Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.
Merci à tous ceux qui m'ont laissé un petit mot sur le précédent chapitre :
Cididy, Jasmineetaladin, Constancelcd, LycorisSnape, Emilie09, LambdaOfTheDead, Juliana, Daidaiiro, Lupinette, Guest, Zeugma, AlouetteL, Steph Rogue, Arwengeld, SlythenclOw, Alex, Fanny, Math'L, Emma, et DinaChhaya TalaNokomis
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse ! )
Enjoy & Review !
Sur la corde raide
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« Monsieur Severus Snape et Mademoiselle Harmony Granger présentent leurs sincères condoléances à Lady Walpurga Black et à l'Honorable Regulus Black pour la perte cruelle qu'ils ont subie en la personne de leur époux et père Lord Orion Black »
La mort du patriarche faisait les titres de la Gazette du sorcier depuis plusieurs jours. Ce qui n'aurait dû être que l'habituelle nécrologie du chef de l'une des familles les plus en vues du monde sorcier, Orion ayant succombé à une simple crise cardiaque, s'était transformé, sous la plume de la jeune et ambitieuse Rita Skeeter, nouvellement engagée à la rédaction du journal, en spéculations croustillantes sur l'avenir de ladite famille. En effet, lorsque le fils ainé, Sirius avait quitté la maison, trois ans plus tôt, ses parents avaient proclamé haut et fort à qui voulait les entendre, son bannissement de l'arbre généalogique, mais, négligence ou refus de s'abaisser à des pratiques dignes de Moldus vindicatifs, Orion n'avait jamais fait entériner la chose devant notaire. Peut-être entretenait-il secrètement l'espoir que la crise d'adolescence passée, son rejeton rebelle réintègrerait le berceau familial ? En tout état de cause, Sirius se retrouvait on ne peut plus légalement le nouveau Lord Black, au grand dam d'une Walpurga furieuse. L'ex-Gryffondor se refusait à tout commentaire et la journaliste se répandait en supputations sur les représailles qui ne tarderaient pas à s'abattre sur la veuve et le cadet.
Hermione jeta le journal sur la table.
—Cette femme me fiche de l'urticaire ! Elle est prête à tout pour écrire des articles à sensation. Elle n'a aucun scrupule à écrire des mensonges sur les gens, elle est même très douée pour ça.
—En l'occurrence, il n'y a pas grand-chose de faux dans cet article.
—Sauf que d'après ce que nous a dit Regulus, Sirius a accepté le titre, mais leur a laissé la jouissance de tous les biens et possessions de la famille, à l'exception d'une petite propriété quelque part dans le sud, qu'il s'est réservée.
—Mouais, ça m'a étonné du cabot, d'ailleurs. J'aurais pensé qu'il en aurait profité pour les écraser de sa supériorité. Je ne serais pas étonné qu'il ait quelque chose derrière la tête.
—Bof, moi je trouve que ça ne colle pas mal avec l'anticonformisme du personnage. Il reste libre, tout en ayant une maison à lui et l'avantage supplémentaire, et non négligeable, je te l'accorde, d'un plein accès au coffre des Black. Ça ne m'étonnerait pas outre mesure qu'il n'ait accepté le titre uniquement pour qu'il ne tombe pas entre les pattes de Qui-tu-sais.
—Peut-être. Mais permets-moi de douter du dernier point. Black est un Sang-pur, de plus, en tant que premier-né, il était l'héritier du titre. Et rebelle ou pas, il en a reçu l'éducation. Je ne pense pas que même sans Qui-tu-sais, il l'aurait abandonné à son frère. De plus, cela fait maintenant de lui l'égal de Potter, et les chefs de deux des plus puissantes familles du monde sorcier, dont l'une réputée pour son traditionalisme, qui s'affichent publiquement dans le camp de la Lumière. Politiquement, cela pourrait même faire basculer les choses. Avec les Prewett, les McKinnon, les Weasley, les Londubat ou les Abbot et autres Bones, pour ne citer que les plus puissantes, cela commence à faire beaucoup de grandes familles qui se dressent ouvertement face au Seigneur des ténèbres, et cela peut inciter celles qui ne se sont pas encore déclarées à le faire.
—Et en conséquence, cela les met en danger. Beaucoup d'entre elles seront éradiquées ou très affaiblies d'ici deux ans.
