Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.
MERCI à simple lectrice, NaomiKuz, Arwengeld, Lyka Opale, LycorisSnape, darkcorbeau, Saeh, DinaChhaya TalaNokomis, Juliana, Emilie09, Zeugma, Slythenclaw, Daidaiiro, Kahouete, Cicidy, Steph Rogue, Fanny et Emma pour vos reviews sur le chapitre précédent.
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse (une petite motivation supplémentaire est tout ce qui lui suffit, certains jours, pour contrer sa tendance à la paresse ! )
Enjoy & Review !
Tiberius
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Le 'crack' du Transplanage, presqu'immédiatement suivi d'un glapissement aigu et d'un chapelet de paroles à peine compréhensibles tellement elles s'entrechoquaient à toute vitesse, fit se précipiter Hermione hors du salon. Depuis près de trois semaines, elle n'avait pas eu d'autres nouvelles de Severus qu'un mot griffonné à la va-vite, que lui avait apporté Hermod. Suivant à la lettre l'adage 'pas de nouvelles, bonnes nouvelles', elle ne s'était pas plus inquiétée que ça.
Il était dos à elle, lorsqu'elle ouvrit la porte qui donnait sur le hall d'entrée, où il venait tout juste de se matérialiser, une Missy gesticulante et semblant atteinte de logorrhée aigue, debout en face de lui. Elle distingua un mouvement de bras, et l'Elfe arrêta de brailler, sans pour autant cesser ses gesticulations.
—Assez Missy ! Si tu ne me promets pas de te taire immédiatement, je te laisse comme ça pendant une semaine, jusqu'à ce que je reparte.
—Severus ! Je suis contente de te voir. Tu restes une semaine ? C'est Noël !
—Non, c'est Halloween ! Répondit-il en se retournant, permettant ainsi à Hermione de comprendre pourquoi Missy était dans tous ses états. Elle hoqueta en portant une main à sa bouche, pendant qu'il poursuivait, ignorant sa réaction. « Maître Stoke m'a pour ainsi dire mis à la porte, sous prétexte qu'il voulait aller fêter Samain avec sa famille.
Hermione aurait pu éclater de rire devant son air frustré, s'il n'avait pas été dans un tel état.
Il aurait pu poser pour une allégorie de l'épuisement. Les épaules voutées, Les traits creusés. Sa maigreur avait atteint des sommets, des cernes violacés soulignaient ses yeux injectés de sang et son teint plus livide que jamais. Ses cheveux gras et sales pendaient lamentablement le long de ses joues, ombrées d'une barbe de trois jours, qui ne lui allait définitivement pas. Elle ravala in-extremis un commentaire qui ne serait pas mieux reçu de sa part que ne l'avaient été ceux de l'Elfe, qui continuait à s'agiter en silence.
—Allez, laisse-là tranquille, plaida-t-elle en désignant la petite Créature. « Je suis sûre qu'elle va se taire et aller préparer un bon repas pour le retour du fils prodige… et non, je ne me trompe pas de mot ! N'est-ce pas Missy ?
L'Elfe secoua frénétiquement la tête de haut en bas, et disparut dans la cuisine en silence, dès que Severus eut levé le sortilège de Blocklang qui l'empêchait de parler.
« Et qui te dis que ce n'est pas le cas ? Poursuivit-elle, se référant à ce que venait de dire Severus.
—Il n'a pas de famille !
Cette fois, Hermione ne put retenir un gloussement moqueur.
« Tu trouves ça amusant ? Aboya le jeune homme. La jeune fille ne se laissa pas démonter pour autant.
—Un peu, oui ! Pauvre Maître Stoke, obligé de ruser pour se débarrasser de son Padawan, afin de pouvoir enfin souffler un peu, en l'obligeant, au passage, à prendre du repos ! Franchement, Severus, il y a longtemps que tu ne t'es pas regardé dans une glace ? Ou bien tu as finalement décidé de te rallier à Tu-sais-qui et de passer du côté obscur ? Parce que là, tu commences sérieusement à ressembler au fils de Dark Sidious et de Dracula.
Répondit-elle en conjurant un miroir qu'elle lui mit sous le nez. Il repoussa son bras d'un mouvement agacé, avant de se débarrasser de sa cape en marmonnant entre ses dents quelque chose à propos de femelles enquiquinantes et de film débile pour cerveaux ramollis.
