"Ce n'est que de l'auto-satisfaction !"

Etre de ceux qui souffrent après un départ. Etre de ceux qui attendent.

Qu'est-ce qui est le plus douloureux ? Etre blessé ou savoir ceux qu'on aime blessés ?


Chapitre 15 :

- Les Twilightsword ?

- Hm, ce sont une famille d'anciens nobles. La famille a disparu avec Mark Twilightsword, qui avait une fille et une femme, mais elles sont mortes toutes les deux lors d'un accident.

- Pourquoi me parles-tu de ça, Elliot ? Demanda Léo après un court arrêt : il s'étonnait toujours de la perspicacité de son ami.

Il ne lui avait rien dit de ce qu'il avait lui-même trouvé, de ce qu'Ariane lui avait confié avant qu'elle ne… parte. Il ne lui avait pas dit parce qu'il savait qu'il continuerait de la chercher, de la pourchasse, peu importe où elle était.

Et Léo savait que ça finirait par leur faire plus de mal que de bien, à tous les deux.

- Je crois savoir qui est la petite fille qu'Ariane voit dans ses rêves…

- Elliot. Coupa Léo une fois.

- La petite Twilightsword est morte, pourtant… Continua-t-il sans l'écouter.

- Elliot !

Un coup bien placé sur la tête faisait toujours du bien, et le Nightray toisa son agresseur.

- À quoi tu joues ?! S'écria-t-il.

- Tu penses toujours à elle ? Elle est partie, Elliot.

De mauvais poil après avoir entendu la seule chose qu'il ne voulait pas entendre, Elliot se remit en chemin pour son étagère favorite, où trônaient les tomes du Chevalier Saint.

Il se souvenait d'elle, de ses cheveux, de sa voix, de ses blagues, de sa joie, de ses peurs, les mêmes que les siennes, torturée par ses rêves.

Il se souvenait de ses magnifiques yeux qu'elle avait failli crever devant lui.

Tout lui manquait chez elle.

Lorsqu'elle était partie, lorsqu'on l'avait enlevée, il s'était rendu, impuissant, dans le bureau de son père.


- Qu'est-ce que signifie tout cela, Père ?!

- Nous avons été prévenus que ton valet était une fauteuse de trouble. Elle a été prise à plusieurs reprises en train de voler des biens de valeur dans le manoir, en train de se battre avec des voyous de sa fréquentation : ça ne pouvait plus continuer comme ça. D'autant plus que cette histoire à Lutwidge n'est pas passé inaperçu !

Même si Elliot savait que tout cela était faux, il ne pipa mot. Une colère noire silencieuse le faisait bouillonner. Il était maintenant certain que son père lui cachait quelque chose, et il était aussi certain qu'il était la cause de sa disparition. Quant à Ernest, il avait exprimé son droit de véto en lui disant qu'il n'avait fait que ce que leur père lui avait demandé.

- Soit. Où est-elle maintenant ?

Si elle ne pouvait pas le voir, il irait la voir.

- Loin, maintenant.

Sachant que son humble Père ne dirait rien, Elliot partit de la pièce dans un grognement.

Il n'y avait pas cru, à tous ces arguments.

Elle était toujours à ses côtés, toujours à son service quoi qu'il puisse arriver. La blessure dans son dos en était la preuve.

C'était ce côté qu'il détestait et c'est pour ça qu'il l'avait énervée.

Elle était égoïste.

Furieux contre son père, contre Ernest qui avait participé à cet enlèvement, il s'était retrouvé penaud lorsqu'on avait annoncé sa mort. Claude, puis Ernest…

Sa sœur était désormais son seul réconfort.

Ses frères morts, son valet disparu.


Léo l'avait aidé à traverser tout ça, mais il avait toujours du mal à se détacher de cette vérité qui sonnait faux. Quand quelque chose n'allait pas, il n'était pas du genre à abandonner. Il cherchait toujours la vérité, quitte à ce qu'elle soit cruelle. Parce qu'il n'y avait rien de bon à vivre dans le mensonge.

Et qu'en pensait Léo ? À chaque évocation de la fille, il se cabrait, devenait violent. Ne serait-ce qu'un instant plus tôt. Il ne l'autorisait pas à faire des recherches, il ne l'autorisait pas à en parler. Leurs cœurs souffraient d'un vide qu'Ariane seule pouvait combler. Ils ne savaient même pas à quel moment elle était devenue indispensable dans leur cohésion.

Se remettant en route jusqu'à l'étagère, il trouva un jeune garçon, qui semblait avoir son âge, scrutant avec attention les tomes de sa série favorite. Cette image lui rappela vaguement une certaine jeune fille aux yeux vairons, penchée sur un promontoire, observant avec avidité les livres entreposés.

Il vit à peine Léo s'asseoir derrière une colonne, tout près du rayon, pour que personne ne puisse le déranger.

- J'ai pris ce tome, si tu le cherches.