—Malheureusement, oui ! Jusqu'à maintenant, hors quelques échauffourées, Voldemort tentait de jouer presqu'uniquement sur le plan politique. S'il avait pu gagner assez de vieilles familles à sa cause, il aurait pu se faire légalement élire ministre de la Magie. Il aurait alors eu le champ libre pour faire, peu à peu, appliquer ses idées sur la domination des Sang-pur. L'opinion publique est tellement facilement manipulable !
—Comme Hitler lorsqu'il a pris le pouvoir en Allemagne, dans les années 30.
—Exactement. Mais à présent, s'il ne veut pas que ça fasse tache d'huile, il va devoir changer de stratégie et chercher à s'imposer par la terreur, style : 'si vous n'êtes pas avec moi, alors vous êtes contre, et voyez ce qui vous attend !'Et d'après ce que tu m'as raconté, c'est exactement ce qu'il va se passer.
—Si seulement nous pouvions intervenir ! Je ne sais pas, leur donner des indices, leur montrer…
—Nous ne le pouvons pas, et tu le sais très bien. De toute façon, Dumbledore n'est pas bête, et il a tout autant que nous conscience de cela. C'est à eux de prendre des mesures pour leur sécurité. L'attaque de la maison des Evans est déjà une modification au cours des choses. Je doute qu'elle ait eu lieu la première fois, Black n'y aurait pas survécu et d'après ce que tu m'as raconté, les McKinnon ont tous étés éliminés le même jour. De plus je pense que tu en aurais entendu parler, ne serait-ce que par Lupin, la mère de ton ami y était après tout. Ses conséquences devraient les faire réfléchir. La seule chose que nous puissions faire, c'est de continuer ce que nous avons commencé, et de tenter de mener notre mission à bien le plus rapidement possible. Il faut éradiquer le mal à sa source, et la racine pourrie de notre époque, c'est Voldemort, comme celle de la génération précédente était Grindenwald.
—Mais même si nous réussissons, tu ne crois pas que d'autres pourraient être tentés de reprendre le flambeau ?
— L'histoire est un éternel recommencement, et il y a toujours quelqu'un, à un moment ou à un autre, pour reprendre le flambeau du mal. Mais dans le cas qui nous occupe, la plupart sont des suiveurs, pas des leaders, et je doute qu'aucun d'entre eux ait les capacités intellectuelles pour aller bien loin sans leur chef. Si nous prenons les deux moins dégénérés, et donc les plus dangereux, Malfoy est ambitieux, mais c'est surtout un opportuniste. Ses convictions ne sont qu'une belle façade : son enthousiasme affiché n'est qu'un leurre pour finaliser au plus vite ses ambitions politiques. Comme je te l'ai déjà dit, la pureté du sang n'a jamais été la préoccupation première de sa famille. Si cela tourne mal pour Voldemort, il reniera son maître et mettra un peu plus de temps à atteindre son but, c'est tout. Quant à Nott, il est assez intelligent pour virer avec le vent, et assez riche pour faire profil bas sans avoir à s'inquiéter de l'avenir. Ceux qui seront le plus à craindre, si nous réussissons, seront les Lestrange, parce que leur fanatisme à eux, surtout s'agissant de Bellatrix, n'a pas de limites. Les autres se feront prendre à la première tentative d'exaction. D'ailleurs même les Lestrange, ont été arrêtés à ton époque, non ?
—Tu as raison. Et nous devrions avoir encore quelques mois devant nous. Même si tout était loin d'être rose, les choses n'ont vraiment dégénéré et sombré dans la pire des violences qu'à partir de 1980, lorsque Trelawney à énoncé sa prophétie.
—Oui, pour le moment, les changements que ta présence a occasionnés restent à un niveau qui ne peut pas encore réellement affecter le cours des choses. Nous pouvons donc imaginer que l'Histoire va continuer à suivre son cours normal pendant encore quelques temps. A nous de mettre ce temps à profit… même si ça implique que j'aurai peut-être moins de temps à consacrer à mes études.
—Etant donné l'état dans lequel tu te mettais l'année dernière, je serais tentée d'approuver, mais… nous devons changer le moins de choses possible dans nos comportements, on ne sait jamais qui peut…
—Tu soupçonnes Maître Stoke ?
