Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.

Même si, pour ceux qui ont un compte, je vous l'ai déjà dit en MP, MERCI à Zeugma, Arwengeld, Emilie09, DinaChhaya TalaNokomis, Cididy, Eliie Evans, Juliana, NaomiKuz, LadyAmande, SlythenclOw, Daidaiiro, CarolinSnape, Fanny, darkcorbeau, Steph Rogue, Kaouhete, Emma,

A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse (une petite motivation supplémentaire est tout ce qui lui suffit, certains jours, pour contrer sa tendance à la paresse ! )

Enjoy & Review !


Regulus

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Le climat semblait être devenu fou. Depuis près de six mois, L'Europe entière était la victime de la colère déchainée des dieux du Nord. Le froid polaire et la neige avaient perduré jusqu'au début du mois d'avril, avant qu'un semblant de redoux tout relatif ne s'installe doucement. Les timides éclaircies pendant lesquelles un soleil pâle peinait à percer la grisaille ne parvenaient pourtant pas à prendre définitivement le dessus sur le gel, la pluie et la neige, souvent accompagnés par un vent sibérien. Cet hiver semblait vouloir ne jamais finir.

Severus avait négocié de haute lutte avec Maître Stoke : il continuerait à travailler pendant les vacances de février, mais avait promis de lui laisser une semaine entière de répit en avril, ainsi que tout le mois de juillet. Il faisait également un effort pour faire de temps à autre une apparition au manoir, ou il arrivait généralement le dimanche matin, pour en repartir le soir… il ne fallait pas tenter le diable. Il avait replongé la tête la première dans ses études, et le bénéfice des quelques semaines passées chez son grand-père en décembre sur son physique, n'avait pas tardé à n'être qu'un lointain souvenir. Malgré son inquiétude, Hermione, fidèle à sa ligne de conduite, n'abordait jamais le sujet, et il lui en était reconnaissant. Vitellius, à la demande de son ami, le tenait de toute façon à l'œil, et avait promis à Tiberius de le prévenir à la moindre inquiétude sérieuse sur son état de santé.

Les deux jeunes gens ne retournèrent définitivement à Spinner's End qu'aux vacances de pâques. Avec l'aide de Missy et de Racon, appelé en renfort, ils passèrent une grande partie de la première journée à réparer les dégâts dus au gel. Il faisait toujours froid, mais comparé aux mois précédents, les températures d'avril, pourtant à peine positives le jour et toujours négatives la nuit, semblaient presque printanières.

Lily n'était pas encore retournée dans la maison de sa mère. Hermod était revenu de sa mission, en janvier, sans apporter de réponse de la part de la jeune femme. Au début du mois de février, Hermione avait reçu un hibou de la poste internationale. Lily et James avaient décidé de passer l'hiver en Australie. La jeune femme lui confirmait qu'elle avait bien reçu sa lettre, transmise par l'Elfe des Potter préposé à la réception du courrier, s'excusait du retard de sa réponse, et la remerciait de ses condoléances. Elle lui souhaitait un bon rétablissement, mais ne connaissait pas encore la date de leur retour en Angleterre.

Le lendemain de leur arrivée, leur petit-déjeuner, qu'ils prenaient dans le salon, la cuisine n'étant pas chauffée, fut interrompu lorsque les flammes, dans l'âtre, s'aplatirent brusquement, comme soufflées par une rafale de vent, tout en prenant une teinte verte.

Au début de leur séjour, Severus avait expliqué à Hermione que la cheminée de la maison était reliée au réseau, mais qu'à cause de son père, sa mère en avait strictement limité l'usage à elle et à lui. Ils ne s'en servaient d'ailleurs qu'une fois par an, pour se rendre sur le Chemin de Traverse afin d'acheter ses fournitures scolaires. Il n'avait pas trouvé utile de modifier ces dispositions, n'aimant pas être dérangé à l'improviste. Il s'était juste contenté d'ajouter la jeune fille aux personnes autorisées. Lorsqu'il était revenu à Spinner's End, à la fin de l'année, après sa maladie, il avait également permis les communications vocales, et l'autorisation de traverser pour les étrangers à la maison, à condition d'y être expressément invités par l'un des deux résidents. Pour le moment, seules deux personnes, dont Regulus Black, qu'il avait appelé pour en tester le bon fonctionnement, était au courant de ces nouvelles dispositions.

—Severus ? Tu es là ?

