Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.
MERCI à Zeugma, LycorisSnape, DinaChhaya TalaNokomis, darkcorbeau, Daidaiiro, , Juliana, Cicidy, Maxine 3482, Emilie09, Kahouete, milkanae, Emma et Fanny pour vos retours sur le chapitre précédent.
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse !
Enjoy & Review !
Lily
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—Lily ? Que…
La furie rousse ne lui laissa pas le temps de placer un mot de plus.
—Et moi qui te considérais comme quelqu'un de bien ! Tu avais bien caché ton jeu !
Lorsque Lily avait frappé à la porte, c'était Hermione qui était allée ouvrir, Severus s'étant enfermé dès son petit-déjeuner avalé, dans son laboratoire tout neuf.
—Un jeu ? Quel jeu ? Demanda Hermione sincèrement étonnée par la brutalité de l'attaque verbale.
—Tu ne m'avais pas dit que c'était avec Severus, que tu vivais ! Et que tu étais toi aussi une sorcière, et sûrement pas n'importe qui, en plus, pour que Lucius Malfoy t'invite à La fête d'anniversaire de sa femme !
Lily agitait maintenant sous son nez l'exemplaire du matin de la Gazette du Sorcier. Hermione soupira. Le canard avait consacré un article à la réception chez les Malfoy, dans sa rubrique mondaine, et par malchance, elle et Severus figuraient sur la photo qui l'accompagnait (Le nouveau Lord Malfoy et son épouse, en compagnie de monsieur Snape, major de la promotion 1978 de Poudlard). La photo avait été prise à leur arrivée au manoir. On la reconnaissait parfaitement, une main posée sur le bras du jeune homme, bien que seule une moitié de sa personne soit visible sur l'image.
—D'une, je ne vis pas avec Severus, j'habite chez lui, ce n'est pas la même chose. De deux, je ne pouvais pas supposer que tu le connaissais. Et de trois, pourquoi voulais-tu que je te dise que j'étais une sorcière, alors que je ne savais pas que tu en étais une toi-même ! Parce que tu en es une, n'est-ce pas ? Tu ne paraitrais pas aussi familière avec notre monde, et tu ne lirais pas la Gazette, si ce n'était pas le cas.
—Et tu voudrais me faire croire qu'une sorcière de Sang-pur, amie d'une famille de Mangemorts, aurait voulu devenir amie avec une Moldue ?
—D'abord, qui te dis que je suis une Sang-pur ? Et même si c'était le cas, pourquoi n'aurais-je pas le droit de…
—Arrête de te moquer de moi ! Cracha Lily. « Tout le monde sait ce que valent les relations de…
—Là, tu deviens insultante ! La coupa Hermione froidement, en saisissant le bras de la jeune fille pour l'entraîner dans la rue. Pas la peine de prendre le risque de provoquer une scène, si Severus venait à sortir de son antre. Elle respira lentement à fond pour retrouver son calme, en faisant quelques pas vers le fond de l'impasse, jetant un coup d'œil autour d'elle pour vérifier qu'elle était bien déserte. Lorsqu'elle reprit la parole, elle avait fait appel à sa toute nouvelle science de l'Occlumentie, afin de modérer autant que possible son ton, compte tenu de sa colère latente. « Je ne t'ai pas trompée, je me fiche pas mal de savoir si les gens que je rencontre sont des sorciers ou non. Je t'avais trouvée sympathique, c'est tout ce qui importe en ce qui me concerne, mais visiblement, ce n'est pas ton cas ! Et c'est moi, que tu traites de raciste ? Severus n'est pas un Sang-pur que je sache, et pourtant il est mon ami.
—Je connais Severus ! Et j'ai appris à mes dépends ce que peut valoir sa soi-disant amitié. Tu partages la maison d'un Mangemort, et tu voudrais me faire croire que non seulement tu n'es pas une Sang-pur, mais que tu pourrais devenir amie avec des Moldus ?
—J'avais des amis No-maj… Moldus comme tu dis. Comme j'en avais qui étaient nés No-maj, de Sang-mêlé ou de Sang-pur, là où je vivais avant, et non seulement Severus n'est pas un Mangemort, mais il n'a aucune intention de le devenir. Les Malfoy ne sont que des relations, qu'il peut être utile de ne pas se mettre à dos, par les temps qui courent. Personnellement, c'est la première fois que je les rencontrais, et être invités à une fête d'anniversaire n'a rien d'une soirée chez Voldemort.
—Tu… tu oses prononcer son nom ?
