Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.

MERCI à Zeugma, loulia, DinaChhaya TalaNokomis, Maxine 3482, Cicidy, Fanny, Juliana, Emilie09, Daidaiiro, , Steph Rogue et Emma, pour vos commentaires sur le chapitre précédent.

A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse !

N/A : Un petit retour en arrière dans ce chapitre, qui se situe, chronologiquement, avant celui de la semaine dernière.

Enjoy & Review !


Cicatrices

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Hermione avait appréhendé de se retrouver au manoir des Malfoy. Elle en gardait le souvenir d'une expérience cuisante, dont elle portait encore la trace sur son bras. Ce soir-là, elle l'avait dissimulée sous un Glamour doublé, par précaution, d'une couche de fond de teint, dont Severus avait modifié la formule, pour qu'il ne puisse s'enlever qu'avec une mixture de sa composition. Sa mine horrifiée lorsqu'Hermione lui avait suggéré qu'il pourrait faire fortune en lançant une ligne de cosmétiques féminins, avait valu à la jeune fille l'un de ses fou-rires les plus mémorables, dans lequel il avait fini par la rejoindre lorsqu'il eut finalement renoncé à faire la tête. Voir Severus Snape rire aux éclats avait quelque chose de profondément déconcertant, et quelque part d'extrêmement émouvant, lorsqu'elle avait soudain pris conscience que cela n'avait pas dû lui arriver bien souvent, voire jamais, dans son autre vie.

Lorsque Severus avait aperçu la scarification, chez madame Guipure, et qu'il avait réalisé ce qu'elle représentait, il avait fallu qu'il fasse appel à tout son sang-froid pour ne montrer aucune réaction. Hermione n'avait pas pensé à la cacher, et si quelqu'un venait à s'y intéresser de près, cela pouvait compromettre tout leur plan. Il avait fait diversion en modifiant la robe de façon assez spectaculaire pour que la couturière associe leur visite à ce souvenir en particulier, plutôt qu'à une éventuelle cicatrice. Auparavant, il avait discrètement jeté un sort de dissimulation sur la marque, en se demandant qui avait bien pu commettre un tel acte de barbarie sur la jeune fille. Et il s'était soudain rendu compte qu'il ne savait pratiquement rien de ce qu'elle avait pu subir au cours de l'année écoulée. Ils avaient discuté de ce qui pouvait être utile à leur but, mais tout comme lui, elle s'était soigneusement abstenue d'aborder tout sujet un peu trop personnel.

Il avait brusquement réalisé que comme les siennes, ses cicatrices ne devaient pas se limiter à celles qu'elle portait sur son corps. En témoignait sa réaction dans la Cabane Hurlante. Pourtant elle était forte, malgré sa jeunesse et son apparente fragilité. Les épreuves qu'elle avait traversées lui avaient forgé une personnalité et un caractère qui forçaient en secret son admiration et son respect. Il avait été confronté, pendant des années, à la violence de son alcoolique de père, et à celle d'une bande de voyous sans merci, mais elle, elle avait affronté une guerre, et plusieurs batailles sanglantes. Elle avait été confrontée à des monstres, des vrais, et pire peut-être, certains qui étaient des humains. Elle avait vu torturer et mourir des amis sous ses yeux, elle avait été torturée elle-même. Il savait, pour l'avoir vu dans la Pensine, que dans sa future vie, telle qu'elle s'était déroulée à l'époque d'où elle venait, il avait affronté beaucoup plus que cela, mais pour le moment, elle était finalement peut-être celle qui avait le plus souffert des deux.

De retour à Spinners End, il n'avait pu cacher la colère que lui inspirait l'inscription gravée sur le bras de la jeune fille. 'Mudblood', Sang de Bourbe. Depuis qu'il avait lancé ce mot à la face de Lily, deux ans plus tôt, il n'avait plus jamais pu le prononcer, et le voir ainsi incrustée dans la chair d'Hermione lui donnait presque la nausée.

—C'est pour ça que tu portes toujours des manches longues ?

—Oui.

—Pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé ?

—Je… je ne sais pas. J'essaye de ne pas trop y penser, de me dire que ce n'est pas si grave, et puis, je n'imaginais pas que… Oh mais quelle idiote ! Bien sûr ! Comment est-ce que ça a pu m'échapper ? Cela pourrait tout compromettre, si les mauvaises personnes s'en apercevaient !

—Pour le moment, La question n'est pas là. Qui t'a fait ça ?

—Bellatrix Lestrange.

