Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.

MERCI à loulia, Zeugma, Juliana, DinaChhaya TalaNokomis, Cicidy, Emma, Fanny, Daidaiiro, Kyradelacour et Steph Rogue, pour vos reviews sur le chapitre précédent.

MERCI AUSSI à Ariys, Marine, Manon et Zeugma pour vos retours sur le troisième OS de « Je te porte dans moi ».

A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse (une petite motivation supplémentaire est tout ce qui lui suffit, certains jours, pour contrer sa tendance à la paresse !)

Enjoy & Review !


Les Maraudeurs

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Severus avait commencé son apprentissage au début du mois d'aout, comme prévu, les études supérieures du cursus Sorcier n'étant pas soumises au planning de l'année universitaire moldue, qui elles, ne débutait qu'en octobre.

Situés au cœur de l'université d'Oxford, les bâtiments de la partie Sorcière étaient exposés aux yeux de tout un chacun et ne se différenciaient de leurs homologues que par les sorts de repousse-moldus dont ils étaient entourés. Dès la rentrée moldue, les enseignants comme les étudiants, en robe ou en toge se fondaient sans encombre dans le décor.

Le jeune homme étant le seul aspirant à la Maîtrise de Potions, il avait donc la possibilité de suivre un planning totalement personnalisé. Il disposait d'un bel appartement dans le Collège Sorcier, et ne Transplanait à Cokeworth, le plus souvent en coup de vent, pour s'assurer que tout allait bien, qu'une fois par semaine. Hermione était donc la seule maîtresse du logis en son absence. Elle connaissait les Protections de la maison, qu'elle avait d'ailleurs aidé à mettre en place, et le sort qui ouvrait le laboratoire. Après vérification de ses aptitudes, Severus l'avait autorisée à l'utiliser, à la condition de ne brasser que des potions qu'elle connaissait bien, et de ne faire aucune expérimentation en son absence. Et bien entendu, de ne toucher sous aucun prétexte à ses différents travaux en cours qu'il avait mis sous stase. S'il lui avait fallu une preuve de sa confiance, elle n'aurait pas pu en trouver de plus éclatante.

Severus travaillait jour et nuit, s'épuisant à la tâche, et s'attirant les foudres de Missy à chacun de ses retours, qui le voyaient toujours plus pâle et émacié que la fois précédente. Hermione aussi, s'inquiétait, mais elle savait que rien de ce qu'elle pourrait dire ne changerait quoi que ce soit à ses habitudes. Arriver à décrocher en deux ou trois ans ce que d'autres mettent plus du double à obtenir avait dû lui demander un travail titanesque, et s'il y était arrivé une fois, il n'y avait aucune raison que ce ne soit pas le cas aussi celle-là. Elle faisait en sorte d'interférer le moins possible avec les évènements, qui pour le moment, étaient, n'était-ce sa présence et la nouvelle détermination de Severus à ne pas rejoindre les Mangemorts, aussi conformes que possible à ce qui avait déjà eu lieu.

Même Lily semblait avoir oublié l'Impasse du Tisseur, ce qui compte tenu de l'emploi du temps de Severus, n'avait pour le moment aucune importance. D'ailleurs, Hermione avait foi dans le jugement de la jeune femme, et elle était confiante sur le fait qu'elle allait effectivement réfléchir et faire le bon choix.

Les éclats de rire qui sortaient par la porte restée ouverte du magasin de disques n'auraient pas retenu son attention, si elle n'avait reconnu une voix familière, qui se superposait à celle de Rod Steward « If you want my body and you think I'm sexy, Come on, sugar, tell me so. »*

—Bas les pattes, Sirius, c'est pas parce que ta copine t'a plaqué que tu peux te permettre de draguer la mienne ! S'exclama une deuxième voix masculine, rieuse, qu'elle identifia comme étant celle de Remus. « Adresse-toi à Lily !

—T'es malade ? James est bien trop jaloux, je tiens à ma peau !

Un autre éclat de rire général salua cette affirmation. Hermione sentit son cœur s'accélérer. Elle s'adossa au mur, les bras repliés sur son estomac, en respirant avec difficulté. Ces voix, ces voix bien vivantes, joyeuses et insouciantes… La dernière fois qu'elle avait vu leurs propriétaires, ils étaient morts ! Allait-elle supporter de les revoir en face, jeunes et pleins de vie, sans risquer une crise de panique ? Cette fois, Severus n'était pas là pour l'aider à surmonter son angoisse… et d'ailleurs, étant donné les personnes en question, il valait mieux ! Elle déglutit difficilement, en serrant ses paupières pour refouler les larmes qui menaçaient de déborder. Elle savait que si elle en laissait couler une seule, elle ne pourrait plus s'arrêter. Pourtant, il allait bien falloir qu'elle les rencontre, un jour ou l'autre. Elle ne pourrait pas toujours éviter la confrontation, surtout si elle restait amie avec Lily ! Elle renforça ses boucliers mentaux, et se força à respirer calmement, faisant appel aux techniques de relaxation que Severus lui faisait pratiquer avant chaque séance d'Occlumencie.

