Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.
Un grand merci pour vos commentaires à :
loulia, Zeugma, Cididy, criminallouise, SKathleen, Maxine3482, Arwengeld, AlouetteL, DinaChhaya TalaNokomis, Juliana, Daidaiiro, Eliie Evans, NaomiKuz, Steph Rogue, Kaouhete, Mademoiselle Mime, SlythenclOw, Emilie09, Emma, Math'L, Fanny, et darkcorbeau
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse (une petite motivation supplémentaire est tout ce qui lui suffit, certains jours, pour « relancer la machine » ! )
N/A :Enfin trouvé le temps pour vos écrire un petit chapitre de plus... Ouf !^^
Dumbledore est de plus en plus perplexe, et joue au chat et à la souris avec Hermione… mais qui est qui ?
Enjoy & Review !
Chacun ses secrets
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Il ne libéra pas les tableaux, referma la valise vide, qui ne recélait aucune cachette, d'un coup de baguette négligent, et congédia l'Elfe qui avait fait le lit et le ménage de la chambre après que la jeune fille l'ait eu quittée. La créature, à qui il avait demandé, la veille, de chercher tout ce qui pourrait paraitre suspect dans la pièce, venait de lui faire un rapport négatif. Avant de partir, il lança, dernière précaution, un sort révélateur de Magie noire, on n'était jamais trop prudent, même si le château le lui aurait déjà signalé. Il allait s'en retourner, bredouille, et toujours aussi perplexe, lorsqu'en se retournant, il accrocha, de la manche de sa Robe, le manuel d'Arithmancie qui était posé sur le bureau, qui tomba par terre avec un bruit sourd. En renvoyant l'ouvrage à sa place d'un coup de baguette négligent, il remarqua, sur le sol, une feuille de papier moldu, qui avait dû s'en échapper. Dumbledore ne s'embarrassa pas de scrupules pour lire la lettre, avant de la replacer dans le livre, en espérant qu'elle n'ait pas marqué une page précise.
Ainsi, Tiberius Prince ne faisait pas que s'intéresser aux résultats scolaires de son petit-fils. Il avait renoué des contacts, qui semblait s'avérer très étroits, avec lui. Miss Granger devait lui avait envoyé un hibou dès qu'elle avait appris la nouvelle, et le patriarche connaissait maintenant le nom de l'agresseur de Severus. Voilà qui compliquerait diablement les choses en cas de problème. James Potter était l'une des recrues les plus prometteuses de l'Ordre, et malgré ce qu'il venait d'apprendre, il ne pouvait, dans l'état actuel des choses, se permettre de perdre un combattant de son envergure.
Dumbledore fronça les sourcils. Pourquoi diable Lupin avait-il passé la présence de Lord Prince sous silence, allant jusqu'à prétendre qu'il avait lui-même ramené Snape à Oxford ? Il connaissait bien Tiberius, non content d'avoir été l'un de ses élèves, il avait été l'un des membres les plus éminents de l'organisation de lutte contre Grindelwald, durant le dernier conflit mondial moldu, et il était l'un des très rares Serpentards en qui il avait une entière confiance et pour il éprouvait même du respect. C'était un homme brillant, droit et honnête. N'eut été qu'il n'avait aucun besoin de travailler pour vivre, il aurait pu faire un excellent Potioniste, et avait souvent gracieusement collaboré avec divers chercheurs, dont Vitellius Stoke. Malheureusement, le caractère obstiné des Prince avait eu raison de sa famille. La jeune Eileen s'était enfuie, pour épouser un Moldu, et ni le père ni la fille n'avaient accepté de céder un pouce à leurs positions respectives. Son épouse, Alexandra, avait succombé quelques années plus tard, rongée par le chagrin, et l'homme s'était alors retiré du monde. Depuis, il vivait reclus dans son manoir, dont il ne sortait qu'à de très rares occasions. Si Tiberius avait reconnu, ou s'apprêtait à le faire, Severus, c'était que le jeune homme avait dû se détourner du chemin qui semblait vouloir le mener tout droit à Voldemort. Le vieux Prince ne se serait pas laissé berner aussi facilement.
Et quel était le rôle de la jeune américaine dans tout cela ? Il se souvenait maintenant avoir vu une photographie du jeune couple en première page de la Gazette du Sorcier, l'été précédent, dans un article illustrant la réception donnée par Lucius Malfoy pour l'anniversaire de son épouse. Severus et Harmony entretenaient manifestement de bonnes relations avec des Mangemorts avérés, et d'un autre côté… un schéma commençait à se dessiner dans son esprit, il allait falloir qu'il fasse un saut au ministère, puis qu'il prenne des nouvelles d'un vieil ami perdu de vue, mais avant tout, qu'il ait une conversation avec Harmony Granger.
