Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.
MERCI à LycorisSnape, darkcorbeau, Daidaiiro, Zeugma, Juliana, DinaChhaya TalaNokomis, Fralexclem, Cicidy, Kyradekacour, Kahouete, Marine Dellarte et Lolo66 pour vos reviews sur le chapitre précédent.
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse !
Enjoy & Review !
Hermod
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—Nous sommes invitées au manoir des Malfoy, à l'occasion de la réception organisée par Lucius pour l'anniversaire de Narcissa. En toute simplicité, bien sûr, en raison de leur deuil récent… le ton de Severus suintait de sarcasme. « Traduction : seulement une petite cinquantaine de personnes, la famille et ceux que Lucius considère comme importants pour sa carrière. Ce qui m'intrigue, c'est pourquoi nous ?
Les sourcils froncés, Severus tenait entre ses doigts le parchemin que venait de lui délivrer le magnifique grand-duc qui était en train de terminer les restes de leur petit-déjeuner d'un bec allègre.
—Nous ?
—Il semblerait que Black, ou Lestrange, voire les deux, aient été aussi indiscrets qu'on pouvait l'espérer. Ce cher Malfoy semble très désireux de rencontrer ma, je cite, 'charmante amie dont il n'a entendu que le plus grand bien'.
—Je ne t'imaginais pas familier de ce genre de mondanités.
—Je ne le suis pas. C'est justement ce qui m'intrigue. C'est la première fois que je suis invité au manoir des Malfoy. Lucius était en sixième année, lorsque je suis entré à Poudlard. En tant que Préfet, il se devait de prendre soin des plus jeunes, même de Sang-mêlé, ce qui d'ailleurs, malgré son arrogance naturelle, ne semblait pas le gêner outre mesure. J'ai toujours pensé qu'il était beaucoup plus opportuniste que raciste. D'ailleurs l'arbre généalogique de sa famille comporte plusieurs Sang-mêlés avérés, ce qui leur a permis d'échapper à une trop grande consanguinité. Depuis son départ de l'école, je l'ai rarement revu, mais j'ai su, par Regulus, qu'il, ou plutôt son Maître, je suppose, étant donné la façon qu'avaient les Sang-purs de me traiter presqu'en égal depuis deux ans, s'intéressait fortement à moi.
—Il veut certainement te sonder au sujet de Tu-sais-qui. C'est une occasion rêvée de mettre un pied dans la place, en tout cas.
—Ou bien te tester… je trouve ce soudain intérêt un peu suspect.
—Qu'a-t-il de suspect ? Tu es un Serpentard, sorti de Poudlard major de ta promotion, avec des notes jamais obtenues depuis des décennies. Son maître doit être impatient de te compter parmi ses adeptes, je trouve au contraire assez normal qu'il saisisse l'occasion, pour tenter de t'enrôler. Quant à moi… eh bien, compte tenu de ta réputation d'ours mal léché, il doit être curieux de constater de visu quelle femme a bien pu accepter de te supporter au quotidien alors qu'elle n'y est pas obligée.
Le frémissement des commissures des lèvres de Severus démentait son air vexé. Mais aussitôt après, un pli soucieux se forma sur son front.
—Que ce soit pour une chose ou pour une autre, il va de toute façon falloir nous montrer extrêmement prudents. Je pense que nous devrions doubler tes séances d'Occlumencie, afin de parer à toute éventualité. N'oublions pas que Bellatrix Lestrange est la sœur de Narcissa, et qu'elle sera certainement présente. Sans être une Legilimens d'exception, elle ne se débrouille pas mal, et n'a aucun scrupule à pratiquer sans prévenir. Heureusement, elle manque de discrétion dans ses attaques, ce qui permet de les bloquer assez facilement. Je crains plus une autre présence, et face à Lui... Espérons que par égard pour sa femme, Lucius ne l'invitera pas. Narcissa accepte, et partage même peut-être beaucoup de ses idées, mais elle a toujours été très réticente vis-à-vis des Mangemorts. Si Lucius n'avait pas pris la Marque avant de l'épouser, je ne sais pas si elle n'aurait pas réussi à l'en dissuader.
—Lucius se serait laissé influencer par une femme ?
—Pas par une femme, par sa femme ! Aussi étrange que cela puisse te paraître, leur mariage a été un mariage d'amour. Lucius a dû se battre pour imposer son choix au vieil Abraxas, et si les rumeurs au sujet de leurs relations sont exactes, Narcissa ne devrait pas trop pleurer la disparition de son beau-père.
