Chapitre bonus que j'ai écrit à l'occasion de la 20ème review ! (c'est énorme ! Merci beaucoup à celles et ceux qui m'ont soutenue ! :))
Enjoy...
Chapitre bonus :
Je m'appelle Emily Boulge. Etudiante à Lutwidge, je suis une fille de bonne famille. Mon apparence est tout-à-fait banale : des cheveux bruns et ondulés, ni sec ni très brillants, des pommettes hautes, une petite bouche, des yeux en amande, comme la plupart des gens. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, je suis parfaitement dans la moyenne de taille.
Dans ma classe, je suis avec un groupe de filles, aussi de bonnes familles. On ne se mélange pas vraiment avec les personnes inférieures à notre rang, à vrai dire. Elles n'en valaient pas la peine
Pareillement pour les garçons : ils mènent une autre vie que les filles, et on ne cherchait pas à aller vers eux –eux non plus. Nous connaissions notre place. Les activités de filles n'étaient pas faites pour les garçons, et inversement.
C'est donc une vie banale comme mon apparence que je menais.
Jusqu'à ce que je le rencontre.
C'était une amie qui m'avait parlée de lui. Elle était dans sa classe l'année précédente. Dès que je l'avais vu, il m'avait intriguée. En dehors du fait qu'il était un Nightray, je voyais en lui quelqu'un d'extraordinaire autant en tant qu'étudiant qu'en tant d'escrimeur. Il était aussi un grand leader et était très travailleur. Aimable, poli, il semblait aussi rêveur. Je le voyais à ces regards dans le lointain…
Le seul élément qui perturbait mon petit rêve était ses deux valets. Deux petites gentes du peuple qui le collaient partout où il allait. Et parmi ces deux valets, une fille. Ils avaient l'air de s'entendre très bien ensemble, en plus ! Tout cela me fit jalouser cette garce. Le plus frustrant, c'est qu'elle brillait dans les mêmes domaines que mon Elliot. J'étais bien consciente que beaucoup de filles de ma classe étaient aussi amoureuses de mon chéri, mais elles n'avaient aucune chance. Et je ne pensais pas en avoir non plus.
À part si je devenais son amie d'abord ? Ou si je faisais en sorte qu'il m'admire ou me soit redevable ? Me renversant la tête plusieurs fois, je trouvais enfin la bonne solution : je devais faire en sorte qu'il me trouve intéressante à la première conversation !
Les histoires dramatiques n'étaient pas celles qui manquaient, après tout. J'avais le droit, moi aussi, d'avoir un passé tragique sur lequel les autres pleureraient avec moi.
Je rêvais un peu trop.
Et c'est avec cette idée de conquérir enfin le cœur de mon aimé que je partis en direction de la bibliothèque. Tout de suite, j'endossais le rôle de la petite fille tourmentée. J'étais presque certaine qu'il n'avait pas une image assez formée de moi –même si cette remarque me fit grincer les dents. Il était là, lisant un livre quelconque –inintéressant comparé à l'homme qui le lisait, ses deux valets au-dessus d'un même livre, dans une lecture synchronisée. Ils étaient prostrés dans un coin, il me fut donc facile d'approcher mon futur époux.
C'est avec ce paysage que je me rendis compte de leur lien. Je restais un moment à les observer, jusqu'à ce qu'Elliot ne se lève, se dirigeant vers le rayon des livres d'histoire. Je fis mine d'arriver après lui et d'attraper un livre bien trop haut pour moi dans les étagères. J'avais en tête qu'il m'aide à prendre le livre. Comme il ne me regardait pas, je grognais comme si je n'y arrivais pas. Il se tourna vers moi avec un regard intrigué. Tout de suite, je baissai les yeux et me remis sur mes pieds.
- Lequel tu veux ? Me demanda-t-il en regardant les étagères au-dessus de moi.
Le plan marchait à merveille, tout se déroulait comme je l'avais pensé.
- Celui-là s'il te plait… dis-je, lui indiquant d'un doigt lequel je voulais.
D'un geste élégant, il prit le livre et me le donnait.
Bien sûr, je n'avais aucune idée de ce qu'était le bouquin, mais ça n'avait aucune importance. Je fis mine de remarquer son livre d'histoire et le questionnait :
- Tu révises aussi, Elliot ?
