Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.

MERCI à Zeugma, Constancelcd, Emilie09, DinaChhaya TalaNokomis, Maxine3482, Juliana, darkcorbeau, Daidaiiro, Cozri, SlythenclOw, Arwengeld, Steph Rogue, Fanny, NaomiKuz, Guest et Lu6fer, pour votre fidélité et vos adorables reviews.

A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse (une petite motivation supplémentaire est tout ce qui lui suffit, certains jours, pour contrer sa tendance à la paresse ! )

N/A : Les vacances sont terminées, retour à Oxford pour Severus.

Enjoy & Review !


Prince de Sang

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L'année 1979 commença sous le signe d'un froid sibérien qui semblait effectivement, comme l'avait prédit Tiberius, avoir l'intention de s'installer durablement. Hermione étant maintenant complètement guérie, Severus et maître Vitellius avaient prévu de regagner Oxford au début de la deuxième semaine, tandis qu'elle restait 'assignée à résidence' au manoir des Prince jusqu'à adoucissement notoire de la température.
Elle avait fait un saut à Cokeworth, le premier week-end de janvier, en compagnie de Severus, afin de récupérer des affaires en vue d'un séjour prolongé. On ne comptait plus les dégâts dus au gel, et la maison de Spinner's End n'avait pas été épargnée. Heureusement, rien qui ne soit aisément réparable à l'aide de la magie, lorsque le temps serait redevenu clément.

Elle en avait profité pour téléphoner à Lily, au cas où celle-ci aurait essayé de la joindre pendant son absence, mais en vain. Même la maison semblait inhabitée, et une voisine lui apprit que madame Evans était décédée d'une crise cardiaque trois semaines plus tôt, et qu'après les obsèques, sa fille était allée habiter chez son fiancé. Hermione, qui ne voulait pas ruiner ses relations avec la jeune femme, lui envoya un mot de condoléances par l'intermédiaire d'Hermod. Elle lui expliquait par la même occasion, qu'elle-même ayant été très gravement malade, et étant donné les dégâts occasionnés par le gel dans la maison de Spinner's End, elle avait provisoirement trouvé à se loger dans un meublé, à Londres. Elle regrettait que son état ne lui ait pas permis de la prévenir, et espérait, terminait-elle, qu'elles pourraient se revoir au printemps.

Au moment de Transplaner pour le manoir, Severus avait brusquement semblé se souvenir de quelque chose.

—Je…

—Oui ?

—Je suis désolé, je ne voudrais pas que tu prennes ce que je vais te dire pour une quelconque demande, mais… en tant que 'compagne officielle', il serait étrange que tu l'ignores. Au cas où mon grand-père t'en parlerait…

Il s'interrompit, l'air gêné.

—Qu'est-ce qu'il se passe ?

—Rien. Il ne se passe rien. C'est juste que… leneufc'mon'niversaire, lâcha-t-il dans une expiration.

Hermione se retint d'éclater de rire devant son air embarrassé.

—Oh ! Et pour info, le mien c'est le 19 septembre. Et à propos, ça te fait quel âge au juste ?

—Dix-neuf. Pourquoi est-ce que tu ne me l'as pas dit ?

—Certainement pour la même raison que tu as l'air aussi gêné. Je ne voulais pas que tu te croies obligé de quoi que ce soit… Ecarquillant les yeux, elle sembla soudain prendre conscience d'une chose. « Ça me fait vraiment bizarre de savoir qu'ici, j'ai quatre mois de plus que toi ! Tu as raison, cela aurait été bizarre que je ne le sache pas, mais ça semblera aussi bizarre que je ne t'offre rien. Voyons, qu'est-ce qui pourrait faire plaisir à un garçon qui n'a aucun vice apparent, sauf celui de se tuer à la tâche ?

—Que tu ne prennes plus de risques inconsidérés en donnant des ordres idiots à Missy, par exemple ! Rétorqua-t-il d'un ton cassant, avant de se radoucir. « De toute façon, mardi, je ne serai pas au manoir, et on pourra toujours dire que tu m'as donné quelque chose à ouvrir le jour J, avant que je parte, ce soir… bon, on y va ?