Elliot n'avait pas vraiment envie de parler à cet étudiant, mais la nostalgie, la curiosité et surtout la politesse l'avaient dirigé vers ce blond. Il n'était pas le genre de personne à laisser galérer quelqu'un à la recherche de son tome.

- Tu… aimes ce livre ?

L'adolescent, avec des cheveux blonds comme les blés, des yeux émeraude, tourna la tête vers lui, intrigué. Ses yeux pétillants intriguèrent un peu Elliot, qui attendait qu'il réponde.

- Oui… ! Beaucoup ! Répondit-il.

- Oh, et que penses-tu du valet du chevalier ?

- Edgard ? C'est celui que j'aime le plus !

Elliot se raidit à l'entente de ce nom. Cet imbécile… !

Il continuait son monologue sur la perfection de ce personnage, en plus !

Edgard était un personnage infect, et voir quelqu'un s'extasier autant sur ce personnage l'agaçait au plus haut point.

- Vraiment…

Le jeune homme parut surpris par le claquement de langue d'Elliot. Le "Tch" retentit dans toute la bibliothèque, comme s'il venait de claquer des doigts.

- Je suis désolé, mais Edgard est le personnage que je déteste le plus. Lâcha-t-il au nouveau venu.

C'était à Elliot de faire un monologue : sur l'inutilité, l'imbécillité de ce personnage. Ce genre de personnage était très aimé des amateurs, mais Elliot trouvait sa psyché ridicule. Alors il déballa son venin concernant Edgard pendant longtemps. Jusqu'au moment fatidique :

- … Il est mort seul, en priant pour le bonheur des personnes qui étaient importantes pour lui.

L'adolescent à côté de lui ne bougeait plus. Elliot et lui restèrent un moment interdit.

- Edgard… Est mort ?! S'indigna le petit avec des yeux larmoyants.

- Hein… ? Bah oui, rappelle-toi, dans le milieu du tome 16…

- Haaa, tu m'as spoilé ! S'exclama l'adolescent blond.

- Mais un vrai fan le saurait depuis longtemps !

- Tais-toi, j'ai un trou de 10 ans, tu sais ?

Remuant son désespoir, il continua à décharger la tristesse qu'il avait de savoir son personnage préféré décédé.

- Je n'ai juste plus la volonté maintenant… Je voulais vraiment le lire, mais maintenant ma passion est partie ! Et qu'est-ce que tu as voulu dire ? Edgard n'est pas mort pour protéger son maître ? C'est son style !

- Hein ?! C'était juste de l'autosatisfaction !

Il repensait à ces heures à répéter la même scénette à Ariane qui n'avait jamais retenu la leçon. Vraiment, ce genre de personnage au cœur si grand qu'ils en devenaient égoïstes… Ça l'agaçait au plus haut point.

Pendant un silence électrisant, Léo intervint :

- Vous ne pouvez pas faire moins de bruit ? Joseph est dans une situation difficile. Et je pense que c'est la faute d'Elliot, termina-t-il.

- Pourquoi ce serait la mienne ?! –Elliot était outré que Léo ne soit pas de son côté.

- Tu demandes l'opinion des autres, et ensuite tu les forces à adapter ton point de vue s'ils pensent différemment. Non ?

Prêt à étriper son ami, Elliot s'approcha de Léo, les mains frémissant à cette idée. Mais il ne ferait jamais ça à son valet. Pas alors qu'il lui rendrait au centuple.

- Excuse-toi comme un homme. Lâcha Léo.

Plein de bonne volonté, Elliot se tourna vers le nouveau et s'apprêta à s'excuser. Seulement, sa tête ne pouvait pas lui revenir. Jamais il ne pourrait s'excuser auprès de ce fan d'Edgar.

- Paaard– Nabot. De quel côté es-tu Léo ?! Tu n'es pas censé être du mien en tant que valet ?

L'intrus qui rentra dans la pièce à ce moment-là observa la scène avec nostalgie. Ses longs cheveux blonds délavés passèrent au bout de du rayon, attirant l'attention de Léo, qui ne s'intéressa plus du tout à la dispute devant lui. Elliot sortait déjà de la pièce, de toute façon. Il avait sûrement rêvé.

- Hey, toi ! Appela Elliot. Dis-moi ton numéro d'étudiant et le nom de ton professeur principal ! On verra ça une autre fo–

- Ça n'a pas d'utilité, Elliot. Ce garçon est l'intrus qui a causé tout ce grabuge.

Soudain requinqué, Elliot se tint de toute sa taille devant le « nabot », prêt à l'attraper s'il ne faisait qu'un seul pas.

- Pourquoi tu ne l'as pas dit tout à l'heure Léo ? Ronfla-t-il comme un dragon, déjà en train de se craquer les phalanges.

- Il n'avait pas l'air d'être quelqu'un de méchant. Lâcha tout simplement son valet.

- Ce n'est pas le problème !

