Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.
Merci à tous ceux qui m'ont laissé un petit mot sur le précédent chapitre :
Cididy, Emilie09, Jasmineetaladin, Lupinette, Juliana, Zeugma, Daidaiiro, SlythenclOw, DinaChhaya TalaNokomis, Lilibelluleblue, Steph Rogue, Alex, Marie, AlouetteL, et Emma
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse ! )
Enjoy & Review !
Coup de poker
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—Amis ? Il a vraiment écrit amis ? Un déjeuner sans protocole, dimanche, juste nous quatre, entre… amis ?
—C'est ce qu'il dit, en effet.
— Depuis quand faisons-nous partie du gratin au point que les Malfoy nous considèrent comme des amis ? Nous ne les avons fréquentés que deux fois, jamais de façon informelle, et toujours dans l'optique de ta future intégration parmi les partisans de Voldemort. Pourquoi un Sang-pur comme Lucius risquerait-il de se déconsidérer auprès de sa caste en… Oh ! Bien sûr…
—Tu peux préciser ?
—Narcissa… ta potion ! Oui, c'est sûrement ça !
Après un instant de réflexion, Severus se passa une main sur le front, en acquiesçant :
—C'est tellement… insignifiant, à côté de tout le reste, que j'en étais presque arrivé à occulter cette histoire de potion de fertilité… en tout cas, il vaudrait mieux, que ce soit en effet ça, et pas quelque chose lié à Qui-tu-sais.
—C'est peut-être insignifiant pour toi, mais pour eux, je pense que c'est au contraire de la plus haute importance. Et tu te rends compte de ce que ça signifie ? Si tu as réussi à lui donner un hériter, Lucius va avoir une dette envers toi, et pas une petite !
—Ne nous emballons pas… et en l'occurrence, c'est plutôt Narcissa qui aura réussi… railla le jeune homme. Et ma potion n'y est peut-être pour rien après tout !
—Peut-être que oui, peut-être que non, on ne le saura jamais, mais de toute façon, une potion de fertilité ne peut pas avoir fait empirer les choses. De plus, personne ne pourra nier qu'elle n'est tombée enceinte qu'après l'avoir prise, alors que cela faisant plusieurs années qu'ils essayaient d'avoir un enfant. Quoi qu'il en soit, cela ne change rien au fait que Lucius t'en devra une, et dans notre position, ce genre de chose n'est pas négligeable.
—Quoi qu'il en soit, au cas où seule la nature serait responsable, il faudra que j'en profite pour penser à glisser aux heureux futurs parents que cette potion améliorée ne comporte aucun risque que si elle est prise pendant quelques mois seulement, et qu'il vaudrait mieux qu'ils ne retentent pas le coup avant quelques années.
—De plus, cela pourrait constituer une belle occasion de… J'allais justement t'en parler. Il y a quelques jours, Dobby est venu rendre visite à Missy, et il lui a rapporté une curieuse anecdote, au sujet d'un livre de la bibliothèque des Malfoy…
…
A la fin du repas, Narcissa, victime d'un léger malaise, certainement dû à sa grossesse s'était excusée, déclarant qu'elle allait s'étendre quelques instants au calme, dans sa chambre. A Hermione qui lui avait demandé si elle désirait sa compagnie, elle avait opposé un sourire un peu gêné en déclarant qu'elle préférait rester seule, et les rejoindrait le plus rapidement possible.
Pendant que Lucius et Severus s'attardaient autour d'un deuxième café, la jeune fille en avait profité pour demander au maître de maison si elle pouvait jeter un coup d'œil à sa bibliothèque, s'attirant un regard ironique de son compagnon.
—De plus, je ne voudrais pas me montrer indiscrète… vous avez sûrement à discuter de choses qui ne me concernent pas, et auxquelles je ne voudrais de toute façon pas être mêlée plus que nécessaire. Ajouta-t-elle d'un air entendu, en réprimant un frisson.
Lucius hocha la tête sans faire de commentaire, mais le souvenir de la scène qui s'était déroulée quelques mois plus tôt dans cette même maison, était présente à leur esprit à tous. Il pouvait comprendre qu'Hermione, n'ait pas plus que Narcissa envie, même sans parler d'y être confrontée, de discuter du Seigneur des Ténèbres.
