Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.

Encore un immense merci à ce(eux)lles qui soutiennent ma muse par leurs reviews régulières, pour le chapitre précédent : DinaChhaya TalaNokomis, Zeugma, Jules des Bois, Juliana, Daidaiiro, Milkanae et Lolo66.
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous mes lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait hautement appréciée.

Enjoy & Review !


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Après le départ de Nick-Quasi-Sans-Tête, Hermione était restée longtemps prostrée près de la cheminée. Beaucoup de ses certitudes s'étaient effondrées, depuis qu'elle avait assisté aux derniers instants de son professeur dans la Cabane Hurlante. Etait-ce seulement quelques jours plus tôt ? Il lui semblait qu'une éternité s'était écoulée depuis que son ancienne vie avait pris fin, entre les murs de cette geôle.

Elle avait toujours reconnu la qualité de son enseignement, malgré sa rigueur qui confinait à la maniaquerie, et son manque flagrant de pédagogie. Certes, la rigueur était nécessaire dans une matière aussi dangereuse que les potions et même, en sixième année, en Défense contre les Forces du Mal. Mais comme la plupart de ses élèves elle avait détesté cet homme froid et inexpressif, apparemment dénué de tout sentiment humain, et dont le sarcasme se teintait parfois de cruauté gratuite à son égard, et à celui de ses amis.
Elle commençait à présent à entrevoir le cheminement qui avait transformé le jeune homme qu'elle avait rencontré, qui sans être un modèle de sociabilité, selon ses propres dires, ne lui semblait pas non plus complètement inaccessible. Qui avait même fait preuve de compassion à son égard, et discutait avec elle d'égal à égal, acceptant même d'entendre des choses dont son 'lui' adulte n'aurait pas toléré plus de deux mots.

A son immense surprise, elle se prenait à apprécier le jeune Severus. Elle admirait son intelligence, comme elle avait admiré celle de son professeur, et sa tournure d'esprit assez semblable à la sienne, qui leur permettait de se comprendre à demi-mots. Dans une autre vie, et sans les circonstances qui avaient scellé leur amitié, elle aurait sûrement beaucoup plus facilement tissé des liens avec lui, qu'avec Harry et Ron. Oh, qu'on ne s'y méprenne pas, elle avait aimé ses amis. L'enfant solitaire et trop intelligente qu'elle était alors, s'était jetée sur cette amitié inespérée, qui lui permettait de rompre son isolement, et elle les avait acceptés tels qu'ils étaient. Mais elle devait reconnaitre qu'ils n'avaient jamais réellement été sur 'la même longueur d'ondes', et qu'elle les traînait parfois un peu comme des fardeaux. Un véritable lien s'était tissé entre eux au cours des années, mais elle aurait parfois apprécié de pouvoir discuter avec quelqu'un qui partage ses goûts et ses aspirations.
Elle frissonna, malgré la chaleur du foyer, et tenta, sans grand succès de repousser la pensée qui venait de s'imposer à son esprit… Si Harry et Ron n'avaient pas été 'du bon côté', elle aurait peut-être pu finir comme Severus ! Simplement pour ne plus être seule et rejetée.

Elle admettait qu'elle aimait ses discussions avec le jeune homme. Ses opinions étaient toujours pertinentes et sa rapidité d'analyse stupéfiante. Elle admirait la manière dont il 'encaissait' tout ça, tout en s'inquiétant de sa tendance à intérioriser, Occluder aurait été un meilleur mot en ce qui le concernait, tout ce qu'il pouvait ressentir. Elle se promit de faire tout son possible, avec l'aide de Missy, pour que cette fois-ci, il ne devienne pas l'être presque inhumain de froideur qu'elle avait connu.

Lily Evans semblait être la clé de tout. Cela la renforça dans l'idée que son objectif premier devrait être de se rapprocher d'elle, et de tenter de réconcilier les deux anciens amis à tout prix. Peut-être était-ce parce que nouer des liens était aussi difficile pour elle que pour Severus, mais elle n'arrivait pas à comprendre la jeune femme. Elle avait certes été insultée, certainement choquée que cela vienne de son ami, voire petit-ami, si les soupçons de Nick-Quasi-Sans-Tête s'avéraient avoir été justes. Elle-même avait dû subir l'injure à plusieurs reprises, et elle savait ce que ça pouvait avoir d'humiliant. Mais comment n'avait-elle pas pu tenir compte des circonstances ? Était-elle à ce point dénuée de compassion ?

