7. Œil pour œil

.

3 mai 1998,

.

« Vous avez combattu vaillamment. »

.

Ernie était littéralement ébloui par la personne qui sortait du couloir, qui revenait à la lumière, qui venait enfin les délivrer. L'éclair avait jailli, les éclats de joie ravivaient l'espoir et inondaient les cœurs d'une nouvelle force, d'un nouveau courage et d'une nouvelle détermination. Harry Potter était face à eux, il hésitait, puis leur demandait de l'aide, un peu d'aide pour retrouver un objet apte à terrasser définitivement Voldemort. Ron Weasley les regardaient, la figure sale et tordue mais toujours fidèle et confiante. Hermione Granger se tenait là, le corps crispé par l'inquiétude et plus droit que jamais. Luna Lovegood brillait, lumineuse avec ses idées délirantes mais qui n'avaient jamais autant réchauffé le cœur d'Ernie et de tout le monde. Ginevra Weasley ramenait sa pugnacité admirable et son besoin de débarrasser Poudlard de la crasse des Carrow. Fred et George Weasley réintroduisaient le rire libre et gratuit avec quelques remarques ironiques et détendues. Dean arrivait et faisait hurler de joie Seamus. C'était une foule de souvenirs et d'espoirs qui revenaient frapper en vagues le cœur et le courage de tous les élèves, de toute l'Armée de Dumbledore.

.

« Lord Voldemort sait reconnaître la bravoure. »

.

Ernie regardait Harry passer devant lui avec Luna pour gagner le petit escalier en colimaçon qui menait quelque part – jamais au même endroit – dans Poudlard. Il avisait Londubat et Hannah, déjà penchés l'un vers l'autre dans un conciliabule de guerre. Susan les rejoignait, Seamus et Dean les rejoignaient, Lavande Brown les rejoignait, les jumelles Patil les rejoignaient. Ernie les rejoignait aussi. C'est pour maintenant ? La grande bataille, c'est pour maintenant ? insistait-il parce que Seamus avait raison, il en avait assez de sa retenue, de retenir ses sentiments, ses pulsions, ses espoirs. Quitte à tout perdre, autant que ce soit ce soir et pour une bonne cause. Pour mes sœurs aussi, songeait-il en sentant la main d'Ailsa se glisser dans la sienne.

.

« Mais vous avez aussi subi de lourdes pertes. »

.

La porte ne s'ouvrait plus depuis cinq minutes. Seamus revenait à côté de lui, avec Dean. Et… non, Justin ne pouvait pas être mort, n'est-ce pas Seamus ? Oui, il allait venir, n'est-ce pas Dean ? L'éclair avait donné le top départ, et Justin ne manquerait jamais le top départ. La course. Justin était très rapide à la course. Justin arriverait sans qu'Ernie ne s'en rende compte. Il avait bien essayé de mettre en place un « cross » à Poudlard, comme il y en avait apparemment dans son école moldue. Mais les sorciers préféraient les courses en balai.

.

« Si vous continuez à me résister, vous allez tous mourir, un par un. »

.

Un par un, les anciens résistants et les futurs combattants entraient dans la Salle-Sur-Demande et la voix grave et râleuse d'Abelforth résonnait, caverneuse, depuis le portrait. Quelque chose de rassurant mais qui ressemblait également à des tambours de guerre, un orage ou encore une cavalcade de chevaux. Tagada. Tagada. Le galop des troupes éclatait dans les murs de Poudlard. Les premiers sortilèges de protections enveloppaient le château, la demeure des élèves, petits et grands, leur maison. Le Chez-soi que l'on finit toujours par rejoindre. Justin ?

.

« Je ne le souhaite pas. »

.

D'un coup, il ne savait plus s'il voulait que Justin arrive. Il ne savait plus s'il voulait revoir son ami au risque que ce fût pour la dernière fois. Il ne savait plus si…

.

« Chaque goutte versée d'un sang de sorcier est une perte et un gâchis. »

.

Justin. Le couinement de Justin fit se retourner Ernie en sursaut. Une longue estafilade lui barrait le front, parce qu'il se cognait contre le linteau de la porte de la Salle-Sur-Demande qui s'était faite plus basse, comme si elle voulait elle aussi célébrer les retrouvailles avec ses enfants, élèves petits et grands, qui revenaient dans son giron la défendre jusqu'au bout.

