Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.
MERCI à ce(eux)lles qui soutiennent ma muse par leurs reviews régulières, ou occasionnelles. La semaine dernière : Zeugma, milkanae, LycorisSnape, Arwengeld, plume pourpre, Jules des Bois, Juliana, Daidaiiro qui a posté la 90ème (atteindrons-nous la 100ème cette semaine?) et Kahouete.
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous mes lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait hautement appréciée par ma muse !
Enjoy & Review !
La souricière
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Les jours s'étiraient dans une routine monotone. Hermione restait seule la plupart du temps, de plus nerveuse, de plus en plus en plus impatiente de rejoindre le monde extérieur. Severus passait, le matin de très bonne heure, tous les deux ou trois jours. Ils échangeaient leurs idées et leurs progrès dans leurs recherches respectives, et le jeune homme repartait sans trop s'attarder, afin que les éventuels lève-tôt le remarquent bien à la bibliothèque avant le début des cours. Il ne voulait pas tenter le sort, bien que Regulus n'ait plus essayé de suivre son ami, et que tous les Septième Année soient maintenant trop pris dans les dernières révisions avant les ASPICs, qui débuteraient dans trois semaines, pour se soucier de l'espionner. Pourtant, le fait qu'il passe encore plus de temps qu'avant le nez plongé dans les livres, en s'isolant même de ses camarades de Maison (le Feudeymon et les Horcruxes n'étaient pas au programme des révisions, et même s'il avait camouflé les couvertures de ses livres, il valait mieux ne prendre aucun risque), n'était pas passé inaperçu de tout le monde.
Un soir, au début de la deuxième semaine du mois de juin, en sortant de la bibliothèque, dont comme à son habitude il avait 'fait la fermeture', Severus crut entendre une sorte de frôlement, derrière lui dans le couloir apparemment désert. Ce que les espions en herbe, pas aussi discrets qu'ils le pensaient, ignoraient, c'est que tout cela faisait partie d'un plan soigneusement ourdi par le Serpentard, depuis qu'il était au courant de l'existence de la Cape d'Invisibilité. Ses efforts pour se faire remarquer par les Maraudeurs portaient enfin leurs fruits ! Depuis que James et Lily sortaient ensemble, le harcèlement dont il avait été victime pendant plus de six ans, sans avoir complètement disparu, avait notablement diminué. Il se plaisait à penser que la jeune fille n'y était peut-être pas étrangère, et sans pour autant le consoler de sa perte, cela lui mettait un peu de baume au cœur. Il n'aurait jamais cru être un jour amené à presque les provoquer, pour qu'ils se souviennent de leur petit jeu favori…
Plissant les lèvres dans un rictus méprisant, il continua son chemin, en faisant mine de ne rien avoir remarqué, tout en sortant discrètement sa baguette et en glissant sa main gauche dans sa poche. S'assurant, d'un rapide regard circulaire, que personne d'autre ne se trouvait à proximité, il tourna à droite à l'angle d'un couloir transversal, et soudain, une obscurité d'encre se répandit tandis qu'il rebroussait silencieusement chemin pour prendre la direction opposée en chuchotant « Accio Cape d'Invisibilité de Potter ». Au moment où le tissu fluide atterrissait dans sa main, un hurlement de rage se fit entendre suivi d'un bruit de cavalcade. Il n'eut que le temps de jeter la cape sur sa tête avant que l'effet de la Poudre d'Obscurité Instantanée du Pérou ne se dissipe, et que les deux garçons qui l'avaient suivi, dissimulées sous ce qu'il venait de leur voler, ne se précipitent sans réfléchir dans la direction qu'il avait prise précédemment. Laissant James et Sirius poursuivre une illusion, il rebroussa chemin en courant, pour rejoindre la Grande Salle, où il arriva à juste à temps pour le début du diner. Il s'installa à la table de Serpentard, face aux Grandes Portes pour ne rien manquer de l'air des deux Gryffondors lorsqu'ils arriveraient. Il ne fut pas déçu. Les yeux des Maraudeurs contenaient la promesse de sanglantes représailles, et il ne put réprimer le frisson glacé qui lui parcourut l'échine. Les prochaines heures allaient être difficiles ! Mais le vin était tiré, il fallait le boire, et il savait que ce serait jusqu'à la lie. Mais il avait connu d'autres mauvais moments, entre leurs mains, et au moins, celui-ci en vaudrait la peine.