À en croire ceux qui l'avaient connue, Lily était sociable et populaire. Contrairement à Severus, elle n'avait sûrement eu aucune difficulté à nouer d'autres amitiés à Poudlard. Hermione ne connaissait que trop bien les rivalités et les clivages qui existaient entre Gryffondor et Serpentard, et la barrière qui empêchait toute entente entre les deux Maisons, d'autant plus, supposait-elle, en cette époque, où Voldemort était en pleine ascension. La jeune fille avait-elle même réalisé les conséquences que son abandon avaient pu avoir sur Severus ? Avait-elle été seulement consciente d'avoir certainement été la seule personne à pouvoir contrer le pouvoir des promesses de Voldemort sur le jeune homme rejeté de tous qu'il était alors ? Les adolescents pouvaient parfois, même involontairement, se montrer si aveuglement intransigeants et cruels ! Et Lily était morte à vingt-et-un ans, sans avoir le temps de devenir réellement adulte…

Deux jours plus tard, au petit-déjeuner, Missy informa Hermione du retour de Severus à Poudlard, et de son intention de passer la voir le lendemain soir.

C'est un Severus essoufflé et haletant, qui déboula en trombe dans sa cellule ce soir-là. Avant qu'elle ait pu s'insurger contre cette intrusion, il se précipita vers l'armoire dont il tira une de ses robes de sorcière.

—Vite, enfilez-ça !

Elle obéit machinalement à la voix, et au ton impérieux de son ancien professeur.

—Qu'est-ce que…

—Pas le temps, je vous expliquerai plus tard. Aboya-t-il en la prenant par un poignet pour l'entrainer vers le mur, qui s'ouvrit devant eux. « Le baron ne le retiendra pas bien longtemps.

Une fois dans le couloir, dont elle foulait les dalles pour la première fois depuis qu'elle était arrivée en 1978, il l'entraina vers un autre mur, qu'ils franchirent aussi facilement que le premier. Il se retourna un instant, sa baguette pointée vers elle en psalmodiant une formule. Sous le coup de la surprise, elle n'eut même pas le temps de penser à sortir la sienne, avant qu'il n'enroule ses bras autour d'elle, en murmurant « pardonnez-moi », et ne pose ses lèvres sur les siennes. Hermione perçut nettement un hoquet de stupéfaction provenant des ombres du couloir, alors que Severus s'écartait d'elle, la repoussant derrière lui en se retournant, baguette à la main.

—Qu'est-ce que tu fais là ? Gronda-t-il.

—Je… Répondit une voix masculine.

—Tu ?

—Je suis désolé, Severus. Je… tu te comportes de façon bizarre, depuis quelques jours, et avec la mort de ton… je suis désolé, répéta la voix, « je ne voulais pas… pour tout dire, je m'inquiétais.

—Tu… t'inquiétais !... Vraiment ? Le ton, les silences marqués entre les mots… déjà tout le sarcasme du professeur Snape. « Ne pourrait-on pas plutôt suggérer que tu… m'espionnais ? Poursuivit-il. « Bien ! Maintenant que tu es fixé ! Pourrais-je te suggérer de retourner dans ton dortoir et d'oublier ce que tu as vu ce soir ? Ou devrais-je employer les grands moyens pour arriver au même résultat ?

—C'est vrai que j'étais loin de m'attendre…. Mais tu sais bien que je ne te trahirai pas, Severus.

—J'aime à le penser. Je serais désolé d'être obligé d'utiliser un Obliviate contre toi. Retourne te coucher, Regulus. Et ne t'avises plus de me suivre en cachette dans les couloirs, comme un vulgaire… maraudeur. Le Baron ne serait peut-être pas toujours là pour t'éviter de recevoir un mauvais sort. Tu as eu de la chance, ce soir.

Dès que le jeune homme eut tourné les talons, Severus et Hermione s'empressèrent de regagner la cellule, le Baron Sanglant restant 'de garde' devant l'issue qui donnait sur le couloir des cachots.

—Je suis désolé d'avoir dû employer cette méthode pour le moins… cavalière, mais c'est la seule chose qui me soit venue à l'esprit sur le moment, et qui pouvait expliquer ma présence dans les couloirs à cette heure.

—Il n'y a pas de mal, Severus, je devrais pouvoir survivre. Il y a pire, comme torture, et un baiser n'est pas la chose la plus traumatisante qui me soit arrivée, ces derniers jours.

Le jeune homme la regardait maintenant d'un air moqueur. Il agita légèrement la baguette qu'il n'avait pas lâchée.

—Le blond ne vous va pas.

—Vous… vous m'aviez jeté un Glamour ?

