Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.

Je ne vous dirai jamais assez merci, mes fidèles ou nouveaux reviewers :
ArianaDSnape, Zeugma, Cididy, Lupinette, Jasmineetaladin, darkcorbeau, DinaChhaya TalaNokomis, AlouetteL, Juliana, Daidaiiro, Fanny, Constancelcd, Steph Rogue, SlythenclOw, Kaouhete, Emma et icatelyn.
Vous la lueur dans les ténèbres, qui me permet d'avancer.

A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse (une petite motivation supplémentaire est tout ce qui lui suffit, certains jours, pour « relancer la machine » ! )

N/A : Le moment est venu de LA rencontre.

Enjoy & Review !


Face à face

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La fête avait été parfaite, comme toujours lorsque Narcissa Malfoy se mêlait d'organiser un évènement mondain. Buffet raffiné, mets exquis et vins parfaitement choisis, elle faisait magnifiquement honneur à l'éducation des filles Black. L'orchestre était dissimulé dans une pièce contigüe, et grâce à un système de sonorisation sophistiqué, la musique semblait venir de partout et de nulle part. Les invités s'étaient retirés peu à peu, au fur et à mesure que la soirée avançait, et ne restaient dans le salon que le maître des lieux et l'un de ses invités. Comprenant que les deux hommes désiraient discuter en tête à tête, Hermione et Narcissa s'étaient retirées un peu plus tôt. Les jeunes gens étaient les deux seuls à avoir été invités à séjourner au manoir. La maîtresse de maison raccompagna la jeune fille jusqu'à la chambre qui leur avait été allouée. Voyant qu'Hermione n'était pas seule, Missy, qui attendait celle qui était censée être sa maîtresse couchée au pied du lit, disparut dans un 'pop'. La jeune femme se retourna vers son hôtesse en prenant son air le plus embarrassé.

—Vous êtes sûre que Missy ne dérangera pas ?

—Absolument pas, je vous assure. C'est très délicat à vous d'avoir songé à éviter à nos Elfes un travail supplémentaire, même s'ils en auraient été parfaitement capables. Mais je comprends aussi que lorsqu'on est habitué à un serviteur, on ait une réticence à en changer pour un inconnu. Cendroc, le chef de nos Elfes, lui a fait une place dans leurs quartiers.

—Je craignais d'avoir commis un impair, voyez-vous… je n'avais pas d'Elfe en Amérique, et je ne sais pas encore très bien comment… vous devez me trouver tellement ignorante !

—Loin de moi cette idée, ma chère, je vous trouve charmante au contraire. Agréablement rafraichissante en un sens, vous apportez un peu d'air nouveau dans notre société si… comment dire… immobile ! Puis-je vous confier un secret ? Mais vous devez me promettre de ne pas le divulguer, Lucius serait furieux, sans parler de… Qui-vous-savez.

—Je comprends. S'empressa de couper Hermione. « Je vous le promets.

—Je vous trouve très sympathique, Harmony. Je suis généralement assez bon juge des personnes que je rencontre, et je vous sens loyale. Voyez-vous, même si nous discutons de choses aussi frivoles que de chiffons, rien n'est anodin dans notre milieu et à notre époque.

Tout en parlant, les deux femmes étaient entrées dans la chambre qui avait été allouée au jeune couple. Narcissa prit le temps de rectifier l'arrangement du bouquet posé sur la cheminée, avant de poursuivre. « Parfois, je rêve de pouvoir m'évader quelques heures dans le monde Moldu et d'essayer ces vêtements qu'ont adopté les jeunes de votre génération. Cela à l'air tellement confortable ! Non que je n'aime pas mes robes corsetées, mais j'imagine qu'on doit s'y sentir tellement libres. Votre robe de soirée est inspirée de la mode moldue, n'est-ce pas ? Elle est si fluide, rien à voir avec les tenues guindées que je suis obligée de porter pour tenir mon rang. Et cette couleur…

—La couleur est une note personnelle de Severus, son grenat initial lui paraissait trop sévère pour moi.

Narcissa parût surprise.

—Il doit vraiment être très amoureux pour se soucier de ce genre de détail, lorsqu'on l'a connu si austère !

Hermione eut un petit rire.

—Je l'espère, en tout cas. Vous savez, il n'est pas très… loquace sur ce sujet.