Alors qu'il s'énervait de plus en plus, une douce voix intervint pour essayer de calmer la situation :

- Attends, Elliot… !

Reconnaissant la voix, haïssant cette voix, il vit la silhouette d'Ada Vessalius rentrer dans la pièce, très visiblement en panique.

Son corps tremblant de haine, la haine que les années lui avaient inculquées, celle qu'Ariane et Léo avaient essayé de guérir, cette haine fit trembler son corps.

Il bouscula une chaise, qui alla éclabousser la pièce d'un bruit sourd.

- Ada Vessalius, je croyais pourtant avoir été clair avec toi, ne sois pas si familière ! Rugit Elliot.

- Tu ne devrais pas t'adresser ainsi à tes aînés, Elliot… Soupira Léo.

- Je m'en fous ! Alors, Ada Vessalius, tu connais cet intrus ? Serais-tu la même fauteuse de trouble que ton oncle ? Ce doit être bien, de faire tout ce qu'on veut, vu que vous êtes les descendants d'un héros.

Ada semblait en pleine bataille intérieure, consciente que si elle prononçait un mot de plus, elle s'attirerait les foudres de son camarade. Quant à l'intrus derrière, il n'était pas en reste, choqué par les paroles toujours plus cruelles d'Elliot.

Léo n'avait pas rêvé. Les cheveux blonds délavés réapparus. Suivant inlassablement cette trace, il la vit enfin.

Après un regard vers lui, Ariane sortit de la pièce.

Il l'avait bien vue mettre son doigt sur ses lèvres. "C'est notre secret." Mais Léo en avait eu assez d'attendre. Il se serait précipité si le nabot n'avait pas provoqué son maître.

-Elle a l'air pas mal, cette mallette…

- Mon sac… ! S'étouffa Elliot.

- Si tu veux la récupérer, tu n'as qu'à m'attraper !

L'intrus prit le bagage à la volée, et s'enfuit avec, sans laisser le temps à Ada Vessalius de le suivre.

Il courut à toute vitesse, laissant derrière lui un Nightray furieux et son valet, indifférent.

Quelque chose était sur le point de commencer.


Trainant dans les couloirs, sifflant la berceuse de son enfance, la jeune femme s'était infiltrée dans Lutwidge comme dans un moulin. Elle connaissait ce chemin par cœur. A droite, puis à gauche, reconnaissant parfaitement chaque recoin de l'école, même chaque passage secret. Et puis, Oscar Vessalius lui avait rendu un service formidable en se faisant remarquer dès leur entrée dans le lycée.

Elle avait revêtu l'uniforme de l'école et avait défait ses longs cheveux. Son œil rouge totalement exposé, elle se baladait sans attirer l'attention. Si elle le voulait, elle pouvait même se rendre invisible, mais valait mieux juste passer inaperçue. C'aurait été étrange que les portes s'ouvrent toutes seules.

Les Baskerville avaient sûrement déjà dû enlever Oz à l'heure qu'il était, ils étaient venus à Lutwidge pour ça après tout. Le "nabot" -ce surnom la faisait tellement rire- s'était retrouvé un bon endroit au bon moment, pour eux. Ils devaient sûrement ressembler à des antagonistes, pour Oz -et pour tous les agents de Pandora en ce moment.

Cette pensée l'attrista. Jack avait très bien joué son coup, mais ce serait le dernier qu'il ferait.

Parce qu'elle allait l'anéantir, comme elle lui avait demandé.

Elle enjamba la sœur du nabot comme s'il s'agissait d'un tronc et fit reculer le chat qui la suivait partout en le poussant doucement.

- La rose le mal ~ Finit-elle en tournant une chandelle au détour d'un couloir.

Le mur s'ouvrit et avec un grand sourire, elle passa l'arche qui devait la mener jusqu'au repère des Baskerville.


Elliot trouva Ada Vessalius évanouie en plein milieu d'un couloir. Il n'était pas inquiet pour elle, loin de là, par contre il avait peur que l'intrus n'ait fait quelque chose de mal. Il avait toujours son sac, son précieux sac, et il le traquerait jusqu'au bout du monde pour le récupérer.

Les chats d'Ada étaient toujours près d'elle, comme s'ils voulaient lui dire quelque chose. L'un d'entre eux grattait le mur. Elliot comprit que la suite se trouvait derrière le fameux mur. Mais comment faire pour activer le mécanisme ?


L'air était frais, dans les souterrains. A en avoir la chair de poule. L'atmosphère devint plus humide, presque dur à respirer. Ariane continua son bout de chemin, prenant son temps pour imprimer dans ses rétines tous les petits détails de la promenade.

- Alors que les fleurs commencent à peine à éclore…

Elle entendit du bruit, les sons des pas des deux personnes qu'elle suivait. Apparemment, les Baskerville s'étaient mis en route. Leur cible était Oz, alors Ariane ne mit pas longtemps avant de deviner que les deux personnages devant elles étaient Charlotte -dont elle entendait même la voix jusqu'ici- et le Vessalius, son prisonnier.