Les faux papiers fournis par Fletcher avaient passé avec succès le test du Ministère, où Hermione était allée solliciter une demande d'inscription aux sessions d'examens de fin d'études de Poudlard en tant que candidate libre pour l'année suivante. Ils avaient connu un moment d'angoisse en attendant la réponse de l'Ecole, qui devait lui envoyer le programme des Septièmes année, afin qu'elle puisse se préparer au mieux aux épreuves. Poudlard avait sa conscience propre, mais la petite Hermione Granger n'avait pas encore été conçue et ne devait donc pas encore figurer sur ses registres magiques. De fait, elle fut soulagée, lorsqu'elle reçut sans encombre son parchemin, à son nouveau nom. Elle pouvait commencer officiellement sa nouvelle vie.
Par une belle après-midi d'été, ils se retrouvèrent sur le Chemin de Traverse, chez madame Guipure, afin de se procurer des tenues de circonstance pour la réception chez les Malfoy. Depuis qu'il avait quitté Poudlard, Severus s'habillait comme elle, et comme il l'avait toujours fait en dehors de l'école, à la moldue, en jean, T-shirt ou chemise. Il avait donc décidé d'en profiter aussi pour se procurer quelques robes de travail, et vêtements plus conformes aux standards sorciers, en vue de son entrée en apprentissage.
Sans surprise, son choix se porta sur la redingote cintrée d'un bleu si sombre qu'il en paraissait noir, portée sur une chemise blanche et un gilet, un pantalon et une cravate noirs, dans laquelle elle avait toujours vu son professeur. Devant son air narquois, il haussa les sourcils.
—Ben quoi ? Il faut changer le moins de choses possibles non ? Déclara-t-il à mi-voix en levant les épaules.
Hermione sourit, amusée, mais elle devait reconnaitre que cette tenue lui seyait particulièrement et convenait parfaitement à son physique longiligne et à ses longs cheveux d'ébène. Elle avait toujours secrètement comparé, physiquement, son professeur à l'un de ces héros romantiques des romans de Jane Austen ou des sœurs Brontë. Elle ne s'en rendait compte que maintenant, mais elle ne se serait jamais laissée aller à l'imaginer vêtu autrement, à l'époque.
Pour la réception, il fixa son choix sur une variante un peu plus formelle de cette tenue, qu'il pourrait plus facilement reporter qu'une jaquette, cette fois taillée dans un somptueux barathea noir, sur un gilet damassé vert sapin, qu'il compléta d'une cravate de soie gris perle. « Je dois cultiver ma nouvelle image.
Hermione eut plus de mal. L'influence grandissante de la mode moldue sur les sorcières, y compris de Sang-pur, laissait un très large choix, du plus traditionnel au plus moderne. Mais elle n'avait jamais été très portée sur l'apparence, et sa seule robe de soirée avait été celle qu'elle avait portée pour le bal du Tournois des Trois Sorciers, quelques années auparavant. D'autre part, elle rechignait à investir une somme relativement importante dans une robe qu'elle aurait rarement l'occasion de porter de nouveau. Sur les conseils de la vendeuse, elle se décida pourtant à essayer une robe bustier de soie grenat, sans fioritures, dont la jupe arrivait juste sous les genoux devant, et s'évasait derrière jusqu'aux pieds, accompagnée d'une étole vaporeuse pétale de rose.
Lorsqu'elle émergea de la cabine d'essayage, elle frissonna en surprenant la lueur d'une froideur inhabituelle, immédiatement réprimée, qui s'était affichée fugitivement dans le regard de Severus, pendant que madame Guipure s'extasiait, en tournant autour d'elle pour ajuster parfaitement la robe à ses mensurations. Lorsqu'elle estima son œuvre parfaite, la petite femme se retourna vers celui qu'elle prenait évidemment pour son petit-ami, afin de lui demander son avis.
—Je trouve la couleur un peu sévère pour son âge. Puis-je ? Demanda-t-il en sortant sa baguette. « Rassurez-vous, je ne ferai rien d'irréversible tant que la robe ne sera pas payée, précisa-t-il devant l'air inquiet de la tailleuse, qui acquiesça avec une appréhension palpable.
Quelques instants plus tard, Hermione, émerveillée, contemplait dans le miroir une jeune femme qu'elle avait du mal à assimiler à elle-même, dont la robe oscillait maintenant entre le bleu, le gris et le vert pâle, suivant l'angle sous lequel on la regardait, les reflets changeant à chacun de ses mouvements. Elle semblait taillée dans un morceau d'océan, et l'étole d'un gris léger enveloppait ses épaules d'une écharpe de brume vaporeuse. Elle posa sur Severus un regard intrigué. Jamais elle ne l'aurait imaginé accomplir un tel geste, pour une chose aussi futile qu'une robe.
