Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.
Merci à tous ceux qui m'ont laissé un petit mot sur le précédent chapitre :
Cididy, DinaChhaya TalaNokomis, Alindorie, Emilie09, Juliana, vsutter1506, Jasmineetaladin, Zeugma, Steph Rogue, Daidaiiro, Lupinette, SlythenclOw, Alex, Fanny, et Emma
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse ! )
Bonjour, un nouveau chapitre tout frais ! Comme son titre l'indique, c'est une série de petites scènes, mais qui contiennent chacune des choses qui finiront par « s'emboiter » par la suite.
Enjoy & Review !
Puzzle
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Lucius referma d'un geste brusque le livre qu'il essayait de lire depuis plus d'une heure, et dont il n'avait pas tourné une seule page. Il n'aurait pu en citer ni le titre, ni le sujet, ni un seul des mots qui dansaient devant ses yeux dans un parfait flou artistique. Il l'avait saisi au hasard dans la bibliothèque, après le départ de Narcissa, afin d'essayer de tromper le temps, et depuis qu'il s'était assis dans son fauteuil, ses yeux glissaient sur les caractères imprimés sans même les voir. Il poussa un soupir agacé. Le sentimentalisme n'était pas une chose sensée exister chez les Malfoy.
Jetant négligemment l'ouvrage vénérable sur le sofa, comme s'il s'était agi d'un vulgaire… quel était ce terme déjà… 'livre de poche' moldu, quelle horreur ! Il se leva et s'approcha de la fenêtre, ses yeux gris errant distraitement sur le parc impeccablement entretenu par les Elfes jardiniers. Il aurait dû l'accompagner. Il aurait dû envoyer voler à tous les vents les traditions idiotes qui voulaient que ce genre de choses se passent exclusivement entre femmes. Il était autant concerné qu'elle, que diable ! Pourquoi une quelconque matrone, fût-elle Medicomage confirmée, devrait-elle savoir avant lui ? Depuis le soir, deux jours auparavant, ou sa femme lui avait murmuré ses soupçons au creux de l'oreille, il ne tenait plus en place. Malgré tous ses arguments et ses menaces, il n'avait pu obtenir un rendez-vous à Ste Mangouste qu'aujourd'hui. Pas que la chose soit au jour près, mais depuis six ans qu'ils attendaient cette nouvelle… il soupira encore une fois. Putain de traditions, au moins, les Moldus ne s'embarrassaient-ils plus de ça, de nos jours !
A l'automne, avait dit Severus. On allait entrer dans les premiers jours d'octobre, la potion du jeune homme avait apparemment tenu ses promesses.
Pourvu que Narcissa lui apporte la confirmation de ce qu'elle soupçonnait depuis quelques jours ! Il n'en pouvait plus d'attendre. Il avait refusé d'obtempérer lorsque son père l'avait adjuré de renier Narcissa, sous le prétexte que la lignée issue de Cygnus devait être stérile, Bellatrix n'ayant elle non plus pas été capable de donner un enfant à Rodolphus Lestrange. En bon Sang-pur, le patriarche avait pourtant négligé leur autre sœur, Andromeda, qui, en raison de sa mésalliance avec un Sang-de-bourbe, avait été rayé de l'arbre généalogique. Pourtant, Lucius savait par Narcissa, qui, il ne désirait pas savoir comment, avait réussi à se tenir discrètement au courant de la vie de sa sœur, qu'Andromeda était enceinte lorsqu'elle s'était enfuie de chez ses parents, et qu'elle avait mis au monde une petite fille six ans auparavant, à l'époque de leur propre mariage.
Lucius n'était pas un imbécile borné, il ne s'était jamais laisser aveugler par les œillères discriminatoires que se mettaient les autres Sang-pur. Il connaissait les risques d'une trop grande consanguinité, il en constatait tous les jours les effets sur de nombreux membres de l'entourage du Seigneur des Ténèbres. Folie, dégénérescence, stérilité… les Malfoy avaient réussi à passer au travers des mailles en concluant régulièrement, au fil des siècles, des alliances avec des Sang-mêlé qui avaient apporté un peu de variété dans les gènes de la famille. Ce qui n'était hélas pas le cas des Black. Mais la naissance de la petite Nymphadora, quelques mois après le mariage de ses parents, avait prouvé, s'il l'avait fallu, que les filles Black étaient parfaitement capables d'avoir des enfants, et lui avait donné le courage de s'opposer plus fermement à Abraxas. Il aimait Narcissa. Contrairement aux usages, leur union avait été un mariage d'amour, et il n'aurait jamais accepté de se séparer d'elle, même si elle ne lui avait pas donné d'héritier, mais il fallait avouer qu'il était soulagé, et qu'il espérait fébrilement qu'elle ne s'était pas trompée.
