Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.

MERCI à DinaChhaya TalaNokomis, Zeugma, Kahouete, darkcorbeau, Fralexclem, Juliana, Cicidy, Daidaiiro et Lolo66 pour vos reviews sur le chapitre précédent.

A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur, et par sa muse !

Enjoy & Review !


Test grandeur nature

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Hermione s'arrêta net, en entendant les paroles des deux personnes en conversation derrière la haie qui entourait le jardinet des Evans. Une des voix était celle de Lily, et elle reconnaissait l'autre : Sirius Black !

—Tu es sûr que je ne peux pas…

—Non, la période contagieuse est passée, en ce qui les concerne, mais l'épidémie bat encore son plein, et il ne veut te faire courir aucun risque. Il viendra lui-même dès qu'il le pourra. Pour le moment, il préfère rester à Londres, pour être sur place, au cas où. Mes parents et Regulus sont en Allemagne encore pour une semaine, ils ont même emmené Kreattur avec eux, nous nous sommes donc installés au Square Grimmaurd.

—Je comprends, mais je voudrais tant être auprès de lui, pour l'aider à supporter cette épreuve.

—Il le sait, c'est pour ça qu'il m'a demandé de venir t'expliquer tout ça en personne, plutôt que d'envoyer un hibou. Entre nous… c'est triste, mais la Dragoncelle est une maladie dont on réchappe très rarement, à leur âge. Ils sont âgés, tu sais, beaucoup plus que tes parents. Ils ont eu James sur le tard, ça arrive souvent chez les Sang-purs.

—Je suis tellement désolée pour lui ! Je sais à quel point il est attaché à ses parents, j'aurais aimé les connaître.

—Je… le ton de Sirius semblait hésitant, maintenant.

—Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

—Eh bien… en fait, en ce qui concerne James et toi… comment dire, ce sera peut-être mieux comme ça.

—Qu'est-ce que tu veux dire ?

—Disons que, sans être vraiment des extrémistes, ou des partisans de Qui-tu-sais, comme les miens, ses parents auraient sans doute préféré que leur fils n'ait pas choisi une née-moldue. Oh, pour James, ils auraient sûrement fait contre mauvaise fortune bon cœur, mais ils ne t'auraient peut-être pas accueillie avec des hurlements de joie.

—Oh ! Il ne m'avait jamais dit…

—James aime beaucoup ses parents, mais il y a des points sur lesquels ils ne sont pas vraiment d'accord… surtout depuis qu'il te connait.

—Tu veux dire qu'avant, ces histoires de sang soi-disant pur ne le dérangeaient pas ?

—Disons qu'il ne s'était jamais vraiment posé la question. Même s'il n'avait pas été 'fiancé' d'office dès son enfance, comme d'autres, il était évident que ses parents espéraient que le temps venu, il choisirait une fille issue d'une des grandes familles de Sang-pur. Et à priori, il n'avait rien contre, jusqu'à ce qu'il tombe amoureux de toi. Ce n'est pas vraiment de sa faute, il a été élevé comme ça… même moi, il a bien failli me rejeter, dans le Poudlard Express, lorsqu'il a su que toute ma famille avait toujours été répartie à Serpentard.

—Toi aussi, tu as été élevé comme ça, et tu as toujours dit que tu te fichais de ces préjugés comme de ton premier Niffleur en peluche !

—Certes, mais mes parents n'étaient pas vraiment aussi… compréhensifs que Fleamont et Euphemia, et lorsque j'ai été réparti à Gryffondor, ils m'ont carrément traité comme un pestiféré, alors que ceux de James auraient continué à l'aduler, même s'il avait atterri à Serpentard. Là où je prenais systématiquement le contre-pied de leurs idées pour les emmerder, lui n'avait aucune raison d'entrer en conflit avec les siens. Bon, il faut que j'y aille, je lui donnerai ta lettre. Au revoir Lily, prends soin de toi.

—Au revoir, Sirius, merci d'être venu. Tenez-moi au courant !

Hermione s'était éloignée de quelques pas, au cas où Lily serait sortie dans la rue, mais elle perçut nettement le 'pop' du Transplanage.

Silencieusement, elle fit demi-tour pour retourner à Spinner's End. Elle avait prévu de passer lui demander si elle voulait l'accompagner au cinéma, mais le moment était mal choisi. La jeune fille ne serait surement pas disposée à se distraire cet après-midi-là.

On ne peut pas gagner à tous les coups.