- L'Iris le bien et la Rose le mal…

La lumière parfois laissait voir son visage trop maigre. Elle avait tant perdu que la voir debout était un exploit, et elle n'essayait même pas activement de remédier à cette faiblesse. Parce qu'elle avait autre chose à faire.

- Étanchent leurs soifs chez les Humains…

Sans même s'en rendre compte, elle était déjà arrivée. Son rythme était beaucoup plus lent que celui de ses proies, et c'était pour une bonne raison. Après tout, il fallait bien que le héros arrive au bon moment.

- Les seules fleurs restantes…

Elle ne savait plus très où est-ce qu'elle avait appris la suite de cette contine.

-Ont bien du mal à survivre…

Peut-être était-ce elle qui avait inventé ces paroles ?

- L'Iris le bien, la Rose le mal.


-Qu'est-ce qui cloche avec ce bougeoir ?! S'énervait Elliot en essayant de trouver comment accéder au passage secret.

Léo apparut derrière lui, ombre fugace, et lui indiqua qu'il fallait tourner les luminaires. Il foutut une frousse monstre à son maître, qui lui demanda où il était passé.

-Je t'ai cherché partout, Elliot. Fit Léo -apparemment il était plus perdu que le blond.

-Et maintenant… Souffla ce dernier en regardant le chat s'engouffrer dans le passage.

-Qu'est-ce qu'il va se passer ? Termina Léo comme s'ils n'étaient qu'un seul homme.

Ils se jetèrent un regard avant de suivre le chat.


Laissant son regard pénétrer la pièce secrète remplie de caisses, elle vit Doug et Fang. Aux murmures de mijaurée de Charlotte et au souffle saccadé d'Oz -elle ne voulait pas savoir ce qu'ils faisaient- elle devina qu'ils étaient derrière ces fameuses caisses.

Elle en avait oublié qu'elle s'était camouflée, mais valait mieux faire la plus grande première impression, pour une première rencontre.

La jeune intruse inspira bien fort et cria :

- Ooooooz, tu es là ?!

Les Baskerville se retournèrent vers elle, étonnés de voir une si jeune fille arriver dans ces souterrains secrets, et marcher si courageusement dans cette atmosphère si lourde. Aucun étudiant n'était censé connaître ce passage, ni même savoir qu'ils étaient aujourd'hui à Lutwidge.

Charlotte se redressa au-dessus d'Oz. Elle devait déjà être en train de le faire chanter -d'une façon ou d'une autre et l'intruse ne voulait pas savoir.

- Oooooz ? Répéta-t-elle.

Faisant semblant de juste remarquer les personnages aux capes rouges, la jeune femme, dans son rôle toujours plus exagéré, mit une main sur sa joue :

-Oh, mais qui êtes-vous ? Je ne crois pas que l'école ait autorisé qui que ce soit à se promener dans les souterrains ! Pas possible, vous seriez… des intrus ?

Charlotte la regardait enfin dans les yeux. L'adolescente put lire distinctement le nom de sa mère sur ses lèvres.

Charlotte la confondait avec sa génitrice, et il y avait de quoi. Elle était sa copie parfaite, sur tous les angles. Et elle l'avait déjà rencontrée, elle. Doug et Fang eurent la même réaction, comme s'ils voyaient une revenante.

Le regard inquisiteur qu'elle posait sur les Baskerville les empêchait d'esquisser un seul geste sans qu'ils ne sachent pourquoi. Doug essaya de lui sauter à sa gorge mais se rétracta comme s'il avait rencontré un mur.

-Vous n'auriez pas vu mon Oz ? Reprit-elle. Je suis à sa recherche depuis qu'il a volé la possession d'un autre étudiant.

Dans cette même poussée théâtrale, qu'elle avait empruntée à Xerxès Break, elle avança vers les Baskerville qui reculèrent en la menaçant. Même si Charlotte avait envie de tirer son couteau dans sa vilaine carotide, elle ne pouvait pas. Une force l'empêchait même de la regarder. Si elle trouvait cela agaçant, elle se consolait en se disant qu'il en allait de même pour ses frères.

La jeune fille qui tenait les Baskerville en haleine se dirigea vers eux et, comme ils n'arrivaient pas à la toucher, passa à travers le groupe comme dans de l'eau. Elle découvrit un Oz attaché qui ne savait pas vraiment ce qu'il se passait. Sur le sol, totalement dérouté, il regarda les Baskerville souffrir, comme s'ils étaient pris d'une énorme migraine. Il sursauta quand il entendit son nom :

- Ah, Oz !

Elle le détacha d'un geste souple, laissant apercevoir les alliances qu'elle portait en boucle d'oreilles qu'il observa, fasciné.

-T'es qui, bordel ? Cracha Charlotte, à peine debout.

-Tu sais très bien qui je suis, Lottie. Répondit l'intruse avec un sourire. N'essaie pas de me faire croire que tu as oublié.