—Pourquoi pas ? Ce n'est qu'un nom, après tout ! Je ne comprends pas ce que vous avez, tous, avec cette obsession. La peur d'un nom ne fait qu'accroître la peur de la chose, ou de la personne qu'il désigne. Pour ta gouverne, mon arrière-grand-mère, celle dont je t'ai parlé, était… Cracmolle, je crois que c'est le mot que vous employez, et j'ai la plus grande admiration pour elle.
—N'empêche que Severus…
—Quoi, Severus ? Qu'est-ce qu'il t'a fait pour que tu le haïsses à ce point ? Il a été ton petit-ami, et il t'a plaquée ? C'est ça ? Ou alors c'est juste parce qu'il était à Serpentard ? Il paraît que les élèves de cette Maison ne sont pas très bien vus par les autres, à Poudlard. Mais non, tu as sous-entendu que tu avais été amie avec lui, c'est que tu devais être dans la même Maison…
—Tu te trompes, j'étais à Gryffondor, et oui, j'étais quand même amie avec lui, depuis nos dix ans. Jusqu'à ce qu'il me traite de… Sang-de-bourbe, en cinquième année !
Hermione écarquilla les yeux, affichant un air horrifié des plus convaincants. Décidément, si elle réchappait à cette guerre, il faudrait qu'elle pense à une carrière de comédienne. D'un autre côté, même en connaissant déjà la raison de leur rupture, elle était encore étonnée de l'intransigeance de Lily, compte tenu des circonstances dans lesquelles l'insulte avait été lancée.
—Une insulte ? Tu as rompu une amitié vieille de six ans pour une simple insulte… pour un simple mot ?
—C'est plus qu'un simple mot, c'est…
—Je sais ce que ça signifie ! Siffla Hermione. « Il y a aussi des racistes en Amérique, figure-toi, et je suis descendante d'une Cracmolle. J'ai eu ma part d'insultes moi-aussi, et même pire ! Mais si elles étaient venues d'un ami de longue date, il me semble que j'aurais d'abord cherché à savoir pourquoi il avait dit ça, avant de le condamner sans appel.
—Ce n'était pas bien difficile, il n'arrêtait pas de traîner avec sa bande de Mangemorts, avérés ou futurs, alors fatalement, ça devait bien arriver un jour ou l'autre.
—Qu'est-ce que tu entends par bande de Mangemorts ? Les membres de sa Maison ? Et tu peux m'expliquer comment il aurait pu faire autrement ? Il m'a parlé de Poudlard et de sa manière de fonctionner. Comment crois-tu qu'un Sang-mêlé puisse arriver à se faire une place à Serpentard, s'il ne joue pas leur jeu, au moins en apparence ? Et je suis bien sûre qu'il n'y a pas eu que ça. Sinon ce serait arrivé beaucoup plus tôt. Tu es sûre que ça n'a rien à voir avec une des 'plaisanteries' du groupe de Gryffondors qui se faisait appeler 'les Maraudeurs' ?
—Evidemment, j'aurais dû me douter qu'il t'en avait parlé ! Qui sait ce qu'il t'a raconté sur eux ? Comment peux-tu croire…
—Je connais Severus depuis plus d'un an, et toi depuis un mois à peine, et nous ne nous sommes vues qu'une fois avant aujourd'hui. Pourquoi devrais-je te faire plus confiance qu'à lui ? Il a toujours été parfaitement honnête avec moi. Oui, il a un temps été tenté par les promesses de Voldemort, il ne me l'a pas caché, et les exploits de tes amis n'y étaient pas pour rien. Mais il a ouvert les yeux. Il a changé, et je n'ai absolument aucun doute sur sa sincérité. Tu te rappelles notre conversation au sujet de donner une deuxième chance aux gens ? De ne pas condamner sans savoir ?
Elle remonta la manche de son chemisier, exposant son bras, sur lequel s'étalait, bien lisible, la cicatrice du mot tracé au couteau par Bellatrix Lestrange quelques mois plus tôt.
« Je t'ai dit que j'avais connu pire, que des insultes… tu penses vraiment qu'un aspirant Mangemort hébergerait quelqu'un qui porte cette marque gravée dans sa chair ?
Un hoquet de stupéfaction échappa à Lily, qui détourna le regard, rouge comme une pivoine.
—Je suis… Excuse-moi. C'est… lorsque j'ai vu la Gazette, ce matin, j'ai cru… jamais je n'aurais pu penser à une coïncidence ! Moi aussi je t'avais trouvée sympathique, et je me suis sentie… trahie.
—Et tu t'es précipitée sans réfléchir, pour m'insulter… en bonne Gryffondor, dirait Severus. En quoi au juste pratiquement me traiter de Mangemort, et en qualifier ouvertement mon ami est-il différent de traiter quelqu'un de Sang-de-bourbe ? Le qualificatif serait-il plus flatteur pour les anglais ?