« Tss tss… Je ne m'aventurerai pas à te répéter ce qu'a vraisemblablement dû te susurrer Missy à l'oreille lorsque tu es arrivé, mais tu devrais vraiment aller prendre une douche et essayer de dormir un peu avant le déjeuner. Que tu le veuilles ou non, tu as réellement l'air exténué, et le Transplanage n'a pas dû arranger les choses. Quant au film débile… il me semble vaguement me souvenir que c'est toi, qui as voulu aller le voir !
Il lui jeta un regard noir, et se dirigea vers l'escalier sans plus argumenter. Ce qui, s'il en avait fallu une, aurait pu constituer une preuve supplémentaire qu'il était réellement au bout du rouleau.
Lorsqu'il redescendit, trois heures plus tard, il ne semblait pas en bien meilleure forme, mais au moins était-il rasé de près, ses cheveux étaient propres et ses yeux un peu moins rougis par le manque de sommeil.
Même si son orgueil refusait de lui faire admettre son épuisement, Severus passa les deux jours suivants à se trainer entre son lit, le salon et la cuisine. Il n'émit même pas l'intention d'entrer dans le laboratoire. Et dès qu'il s'installait dans son fauteuil, avec un livre ou un journal, ce dernier finissait invariablement par terre ou sur ses genoux, au bout de quelques minutes. Hermione poursuivait ses révisions silencieuses, dans le salon, en veillant à ce que le feu y maintienne une température agréable. Et lorsqu'il se réveillait, avec les jambes ou les épaules recouvertes d'un plaid qu'il n'y avait pas placé, il se contentait de la regarder pensivement, sans faire de commentaires.
Le lendemain de son arrivée, laissant Severus faire la grasse matinée, elle était allée faire des courses afin que Missy puisse leur concocter des repas plus substantiels que ceux, assez chiches, qu'elle prenait habituellement lorsqu'elle était toute seule. Elle devait s'avouer qu'elle était heureuse de son retour et remerciait mentalement Maître Vittelius de l'avoir forcé à prendre cette semaine de repos forcé.
Le trente et un en fin d'après-midi, Severus descendit dans la tenue qu'il avait portée chez les Malfoy, et demanda à Hermione si elle voulait bien aller mettre sa robe de soirée.
—Qu'est-ce qu'il se passe, on fête quelque chose ?
—Nous sortons. C'est Samain après tout, autant ce soir qu'un autre. A moins que tu n'aies prévu autre chose…
—N-Non mais… Où… ?
—C'est une surprise !
Lorsqu'elle redescendit, une bonne heure plus tard, il était assis au bureau, en train d'examiner attentivement ses fiches de notes. Debout sur le seuil, elle le contempla un moment, s'attendant presque à le voir apposer un commentaire lapidaire sur celle qu'il tenait à la main. Elle finit par toussoter, dans le plus pur style Ombrage, pour signaler sa présence. Il leva les yeux, son air exagérément excédé démenti par une étincelle au fond du regard et un vague frémissement des lèvres, qui aurait presque pu passer pour une ébauche de sourire.
—Les femmes mettent-elles vraiment autant de temps pour enfiler une robe ? J'espérais que c'était une légende urbaine.
—Les hommes préviennent-ils toujours au dernier moment, lorsqu'ils invitent une femme à sortir ? Rétorqua-t-elle du tac au tac. « Ne te plains pas, j'ai été extrêmement rapide, suivant les critères de la plupart des femmes.
Il se leva et s'approcha d'elle, et prenant sa main gauche dans les siennes, il exposa son bras à la lumière. Un mouvement de baguette plus tard, la porte du laboratoire pivota et un petit pot à onguent flotta jusqu'à lui. Hermione lui adressa un regard interrogateur. Elle avait déjà masqué sa cicatrice sous la couche de fond de teint et le Glamour qu'elle avait déjà utilisés lors de la soirée chez les Malfoy. Lorsque Severus commença à étaler la préparation, après avoir annulé le sortilège, elle reconnut le « démaquillant » spécial qu'il avait conçu spécialement pour la circonstance. Depuis qu'elle appliquait l'onguent que lui avait préparé le jeune homme, la cicatrice s'était nettement atténuée, mais le mot était encore bien lisible, sur la peau blanche de son avant-bras.
—Qu'est-ce que… ?
—Là où nous allons, je préfère avancer à découvert. Et si cela déplait à notre hôte, alors nous repartirons, c'est tout.