…
Hermione était pressée de regagner sa chambre, afin de vérifier encore une fois ses brouillons. L'épreuve d'Arithmancie avait duré trois longues heures, et les étudiants s'étaient rués vers la Grande Salle dès leur sortie de la salle d'examen, dans un brouhaha de commentaires et de comparaisons. Le stress retombé, l'appétit était revenu et la plupart d'entre eux attendaient avec impatience l'apparition des plats tout en commentant le sujet qui leur avait été soumis. A ses côtés, Regulus semblait morose. Elle l'avait vu, un peu plus tôt, esquisser un mouvement de sa main droite vers son avant-bras gauche. Ce geste, elle l'avait déjà remarqué, dans une autre vie, chez son professeur de Potions. Mais Regulus, comme Severus lorsqu'il enseignait, devait être exempté de Réunions pendant ses temps de présence à Poudlard, d'autant en période d'examens. Elle s'était efforcée de lui changer les idées pendant le déjeuner, en l'obligeant à participer aux discussions pour l'empêcher de ruminer tout seul dans son coin. L'après-midi devait être consacré à se reposer, en effet, l'épreuve d'Astronomie devait avoir lieu ce soir-là, et les étudiants passeraient une bonne partie de la nuit dehors, en haut de la tour du même nom.
Lorsqu'elle se retourna après avoir refermé la porte sur le couloir, elle sursauta en se retrouvant face à face avec le Baron Sanglant et Nick-Quasi-Sans-Tête. Ils attendirent patiemment qu'elle se soit reprise et ait jeté un Muffliato pour parler.
—Pardonnez notre intrusion, miss Granger, mais nous devions être certains que vous étiez seule avant de nous montrer. Décrocher les tableaux était une bonne idée, et je vois que Severus vous a enseigné son petit sort bien utile.
—Je suis heureuse de vous voir Baron, et vous, Sir Nicholas, je me demandais comment j'aurais pu me rendre dans les cachots, pour vous rencontrer, sans me faire remarquer. Je n'ai pas voulu prendre le risque que la Cape d'Invisibilité soit découverte dans mes affaires.
—Et vous avez bien fait. Peeves m'a rapporté qu'il avait aperçu le professeur Dumbledore entrer dans votre chambre dans la matinée. Je doute que cela ait été pour vérifier que vous êtes bien installée. En ce moment, il monte la garde devant votre porte. Nous étions impatients d'avoir de vos nouvelles, mais nous n'avons pas voulu vous déranger la veille du début des examens. Comment va
Severus ? Avez-vous avancé dans votre mission ?
—Severus allait bien lorsque je suis partie, mais il semble qu'il y ait eu un problème, hier. Elle s'installa sur l'un des deux fauteuils. Je vais tout vous raconter…
Les fantômes avaient déjà été impressionnés qu'ils aient déjà réussi à récupérer deux des Horcruxes, lorsqu'ils étaient venus les mettre à l'abri dans la chambre secrète, quelques mois plus tôt. Ils s'étaient alors montrés heureux des retrouvailles de Severus avec son grand-père, et ils manifestèrent une joie et une émotion sincères lorsqu'Hermione leur raconta la cérémonie de l'Unionem Sanguinis. La conduite de James Potter les scandalisa au plus haut point, Nick semblait tellement atterré qu'un ancien Gryffondor ait pu se conduire aussi lâchement, que le Baron lui-même renonça à l'accabler de ses sarcasmes. Ils révélèrent à la jeune fille que lui, Lily et les trois autres maraudeurs, le frère et les deux sœurs McKinnon, Edgar et Amelia Bones, Alice et Frank Londubat, tout juste mariés, et les jumeaux Prewett, ainsi que quelques autres étaient régulièrement aperçus au château. Dumbledore y réunissait le tout jeune Ordre du Phénix, qu'il venait de créer, une fois par mois. Ils promirent de surveiller les activités et les projets de l'Ordre pour en informer les jeunes gens. Ils ne pouvaient ni sortir de Poudlard ni agir sur la matière, mais les spectres avaient la capacité de communiquer avec les animaux, et pouvaient leur envoyer un hibou lorsqu'ils désireraient les rencontrer.
