Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.

Même si, pour ceux qui ont un compte, je vous l'ai déjà dit en MP, MERCI à :
Constancelcd, DinaChhaya TalaNokomis, Cididy, Juliana, Emilie09, Zeugma, Arwengeld, Emma, SlythenclOw, Steph Rogue, Fanny, Daidaiiro, et SKathleen. *Heart*

A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse (une petite motivation supplémentaire est tout ce qui lui suffit, certains jours, pour « relancer la machine » ! )

Enjoy & Review !


Tentation

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Hermione avait Transplané à Pré-au-Lard juste après le petit déjeuner. Elle avait refusé que Severus l'accompagne, elle savait à quel point il détestait les effusions publiques, et elle n'était pas certaine de beaucoup les apprécier non plus. Ils s'étaient donc dit au revoir dans le salon de Spinner's End, et la dernière chose qu'elle avait distingué avant de disparaître était le regard confiant de son ami, posé sur elle. Ses mots résonnaient encore dans sa tête : « Si tu as une seule note en-dessous d'Effort Exceptionnel, je me fais Mangemort ! Et avec toute l'énergie que tu as déjà déployée pour que ça n'arrive pas, ce serait dommage d'en arriver là, non ? Plus sérieusement, avec le travail que tu as fourni ces derniers mois, je suis certain que tu auras tous tes ASPICs avec honneur. » Devant son regard étonné, il avait précisé, avec un clin d'œil sarcastique : « Qu'est-ce que tu croyais ? Mon grand-père est un excellent informateur ! Nous avons tous les deux confiance en toi, Hermione, alors cesse de douter ! » Lui avait-il asséné avant de déposer un rapide baiser sur ses lèvres. C'était plus un baiser amical qu'amoureux, mais elle était partie avec le cœur beaucoup plus léger que lorsqu'elle s'était réveillée.

Après tout, il aurait pu l'embrasser sur la joue…

Cette première semaine d'examens s'était avérée exténuante, tant physiquement que psychologiquement. Maître Stokes avait beau de se montrer confiant, lui l'était beaucoup moins. Oh bien entendu, il ne doutait pas de réussir à valider sa première année, mais pour la première fois de sa vie, il s'était vraiment senti jaugé à sa juste valeur, et il ne voulait pas décevoir le Maître qui avait mis sa confiance en lui. Il devait à tout prix réussir aussi à valider le second niveau.

Il se laissa tomber dans son fauteuil, la tête renversée sur le dossier et les yeux fermés, vidé de toute énergie. Il était vraiment vanné, il allait se reposer un moment, juste un petit moment. Il rentrerait à Oxford un peu plus tard dans la soirée ! Il commençait à flotter dans le no man's land qui sépare le sommeil de l'éveil, lorsque des coups retentirent contre la porte d'entrée, le faisant sursauter. Qui ? Hermione aurait directement Transplané à l'intérieur, Regulus ou Remus se seraient d'abord assurés qu'il était là. De plus les deux premiers étaient à Poudlard en ce moment-même… les sourcils froncés, il laissa tomber sa baguette dans sa main, et s'approcha de la porte, que d'un informulé il rendit transparente de son côté… Un sort de son invention, l'équivalent d'un miroir sans tain moldu, en quelque sorte. Plus discret et efficace qu'un judas, en tout cas. Il resta un instant immobile, presque tétanisé, incertain de la conduite à tenir, puis il rangea sa baguette, avant de poser une main hésitante sur la poignée, et ouvrit lentement la porte.

—Severus ? Je… je te croyais à Oxford. Je pensais qu'Harmony…

—Harmony est à Poudlard, pour passer ses ASPICs. J'étais juste venu lui dire au revoir, et j'allais repartir. J'ai moi aussi encore une pleine semaine d'examens devant moi. Mais qu'est-ce que tu fais ici, je croyais que ton… fiancé. La façon dont il avait craché le mot le faisait presque sonner comme une obscénité. « T'avait interdit de la revoir !

—Nous nous sommes disputés. En fait, nous avons eu une grosse scène. Il est… il est tellement jaloux. Exclusif… Si je te disais qu'il parle à peine à Remus, depuis qu'il a pris votre parti, lorsque vous vous êtes rencontrés, sur le Chemin de Traverse.

D'un pas, il combla la distance qui les séparait, et lui saisit les deux bras, l'air soudain anxieux, choqué.

—Il… il te… il est… violent ? Lily le regardait, interloquée, et soudain, elle comprit. Tobias !