Cependant, elle avait maintenant l'une des réponses à une question qu'elle se posait depuis des années : pourquoi Harry avait-il atterri chez sa tante ? Comment se faisait-il qu'il n'avait plus aucune autre famille ? Ses grands-parents paternels avaient certainement succombé à l'épidémie, et elle savait que Lily avait déjà perdu son père. Si elle se fiait à la date de naissance de Harry, Lily et James avaient dû se marier en 1979 ou en 1980. Malgré la guerre qui couvait, cela lui semblait très jeune, même pour le monde sorcier. Ça s'expliquait mieux si la jeune femme s'était retrouvée seule après la perte de sa mère, surtout si elle était déjà enceinte… Madame Evans était donc condamnée à court terme. Elle en eut le cœur serré pour la jeune fille, mais il n'y avait hélas rien qu'elle puisse faire.

La Gazette avait évidemment relayé l'information de l'épidémie de Dragoncelle qui sévissait depuis quelques jours dans le monde sorcier. Les Medicomages de Ste Mangouste étaient sur le pont 24 h sur 24 et les victimes, surtout parmi les bébés et les vieillards, commençaient à se compter par dizaines. La veille encore, la mort d'Abraxas Malfoy avait fait la Une du journal. Elle faisait désormais de Lucius le chef d'une des plus anciennes et influentes familles du monde sorcier. Une relation qu'il valait mieux avoir de son côté, surtout dans leur cas. Severus s'était empressé de lui envoyer ses condoléances et de l'assurer de tout son soutien moral dans ce moment difficile. La réponse avait été à la hauteur de leurs espérances, une invitation à 'renouer les anciens liens d'amitié qui les avaient unis lors de leur scolarité'. Malfoy concluait en assurant que le 'dernier descendant des Prince' serait toujours le bienvenu chez lui, et que dès la période de deuil terminée, il entendait bien recevoir sa visite, afin de le présenter à 'des relations qui pourraient s'avérer déterminantes pour l'avenir d'un jeune diplômé aussi brillant'.

Il fallait dire que les résultats des examens étaient tombés deux jours plus tôt, et la Gazette, qui y consacrait un entrefilet chaque année, s'était cette fois fendue d'un article complet, s'attardant sur le très rare parcours 'sans fautes' d'un jeune Serpentard, sorti Major de la promotion 1978 avec la note maximale de 'O' dans toutes les disciplines. Le journaliste y soulignait que Severus Snape était le descendant de l'une des plus anciennes familles du monde sorcier. Il était même allé jusqu'à demander une entrevue au grand-père du jeune homme, qui la lui avait refusée, mais avait consenti, dans sa réponse, à reconnaitre et à les autoriser à publier, que le jeune Severus faisait effectivement honneur à la famille de sa mère. Hermione avait lu l'article à haute voix, son enthousiasme l'empêchant de remarquer que le regard du jeune homme s'était durci à la mention de son grand-père.

—Tu ne m'avais pas dit que tu avais encore de la famille en vie ? Interrogea-t-elle en levant les yeux de sur le journal, pour rencontrer le visage figé de Severus. « Qu'est-ce qu'il se passe ? Oh c'est… désolée, je ne voulais pas te blesser.

Il soupira, se recomposant un visage neutre.

—Il n'y a pas de mal. En fait, je n'ai jamais rencontré mon grand-père. Il a bien entendu été informé de ma naissance, mais il n'a jamais demandé à me voir, du moins pas que je sache. Je sais que ma mère aurait pu retourner chez son père, si elle avait accepté de quitter son mari. J'ai trouvé un parchemin, un jour, oublié dans un livre. Ma grand-mère venait de mourir, et je pense que c'est la seule fois où il a tenté de renouer un lien avec sa fille. Je devais avoir deux ou trois ans à l'époque où il lui avait écrit cette lettre, mais elle a dû préférer rester avec Tobias. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi, termina-t-il avec amertume.

—Les femmes maltraitées réagissent souvent de cette manière, parait-il. Elles ont honte, elles se sentent coupables. Elles n'osent pas parler par peur de la réaction de leur entourage, la peur de ne pas être crues, d'être jugées, la peur des représailles, sur elles ou sur leurs enfants. Elle l'aimait sûrement, au début. Et puis il devait s'excuser, lui promettre de changer, se montrer gentil, et elle a voulu lui laisser une autre chance, puis une autre, et encore… c'est le schéma le plus fréquent. Puis l'emprise psychologique devient de plus en plus forte, et elles se retrouvent en situation où elles ne peuvent, et souvent ne veulent, plus réagir.