Reposant le pot sur le bureau, il entraina Hermione dans l'entrée, où étaient suspendues leurs capes d'hiver.
—Je peux savoir où nous allons, maintenant ?
—Patience, bientôt. Attrape ça.
Tout en parlant, il avait sorti de sa poche une vieille clé, et passé un bras autour de la taille d'Hermione. « Nec aspera terrent. Elle comprit qu'il s'agissait du code d'activation du Portoloin lorsqu'elle sentit la sensation honnie lui vriller les entrailles.
—Ohhh ! Je déteste ça. Mais que je déteste ça ! Grogna-t-elle en s'appuyant contre lui, dès qu'ils se furent rematérialisés.
—Quoi ? Que je ne te dise pas où nous allons, ou les Portoloins ?
—Les deux !
—Tiens, fit-il en lui tendant une fiole, qu'elle descendit d'une goulée, sans même vérifier de quoi il s'agissait. Au bout de quelques secondes, la sensation de nausée et les vertiges disparurent, et elle bénit intérieurement sa prévoyance. Elle regarda autour d'elle pour la première fois. Ils étaient Apparus devant un immense portail de fer forgé, qui n'était pas sans rappeler les grilles de Poudlard, orné en son centre d'un grand cercle, entourant un arbre de vie ouvragé. Au-dessus du cercle, et s'ouvrant comme lui en deux à l'ouverture du portail, la lettre « P », surmontée des trois mots qui avaient servi d'activateurs à la clé. Levant les yeux vers son compagnon, elle demanda :
—C'est… ce que je pense ?
—Oui ! C'est le manoir des Prince. J'ai écrit à mon grand-père, lorsque Maître Stoke m'a donné ce congé. Autant que cette semaine ne soit pas tout à fait perdue ! Il m'a répondu qu'il serait ravi de me rencontrer à l'occasion de Samain.
—Et moi ?
—Quoi toi ?
—Je suppose qu'il n'a pas émis le désir de me rencontrer, moi ? Il aurait peut-être mieux valu…
—Que nous le voulions ou pas, d'une certaine manière, tu fais partie de ma vie, et ça risque de durer un petit moment. Autant mettre d'emblée toutes les cartes sur la table, au moins nous serons fixés immédiatement.
—C'est pour ça que tu as découvert ma cicatrice ! Une 'compagne' illégitime, du moins aux yeux du monde, et qui plus est, née moldue, c'est un peu la totale pour un vieil aristocrate de Sang pur dont la fille s'est enfuie avec un Moldu. Et je suppose que le code d'activation du Portoloin était la devise de ta famille ?
—Oui. Ça signifie, en gros, 'ils ne craignent pas les épreuves'.
Hermione ricana.
—Eh bien, elle est appropriée, ce soir, non ?
Severus semblait hésiter, à présent.
—Je…
—Qu'est-ce qui ne va pas ?
—Je me rends compte maintenant que je n'aurais pas dû essayer de te forcer la main. Tu peux encore rentrer à Spinner's End, si tu le désires.
—N'espère pas te débarrasser de moi aussi facilement Severus Snape ! J'avoue que j'aurais préféré que tu m'en parles avant, mais je ne partirai pas. Ecoute, je me doute que malgré tes airs bravaches, ce ne doit pas être facile pour toi. Souviens-toi de que je t'ai dit, je suis ton amie, et les amis se soutiennent dans les épreuves… même si tu es, du moins à moitié, sensé ne pas les craindre. Termina-t-elle avec un clin d'œil.
Une lueur tremblotante s'avançait vers eux dans l'ombre. « Pas besoin de chercher la sonnette, je pense que tu étais attendu !
Le vieil Elfe de Maison avait jeté un regard intrigué à Hermione avant de s'incliner en silence devant Severus. Le sang des Prince coulait dans ses veines, et l'instinct de la petite créature le percevait. Après avoir parcouru une longue allée bordée d'arbres centenaires, ils furent introduits dans un hall de bonnes dimensions, où l'Elfe, toujours sans un mot, les débarrassa de leurs capes de voyage, avant d'ouvrir une porte à deux battants, s'effaçant pour leur livrer le passage.
La pièce, qui devait ou avait dû être le salon de réception du manoir, était immense, ornée de tableaux de famille qui les observaient sans aucune discrétion, alors qu'ils avançaient vers la cheminée monumentale qui occupait une grande partie du mur du fond. Instinctivement, Hermione se rapprocha de Severus, qui prit ses doigts entre les siens et les serra légèrement en un geste rassurant.