—Non. Non ! Protesta-t-elle alors qu'il la lâchait, manifestement soulagé. « C'est juste que… j'avais besoin de respirer un peu, de faire le point. De… parler à quelqu'un, et Harmony est… Je suis désolée de t'avoir dérangé, je vais rentrer chez moi.

—Tu ne me dérange pas, Lily. Je te l'ai dit, je serai toujours là pour toi, même si toi, tu ne veux plus de moi.

—Je peux entrer un moment, alors ?

—Bien sûr. Il s'écarta pour la laisser passer. « Installe-toi au salon. Tu veux un thé ? Sans attendre la réponse, il agita sa baguette en direction de la cuisine.

Elle avait enlevé ses chaussures, et pris place sur le canapé, les mains croisées autour de ses genoux repliés. Le salon était plongé dans la pénombre, les rideaux étaient encore tirés, ne laissant passer qu'une fente de lumière. Au lieu d'allumer le plafonnier, elle avait jeté un Incendio sur les deux bougies qui se trouvaient sur la cheminée, qui éclairaient les ombres d'une douce lueur dorée.

—Je suis désolée de tout ce qui est arrivé, Severus. J'étais tellement… blessée ! Et puis, une chose en entraînant une autre, c'était de plus en plus difficile de faire machine arrière.

Il n'y avait nul besoin de préciser ce à quoi elle faisait allusion

—Je comprends. Ce n'est pas la peine de t'excuser, tout était de ma faute. Ça n'a été que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Je ne t'en ai jamais voulu, Lily. Je… je n'étais pas digne de toi.

—Sev…

—Non, ne dis rien. J'ai eu du temps pour réfléchir à tout ça, fit-il avec un fantôme de sourire fugace. « Indépendamment de mes idées et de mes fréquentations d'alors, je me suis jugé objectivement. Pas assez beau, pas assez d'humour, pas assez compréhensif, pas assez démonstratif, pas assez… bref, pas assez bien pour toi.

—C'est faux !

—C'est vrai ! et tu as eu raison. Je ne te méritais pas.

—Tu ne méritais pas non plus que je te traite de la manière dont je t'ai traité. J'aurais dû accepter de t'écouter, te donner une chance de t'expliquer.

—D'expliquer quoi ? Tu avais assisté à la scène, qu'y avait-il à dire d'autre ? Mais malgré ça, malgré l'humiliation, malgré ma rage, l'insulte était impardonnable, je le reconnais. D'autant que je te l'ai infligée alors que tu tentais de me venir en aide. Nous n'aurions jamais pu continuer.

—Peut-être… Sûrement ! Mais nous aurions au moins pu ne pas nous fâcher comme ça, ne pas nous détester !

—Je ne t'ai jamais détestée, Lily. Jamais !

—Je le sais. Au fond de moi, je l'ai toujours su. Mais moi, oui !

— Je sais ! Et Dieu sait que j'aurais préféré mourir plutôt que d'avoir dit ça. Je me dégoûtais. Je n'étais même pas assez courageux pour me supprimer. Tu ne vaux rien, me disais-je. Tu es idiot, laid et lâche, elle a eu raison de se débarrasser de toi. Mais dans le même temps, j'étais… Tu m'avais rejeté. J'étais furieux, j'avais mal. Alors je me suis jeté à corps perdu dans l'étude des Arts noirs, dans l'espoir de t'oublier. Je me mentais à moi-même, bien sûr. La vérité, c'est que je voulais te faire mal, t'atteindre. Te montrer à quel point ton opinion comptait peu pour moi. A quel point tu comptais peu en regard de ce que je pouvais espérer devenir en me tournant vers les Mangemorts. C'était digne d'un adolescent, ça révèle un aspect de moi-même qui me dégoute, maintenant.

Nous étions des adolescents. Oublions tout ça, Severus.

Il aurait voulu répondre, mais les mots ne parvenaient pas à sortir. Il n'arrivait pas à parler. Il ne pouvait se faire à l'idée que c'était sa lâcheté qui l'avait précipitée dans les bras de Potter. Le silence qui s'installa était lourd de non-dits.

Il aurait voulu retenir ses mots, il savait qu'il allait se faire du mal, mais ils sortirent malgré lui.

—Tu l'aimes ?

Elle ne répondit pas tout de suite.