Maître Stoke était reparti la veille, afin de vérifier si aucun équipement de leurs salles d'études n'avait souffert. Bien que les Elfes soient chargés de veiller à l'entretien des locaux, il était aussi minutieux que pouvait l'être son élève, en ce qui concernait le travail. Après tout, sorciers ou pas, la météo était une chose contre laquelle ils ne pouvaient rien, et le gel pouvait tout aussi bien endommager un laboratoire de potions qu'une canalisation moldue.

Après mure réflexion, Severus avait décidé d'accepter l'offre de son grand-père. Il avait prévu de le lui annoncer le soir-même, avant de regagner Oxford.

Après le repas, alors qu'ils étaient une dernière fois réunis dans le jardin d'hiver, pour prendre le café, Severus avait, sous le regard encourageant d'Hermione, tendu le parchemin, signé, à son grand-père, sans un mot. La finalisation de l'acte nécessitait une goutte de sang de chacun des deux hommes, librement donnée. L'Unionem Sanguinis était beaucoup plus qu'une reconnaissance simple. Par cette coutume ancestrale et presque oubliée, Tiberius faisait beaucoup plus qu'accréditer son petit-fils en tant qu'héritier légitime de la lignée des Prince. Il le présentait comme le descendant de droit de son Sang, niant et effaçant, légalement sinon de fait, la flétrissure apportée par celui de Tobias Snape. Lorsque le rituel serait achevé, et quelle que soit l'opinion de certains extrémistes sur la question, Severus serait officiellement considéré comme un Sang Pur, et l'égal de n'importe quel rejeton des plus grandes familles du monde Sorcier.

Le vieil homme, manifestement très ému, s'était levé, et se tournant vers Hermione lui avait demandé si elle accepterait d'être leur Enchaîneur. En effet, le sort qui liait les deux personnes, était très similaire à celui d'un serment inviolable. Afin éviter toute usurpation, si l'un des deux sangs était pris contre la volonté de l'un des protagonistes, que ce soit par la force ou sous Imperium, l'issue était fatale pour l'autre acteur du rite.

Les visages de Tiberius et des deux jeunes gens étaient empreints de la gravité de l'instant. Après avoir pratiqué une légère incision dans la paume de leur main droite, les deux hommes laissèrent chacun tomber une goutte de leur sang sur le parchemin, sous leurs signatures, où elles se mêlèrent, puis Hermione dirigea sa baguette sur leurs deux mains, unies au-dessus du document, en prononçant la formule que lui avait apprise Tiberius un peu plus tôt. Le manuscrit se nimba alors d'une aura dorée, à partir de laquelle une mince flamme étincelante s'étira, pour venir s'enrouler autour de leurs mains et de leurs poignets, comme un serpent de feu.

Le sang des Prince reconnaissait le sang des Prince.

—Tiberius Prince, jurez-vous sur votre vie, avoir de votre propre volonté, librement donné votre sang, sans contrainte d'aucune sorte ?

—Je le jure !

—Severus Snape, jurez-vous sur votre vie, avoir de votre propre volonté, librement donné votre sang, sans contrainte d'aucune sorte ?

—Je le jure !

La cérémonie terminée, le parchemin se dupliqua deux fois par lui-même, l'une des copies s'évanouit, pour réapparaître immédiatement dans les archives du Ministère de la Magie, l'autre serait conservée par Tiberius, tandis que Severus garderait l'original. Le regard un peu trop brillant, Tiberius étreignit alors le jeune homme contre lui dans une chaleureuse accolade.

—Tu fais de moi un homme très heureux, Severus.

—J'espère que je ne vous décevrai pas, monsieur.

—Tu doutes encore, et de toi plus que de tout autre chose ! Ne doute plus, Severus, tu as une belle âme, mon enfant.

—J'ai pourtant bien failli succomber aux attraits de l'Ombre.