Lorsqu'elle s'estima assez préparée, Hermione se décida à entrer dans la boutique. Feignant d'ignorer le petit groupe, quatre garçons et deux filles dont Lily, elle fit mine de fouiller dans les bacs de 45 tours. Au bout de quelques instants, elle sentit une présence dans son dos.

—Je peux vous aider, ma jolie ?

Elle attrapa le premier disque qui lui tombait sous la main, avant de tourner la tête vers le jeune homme brun. S'efforçant d'occulter l'image du parrain de Harry, tombant, comme au ralenti, au travers du Voile, elle répondit en priant pour que sa voix ne tremble pas.

—Pas la peine, merci ! J'ai trouvé ce que je cherchais.

Sirius jeta un coup d'œil sur la pochette.

—Peine de cœur ? Pas de panique, je suis là !

Hermione regarda alors pour la première fois le disque qu'elle tenait dans sa main. Heureusement, sa mère avait possédé le même, et elle connaissait cette chanson.

—Merci, mais pas la peine d'avoir une peine de cœur** pour apprécier Bonnie Tyler. De plus, je suppose que si je vous écoutais, il ne me faudrait pas bien longtemps pour que ce soit le cas.

—Bien envoyé ! En voilà au moins une qui ne tombera pas toute rôtie dans les filets de notre séducteur de service.

Lança un grand jeune-homme brun, dont les lunettes faillirent avoir raison d'elle et la faire éclater en sanglots. A ce moment, Hermione réalisa brusquement que Harry avait porté les lunettes de son père, son oncle et sa tante n'ayant certainement pas trouvé utile de faire les frais d'une autre monture.

—Mais quels idiots vous faites ! de vrais gamins… Harmony ! Comment vas-tu ? Coupa Lily. « Arrêtez vos bêtises, c'est une amie !

L'interruption lui donna le temps de se reprendre, et au nœud qui s'était formé dans sa gorge de se desserrer. Les jeunes gens faisaient maintenant cercle autour d'elle.

—Viens que je te présente la bande : James, mon petit-ami, Sirius, le mauvais garçon mal éduqué que tu viens juste de rencontrer, Remus, la voix de la raison, et Dieu sait que les trois autres feraient mieux de l'écouter un peu plus souvent... Elle se tourna de l'autre côté. « … Mary, sa petite-amie, et Peter, le gentil garçon un peu timide. Voici Harmony, la présenta-t-elle. « Nous avons fait connaissance au début des vacances. Harmony est américaine, et elle vit en Angleterre depuis un peu plus d'un an. Elle compte se présenter aux ASPICs à Poudlard l'année prochaine, en candidate libre.

—Lily !

—Ne t'inquiètes pas, ils sont tous… comme nous !

—Oh ! Je vois ! Eh bien bonjour, enchantée de faire votre connaissance.

—Croyez bien que tout le plaisir est pour nous. S'inclina Sirius retrouvant ses manières de Sang-pur. « Américaine ? Je suis sûr que tout le monde ici a énormément de questions à vous poser. Nous avions prévu d'aller manger des glaces, accepteriez-vous de vous joindre à nous ? Si vous avez le temps, bien entendu.

—En fait, j'allais rentrer, mais je ne suis pas à quelques minutes près, et je ne suis pas contre une glace, mais ne comptez pas sur moi pour vous faire tout un documentaire sur les Etats Unis. C'est un sujet dont je commence à me lasser !

—Fortarôme ? Lança James à la cantonade.

Lily lui donna une tape sur le bras.

—S'il te plait, James, il n'y a pas de point de Transplanage près d'ici, et je n'ai pas envie de retourner à la maison tout de suite. Les glaces moldues sont très bonnes, et puis, dois-je te rappeler que nous avons décidé d'un après-midi entier sans magie, pour que ces messieurs au sacro-saint sang pur puissent se rendre compte que ce n'est pas si terrible !

—Eh ! Je ne suis pas un Sang-pur, moi ! Et je suis d'accord, les glaces moldues sont aussi bonnes que les sorcières, peut-être meilleures. D'ailleurs même Dumbledore est de mon avis ! Les yeux ambrés de Remus pétillaient de malice. Merlin, que c'était difficile !

