Bonjour ! Merci Yz3ut3 pour ton retour, contente que ça te plaise :D Avant-dernier chapitre plus court... bonne lecture ! :)

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6. Cours !

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Ça avait commencé par Luna Lovegood.

Puis Ginevra Weasley.

Et même Neville Londubat.

Les trois figures maîtresses de la Résistance étaient tombées les unes après les autres. D'abord la lumière, ensuite la pugnacité, enfin la détermination.

La détermination était toujours entre les murs de Poudlard, mais elle devait se cacher pour survivre et permettre à la bonté, la loyauté, l'espoir, la force, la justice et toutes les valeurs de la paix de perdurer et de triompher un jour, lorsque l'éclair aurait jaillit.

Et puis la pugnacité reviendrait bientôt. La lumière peut-être, aussi.

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« Macmillan, j'ai besoin de ton aide, entendit-il. »

Ernie se retourna en sursaut pour tombez nez à nez avec Seamus Finnigan. L'Irlandais le pointa du doigt avant de se pointer lui-même du doigt et de montrer le sol à leurs pieds.

« Quand ? demanda Ernie.

— À l'heure du Whiskey-Pur-Feu, répondit très sérieusement Finnigan.

— En Écosse ou en Irlande ? demanda Ernie en se mordant l'intérieur de la joue pour s'empêcher de rire.

— En Irlande ! s'offusqua Finnigan.

— Eh, c'est écossais le Whiskey, Monsieur l'Irlandais, continua-t-il en se sentant enfin sourire depuis des jours. »

Seamus Finnigan avait quelque chose de formidable qu'Ernie avait appris à véritablement apprécier cette année : il avait une passion toute bouillonnante pour les explosions et tout d'un tant soit peu inflammable, doublé d'un humour à toute épreuve qui était plus que le bienvenu en ces temps sombres et solitaires.

« Tu es fatiguant, Seamus, soupira Lavande Brown à côté de lui. »

Elle prit néanmoins son bras entre ses mains avec un naturel qui arracha un sourire heureux et légèrement jaloux à Ernie.

« Mais je voulais pas parler de l'heure de la Guinness, Lavandinette, et…

— Lavandinette, releva Ernie en pouffant comme un imbécile.

— Hé, protesta Seamus. C'est très bien Lavandinette !

— Demande ça à Brown au moins, se moqua Ernie en tournant les talons. À l'Écosse et au Whiskey ! lança-t-il en marchant au hasard dans les couloirs.

— Mais Seamus, pas en public ! pesta Lavande derrière Ernie. Et puis tu ne pouvais pas utiliser le Gallion ? Et puis c'est quand l'heure du Whiskey-Pur-Feu ? »

Dans dix minutes.

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Ernie se cachait dans un couloir dont l'entrée était cachée par une tapisserie représentant un centaure à la toison crème, lorsque sa montre à gousset en argent afficha enfin l'heure du Whiskey-Pur-Feu – en Irlande. Il rangea sa montre dans la poche prévue à cet effet dans l'uniforme et se releva en soupirant lourdement. Il fit craquer ses doigts un à un – une manie qui faisait bondir Hannah au plafond – puis ses épaules douloureuses.

« L'Écossais ? demanda subtilement Finnigan à la tapisserie.

— C'est moi, l'Irlandais. Quel est le plus beau gaëlique ?

Merlin, le gaëlique irlandais, seigneur dieu !

— Réponse incorrecte dans son contenu, mais correcte dans sa forme, en convint Ernie avec désapprobation – et en gaëlique écossais. »

Seamus Finnigan, même s'il ne remplacerait jamais Justin, était ce qui se rapprochait le plus d'un meilleur ami ces derniers temps.

« On les retrouvera bientôt, lui souffla Finnigan en lui donnant un coup de coude.

— Pardon ?

— Rah, fais pas ton Écossais coincé des sentiments. Moi aussi Dean me manque. »

Eh bien si, il était écossais. Et un peu coincé des sentiments aussi.

« Tu devrais pas te retenir autant avec Bones si tu veux qu'elle comprenne qu'elle te plaît. Tu devrais pas te retenir autant tout court d'ailleurs, ajouta pensivement Finnigan.

— Parle moins fort, ne trouva qu'à répondre Ernie entre ses dents. Tu veux ameuter les Carrow ?

— Et tu refais ton Écossais, c'est pas vrai ça.