—C'était plus prudent. A cause de… Lily. Je ne voulais pas qu'il se fasse des fausses idées. Dans la pénombre, seul un blond très pâle pouvait se distinguer nettement des autres couleurs. Je ne veux attirer sur elle ni l'attention, et particulièrement celle des Serpentards, ni aucun ennui. Je pense Regulus loyal, mais deux précautions valent mieux qu'une.

Il était visiblement mal-à-l'aise, et Hermione préféra changer de sujet. Elle se retourna pour remettre dans l'armoire la robe qu'elle avait passée sur son jean.

—Est-ce que tout s'est bien passé ?

—Tobias repose six pieds sous terre, il ne nuira jamais plus jamais à personne, si c'est ce que vous voulez dire. J'ai même assisté à l'enterrement. Principalement pour être certain que le monde était bien définitivement débarrassé de cette ordure. Et accessoirement, parce que Slughorn étant présent, je pouvais difficilement y échapper !

—Je n'aime pas quand vous parlez comme ça, Severus. Je sais que vous n'êtes pas aussi insensible que vous voulez le faire croire.

—Vous ne savez rien de moi ! Et que vous aimiez ou non ma façon de parler est le dernier de mes soucis !

Il était manifestement de mauvaise humeur, et Hermione préféra ne pas surenchérir.

—Et avec la police ?

—Aucun problème. Ils se sont contentés de me demander où j'étais le soir où c'est arrivé, mais c'était une simple formalité. Ils avaient déjà reçu une lettre de Poudlard, et mon directeur de Maison était là pour corroborer le tout.

—A ce propos, j'ai réfléchi aux problèmes que nous allions rencontrer pour localiser certains Horcruxes, et j'ai pensé à quelque chose pendant votre absence…

Elle lui exposa alors en détail l'idée qu'elle avait eue d'utiliser la mort de son père pour consolider son image de sympathisant de Voldemort auprès de ses relations adeptes du Mage Noir, et de l'usage qu'ils pourraient en faire.

Au fur et à mesure de son exposé, l'expression du jeune homme était passée de l'étonnement à un très net intérêt, et il fixait maintenant sur elle un regard perplexe, d'où n'était pas absent un soupçon de… d'admiration ? Elle pensa avoir rêvé alors qu'il remettait en place son habituel masque inexpressif.

—Pas bête ! Très… Serpentard, en fait. Rappelez-moi dans quelle Maison vous avez été répartie déjà ?

—En fait le Choixpeau a longtemps hésité entre Gryffondor et Serdaigle.

—Toujours les mauvais choix… ce maudit truc devrait être brûlé ! Marmonna-t-il comme pour lui-même. « Ça pourrait marcher, je suppose, reprit-il plus haut. « Malfoy est sensible à la flatterie et facilement manipulable, à condition de le 'caresser dans le sens du poil'.

Hermione pouffa en se remémorant la longue toison peroxydée du père de Draco, et une lueur d'amusement passa dans le regard de son vis-à-vis, qui paraissait suivre le même raisonnement.

« C'est un opportuniste qui n'hésitera jamais à s'approprier les idées des autres pour se faire mousser auprès de ses supérieurs, tant au Ministère qu'auprès du Seigneur des Ténèbres. Poursuivit-il. « Plus j'y réfléchis, et plus je pense que votre idée est bonne. Vous héberger ne posera aucun problème. Maintenant que Tobias n'est plus là, il y a largement assez de place pour deux. Mais il va falloir s'occuper de vous trouver une identité plausible. N'oublions pas que d'ici moins de deux ans, va naître une petite sorcière du nom d'Hermione Granger. Notre communauté est petite et nous ne savons pas combien de temps prendra tout ceci. Et si votre nom de famille est relativement passe-partout, votre prénom, par contre…

—La première fois qu'il m'a rencontrée, Horace Slughorn m'a demandé si j'étais parente avec Hector Dagworth-Granger.

— Hector Dagworth-Granger… j'ai déjà entendu, non, vu ce nom écrit quelque part. Attendez… ça a un lien avec les potions… Oui ! Si je me souviens bien, il est le fondateur de la 'Très Extraordinaire Société des Potionnistes'. J'essayerai de me renseigner sur cette famille et s'il en existe des membres encore en vie. Si elle est éteinte, et si en plus, c'était une famille de Sang-Pur, ce serait encore mieux pour nos projets… Une jolie petite histoire d'enfant illégitime, peut-être… Il suffirait juste alors de changer votre prénom… Mais ne plaçons pas le carrosse avant les Sombrals. Quoi qu'il en soit, après la sortie, j'irai faire un tour, sous Glamour, dans l'allée des Embrumes. Dommage que je n'aie pas trouvé tous les ingrédients pour fabriquer du Polynectar, dans la réserve de Slughorn, cela aurait pu être utile. Je pense qu'obtenir des faux-papiers ne posera pas trop de problèmes, et un petit Obliviate devrait résoudre tout risque postérieur… Nous ne pourrons pas éviter quelques arrangements avec la morale ! Coupa-t-il l'objection qu'elle s'apprêtait manifestement à formuler. « Et un sort d'oubli est un moindre mal.