—Puisqu'il était prêt à la reprendre, il aurait dû l'obliger à partir, l'arracher… nous arracher à cette vie, au besoin par la force. Elle aurait été à l'abri, dans le monde Sorcier.

—Ce n'est pas aussi simple.

Le poing de Severus s'abattit sur la table, la faisant sursauter.

—Pourquoi ?

—Je… je ne sais pas. Avoua-t-elle dans un souffle. « Je ne sais pas… il ne savait sans doute pas à quel point… et il a respecté sa décision, ça ne veut pas dire qu'il ne l'aimait pas. Pourquoi… pourquoi n'essayerais-tu pas de lui écrire ?

—Il l'a abandonnée. Il a abandonné sa fille, il l'a laissée mourir dans la misère. Il a abandonné son petit-fils. Je ne m'abaisserai certainement pas à quémander quoi que ce soit auprès de cet homme !

—Il faut parfois savoir mettre son orgueil, ou sa fierté dans sa poche, Severus. Et puis, poursuivit-elle très vite pour l'empêcher de répondre, « il n'est pas question de quémander quoi que ce soit, juste de le remercier de sa précieuse appréciation dans la Gazette, et de le laisser décider de la suite. Je n'ai jamais entendu personne citer le nom des Prince parmi les partisans de Tu-sais-qui. Mais même Malfoy semble les respecter. Un éventuel soutien de la part de ton grand-père pourrait peut-être s'avérer utile, à défaut de relations plus poussées.

—Les Prince ne se sont jamais abaissés à ramper devant personne. Leur maison n'a pas besoin de Qui-tu-sais pour être l'une des plus anciennes et des plus respectées de notre monde. Et si leur fortune n'égale pas celle des Malfoy, au moins a-t-elle été construite de manière plus honorable.

—L'orgueil et l'entêtement ont déchiré ta famille, Severus, mais ton grand-père avait tendu la main à sa fille, et ce qu'il dit dans cet article… c'est peut-être aussi une manière détournée de faire de même avec toi. En tout cas, un mot de remerciements ne t'engage à rien.

—Je… je vais y réfléchir. Avant tout, je dois répondre à Lucius. Je n'ai aucun doute sur 'les personnes' à qui il voudrait me présenter, et je dois soigneusement choisir mes mots pour avoir l'air d'être flatté et attiré, sans pour autant m'engager à quoi que ce soit dans l'immédiat. Pour pouvoir mettre notre plan en route, il me faut le rencontrer en face, et en privé. Pas d'écrits !

—Si tu as réussi à devenir Maître des Potions avant 21 ans, tu dois déjà avoir pris des contacts pour ton apprentissage, je suppose. Dans un premier temps, tu pourrais faire valoir tes études. Tu ne m'as jamais rien dit à ce sujet.

—Je devrais normalement commencer au début du mois d'août, mais je me demandais s'il ne vaudrait pas mieux retarder…

—Si je me souviens bien du système d'études supérieures Sorcier, elles n'ont a pas de durée prédéfinie. C'est le Maître qui décide de présenter son apprenti aux examens lorsqu'il estime qu'il est prêt, non ?

—C'est cela.

—Dumbledore t'a engagé comme assistant de Slughorn en 1980, tu avais donc 20 ans, ce qui veut dire qu'à moins que cette année-là n'ait fait partie intégrante de ta formation, tu as bouclé ta Maîtrise en deux ans, alors qu'il en faut généralement entre quatre et six. Outre le fait que nous devons modifier le moins de choses possibles, je pense que tu ne devrais rien changer. Si notre 'mission' doit interférer avec tes études, au pire, cela retardera un peu la date de ton diplôme, mais tu pourras toujours conserver l'excuse de ne pas vouloir t'engager définitivement avant de l'avoir en poche. Si Vold-Tu-sais-qui te veut vraiment, et à mon avis c'est le cas, il patientera. Il suffit de bien faire valoir les arguments qui te rendront indispensable à ses yeux... Un potioniste de talent, c'est bien, mais un Maître des Potions dans son camp, cela peut constituer un avantage déterminant, en temps de guerre.