-Ce n'est pas possible, tu- Qui est là ?!

Un bruit venant de l'entrée. La Baskerville et l'intruse se dirigèrent vers le vacarme inhabituel. Lottie put enfin lancer son arme, mais cette fois-ci sur Elliot, qui venait d'apparaître de nulle part, accompagné de son valet. Il prit ce dernier par le col et le fit reculer. Sans ça, il aurait reçu le couteau en plein dans la gorge.

- C'est vous ?! S'exclama Oz qui ne s'attendait pas à les revoir -surtout pas ici.

- Tu nous as fait repérer, Léo ! Le gronda son maître.

- Non, c'est toi qui as fait du bruit, Elliot… Rétorqua le valet de sa voix monocorde.

Alors qu'elle entendait enfin leurs voix, les mêmes voix qu'elle épiait quelques minutes plus tôt, son corps fut assailli de secousses. Paniquée, l'intruse ne regarda même pas les nouveaux invités, leur faisant profiter de son dos. Elle profitait que les Baskerville soient occupés avec Elliot et Léo pour expliquer la situation au Vessalius :

-Ecoute-moi, Oz. Connaissant Elliot, il ne laissera pas les Baskerville s'échapper. Notre seule chance est de nous enfuir, pour que Baskerville courent à notre suite. Compris ?

Elle le regardait dans les yeux et attendit qu'il acquiesce. Il finit par le faire, en ravalant sa salive.

- Ils n'ont pas l'air… perdu. Souffla Charlotte (elle parlait d'Elliot et Léo.) Qu'est-ce que vous venez faire ici ? Leur demanda-t-elle.

- Tu demandes ? Je suis venu récupérer ce qui m'appartient !

Si Elliot et Léo s'en allaient maintenant, ils n'auraient aucun problème. Seulement, elle savait très bien qu'ils n'allaient pas s'arrêter là. Parce qu'ils étaient justes et droits.

Mais elle non, et elle s'enfuyait déjà avec Oz, profitant de la diversion bien faite du Nightray.

- Et maintenant, je vais faire mon travail en tant que témoin et capturer les intrus, vous irez tous dans le bureau du principal ! Continua Elliot.

Oz lui aussi s'offusqua mais la jeune femme, elle, n'arrivait juste plus à respirer. Ils étaient l'inconnue dans l'équation rodée qu'elle avait mise au point. Décidément, sa malchance lui retombait toujours dessus.

- Ce ne sont pas des personnes normales ! S'écria le garçon aux yeux émeraudes à l'adresse d'Elliot. Enfuis-toi, vite !

Et elle était d'accord. Elle ne voulait pas qu'ils restent ici.

- Je sais.

La fille sursauta.

- Ce sont les Baskerville, n'est-ce pas ?

Tout le monde dans l'assistance fut surpris. L'intruse profita de ce moment pour embarquer Oz à la suite, hors de la pièce. Elle fut interceptée par Lottie, qui souriait cruellement, une main posée sur son front.

L'intruse se positionna devant Oz, le protégeant de toute attaque.

- C'est dur d'y croire aux premiers abords… Continua Elliot. Mais les Baskerville étaient les acteurs perfides d'il y a 100 ans !

Mais elle, n'entendait plus. Elle avait arrêté d'écouter. Elle connaissait déjà cette histoire, après tout. Ça la faisait rire, parce que Charlotte prenait un air surpris.

L'intruse espérait aussi que Léo ne l'ait pas vue, ce qui était moins probable.

- S'il te plait, fuis ! N'arrêtait pas de supplier Oz.

Si elle pouvait hausser la voix, elle aurait hurlé depuis longtemps. Les Baskerville ne sont pas des adversaires qu'il pourrait battre comme ça. Mais, quelque part au plus profond d'elle, elle était certaine que si c'était Elliot et Léo, ils pourraient créer un miracle.

-Pourquoi tu te marres ? Grogna Lottie en voyant le sourire de son ennemie.

-Tu fais la même chose, Lottie.

Elle entendit plutôt qu'elle ne devina Elliot dégainer son arme. Elle avait déjà vu cette lame resplendissante. Une magnifique épée noire, lisse et fine qui semblait si bien le représenter.

- Mon nom est Elliot ! Je suis le fils légitime du quatrième duché, Elliot Nightray !

Non ! Pourquoi donner son identité ? Cet imbécile !

Il va… Ne demande pas de te battre avec ces monstres !

« Avec ces monstres… ? »

Sa conscience répondait déjà à toutes les questions qu'elle se posait.

Elliot, ne fais pas quelque chose que tu pourrais regretter…

« Pourrait-il seulement regretter quelque chose ? »

Léo, arrête-le, je t'en supplie…

« Tu supplies quelqu'un que tu as abandonné ? »

Non, c'est faux…

« Tu les as abandonné, ma fille. »

Je…

« C'est la pure vérité. »

Cette vérité est un mensonge !