.

« Lord Voldemort est miséricordieux. »

.

Ernie courait dans les bras de Justin, incapable de retenir la boule de larmes qui l'étouffait depuis des semaines, des mois. Il sautait dans les bras de son ami, dont il apercevait simplement l'éclat de joie dans le visage un court instant. J'ai parfois cru que tu étais mort. Il ne pouvait pas s'empêcher de l'avouer, de le dire à Justin qui lui avait fait si peur, à qui il en avait mille fois voulu de ne même pas lui avoir laissé un mot.

.

« J'ordonne à mes forces de se retirer immédiatement. »

.

Arrête de chougner, Macmillan, tu savais très bien que j'allais bien, ce… Au son des mots inquiets de Justin Finch-Fletcher, Ernie contemplait son arrière-grand-père, le vieux sorcier Tomas Macmillan, bientôt cent ans, remonter le couloir qui se dotait d'une rampe pour l'aider à venir plus vite au front, à la bataille, à l'aide de sa famille et de la communauté sorcière.

.

« Vous avez une heure. »

.

Ton grand-père t'a dit, qu'il m'avait caché dans une vieille maison à lui, que je n'avais pas une heure, pas même une minute pour dire quoi que ce soit si je voulais survire. Non. Non, Grand-père Tomas préférait qu'Ernie le déteste lui et toute leur famille pour mieux le protéger lui et son meilleur ami. L'éclat incisif, altier et déterminé de l'œil bleu ciel de Tomas Macmillan arrachait le cœur d'Ernie. Grand-père Tomas ne parlait pas, il faisait confiance à la vie, à la magie et aux esprits. Il agissait aussi : il avait caché Justin pendant des mois sans en parler à personne ; pour protéger tout le monde.

.

« Occupez-vous de vos morts avec dignité. »

.

Déjà, les éclairs de couleurs virevoltaient autour d'Ernie. Déjà, la poussière empêchait quiconque de voir. Déjà, Grand-père Tomas lui criait de se baisser. Déjà, Justin le tirait au sol. Déjà, c'était la guerre, le champ de bataille, qui arrache l'innocence, qui broie les cœurs et fait éclater les vies. Déjà, ce n'était plus rien.

.

« Soignez vos blessés. »

.

Justin ! Son cri se répercutait sur les murs démolis du château de Poudlard, continuellement, comme l'espoir brisé qui l'enveloppait progressivement pour l'éternité. Le prénom de son ami se répétait autour de lui, il répétait le prénom de son ami qu'il ne voyait plus alors qu'il tournait à l'angle du couloir parce que, justement, il le suivait. Mais c'était Walden Macnair qui l'attendait, levait sa baguette et lançait un maléfice d'un vert purulent.

.

.

.

Son propre cri réveilla Ernie qui fut brutalement empêché d'ouvrir les yeux. Il sentit sa tête lui tourner et tomber lourdement sur le côté, être remise derrière lui, sur quelque chose de mou. Il bougea fébrilement les mains pour essayer de savoir où il était. Des draps. Il était sur des draps. Dans un lit. Un lit en fer. Un lit de l'infirmerie ?

« Ernie, c'est Sorcha, calme-toi, tout va bien, entendit-il de la voix calme et légèrement roulante de sa sœur.

— Sorcha ? Où es-tu ? »

Il tendit les mains devant lui et essaya de sortir ses pieds de ce qui devait être un lit pour atteindre sa sœur. Il sentit qu'on lui prenait les mains, palpa des mains, des mains un peu plus petites que les siennes. Celles de Sorcha ?

« Je suis là, Ern'. Nous sommes à l'infirmerie. Ailsa s'est endormie dans les bras de Grand-père Tomas, et Justin est retourné chez ses parents pour la journée – il ne les avait pas vu depuis des mois. Papa et Maman sont venus ce matin, et je suis restée avec Ailsa et Grand-père Tomas. Oncle Paden…

« Pourquoi je ne peux pas ouvrir les yeux ? »

Il y eut un court silence vite rompu par un reniflement.

« Sorcha qu'est-ce que…

— Tu as reçu un sortilège de Magie Noire dans les yeux.

— Un Maléfice d'Aveuglement ?

— En… quelque… sorte, hoqueta Sorcha.

