Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.
MERCI à darkcorbeau, DinaChhaya TalaNokomis, Allersia, Zeugma, Emilie09, Juliana, Daidaiiro, Cicidy, Kyradelacour, Pretty Kate et Kahouete pour vos reviews sur le chapitre précédent.
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous mes lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par moi, et par ma muse !
Aujourd'hui, cela fait juste deux ans qu'Alan Rickman nous a quittés. Une pensée pour lui /*
Enjoy & Review !
Premiers pas
.
Les premiers jours à Spinner's End, outre procurer à Missy de quoi les nourrir correctement, furent consacrés à pourvoir la maison de multiples et complexes couches de protections destinées à prévenir le maximum de dangers possibles, et accessoirement à agrandir magiquement le cabinet de toilette et à y installer une douche et des toilettes.
Ils apprivoisaient doucement leur nouvelle vie, et peaufinaient les détails de l'histoire d'Hermione, dans l'éventualité où elle serait questionnée sur son passé. Le quatrième soir, un peu avant la tombée de la nuit, ils Transplanèrent, sous Glamour, dans l'Allée des Embrumes, où Hermione ne tarda pas à repérer Mondingus Fletcher, qui sortait de l'échoppe de Barjow&Burk. Surveiller la boutique spécialisée dans les articles de Magie Noire, dont les propriétaires faisaient aussi dans le recel d'objets volés, s'était avéré payant.
—C'est lui !
Severus jeta un coup d'œil autour d'eux, et constatant que la rue était déserte, dirigea discrètement sa baguette sur le sorcier plus âgé, avant que sa compagne ait pu l'en empêcher. Sous le regard réprobateur de celle-ci, il entraîna l'homme vers une taverne, où ils prirent place à une table crasseuse un peu à l'écart des autres consommateurs. Le jeune homme énonça sa demande, les yeux fixés dans le regard vide de Fletcher. Ce dernier acquiesça et énonça un prix, qui semblait astronomique, dont la moitié devait être versée à la commande pour le 'fournisseur' et l'autre moitié, qu'il présenta comme son 'salaire' à la livraison. Severus fit glisser vers lui, d'une main qu'il venait de ganter furtivement, une enveloppe contenant une photo, et une feuille de papier, sur lequel quelques lignes étaient tapées à la machine à écrire, instrument moldu qui comme les automobiles, étaient, après légères modifications, relativement répandu dans les administrations magiques. Une idée d'Hermione, au cas où quelqu'un aurait tenté de remonter leur trace. Elle-même se rendit aux toilettes pour ajuster discrètement le montant contenu dans la bourse qu'ils avaient préparée à l'avance, et la transaction finalisée, rendez-vous fut fixé quelques jours plus tard. Après avoir jeté quelques pièces sur la table en règlement des consommations auxquelles ils n'avaient pas touché, Severus se leva, imité par Hermione.
—Vous resterez ici pendant dix minutes après notre sortie, et inutile de préciser que personne ne devra être mis au courant de notre démarche. Énonça-t-il avant de lever silencieusement le sort de Confusion informulé qu'il avait jeté à l'escroc.
—Tu n'aurais pas dû faire ça ! Reprocha Hermione dès qu'ils furent dans la rue.
—Pourquoi ?
—Personne ne nous connait, le Glamour était suffisant. Ce n'était pas la peine de…
—Pas la peine de quoi ? Gronda Severus d'une voix dangereuse. « Que crois-tu qu'il aurait fait, aussitôt que nous aurions été sortis ? Tu m'as dit toi-même qu'il avait l'habitude de se vendre au plus offrant. De faux documents d'identité, pour une sorcière américaine, ce ne doit pas être une demande tellement courante par ici, et certainement une information que certains seraient disposés à payer un bon prix par les temps qui courent. Et puis… je n'ai pas utilisé d'impardonnable que je sache ! Alors cesse de faire la tête, tu sais très bien que j'ai raison. Compte tenu de ce qui nous attend, il est urgent que tu essaies d'oublier que tu es une Gryffondor et de laisser parler un peu ton côté Serdaigle. Sers-toi un peu de ta tête bon sang ! Ce n'est pas un jeu d'enfants, et personne ne va nous faire de cadeaux, surtout dans les milieux que nous allons être appelés à fréquenter. Tu ferais mieux de cuirasser ta conscience, et de te faire à l'idée de donner quelques coups de pieds dans les règles, si tu ne veux pas y laisser des plumes. Je tiens à la vie, figure-toi, et je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour courir le moins de risques possibles. Et je ne te laisserai pas nous mettre en danger pour prouver une quelconque bravoure qui en l'occurrence ne serait que de la bêtise. Que ça te plaise ou non !