—Il est tout ce qu'une femme peut désirer. Gentil, attentionné… il m'apporte…

— Tu l'aimes ? Sa voix était mal assurée, maintenant. « Peux-tu au moins dire que tu l'aimes, Lily ? Tu es partie. Tu es ici !

Elle le regarda et il ferma les yeux, il connaissait déjà la réponse.

—Je l'aime. Oui, je l'aime, mais malgré ça, je ne sais pas si je pourrai supporter cette vie. Supporter sa jalousie maladive. Même avec Sirius, il a failli se fâcher, un soir que nous plaisantions trop ensemble à son goût. Il n'est redevenu comme avant avec lui, que depuis qu'il sort avec Marlène McKinnon.

Un ange passa. Severus se sentait oppressé, il avait l'impression d'avoir un poids énorme sur la poitrine. Il essaya de dire quelque chose, mais les mots restaient bloqués dans sa gorge. Qu'avaient-ils en commun, à présent ? Et avaient-ils déjà eu quelque chose en commun, d'ailleurs ?

Le plateau du thé le sauva, en venant se poser sur la table basse. Il fit mine de se lever pour faire le service, mais elle lui prit la main, le clouant sur place. « Severus ? Souffla-t-elle. Elle esquissa un mouvement, et il crut qu'elle allait se lever et partir. Mais au lieu de cela, il l'entendit prendre une inspiration difficile et comprit qu'elle s'efforçait de ne pas pleurer. Il lui effleura les cheveux, d'un geste si furtif qu'elle ne dut même pas s'en rendre compte.

—Qu'y a-t-il ?

—Tu étais mon plus vieil ami, chuchota-t-elle, le premier de notre monde. Toi et moi… même si nous voulions que ça redevienne comme avant… ce serait destiné à échouer, n'est-ce pas ? Notre amitié, c'est du passé. Et même si c'est moi qui t'ai rejeté… ça me fait mal. Sa voix se brisa. Sans réfléchir, il lui passa un bras autour des épaules.

—Tu as d'autres amis, tu continueras, comme tu le fais depuis trois ans. Tu n'as jamais vraiment eu besoin de moi, Lily. Ne pleure pas. Dans une impulsion, il lui embrassa la tempe. Elle changea de position dans ses bras, et il la tint contre lui, caressant ses cheveux, en murmurant son nom. « Ça ne fait rien, chuchota-t-il. Je serai toujours ton ami. Toujours. Je te le promets.

Il sentit qu'elle glissait ses bras autour de sa taille. Il sentit la douce pression de ses seins contre son torse. Et les battements de son cœur contre sa poitrine. Toutes sortes d'avertissements résonnèrent dans sa tête. 'Elle ne restera pas. Tu as déjà eu assez mal comme ça. Elle ne t'aime pas. Elle n'est là que parce qu'elle s'est disputée avec Potter. Il y a trop de choses qui vous séparent.' Il entendit tout cela, il s'ordonna de la lâcher, mais il ne bougea pas. La tenir contre lui, rien qu'un instant, retrouver son odeur, sa chaleur... Il lui caressa les cheveux de nouveau, les ramena en arrière pour dégager son visage. Elle plongea ses yeux dans les siens, et il sut qu'il était perdu. Il retrouva des gestes qu'il croyait à jamais enfuis.

Du bout des doigts, il lui effleura le front puis la joue, suivit le contour de sa mâchoire. Elle chuchota son nom, et cela suffit à lui faire oublier toute prudence. Il ferma les yeux alors que le courant du désir passait entre eux, balayant les trois dernières années, emportant tout sur son passage. Ne lui laissant qu'une certitude : elle le désirait. C'était plus fort que la loyauté, plus fort que l'amour, plus fort que le passé, ou que l'avenir : elle le désirait.

Elle colla sa bouche contre la sienne, lui mordit doucement la lèvre inférieure. Elle posa sa main contre sa poitrine, elle commença à défaire les boutons de sa veste.

—J'ai envie de toi, chuchota-t-elle. « Regarde-moi, Severus. Un vertige glacé s'empara de lui lorsqu'il posa de nouveau les yeux sur son visage.

A la limite de sa vision, dans la lueur tremblante des bougies, il distinguait les contours de la cheminée, les rayonnages de la bibliothèque. Mais il ne voyait ni ses yeux, ni son visage, ni sa bouche. Il sentit les muscles de ses épaules se contracter. Il accepta pourtant son baiser. Le lui rendit. Mais c'était un autre visage qui s'imposait à son esprit, c'était un regard noisette, c'était la légère senteur de verveine d'une masse de cheveux mordorés et la saveur d'une autre bouche. Plus douce, plus pleine, plus sincère aussi.