— Sorcha…

— Madam Pomfresh ! S'il vous plaît !

— Sorcha…

— Madam Pomfresh, Ernie s'est réveillé ! »

La main de Sorcha essayait de glisser des siennes. Divers bruits assaillirent Ernie en même temps. Il entendit plusieurs voix différentes prononcer son nom, des portes s'ouvrir et claquer, des hoquets de stupeurs, des pas précipités et des cris de joie. Il en eut le tournis.

Il aurait voulu tirer sur ce qui l'empêchait de voir, mais il ne voulait pas lâcher Sorcha. Au moment où il se décida à libérer l'une de ses deux mains, la voix douce mais ferme de Madam Pomfresh couvrit celle des autres.

« Ne touchez pas à votre bandage, Mr Macmillan. Laissez-moi d'abord regarder.

— Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce… Rogue ? Les Carrow ? Les Mangemorts ? bafouilla-t-il. »

Il revoyait des images de la bataille qui avait détruit le château de Poudlard. Qui avait détruit l'école de Poudlard. Ce n'était pas seulement les pierres qui étaient tombées. C'était l'espoir, les combattants et…

« Susan ? appela-t-il au hasard. Justin ? Hannah ? Où sont les autres ? Qu'est-ce…

— Susan Bones, Justin Finch-Fletcley et Hannah Abbott vont bien, Mr Macmillan, répondit l'infirmière et il sentit ses doigts sur son front. Ils ont été secoués, comme nous tous, mais tout est fini, ils vont bien. Calmez-vous à présent, et ne bougez plus : je vais enlever le bandage. Vous avez reçu un Maléfice d'Aveuglement Perpétuel…

— Perpé…

— J'ai tenté de détourner le maléfice dans l'œil droit…

— Tenté ?

— …lorsque Miss Susan Bones m'a affirmé que vous étiez gaucher.

— Susan…

— Mais vous aviez reçu le maléfice depuis un long moment, et j'ai surtout réussi à empêcher le maléfice de dévorer votre visage. »

Ernie lâcha la main de Sorcha pour toucher ses joues, froides mais complètes ; ses oreilles, dont la droite était toujours un peu décollée ; ses cheveux, écrasé par des bandes de velcro.

« Attendez, Mr Macmillan, reprit plus doucement l'infirmière. Lorsque j'aurai enlevé tout à fait les bandages, vous pourrez ouvrir lentement les yeux. »

Le monde, sombre et étouffant, tourna néanmoins un long moment autour d'Ernie, comme un trou noir qui avait déjà englouti toutes les étoiles de la galaxie. Tout allait trop vite pour qu'Ernie comprenne vraiment ce qu'il se passait. Il obéit simplement à la voix de Madam Pomfresh.

Le monde lui parut sombre.

Mais un peu moins.

Une image floue, comme s'il l'avait regardée à travers un grillage, laissa deviner le visage de l'infirmière penché vers lui.

« Vous me voyez, Mr Macmillan ?

— Vous êtes très floue, ne trouva-t-il qu'à dire.

— Ernie ! s'exclama Sorcha en se remettant à pleurer. Ernie, tu vois ?

— Un… Un peu mais… »

Il cligna des yeux pendant que Sorcha se penchait vers lui. Pourquoi sa sœur avait le teint si… gris ? Pourquoi ne retrouvait-il plus le bleu de ses yeux mais un gris délavé ? Et cette robe qu'est-ce que…

Noir. Blanc. Le monde était devenu noir et blanc.

« Ernie ? Il y a un problème ?

— Non pourquoi ? se força-t-il à mentir en éclaircissant sa voix tant bien que mal. Tu peux aller prévenir Grand-père Tomas que je suis réveillé, s'il te plaît ? »

Il regarda du coin de son œil gauche sa sœur sourire à en pleurer, se jeter sur lui pour lui embrasser la joue et se glisser derrière le rideau blanc qui entourait son lit. Il revint regarder Madam Pomfresh qui le regardait avec sa compassion habituelle. Elle vint prendre sa main lorsqu'il arrêta de retenir ses larmes.

« Le… Le monde est… terne, Madam Pomfresh.

— J'ai sauvé votre œil gauche, Mr Macmillan, mais seulement à moitié.