—Pourquoi est-ce-que ça ne m'étonne pas ? Je ne l'ai rencontrée qu'une fois, chez les Black. Elle avait déjà quitté Poudlard lorsque j'y suis entré. Mais elle m'a donné une impression de malaise. Elle est sournoise. Elle a plusieurs fois tenté de sonder mon esprit, ce jour-là, mais je l'ai bloquée à chaque fois, elle me déteste pour ça. Elle ne peut pas supporter qu'un Sang-mêlé arrive à la surpasser. Regulus m'a avoué qu'elle avait tenté de le persuader de ne plus me fréquenter.

—Elle est complètement folle ! Ou du moins elle le sera après quinze ans passés à Azkaban. Vicieuse, sadique, et totalement subjuguée par Vold-Tu-sais-qui. Et pourtant tu peux me croire, je ne sais pas à quoi il ressemble aujourd'hui, mais dans vingt ans, il n'aura absolument rien qui puisse inspirer le désir chez une femme normale !

—Raconte-moi !

Hermione avait levé vers lui un regard étonné.

—Je ne pense pas ce que soit utile à…

—Tu ne peux pas continuer à tout garder à l'intérieur. Tu as réussi à me dissimuler ça, et qui sait quoi encore, jusqu'à maintenant, pendant nos séances d'Occlumencie, et ça prouve que tu as un don naturel, mais pense à ce qui s'est passé dans la Cabane Hurlante. Imagine qu'il t'arrive la même chose en te retrouvant dans certains endroits ou situations, ou en présence de personnes comme Bellatrix, justement !

—Ça te va bien de me dire des trucs comme ça. Parce que tu racontes facilement ta vie toi !

—Je n'ai jamais eu pers… ne détourne pas la conversation ! Dis-moi ce qui s'est passé.

—C'est… difficile, avait-t-elle fini par avouer en déglutissant. « Je préfèrerais que tu regardes.

—Non ! Il faut que tu mettes des mots dessus. Raconte-moi !

Hermione avait fini par céder. C'était douloureux, mais il avait raison, et au fur et à mesure qu'elle parlait, elle sentait le poids qui pesait sur son cœur s'alléger un peu. Le souvenir du Doloris fit remonter une bouffée de haine contre Bellatrix, et elle porta instinctivement la main à son bras, comme pour couvrir sa cicatrice, lorsqu'elle sentit à nouveau la morsure du couteau dans sa chair.

Alors que la jeune fille lui racontait leur capture par les Rafleurs, leur captivité au manoir des Malfoy et la séance de torture que lui avait infligée Bellatrix, Severus sentait la colère enfler en lui. Pas seulement dirigée contre Lestrange, mais aussi et surtout contre lui-même, qui avait été à deux doigts de s'affilier à cette bande de pervers dégénérés.
Certes, son père lui avait fait détester les Moldus, mais cela justifiait-il de devenir un tortionnaire, un assassin d'innocents ? Il avait plus d'une fois rêvé d'en finir avec son géniteur, mais il se rendait compte maintenant qu'il n'aurait jamais pu aller jusqu'au bout. Dans le feu de l'action, peut-être l'aurait-il pu, mais même sa haine n'aurait pu lui faire commettre un meurtre de sang-froid, en regardant sa victime dans les yeux.
Il frissonna au souvenir de ce qu'il avait vu dans la Pensine. Un mauvais choix, un seul faux-pas, pouvait-il ainsi faire ainsi basculer un destin tout entier… plusieurs destins ? Etait-il destiné, quoi qu'il arrive, à faire ces choses, qui le révulsaient ? Son moi futur avait eu l'air de penser qu'il était peut-être possible de modifier cette fatalité, et il se jura de mettre tout en œuvre pour qu'il en soit ainsi.

—Tu te rends bien compte que tu vas te retrouver dans l'endroit où tu as subi tout ça, et très certainement en présence de celle qui te l'a infligé ? Si tu veux renoncer, je trouverai une excuse pour Lucius. Je peux très bien y aller seul.

—Non ! C'est une épreuve que je dois affronter. Grace à toi, j'ai l'Occlumencie pour m'aider, maintenant. Je pense que je peux y arriver. Comprends-moi, Severus, il faut que j'essaye, sinon, ça me hantera à jamais !

Le jeune homme avait hoché la tête. Il ne comprenait que trop bien ce qu'elle voulait dire. Mais si lui voulait échapper au destin qui avait été le sien. Elle, voulait apprivoiser une horrible réalité !

