Ndla : Toutes mes excuses, je suis impardonnable ! Comprenez-moi, c'est le dernier chapitre, je voulais retarder un peu sa sortie car après tout... ça ne fait pas si longtemps que j'ai publié le premier. Tout s'est passé si vite, ça va me faire bizarre !... Non, ce n'est pas une excuse. C'est la meilleure excuse !
Je remercie toutes les personnes qui m'ont lue, plus encore celles qui ont laissé leurs avis.
Bonne lecture !
Association insolite
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Chapitre 5
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Le lendemain, Franky se proposa pour aller récupérer la commande que Sanji avait passée. La présence du Sunny oblige, le garage était de toute façon fermé, Nami avait profité de cette journée et du coq pour faire du shopping.
― Quand tu es là, Sanji, c'est toujours plus agréable.
Plus agréable parce qu'il portait ses sacs. Zoro le voyait venir gros comme une maison.
― Nami-chérie, pour toi, ton chevalier servant soulèverait des montagnes !
Zoro lui aurait bien conseillé d'aller le faire pour qu'il arrête de leur pomper l'air. La menace de la rousse incendiaire lui revint instantanément en mémoire. Hors de question de provoquer des ennuis dont il ne se sortirait pas. Le genre financier.
― Je reste ici.
Depuis la veille, son instinct lui soufflait qu'il valait mieux rester au garage. Ou près du Sunny en tout cas. Le cuistot lui avait paru trop inquiet hier et trop nerveux ce matin.
Contrairement à Franky qui lui faisait apparemment déjà confiance les yeux fermés, Nami fut claire en remettant à l'ordre du jour son ultimatum.
Ce fut avec joie qu'une fois le petit-déjeuner ingéré, Zoro retourna dans la chambre pour somnoler. Pas très difficile de nature concernant son confort, il devait quand même reconnaître que c'était plaisant de pouvoir en bénéficier. Un lit était le summum du luxe à ses yeux. Autant en profiter tant qu'il le pouvait.
Ce fut lorsqu'il fut arraché à sa torpeur qu'il se rendit compte qu'il s'était endormi. Il resta paralysé un instant, se demandant ce qui avait bien pu le réveiller. Il se leva et ouvrit la porte avec lenteur. Ce devait être Franky qui revenait ou la sorcière avec son chevalier servant. Zoro ne tenait pas à avoir l'air ridicule, à s'affoler pour si peu.
De l'étage, on avait une vue dégagée sur le rez-de-chaussée, soit le garage et son entrée. Le bretteur se pencha au-dessus de la rambarde
Il y avait bien du bruit, il l'entendait nettement. Du verre et du bois brisés.
Ils provenaient du Sunny, l'une des portières était ouverte. Quelqu'un était entré !
Zoro se dépêcha de descendre les escaliers, sauta les dernières marches. Ce camion comptait trop pour son propriétaire et pour son créateur. Quiconque le saccageait allait se prendre sa lame dans la jugulaire. Il se précipita à l'intérieur du camion-restaurant, sabre à la main.
― Qu'est-ce que…
Le bretteur se paralysa face à l'intrus. C'était le cuistot sans être le cuistot. Son drôle de sourcil et son costume trois pièces n'y trompait pas cependant rien d'autre ne correspondait. On aurait dit une mauvaise version de Sanji. Une réplique aux cheveux à la coupe ridicule et au vert criard.
― T'es qui toi ?
L'intrus eut un petit rire, aussi léger que méprisant.
― Tiens donc, quel culot ! Ça ne se présente pas mais ça veut connaître mon identité !
L'homme le détailla de haut en bas.
― T'es venu avec l'autre bon à rien. Je ne suis même pas étonné, il a toujours aimé fréquenté des miséreux.
D'un coup, tout devint clair pour Zoro. Le mec de la veille au soir, c'était lui. Le garage devait être surveillé depuis un long moment, pour qu'il sache que Zoro ne faisait pas parti des employés. La mâchoire du sabreur se crispa face à l'effronterie dont faisait preuve ce type.
― Je t'ai posé une question, salopard.
― Yonji. Son frangin, enfin, un de ses frères. A notre plus grand regret.