Un homme se tenait debout devant la cheminée, grand, droit et mince. Ses longs cheveux, aussi noirs que ceux de Severus, étaient marqués de fils blancs, et retenus en catogan sur sa nuque, à l'exception des deux mèches qui encadraient son visage. Au fur et à mesure qu'ils approchaient, Hermione pouvait constater des ressemblances flagrantes avec son compagnon. Ce qui semblait assez normal, étant donné que le jeune homme ressemblait beaucoup à sa mère, d'après la photo qu'elle avait pu voir lorsqu'elle faisait des recherches sur 'Le Prince de sang-mêlé'.
Il était vêtu d'un frac noir, sur un pantalon de même couleur, une chemise blanche, un gilet et une cravate ivoires. Hermione qui commençait à se détendre nota avec amusement le goût commun au grand-père et au petit-fils pour les costumes dans le style du dix-neuvième siècle, plutôt que pour les robes de sorciers traditionnelles. Déjà, lors de leur passage chez madame Guipure, les robes de travail qu'il avait dû acheter en vue de son apprentissage, l'avaient fait pester « on se demande à quoi peuvent servir tous ces mètres de tissu ! » avait suivi un grommellement à peine intelligible sur certaines traditions stupides. Hermione avait répondu avec un petit rire, « oh, crois-moi, tu leur avais trouvé une utilité certaine, pour impressionner les élèves, à Poudlard ! »
L'impression qu'ils étaient scrutés, analysés, pendant tout le temps de leur trajet de la porte à la cheminée se renforça lorsqu'elle sentit, aux limites de son esprit, une sensation familière. L'attaque était beaucoup plus fine et discrète que celle de Bellatrix. En élevant les barrières que Severus lui avait enseignées, elle se rendit compte que s'il avait vraiment voulu passer outre, elle aurait eu beaucoup plus de mal à l'en empêcher qu'elle n'en avait eu avec la sorcière. Mais la pression se relâcha aussitôt, comme s'il s'était plus agi d'un test, que d'une réelle volonté de la sonder. Il regardait maintenant Severus dans les yeux, et un léger sourire teinté d'approbation, se dessina sur ses lèvres, alors que les jeunes gens s'arrêtaient enfin devant lui.
Il s'inclina cérémonieusement devant Hermione, avant de tendre la main à son petit-fils, une lueur sarcastique, étrangement familière, dans le regard.
—Je ne m'attendais pas à une aussi charmante visite ! Le vieil homme que je suis en est comblé, et ces vieux murs illuminés… Cartes sur tables, n'est-ce pas ? Revint-il à Severus. « Attaque directe ! Tu ne veux pas perdre ton temps en vaines palabres. Aussi entêté que ta mère, je constate : soit j'accepte tout, soit tu repars.
—Vous avez parfaitement cerné et résumé les choses, monsieur. Répondit Severus en inclinant légèrement la tête.
—Et ceci… Tiberius pointait l'avant-bras gauche d'Hermione. « En fait également partie, n'est-ce pas ?
—C'est exact. Rien ne vous échappe. C'en est même l'une des composantes les plus importantes.
—Oui, je suppose que de savoir ce que j'en pense est l'une des choses primordiales pour toi en ce moment. Tu as dû longuement hésiter avant d'accepter de me rencontrer, d'autant que ta mère n'a pas dû te chanter les louanges de son vieux père intransigeant.
—Ma mère ne m'a jamais dit un mot contre vous, monsieur. Elle s'en est tenue au strict minimum, lorsque j'ai été assez grand pour lui demander pourquoi je n'avais pas de grands-parents, comme les autres enfants. Elle vous respectait, et je pense que malgré le fait que vous l'ayez reniée, elle n'a jamais vraiment cessé de vous aimer. De plus, je sais que vous avez essayé de renouer des liens avec elle, lorsque j'étais enfant. J'ai trouvé votre lettre, dans l'un de ses livres. Elle l'avait conservée.
—Eileen… la voix du vieil homme flancha sur le prénom de sa fille. Je suis peut-être ce qu'il est convenu d'appeler un Sang-pur, mais je ne suis pas un idiot dégénéré par la consanguinité, Severus. Ta mère avait choisi de s'enfuir pour épouser un Moldu, mais même cela, j'aurais pu finir par l'accepter, s'il l'avait traitée comme elle le méritait.