—Remus ! Poudlard, c'est fini ! Tu ne vas pas tout de même pas nous obliger à ingurgiter des sorbets au citron, en souvenir du vieux Dumby ?

La réflexion de Sirius eut le mérite de détendre Hermione, qui prit son air le plus innocent.

—Qu'est-ce que vous avez contre les sorbets au citron ? C'est très bon, les sorbets au citron !

—C'est vrai que tu ne connais pas Dumbledore ! Figure-toi… le petit groupe entraîna Hermione vers l'échoppe d'un marchand de glaces, tout en riant, et en parlant tous en même temps.

Lorsqu'elle put enfin s'esquiver, Hermione laissa échapper un soupir de soulagement. Elle avait réussi à parler le moins possible de son histoire supposée, et à éviter d'avouer où et chez qui elle vivait. Sur ce point-là, elle avait d'ailleurs été efficacement épaulée par Lily, qui n'avait manifestement pas encore fait son choix en ce qui concernait ses relations avec son ancien ami. Et surtout, surtout, elle avait réussi à ne pas craquer !

Mais elle s'était crue plus forte qu'elle n'était. A peine arrivée à Spinner's End, elle s'effondra sur le fauteuil du salon et se mit à sangloter, et à pleurer toutes les larmes de son corps, sans pouvoir s'arrêter. Elle ne se rendit pas compte que Missy lui parlait, et s'inquiétait pour elle. Le bruit caractéristique d'un Transplanage, dans la pièce, réussit tout de même à lui faire lever la tête sur une étoffe sombre. Elle fronça les sourcils. Hormis Missy qui ne le faisait jamais à l'intérieur, seuls Severus et elle pouvaient Transplaner directement dans la maison, et on était en plein milieu de la semaine. Il n'aurait pas dû rentrer avant le dimanche ! Elle essuya ses joues d'une main rageuse.

—Severus ? Il s'est passé quelque chose ?

—Ce serait plutôt à moi de te poser la question. Missy est venue me chercher, affolée. Elle semble penser qu'il t'est arrivé quelque chose.

L'Elfe se tordait les mains, empêchée par l'interdiction des deux jeunes gens de se punir elle-même, elle avait l'air au désespoir.

—Miss Hermione pleurait. Beaucoup, beaucoup. Elle ne répondait pas à Missy. Missy a cru… Missy est une mauvaise Elfe. Missy n'a pas su veiller sur miss comme elle l'avait promis à monsieur Severus. Et Missy a dérangé monsieur Severus dans ses études.

—Non Missy, tu n'es pas une mauvaise Elfe, intervint Hermione. « C'est entièrement ma faute. Je ne me suis pas rendue compte que tu me parlais. Se tournant vers le jeune homme. « Je suis désolée, Severus, je ne voulais pas te déranger !

—Que s'est-il passé ?

—Rien… enfin pas grand-chose. Je… je suis tombée sur Lily, elle était avec…

—Potter ! Cracha Severus. « Il t'a fait quelque chose ? Il t'a insultée ?

—Non ! Non. Il y avait bien James, en effet, mais aussi les autres, et la petite amie de Remus. Mais ils ont tous été charmants avec moi. Non, c'est juste que la dernière fois que j'ai vu Sirius et Remus ils étaient… morts. Alors lorsque je suis arrivée ici, j'ai… tu comprends, la tension et tout ça, j'ai craqué ! Mais…

—Je comprends. Je vais rester un moment. Et ce soir, tu prendras de la potion de sommeil sans rêves.

—Non ! A son grand étonnement, lorsqu'elle leva la tête vers lui, elle affichait maintenant un grand sourire. « J'ai craqué en rentrant, je l'avoue, mais j'ai réussi l'épreuve, Severus ! Fit-elle en se plantant en face de lui. « J'ai réussi, tu comprends ? J'y suis arrivée toute seule ! J'ai pu parler et même rire avec eux ! Je ne me suis pas effondrée. Je… j'étais dans la rue, je les avais entendu parler, j'aurais pu ne pas entrer dans la boutique, mais j'ai voulu essayer… tu comprends, je voulais voir si j'étais assez forte ! Si mon Occlumencie était assez puissante pour réussir à occluder ce que je ressentais. Et j'ai réussi !

S'exclama-t-elle en lui sautant spontanément au cou, sans réfléchir. Après une seconde d'étonnement, il referma ses bras autour d'elle avec hésitation, avant qu'ils ne s'éloignent tous les deux l'un de l'autre d'un même mouvement. Hermione était rouge comme une cerise.

« Je suis désolée !