Ils firent quelques pas en silence, avant que Severus ne reprenne la parole, sur un ton plus calme.
« Cet homme… je l'ai déjà vu. Dans la Pensine. Je l'ai immédiatement reconnu. Et je ne lui ferai apparemment pas plus confiance dans vingt ans que maintenant. C'est une partie mortelle qui vient de s'engager, Hermione, et crois-moi, le fair-play n'est pas de mise, avec de tels adversaires.
Severus s'était mis en tête de créer une nouvelle pièce, afin d'y aménager un laboratoire. Il fallait employer un mélange savamment dosé de Defodio et de sortilège d'Encartement afin de créer un espace indécelable de l'extérieur. Au terme de plusieurs essais plus ou moins heureux, il avait enfin réussi à créer une alcôve de la taille d'une grande armoire, ce qui était déjà remarquable pour un jeune sorcier tout juste sorti de l'école. Fort de son succès, il se remit à l'ouvrage dès le déjeuner expédié et se contenta de réponse à Hermione par un grognement lorsqu'elle lui annonça qu'elle sortait prendre l'air.
Cokeworth était l'archétype des cités ouvrières du début du siècle. De lugubres alignements de pavillons, tous identiques, adossés deux par deux, minables maisons siamoises reliées par le mur mitoyen d'une arrière-cour minuscule. A l'apogée de l'industrie cotonnière, des dizaines d'usines employaient des myriades d'ouvriers pour lesquels elles avaient fait construire, à l'aube du vingtième siècle ces cités-dortoirs, dominées par de hautes cheminées de briques noircies, ultimes témoins d'une époque maintenant révolue. Deux guerres mondiales et le déclin rapide de l'industrie textile avaient emporté la gloire de 'Cottonopolis', et les années soixante-dix avaient sonné le glas des usines, alors que plus de 20000 personnes se retrouvaient au chômage rien qu'à Manchester. Les cités ouvrières avaient été désertées, et les maisons laissées à l'abandon tombaient en ruines. Malgré tout, certains de ces taudis montraient encore des signes d'habitation, et lorsqu'elle longea un square miteux, une bande de jeunes en blousons de cuir, réunis autour d'une moto lui adressa des sifflets dont elle se serait bien passée.
Après avoir traversé ce qui semblait avoir été une aire de jeux pour les enfants, au centre de laquelle se dressait un chêne immense et un portique à balançoires rouillé, elle se retrouva dans un quartier plus animé, manifestement destiné à une classe de population plus élevée que celle des ouvriers de la cité voisine. De coquets pavillons se nichaient derrière des jardinets bien entretenus, la circulation y était également plus dense, et de nombreuses voitures stationnaient le long des trottoirs. L'éclat d'une longue chevelure rousse attira soudain son regard. Une jeune fille venait de surgir de la minuscule allée qui menait à l'une des maisons. Lorsqu'elle se retourna en agitant la main pour dire au revoir à quelqu'un resté à l'intérieur, elle la reconnut immédiatement, ne pouvant croire à sa chance. Lily Evans marchait maintenant à quelques pas devant elle, vêtue d'un jean effrangé et d'une tunique de coton écru, un sac de macramé multicolore en bandoulière. Remerciant le hasard qui avait mis la jeune fille sur son passage, Hermione décida de la suivre, en attendant qu'une occasion favorable se présente.
Elle posa la main sur la poignée de la porte vitrée, au moment où la jeune rousse la poussait pour sortir de la boutique, manquant de la faire tomber. Lily se précipita pour la soutenir.
—Oh ! Je suis vraiment désolée ! Quelle idiote de tête en l'air… vous ne vous êtes pas fait mal, au moins ?
—Non, non, aucun mal, vraiment ! juste une cheville tordue, ce n'est pas grave. Et en parlant de tête en l'air, j'aurais dû moi-aussi faire attention. Répondit Hermione en souriant.
—Je peux vous offrir un thé, ou un café, pour me faire pardonner ?
—Ma foi, pourquoi pas. Il fait chaud, et je marche depuis un petit moment… en fait, je ne connais pas encore la ville, et je cherchais les rues commerçantes.
Tout en discutant les deux jeunes filles étaient entrées dans un minuscule salon de thé et s'installaient à une table, près de la vitrine.
—Vous êtes nouvelle dans le quartier ? Je ne vous avais jamais vue, mais Il est vrai que je ne rentre chez mes parents que pour les vacances scolaires.
