-Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée que je vienne Esteban. Si je vois Sirius Black ils vont avoir dû mal à me dire non après.
-Ils ne pourront pas te dire non Hermione, c'est précisément pourquoi tu dois venir.
Hermione hocha doucement la tête. Évidemment elle avait envie d'avoir un tuteur, de pouvoir quitter enfin l'orphelinat, mais elle était tout de même mal à l'aise à l'idée d'imposer ça à Lupin sans lui laisser le choix. Elle suivit cependant Esteban et ils se dirigèrent vers le bureau du directeur.
-Bonjour Morolla, les accueillis Dumbledore. Ah, et Miss Granger vous a accompagné.
Hermione murmura un « bonjour », très mal à l'aise. Le ton critique de Dumbledore ne lui avait pas échappé, mais si Esteban l'avait perçu lui aussi il ne le montra pas. Il y avait deux autres hommes dans la pièce, qui étaient debout côte à côte. Le premier était Remus Lupin, leur professeur de Défense contre les Forces du Mal. Le deuxième devait bien sûr être Sirius Black. S'il avait encore les traits tirés et la mine lugubre qui étaient déjà présents dans les journaux, Black était cependant beaucoup plus présentable. Il portait des habits propres et ses cheveux longs étaient attachés en une petite queue de cheval. Dans son attitude il y avait un mélange d'élégance et de désinvolture et Hermione se dit qu'il avait dû être très beau. Ce fut Lupin qui prit la parole en premier.
-J'en ai parlé avec Sirius, et je suis d'accord pour être le tuteur de Miss Granger également, si vous le permettez Dumbledore.
Hermione ne put s'empêcher de souffler de soulagement et elle vit du coin de l'œil le sourire satisfait d'Esteban.
-Très bien, dit Dumbledore, si ce point là est fixé il me reste donc à vous expliquer comment cela va se dérouler. Comme le professeur Lupin vous l'a déjà expliqué, il est absolument capital que les gens ignorent que Sirius est de notre côté et que nous le cachons. Pour cela nous avons choisi d'utiliser sa maison familiale, actuellement inoccupée, qui se situe au 12 Square Grimmauld, à Londres.
Sirius Black fit une grimace qui semblait indiquer qu'il n'était pas vraiment satisfait de cette décision, mais Dumbledore continua.
-Cette maison étant incartable, elle nous servira également de quartier général pour l'Ordre du Phoenix.
-Le quoi ? Demanda Esteban en fronçant les sourcils.
-L'Ordre du Phoenix est une organisation secrète de résistance contre les fascistes. Elle existait déjà lors de la précédente guerre, et la montée des actes fascistes au cours des derniers mois nous a forcé à la remettre sur pied. Elle se compose d'un certains nombre de personnes, dont moi-même, Remus Lupin, Sirius Black, et les professeurs McGonagall et Rogue.
-Rogue ?!
Esteban n'avait pas pu s'empêcher de lâcher cette exclamation, mais elle fut en partie cachée par une question d'Hermione.
-Cela veut dire que tous ces gens sont au courant pour, euh, Sirius ?
-Oui, mais ce sont les seules personnes qui le sont avec vous deux, et cela doit impérativement rester le cas.
Après qu'Esteban et Hermione aient hoché la tête, Dumbledore continua :
-Pour ce qui est de cet été, vous le passerez donc à Square Grimmauld, en compagnie de Sirius et de Remus qui logera là le temps des vacances.
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Quelques semaines plus tard, Esteban reçu une lettre de Sirius qui était adressée à Hermione et lui. Son parrain lui parlait comme s'il les avait toujours connus et qu'Azkaban n'avait jamais existé. Le ton se voulait joyeux mais il était tout de même facile de deviner l'amertume derrière ces mots. De toute évidence Sirius n'était pas ravi d'être enfermer dans cette maison qu'il avait fui à 18 ans. Il leur disait qu'il avait hâte de les recevoir cet été et que leurs chambres étaient prêtes. Et puis il avait joint à sa lettre une photo qu'Esteban passa des heures à contempler. On y voyait trois garçons d'environ 15 ans, qui riaient face à la caméra. Antonio était au centre, portant sur lui le pull de l'équipe de quidditch de Gryffondor ( Esteban ne savait même pas jusqu'à maintenant que son père en faisait partie ). A sa droite se trouvait Lupin, un doux sourire sur son visage et l'air beaucoup plus heureux qu'Esteban ne l'avait jamais vu. A la gauche d'Antonio se trouvait Sirius, avec déjà les cheveux longs et un rire charmeur qui devait faire fondre beaucoup de filles. Esteban repensa aux mots de McGonagall « ils étaient inséparables ! » et il pensa à Lupin à qui on avait répété pendant treize ans qu'un de ses meilleurs amis avait trahi l'autre. Son professeur avait dû passer treize ans de solitude, à essayer de comprendre à quel moment cela avait-il dérapé, qu'est-ce qu'il avait bien pu rater, tout en étant entouré des fantômes de deux garçons qui refusaient de le quitter.