— Mer… merci. Je… Je crois que j'ai besoin de dormir.

— Je vais le leur dire. »

.

.

Le monde était noir. Le monde était blanc. Le monde était un peu gris aussi. Le monde d'Ernie était noir et blanc, lui, depuis plusieurs jours déjà. Il n'avait rien dit à ses sœurs encore. Un œil, c'est déjà ça. Une vue en noir et blanc, c'est bien, non ? Un œil mort, mais un œil, vivant, il était chanceux, n'est-ce pas ?

Et pourtant, la colère ne quittait pas son ventre.

.

.

Les jours n'en finissaient pas. Le monde était moins flou, mais faisait toujours grise mine.

.

.

Le monde ne trouva pas de couleur lorsque Madam Pomfresh fit tomber le rideau blanc de l'infirmerie, mais il retrouva de la lumière.

Ils étaient encore deux dans l'infirmerie ce soir de mai. Deux âmes au corps défiguré par la guerre et au cœur estropié par les blessures.

Deux visages qui ne voulaient plus voir.

Mais la nuit, tous les chats sont gris.

Ernie ne voyait plus les cicatrices de Lavande.

Lavande voyait aussi gris qu'Ernie.

.

.

« On n'est pas bien jolis aujourd'hui, hein ? lui murmura Lavande. »

Elle s'était levée de son lit pour venir se planter devant lui. Il eut juste à quitter ses pieds des yeux pour relever son œil gauche vers elle. C'était facile, la journée ; elle sous un voile, lui un bandeau sur son œil blanc et mort. C'était facile de déambuler dans Poudlard, de prétendre que tout allait bien et de reconstruire leur école et la vie qu'ils voulaient tous retrouver.

C'était facile de jouer un rôle sur la scène de la vie.

Le soir, loin de tout, seul face à ce visage qui les dégoûtait, c'était autre chose. Le soir, seul avec soi-même, que restait-il à faire ? Que restait-il à aimer ?

« Tu es toujours belle pour moi, je ne vois pas les couleurs de tes cicatrices, mentit à moitié Ernie. »

Il voyait les cicatrices de Lavande. Peut-être moins que les autres tout de même. Mais dans la nuit, il ne les voyait plus.

« Et tu es toujours belle pour Seamus, ajouta-t-il plus bas. »

Peut-être sa voix avait-elle sifflé de jalousie. Peut-être pensait-il un peu trop à Susan ces temps-ci.

« Mais je ne me sens pas belle pour moi, avoua tout aussi bas Lavande. »

Elle lui fit un signe de tête pour qu'il lui fasse une place à côté de lui. Il obtempéra en soupirant lourdement. Il n'avait pas envie de discuter avec Lavande. Ou peut-être que si. Il ne savait pas, comme il ne savait plus de quelle couleur étaient les yeux de Susan.

« Je… Seamus m'aime, bien sûr qu'il me trouve belle. Mais moi, je ne m'aime plus, je… j'ai honte de mon visage quand il me regarde et…

— Seamus s'en fiche.

— Mais moi je ne m'en fiche pas ! répliqua Lavande avec humeur. »

Il l'entendit soupirer avec rage lorsqu'elle plongea son visage dans ses mains.

« Je suis vivante, je devrais m'en contenter mais… mais non. Je me sens comme… Je ne suis plus la même, je…

— Aucun de nous n'est plus le même, marmonna Ernie en répétant les mots de Susan.

— C'est encore une phrase de Bones ? Elle a le chic pour les jolies phrases qui ne veulent rien dire, pesta Lavande en donnant un coup de poing à côté d'elle, dans le matelas. »

Ernie la laissa grogner. Il se demandait à chaque fois si Brown avait toujours eu ce grognement de dépit ou si c'était depuis l'attaque de Greyback qu'elle le faisait. Ce n'était pas une question à poser dans tous les cas.

« Seamus ne sait que me dire qu'il m'aime et qu'il me trouve toujours aussi belle.

— Au moins quelqu'un t'aime, se lamenta piteusement Ernie et il en eut déjà honte.

— Si tu cessais d'être aveugle …

— Merci Brown, marmonna-t-il entre ses dents en songeant qu'il poserait cette question sur ce grognement de dépit la prochaine fois.

— … tu verrais que Bones essaie de t'inviter à sortir depuis des jours, poursuivit-elle sans l'écouter.