—En réalité, je pense qu'il est loyal, mais au point où nous en sommes, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser parler nos sentiments personnels au détriment de la sécurité. Même ton grand-père en est conscient. Il l'a inclus dans le Fidelitas parce qu'il avait séjourné au manoir l'année dernière, et qu'il aurait pu lui sembler étrange de ne soudainement plus pouvoir y accéder, mais si tu te souviens, il nous a bien précisé, à ce moment-là, qu'il ne fallait éveiller la méfiance de personne. C'est son ami, mais personne n'est à l'abri des sirènes de Voldemort, et je pense que même lui, ne lui dira rien sur ce que nous faisons. En tout cas, pas tant qu'il ne sera pas vraiment sûr de ses convictions. Après tout, ils s'étaient perdus de vue depuis très longtemps…
…
Hermione ne put s'empêcher de soupirer, en admirant l'aisance avec laquelle Regulus émergeait de la cheminée, éliminant toute trace de suie d'un coup de baguette négligent. Elle ne pouvait jamais emprunter ce moyen de transport sans cracher ses poumons pendant de longues minutes.
Le jeune Sang-pur avait appelé le matin-même afin de leur demander la permission de traverser.
Au travers de ses explications plutôt décousues, ils avaient fini par comprendre qu'il avait réussi à se procurer une bonne copie du médaillon de Serpentard, du moins autant que les anciens documents le permettaient, et ce qu'il comptait en faire.
—J'ai peut-être tort d'être venu... Après tout, Bellatrix m'a dit que vous avez rencontré le Seigneur des Ténèbres, au début de l'été, et que vous lui avez juré allégeance. Je suis peut-être extrêmement naïf et je suis conscient que ça pourrait signer mon arrêt de mort, mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir confiance en vous. Et après tout, un peu plus tôt, un peu plus tard… J'ai longtemps hésité avant de vous appeler. J'ai failli… mais Harmony m'avait fait jurer de ne rien entreprendre sans vous en parler, alors…
—Et tu as bien fait ! Rétorqua l'intéressée. « Ce que tu t'apprêtes à faire est parfaitement inconsidéré et stupide. Tu y laisseras ta peau, sans pour autant arriver à tes fins. C'est ça que tu veux ? Pense à ta mère, elle vient tout juste de perdre son mari…
—Ma mère se fiche pas mal de moi. Je n'existais à ses yeux qu'en qualité d'Héritier, mais depuis qu'elle a appris que mon père n'avait jamais légalement renié Sirius, elle semble avoir perdu la raison. Lorsqu'elle sort de la léthargie provoquée par les potions calmantes, elle erre dans la maison en insultant et en menaçant tout le monde. Il se tut semblant soudain réaliser quelque chose. « Comment peux-tu savoir…
—Je n'ai aucun secret pour Harmony, intervint Severus. « Je lui ai raconté ce que j'ai vu dans l'esprit de ton elfe. Elle a raison, la seule chose que tu récolteras, c'est la mort. Ce que tu veux détruire ne peut l'être par des moyens ordinaires, Kreattur n'y arrivera pas.
Regulus ne put s'empêcher de sursauter.
—Comment peux-tu savoir ce que… je n'ai parlé à personne de mes recherches !
—Je le sais. Peu t'importe comment. Et je peux t'affirmer que les seuls moyens existants sont pour le moment hors de notre portée.
—Hors de... Notre portée ? Je ne suis pas venu solliciter ton aide, Severus, c'est à moi seul de régler mes comptes. Je voulais juste tenir ma promesse de ne rien faire sans vous en avertir. Je sais à quoi je m'expose, et je l'ai accepté… Je ne comprends pas !
—Qu'est-ce que tu ne comprends pas ?
—Pourquoi est-ce que tu fais ça ? Pourquoi est-ce que tu voudrais m'aider ? Je veux dire… Pourquoi voudrais-tu m'aider à faire quelque chose qui serait contre Ses intérêts, alors que tu viens juste de… ?
—Je… te suis redevable. Tu m'as prévenu, pour Lily.