—Je suis désolée, répéta Lily avec une grimace gênée.
—Tu peux l'être ! Cingla Hermione en rabaissant sa manche, avant de reprendre sur un ton plus mesuré. « Tu ne crois pas que tout ça est un peu exagéré, et qu'il serait temps que vous fassiez la paix ? Je trouve vraiment idiot de gâcher une si longue amitié pour un mot malheureux. Allez, viens prendre un café avec nous, je suis certaine qu'il ne demandera pas mieux que de vous réconcilier. Je te promets de ne pas lui parler de cette conversation. Comme j'aimerais d'ailleurs que tu ne parles à personne de ce que je t'ai montré… et ça inclut aussi ton petit-ami !
—Ce n'est pas aussi facile. Tu as raison, il y avait bien autre chose, et j'étais tellement en colère, sur le moment, que je n'ai pas tenu compte de… des circonstances. Depuis, je lui ai pardonné ce qu'il m'a dit. Il le sait, je lui ai parlé lorsque son père est mort. Mais les choses ont changé, et… enfin, pour tout te dire, je sors avec l'un des Maraudeurs, maintenant.
—Tiens donc ! Alors pour toi, apparemment, un harceleur notoire qui s'en prenait à ton ami depuis des années, est plus digne d'excuses qu'un Serpentard qui a insulté ton amour-propre … ou est-ce qu'en tant que Gryffondor il méritait une seconde chance, lui ? Et même ? Je ne vois pas en quoi cela pourrait empêcher…
—Si je me réconciliais avec Severus, James ne comprendrait pas. Il est… il n'accepterait pas…
Un air de profond mépris s'afficha sur le visage d'Hermione, sans qu'elle ait à jouer la comédie.
—Tu veux dire que pour plaire à ton petit-ami, tu serais prête à sacrifier tes propres opinions, tes idées, tes désirs, tes amis même ? Mais quel homme pourrait demander ça à quelqu'un qu'il aime ? Je ne t'aurais pas imaginée en femme soumise ! termina-t-elle presque dédaigneusement.
—Je ne le suis pas !
—Alors prouve-le ! Si ton James tient à toi, il acceptera ta décision.
C'est le moment que choisit Severus, pour apparaître sur le pas de la porte.
—Hermi… Le nom mourut sur ses lèvres, et ses yeux s'écarquillèrent de stupéfaction. « Lily ? Que… qu'est-ce tu fais ici ? Herm-Harmony ?
Affichant un grand sourire, Hermione prit son ton le plus léger pour lui répondre.
—J'ai rencontré Lily par hasard, l'autre jour, en allant faire des courses, elle a manqué m'estropier et du coup, nous avons pris un café ensemble, et nous avons passé l'après-midi à faire du shopping en papotant… C'est un truc de filles, tu ne peux pas comprendre.
—Tu lui as dit où et avec qui tu habitais, et elle a quand même accepté de te parler ?
—Elle ne me l'avait pas dit ! Intervint Lily en jetant un coup d'œil à Hermione. « A vrai dire… j'étais venu pour te voir, et c'est elle qui m'a ouvert. Nous avons été aussi surprises l'une que l'autre.
—Pour me… voir ?
—Je peux entrer ?
—Je… oui, bien sûr. Qu'est-ce que tu fais, Harmony ?
Hermione, qui s'était détournée, et commençait à s'éloigner, se retourna vers lui.
—Je pense que je vais aller faire un tour. Je ne veux pas m'immiscer…
—Non, non tu peux rester !
Les yeux de Lily s'étaient faits suppliants et Hermione eut un pincement au cœur en repensant à cette même expression sur le visage de Harry lorsqu'il lui demandait de lui prêter ses devoirs, ou de l'aider à se sortir de l'une ou l'autre de ces situations idiotes dans lesquelles il avait l'art de se fourrer. Elle jeta un coup d'œil à Severus, qui hocha légèrement la tête en signe d'assentiment, et sembla lui-aussi soulagé, lorsqu'elle leur emboîta le pas.
—Bon, eh bien je vais faire du café. Annonça Hermione pour rompre un silence qui commençait à devenir pesant.
—Laisse ! Fit Severus en agitant sa baguette, et se tournant vers Lily, il fit signe aux deux jeunes femmes de prendre place sur le canapé, pendant que lui-même s'asseyait dans le fauteuil. « Tu dis que tu voulais me parler ?
—Oui ! Je… J'ai repensé à notre conversation, à Poudlard, lorsque ton père… Bref ! J'ai réfléchi, et je voulais juste te dire que, si tu le veux toujours, on pourrait peut-être essayer de… d'être amis de nouveau. Ce n'était qu'un mot malheureux, jeté dans des circonstances… particulières. J'ai été stupide de réagir aussi mal.