— Il n'y a pas de mal, la parodia Severus avec un clin d'œil, en se référant à la fois où il l'avait embrassée, pour donner le change à Regulus, dans les couloirs de Poudlard. « Je devrais pouvoir survivre. Il y a pire, comme torture, et une étreinte n'est pas la chose la plus traumatisante qui me soit arrivée, entre ses murs. Et puis c'est une bonne nouvelle ! Il faut fêter ça. Missy ! Appela-t-il, « je vais rester pour le dîner, prépare-nous un bon dessert, et tu ouvriras une bouteille de vin des Elfes. Et se retournant vers Hermione, « bon, eh bien puisque je suis ici, et qu'apparemment tout va bien, tu ne verras pas d'inconvénient à ce que j'aille passer un moment dans le laboratoire.

—Tu ne penses pas que tu pourrais en profiter pour te repos…

—S'il te plait, ne t'y mets pas toi aussi. Je connais mes limites ! Et puis, je ne vais que vérifier mes travaux en cours, il faut bien que je tienne Lucius au courant de mes avancées.

La tête abandonnée sur le dossier du fauteuil, elle savourait la quiétude de l'instant. La solitude n'était pas un problème pour Hermione. Ce n'était pas comme lorsqu'elle avait été confinée dans sa cachette, à Poudlard, elle pouvait sortir, voir du monde. Mais elle devait reconnaître qu'entendre les allées et venues de Severus dans le laboratoire, dont il avait laissé la porte ouverte, le léger tintement des fioles, le froissement des feuilles de papier, tous ces petits bruits familiers qui avaient accompagné ses journées pendant le mois de juillet, tout cela lui manquait. Elle ferma les yeux un instant. Lorsqu'elle les rouvrit, il faisait presque nuit, la bibliothèque était refermée, et elle était allongée sur le canapé.

—Bien dormi ? Severus était assis sur le fauteuil d'où il avait dû la faire léviter. « Je n'ai pas voulu te déranger. Missy a mis le dîner sous stase en attendant que tu te réveilles. Ça va mieux ?

—Bien mieux, merci. Répondit-elle en s'asseyant. « Tu n'étais pas obligé de venir, ni de rester, tu sais !

Il haussa les épaules.

—Missy était réellement dans tous ses états. Fit-il en se levant, et en lui tendant la main pour l'aider à se relever. « Et je reconnais que cette petite pause ne m'a pas fait de mal non plus. Allez, à table !

Avait-il tiré trop fort ? avait-elle trébuché ? Le fait est, qu'elle se retrouva encore une fois tout contre lui, mais avant qu'elle n'ait eu le temps de se reculer, il l'avait saisie par la taille, et plongeait maintenant le velours sombre de ses yeux dans les siens. L'espace d'un battement de cils, le temps se suspendit, puis le regard de Severus descendit vers la bouche entrouverte de la jeune fille. Elle entendait un tambour résonner à ses oreilles, et elle s'aperçut que c'étaient les battements de son cœur. Lorsque ses lèvres effleurèrent les siennes, elle se sentit littéralement fondre, et elle comprit soudain d'où venait le sentiment de bien-être qu'elle avait éprouvé un peu plus tôt. Non ! Elle ne pouvait pas ! Elle ne pouvait pas se permettre de tomber amoureuse de Severus Snape ! Il y avait Lily ! Il y avait leur mission ! Il y avait… puis il n'y eut plus rien. Plus rien d'autre que la douceur de la bouche du jeune homme, sa main soutenant sa nuque et jouant dans ses cheveux, sa langue quémandant un peu plus, ce qu'elle lui accorda volontiers, et la chaleur que ce baiser faisait naître en elle. Avant qu'il ne s'éloigne lentement, comme à regret.

—Je suis désolé ! Je n'aurais pas dû ! Je ne sais pas ce qui m'a pris.

Il baissait la tête, maintenant, laissant ses cheveux cacher son visage, comme à chaque fois qu'il se sentait mal à l'aise. Elle s'efforça d'affermir une voix qui ne menaçait que trop de trembler.

—Ce n'est qu'un baiser, Severus ! Ça n'engage à rien ! Parfois, les gens ont besoin de… réconfort, et je crois que ce soir, nous en avions besoin tous les deux. Tu travailles beaucoup, et la solitude peut parfois peser bien lourd. Ce sont des choses qui arrivent, ne vas pas te sentir coupable pour ça… et puis ce n'était pas désagréable du tout. En tout cas moi, je me sens bien mieux ! Fit-elle semblant de plaisanter d'une voix mal assurée. « Allez, viens, ne faisons pas attendre cette pauvre Missy plus longtemps.

TBC

*Da ya think I'm sexy? (Rod Steward)
**It's a heartache (Bonnie Tyler)


Un 'tit Lumos, pour aider ma muse à garder le moral?