« Maintenant, elle est parfaite ! Conclut-il avec une évidente satisfaction en se tournant vers la propriétaire du magasin, qui les regardait en souriant d'un air entendu. Pendant qu'elle se changeait, elle l'entendit échanger quelques mots avec celle-ci. Lorsqu'elle ressortit de la cabine, il avait déjà payé leurs achats, cadeaux involontaires de Mondingus Fletcher. Emue par le geste du jeune homme et enchantée du résultat, Hermione osa alors une chose qu'elle aurait pensée impensable encore une heure plus tôt. Elle se haussa sur la pointe des pieds, et déposa un baiser sur sa joue de Severus.
—Merci ! Murmura-t-elle à son oreille, sous l'œil attendri de madame Guipure.
—Tu étais vraiment obligée de faire ça ? Demanda-t-il un peu plus tard, alors qu'ils se dirigeaient vers le point de Transplanage.
—Non, mais outre l'occasion rêvée de jouer la comédie du parfait petit couple amoureux, je voulais vraiment te remercier. Cette robe était simplement jolie, mais comme ça, elle est sublime ! C'était… c'était vraiment si désagréable ?
Il la regarda avec son demi-sourire ironique.
—Désagréable ? Je ne dirais pas vraiment ça… Il détourna le regard. « Hum ! Tant mieux qu'elle te plaise, je reconnais que je suis assez fier du résultat. Pour dire la vérité, la métamorphose n'était pas vraiment mon point le plus fort, à l'Ecole. J'ai dû énormément travailler pour réussir dans cette matière, d'autant que je n'étais pas précisément l'élève préféré de McGonagall.
…
Le superbe hibou blanc tacheté de noir, contempla Severus d'un œil hautain avant de lui tendre sa patte avec condescendance. Il considéra dédaigneusement le toast que lui tendait Hermione et reporta son attention sur le jeune homme en lançant un bref « Hoou-uh ! »
—Il attend peut-être une réponse, fit Severus, amusé, en dépliant le parchemin. « Monsieur n'accepte pas de nourriture de n'importe qui, voilà qui est avisé, en période troublée. En tant que potioniste, je ne l'aurais pas dressé autrement, s'il était à moi !
Le silence qui suivit fit lever les yeux à Hermione, qui s'était plongée dans la lecture de la Gazette, en terminant son petit-déjeuner. Le regard de Severus, toujours rivé sur la missive était devenu fixe, il semblait presque en état de choc. Elle posa doucement une main sur son avant-bras, il tressaillit, semblant sortir d'une transe.
—Un problème ? Il la regarda d'un air un peu hagard, avant de répondre d'une voix blanche.
—Pas vraiment, non. C'est de mon… grand-père. Il me présente ses félicitations pour mes résultats aux ASPICs. Il me dit qu'il regrette l'entêtement de sa fille, et qu'il aimerait me rencontrer, si je le désire. Et il… il m'offre ce hibou, en signe de paix, quoi que je décide.
—Tu lui avais écrit ?
—Oui. Pour le remercier… pour ce qu'il avait dit, tu sais, l'article dans la Gazette.
—Je me souviens. C'est… bien, non ? Poursuivit-elle prudemment. Elle avait conscience de marcher sur des œufs, en abordant un sujet aussi personnel. « Il t'offre une vraie ouverture, et en même temps, il te laisse le choix. Je trouve ça merveilleux. Tu te rends compte ? Un grand-père ! Une famille !
—Je… je ne sais pas. Vraiment, je ne sais pas ! Je n'ai… je n'ai jamais… je ne sais pas ce que signifie avoir une famille, une famille normale… Je… je ne suis pas sûr d'avoir vraiment envie…
Le cœur d'Hermione se serra. Un parallèle étonnant se fit dans sa tête. Harry non plus n'avait pas eu de famille, il avait été élevé par des personnes pour qui il était un fardeau, et qui le lui faisaient bien comprendre. Mais il avait eu des amis qui l'avaient aimé, et il avait pratiquement été adopté par les Weasley depuis ses onze ans. Comme l'idée lui en avait déjà traversé l'esprit pour son propre cas, que ce serait-il passé si ses amis avaient été du 'mauvais côté' ?
Elle se rendait maintenant compte à quel point il pouvait être facile de basculer vers l'obscurité.
Severus avait été seul, livré à lui-même, entre un père violent et une mère passive. La plupart de ses camarades d'école s'étaient déjà engagés, ou étaient sur le point de le faire, aux côtés de Voldemort, et son seul ami, ou du moins celui qui se rapprochait le plus de cette définition était Regulus Black. Et Regulus était lui-aussi un Mangemort. Lily avait été la seule à avoir le pouvoir de rompre ce cycle infernal, et il avait perdu Lily. Par sa propre faute. Le rejet, la culpabilité et la solitude avaient forgé l'homme qu'il était devenu.