— Toi, tu fais trop ton Irlandais, ne trouva qu'à rétorquer bêtement Ernie. Tais-toi, on arrive aux cachots, ajouta-t-il encore plus bas. »

Des éclats de voix résonnèrent au bout du couloir. Ernie eut juste le temps de faire un regard noir à Seamus avant de le tirer contre le mur du couloir.

« Lâche-moi ! Lâche-moi ! »

Mais…

« Tiens-toi tranquille, gamine. Tu vas aller au cachot avec les autres. Ça t'apprendra à aider un Sang-Mêlé à faire ses devoirs, grogna la voix de Goyle. Une Sang-Pure comme toi, franchement qu'est-ce…

— Lâche-nous ! »

Non…

« Et toi, tiens-toi aussi ! Une fille de ton âge ne devrait pas…

— Ernie va venir me chercher, notre frère va venir, et il va…

— Ton frère ? Ton frère, s'il se pointe, je lui lance un Feudeymon, alors il n'a pas intérêt de…

— Ernie va venir, on te dit, il vient toujours quand on a besoin de lui. »

Merlin.

« Ne bouge pas tout de suite, Macmillan, lui souffla Finnigan en le retenant par le poignet.

— Ernie est Préfet, il va venir et… reprit la voix d'Ailsa.

— Macmillan ne va pas venir, gamine ! Et toi, tu vas aller au…

— Ernie va venir, et il… ahhhhaha ! cria Sorcha.

— Tu as essayé de me frapper, Macmillan, ou je rêve ? »

Ernie bondit du mur du couloir, baguette brandie devant lui. Le Defindo qu'il lança à l'aveuglette frappa le mur et fendit les pierres du couloir.

« Ernie ! Je savais que tu viendrais, je savais ! cria Ailsa en courant dans ses bras. »

Il la serra contre lui en cherchant dans le vide avec sa main libre, mais Sorcha ne venait pas. Il releva la tête pour croiser les yeux terrifiés de Sorcha, la gorge coincée sous l'énorme bras de Gregory Goyle.

« Lâche ma sœur, espèce de lâche ! cria Ernie en poussa Ailsa derrière lui.

— Ernie, Ern', qu'est-ce…

— Chut, Ailsa !

— Chut Ailsaaaa, l'imita Goyle en chougnant. Dis à la gamine d'aller dans le cachot, sinon… »

Ernie jeta un coup d'œil au couloir d'où il était venu, derrière Goyle, pour voir les yeux paniqués de Seamus regarder dans tous les sens à la recherche d'une solution.

Le cri de Sorcha lorsque Goyle resserra sa prise sur elle en appuyant sa baguette sur sa tempe, fit hurler Ernie à son tour. Arrête ! Il devait trouver une faille. Où lancer le sortilège. Il risquait de toucher Sorcha. Mais…

« Un petit Oubliette, que dis-tu d'un petit Oubliette, Macmillan ? Elle oubliera tout sauf que son frère l'a abandonné, qu'en dis-tu ? »

Le visage carré de Goyle était crispé dans quelque chose qu'Ernie aurait identifié comme de la malfaisance. Il était luisant de sueur et ses yeux bleu très clair brillaient sur la grimace qui tordait sa bouche en serrant la mâchoire comme un bœuf.

« Ern'… Ernie je…

— Lâche-la !

— Jette ta baguette, Macmillan, et tu vas me suivre chez les Carrow ! ordonna Goyle. Je coince enfin l'un de vous, ce n'est pas pour… »

L'explosion qui retentit au-dessus d'eux laissa juste le temps à Ernie d'attraper Sorcha que Goyle lâcha lorsque le plafond lui tomba dessus.

« Cours ! ordonna-t-il à Ailsa pendant qu'il aidait Sorcha à avancer. Plus vite, Ailsa, plus…

— Je vois rien, toussa-t-elle.

— Suis ma voix ! Je suis là, avance, et…

— Ta gueule, l'Écossais, on va se faire repérer !

— Seamus ?

— Qui fait aussi bien exploser les plafonds à ton avis ? T'es pas qu'un Écossais coincé des sentiments finalement.

— Mais...

— Ne me remercie pas et rejoins Neville ! »

Ernie attrapa la main d'Ailsa et prit le chemin de la Salle-sur-Demande.

On était le vingt-trois avril 1998.

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(et voilà pour aujourd'hui... Je mettrai le dernier chapitre dans le courant de la semaine prochaine. A bientôt :D )