Il leva une main pour arrêter les mots qui se formaient déjà sur les lèvres du jeune homme.
« Oh je sais ! Et je me suis assez mordu les doigts d'avoir été assez stupide pour lui dire de ne jamais remettre les pieds dans cette maison si elle s'obstinait, dans un moment de colère.
Les Prince n'ont jamais été très regardants sur le statut du sang de ceux qu'ils choisissaient d'épouser, mais, et je sais que ce n'est certes pas une excuse valable, il n'y avait jamais eu de Moldus dans la famille, et sur le moment, cela m'avait semblé inconcevable. Par la suite, j'ai eu tout le temps de réfléchir… J'aimais ma fille, contrairement à ce que tu penses peut-être, mais lorsque j'ai enfin compris que j'avais réagi trop impulsivement, il était trop tard. Ta grand-mère est morte sans avoir revu son enfant, et j'en traine la culpabilité depuis des années.
Un silence pesant suivit cette affirmation. Hermione pensait à son ancien professeur, Severus à ce qu'il avait vu dans la Pensine, et Tiberius semblait perdu dans ses souvenirs. Sa voix tremblait de colère lorsqu'il reprit la parole.
« Ceux qui ont fait ça à ton amie sont indignes de leur rang et de leur nom. Qui qu'ils soient !
Il les invita à prendre place dans les confortables fauteuils qui jouxtaient la cheminée, et fit venir à eux un plateau déjà préparé sur une desserte, qui vint en douceur se poser sur une table basse. Il prit le temps de servir un vieux whisky moldu pour Severus et un autre pour lui, ainsi qu'un verre d'hydromel doré pour Hermione, avant de poursuivre.
« J'ai suivi ton parcours, Severus. Dumbledore avait accepté de me tenir discrètement au courant de tes progrès. Et j'avoue que j'ai un moment craint que tu ne te sois laissé corrompre par ce soi-disant Seigneur des Ténèbres de pacotille et ses idées sur la suprématie du Sang. Elles rappellent un peu trop celles d'un certain Hitler, contre lequel un certain nombre de Sorciers lucides s'étaient alliés avec les Moldus dans les années quarante. Ce furent de noires années que celles où Grindelwald et Dumbledore faillirent faire basculer notre monde dans les Ténèbres. Heureusement que Dumbledore s'est repris assez tôt. Notre petit groupe seul n'aurait pas eu beaucoup de chances, sans sa victoire contre son ancien allié !
« J'ai connu Tom Jedusor. Severus haussa un sourcil, amenant un mince sourire sur les lèvres de son grand-père. « Oui, je dois être l'un des seuls à se souvenir de son nom véritable… ou à vouloir s'en souvenir ! J'étais en cinquième année, lorsqu'il est entré à Poudlard. Il ne m'a pas fallu bien longtemps pour m'apercevoir que c'était un enfant cruel et sournois, s'arrangeant toujours pour faire porter la responsabilité de ses actes sur les plus faibles. L'année suivante, j'ai été nommé Préfet, et j'ai pu l'observer plus attentivement sous couvert de mes responsabilités. Je n'ai rien contre l'étude de la Magie Noire, mais ce à quoi il s'intéressait, même à douze ans… Bref ! J'avoue que ton attitude envers cette jeune femme me rassure un peu.
—J'aurais du mal à prétendre que je n'ai pas été tenté. J'ai même été très près de succomber, à certains moments. Je… les circonstances… mais j'ai réalisé, maintenant, que qu'elles qu'aient été les raisons que je pouvais invoquer, elles étaient de toute façon mauvaises. Et puis j'ai rencontré Harmony, nous avons énormément parlé et c'est finalement elle, qui m'a fait pleinement comprendre mon erreur. C'est grâce à elle que j'ai définitivement tourné le dos à ces sirènes maléfiques.
—Je n'ai fait qu'accélérer les choses, tu aurais fini par réaliser que tu te trompais par toi-même. Interrompit Hermione.
—Sans aucun doute, mais il aurait sûrement été trop tard ! On ne démissionne pas du genre 'd'emploi' qu'offre… Lord Voldemort. C'était la première fois qu'il osait prononcer ce nom, et il le fit sur un tel ton de dégoût que même Hermione en fut surprise.
TBC
Merci d'avance pour vos Lumos !