Il avisa ce qu'il avait sous le bras et eut un sourire en coin.
- On peut dire ça comme ça, oui.
- Elliot, tu t'en sors avec… Ah, pardon, je vous interromps.
Oui, parfaitement ! Comment cette fille pouvait-elle se permettre de les arrêter en si bon chemin ? Je regardais le valet fille se diriger vers nous, un grand sourire sur le visage. Par contre, elle, ne me regardait pas du tout. Elle fixait Elliot avec un éclat joueur dans les yeux. À quel point étaient-ils proches ? Ma poitrine se contracta. Je pris le livre contre moi, en proie à un grand désarroi. Elle lui parlait si facilement… Elle, au moins, pouvait l'approcher quand elle le voulait.
Elle chuchota finalement quelque chose à son maître qui rougit furieusement et s'en alla sans demander son reste.
- C'est ton valet ? Lui demandai-je, connaissait tout de même la réponse.
- Oui, une vraie plaie.
Il pesta encore un peu contre son valet et revint vers moi. Son regard me fit plus mal que je ne le pensais, et je l'ancrais dans ma mémoire. Sa douceur dans son regard…
- Tu voulais quelque chose d'autre ?
- Non, merci beaucoup ! M'exclamai-je.
- Au revoir alors.
Il ne me fit même pas un geste de la main et partit rejoindre ses deux amis.
Finalement, rien n'avait marché.
Je rêvais d'être à la place des deux adolescents près de lui. Je le vis s'énerver un peu contre eux suite à une remarque désobligeante de cette peste, et se remettre à sa lecture, encore rouge.
Que signifiaient ces joues rouges ?
De la honte ?
De la colère ?
De l'amour… ?
Peut-être l'aimait-il, après tout. Je faisais pâle figure à côté d'elle. Elle était tout ce que je n'étais pas : pas banale. De longs cheveux blonds délavés, deux yeux d'un bleu violacé, un petit nez, de discrètes taches de rousseur, une petite taille, un air à la fois mystérieux et moqueur, ce froncement de sourcil presque constant… Sa franche était relevée dans cette coiffure qu'elle aimait beaucoup. Un simple serre-tête la mettait en valeur, elle et son front blanc et ses longs cils blonds.
Mon dieu ce que j'étais jalouse d'elle. Le scénario de la Belle au Bois Dormant s'agença dans mon esprit. Elliot était le Prince, Ariane était la Belle et Léo était les parents. Moi, j'étais sûrement la sorcière. En tout cas, j'aimerai l'être : j'aurais toujours une solution pour que le Prince et la Princesse ne finissent pas ensemble.
Il était une fois, un Roi et une Reine qui n'avait pas d'enfants. Ils souhaitèrent de tout leur cœur en avoir un et le jour de la naissance de leur fille, toutes les fées furent invitées.
Toutes, sauf une.
Et je comprenais la Fée Carabosse, après tout c'était tellement lamentable de se sentir mise de côté ! J'espérais aussi que la Princesse se pique plus tôt dans l'histoire. Ariane, lors de ses 16 ans et à cause de la malédiction de la sorcière mécontente, se piqua le doigt avec un rouet et s'endormit.
Il y avait deux possibilités maintenant.
La version de Charles Perrault était celle que tout le monde reprenait, et je les comprenais. Même si, pour cette peste d'Ariane, je préférais la première. Celle où la Belle mourrait. Je l'étriperai, cette garce…
Deuxième journée. Mon plan me parait inconcevable, maintenant. Pourtant, je décidai d'essayer encore : j'irai dans la salle de musique juste avant eux et peut-être qu'ils seront subjugués par ma prestation ! Peut-être même que je pourrais jouer avec mon Elliot !
Elliot et Léo étaient encore ensemble. Ariane, elle, devait d'abord récupérer un livre à la bibliothèque avant de les rejoindre dans la salle de musique. Cette salle était presque entièrement à eux. Personne n'y allait, et elle avait la réputation d'être utilisée par un Nightray, ce qui diminuait les visites. C'est pour ça qu'en entendant quelqu'un jouer dans la salle, les deux jeunes hommes furent surpris.
À cette heure-ci, le piano était libre. Du moins, il l'avait été toutes les semaines précédentes. La mélodie était frêle et maladroite, même pas belle. C'était juste un ramassis de notes sans aucun rythme que faisait valdinguer le soi-disant artiste.