—En fait, j'habite depuis peu chez… un ami. Si Lily nota la légère hésitation, elle ne releva pas, et elle eut la discrétion de ne pas poser de questions. « Je suis américaine, et il y a quelques mois, j'ai décidé de revenir m'installer dans 'la mère patrie'. Je vivais à Londres jusqu'à ces derniers jours. Mais je ne me suis pas présentée : Harmony Granger. Vous pouvez m'appeler Harmony.
—Lily Evans. Enchantée de vous connaître, Harmony. Je pourrais vous faire visiter la ville si vous voulez.
—Je ne voudrais pas vous déranger, mais ce serai génial ! Je ne connais encore personne, ici.
—Si ça me dérangeait, je ne vous l'aurais pas proposé. Répondit Lily avec une franchise désarmante. « De fait, je n'ai pas non plus beaucoup de contacts dans le quartier. Mes amies d'enfance ont toutes déménagé, et comme je vous l'ai dit, je ne reviens que pour les vacances. Enfin… jusqu'à maintenant. J'ai terminé mes études, et pour le moment, je vais habiter avec ma mère. Mais nous devons avoir à peu près le même âge, nous pourrions nous tutoyer, non ? Au fait, votre-ton accent anglais est excellent pour une américaine… sans vouloir t'offenser bien sûr.
Hermione éclata de rire. Elle n'avait pas très envie d'imiter l'accent américain pendant des années, et avait préféré 'prendre le taureau par les cornes'. Elle allait voir si son explication tenait la route.
—Aucune offense rassure-toi, en fait, c'est même un grand compliment. Mon arrière-grand-mère était anglaise, et très fière de ses origines. Elle avait une très forte personnalité, c'était vraiment la matriarche du 'clan', et elle a fait en sorte à ce que son fils, et après lui ses descendants, conservent un parfait accent britannique. C'était leur seul héritage, disait-elle. Je pense qu'au fond d'elle-même elle espérait rentrer un jour dans son pays, mais elle a fondé une famille aux États Unis, et je suis la première qui ait émis le désir de 'revenir aux origines'.
—Tu l'as connue ?
—Non. Elle est morte avant ma naissance, mais je pense que je me serais bien entendue avec elle. C'était une femme indépendante, très en avance sur son époque. Elle a élevé son fils toute seule, et ce n'était pas évident dans les années dix, surtout pour une fille de bonne famille qui n'avait jamais travaillé auparavant. Vois-tu, elle avait été reniée par sa famille parce qu'elle était enceinte et s'était expatriée pour commencer une nouvelle vie… et aussi je suppose pour essayer de retrouver son amant, mais il s'était marié entre temps.
—C'est une triste histoire.
—Mais qui s'est bien terminée, finalement. Elle aurait pu très mal tourner après avoir été rejetée par sa famille et l'homme qu'elle aimait. Mais elle a trouvé le courage de 'rebondir', et surtout, elle a eu la chance de rencontrer des personnes qui l'ont aidée à se relever, au lieu de l'enfoncer, et lui ont donné une deuxième chance. Je pense que tout le monde devrait avoir droit à une seconde chance, tu ne crois pas ?
—Je… je ne sais pas. Ça dépend de plusieurs facteurs, je suppose. Si ce que la personne a fait est trop grave…
—Je ne te parle pas de crimes de sang, mais d'erreurs. Tout le monde peut faire des erreurs, confrontés à certaines circonstances. En l'occurrence, elle était tombée enceinte en-dehors du mariage, ce qui était une chose très grave à cette époque. Lorsque ça a commencé à se voir, malgré toutes ses précautions, la famille chez laquelle elle avait réussi à trouver un emploi de gouvernante - elle avait été élevée dans un milieu aisé, elle avait eu une excellente éducation, était instruite et cultivée - aurait pu la jeter à la rue. Elle n'aurait pas eu beaucoup d'autre choix que de tomber dans la prostitution et la délinquance, pour pouvoir survivre et élever son enfant. Au lieu de ça, ils l'ont non seulement gardée à leur service, mais son fils a été élevé avec les leurs, il a pu avoir accès à l'université et se forger une bonne situation. Mais assez parlé de moi, tu étais sortie pour faire les boutiques, et il se trouve que j'ai moi aussi besoin de quelques affaires. On y va ?
Les deux jeunes filles passèrent le reste de l'après-midi à faire des emplettes en riant, et se quittèrent en très bon termes, devant le portail de la maison des Evans. Hermione avait appris que le père de Lily était décédé l'année précédente, à la suite d'un cancer, et qu'elle avait une sœur plus âgée, Petunia, qui devait se marier à la fin du mois d'août. « Je me demande ce qu'elle trouve à son Vernon ! » lui avait confié Lily avec une grimace, et Hermione s'était souvenu des confidences de Harry sur sa famille moldue. Vernon Dursley n'avait pas été plus apprécié par sa mère que par lui.