Severus s'était préparé à ce qui allait, bien évidemment, suivre, et lorsque les quatre garçons le coincèrent dans une des nombreuses alcôves, en sortant du réfectoire, il ne montra aucune surprise. La baguette de Potter s'enfonçait douloureusement dans son cou pendant que Black et Pettigrew le fouillaient sans ménagement, et que Lupin faisait le guet. Tout s'était passé très vite, et dans le plus grand silence. Il serra les dents, ce n'était pas comme si c'était la première fois qu'il se retrouvait dans une situation similaire. Tout ce qu'il risquait, c'était quelques bleus, et peut-être un ou deux os cassés, mais ses tourmenteurs n'oseraient pas aller trop loin, ils ne voudraient pas ruiner leur avenir à deux semaines des ASPICs, et surtout… surtout Potter ne voulait pas perdre Lily !
Les deux compères se redressèrent.
—Rien ! Il ne l'a pas sur lui.
—Ou-est-elle ? Articula James d'une voix mauvaise.
—Je ne vois pas de quoi tu parles !
Un coup de poing dans le plexus lui fit regretter sa provocation. Plié en deux, les larmes aux yeux et peinant pour reprendre son souffle, sa seule satisfaction était d'avoir vomi sur les chaussures de Potter, mais il fallait profiter des petites choses. Il mit plusieurs minutes à récupérer, et se redressa difficilement, les bras croisés sur son estomac. La baguette de son tourmenteur le cueillit de nouveau, manquant de justesse de provoquer une nouvelle nausée. C'était presque dommage, il aurait bien aimé 'arroser' aussi sa chemise.
—Ou est-elle ? Répéta-t-il un peu plus fort.
Cette fois-ci, il ne fit pas mine de prétendre ne pas avoir compris la question.
— Tu ne la reverra certainement jamais… pas plus que moi d'ailleurs ! Termina-t-il amèrement.
La baguette s'enfonça un peu plus fort, et Severus avala difficilement sa salive.
—Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu l'as détruite ? Tu sais ce que ça…
Repoussant son poignet pour éloigner la baguette de son cou, le Serpentard regarda sa némésis au fond des yeux. La haine et le mépris le disputaient au dégout dans toute son expression.
—Lâche-moi ! Non, je ne l'ai pas détruite ! Je me suis tout simplement bêtement fait attraper par Rusard pour avoir manqué le percuter en courant dans les couloirs, et il me l'a confisquée ! Il semblerait que la possession de ce genre d'objets soit interdite par le règlement… tu le savais ? Reprit-il innocemment après une légère pause. « Je n'ai échappé à une retenue que parce que le directeur a apparemment décrété que les Septième Année utiliseraient mieux leur temps à réviser plutôt qu'à récurer la salle des trophées. Mais tu peux toujours aller pleurer dans les jupes de McGonagall ou de Dumbledore, après tout, tu es toujours leur petit chouchou, non ?
—Je ne te crois pas. Potter était blême, et sa voix tremblait de rage.
—A ton aise. Je n'ai aucun moyen de te le prouver, à moins d'aller cambrioler la loge du concierge… et de risquer l'expulsion à deux semaines des ASPICs. Et même vous, je ne pense pas que vous seriez assez stupides pour faire ça.
Remus se retourna vers eux, l'air gêné, posant sur Severus presque un regard d'excuses. Il avait subi un traumatisme presque aussi important que celui du Serpentard, trois ans plus tôt, lorsqu'il s'était aperçu de ce qu'il aurait pu lui faire sous sa forme de Loup Garou. Et il avait été en froid avec Sirius pendant une grande partie de l'année suivante, pour ça. Ce qui ne l'avait pas empêché de ne pas intervenir, après les BUSEs. Le jeune lycanthrope était manifestement déchiré entre sa loyauté envers ses amis, et sa désapprobation de plus en plus forte envers leurs actions.
—On ferait mieux d'y aller, maintenant. A mon avis, il dit la vérité, et s'il ment et essaye de s'en servir, on s'en apercevra vite !
—Et comment ? Maintenant que la cart... Pettigrew se tut brusquement, et Remus poursuivit à l'adresse de James, sans tenir compte de l'interruption.