Les sourcils froncés, le jeune homme s'approcha de la cheminée d'où sortait la voix désincarnée, en sortant sa baguette. Ce que son interlocuteur ne savait pas, c'est que même cela, était protégé par un sort, qui permettait aux occupants de la maison de ne pas être entendus, dans le cas où ils ne voudraient pas répondre. « Disputatio ! »

—Regulus ? Que se passe-t-il ?

—Severus, j'ai un problème ! Tu es le seul à pouvoir m'aider. Est-ce que je peux traverser avec mon Elfe ? La voix était pressante, remplie d'une angoisse palpable.

—Tout de suite ?

—Je… le plus rapidement possible. S'il te plait !

—Bien, disons dans un quart d'heure, le temps que je m'habille ?

A l'heure qu'il était, c'était une excuse valable. Hermione s'affairait déjà à faire disparaître toute trace de sa présence dans la pièce.

—Merci Severus. Je te le revaudrai, je te le promets.

—A tout de suite, trancha le jeune homme. « Finite !

Il se tourna vers la jeune fille, qui s'était approchée de lui.

—Kreattur ? Alors ça y-est, Qui-tu-sais a déjà dû le lui emprunter, et lui faire boire l'élixir de désespoir, conclut-elle.

—Je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre pour qu'il l'emmène avec lui. Regulus sait que j'ai plus de considération pour les Elfes que la plupart des sorciers, c'était d'ailleurs le seul à ne pas se moquer de moi pour ça, à Poudlard. Sûrement à cause de l'affection qu'il porte à celui-là. Ni Walburga ni Orion Black ne se soucieraient de la santé d'un Elfe.

—Tu peux le soigner ?

—C'est une potion de Magie Noire, uniquement conçue pour… la torture. Elle n'a pas d'antidote. Administrée à faible dose, elle n'est pas mortelle, mais à forte dose, un être humain y succomberait en quelques heures, après une agonie particulièrement douloureuse, d'abord hantée par une soif intarissable, accompagnée d'atroces visions, suivie d'un affaiblissement inéluctable, jusqu'à la mort dans d'atroces souffrances. Les Elfes n'ont pas la même constitution que nous, ils sont beaucoup plus résistants à la plupart des poisons, c'est certainement pour ça qu'il a survécu, la première fois.
Après que tu m'aies eu raconté l'histoire de Regulus, j'ai fait des recherches sur la composition du philtre, et j'ai essayé d'élaborer un contrepoison. Je n'ai bien évidemment pas eu la possibilité de le tester. J'espérais… je ne sais pas trop quoi, en fait. Ni comment j'aurais pu m'y prendre pour le lui donner… je suppose… pour qu'il ait peut-être une chance... je savais bien que c'était certainement inutile, mais ça… ça me donnait l'impression de faire quelque chose, de ne pas rester les bras croisés.

Hermione posa une main légère sur son avant-bras, et il interrompit ses explications bredouillantes et décousues. Il lui jeta un coup d'œil égaré, avant de se reprendre.

—Je comprends. Je vais monter dans ma chambre. Il ne faut pas que je sois là lorsqu'ils arriveront. Kreattur peut sentir que je suis née moldue, il ne doit pas me rencontrer, ça risquerait de ruiner tout notre plan. Dans l'état actuel des choses, nous ne connaissons pas vraiment l'état d'esprit actuel de Regulus, en ce qui concerne Voldemort. S'il s'étonne que je ne sois pas là, tu lui diras que j'étais déjà partie faire des courses sur le Chemin de Traverse, lorsqu'il a appelé. En ce qui concerne le… le 'flair' de Kreattur, le quartier est moldu, cela devrait suffire à brouiller les pistes, bien que dans l'état où il doit être, je doute qu'il puisse se rende compte de quelque chose.

Hermione avait bien tenté de déployer les Oreilles à Rallonge que lui avaient données les jumeaux Weasley, qu'elle conservait précieusement dans son sac, mais en vain. La porte du salon, qu'elle avait laissée à peine entrebâillée avait été refermée par l'un des deux jeunes gens. Sans doute à cause d'un courant-d 'air révélateur. Severus l'appela dès que le jeune sorcier et son Elfe furent partis.

—Alors ?

—C'est bien ce que nous pensions. Il avait réussi à donner assez de précisions à son maître sur ce que le Seigneur des Ténèbres l'a obligé à ingurgiter pour que je n'ai pas à faire semblant de le deviner. Il n'y a pas beaucoup de potions vert émeraude, et encore moins qui provoquent ces symptômes bien spécifiques. Il a bien réagi à l'antidote. Il faudra évidemment que je fasse quelques ajustements, mais le résultat est très encourageant. Il était en bien meilleure forme lorsqu'ils sont repartis.