Le 'pop' du Transplanage le fit sursauter, il se détourna de la fenêtre, son regard plongeant immédiatement dans les yeux de sa femme. L'étincelle qu'il y décela, ainsi que le franc sourire qui illuminait le visage toujours si lisse de Narcissa déclencha en lui une vague de magie brute qui fit trembler les rayonnages de la bibliothèque, projetant une partie des livres sur le sol. Heureusement que les quelques bibelots précieux qui s'étaient aussi envolés au travers de la pièce étaient protégés magiquement par des sorts anti-casse !
Il se précipita vers elle, et pendant un instant, le froid Lucius Malfoy oublia sa condition de Lord dédaigneux, pour faire tourbillonner son épouse entre ses bras, avant de la reposer au sol et de s'emparer de ses lèvres avec fièvre. Il allait être père, et il ne doutait pas un instant qu'il aurait un fils ! L'aîné des Malfoy n'était-il pas toujours un garçon ? Reprenant sa contenance et son air hautain, il appela : « Dobby ! » L'Elfe apparut aussitôt.
—Le maître a appelé Dobby ?
—Oui. Va dire à Kyta de nous servir le thé dans le petit salon, ensuite, remets de l'ordre ici. Nous ne voulons plus être dérangés jusqu'à nouvel ordre.
…
Missy se serait-elle mise à parler toute seule ? Intriguée, Hermione poussa la porte de la cuisine, pour y découvrir non pas un Elfe, mais deux. Bien entendu, Racon et Nela avaient la permission de rendre visite à leur fille quand ils le souhaitaient, et inversement, mais ce n'était ni l'un ni l'autre.
—Dobby ? Qu'est-ce que tu fais là ?
La petite créature se précipita la tête la première contre le coin de la table, avant qu'elle ait pu l'en empêcher.
—Dobby est un mauvais Elfe, Dobby est parti de chez ses maîtres sans avertir personne, et Dobby a surpris miss Harmony !
Hermione eu le temps de l'attraper par les épaules avant qu'il ne se donne un nouveau coup.
—Assez, Dobby ! Ecoute-moi ! Tout d'abord, je t'interdis de te faire du mal tant que tu es dans cette maison, et tu n'es pas un mauvais Elfe.
—Dobby aurait dû demander à Cendroc, qui aurait demandé à maître Lucius s'il pouvait venir voir Missy.
—Eh bien en ce qui me concerne, je considère que tu n'as rien fait de mal, et comme tu es chez moi, ici, c'est mon avis qui prévaut. Tant que personne n'est au courant que tu es venu, il n'y a aucune raison que tu te punisses, ni ici, ni au manoir Malfoy, compris ? Ce que Cendroc et Lucius ignorent, ne peut pas les déranger.
Dobby considérait maintenant Hermione d'un air aussi dubitatif que calculateur. Techniquement parlant, ils étaient en fait chez Severus Snape, mais lors de leur visite au manoir, miss Harmony lui avait été désignée comme sa compagne, et donc la maîtresse de son foyer. Le raisonnement était donc acceptable.
—Maître Lucius et Maîtresse Narcissa ont demandé qu'on ne les dérange pas, et Dobby devait ranger la bibliothèque. Mais Dobby a fait vite, et Cendroc ne l'a pas appelé à la cuisine.
Hermione mis de côté les quelques scrupules qu'elle avait à exploiter ainsi le sens de la logique bien particulier des Elfes, mais elle surenchérit :
—Tu vois, Lucius t'a donné un ordre que tu as exécuté, et si Cendroc t'appelle tu Transplaneras d'ici et ils n'en sauront jamais rien ni l'un ni l'autre. Tu n'as commis aucune faute. Et tu peux venir voir Missy autant que tu le désires, à condition qu'elle soit d'accord, bien entendu.
…
Severus s'efforça d'empêcher ses pensées de dériver. S'obligeant à se concentrer sur le grimoire et les parchemins qui étaient étalés sur son bureau. Bref il essaya de réintégrer la peau du scientifique froid, distant et consciencieux qu'il avait été pendant l'année précédente, ne se concentrant que sur le but à atteindre. Depuis qu'Hermione lui avait révélé qu'il avait réussi à obtenir sa Maîtrise en à peine deux ans, il était obsédé par cette idée, cet objectif. Il s'était noyé littéralement dans le travail, oublieux de tout ce qui l'entourait. Mais quelque chose avait changé, et il lui devenait de plus en plus difficile de garder en permanence une concentration optimale.