Les amis se regardèrent, puis Elliot soupira.
- Nous repasserons plus tard.
- Peut-être qu'ils ont mangé quelque chose de mauvais ce midi…
Son maître hocha la tête et ils fuirent presque ce morceau en tous points horrible.
Ils n'étaient pas rentrés, mais je ne me laisserais pas abattre. Je jouais peut-être trop bien et ils avaient honte. Ou étaient gênés. Ou alors ils voulaient laisser l'artiste jouer…
Le plan continuerait toujours. Pas question que je laisse mon Elliot à cette peste d'Ariane, ça non !
Je me voyais déjà, dans les bras de mon amour. Je serais tombée d'un arbre pour récupérer un chat (je sais qu'il les adore, je l'ai appris lors d'un de mes suivis) et il m'aurait rattrapée.
- Pourquoi te mets-tu toujours en danger ?!
- Ce chaton avait besoin d'aide alors…
- Idiote ! As-tu au moins une idée du souci que je me suis fait ?!
- Elliot… ?
Il détourna le regard en rougissant.
- Je ne pourrais pas me le pardonner s'il t'arrivait malheur !
Il me regarda profondément dans les yeux.
- Emily, je–
- RÉVEILLEZ-VOUS JEUNE FILLE !
La professeure, une des rares enseignantes féminines, me toisait alors que je gardais de grand yeux ouverts de surprise.
- Comment vous ont éduquée vos parents ? Vous devriez avoir honte !
Je baissais la tête, l'insultant de tous les noms intérieurement. Je faisais un si beau rêve ! Un rêve qui me rappelait ma mission : faire en sorte qu'Elliot tombe amoureux de moi. Alors ce soir, ce serait la mission « prétendre faire le ménage seule (j'avais dit à mon partenaire de ne pas venir) et entreprendre de me faire aider par Elliot ».
Le crépuscule, associé à une déclaration enflammée.
J'étais sûre qu'il ne résisterait pas.
Alors que tout le monde sortait de la classe, je m'approchais d'Elliot :
- Excuse-moi…
Derrière, je vis Ariane chuchoter quelque chose à Léo.
- Désolée de te déranger, m'excusai-je en faisant ma mijaurée.
- Qu'y a-t-il ? Fit-il.
- Comme tu m'as aidée la dernière fois, je me disais que tu m'aiderais aussi aujourd'hui…
Ariane fronça les sourcils et me menaça du regard.
- T'aider à quoi ? Souffla mon chéri.
- En-en fait, mon partenaire ne-ne voulait pas m-m'aider, il disait avoir un truc à f-faire…
J'espérais bien feindre le bégaiement.
Elliot fronça les sourcils à son tour dans un visage qui ressemblait bien trop à celui de sa domestique. Me faire cette remarque me brisa encore plus le cœur et je sentis les larmes couler. Ariane avait de la chance… Les yeux si beaux du noble me firent chavirer. Alors que je sanglotais, mon cœur rata un battement. Je devais rougir, mais je le trouvais beau. J'avais chaud.
- Hey ?! S'exclama Elliot.
- Tu es toujours désagréable, voilà pourquoi. Rétorquèrent comme une évidence ses deux valets.
Même s'il était brutal, je l'aimais. J'aimais tout chez lui.
- Je vais t'aider !
Puis, se tournant vers ses domestiques :
- Attendez-moi dans la bibliothèque !
J'étais sûre qu'Ariane était jalouse, et c'était certainement le cas au vu de son expression.
- Je vais t'aider, arrête de pleurer maintenant !
J'essuyais des larmes malgré moi, sans trop de conviction.
- Qu'as-tu à faire ?
Il posa de manière virile mais subtile son sac contenant son épée ; il était vraiment parfait.
- Il faut nettoyer le tableau et vider les poubelles. Ensuite, on devra marquer le nom des prochains chargés de ménage.
- D'accord. Je m'occupe des poubelles, tu rinces le tableau.
- Hm…
Avant qu'il ne parte, je lâchais l'incontournable :
- Merci Elliot ! Merci beaucoup…
Avec un signe de la main, il partit.