—Failli est le maître-mot. Mais tu t'es repris à temps, c'est cela qui est important. Nous avons tous en nous une part d'Ombre, notre capacité à la reconnaitre et à la combattre est ce qui fait notre humanité. Tu as prouvé que tu peux lui résister. Ne la refuse pas, laisse-là vivre, apprivoise-là, plie-là à ta volonté et utilise-là à bon escient. La Lumière seule ne peut lutter contre certaines forces Maléfiques…
Vous ne pourrez mener à bien la quête que vous avez entreprise qu'en connaissant et en sachant utiliser les armes de l'ennemi, afin de pouvoir les retourner contre eux. Poursuivit-il en regardant les deux jeunes gens à tour de rôle. « Je crains que vous ne deviez, vous-aussi, pour votre sécurité, apprendre à connaitre et à maîtriser certaines choses, Harmony. Si vous l'acceptez, je vous y aiderai, pendant le temps où vous resterez ici.
Puis, s'adressant de nouveau à Severus. « Es-tu toujours décidé à retourner ce soir à Oxford ? Tu ne préfères pas attendre demain matin ?

—J'ai déjà perdu assez de temps, je préfère être sur place, afin d'éviter tout retard.

—Dans ce cas… prends ! Ceci te revient de droit. Tiberius lui tendait un coffret recouvert de maroquin bleu nuit. « Tu l'ouvriras le jour de ton anniversaire.

—Mais je… le regard du vieil homme le dissuada d'aller plus loin. Il baissa la tête, embarrassé. « Merci, monsieur !

—Je préfère cela ! Bien, je vais vous laisser vous dire au revoir tranquillement, les enfants. Il se retourna un instant en arrivant à la porte de la bibliothèque. « Oh ! N'oubliez pas de regarder au plafond…

Les deux jeunes gens levèrent la tête d'un même mouvement. Une magnifique boule de gui était suspendue magiquement au-dessus de leurs têtes. Hermione sentit soudain son cœur se briser. Un bref gémissement échappa à sa gorge serrée et elle se détourna brusquement. Pas assez vite, toutefois, pour dissimuler à son compagnon la larme qui glissait le long de sa joue.

—Qu'est-ce qu'il se passe ?

—Rien… c'est idiot ! Ça me fait juste penser à… à une amie. Elle fut secouée par un petit rire nerveux. « Elle nous aurait conseillé de nous méfier des Nargoles. C'est… c'était une fille adorable, très intelligente sous ses airs farfelus. Elle… Oh ! Ils me manquent ! Ils me manquent tous tellement !

Severus posa une main hésitante sur son épaule, et elle se retrouva, sans trop savoir comment, blottie contre sa poitrine, entourée de ses bras maladroits, essayant de maîtriser sa respiration et s'efforçant de toutes ses forces, et sans beaucoup de succès, de ne pas pleurer. Avait-elle imaginé le murmure presqu'inaudible, contre ses cheveux ? « Non, ce n'est pas idiot ! »

Lorsqu'elle fut un peu calmée, elle s'écarta légèrement de lui et tira sa baguette de sa poche. Un Accio informulé plus tard, un petit paquet s'envolait de sur la table qui lui servait de bureau.

—Ça aussi, c'est à ouvrir le jour de ton anniversaire ! Murmura-t-elle en le lui glissant dans la main.

Avant qu'il ait pu réagir, elle s'était hissée sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue, au moment où il tournait la tête vers elle pour lui répondre. Le baiser atterrit au coin de sa bouche, et les protestations qu'il était sur le point d'émettre s'étranglèrent dans sa gorge. Aussi embarrassés l'un que l'autre, ils se regardèrent un instant en silence, puis il se pencha vers elle, et effleura sa tempe de ses lèvres en murmurant un « merci » qui fit courir un frisson sur la peau de la jeune femme, avant de se détourner et de sortir à grands pas, sans la regarder.

Hermione resta un long moment immobile sous la boule de gui, le cœur serré. Elle en venait à détester Lily. Et elle se détestait de penser cela !

Bon anniversaire, Severus !

Tu vois, il n'y avait vraiment aucune raison de te fâcher, mon cadeau est tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Juste quelques morceaux de sucre métamorphosés en bloc de verre, et contenant une simple plume ramassée par terre. Rien qui m'ait couté même une Noise. Tu pourras t'en servir de presse-papier… un cadeau approprié, pour quelqu'un qui ne pense qu'à son travail, et qui a l'habitude de semer ses parchemins partout !