—Je vais te préparer un onguent pour cette cicatrice. Cela ne la fera pas disparaître avant la réception, mais à la longue, elle devrait finir s'effacer totalement. Heureusement qu'elle a utilisé un simple couteau, si je puis dire. Je n'aurais rien pu faire contre une marque causée par un maléfice. En attendant, nous utiliserons un Glamour pour la dissimuler, comme je l'ai fait chez madame Guipure.

Hermione l'avait suivi des yeux alors qu'il se dirigeait vers son laboratoire. Il levait déjà sa baguette, devant la bibliothèque, lorsqu'elle l'avait interrompu.

—Severus !

—Oui ?

—Pourquoi est-ce que tu fais tout ça pour moi ? Je veux dire… indépendamment de ma-notre mission. Tu n'es pas obligé de te montrer aussi… prévenant.

Il s'était retourné vers elle, un rictus sur les lèvres.

—Ça ne me ressemble pas, hein ?

—Eh bien… à la fois oui et non. Disons que ça ne ressemble pas au toi que j'ai connu avant.

—Si ça peut répondre à ta question, je ne le fais pas pour toi. Je le fais pour moi.

Hermione était restée un instant songeuse, après que la bibliothèque se soit refermée sur lui.

—Je vois… avait-t-elle murmuré pour elle-même. « Mais ça, ce n'est qu'une partie de la réponse, Severus Snape. Il va falloir que tu apprennes à accepter le fait que tu n'es pas quelqu'un de foncièrement mauvais. Trop de gens ont mis trop d'énergie à te donner une fausse image de toi-même. Ça aussi, ça doit changer !

Chère Narcissa,

Vous voyez, je n'aurai pas mis longtemps à user de la permission que vous m'avez donnée d'user de votre prénom.

Je vous écris ce petit mot pour vous remercier encore une fois de l'honneur que votre époux et vous-même nous avez fait de nous convier à votre magnifique réception, ainsi que de l'accueil chaleureux que vous nous y avez réservé. Ce fut une soirée inoubliable !

En ce qui concerne l'affaire dont nous avons parlé, je peux vous affirmer que Severus passe désormais le plus clair de son temps enfermé dans son laboratoire, pour, officiellement, réviser certaines techniques en vue de son apprentissage, qui doit débuter dans deux semaines… vous le connaissez assez pour que je laisse ce prétexte, au demeurant magnifique d'humilité, à votre appréciation ! Mais laissons à nos chers compagnons l'illusion de leur secret !

Ce dont vous pouvez être sure, c'est qu'il s'emploie diligemment au service que lui a demandé votre époux, avant d'être trop accaparé par ses études. La création d'une nouvelle potion n'étant cependant une chose ni rapide, ni aisée, je ne peux que vous exhorter à la patience, d'autant qu'à partir du mois prochain, il n'aura plus que peu de temps à consacrer à ses recherches personnelles.

Je vous renouvelle mes remerciements, et vous envoie toute nos amitiés.

Harmony Granger

—Un mot doux ? Qui dois-je provoquer en duel ?

Hermione sursauta, manquant renverser son encrier. Elle s'était installée à la table de la cuisine, après que Missy eut débarrassé la vaisselle petit-déjeuner, pour écrire sa lettre. Après deux jours de recherches intensives dans les différents grimoires qu'il avait étalés, à son habitude sur la table basse et le vieux tapis du salon, Severus s'était retranché dans son laboratoire, avec un paquet de feuillets couvert de notes. Il était revenu sans qu'elle s'en rende compte. Il se déplaçait déjà aussi silencieusement que le faisait le professeur Snape dans ses souvenirs.

—Narcissa Malfoy. La courtoisie veut que nous remerciions la maîtresse de maison pour la réception à laquelle nous avons été conviés. Tu peux ranger ta baguette et dormir sur tes deux oreilles… chéri ! Je n'ai brisé aucun cœur.

—Je n'en serais pas aussi sûr, si j'étais toi. Régulus ne t'a pas quittée de la soirée, quant à Rodolphus Lestrange, il m'a confié que tu avais fait une grande impression à son frère.

—Regulus ne nous a pas quittés, lorsque nous n'étions pas occupés à discuter avec d'autres invités, nous devions être les seules personnes de son âge présentes ce soir-là. Quant à Rabastan… il est charmant garçon, certes, mais la seule idée de ce qu'il va devenir suffirait à me refroidir !

—Il ne sera pas pire que ce que j'aurais été si tu n'avais pas débarqué pour mettre ma vie sens dessus dessous.