Au-delà de la vague ressemblance, quelque chose ne lui revenait pas. Pire encore qu'avec le cuistot, avec lequel c'était seulement une question de fierté. La malveillance se lisait sur ce visage, dans chacun de ses gestes.
L'intrus s'empara d'une bouteille de saké qu'il déboucha du pouce. Il entreprit d'en verser le contenu sur le sol.
― Tu diras à mon frangin que quand il aura fini avec ces conneries, il faudra qu'il rentre à la maison. Père a des projets pour lui. Il vaut mieux pour sa petite gueule qu'il revienne de son propre chef.
― Et si je ne le fais pas ?
La bouteille consciencieusement vidée, il la jeta contre le mur.
― Oh, je reviendrai. Pas seul, cette fois. Aujourd'hui, c'est juste un peu de casse. Rien d'important La prochaine fois, qui sait ? Ce véhicule de pouilleux… ou pire.
Yonji ôta les débris de verre de ses vêtements d'une main, un œil sur le sabre.
― Il vaut mieux pour toi que je rentre chez moi sans une égratignure. Père a le bras long. Je n'aurais qu'à lui dire que c'est de ton fait et celui de l'autre raté. Tu pourras dire adieu à ta petite vie tranquille de miséreux.
Le genre de paroles qui l'aurait poussé à réagir. Avec une lame dans la tête de la menace par exemple.
C'était la toute première fois que son instinct lui soufflait de ne rien faire. De s'écraser. Les conséquences de ses actes affectaient quelqu'un d'autre que lui à présent.
Les lèvres de Yonji s'étirèrent en un sourire triomphant. Il avait l'attitude d'un roi en terrain conquis.
― C'est bien ce que je pensais. Bon chien.
Il passa à côté de lui, non sans le gratifier de quelques tapes sur l'épaule avant de sortir du camion-restaurant. Zoro ne bougea pas d'un pouce, entendit à peine ses pas s'éloigner. Il restait pétrifié par ce qui venait de se passer.
Ce jour fut marqué par cette rencontre. C'était la première fois qu'il goûtait à ce brûlant et glacial sentiment qu'était l'humiliation.
Zoro n'avait rien de plus à faire que de mettre ses sabres de côté, de poser un genou à terre et d'entreprendre de nettoyer le chaos que ce salopard avait laissé derrière lui. Lorsque Sanji revint, il n'aurait su dire combien de temps s'était écoulé depuis le départ de son frère.
― Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il entendit l'épouvante dans cette voix.
― Petite visite de ta famille.
Le cuistot se figea sous le regard de son compagnon de voyage. Il était persuadé qu'il y avait du jugement et de la colère dans ces quelques mots.
― Je… vais finir de nettoyer. Va prendre l'air.
Sanji lui tourna le dos, presque voûté. Il allait se réfugier dans la réserve pour récupérer balai et serpillière quand Zoro l'alpagua.
― Tu m'as pas dit.
― Tu m'as jamais demandé.
― M'a jamais semblé important jusqu'à aujourd'hui.
C'était première fois que Sanji évitait sciemment son regard.
― Tu as raison, je vais aller sortir quelques minutes.
Zoro resta au dehors, durant un temps qui sembla infini. Il était juste sorti pour s'asseoir, hors de vue de son compagnon de voyage. L'humiliation subie était un poids, il avait l'impression de lutter contre un haut-le-cœur permanent.
Ce n'était pas la faute de Sanji. Pourtant, dans un recoin de son esprit, il lui en voulait. Sanji avait raison, il ne lui avait rien demandé. Si Zoro lui avait posé la question, lui aurait-il dit la vérité, toute la vérité ? Maintenant, il ne le saurait jamais. Zoro était celui qui s'était proposé pour l'accompagner où qu'il aille. Se connaissant, même en sachant la vérité, il n'en aurait eu rien à foutre. Il l'aurait plutôt pris pour un défi. Dans sa tête, il n'existait pas d'adversaire contre lequel il ne pouvait diriger sa lame.
Ce n'était pas la faute de Sanji si son connard de frère était entré par effraction et avait saccagé le Sunny. Il n'était pas responsable de ses actions. Grands dieux que Zoro aurait aimé que le cuistot soit là durant cette confrontation, qu'il lui donne la confirmation qu'il n'arriverait rien si le sabreur lui cassait la gueule. Une leçon que son foutu frère n'aurait pas oubliée de sitôt.