Est-ce que tu te souviens du jour où ton grand-père t'a offert de te reconnaître ? Nous étions dans la serre, alors, et un rouge-gorge est venu voleter devant la verrière. Tu ne l'as peut-être pas remarqué, mais il a perdu l'une de ses plumes, qui est venue se poser juste à tes pieds. Je suis ensuite allée la récupérer.

Je ne sais pas à quel point on peut apporter du crédit aux croyances populaires, mais beaucoup s'avèrent fondées, et issues de notre monde. Celle qui concerne le rouge-gorge me paraît particulièrement appropriée à ta situation. Il est dit que trouver une plume de cet oiseau annonce une nouvelle. Cela peut être une situation qui se décante et évolue ou la personne elle-même qui va connaitre une période de régénération dans ses pensées ou son mode de vie. Il s'agit en tout cas d'un changement vers du mieux et de l'inédit.
Le rouge gorge apparaît lorsqu'il est temps d'évoluer vers la nouveauté et il nous dit que cette évolution passe par toute forme de communication et par l'expression de notre personnalité.

Je pense vraiment que tu as fait le bon choix en acceptant son offre, et j'en suis heureuse pour vous deux.

Ne te tue pas à la tâche !

Hermione

Il avait attendu jusqu'au soir, après sa journée de travail. Les deux paquets étaient posés sur guéridon, à côté du fauteuil qui jouxtait la cheminée, dans le petit salon de son appartement, qui lui servait aussi de bureau.

Il n'avait jamais reçu de cadeau, ni pour son anniversaire, ni à n'importe quelle autre occasion d'ailleurs. Hermod et ceux de ce noël avaient été les premiers. Lorsqu'il était petit, sa mère lui confectionnait un petit gâteau, le jour de son anniversaire. Mais dès qu'il eut atteint ses cinq ans, âge auquel ses dons avaient commencé à se manifester de manière évidente, son père avait décrété qu'ils n'avaient aucun besoin de célébrer la naissance d'une erreur de la nature de plus, et il n'y avait plus jamais eu de gâteau sur la table.

Il n'en avait jamais fait, non plus, et lorsqu'Hermione lui avait dit qu'elle voulait offrir quelque chose à son grand-père, il avait réalisé que lui, n'y avait même pas pensé. En ce qui le concernait, noël avait toujours été un jour comme les autres. Alors, avant de se rendre à Spinner's End, il avait d'abord Transplané sur le Chemin de Traverse. Au détour d'une conversation, la jeune fille lui avait un jour parlé, avec nostalgie, du demi-Fléreur qu'elle avait laissé à son époque. A défaut d'un chat, un peu trop cher pour son budget, il lui avait acheté la boule de poils qu'elle avait baptisé… Fluffly, oh Merlin ! Mais la joie et la reconnaissance qui avaient illuminés son visage lorsqu'elle l'avait regardé, avaient effacé l'agacement provoqué par le ridicule du nom choisi, et il avait ressenti un étrange sentiment de… plénitude devant sa réaction. Avant cet instant, il n'aurait jamais imaginé un instant que faire plaisir à quelqu'un pouvait vous rendre aussi heureux vous-même. Pour Tiberius, il avait choisi un délicat coffret de bois de rose, dans lequel il avait déposé, sur un lit de velours, les débris de la baguette de sa mère. Même elle, ne savait pas que Missy les avait récupérés et conservés, après que Tobias l'ait eue brisée. L'Elfe les lui avait remis, après la mort d'Eileen.

Ses pensées dérivèrent. Lily aussi, était née en janvier. Il le savait parce que la première année, elle lui avait raconté ses cadeaux, et la petite fête qui avait accompagné cet événement. Il avait baissé la tête en rougissant de honte. Lui, n'avait pas les moyens de lui offrir quoi que ce soit, et en janvier, même un bouquet de fleurs sauvages était exclu. Peut-être l'avait-elle compris, et c'est pourquoi elle ne lui en avait jamais plus reparlé. Elle ne lui avait jamais demandé, non plus, quand était le sien. Il voulait croire que c'était pour ne pas le mettre mal-à-l'aise.