— Elle a pitié de moi et puis elle est amoureuse de Nott.

— Elle t'aime assez pour vous donner une chance, répliqua Lavande. Peut-être que vous avez besoin l'un de l'autre pour l'instant dans tous les cas. »

Peut-être. Peut-être qu'il avait besoin de Susan en ce moment. Peut-être sûrement.

« Je… J'ai quelque chose à te demander, reprit-elle en grognant de dépit à nouveau. Je… J'ai besoin que quelqu'un d'autre que Seamus me trouve belle.

— Je t'ai dit que je te trouvais toujours belle, soupira Ernie avec épuisement. »

Il avait vraiment un problème de patience depuis la fin de la Bataille de Poudlard.

« … j'ai besoin que quelqu'un d'autre que Seamus me le montre, insista-t-elle. Tu… Tu pourrais m'embrasser ? »

Le cerveau d'Ernie tourna un instant dans le vide intersidéral. Il tourna vivement la tête vers Lavande, assise à côté de lui. Son cou craqua.

« Mais Lavande, tu sors avec Seamus, ne trouva-t-il qu'à bafouiller en reculant parce qu'elle se penchait vers lui.

— Il ne le saura pas, dit-elle négligemment sans le quitter des yeux.

— Mais tout de même ! dit-il en se reculant encore.

— Je lui dirai que j'en avais besoin, il comprendra.

— Mais non ! paniqua-t-il. »

Il se leva d'un coup et se cogna au passage dans la tête de Brown, tapant en même temps ce qui restait de son œil droit. Il couina un peu plus fort qu'elle.

« Je fais vraiment n'importe quoi », se lamenta-t-elle pendant qu'il sentait son ancien œil comme exploser dans son crâne.

Il enfonça la paume de sa main dans sa bouche pour étouffer le son du cri de douleur. Il avait l'impression que son œil palpitait au cœur de son cerveau et essayait de lâcher le sortilège que Madam Pomfresh avait réussi à contenir dans le globe oculaire. Il respira lentement en se concentrant sur la douleur de sa main pour oublier celle de son œil et compta. Un. Deux. Trois. Dix-huit. Vingt-trois. Cinquante-cinq.

« Excuse-moi, entendit-il finalement.

— Pas grave, marmonna-t-il en haussant les épaules. »

Il comprenait Lavande. Il ne la comprenait que trop bien. Comment s'aimer si on ne se sentait pas aimé ? Mais comment aimer si on ne s'aimait pas soi-même ? Il avait rêvé de mille baisers avec Susan. Il en avait rêvé avec n'importe qui aussi, juste pour s'imaginer que quelqu'un, quelque part, l'aimait tel qu'il était, sans avoir pitié de lui, de son œil blanc et mort qui ne contemplerait plus que le noir de la vie.

La voix de Susan résonna à l'entrée de l'infirmerie.

Il se retourna vers elle.

Son sourire hésitant lui retourna l'estomac. Il lui sourit en retour.

Elle l'attendait pour aller regarder la pleine lune au bord du Lac Noir.

Peut-être qu'il avait simplement besoin de l'éclat de ses yeux gris pour l'instant.

Un éclat d'espoir pour commencer une autre vie.

.

.

.

FIN

J'espère que l'histoire vous a plu et merci d'avoir lu jusqu'au bout malgré mon habitude scandaleuse des retards 3 N'hésitez pas à me laisser un petit mot, c'est toujours un plaisir d'échanger avec les lecteurs et lectrices 3

Juliette

.

PS : Si vous voulez encore lire sur les Macmillan, j'ai deux projets :

- je suis en train de finir d'écrire une fic sur la soeur de Grand-père Tomas qui est... Melania Macmillan-Black (celle de l'arbre généalogique fait par JK) ! Il me reste deux chapitres à écrire, et ensuite je commencerai à la mettre en ligne hihi. J'espère en voir le bout avant août

- j'ai envie d'écrire sur ledit Grand-père Tomas quand il est jeune à Poudlard et sur les esprits en lesquels il croit... Plein d'aventures en perspective, de l'amitié et une histoire d'amour aussi hihi. Je sais pas si et quand j'aurai.s le temps, mais ça me plairait beaucoup !

A bientôt peut-être ! 3