Elle comprenait ce qu'il voulait dire, elle comprenait sa réticence. Pas d'attaches, pas de rejet, et donc pas de souffrance.
Sauf que c'était faux !
Elle avait appris à le connaître. Elle avait compris la douleur du vide. La soif avide de reconnaissance, qui dans une autre vie lui avait fait chercher à combler cette vacuité en se raccrochant à un groupe, quel qu'il soit, mais qui lui avait ouvert les bras. Même si ces bras étaient ceux de l'enfer.
—Il ne te force à rien, Severus, et même si tu choisis de le faire, le rencontrer ne t'engage non plus à rien. De plus, il n'y a pas d'urgence. Prends le temps de réfléchir, avant de repousser la main qu'il te tend. Une impulsion qu'elle ne contrôlait pas la poussa à continuer. « Je suis ton amie, du moins j'ose l'espérer, et je veux que tu saches que quoi que tu décides, je serai là, si tu as besoin de quelqu'un à tes côtés.
Il la regardait maintenant avec une sorte d'étonnement. Ils ne se connaissaient que depuis un peu plus de deux mois, et pourtant, il avait l'impression qu'elle faisait partie de sa vie depuis très longtemps. Il lui avait laissé entrevoir de lui des choses auxquelles personne n'avait jamais eu accès. Lily l'aurait pu, si elle l'avait voulu, mais même l'été où ils étaient sortis ensemble, elle n'avait jamais réellement eu envie de découvrir, ou de partager, ce qu'il vivait vraiment. Oui, Hermione lui était devenue une amie précieuse, une sorte de sœur à qui il pressentait qu'il pouvait tout dire, quelqu'un qui essayait toujours de comprendre, avant de juger. Comme lui, elle avait traversé des épreuves qui l'avaient mûrie, et comme lui, elle était loin de la superficialité des adolescents de leur âge. Il ferma les yeux un instant, et lorsqu'il les rouvrit, elle put y lire une sorte de reconnaissance.
—Je vais y réfléchir, mais pour le moment, il faut que je mette de l'ordre dans ma tête. C'est tellement… inattendu.
—Je comprends. Et comment se nomme monseigneur le hibou avisé ?
—Il n'a pas de nom. Un hibou messager doit être Nommé par son propriétaire. Je ne sais pas si je dois… il considérait l'oiseau magnifique avec convoitise. Manifestement, il mourrait d'envie d'accepter le présent. « Est-ce que j'en possédais un, dans mon autre vie ?
—Je n'en ai aucune idée. Il y avait plusieurs hiboux de cette espèce dans la volière, et pour être honnête, je ne me suis jamais demandée à qui ils appartenaient, répondit-elle sans préciser que l'un d'entre eux était celui de Harry Potter.
—C'est un harfang des neiges, originaire du Grand Nord, déclara-t-il, prenant sa décision. S'adressant directement à l'oiseau, il proposa : « que penses-tu de Hermod ? Dans la mythologie nordique il est le Messager, fils d'Odin, et son nom évoque l'âme, l'esprit et le courage du guerrier. Il est aussi celui qui n'a pas hésité à voyager jusque dans le monde des morts afin de faire libérer son frère.
Le hibou pencha la tête, comme s'il étudiait la proposition, avant d'émettre un « Hoou-uh ! » approbateur.
—C'est un beau nom, digne de ta splendeur, renchérit Hermione. « Bienvenue dans ta nouvelle maison, Hermod ! L'oiseau se tourna vers elle, et s'approchant de son assiette, s'empara du toast abandonné, qu'il avait précédemment refusé.
—Eh bien je suppose que cela scelle notre alliance. Conclut Severus. « Ta première mission sera de porter un mot de remerciements à ton ancien propriétaire, pour son somptueux présent, et son offre généreuse. Fit Severus qui était déjà en train d'écrire, après avoir fait flotter jusqu'à lui, d'un Accio informulé, plume, encre et parchemin. « Que je vais… considérer très attentivement. Poursuivit-il en regardant Hermione.
—De toute façon, je ne pense pas qu'il puisse imaginer un seul instant que tu pourrais te précipiter dans son giron sans y réfléchir à deux fois. C'est peut-être même une espèce de test. Par ta mère, tu es un Prince après tout, et d'après ce que j'ai cru comprendre, l'orgueil et l'obstination ne sont pas deux des moindres caractéristiques de ta famille !
TBC
LUMOS ?!