—Mais il doit vous le montrer d'une autre manière, sinon vous ne seriez plus ensemble… est-ce que je me trompe ? Vous n'avez pas l'air d'une femme qui resterait avec un homme indifférent à ses charmes, surtout sans y être obligée par des liens officiels. Mais je vois que je vous mets mal-à l'aise. Votre chambre vous convient-elle ? Changea-t-elle de sujet. N'hésitez surtout pas à demander tout ce qui pourrait avoir été oublié.

—Vous êtres une hôtesse parfaite, Narcissa, je ne peux même pas concevoir que vous puissiez avoir négligé quoi que ce soit. Encore merci pour votre accueil, tout est vraiment parfait. Et si… si vous voulez faire une petite escapade discrète dans les boutiques de vêtements moldues un jour, confidence pour confidence, j'avoue préférer le confort des originaux aux copies sorcières, je serais heureuse de vous y accompagner. Qui sait, même sans les porter en public, vous pourriez peut-être trouver des choses que votre époux pourrait avoir plaisir à vous voir porter pour lui… certaines pièces de lingerie, en particulier, sont très appréciées des messieurs. Termina-t-elle en baissant la voix, d'un ton complice.

—Tu dois te douter de la raison pour laquelle je t'ai demandé de séjourner au manoir, n'est-ce pas ? Indépendamment, bien sûr du fait que ce sera toujours avec plaisir que je t'y accueillerai !

—Je ne suis pas idiot, Lucius. Je suis toujours de votre côté, et je suis prêt à Le rencontrer, mais je n'ai pas changé d'avis. Je ne prendrai pas la Marque avant la fin de mes études. D'autre part, comme je te l'ai déjà expliqué, je pense même qu'il serait préférable…

—Il le sait, et il le comprend. Il a d'ailleurs considéré avec attention ton idée d'exploiter le fait que tu ne la portes pas pour comment dire… infiltrer le camp adverse sans provoquer de suspicion. Je pense qu'il veut en discuter en personne avec toi, et que c'est pour cela qu'il a requis ta présence. Nous avons une réunion demain soir, ici-même. Uniquement certains membres du Premier Cercle… En fait, seulement les Lestrange et moi-même, reprit-il après une courte interruption. « J'en ignore la raison, comme j'ignore pourquoi il a désiré qu'elle ait lieu ici plutôt que chez lui, comme d'habitude. C'est la première fois que ça arrive, et je ne te cache pas que ça me rend passablement nerveux. Mais c'est finalement peut-être tout simplement en raison de ta présence. Les protections de son manoir n'acceptent que ceux qui portent la Marque.

Severus haussa un sourcil interrogateur.

—Nerveux, toi ?

Lucius hésita un instant avant de répondre. Mais Snape s'était toujours montré clair sur ses convictions, et loyal envers celui qui avait pris le jeune sang-mêlé sous sa protection, lorsqu'il avait été envoyé à Serpentard.

—Pour tout te dire, je… je préfèrerais qu'il reste loin de Narcissa. Il ne l'a rencontrée qu'une fois et s'est montré parfaitement courtois avec elle, Certes, mais… Narcissa n'est pas comme sa sœur.

—Et tant mieux pour vous deux ! J'espère que tu ne le prendras pas mal, mais tu sais que je n'ai jamais eu aucun atome crochu avec Bellatrix. Mon sang n'est pas assez pur pour elle.

Lucius laissa échapper un ricanement.

—Oh rassure-toi, je n'en ai pas beaucoup non plus. Le fanatisme n'est jamais bon, dans aucune cause.

—Je comprends ce que tu veux dire. A vrai dire, je préfèrerais aussi laisser Harmony en dehors de tout cela, mais je comprends aussi la nécessité pour le Seigneur des Ténèbres de s'assurer de la loyauté de tous ses sympathisants.

—Bien entendu ! Et je suis honoré de sa visite, n'en doute pas !

—Oh mais je n'ai aucun doute là-dessus. Et j'apprécie à sa juste valeur l'honneur qu'il me fait de désirer rencontrer le misérable sang-mêlé que je suis.

—Ne te dévalorise pas, Severus, je te tiens en haute estime, et il le sait. Tes talents compensent largement l'accident de parcours de ta mère. Tu es l'unique descendant des Prince, et le Seigneur des Ténèbres pourrait même t'aider à récupérer l'héritage qui te revient, si tu en exprimais le désir.

Derrière son masque impassible, Severus sentit un frisson glacé lui parcourir l'échine.

—Je n'ambitionne ni un nom, ni un titre. Au contraire, là où j'arriverai, j'y serai arrivé par moi-même. Sans vouloir t'offenser, bien sûr ! Et si je pouvais donner le nom de Snape à une lignée de sorciers, ce serait une belle revanche sur mon géniteur, qui haïssait ce que nous sommes.