― Zoro ?
Entendre son prénom dans ce contexte eut l'effet d'un électrochoc. Il se redressa, ignorant son corps qui protestait contre ces mouvements soudains après tant de temps resté inactif.
― Nami et Franky sont sur le chemin de retour. On va repartir.
― Ouais… Bonne idée.
Il ne se sentait pas de rester dans les environs une minute de plus. La possibilité que l'autre enflure soit dans les parages lui retournait l'estomac.
― T'étais pas avec elle ?
― Elle m'avait demandé de ramener ses affaires, elle devait aller voir quelqu'un.
Zoro eut un œil sur les multiples sacs que Sanji avait déposés à la hâte.
― J'ai tout expliqué à Franky. Il m'a dit que Sunny était en parfait état de marche, reprit le cuistot. Il aurait voulu prendre le temps pour faire des petites améliorations. Ce sera pour la prochaine fois.
Ils attendirent leur retour sans prononcer un mot de plus. Chaque minute avait rendu le blondinet plus anxieux.
Le ravitaillement fait et le Sunny sorti du garage, Sanji s'était installé derrière le volant. Il attendit que le bretteur prenne sa place sur le siège passager.
― Bonne route et prenez soin de vous, dit Franky. N'hésitez pas à revenir surtout. Je vais vous jouer« La Balade du Cuisinier et du Sabreur » pour accompagner votre départ.
Nami roula des yeux face aux larmes de son patron. Elle fut d'une poignante sincérité en s'adressant au cuisinier.
― S'il y a le moindre problème, Sanji, dis-le-nous. S'il te plaît.
― C'est promis, Nami. Je suis désolé pour tout.
La jeune femme eut un sourire maladroit.
― Ne t'en fais pas pour nous. On en a vu d'autre par ici ! Luffy rappliquera au besoin. Surtout… prends soin de toi d'accord ?
Zoro capta son coup d'œil sur lui. S'ils avaient eu plus de temps pour se connaître, elle aurait certainement voulu lui en faire la demande.
― Ça va aller, Nami. Je… On reviendra.
La rousse était encore plus inquiète à présent. Il le voyait bien. Il n'arrivait pas à trouver les mots pour la tranquilliser.
Ce fut le cœur lourd que Sanji les fit quitter la ville. S'ensuivit de longues minutes où le silence fut roi. Sanji fixé sur la route, Zoro sur le paysage. Il fallut au moins ce temps pour que les langues se délient. Comme si s'éloigner de cette ville éloignait aussi la menace.
Zoro eut l'impression qu'il devait briser le silence.
― Mihawk, ça te dit quelque chose ?
Il fallut quelques secondes au cuistot pour répondre, visiblement perplexe par cette prise de parole, inattendue venant du bretteur.
― Oui, vaguement. Le meilleur kendoka de ces deux dernières décennies. J'ai vu son nom apparaître dans les journaux de temps à autre.
― C'est lui que je cherche. Pour lui prendre son titre. Je l'ai promis à une amie.
Le cuistot garda le silence, malgré les nombreuses questions que ces révélations lui inspiraient. Quelque chose semblait lui souffler que ce serait une mauvaise idée.
― Beaucoup trouveraient con de vouloir tenir une promesse faite quand on était petits. Surtout quand l'amie en question n'est… plus de ce monde depuis longtemps.
― T'es vraiment un gars qui tient ses promesses. Je respecte.
― Tout ça pour dire… Je me suis fait pas mal d'ennemis de mon côté. Je n'aurais pas dû remettre ce qui s'est passé sur toi quand moi non plus j'ai pas été complètement honnête. Je suis...
― C'est bon. Pas besoin de t'excuser.
Sanji poussa un long soupir avant de poursuivre.
― Ils sont la raison pour laquelle je ne reste jamais longtemps nulle part.