—Crois-moi, tu étais un ange à côté lui, même si je reconnais qu'il a l'air tout à fait fréquentable pour le moment. Mais je conçois qu'il ait pu être perverti, après Poudlard, par son frère et surtout sa belle-sœur. Je sais que ce sont tes amis, Severus, mais nous ne pouvons pas…

—Je sais ! Il faut laisser le temps faire son œuvre, et changer le moins de choses possibles ! Répondit-il amèrement. « C'est… ce n'est pas juste !

—Non, ça ne l'est pas. Mais la seule chose que nous puissions faire pour tenter d'influer sur l'issue de cette guerre, c'est d'essayer de rendre Voldemort vulnérable, en détruisant ses Horcruxes. Ma simple présence a déjà modifié beaucoup de choses, et nos futures actions auront, elles aussi, des répercussions que nous ne pouvons pas prévoir. Si elles peuvent sauver quelques vies, tant mieux, mais nous ne pourrons hélas pas éviter que la plupart ne meurent ou ne deviennent ce qu'ils sont destinés à devenir.

Tout en discutant, Severus lisait par-dessus l'épaule d'Hermione, la lettre que la jeune fille destinait à Narcissa Malfoy.

—Tu n'as pas peur que Lucius lise cette lettre ? C'est un peu imprudent de parler aussi ouvertement de…

—Ce n'est pas non plus un secret d'état, et la seule personne qui pourrait finalement en porter les conséquences serait Narcissa, pour m'en avoir parlé. Mais elle m'a affirmé que je pouvais lui écrire sans crainte. Lucius déteste recevoir les hiboux à la table de son petit-déjeuner. C'est un Elfe qui se charge de réceptionner le courrier courant, dans une annexe à la volière, avant de le remettre à sa maîtresse, qui se charge de le distribuer aux différents destinataires. Tu avais raison. Les Malfoy sont ce qu'ils sont, mais ils semblent vraiment s'aimer sincèrement, et avoir la plus totale confiance l'un dans l'autre.

—D'autant que Lucius se fait adresser son courrier le plus confidentiel au Ministère. Railla Severus.

—Il faut croire que rien ni personne n'est parfait en ce bas monde. Tu as trouvé une piste de travail ?

—Plusieurs. D'ailleurs j'y retourne, j'étais juste venu récupérer une note qui avait échappé à la liasse.

—Je n'arrive encore pas à vraiment réaliser comment j'ai pu me comporter à peu près normalement. Ta potion relaxante y est certainement pour beaucoup, mais j'étais tellement angoissée à l'idée de me retrouver dans cet endroit !

—Je t'avais dit que l'Occlumentie t'aiderait aussi. Tu t'en es très bien sortie. Ta nervosité à l'arrivée pouvait passer pour de la timidité, et j'étais certain que ce cap franchi, tout se passerait bien. La seule chose qui me faisait vraiment peur était comment tu allais te comporter en te retrouvant en face de Bellatrix.

—Je suis encore épatée d'avoir pu discuter civilement avec elle. Elle est réellement… différente. Je suppose qu'elle n'a vraiment définitivement sombré dans la folie qu'à Azkaban. En fait, elle peut même se montrer tout à fait charmante !

—Les Black soignent tout particulièrement l'éducation mondaine de leurs enfants, et en particulier des filles. Elle pourrait projeter de t'éviscérer tout en discutant de tout et de rien, en affichant un sourire angélique.

—Je n'en doute pas un instant. Mais celle que j'ai connue ne prenait plus la peine de faire semblant d'être civilisée. En fait, je me demande laquelle est la plus flippante ! Dans un sens, avec l'autre version, on savait immédiatement à quoi s'en tenir !

—Tu as cet avantage sur elle, que tu sais de quoi elle est capable, et par là, à même d'anticiper certaines de ses réactions. La folie est peut-être bien cachée sous une couche de vernis mondain sans faille, mais crois-moi, elle est bien là. Ne baisse jamais ta garde face à elle.

—Je n'en avais pas l'intention. Comme je te l'ai déjà dit, elle a bien essayé de lire en moi, mais je ne lui ai laissé voir que ce que nous avions travaillé dans nos dernières séances. Elle a d'ailleurs semblé s'en satisfaire, puisqu'elle n'a pas trop insisté. J'espère avoir réussi à ne pas lui montrer que je m'étais aperçue de quelque chose. Et si je peux éviter de la croiser de nouveau, je ne m'en porterai que mieux. Conclut-elle en ouvrant la fenêtre pour appeler Hermod.

Severus était retourné dans son laboratoire, et elle s'était installée sur le fauteuil du salon, un livre entre les mains, lorsqu'on avait frappé à la porte.

—Lily ? Que…

TBC


A vos baguettes ! Trois, deux un... LUMOS !