— Aucune offense, il y avait longtemps que nous n'avions pas eu l'honneur d'une manifestation de l'orgueil de Severus Snape ! S'esclaffa Lucius. « Je commençais à croire que l'amour t'avait ramolli… façon de parler, bien sûr. Termina-t-il avec un clin d'œil salace, en se levant du fauteuil où il était installé. « A ce propos, je pense que je ne vais pas te retenir plus longtemps loin des bras de ta dulcinée, et je vais moi-même de ce pas aller vérifier à quel point Narcissa a apprécié le cadeau d'anniversaire qu'elle a trouvé dans sa chambre…

—Il faut prévenir ton grand-père !

—Je ne pense pas que le danger soit immédiat, mais j'avoue que j'aurais préféré que cette idée ne passe pas par la tête de Lucius. Je crains que nous ne soyons effectivement obligés de tout lui dire, afin qu'il puisse se préparer à parer à toute éventualité. Imagine… imagine que les choses se soient passées autrement. Que j'aie refusé de le rencontrer. Sais-tu si…

—Lorsqu'il nous a énuméré la liste des grandes familles qui avaient été éradiquées, Hagrid n'a jamais mentionné les Prince. Je n'avais jamais entendu mentionner le nom de ta famille avant de faire des recherches, en sixième année, lorsque ton manuel de potions a atterri entre les mains de Harry. Et même alors, je n'ai trouvé que deux vieux articles, l'un qui montrait une photo de ta mère, en tant que présidente du club de Bavboules de Poudlard, et l'autre qui mentionnait son mariage avec un Moldu. Rien d'autre concernant les Prince. Regarde-moi, Severus, penses-tu que tu aurais accepté une telle proposition, même sans le connaître ?

—Je ne sais pas. Je ne sais plus. Tellement de choses ont changé… Mais je ne pense pas non ! Je lui en ai voulu de n'avoir pas obligé ma mère à quitter Tobias, c'est vrai, mais jamais au point de désirer sa mort. Pour dire la vérité, je n'ai même jamais tellement pensé à lui. C'était mon père que je rendais responsable de tout ce qui m'arrivait. C'était lui que je haïssais, que je rêvais de voir mort… que j'aurais voulu tuer de mes propres mains ! Je le hais toujours autant maintenant, et j'espère que cette haine rendra d'autant plus convainquant le faux souvenir que j'ai fabriqué des circonstances de son assassinat. Cela peut faire toute la différence, et me dispenser d'avoir à donner d'autres preuves de mes convictions. Il prit les mains d'Hermione entre les siennes. « Il peut arriver n'importe quoi, demain soir, mais si les choses venaient à mal tourner, si mes boucliers venaient à céder, si… si le pire venait à se produire, je veux que tu me promettes d'essayer de t'enfuir, sans chercher à me venir en aide. Tu as une mission à remplir, elle doit passer au-dessus de tout. J'ai ramené la Pensine et la fiole de souvenirs dans la pièce secrète. Si je devais…

Elle posa une main sur sa bouche.

Ne le dis pas ! Ne le dis pas, Severus. Je refuse d'envisager cette éventualité… même si je suis morte de peur. Serre-moi dans tes bras. Promets-moi qu'on va s'en sortir !

—Je suis désolé, Hermione, je ne peux pas. Je ne suis pas un putain de Gryffondor, et moi aussi je crève de trouille. Tout ce que je peux te promettre, c'est de faire le maximum pour ça. Je n'ai pas envie de mourir, pas maintenant que… il s'empara fiévreusement des lèvres de la jeune femme. « Je ne veux pas te perdre Hermione ! avoua-t-il dans un souffle en enfouissant son visage dans ses cheveux, avant de la soulever dans ses bras pour la porter jusqu'au lit.

—Ainsi voilà le jeune prodige dont tu m'as parlé, Lucius !

L'homme aurait pu sembler séduisant si ce n'avait été l'éclat inquiétant de son regard. Il devait avoir un peu plus de cinquante ans, calcula rapidement Hermione, mais il faisait beaucoup moins. Il se dégageait de lui une prestance et une aura assez écrasantes pour que Lucius en paraisse presque quelconque, en comparaison. Ses gestes étaient mesurés et ses manières raffinées, un peu trop 'sinueuses', au goût de la jeune fille – possédait-il déjà Nagini ? –

« Approche mon jeune ami, ne crains rien. Ceux qui lui sont loyaux n'ont rien à craindre de Lord Voldemort. Lucius ne m'a dit que du bien de toi.