Trois ans. Il s'attendait à éprouver un fulgurant sentiment de triomphe mais il n'en fut rien. Au lieu de cela, il la repoussa doucement.

« Pour l'amour de Merlin, qu'est-ce qu'il y a, qu'est-ce qui ne va pas ?

Il s'obligea à croiser son regard. Lily était revenue, et sur ses traits se lisait une violente émotion. Déception, frustration, colère. Les gens disaient rarement non à Lily Evans, et à fortiori lui !

—Je ne peux pas, dit-il. « Je ne peux pas, et ce n'est pas moi que tu veux. Tu l'aimes. Il n'est jamais bon d'agir sous le coup de la colère, ou du ressentiment. J'en sais quelque chose… Tu ferais mieux de partir, je crois.

—Et depuis quand est-ce que tu te soucies des sentiments de James ?

—Je me fiche de Potter. Pour ce que j'en ai à faire, il peut bien crever et aller pourrir en enfer ! Mais toi, tu ne te pardonnerais jamais de l'avoir trahi, et par extension, tu ne me pardonnerais pas non plus. Nous ne sommes pas faits pour être ensemble, Lily, nous sommes trop différents. Tu l'as dit toi-même tout à l'heure, c'est destiné à échouer.

Elle se releva d'un bond, remettant de l'ordre dans ses cheveux. Elle avait l'air furieux.

—Et puis il y a Harmony, hein ? Cracha-t-elle presque, s'en voulant à elle-même de sa véhémence. Qu'avait-elle espéré ? Qu'il lui conserve un amour éternel et désespéré ? Qu'aurait-elle fait s'il avait accepté ce qu'elle lui offrait ? Elle l'aurait rejeté… Encore ! Parce qu'elle savait bien que quoi qu'il arrive, elle reviendrait toujours vers James. C'était plus fort qu'elle. C'était gravé dans sa peau.

Harmony… Hermione ! Les yeux de Severus s'écarquillèrent sous l'effet de la révélation que les paroles de Lily venaient de lui livrer.

—Et puis il y a Harmony. Confirma-t-il à mi-voix, plus pour lui-même que pour elle, sonné par l'évidence qui s'imposait soudain à son esprit.

Il avait volontairement occulté les signes, ou n'avait voulu les prendre que pour des manifestions d'un désir naturel pour une jolie fille, accentué par la proximité. Il était encore trop englué dans les vestiges de son attachement pour Lily. Aveuglé par cette obsession maladive pour ce qui avait été jusque-là la plus belle chose de sa vie, qu'il avait perdue par sa propre faute. La culpabilité avait entretenu cette illusion, qu'il n'avait plus aucun droit au bonheur. Mais Lily l'avait abandonné aux ténèbres sans un regard en arrière. Lily aurait pu avoir n'importe quel garçon, mais elle avait choisi d'aimer son persécuteur. Elle le savait, pourtant, elle, qu'il n'avait rien fait pour mériter ce que les Maraudeurs lui avaient fait subir ! Etait-ce si mal, de vouloir être réparti dans la même maison que sa mère avant lui ? Avait-il souhaité autre chose que Potter, ce jour-là, dans le train ?

Il ouvrit les yeux, qu'il n'avait pas conscience d'avoir fermés. Il était seul dans la pièce. Lily était partie. Il fronça les sourcils. Avait-il dormi, et tout cela n'avait-il été qu'un rêve ? Mais il se souvenait distinctement s'être installé dans le fauteuil, pas sur le canapé, et le plateau du thé, encore intact, les bougies allumées, lui confirmaient la réalité de ce qu'il venait de vivre. Il avait la conscience aigüe qu'il avait perdu Lily à jamais, mais étrangement, la tristesse qu'il aurait due en concevoir ne pesait plus aussi lourd sur son esprit. Au contraire. Il se sentait léger, libéré d'une prison dans laquelle il s'était trop longtemps enfermé. Elle était toujours là, bien sûr, dans un coin de son âme, elle y serait toujours, mais comme le souvenir doux-amer du premier amour, à jamais révolu.

Lorsque d'autres bruits de coups se firent entendre à la porte, il pensa que la jeune fille avait oublié quelque chose, et alla ouvrir sans réfléchir plus avant.

C'était une erreur.

TBC


Lumos pour aider ma muse à trouver son chemin dans les ténèbres ?