Je commençai alors à nettoyer le tableau. Comme nous étions dans un amphithéâtre –ou dans une salle qui s'en rapprochait, le tableau prenait toute la longueur mais aussi toute la largeur de la pièce. Autant dire qu'il y avait du travail.
Je m'y attelai donc non sans soupirer. C'était pour ça que personne ne voulait aller faire le ménage et que des paires étaient formées. Le sol, on ne le faisait peut-être pas, mais le tableau, lui, encombrait tout le mur devant les sièges.
Je pris une chaise pour commencer le haut du tableau. Sur la pointe des pieds, j'essayai d'atteindre le plus possible le haut mais ce qui devait arriver arriva : je tombai.
- Attention !
Elliot me rattrapa dans ma chute, comme si j'étais un poids plume.
- Tu vas bien… ?
Il avait dit ça d'une voix si douce que je rougissais.
Nos lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'une de l'autre et je contemplais avec insolence ses yeux. Mon cœur cessa de battre et je m'arrêtai de respirer dans un mouvement. Nous restions là, muets, alors qu'il se rapprochait :
- J'ai assez attendu pour ça.
Et tandis que nos bouches se rejoignaient je–
- Qu'est-ce que vous faites ?
Allongée au sol, j'aperçus Léo. Je devais vraiment arrêter de rêver debout.
Il avait un visage inexpressif collé à la peau. C'est cette expression qu'il prenait quand il ne souriait pas.
- Où est… commençai-je.
- Elliot est parti, me coupa-t-il avec un sourire, et je vous demanderais d'arrêter.
- A-Arrêter quoi ? Fus-je prise au dépourvu.
- Arrêter de suivre Elliot, de le surveiller, de le regarder en permanence, de voler ses gants pour avoir son odeur, de couper ses cheveux sans qu'il ne le remarque. Elliot est très naïf sur ce point, mademoiselle Boulge, alors je suis sûr qu'il n'a pas fait attention qu'il y avait un problème avec vous, mais je ne suis pas comme lui.
Son sourire sa rallongea et je me relevai prestement :
- Mais je l'aime ! C'est mon unique amour !
- Mais ce n'est absolument pas réciproque.
Je tiquai. Ça n'allait pas se passer comme ça !
- J'aime tout chez lui !
- Je n'en ai rien à faire.
Les larmes me vinrent alors qu'il rajoutait :
- Votre vie doit être bien triste !
Je sortais en courant de la pièce.
Ses mots avaient été durs.
Sanglotant dans les couloirs, je me rappelais le sourire de mon amour. Et alors que je traversais le jardin, je les vis. Ariane et Elliot s'embrassaient. Les mains vicieuses d'Ariane étaient posées sur les joues de mon amour que je distinguais de dos. Alors qu'il faisait un pas en arrière, j'entendis derrière moi :
- Tu vois pourquoi tu dois arrêter ?
Léo m'avait rattrapée et j'haletais. Blessée profondément, je repartis.
Mon cœur saignait.
Les mots de Léo retournaient ma tête et la scène du baiser se répétait en boucle. Mon chéri ne m'aimait pas. Il ne m'aimerait jamais. Cette peste d'Ariane me l'avait pris.
Et Léo, dans tout ça ? Pourquoi m'avait-il dit tout ça ? Sans doute ne voulait-il pas que je souffre. Qu'Elliot souffre. C'était un geste noble qu'il avait fait. En y repensant, malgré ses difficiles, il s'était montré doux et compréhensif…
Et s'il m'aimait ?
Je sentis mon cœur battre la chamade. Que m'arrivait-il ?
Quelque part dans les jardins de Lutwidge, Léo éternua.
- Tu as attrapé froid ? Demanda Elliot.
- Non, je ne crois pas, répondit le concerné avec un sourire.
Il fit signe à Ariane que la voie était libre et celle-ci retira les mains qu'elle avait posées sur les joues de son maître.
- J'ai retiré la toile d'araignée de ton visage, informa-t-elle.
- J'aurais pu le faire moi-même… Soupira le blond. Au fait, merci Léo pour avoir remonté les poubelles. J'espère qu'Emily a fini de son côté.
- C'est ce qu'elle m'a dit en tout cas, je n'ai pas pu voir, déclara Léo.
