te va ?
A la vue des yeux plissés et de l'air suspect, ce n'était pas le cas. Loin s'en fallait. Zoro déposa la caisse de provisions, ôta les gants de sécurité pour les glisser à sa ceinture.
― A première vue, on ne dirait pas mais je suis un homme d'honneur. Je t'en fais le serment solennel, ce n'est pas dans l'optique de faire quoi que ce soit d'illégal.
Sanji accepta la poignée de main sans hésitation.
― J'ai plus tendance à croire ce genre de mec.
― Tu veux pas en savoir plus ?
― Si c'est pas illégal, ça me va. Je suis pas le mieux placé pour te demander de te justifier.
Sanji se tordit le cou pour jeter un œil à l'inventaire. A voir le bref froncement de sourcil, le passage à la ville était plus que nécessaire.
― Je passe du coq à l'âne mais il n'y a personne que tu veux passer voir dans le coin ? demanda le cuisinier. J'aurais sûrement dû te poser la question beaucoup plus tôt.
― Non, personne.
Sanji parut déconcerté.
― Ah… excuse-moi...
― C'est pas écrit sur ma gueule, tu pouvais pas savoir. Pour dire la vérité, j'ai quelques connaissances. Pas du même niveau que Luffy ou Robin.
― Assez rare, ça.
Sanji frappa le plat de sa main de son poing, une idée lumineuse lui traversant soudain l'esprit. Il partit à l'avant du camion pour farfouiller dans sa boîte à gants. Farfouiller n'était pas le bon terme vu l'ordre qui y régnait.
― On va faire ça, on va en profiter pour refaire le plein aussi. Nous sommes ici… oui, si on prend la route maintenant, on y sera deux heures avant le déjeuner. Ça me laisse largement le temps de tout préparer.
― Et le petit-déjeuner ?
― Le petit-dé… Les œufs ! Le bacon !
Le cuisinier fit un demi-tour maîtrisé vers ses fourneaux, effaré qu'une discussion avec tête de mousse ait failli lui faire rater une cuisson.
Le reste de cette matinée s'était passé selon les prévisions du cuistot, à savoir qu'ils avaient atteint la ville la plus proche en peu de temps.
― Elle a l'air assez grande en plus, fit remarquer Zoro à leur approche.
― Un peu de civilisation ne pourra me faire que du bien. Je commençais à en avoir marre de parler à une algue.
― La ferme. C'est pas plus agréable de parler à un brin de paille.
Sanji allait vertement répliquer lorsqu'un détail dans le paysage attira son attention.
― J'aurais pas trop de mal à me fondre dans la masse, en plus.
Il eut un mouvement de tête vers d'autres camions-restaurant, installés aux abords, aux designs plus tapageurs les uns que les autres. Zoro se rendit compte qu'à côté de ces agressions visuelles, le design de leur véhicule était un modèle de discrétion.
― Si on n'avait pas un besoin urgent de faire des courses, je ne me serais même pas arrêté. Dans le métier, on peut être assez territoriaux. Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu autant de concurrence. Tu vas sans doute me servir.
Zoro eut l'étrange impression qu'il allait devenir un épouvantail le temps de leur bref séjour.
― On va rester que le nécessaire. Le temps de nous ravitailler. Deux jours tout au plus. Je ne veux pas jouer avec le feu.
Il avait eu donc la bonne idée de trouver un endroit à l'extérieur de la ville pour éviter de provoquer ses homologues. Il fut plus complexe d'en trouver un assez éloigné des autres concurrents.
― On va peut-être laisser le volet fermé pour aujourd'hui, t'en penses quoi? s'enquit Sanji, une fois le camion-restaurant installé.
― J'en pense qu'on va peut-être pas chercher des noises dès notre arrivée.
C'est ce que le cuistot avait aussi l'air de se dire.
― Avec autant de restaurants, c'est quitte ou double. Je suis pas sûr de trouver quelqu'un pour honorer ma commande pour le restaurant.
Leurs options étaient limitées et de fait, leur séjour dans le coin allait être de très courte durée.
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à suivre...
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Je vous remercie d'être parvenu jusqu'au bout de ce chapitre ! Il vous a plu au moins ? Si c'est le cas, n'hésitez pas à me donner votre avis, ça se passe dans la petite boite juste en bas de la page.
A vendredi prochain !