—Tu n'a pas été stupide, Lily, tu as eu raison, je n'aurais jamais dû te dire une chose pareille. Ni à toi, ni à personne d'autre. Personne ne mérite d'être insulté de cette manière.
Le jeune homme gardait la tête baissée, les yeux fixés sur un motif du tapis miteux du salon, laissant ses longs cheveux cacher son visage, dans un geste qu'Hermione avait appris à connaître, lorsqu'il était mal-à-l'aise.
—Et personne ne mérite d'être traité comme tu l'as été ce jour-là. Je suis désolée pour ce qui s'est passé cet après-midi-là, Severus.
Il releva brusquement la tête, une lueur dangereuse dans le regard.
—Désolée ? Pourquoi désolée ? Tu n'y étais pour rien, que je sache ! Tu ne faisais pas encore partie de leur bande, à ce moment-là.
—Peut-être, mais je me suis jointe à eux pour rire de toi, et je t'ai finalement moi-aussi appelé par un nom qui était tout aussi insultant, pour toi.
—Lily !
Le plateau supportant tasses, sucrier et cafetière, arriva juste à temps pour leur éviter à tous un immense moment de gêne. Il se posa doucement sur la table basse, et Hermione s'empressa de faire le service, s'efforçant de dégeler l'atmosphère sans vraiment y parvenir. Tout le monde avait besoin de digérer ce qui venait de se passer, et son café avalé, Lily ne s'attarda pas beaucoup plus longtemps.
Après son départ, Hermione et Severus restèrent un long moment sans parler. Ce fut le jeune homme qui rompit le silence.
—Elle n'était pas venue pour me parler, n'est-ce pas ?
—Non, répondit Hermione avec franchise. « Elle est venue parce qu'elle m'avait reconnue sur la photo du journal. Elle ne savait ni que j'étais une sorcière, ni que j'habitais chez toi, et me voir en ta compagnie dans la rubrique mondaine de la Gazette, à une réception chez les Malfoy, a été un choc pour elle. Elle voulait…
—Je me doute de ce qu'elle voulait ! Lily est plutôt du genre à tirer d'abord, et à demander des explications ensuite. Il y a des traits de caractères qu'on ne peut pas se cacher à soi-même, même si on aim- est très ami avec quelqu'un. Avec le recul, je commence à m'en rendre compte.
—Etre conscient de leurs défauts n'empêche pas d'aimer ses amis, Severus, c'est même à ça qu'on reconnait les vrais sentiments. Et je sais de quoi je parle, mes amis étaient très loin d'être parfaits. J'espère que Lily réfléchira vraiment, maintenant, et qu'elle se rendra compte que tout est finalement mieux comme ça. Après tout, le slogan de cette époque est encore un peu Peace and Love, non ?
—Tu es en retard d'une décennie, railla Severus, ça, c'était dans les années soixante.
—M'en fiche, il me plait bien à moi, ce slogan, alors je décrète qu'il est encore actif ! Au fait, changea-t-elle de conversation, « tu as commencé à travailler sur le petit problème de Lucius ?
—Comment est-ce que tu es au courant ? Il m'a fait jurer de n'en parler à personne.
—Confidences féminines. Il semble que Narcissa n'ait pas tellement d'oreilles compatissantes à sa portée. En outre, elle savait que Lucius devait te parler, et notre parfait petit couple a eu l'air de la convaincre. Sans compter que ce n'est un secret pour personne que son beau-père poussait depuis pas mal de temps son mari à la répudier pour cause de stérilité. Il est mort bien à propos, celui-là, tiens !
—Je la comprends. Je n'imagine pas Walpurga Black ou Bellatrix Lestrange compatir aux malheurs de quiconque, fusse leur fille ou sœur, et elle est assez intelligente pour ne pas accorder sa confiance aux épouses des Mangemorts que fréquente son mari. Quant à Abraxas, je pense qu'il s'agit vraiment d'une heureuse coïncidence pour eux.
—Pour info, ils auront un fils, en 1980. Maintenant, j'ignore si cela sera dû à la nature ou à l'intervention d'une potion-miracle de ta composition.
—Travailler à améliorer les potions de fertilité déjà existantes sera de toute façon un exercice intéressant. Et puisque tu dis que le résultat sera au rendez-vous, Lucius ne pourra que m'en être reconnaissant, puisque personne ne pourra savoir quelle sera la raison du miracle. Sans compter qu'il peut ne pas s'avérer inutile, pour nous, d'être bénéficiaires d'une dette d'un Malfoy.
TBC
un 'tit Lumos ?