Ils reprirent le chemin pour aller à la salle de musique et Ariane, pour son bon plaisir, rajouta à l'intention d'Elliot :
- Ah, et l'araignée est toujours dans tes cheveux.
Il s'immobilisa et la jeune femme souffla dans son oreille :
- Voilà, elle est partie…
Rouge, Elliot se retourna vers elle pour s'exclamer :
- Quand vas-tu arrêter ?!
Ariane prit la main de son ami brun et tira la langue :
- Jamais !
Les jours qui suivirent, Elliot nota un changement dans le comportement d'Emily Boulge.
Elle suivait Léo, le lorgnait du regard, souriait en le voyant…
- Je crois que tu as une admiratrice.
Léo s'arrêta de pianoter, soudain très sérieux.
- Qui ça ?
Elliot n'aurait pas cru qu'il serait aussi grave, lui-même l'avait signalé un peu pour rire.
- Emily Boulge, dans notre classe, celle que j'ai aidée il y a deux semaines.
Elliot entendit Ariane se lever brusquement de sa chaise et sortir dans un grand fracas.
- Que se passe-t-il ? S'étonna-t-il de plus en plus.
- Rien, le rassura Léo. Elle est dans ses périodes.
Elliot ne parut pas comprendre, sourcil levé, alors son ami lui sourit.
Oui, c'était certain ! Léo m'aimait, sinon il ne m'aurait jamais dit ça !
Et qu'il était mystérieux avec ses lunettes et ses cheveux qui lui cachaient le visage ! Il jouait tellement bien du piano, aussi. Et il faisait partie des meilleurs élèves de notre promotion.
L'homme parfait.
Comment un homme aussi bien que lui pouvait travailler pour un Nightray ? Il méritait mieux ! Il méritait… moi !
Et Ariane qui tournait toujours autour de lui…
J'avais maintenant la certitude qu'elle aimait Elliot et qu'il l'aimait en retour, mais quand je voyais cette peste rôder autour de mon Léo… Comment faire comprendre à mon aimé que cette fille était dangereuse pour lui ? J'avais bien essayé de le mettre en garde. Trois fois par jour je mettais un papier sur la table où il s'asseyait en cours. L'ayant beaucoup observé, je savais qu'il s'asseyait toujours avant son maître et Ariane. Sur ce papier était marqué qu'il devait faire attention à Ariane et son maître, qu'on ne pouvait pas faire confiance à un Nightray, bien qu'il soit bon en tout ! Je me devais de protéger mon Léo. Nous vivrons ensemble pour l'éternité !
- Boulge !
Ariane avait hurlé mon prénom. Je me retournai avec la ferme intention de lui dire mes pensées les plus profondes. Mais cette peste m'agrippa les cheveux dans un geste violent et me plaqua au mur.
- Je te promets que si tu suis encore mon maître ou Léo, je ne serai pas aussi gentille.
Sa main remonta le long de ma cuisse et me serra très fort.
- Je me demande même jusqu'où je pourrais aller…
Elle mordit le lobe de mon oreille et susurra :
- Je me demande moi-même…
Son grand sourire vint embrasser ma joue alors que ses mains quittaient ma cuisse et ma poitrine. Rouge et honte et de désir, elle attrapa mon menton et–
- BOULGE ! TU M'ÉCOUTES ?!
Venais-je d'imaginer toute la scène ? Encore une fois ?
Ariane porta un coup à ma tête qui me réveilla et je m'exclamai :
- Aïe ! Mais t'es pas bien ! Retourne auprès de ton maître, sale chien des Nightray !
- Tu dévoiles enfin ton vrai visage…
Je déglutissais tandisqu'elle s'approchait de moi.
- Si tu suis encore mon maître ou Léo, je le saurais. Et je ne serai pas aussi gentille que maintenant.
Oh mon dieu, mon rêve éveillé allait se réaliser.
Et alors que je m'apprêtais à sentir sa main passer sur mon sein, j'entendis ses pas s'éloigner de moi. Je venais d'imaginer une scène tellement obscène ! Je m'outrais moi-même, me blessant plus que j'aurais pu l'être. Mais… Si j'avais imaginé tout ça… Je n'avais jamais imaginé une scène pareille avec un homme, alors… Ça voulait dire… Que j'étais amoureuse d'Ariane ? Tout me semblait plus clair…
Et c'est reparti pour un tour.