Entre Regulus, qu'elle sentait de plus en plus réticent dans son allégeance à Voldemort, Remus qui avait déjà commencé à se révéler un allié fiable et les fantômes, leur petit 'réseau' commençait à prendre forme. Une deuxième force, occulte celle-là, était en train de naître en parallèle à l'Organisation de Dumbledore, et Hermione savait déjà qu'elle pouvait aussi y inclure Tiberius et peut-être même Vitellius.
Deux coups discrets se firent entendre contre l'huis, et les spectres s'évanouirent au travers des murs. Hermione leva le Muffliato et alla ouvrir la porte, devant laquelle se tenait Minerva McGonagall.
…
—Asseyez-vous, miss Granger. Je vous suis reconnaissant d'avoir accepté de prendre sur votre précieux temps de repos, en cette période d'examens, pour vous entretenir avec un vieil homme curieux. Un bonbon au citron ?
—Je vous remercie monsieur le Directeur, mais sans façon ! Le professeur McGonagall m'a informé que vous désiriez me parler ?
—Ce n'est pas si souvent qu'une jeune américaine demande à passer ses ASPICs à Poudlard. Je crois même que c'est la première fois que cela se produit. C'est la moindre des courtoisies que je vous y accueille en personne, même si hier soir, d'importantes obligations m'en ont empêché. Votre première journée s'est-elle avérée satisfaisante ?
—Tout à fait, monsieur le directeur. Je pense m'en être assez bien sortie.
—Je vous en prie, miss, laissez tomber le 'monsieur le directeur', professeur suffira. J'espère que vous êtes bien installée, et que vous avez reçu un bon accueil de la part du personnel et des étudiants. J'ai remarqué que vous vous êtes assise à la table de Serpentard… Serait-ce trop vous demander que ce qui a motivé votre choix ?
Hermione retint de justesse un sourire ironique.
—Absolument pas. Il se trouve que je connaissais déjà l'un des étudiants, que j'ai rencontré un peu avant d'entrer dans la Grande Salle, hier soir, et tout en discutant, nous nous sommes naturellement installés à la table de sa Maison. Mais croyez que je n'avais aucun préjugé ni pour, ni contre aucune des quatre !
—Oui… le jeune Regulus Black, n'est-ce pas ? Un jeune homme intelligent, issu de l'une de nos plus anciennes familles de Sang pur…
—Peut-être. En ce qui me concerne c'est un ami de mon… de la personne chez qui j'habite actuellement. En fait, je ne l'avais rencontré que deux fois, l'été dernier, avant de le revoir, hier soir.
—La… personne chez qui vous habitez… oh, bien entendu ! Je sais que la société sorcière est moins ouverte aux unions libres que la société moldue, mais ne soyez pas gênée. Je n'ai jamais été des plus conventionnels. Et si ce n'est pas indiscret, votre ami…
—C'est indiscret, mais pas secret. Répondit Hermione avec une certaine impertinence, agacée par l'hypocrisie du directeur, qui, elle n'en doutait pas, connaissait déjà tous ces détails, et plus. « Mon ami s'appelle Severus Snape, et il était l'un de vos étudiants jusqu'à l'année dernière.
—Oh ! parfaitement… un élément brillant, bien que je n'aurais pas imaginé… mais je me réjouis qu'il ait rencontré quelqu'un qui puisse le rendre heureux. Il a entamé une Maîtrise de potions me suis-je laissé dire ?
—En effet. Il passe ses examens de fin de premier cycle en ce moment-même.
—Et je ne doute pas qu'il les réussisse aussi bien qu'il a réussi ses ASPICs ! Vous vivez en Angleterre depuis longtemps miss Granger ? Vous n'avez absolument aucun accent.
—Cela va faire deux ans le mois prochain. Mais mon arrière-grand-mère était anglaise, et farouche gardienne des traditions de notre famille. C'est à elle que je dois mon accent. Elle était extrêmement attachée à ses origines, et a toujours veillé à ce que ses enfants et petits-enfants conservent ce qu'elle appelait 'un accent civilisé'.
—Et puis-je savoir pourquoi Poudlard, et pas Ilvermorny ?
—Je pense que c'est toujours l'influence de mon arrière-grand-mère. Je ne l'ai pas connue, mais son aura est toujours demeurée extrêmement forte sur notre famille. C'était un personnage que j'admire énormément. Je sais qu'elle considérait Poudlard comme la meilleure école de Magie au monde. Son fils et son petit-fils ont validé leurs diplômes à Ilvermorny, mais moi, j'ai tenu à honorer sa mémoire en revenant aux origines de la famille. Je pense qu'elle en aurait été très heureuse.