— … Sinon, ça m'étonnerait que Dumbledore t'empêche de la récupérer, après la sortie. Au pire, tu demanderas à ton père de la lui réclamer, c'est un bien de famille, après tout. De toute façon, on ne peut pas rester là, on va finir par se faire remarquer. Qu'est-ce que tu veux faire de plus ? On est dans une impasse.
Trois d'entre eux trouvèrent tout de même quoi faire de plus. Quelques minutes plus tard, le petit groupe abandonnait l'alcôve, et le corps pantelant recroquevillé sur le sol de pierres, en levant le Silencio qu'ils avaient jeté au début de l'altercation.
Severus n'avait aucune intention de se servir de la cape avant la fin de l'année. Mais outre la satisfaction de priver ses ennemis de la chose qui leur avait permis de le tourmenter en toute impunité pendant des années, il présumait qu'elle lui serait bientôt d'une grande utilité. Mais il devait prévenir toute velléité de fouille de ses affaires. Après tout, Potter serait peut-être assez idiot pour aller effectivement se plaindre à Dumbledore ou à McGonagall, et encore une fois obtenir gain de cause. Lorsqu'il eut assez récupéré pour se tenir à peu près debout et mettre difficilement un pied devant l'autre, il retourna péniblement sur ses pas, vers le couloir qui menait à la Grande Salle. Lorsqu'il eut fait ce qu'il avait à faire, au lieu de se rendre directement dans sa salle commune, il fit un détour par le couloir secret, afin de confier le précieux artéfact à Hermione.
Il se doutait qu'il ne serait pas tellement bienvenu, sans s'être annoncé, mais il n'était pas encore neuf heures, et la jeune fille ne serait certainement pas couchée. Il ne voulait pas que Missy le voit dans l'état où il était, et il hésitait à lui envoyer un Patronus, lorsque le Baron Sanglant se matérialisa à son côté, et accepta de se charger de prévenir Hermione de son arrivée.
—Je suis désolé de venir vous importuner aussi tard, et à l'improviste. J'espère que je ne vous tire pas du lit.
—Non, je me couche rarement très tôt. J'attends de ne plus pouvoir tenir les yeux ouverts pour aller me coucher… Je… je dors très peu, et très mal. Avoua-t-elle en s'approchant du jeune homme qui se tenait soigneusement dans le coin le plus sombre de la pièce, la tête un peu baissée pour laisser ses longs cheveux dissimuler la plus grande partie de son visage. Sa façon prudente de se mouvoir, et son élocution un peu difficile avaient allumé un signal d'alarme dans l'esprit de la jeune fille.
« Severus ? Il y a quelque chose qui ne va pas ? Saisissant sa baguette, elle jeta un Lumos qui le fit ciller. Il leva une main maculée de… sang ! pour protéger ses yeux de la vive lueur dirigée sur lui. « Qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? Vous êtes blessé !
—Ce n'est rien ! Je ne vais pas rester, je voulais juste vous confier ceci. Ça pourrait nous être utile, plus tard. Fit-il en tirant quelque chose de sous sa chemise, en lançant un Amplificatum. Il n'y avait que ces imbéciles de Maraudeurs qui aurait supposé qu'il l'aurait gardée sur lui. Il l'avait discrètement récupérée, dans le heaume d'une des armures qui gardaient les portes de la Grande Salle, dans lequel il l'avait dissimulée, avant d'y entrer pour le repas.
—La… la Cape d'Invisibilité de Harry ! Comment avez-vous… Non ! Ne me dites rien ! Il suffit de vous regarder. Mais où aviez-vous la tête ? Croyez-vous qu'ils vous laisseront tranquille après ça ? Ils ne sont pas assez bêtes pour avoir gobé quoi que ce soit que vous ayez pu leur raconter !
—C'est là où je crois que vous vous trompez. Je pense que le plus dur est passé. Je soupçonne Lupin de ne pas avoir été totalement convaincu, mais lorsqu'ils constateront qu'effectivement je ne m'en sers pas, et pourquoi l'aurais-je volée autrement ? Ils penseront que Rusard me l'a effectivement confisquée. Et même s'ils se doutent de quelque chose, tant qu'elle sera en votre possession, ils ne pourront rien trouver, ni sur moi, ni dans mes affaires, au cas où le rat se risquerait à tenter une incursion dans les dortoirs de Serpentard, et donc rien prouver. Non seulement je les prive de ce qui leur a permis de me traquer depuis des années, mais elle nous sera sûrement bien plus utile qu'à eux !