« Penses-tu qu'ils pensent de la même manière ? »

Ce n'était pas–

« C'est de ta faute. Tu les as laissés seuls. Quoique, ils n'en ont peut-être rien à faire de toi. Ils ont surement dû tourner la page depuis longtemps. »

Ils doivent au moins…

« Ils doivent au moins se rappeler de toi ? Tu penses que ton existence les a touchés ne serait-ce assez pour cela ? Quelle hérésie ! »

Les hurlements de son âme, ceux qu'elle ne pouvait pas exprimer, tiraillaient son esprit et le mettaient en pièce.

Se recentrant sur sa mission, elle se retourna vers le Vessalius et le prit par le bras.

- Oz !

D'un coup de sabre, qui était resté pendu à sa ceinture depuis trop longtemps, elle fit reculer la Baskerville qui grimaça.

- Toi… ! Sembla-t-elle exploser.

- Où est l'autre… ? se demanda Fang.

Déjà engagés dans le long couloir qui menait à la sortie, Oz et l'intruse n'entendirent qu'un coup de feu, accompagnés bien vite par ce que l'intruse définit comme une chute de palettes -les boîtes en bois de la cachette ?

Ils furent bientôt rejoints par Elliot et Léo. Oz la tira par le bras, essaya de se défaire, les stoppant dans leur course.

-Ils ne sont plus derrière nous, rugit-il. Je ne vais pas laisser Elliot tout seul sans l'avoir remercié.

Le rictus moqueur qu'elle lui lança choqua le jeune homme qui fut paralysé. Il n'avait pas remarqué son œil rouge, "comme Break" se dit-il.

-Si tu veux les rejoindre, y'a aucun problème. Ma mission est juste de te garder en vie. Et tes intentions suicidaires ne m'aident pas trop.

Sans attendre sa réponse, elle prit l'avance qu'elle lui avait promise, le laissant avec les autres étudiants.

Elle les entendit se disputer, encore. Finalement, elle et Oz se ressemblaient. Ils se faisaient toujours rouspéter par Elliot.

Elle se camoufla encore une fois, sentant sa poitrine se comprimer. Elle avait mal…

- Arrêtez de vous battre.

Un simple sourire flotta sur ses lèvres lorsqu'elle entendit le coup que Léo porta aux deux blonds. Leurs voix lui parvenaient comme un faible écho, mais c'était assez pour qu'elle suivre leur conversation.

- Tu es toujours comme ça ? Demanda Elliot, marmonnant sa barbe.

- Hein ? Essaya de comprendre Oz.

Il avait peur de ce que le Nightray insinuait.

- Tu donnes toujours l'impression que « ce qui peut m'arriver importe peu »

- Ce n'est pas vrai… !

Cette remarque sembla choquer Oz, plus profondément que ce qu'Elliot aurait pu concevoir.

- Si.

- Non veut dire non ! Riposta Oz.

- Si veut dire si ! Tu laisses les choses se faire, comme si ça ne faisait rien : quand ces gars t'ont attaqué, tu persistais à nous dire « ne vous impliquez pas », mais qui allait te secourir ?!

- Que je sois attrapé ou tué n'est pas ton problème !

Elliot plaqua Oz contre le mur, de rage, et débita la haine qu'il portait pour les gens qui ne prenaient pas soin d'eux :

- Combien de cœurs as-tu dû briser… Tu n'es qu'un abruti qui recherche la mort !

- Arrête de parler comme ça, je ne suis pas non plus suicidaire…

- C'est pareil, où vois-tu la différence ?! Tu ne fais que jeter ta vie… Tu penses vraiment que tu vas sauver les autres comme ça ?! Tu ne fais que te protéger toi-même !

Non…

- Tu te fiches des sentiments des personnes que tu laisses derrière toi !

Oz ne pouvait pas parler, il ne pouvait pas contredire cet étranger qui lui faisait une lecture.

-… Tu n'as pas le droit de protéger les autres !

Tais-toi…

- Te laisser tomber, et jouer un rôle tragique, te blesser et blesser les autres, veux-tu continuer à vivre comme ça ?

Oz retira violemment la main qui le retenait prisonnier contre le mur. Quel était son droit, pour dire ? Pour qui se prenait-il, lui qui ne connaissait rien à sa vie ? Toujours obéir, pour essayer d'être le plus utile, pour qu'on m'aime…

-Personne ne sera là pour me pleurer… Chuchota-t-il.

Dans sa tête, Alice apparut. Oscar apparut. Ada apparut. Break, Sharon, Reim…

Gilbert apparut.

Il ne vit pas le sourire de satisfaction d'Elliot, qui était heureux qu'il comprenne finalement où il voulait en venir.

Tout le monde avait des êtres chers, et personne ne s'appartenait totalement à partir du moment où on tissait des liens. Les hommes sont faits pour se blesser, c'est ce qu'avait dit Lottie.

Elliot s'étira, bienheureux, avant de se stopper.