Après que Lily l'ait abandonné, il s'était juré de ne plus jamais se laisser aller à éprouver quoi que ce soit pour personne. En le quittant, c'était comme si elle l'avait abandonné à la mort, prisonnier d'un insondable enfer de reproches. Maintenant, il s'apercevait que sa vie n'était alors qu'un mensonge. La distance qu'il mettait entre lui et les autres lui servait de protection. Il ne voulait plus souffrir, et pour cela, avait-il cru, il suffisait de se libérer de ces entraves et de ces faiblesses qui empoisonnent l'existence, que l'on appelle sentiments. Il suffisait d'ignorer ceux qui le rejetaient, bien à l'abri derrière ses boucliers d'Occlumencie. Il ne réalisait pas à quel point il se mentait à lui-même, et ce rappel des règles spécieuses qui avaient gouverné sa conduite l'obligeait maintenant à regarder la vérité en face.
Il se rendait compte qu'il n'avait, volontairement ou non, exclu que les sentiments positifs de son esprit. Mais il avait laissé la peur le dominer. La peur et la haine. Et cette peur d'être rejeté, autant sinon plus que sa haine envers son père, les Maraudeurs, et tous ceux qui les soutenaient, avait presque fini par le pousser directement dans les bras de Voldemort. Il frissonna au souvenir de ce qu'il avait vu dans la Pensine… Et puis Hermione était arrivée. Elle l'avait tiré de l'abîme. Elle lui avait fait redécouvrir la chaleur de l'amitié qu'il croyait à jamais enfuie avec Lily, une complicité qui avait peu à peu évolué vers autre chose. Cette chose qu'il avait voulu bannir et à laquelle il avait fini par succomber de nouveau. Elle avait donné un autre sens à sa vie. Elle avait ranimé son cœur inerte. Et pourtant… pourtant les semaines, les mois avaient passé sans qu'il lui ait avoué combien il l'aimait. Il ne se sentait vraiment vivant qu'en sa présence, sa simple vue, sa simple pensée, transportaient son cœur de bonheur, et pourtant les mots restaient bloqués dans sa gorge, il ne parvenait pas à les prononcer.
Il appuya ses coudes sur la table, se massant l'arête du nez, seul mouvement dont il fût capable, fixant sans les voir les documents étalés devant lui. Trop de nuits sans sommeil. Cela lui brouillait les idées et le rendait beaucoup trop sentimental. Depuis quand n'était-il pas retourné à Spinner's End ? Les jours, les semaines se fondaient en un tourbillon flou, qui dansait autour de lui. Il chercha sa baguette dans le fouillis de papiers, et lança un Tempus. Il contempla, éberlué, la date qui s'affichait devant ses yeux fatigués, non, on ne pouvait pas déjà être en octobre ! Et soudain, il se vit tel qu'il était réellement : un lâche qui se réfugiait dans le travail pour s'étourdir afin de ne pas courir le risque d'être vulnérable.
Il laissa tomber sa tête sur ses bras croisés, trop épuisé pour se traîner jusqu'à son lit. Qu'avait dit Maître Stokes, un peu plus tôt, alors qu'il avait manqué, pour sa plus grande honte, de faire exploser un chaudron pour la première fois de sa vie ? Qu'il était 'dispensé' de travaux pratiques tant qu'il n'aurait pas dormi assez pour éviter de confondre la poudre de corne de Grapcorne fraiche et séchée, et peu importait si les deux étaient absolument identiques à l'aspect, et les flacons non étiquetés. Un Maître des potions devait pouvoir immédiatement les identifier à la différence de densité, au poids et à l'odeur… ce qui ne lui posait d'ailleurs habituellement aucun problème, s'était-il abstenu de préciser devant l'air catastrophé de son élève. « Je refuse de continuer à vous enseigner tant que vous serez dans cet état, Severus. Ce n'est pas la peine de revenir avant au moins trois jours. Je jugerai alors si vous êtes apte à continuer votre formation, ou si je dois demander votre grand-père de vous séquestrer jusqu'à ce que vous vous montriez raisonnable. »
Il avait perdu la maîtrise de son corps. Ses yeux se fermèrent de leur propre volonté. Dormir semblait finalement une bonne idée, après tout.