—C'était de la pure folie ! Il faut vous soigner !
—Ne vous en faites pas, j'ai l'habitude, et j'ai tout ce qu'il me faut dans mon dortoir ou dans mon laboratoire.
—Attendez, c'est plus difficile et douloureux de le faire sur soi-même. Permettez-moi… après une légère hésitation, il hocha silencieusement la tête et elle prononça « Episkey » en dirigeant successivement sa baguette vers son nez en sang, sa pommette éclatée, et sa lèvre fendue. Elle s'empara ensuite doucement de sa main blessée, et répéta la formule, avant de conjurer de petites attelles pour immobiliser les deux doigts cassés qu'elle venait de réparer. « Rien d'autre ?
Il haussa les épaules, fataliste, tout en tâtant prudemment ses côtes.
—De cassé ? Je ne pense pas. Quelques contusions, des hématomes… je pourrai me débrouiller tout seul pour ça, Je vais passer au laboratoire avant d'aller me coucher. Merci, ajouta-t-il à mi-voix en levant enfin les yeux vers elle pour la regarder en face.
Severus remarqua alors les cernes sombres sous ses yeux, moins apparents lorsqu'il lui rendait visite le matin, et l'état de nervosité qui la faisait marcher de long en large dans la pièce, en se frottant les mains. Il fronça les sourcils.
— Il vous reste de la Potion Calmante ? Ça fait près d'un mois que vous êtes là. Je me doute que ça doit être très dur de rester enfermée ici, toute seule.
—Ça l'est ! Je pensais pourtant apprécier la solitude, mais je crois que je suis en train de devenir folle entre ces murs. Croyez-vous qu'il me serait possible de passer par le souterrain sans être remarquée, ainsi que vous en aviez émis l'hypothèse ?
—Je pense que oui, le Baron m'a confirmé que le souterrain était aussi mon œuvre. Mais je crois aussi que ce ne serait pas très prudent. Pré-au-Lard est un tout petit bourg, et une étrangère n'y passerait pas inaperçue. Surtout aussi jeune que vous, et non accompagnée.
—Je pourrais rester près de la Cabane Hurlante. Au moins je verrais autre chose que ces quatre murs, et je pourrais respirer un peu d'air frais.
Elle était tellement excitée par cette idée, qu'elle ne remarqua pas l'expression préoccupée qui s'était affichée sur le visage du jeune homme au fur et à mesure qu'elle s'exaltait, agitant ses mains fiévreusement.
—La Cabane Hurlante… il vaudrait mieux… Il inspira un grand coup et parut prendre une décision. « Ecoutez, j'essayerai de revenir un peu plus tard. J'ai inventé un sort qui… comment dire… a à peu près le même effet qu'un philtre du mort-vivant sur mes compagnons de dortoir. C'est assez pratique, lorsqu'on est insomniaque et qu'on veut se déplacer discrètement la nuit sans générer des questions à n'en plus finir. Mais pour le lancer, il faut que j'attende qu'ils soient déjà endormis.
—Je n'ai pas besoin…
—Si vous voulez sortir, je vous accompagne, ce n'est pas négociable ! Tous les endroits où vous pourriez aller doivent être très différents de ce qu'ils sont à votre époque. De plus, il est plus prudent de se déplacer à deux. Nous n'avons aucun moyen de communiquer, et…
—Oh, à ce propos, j'ai complètement oublié de vous en reparler… Elle alla chercher son sac sur son chevet, et en tira deux pièces de monnaie moldues et lui en tendit une, souriant lorsque le jeune homme haussa un sourcil interrogateur.
—Un simple Charme de Protée. Nous utilisions cela en cinquième année pour… ce serait trop long, je vous raconterai ça une autre fois. Vous savez comment ça marche je suppose ?
—Ingénieux ! En… cinquième année, vous dites ? Ce sort sera au programme des Cinquième Année dans vingt ans ?
—Pas plus que maintenant. Mais j'ai toujours été curieuse !
TBC
LUMOS ?