Hermione soupira. Il avait raison, ils ne pouvaient se permettre de prendre aucun risque, s'ils voulaient que leur couverture soit inattaquable. Et à ce propos…

—Croyez-vous… accepteriez-vous…

—Allez-y, je ne vais pas vous mordre !

—Je pense qu'il serait prudent de… accepteriez-vous de m'enseigner l'Occlumencie ? Je connais les principes de base. Vous aviez commencé à entrainer Harry, et j'avais fait des recherches pour lui.

—Et telle que je crois commencer à vos connaitre, vous vous êtes plus appliquée que lui à les mettre en application.

—Oui. Mais je n'ai jamais eu personne pour m'aider à mettre la théorie en pratique.

—Je vous aiderai. C'est en effet plus prudent. Si nous suivons votre plan, vous serez peut être amenée, même sans être admise en présence du Seigneur des Ténèbres, à côtoyer certains Mangemorts plus ou moins versés dans la Legilimencie.

—Les Legilimens sont-ils nombreux ?

—Moins que les Occlumens, mais il vaut mieux ne prendre aucun risque. Etre Occlumens implique avoir un minimum de ressources en Legilimencie, même si elles sont limitées et dans la plupart des cas facilement contrables car manquant de finesse… un peu comme ce que je vous ai fait subir il y a quelques jours. Sans être un Legilimens d'exception, je suis généralement plus discret.

—Vous aviez des excuses plus que valables Severus, je vous ai déjà dit que je ne vous en voulais pas.

—La n'est pas la question. J'aurais dû garder mon contrôle, quelles que soient les circonstances. Ce n'est qu'à ce prix que j'ai apparemment pu survivre jusqu'à…

—Et vous en êtes devenu presqu'inhumain ! Vous devez apprendre de ce que vous avez vu dans la Pensine, et non pas reproduire les mêmes erreurs. Et je pense sincèrement que le point auquel vous avez poussé cela en était une. Garder votre contrôle en public, oui, mais vous devez apprendre à lâcher prise parfois. Je sais à quel point cela peut paraître difficile pour vous, mais…

—Encore une fois, vous ne savez rien, Hermione !

—Vous avez été mon professeur pendant six ans, contra-t-elle, « et à la lumière de ce que je vois de vous aujourd'hui, je m'aperçois que la machine insensible et cruelle que je croyais connaitre n'était rien de plus qu'un masque. Je me demande comment vous avez fait pour ne pas devenir fou, à tout garder à l'intérieur, depuis toutes ces années… Ce n'est pas sain, Severus ! Ce n'est pas la solution, quoi que ce soit qui vous y ait poussé !

—Je… je ne pouvais faire confiance à personne… Même pas à Dumbledore apparemment ! Pas que ce soit une surprise, remarquez…

Le regard agressif du jeune homme s'était légèrement voilé, et son ton était rempli d'amertume.

—Peut-être. Mais maintenant, vous n'êtes plus seul. Je suis là, et non seulement vous pouvez, mais vous devez me faire confiance. Pas plus que moi vous n'avez le choix. Nous devons réciproquement, nous faire confiance. Alors établissons une règle : lorsque nous sommes seuls, considérons-nous comme… disons… le 'caisson de décompression' de l'autre, et laissons tomber les masques. Autorisons-nous à hurler, à rire, à pleurer, ou simplement à nous détendre. Je pense que nos esprits ne s'en porteront que mieux.

—Vous avez fini ? Aboya-t-il, la colère faisant de nouveau vibrer sa voix et flamboyer ses yeux.

—Ça dépendra en grande partie de vous.

—Vous ne lâcherez pas le morceau, hein ?

—Non ! Et vous allez devoir me supporter, tant que vous aurez besoin de moi.

Il la toisa de toute sa hauteur, et laissa tomber, d'un ton méprisant :

—Qui a dit que j'avais besoin de vous ?

—Vous… votre futur vous ! Vous avez ses-vos souvenirs, mais moi, j'ai ceux vus 'de l'autre côté'. Nous avons besoin l'un de l'autre, que nous le voulions ou non, tant que nous n'aurons pas retrouvé et détruit les Horcruxes… ou que nous y aurons laissé notre peau !

TBC


Un 'tit LUMOS pour éclairer la route de ma muse ?