De retour à Spinner's End, elle retrouva Severus dans le salon, assis en tailleur sur le plancher, devant la table basse, des dizaines de feuilles de papier éparpillées autour de lui. Penché sur de complexes équations d'Arithmancie, il marmonnait entre ses dents en mâchouillant un crayon.
—Bonsoir ! Tu as passé tout ce temps à plancher sur ton problème ? Seul un grognement lui répondit. « Tu en es où ?
Severus se saisit de sa baguette et sans lever la tête, la dirigea vers une bibliothèque remplie de livres, dont certains avaient l'air très anciens, qui n'étaient pas là lorsqu'elle était partie. Le panneau parut s'effacer, pour laisser voir un espace vide grand comme la moitié de la cuisine environ.
« Seigneur ! C'est… tu es un génie ! Ça eut le mérite de lui faire lever la tête, pour la regarder avec suspicion.
—Un génie serait arrivé à créer une pièce assez grande pour faire un laboratoire potable ! se renfrogna le jeune homme en se relevant.
—Severus ! Tu as dix-huit ans. Dix-huit ! Tu es sorti de l'école i peine une semaine, et maîtriser ce sortilège peut prendre des années à un sorcier expérimenté !
—Mmmfff ! Je ne comprends pas ce qui ne marche pas. Je n'arrive pas à en augmenter la taille, j'ai même essayé Engorgio et Amplificatum à tout hasard, même si je sais qu'ils sont destinés à des objets.
Hermione gloussa, amusée.
—A mon avis, il vaudrait mieux que tu arrêtes pour aujourd'hui. Tu as déjà réussi à passer de la taille d'un placard à celle d'une petite pièce, il n'y a aucune raison pour que tu ne finisses pas par y arriver. Tu es tout simplement épuisé. Tu te rends compte de la quantité d'énergie magique que tu as dû dépenser cet après-midi ?
Severus regarda autour de lui. Son regard glissa sur les sacs en papier qu'Hermione avait posés par terre en arrivant.
—Il est quelle heure ?
—Presque dix-neuf heures, si tu ne t'es pas arrêté depuis que je suis partie, cela fait presque cinq heures d'affilée que tu t'acharnes là-dessus. Elle ramassa les sacs. « Je monte ça dans ma chambre. Missy ?
L'Elfe se matérialisa aussitôt. Elle obéissait à Hermione comme à Severus, ce qui mettait la jeune fille un peu mal-à-l'aise. Elle détestait qu'un Elfe puisse la considérer comme sa maîtresse. Mais Missy était libre, et… Eh bien Hermione détestait tout simplement les tâches ménagères dont semblait se délecter la petite créature. Tout le monde a ses faiblesses.
—Miss Hermione désire quelque chose ?
—Je voulais juste te demander si tu avais préparé le repas, Severus va avoir besoin de calories, pour récupérer son énergie. Plaisanta-t-elle, s'attirant un regard noir du sorcier.
—Missy a préparé le dîner, oui, oui. Tout est prêt dans la cuisine pour monsieur Severus et miss Hermione.
—Merci Missy, nous arrivons dans quelques minutes. Elle s'apprêtait à monter dans sa chambre, lorsqu'elle s'immobilisa soudain. « Severus, d'où viennent tous ces livres ? Ils n'étaient pas là tout à l'heure, non ?
Les épaules du jeune homme se crispèrent et son ton se durcit alors qu'il répondait.
—Ma mère les cachait dans le grenier pour que Tobias ne puisse pas y mettre la main dessus et les détruire, comme il l'avait fait avec sa baguette.
—Oh ! Je vois. Je suis… c'est bien que tu les aies remis à la place qu'ils méritent. Quel est le sortilège que tu as employé pour le passage, je ne l'avais jamais vu.
—Une variante de Partis temporus, il crée un passage temporaire au milieu d'une barrière de protection magique. Je l'ai couplé à un Evanesco éphémère sur la bibliothèque. Il y a également un sort additionnel qui permet de garder le passage ouvert, si on le désire. Je te montrerai ça après souper.
Bouche bée, Hermione le regardait, impressionnée.
—Au risque d'amplifier encore ton ego déjà surdimensionné de Serpentard, je maintiens que tu es un génie. Tu as l'art de combiner les sorts existants et l'instinct pour en créer de nouveaux. Je parie que d'ici deux jours au plus, tu commenceras à aménager ton laboratoire.
TBC
Un p'tit Lumos pour illuminer ma journée ?