—Regulus ne s'est pas étonné que tu possèdes justement le remède adéquat ?

—Bien sûr que si. Black a oublié d'être idiot. J'ai prétendu que dans le cadre de mes études, l'un de mes sujets de recherches avait été d'essayer de trouver une parade à un poison qui n'en possédait pas, et que, le hasard faisant parfois bien les choses, j'avais justement choisi l'Elixir de Désespoir. Il n'a pas besoin de savoir que les potions les plus noires ne sont normalement étudiées qu'en fin de cycle de Maîtrise. Je ne lui ai pas caché que c'était purement expérimental, et évidemment jamais testé, mais étant donné l'état dans lequel était son Elfe, il a choisi de me faire confiance. Je pense que la pauvre créature doit être très âgée, et que la résistance propre à son espèce en a été amoindrie. Il était vraiment très mal en point. Pas étonnant que sans aide, il en soit devenu à moitié fou ! Je suis même étonné qu'il ait réussi à survivre, et à revenir.

—Et… et pour la suite, il a laissé entendre quelque chose ?

—Après qu'il ait eu pris la potion et se soit senti mieux, j'ai demandé à Kreattur de nous raconter de nouveau ce qu'il s'était passé, en exigeant le maximum de détails, cette fois. Il m'a paru judicieux de bien enfoncer le clou. A la fois pour notre compte, pour en savoir le plus possible, et pour l'édification de Regulus. Comme prévu, cela l'a rendu encore plus furieux, il est remonté à bloc contre son maître.
Comme je te l'ai dit, il était très jeune lorsqu'il a rejoint Voldemort, il n'avait pas encore quinze ans, et tant qu'il n'était pas majeur, tout pouvait sembler idyllique, à ses yeux. Il ne participait pas activement aux activités des Mangemorts, la Trace l'aurait vite fait repérer. Il a eu dix-sept ans à la fin du mois d'août, et depuis, il doit faire, et assister à des choses auxquelles il n'avait jamais été confronté avant, des choses qu'il ne soupçonnait pas, qui le révoltent, et qui le hantent. Il y a une différence entre étudier les Arts Noirs, et accepter d'avoir éventuellement à se servir des Impardonnables en cas de besoin, et enlever, torturer, abuser, tuer sans raisons valables des gens qui ne vous ont rien fait. Dont le seul tort est d'être Moldus ou nés Moldus. Voldemort se garde bien de proclamer à ses jeunes recrues que ce qu'il appelle la suprématie des Sang-Pur passe par le massacre, la torture ou l'esclavage pur et simple de tous les autres… souvent pour son simple divertissement ! Si tu le voyais… oh ! Merlin, il… il a le regard d'un vieillard !

Il respira profondément, tentant manifestement de se calmer.

« Ce… ce salaud, il attire les adolescents avec de belles paroles et des promesses de gloire. Tant qu'ils sont à Poudlard, il appuie sa propagande sur des gens comme Regulus, qui n'ont pas encore été confrontés à la réalité des choses, et pensent sincèrement que ce qu'ils vivent est le quotidien des Mangemorts. Mais… mais après… Oh mon Dieu… ce qu'il m'a raconté… c'est…

Il ferma les yeux, échouant à masquer totalement ses émotions. Lorsqu'il les rouvrit et les vrilla dans les siens, la détresse dans son regard serra le cœur de la jeune fille.

« Seigneur, Hermione, jamais je ne pourrai assez te remercier de m'avoir tiré de ce nid de frelons avant qu'il ne soit trop tard ! Dire que j'étais prêt à m'engager dans leurs rangs sans même réellement partager leur idéologie, uniquement à cause de mon goût pour les Arts Sombres, et surtout de ma soif de vengeance ! Regulus… c'est un garçon intelligent. Bien que convaincu de la suprématie des Sang-Pur, il est révolté par les méthodes employées. Il ne m'a pas tout confié, mais il semble… éteint. Mort à l'intérieur.

Il baissait la tête, maintenant, laissant ses cheveux cacher son visage, mais Hermione pouvait comprendre ce qui se passait en lui. Il s'était vu dans la Pensine, il avait vu de ses yeux ce que cela avait fait de lui, et où ça l'avait conduit. Il avait reconnu la même expression sur son propre visage. Il était douloureusement conscient que si elle n'avait pas débarqué dans son monde, il en serait au même point que son ami. Elle enchaîna très vite, pour ne pas lui laisser le temps de trop ruminer.