- Qui est là ? s'exclama Elliot.

D'un seul homme, ils décidèrent de suivre les sons des pas qu'ils entendaient plus loin.


- Ah, tu es revenue.

Ariane se mit en garde devant Charlotte. Apparemment, les Baskerville, ou en tout cas Charlotte, les attendaient déjà dans la prochaine salle.

Ils allaient arriver, elle devait s'occuper d'eux pour qu'ils puissent passer.

- Je suis là, oui, fit la blonde avec un sourire.

N'appréciant pas qu'on se joue d'elle, la Baskerville envoya son lion sur la jeune femme.

- Saleté de Chain… Soupira l'intruse.

Persuadée d'être la cible, elle ne vit pas qui l'animal visait réellement.

- Attention ! S'exclama-t-elle quand le fauve passa au-dessus de sa tête.

Fort heureusement, la bande qui venait à peine d'arriver avait réussi à esquiver le lion et Ariane fit barrière entre Charlotte et eux.

- Tu es… ! Commença Oz en voyant l'intruse.

- Je vous ai attrapés ~ Chantonnait Lottie.

En songeant vaguement à l'identité de la personne devant eux, Léo se demanda plutôt à voix haute :

- Un lion… ?

- Une Chain. Corrigea Oz.

- Il n'est pas mignon ? Minauda Charlotte Son nom est Léon. Alors mon garçon, nous laisseras-tu parler avec Jack ?

Son emprise sur son sabre se fit plus ferme, et elle rejeta la Baskerville en arrière.

- Tu es ennuyante. Lui dit Lottie près de l'oreille.

- Je te retourne le compliment. Je ne te laisserai pas Oz !

Sa voix résonna dans la pièce et un grand silence se fit.

Doug et Fang s'ajoutèrent à la bataille, mettant à terre Elliot dans un vacarme assourdissant. Si leurs yeux se croisèrent, ils n'avaient pas le temps pour les retrouvailles.

L'intruse se retrouva au sol après un violent coup de patte de Léon, et là...

Un grand éclair de lumière aveugla tout le monde : l'homme que tout le monde cherchait était enfin ici.

- Ici.

Ariane se retourna vers Oz. Alors ce qu'on disait était vrai…

Des lames apparurent, venant de cette apparition de Jack, griffant tout le monde au visage, mais elle voulait le voir.

Le corps de B-Rabbit se fit attendre quelques secondes. Puis l'homme fit son apparition.

- Jack Vessalius ! S'exclamèrent les deux filles en même temps.

La rage envers cet homme était tellement oppressante qu'Ariane eut un mal désastreux à se contrôler. La haine, la colère, la surprise, la déception, la fatigue, tout se déversa en elle comme on faisait couler de l'eau.

Cet homme savait la vérité.

Cet homme était la vérité.

« Tu ne sauras rien, il ne te dira rien.

Tu vivras dans un mensonge toute ta vie.

Seule cette berceuse te guidera.

Seule seule seule. »

Arrête de rigoler, toi.

« J'énonce la vérité. »

Alors tais-toi.

« Tu ne peux pas me faire taire. »

Je l'aurais déjà fait depuis longtemps sinon.

« Ariane… »

Ne soupire pas.

La voix s'arrêta en même temps que la jeune femme s'évanouissait, la puissance de B-Rabbit était trop pour son corps.


- Tu t'es réveillé…

On ne me parlait pas. Alors je faisais semblant d'être endormie, pour écouter la suite.

- Ça va ? Tu faisais des cauchemars. Dit la voix de Léo.

Et même si on ne s'adressait pas à moi, j'avais l'impression que c'était quand même le cas.

- Ces crapules encapuchonnées sont parties, mais elles ont laissé derrière elles un vrai bazar.

C'est dans ce moment de flottement qu'Elliot intervint :

- Tu es enfin réveillé ?

La voix d'Elliot me fit ouvrir légèrement les yeux. C'était tout ce que j'étais capable de faire.

Entendre la voix de mes deux amis me faisait bizarre, à vrai dire. Comme s'ils étaient devenus de parfaits inconnus.

Je me répétais que non, mais cette voix me dictait le contraire.

Oz se redressa et me vit. Il sembla se questionner quelques secondes, et je ne bougeai pas. Un temps, nous nous regardions. Il avait l'air de comprendre que je ne voulais pas qu'on remarque que je m'étais réveillée, alors il ne dit rien.

- Alors ? Demanda Léo à Elliot.

Ils s'expliquèrent à propos du chemin retour. En voyant Oz, je me retrouvais. Ce garçon avait l'air perdu, totalement. Tellement épuisé aussi…

Si je fermais les yeux encore une fois, peut-être que le sommeil m'accorderait l'honneur de venir.

- Écoute-moi quand je parle ! S'exclama Elliot.

- Quoi ?! S'étonna Oz, complètement dans ses pensées.

- Je te parle de sortir d'ici ! Viens ici tout de suite !