C'était vers le paquet d'Hermione que sa main s'était dirigée en premier, comme mue par une volonté propre. Il était petit, mais assez lourd, entouré d'un simple papier bleu nuit. Il avait révélé une boite de carton contenant un galet de verre poli, aplati sur une face pour pouvoir le poser bien à plat. Une minuscule plume, guère plus grosse qu'un duvet, teintée de rouge à son extrémité, y était incluse. Il était accompagné du morceau de papier qu'il tenait maintenant entre ses doigts légèrement tremblants.

La nuit était froide, les flammes qui dansaient dans la cheminée dessinaient des ombres mouvantes sur le plafond. La tête renversée contre le dossier du fauteuil, il laissait ses yeux suivre leur ballet fantomatique. La reprise avait été dure, il était exténué, il avait mal dans tout le corps, les muscles de sa nuque et de ses épaules étaient raides, durs comme du bois. Maître Vitellius avait monté la barre de plusieurs crans, en lui demandant de brasser, dès le premier jour de leur retour, trois potions relativement complexes simultanément, ce qui requerrait une attention soutenue de tous les instants. Son Maître avait eu l'air impressionné par le résultat. Dans son esprit, ce n'avait été qu'un test pour vérifier à quel niveau pratique en était arrivé son élève, et il ne s'attendait manifestement pas à ce qu'il réussisse ce chalenge au premier essai, même si, lui, n'était pas tout à fait satisfait de la couleur finale de sa potion de Flammes Noires. Maître Stoke n'avait pas émis de commentaire, mais lui avait ordonné de prendre la matinée suivante pour récupérer, et informé que l'après-midi serait consacré à la théorie… ce qui, étant donné que le jeune homme connaissait déjà tous ses livres par cœur, équivalait presque à lui octroyer une journée entière de repos.

En deux jours, il n'avait pu se reposer, par petites tranches, que trois heures en tout. Il avait l'habitude de gérer le manque de sommeil ou de nourriture, mais deux jours et une nuit debout au pied des paillasses, pratiquement sans dormir ni manger, où la moindre erreur, la moindre distraction pouvaient s'avérer catastrophiques, c'était réellement éprouvant. Pourtant, sa fatigue n'expliquait pas tous les sentiments complexes qui agitaient son esprit. Il y avait eu tellement de changements dans sa vie, en l'espace de si peu de temps ! Il avait encore du mal à y croire vraiment, et se demandait parfois s'il n'allait pas se réveiller, dans le dortoir de Serpentard, tout cela n'ayant jamais existé qu'en rêve.

Le deuxième paquet s'était avéré être un écrin, qui contenait une chevalière-sceau aux armes des Prince. Elle était accompagnée d'un mot de son grand-père, écrit, ce qui lui avait arraché un sourire, au stylo-bille sur une feuille du papier à lettres moldu que les jeunes gens lui avaient offert. « Tu n'es pas obligé de la porter au doigt », disait Tiberius, « mais je ne saurais te conseiller de l'avoir toujours sur toi. Elle a d'autres utilités que celle de sceller un parchemin, que je t'indiquerai dès que nous nous reverrons ». Il lui demandait en outre de le retrouver, le samedi suivant, sur le Chemin de Traverse, devant Gringotts, afin, disait-il, de régler une dernière petite formalité administrative liée à son adoption.

Severus fronça les sourcils. Il ne demandait pas l'aumône. Il avait accepté la famille, mais il était bien décidé à refuser toute offre d'argent. Finalement, il se leva en haussant les épaules. Les Gobelins étaient aussi habilités à traiter certaines affaires juridiques, en plus de la banque, il ne s'agissait peut-être pas de finances. Il se dirigea en baillant vers sa chambre, emportant, sans s'en rendre compte, le presse-papier de verre, qu'il déposa sur son chevet, avant de se glisser dans son lit.

TBC


/*umos...^^