—Il t'a parlé de ce qu'il compte faire ?

—A demi-mots. Je suis après-tout sensé être un sympathisant de leur cause. J'ai malgré tout réussi à lui arracher la promesse de revenir en discuter, avant de se lancer dans quoi que ce soit d'inconsidéré. J'ai fait valoir le fait que maintenant qu'il m'avait dit ça, j'allais travailler à améliorer ma potion, et qu'il lui serait peut-être utile d'en avoir toujours un flacon sur lui. Je pense l'avoir convaincu.

—Ça n'a pas éveillé sa méfiance ?

—Il était tellement furieux, que je doute qu'il ait eu les idées bien claires. Mais je lui ai bien précisé que je verrai toujours en lui l'ami avant toute autre chose, et qu'en tant que tel, je ne le trahirai pas, et que je l'aiderai dans la mesure du possible, quoi qu'il envisage de faire. Je sais que c'est un peu dangereux, mais si l'on tient compte de ce que tu m'as raconté, je pense que c'est un risque que je pouvais raisonnablement me permettre de prendre. Autre chose, tout en faisant parler Kreattur, j'ai aussi discrètement sondé son esprit, pour essayer de visualiser les choses : le paysage, le médaillon, les détails de la caverne, et le rituel pour y avoir accès. Je pense pouvoir être en mesure d'y Transplaner.

Hermione hocha la tête d'un air entendu.

—C'est aussi l'endroit auquel j'avais pensé, pour expérimenter le Feudeymon. Si nous pouvions y amener les autres Horcruxes, il serait peut-être possible de tous les éliminer d'un coup, y compris le médaillon, sans avoir à prendre le risque d'affronter les Inferi. Sa puissance devrait être assez forte pour faire évaporer la potion et détruire ce qu'elle protège.

—Oui, c'est le genre de scénario que j'avais aussi imaginé. Le Feudeymon devrait être capable de tout anéantir, sans que les barrières magiques puissent l'arrêter. En tout cas, ça peut valoir le coup d'essayer.

—Tu penses que Regulus te tiendra vraiment au courant de ses projets ? Parce que si nous prévoyons de garder le médaillon pour la fin, il reste encore deux Horcruxes à récupérer. Ça risque de prendre du temps, et il ne faudrait pas qu'il...

—Je l'espère. Je compte bien me rappeler régulièrement à son souvenir, et s'il reste dans son état d'esprit actuel, il peut s'avérer, même involontairement, un allié très utile. Je le pense assez bon Occlumens pour dissimuler sa rage à Qui-tu-sais, en attendant de pouvoir agir.

—Tu penses… en faire un espion ?

—Peut-être pas à ce point-là, peut-être pas consciemment. Mais en orientant bien les conversations, nous pourrions, comment dire… lui soutirer des informations à son insu, sans pour autant le mettre autant en danger que s'il savait ce qu'il faisait. De plus, n'oublions pas qu'il a ses entrées chez les Malfoy et les Lestrange, et que si pour le moment je suis dans les bonnes grâces de Lucius, il n'en est pas tout à fait de même avec Bellatrix.

—C'est un jeu dangereux. Si Voldemort avait le moindre soupçon et qu'il lui prenne envie de le sonder, il pourrait découvrir ce que nous cherchons à faire.

—C'est un pari que nous devons prendre et un risque que nous devons courir. Malgré son intelligence, je le pense assez vaniteux pour ne pas imaginer un instant que quelqu'un puisse avoir découvert son secret, et encore moins essayer de le contrecarrer. Termina-t-il en pointant sa baguette sur la bibliothèque.

Un peu plus tard, ce matin-là, Hermod emportait un paquet contenant une fiole de potion, à destination du manoir des Malfoy. « Elle doit être prise, à raison de dix gouttes chaque soir, pendant une semaine à partir du dixième jour du cycle féminin de ton épouse, pendant au moins cinq à six mois. » Précisait la lettre qui l'accompagnait. « Théoriquement, nous pouvons espérer un résultat positif dès cet automne. » Hermione ne connaissait pas la date de naissance exacte de Draco, mais en se souvenant de certains indices, elle avait conclu qu'il avait environ un mois de plus que Harry, ce qui le faisait naître en juin 1980. Si tout allait bien, sur ce coup-là au moins, ils partaient gagnants.

TBC


Merci d'avance d'éclairer mon chemin de vos Lumos !*