Et qu'il avait choisi de ne pas rester avec ses amis. Il ne voulait pas les mettre en danger, qu'on s'en serve contre lui, qu'on leur fasse du tort. Il s'en serait voulu. Zoro l'avait bien cerné, il était le genre de type à se sacrifier pour les autres, à préférer qu'on s'en prenne à lui plutôt qu'aux personnes à qui il tenait le plus. Eux en avaient parfaitement conscience. Cet endroit qu'il cherchait était un endroit épargné de l'influence de sa putain de famille.
Sanji baissa brièvement les yeux sur ses mains resserrées sur le volant.
― Vinsmoke. Ce… c'était mon nom. Plus qu'un mot inscrit sur mes pièces d'identité maintenant.
Voilà pourquoi aucun représentant de autorité l'emmerdait. Il se rappelait avoir vu le fonctionnaire de la dernière fois pâlir devant ses papiers.
― Navré de t'annoncer que tu traînes avec un raté.
Il faisait des efforts pour se maîtriser, restait concentré sur l'asphalte. Ne pas avoir à regarder son compagnon de route aidait pour éviter l'effondrement de ce masque qu'il s'était composé.
― Surtout navré pour toi d'avoir une famille pareille à supporter. Je ne pensais pas qu'être un orphelin pouvait être un avantage.
Zoro et sa morale douteuse. D'accord, dans ce cas-là, il voulait bien le croire. Il ne savait pas grand-chose de ce type mais si même lui se trouvait plus chanceux qu'un gosse de riche, il n'irait pas le contredire. Les histoires au sujet de sa famille fleurissaient à chacune de leur décision, de leurs apparitions, tant et si bien qu'elles étaient légions. Trafics d'armes, d'humains, actes de piraterie. Ils avaient beau faire pour avoir cette image irréprochable, plus propre elle semblait, plus ce paraître impeccable devenait incroyablement compliqué à maintenir.
― Il t'a donné un message à me transmettre, n'est-ce pas ? Je sais déjà ce qu'ils veulent de moi, et ça n'arrivera pas.
Zoro n'avait pas vu la situation prendre une autre tournure. Ce n'était sûrement pas la première fois qu'un membre de sa famille lui rendait visite. Si Sanji était toujours sur les routes, c'est que sa décision était déjà prise. L'épéiste vit un sourire nerveux, son regard attiré vers son compagnon de fortune en l'entendant pousser un soupir.
― Tu te souviens du jour où tu m'as proposé de m'accompagner ?
Zoro s'en souvenait, oui. Il avait tiré un trait sur son ancien mode de vie si vite qu'il avait cru qu'il regretterait sa décision.
― J'ai vraiment eu l'impression d'être utile à quelqu'un. Je devrais sans doute pas te le dire mais… j'étais heureux.
Aussi bizarre que cela puisse paraître, Zoro comprenait. C'était aussi ce qu'il avait ressenti, ce jour. Qu'on ait besoin de lui autant qu'il avait besoin de l'autre.
― J'ai toujours vécu pour les autres, ajouta Sanji. Je pensais pas que ce serait aussi sympa de vivre avec.
― Moi non plus.
Zoro ne pouvait pas le nier. Pas un moment, il n'avait regretté sa vie de solitaire. S'il avait été un peu tatillon, il aurait pu trouver de nombreuses raisons pour lesquelles il aurait dû y mettre un terme plus tôt.
Non, même pas. C'était mieux comme ça.
Il était heureux que sa route et celle de Sanji se soient croisées, pour le meilleur comme pour le pire apparemment.
Le cuisinier parut surpris par sa réponse. Puis son sourire s'étira, complice, aux derniers mots de Zoro pour conclure sur cet incident.
― On continue à faire ce bout de route ensemble ?
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Fin... ?
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Alors ? Comment avez-vous trouvé cette petite histoire ? Eh oui, c'est bel et bien la fin mais si des habitués passent par là, ils se souviendront peut-être que je ne pas mets pas un point final à mes histoires. J'aime bien l'idée qu'elles se poursuivent, qu'on puisse s'imaginer ce qui va se passer par la suite.
Je tiens à remercier d'avance les personnes qui auront eu la gentillesse de ne pas seulement consommer cette petite fanfiction et qui vont laissé leurs impressions. Vous avez toute ma sympathie !
Au plaisir de se recroiser (un jour ) !