—Je n'aspire qu'à l'honneur de vous servir de mon mieux, Mylord ! Même si je crains de ne pas en être digne.

—Tu es, parait-il, un sorcier très prometteur et un potioniste de grand talent. La lignée de ta mère est ancienne et noble. La plus grande faiblesse des femmes est de trop souvent succomber à cette chimère qu'on nomme l'amour, c'est pourquoi je leur accorde si rarement l'honneur de ma Marque, mais le sang de ta véritable famille est puissant chez toi, je le sens.

Severus s'inclina humblement.

—Merci, Mylord !

—Relève la tête, regarde-moi !

Le regard de Voldemort plongea dans celui de Severus, qui avait mis un genou à terre devant lui. Le jeune homme était brillant, ses résultats scolaires l'avaient prouvé, mais ce qui était plus intéressant encore c'était tout ce que Lucius lui avait rapporté sur lui. Déjà à son entrée à Poudlard, à onze ans, il connaissait plus de sorts que la majorité des étudiants de septième année, et lorsque Malfoy avait quitté Poudlard, trois ans plus tard, le jeune garçon en avait déjà créé plusieurs lui-même, et ils étaient de moins en moins anodins. De plus, il haïssait profondément les Moldus, et son père en particulier. Son père, qui était fort opportunément mort un an plus tôt, juste avant qu'il ne quitte Poudlard, assassiné dans une rixe d'ivrognes… Dans son esprit, Severus Snape faisait étrangement écho à un certain Tom Jedusor dont il avait si soigneusement gommé les traces au cours des années, afin que nul ne se souvienne que lui-même était un sang-mêlé. Une autre victime de la coupable faiblesse des femmes.

Le visage du jeune homme se tordit soudain de douleur, et ses épaules se crispèrent au point qu'Hermione amorça un mouvement vers lui, immédiatement stoppé par la main que Narcissa avait resserrée sur son bras. Les deux femmes se tenaient dans un coin, à l'autre bout de la pièce. Se souvenant de ses consignes, elle se tassa sur elle-même, tentant de se faire oublier.

Voldemort pratiquait une Legilimencie brutale, sans aucune finesse. Il prenait plaisir à violer, sans égards ni merci, l'esprit de ceux qu'il sondait. Sa paranoïa n'accordait aucune confiance à personne et tous ses serviteurs y étaient régulièrement soumis sans préambules. Severus serra les dents, verrouillant au plus profond de sa tête tout ce qui concernait Hermione et sa mission, laissant traîner des souvenirs anodins, des sensations, et par ci par là, comme dissimulés derrière des portes imaginaires qu'il maintint closes juste assez longtemps pour pouvoir donner à son agresseur la satisfaction de les avoir enfoncées malgré une résistance honorable, les coups, les humiliations, la haine pour son père, pour les Maraudeurs, son amour bafoué pour Lily, son désir de vengeance… Une porte, plus résistante que les autres, laissa entrevoir une main ensanglantée, le tintement d'un couteau qui tombe au sol, et un intense sentiment de satisfaction, de soulagement et de joie malsaine… un envol de cape noire suivi d'un bruit de Transplanage, la vision d'un passage secret débouchant derrière une statue, dans un couloir de Poudlard… Le mage noir fouillait, et fouillait encore, creusant de plus en plus profond, satisfait d'être aussi aisément venu à bout des défenses du jeune homme. La douleur se fit plus intense, presque intolérable, et Severus sentit la main de la peur serrer ses entrailles lorsque Voldemort survola une vision d'Hermione et lui, allongés sur des coussins. Il s'empressa de gommer tout sentiment de son esprit, les remplaçant par un désir brut, animal, dépourvu de toute sensibilité. Il avait honte, mais cela sembla satisfaire le mage noir, qui se détourna de la scène, pour retourner chercher ce qui l'intéressait vraiment, soif de puissance… grimoires interdits… jouissance… addiction…

Au bout d'une éternité, Severus sentit la présence étrangère quitter sa tête, aussi brusquement qu'elle y était entrée, le laissant pantelant et chancelant, des éclairs de feu fusant derrière les globes occulaires. Voldemort le considérait d'un air satisfait. La plupart de ses adeptes étaient des brutes dégénérées qui ne raisonnaient qu'en terme de violence. Un Serpentard intelligent, adepte de magie noire et potioniste de talent, pourrait effectivement se révéler d'une utilité incontestable, s'il arrivait à le convaincre de postuler pour un poste à Poudlard. Le vieux Slughorn avait largement dépassé l'âge de la retraite, et s'il pouvait ainsi, chose qu'il n'avait jamais encore pu réussir, placer discrètement un homme à lui dans le fief de Dumbledore, cela lui donnerait un avantage incontestable sur le vieux fou qui avait osé le rejeter. Lui ! Lord Voldemort ! Et le jeune homme avait raison : par les temps qui couraient, Dumbledore ne prendrait jamais le risque d'engager quelqu'un portant sa Marque. Snape devait rester au-dessus de tout soupçon.