—Un sentiment qui vous honore, miss. Mais j'ai vu dans votre dossier que vous n'avez pas été scolarisée ?
—Comme mon père et mon grand-père avant moi, j'ai fréquenté des établissements scolaires moldus, et j'ai fait mon apprentissage magique à domicile. C'était également elle qui avait institué cette tradition. Elle était Cracmolle, voyez-vous, et également familière des deux mondes, ayant été élevée dans l'un et instruite dans l'autre. Elle disait que le monde Sorcier était condamné à court terme, s'il continuait à s'isoler et ne réussissait pas à appréhender les technologies no-maj… moldues.
—Je connais le terme, ne vous inquiétez pas. Et je suis heureux de constater que vous n'adhérez pas à certaines… disons… idéologies suprématistes, malgré votre proximité avec certains éléments qui ne s'en cachent pas.
—Si vous voulez parler de Severus, il n'y adhère pas plus que moi, et si vous voulez être objectif envers lui, professeur, vous devez connaître les circonstances qui ont, un temps, failli l'y faire succomber. Circonstances qui, sans vouloir être impertinente, auraient en grande partie pu être évitées. Je ne suis ici que depuis hier, et j'ai pourtant déjà pu me rendre compte que faire partie, ou même être tout simplement proche d'un membre de la Maison de Serpentard constitue un net handicap dans la perception que les autres peuvent avoir de vous, au sein de l'école. D'autre part, j'ai hélas pu constater à plusieurs reprises, tant en Amérique qu'ici, qu'être 'du bon côté' ne signifiait pas toujours être une bonne personne, et que l'inverse est également vrai. Et dans un cas comme dans l'autre, il suffit parfois de très peu de chose pour faire basculer la personne en question de l'autre côté.
—Votre impertinence contient hélas assez de vérité pour que je ne la sanctionne pas. D'autre part, vous êtes dans ce bureau en qualité d'invitée et non d'élève, et en tant qu'adulte, vous avez le droit d'exprimer librement vos opinions. Mais, et croyez que je le déplore, l'époque et les circonstances ne jouent pas non plus en la faveur de la majorité des membres de Serpentard. Je ne saurais, si vos convictions sont sincères, vous conseiller d'éviter tout sujet épineux dans vos discussions avec eux.
—Je vous remercie pour votre conseil, monsieur.
—Dont vous n'aviez d'ailleurs aucun besoin, n'est-ce pas ? Les yeux de Dumbledore avaient retrouvé l'éclat malicieux dont elle se souvenait si bien. « Et je me doute que vous ne devez pas être étrangère au fait que le jeune Snape ait finalement 'basculé du bon côté', selon votre propre expression. Ce dont je ne saurais trop vous féliciter. C'est un jeune homme prometteur et il aurait été dommage qu'il mette ses talents au service de la mauvaise cause…
La suite de l'entretien porta, sans grande surprise, sur sa famille et sa prétendue vie en Amérique, et elle répéta docilement l'histoire maintenant bien rôdée qu'elle servait régulièrement, avec plus ou moins de détails, à qui la lui demandait. Dumbledore n'essaya même pas de sonder son esprit une nouvelle fois. La veille au soir, elle lui avait clairement fait comprendre qu'elle avait été consciente de son intrusion, même s'il se doutait que ses boucliers ne lui auraient pas résisté longtemps. Mais elle avait répondu à ses questions sans retenue, et il n'avait après tout aucune raison valable de douter de sa sincérité. De plus, il n'avait envie ni de braquer la jeune fille contre lui, ni de lui jeter un Obliviate, qui même parfaitement maîtrisé n'était jamais anodin.
Harmony Granger l'intriguait. Malgré ses fréquentations, il ne décelait aucune malhonnêteté, aucune noirceur, en elle. Et Vitellius Stoke lui avait confirmé le parcours pour le moment sans faute du jeune Snape. Malgré tous ses beaux discours, il savait bien, lui, que la magie de l'Amour n'était pas toujours toute puissante. Il en avait fait l'amère expérience, avec Gellert, mais au fond de lui, il gardait tout de même un léger sentiment de culpabilité envers Severus, et il espérait sincèrement que pour lui, la magie avait effectivement opéré en la personne de miss Granger.
TBC
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