Une semaine plus tard, ils étaient de retour dans l'Allée des Embrumes, toujours sous Glamour, afin de récupérer les faux-papiers d'Hermione. Mondingus Fletcher était peut-être un escroc, mais il fallait reconnaitre qu'il devait avoir les bonnes relations. Les documents semblaient parfaits. Avant de lever le Confundo qu'il avait cette fois encore jeté à l'homme, Severus effaça toute trace de la transaction de sa mémoire, et récupéra la bourse rondelette contenant le solde de leur marché. Cette fois Hermione ne protesta pas. Outre la somme exorbitante demandée, dont il avait très certainement déjà prélevé la moitié au premier versement, il aurait pu s'étonner de se trouver subitement en possession d'autant d'argent sans aucune raison. Elle se souvenait également du pillage du Square Grimmaurd… et ils ne roulaient pas sur l'or ! Dans ce cas précis, elle n'avait eu aucun mal à faire taire ses principes.

Quelques minutes plus tard, le Glamour annulé, ils rejoignaient le Chemin de Traverse, où Severus avait quelques fournitures à acheter en vue de sa prochaine entrée en apprentissage. Ils arrivaient en vue de la boutique de Florian Fortarôme, dont la terrasse était bondée par cette belle journée, lorsque la jeune fille saisit soudain la main de son compagnon pour la poser sur sa taille, tout en se rapprochant de lui. Elle répondit par un sourire éblouissant à son regard interloqué, en lui désignant la terrasse d'un discret mouvement de tête.

—C'est le moment où jamais d'afficher au grand jour ta nouvelle conquête, et de tester notre 'relation', pouffa-t-elle. « Finie, la belle réputation de solitaire irréductible de Severus Snape ! Après la blonde, la brune… Mon cher, tu vas passer pour un vrai tombeur… Sirius Black n'a qu'à bien se tenir ! Le taquina-t-elle avec un petit rire devant l'air menaçant qu'il avait affiché à l'énoncé du nom de sa némésis.

A ce moment, Regulus, qui était attablé en compagnie d'un autre jeune homme, aperçut son camarade, et lui fit signe de les rejoindre. La main de Severus se crispa un peu sur la taille d'Hermione, et après un court instant d'hésitation, il la guida vers les deux jeunes gens, qui, en Sang-purs parfaitement éduqués, se levèrent pour accueillir la jeune fille en s'inclinant. Puis Regulus se tourna vers son ami, un sourire ironique sur les lèvres.

—Severus, espèce de cachottier, présente-nous ta ravissante amie. Je ne pense pas l'avoir jamais vue à Poudlard !

—En effet, elle n'y a jamais mis les pieds, même si elle compte se présenter aux ASPICs en candidate libre l'année prochaine. Harmony, je te présente Regulus Black, et Rabastan Lestrange. Les deux jeunes gens s'inclinèrent de nouveau, chacun à leur tour, devant Hermione, pendant que Severus poursuivait. « Voici Harmony Granger. Harmony est américaine, mais elle a décidé de revenir s'installer dans la mère patrie.

—Voilà une excellente idée, surtout si cela doit adoucir le caractère de monsieur Grincheux, plaisanta Regulus, se rasseyant en leur faisant signe de se joindre à eux.

—J'y travaille, répondit Hermione sur le même ton avec un clin d'œil à son compagnon, qui pour le coup, n'eut aucun besoin de jouer la comédie pour commencer à se renfrogner. « Vous étiez à Poudlard ensemble ?

—Rabastan est de la même promotion que lui, moi j'ai encore un an à 'tirer'. Au fait, félicitations pour tes ASPICs, Severus ! Mazette, un article dans la Gazette et la quasi-reconnaissance du vieux Tiberius, rien que ça ! Même mère a semblé impressionnée, je pense que ton statut en est remonté d'un cran, dans son esprit. Mais vu ton travail enragé des deux derniers mois, je ne suis pas étonné de tes résultats.

—Merci, même si je me serais bien passé de publicité, en l'occurrence.

—A propos d'Ecoles, comment est Ilvermorny ? Les interrompit Rabastan avec curiosité, en s'adressant à Hermione.

—Je n'y suis pas allée. Mon arrière-grand-mère était restée très attachée à ses racines, pour elle, Poudlard était la seule école de Magie au monde qui soit valable. Nous avons tous été éduqués à domicile. Mon grand-père et mon père ont passé leurs examens de fin d'études en candidats libres à Ilvermorny, bien sûr, mais moi, j'ai choisi Poudlard. Elle en aurait été heureuse, je pense.

Rabastan lui sourit plus franchement. En seulement quelques mots, Hermione avait réussi à suggérer l'idée d'une longue lignée de Sorciers, couvrant plusieurs générations. Dans l'esprit du jeune homme, son statut social venait d'augmenter de façon significative, de même que l'estime qu'il pouvait porter à Severus.

TBC


Lumos ?!