…
Le bruit caractéristique du Transplanage résonna dans la maison encore endormie. L'ombre noire se dirigea sans aucune hésitation vers l'escalier qu'elle gravit silencieusement dans l'obscurité. Sur le palier de l'étage, l'homme marqua un temps d'arrêt, les sourcils froncés. Son intrusion semblait être passé inaperçue des habitants. Il eut à peine le temps de pousser précautionneusement la porte de l'une des deux chambres, avant de se retrouver plaqué contre le mur, une baguette qui ne tremblait pas enfoncée dans le cou.
—Je me rends, et je te donne un O en Défense ! S'exclama-t-il en levant les mains.
—La corruption ne marchera pas avec moi ! Ça t'aurait fatigué de t'annoncer ?
—Je ne voulais pas te réveiller, et il n'y a que nous et mon grand-père, qui puissions directement Transplaner à l'intérieur.
—Ce n'est pas une raison. Ce n'est pas n'importe qui, que nous affrontons… tu aurais aussi bien pu te faire…
—Stupéfixer ? Je te connais, Hermione, jamais tu ne tuerais personne de sang-froid surtout sans savoir à qui tu as à faire.
—Oh je savais parfaitement à qui j'avais affaire, j'ai ajouté des sorts de détection d'empreinte magique sur toutes les portes. Et Tiberius ou Missy ne seraient jamais permis d'entrer dans ma chambre sans frapper. Si cela avait été quelqu'un d'autre que toi, crois-moi, tu t'en serais aperçu sans peine !
—Je suis désolé de t'avoir réveillée d'aussi bonne heure, capitula le jeune homme.
—Et moi je suis désolée d'avoir dû attendre un mois entier sans même une lettre, pour savoir que tu étais encore vivant !
Il se renfrogna, son sentiment de culpabilité se muant en agressivité.
—Si j'étais mort, Maître Stoke t'en aurait avertie, je suppose. Rétorqua-t-il d'un ton hautain qui échoua à déstabiliser la jeune femme.
—Mais il m'a avertie ! Il m'a avertie que si jamais tu montrais le bout de ton nez, je m'arrange pour ne te laisser repartir que lorsque tu auras récupéré ta cervelle. Elle le toisa de haut en bas. « Je suppose qu'il entendait par là lorsque tu ne ressembleras plus à un Inferius. Quand as-tu mangé et dormi pour la dernière fois ?
Severus tenta de se composer un air de dignité offensée qui aurait été plus convaincant s'il avait été un peu moins squelettique et si les cernes qui entouraient ses yeux n'avaient pas été aussi prononcés.
—J'ai dormi quelques heures avant de venir. Et j'ai mangé…
—Oui ?
—Je…
—… ne sais pas ! Triompha-t-elle.
—Je ne suis pas venu pour me disputer, abdiqua le jeune homme, « et je te demande pardon de ne pas t'avoir donné de nouvelles. Je… j'avais perdu la notion du temps.
—Idiot ! Expira-t-elle en se jetant contre lui afin de le serrer enfin entre ses bras. « Idiot !
—Idiot ! Approuva-t-il en reposant son front contre le sien, reprenant son souffle après le baiser passionné qu'ils venaient d'échanger. « Le roi des idiots, je suis d'accord. Confirma-t-il contre son cou en glissant des mains fébriles mains sous le T-shirt ample de sa compagne.
—Tu es fatigué, fit-elle semblant de protester tout en appréciant l'érection impressionnante qui se profilait déjà au travers de son pantalon.
—Ne t'ai-je pas précisé que j'avais dormi quelques heures ? La fit-il taire en s'emparant de nouveau de sa bouche, tout en la poussant vers le lit. « Et j'ai faim ! Termina-t-il sans avoir besoin de préciser de quoi, la main d'Hermione s'affairant d'ailleurs déjà à libérer la bête affamée.
Hermione luttait depuis dix bonnes minutes pour ne pas pouffer de rire devant l'air menaçant de Missy, qui, les poings sur les hanches, obligeait Severus à ingurgiter un petit-déjeuner pantagruélique. Et les coups d'œil suppliants que ce dernier jetait dans sa direction n'étaient pas faits pour améliorer pas les choses. Il fut sauvé par le 'tac tac' caractéristique du bec d'un hibou contre la vitre de la fenêtre. Il posa le toast qu'il tenait à la main et repoussa la n'ième assiette de bacon, que l'Elfe disposaient à la chaîne devant lui. Le grand-duc que Missy venait de faire entrer se chargea de finir son repas, aussitôt qu'il eut détaché la missive de la patte qu'il lui tendait. Il fronça les sourcils. Que lui voulait Lucius ? Il était pourtant entendu que le Seigneur des Ténèbres lui laisserait terminer ses études en paix !
TBC
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