Je sentais qu'on me soulevait.

- Vous connaissez cette fille ? demanda Oz.

Oh non, ne me fais pas ça, Oz… Tu sais très bien que je suis réveillée.

- Ouais.

La réplique d'Elliot fut aussi brève que sèche. C'était une réponse sans appel. Il n'allait pas parler plus à ce sujet.

Alors que le Nightray me posait dans ses bras, nous commencions à marcher.

Qu'allais-je faire après cela ? Je pouvais toujours continuer la mission. Mais maintenant que je connaissais Oz…

Non, il n'était définitivement pas comme Jack. C'était sûr.

Tout d'un coup, le sujet de mes pensées s'écroula au sol.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Fit Elliot à Oz qui s'était écroulé, les genoux au sol.

- Nan rien, je suis juste fatigué… Pardon de vous avoir inquiété.

- Hein ?

- J'ai finalement remarqué mon inutilité.

Un petit blanc s'abattit dans l'assemblée avant que Léo ne lance :

- C'est Elliot qui a été trop dur.

- Alors c'est ma faute ?! S'insurgea ce dernier.

- Tu ne considères jamais la situation des autres et tu débites tout avant de réfléchir, c'est un de tes gros défauts.

- Ha… C'est… Peut-être vrai…

Ah ? Elliot venait de l'avouer ? Peut-être que son côté tsundere s'était calmé, finalement…

Je bougeais sans vraiment le faire exprès, essayant de ne pas rire, ce qui attira l'attention d'Elliot qui me replaça contre son épaule.

- Je reste à un endroit et depuis je n'ai jamais avancé. Je suis inutile. Je suis tellement énervé par moi-même !

Elliot me déposa alors lentement sur le sol. Je sentais l'engueulade venir, pour qu'il en vienne à laisser un blessé par terre.

- Tu es vraiment un idiot !

Et ça ne manqua pas.

Quand Léo remarqua que je voulais me relever -mais n'y arrivais pas, il m'aida en me soulevant par l'aisselle.

- Comme l'a dit Léo, je ne comprends peut-être pas ta situation, mais tu n'as pas remarqué ?

Elliot releva Oz en le tirant vers lui alors que Léo me tendait sa main.

- Comparé à avant, tu as déjà fait un pas en avant ! Maintenant, fais ce que tu veux ! Veux-tu continuer à avancer, retourner sur tes pas, ou emprunter un chemin totalement différent ? Tout dépend de toi !

Léo me sourit et je lui souris aussi. Les deux autres garçons se retournèrent et, n'ayant pas le courage d'affronter le regard d'Elliot, je baissai les yeux. J'avais trop honte, et j'avais trop peur de ce qu'il pourrait me dire. J'aurais pu aller chercher du réconfort chez Oz, mais je n'avais non plus l'énergie de répondre à ses interrogations.

Léo me poussa vers l'avant et je fronçai les sourcils. Le retour en arrière était impossible, quand bien même j'aurais prié tous les dieux (et Marie) de les laisser en dehors de tout ça et de ne pas les avoir rencontrés aujourd'hui… C'était déjà fait.

« C'est parce que tu es trop faible »

Ta gueule.

« Je dis toujours la vérité, je te l'ai dit. »

Alors je vais faire l'inverse que tu me dis de faire.

« Quelle maturité ! L'esprit de contradiction te sied très bien, il qualifie ton existence."

Alors que je relevais la tête pour enfin affronter son regard, il me prit dans ses bras.

Il n'y eut aucune parole, et j'essayais de rester de glace. La panique, d'abord, me prit, mais il raffermit son emprise pour me rassurer.

Et ne restai que les regrets et l'infini soulagement que je ressentais en le sentant contre moi.

Le visage d'Oz se défigura d'un sourire et je compris que c'était la fin.

Il n'y avait vraiment plus de retour en arrière possible.

Elliot me prenait dans ses bras et pourtant je ne voulais pas. Quand bien même j'en avais rêvé pendant des mois.

- On t'a attendue, idiote… Souffla-t-il.

Je n'osais ni lui rendre son étreinte ni parler. J'essayai surtout de retenir mes larmes, tout contre lui, mais plus j'entendais son cœur battre et plus c'était difficile.

Ils sont en vie.

Je reculai alors doucement mais il releva mon menton pour pouvoir me regarder.

- Tu es vraiment…

Son poing partit plus tôt que ce que j'avais prévu et je reçus le coup en pleine tête.

- TU ES VRAIMENT STUPIDE !

En rigolant, je me relevai avec l'aide précieuse de Léo et Elliot partit en grommelant :

- Y'en a pas un pour rattraper l'autre…

Le regard d'Oz et le mien s'approchèrent et je lui souris, espérant que mes larmes ne se voient pas trop.

- Bon retour chez nous, me souffla Léo.

Il ne me prendrait pas dans ses bras, mais il ne put s'empêcher de coller son épaule à la mienne.

Comme avant.