—Regarde-moi, Severus. C'était un mal nécessaire, le comprends-tu ?

—Oui Mylord, je le comprends, et… et je l'approuve. Mylord ne peut se permettre aucun doute sur ses serviteurs, et les adeptes de Dumbledore sont tellement fourbes ! Termina-t-il avec une amertume et un mépris à peine exagérés.

—J'ai vu ce qu'ils t'ont fait subir, encore récemment, et je comprends ton ressentiment. Tu m'as donné la preuve de tes convictions, Severus. Le raidissement du dos du jeune homme ne lui échappa pas. « Rassure-toi, ton secret le restera tant que tu me seras loyal, et même s'il me plairait de voir ma Marque portée par un homme de ta valeur, je reconnais que cela rendrait sûrement impossibles les desseins que j'ai pour toi. J'approuve l'idée dont Lucius m'a fait part. D'ici peu, j'aurai grand besoin d'un homme de confiance à Poudlard, aussi j'espère que tu ne mettras pas trop longtemps à finaliser ta Maîtrise. Tu es très jeune, et cela te donnera du poids pour solliciter un poste de professeur auprès de Dumbledore. Cela… son regard dériva vers Hermione. « Et la nécessité d'entretenir une famille. Approchez, jeune fille !

—Mylord ! Hermione s'agenouilla à son tour, en baissant humblement la tête.

—Vous êtes américaine, me suis-je laissé dire ?

—Oui, Mylord.

—Pourquoi avez-vous quitté votre pays ?

—L'Angleterre est la terre de mes ancêtres, Mylord, j'y suis venue pour valider mes examens dans la meilleure école de Magie du monde, et puis… elle s'interrompit, comme pour masquer une gêne, après un bref coup d'œil à son compagnon.

Voldemort se pencha un peu vers elle, cessant soudain de la vouvoyer.

—Tu as rencontré Severus !

—Oui Mylord.

—Ce qui illustre à merveille mon propos précédent sur les faiblesses des femmes. Accepterais-tu de subir la même épreuve que lui, par amour ?

Hermione jeta un regard terrifié sur Severus, qui, toujours un genou à terre, semblait mettre toute son énergie à ne pas s'écrouler. Il n'était aucun besoin d'être Legilimens pour affirmer que la peur qui lui tordait les entrailles n'était pas feinte.

—Si Mylord le juge nécessaire… répondit-elle avec un frisson éloquent dans la voix.

Voldemort éclata de rire.

—Allons, regarde-moi, je ne suis pas le monstre que certains se complaisent à décrire, mais tu dois savoir que le destin de Severus est autant lié à sa loyauté envers moi qu'à la tienne envers lui. Comprends-tu ?

—Oui Mylord. Je ne suis pas de celles dont la loyauté change à la moindre brise, et je serai toujours à ses côtés, pour l'épauler autant qu'il me sera possible.

Il allait plonger ses yeux, dans lesquels, maintenant qu'elle le voyait de près, elle pouvait vaguement distinguer des reflets déjà rougeoyants, dans les siens, lorsqu'un coup discret fut frappé contre l'huis. Le mage noir détourna son regard vers la porte, où un Elfe s'inclinait devant deux nouveaux arrivants.

—Ah Bellatrix, Rodolphus ! Entrez mes fidèles amis, nous vous attendions, j'avais donné l'ordre que vous soyez introduits dès votre arrivée. Voldemort se retourna vers les deux jeunes gens agenouillés devant lui. « Voilà un discours que j'aime entendre, tu peux rejoindre Narcissa, congédia-t-il Hermione. « Tu peux toi-aussi te retirer, Severus, nous avons à parler en comité restreint. Juste une dernière chose, veille à renforcer ton Occlumencie, d'ici la fin de ta Maîtrise. Dumbledore n'est pas aussi bon Legilimens que moi, mais tes boucliers, bien que très honorables pour ton âge, sont encore un peu faibles.

TBC


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