—Non ! C'est autre chose. Harmony m'avait déjà proposé votre aide, bien avant, à Poudlard, pendant les ASPICs. Je te connais, tu n'as jamais été un fanatique, je sais que ce n'est pas par conviction profonde pour les idées suprématistes des Sang-pur que tu t'es tourné vers Lui. Tu voulais protéger Evans et tu savais que la meilleure manière d'y arriver, était de la mettre indirectement sous Sa protection en te liant à lui. Et maintenant, tu veux protéger Harmony… et aussi à cause de ton père. Pourquoi voudrais-tu m'aider, alors que ce que je m'apprête à faire non seulement va à l'encontre de Ses intérêts, mais a aussi de fortes chances de couter la vie à ceux qui y seront mêlés ?
—D'accord ! Sembla capituler le jeune potioniste. « Tu es mon ami, Regulus. Celui qui as fait en sorte que je ne sois plus seulement 'ce fils de Sang-de-bourbe' aux yeux des autres Serpentards. Celui qui a permis que les Sang-pur m'acceptent enfin, qu'ils ne me considèrent plus comme un rebut de notre société, uniquement utile lorsqu'il s'agissait de faire leurs devoirs en échange d'un peu de considération.
—Lucius avait déjà fait ça !
—Mais après son départ, tout aurait recommencé. Tu as permis que cela perdure. J'ai une dette envers toi.
Regulus secoua la tête, un air peiné sur le visage.
—C'en est peut-être une partie, mais ce n'est pas toute l'explication. Tu ne me fais pas confiance, Severus. Et je suppose que tu as raison. Ma vie entière est basée sur le mensonge. D'abord à mes parents, à qui j'ai fait croire que je pouvais remplacer Sirius, et surtout à moi-même en me persuadant que je le détestais, et que je pouvais être son parfait contraire. S'il savait à quel point je l'ai envié d'avoir osé se révolter et partir, même si sur le moment je l'ai haï pour ça. A quel point je regrette de… Mais j'ai ouvert les yeux, maintenant. J'étais arrivé à me convaincre que j'étais vraiment comme ça, jusqu'à ce que le Seigneur des Ténèbres ne me demande Kreattur, et que je comprenne enfin qu'il fait tout ça pour lui, uniquement pour lui, et qu'il ne se soucie pas plus de l'avenir, du confort et encore moins des attentes, de ses partisans que des grains de poussière sur son chemin. Il se sert de l'idéologie des Sang-pur pour atteindre son but, et il n'hésitera pas à les sacrifier si ça peut servir ses desseins. De plus… sous prétexte de nous aguerrir, il nous torture sans raison de plus en plus souvent, et certains, qui avaient osé élever des objections, ne sont jamais revenus de convocations personnelles ou de missions spéciales. Disparus sans laisser de traces.
—Tu te trompes, Reg, j'ai au contraire de bonnes raisons de penser que je peux te faire confiance. En partie parce qu'il me suffirait de montrer le souvenir de cette conversation au Seigneur des Ténèbres pour te perdre, mais aussi pour d'autres raisons, que je ne peux pas te dévoiler. Harmony et moi ne te laisserons jamais tomber, mais tu dois nous promettre une chose : renonce à ce projet, du moins pour le moment, et en dehors de cette maison, efforce-toi de rester pour tous le parfait petit Mangemort obéissant et soumis à son maître. Même si quelqu'un faisait des allusions pour te tester. Même quelqu'un dont tu serais certain qu'il n'a rien à voir avec l'Ombre. Ton frère, par exemple.
—Mon frère ? Qu'est-ce que Sirius peut bien avoir à faire dans tout ça ?
—Le moins possible, j'espère, mais sait-on jamais, lui et ses amis sont de notoriété publique des opposants affichés au Seigneur des Ténèbres, et je ne suis pas sûr qu'il ne doute pas de quelque chose à ton sujet, depuis l'attaque chez les Evans. Continue à donner le change Regulus, et nous réfléchirons ensemble à trouver une alternative à ce que tu avais décidé de faire. A tant que faire de prendre le risque de mourir, autant que ce soit pour un résultat qui en vaille la peine.
—Tu joues à un jeu dangereux Severus.
Severus haussa les sourcils, un air d'incompréhension profonde maintenant affiché sur ses traits.
—Un jeu ? Quel jeu ? Je ne vois pas ce que tu veux dire. Servir le Seigneur des Ténèbres n'empêche ni d'avoir une vie privée, ni d'aider ses amis, que je sache.
TBC
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