—Si vous n'étiez pas venue en Angleterre, Severus serait certainement resté célibataire à vie ! Fit mine de plaisanter le Mangemort en adressant un clin d'œil complice à l'intéressé, sans toutefois nier l'assertion d'Hermione. « Merlin… vous devez bien être la seule femme au monde à partager son obsession pour les livres. Poursuivit-il en souriant.
—Tu veux rire ? Elle est bien pire que moi ! Si je te disais qu'elle a presque fait une dépression pour deux malheureux 'E' à ses ASPICs !
—Dit celui qui a lui-même moissonné les 'O', et se tue au travail depuis la rentrée ! Ironisa Hermione en lui renvoyant une petite grimace sous l'air indulgent et légèrement amusé de leur hôte.
—Bien entendu, permission accordée avec plaisir Hermione, nous vous y rejoindrons dans un moment, nous avons effectivement encore à discuter de certaines choses. Lorsque Cissy nous rejoindra, je lui indiquerai où vous trouver. Je vous conseille toutefois d'éviter les ouvrages qui se trouvent à gauche de la cheminée. Je suis certain que Severus n'approuverait pas plus votre choix, que je ne cautionnerais non plus le fait que Narcissa s'y intéresse. Ce sont principalement des ouvrages de collection, que j'évite moi-même d'ouvrir trop souvent. Pour ne rien vous cacher, certains sont aussi dangereux que fragiles.
—Bien entendu, et je vous remercie de me prévenir. Mais pour le peu que j'en ai aperçu lors de notre dernière visite, le reste devrait suffire à mon bonheur.
Hermione disparut par la double porte de communication entre les deux pièces, qu'elle prit bien soin de refermer derrière elle, avant de se diriger rapidement vers le rayon à gauche de la cheminée. Elle n'avait effectivement aucune intention de toucher aux livres qui y étaient rangés, mais elle avait vu le Journal de Jedusor, avant de retourner dans le passé, et avait bien l'intention de repérer l'endroit où il était rangé. 'La meilleure façon de cacher quelque chose est encore de… ne pas le cacher', murmura-t-elle pour elle-même. Elle se souvenait de la conversation qu'elle et Severus avaient eu, quelques jours plus tôt.
—Tu en es sûre ?
—Oui, je l'ai vu. Je l'ai tenu entre mes mains, après qu'Harry l'ait retrouvé. Je suis certaine que c'est lui ! Quoi d'autre qu'un morceau de Qui-tu-sais pourrait repousser une créature qu'il considère comme particulièrement inférieure et impure ? Moi aussi, à l'époque, j'ai ressenti un sentiment de dégoût lorsque je l'ai touché.
—Exposé à la vue de tous ! C'est… brillant, je dois l'admettre. Qui irait se douter de quoi que ce soit ? Et si quelqu'un le prenait par hasard, en cherchant de la lecture, il le remettrait en place aussitôt, en voyant qu'il s'agit d'un journal intime de qualité inférieure, qui plus est d'origine moldue… et surtout vierge : aucune valeur, et aucun potin à récolter.
Elle tourna vivement la tête lorsqu'à son nom prononcé à mi-voix, un Elfe se matérialisa non loin d'elle.
—Miss Harmony a appelé Dobby ? Oh ! Miss Harmony ne devrait pas trop s'approcher de ce rayonnage, miss !
—Pourquoi ? Répondit-elle en feignant l'étonnement. Elle ne voulait pas trahir les confidences de Missy.
Dobby jeta un coup d'œil autour de lui, afin de s'assurer qu'ils étaient bien seuls.
—Dobby a rangé la bibliothèque l'autre jour.
—Oui, je me souviens, tu me l'as dit lorsque tu es venu voir Missy.
—Dobby a l'habitude de ranger les grimoires de Maître Lucius, Dobby connait ce que les sorciers appellent la magie noire, mais les livres ne sont dangereux que lorsqu'on les lit, d'habitude.
—Qu'essayes-tu de me dire ?
L'Elfe se tordit les mains, visiblement en proie à un dilemme.
—Dobby ne sait pas s'il peut… mais le maître n'a rien dit à Dobby, et miss Harmony est gentille avec Dobby… Missy dit que Dobby peut faire confiance à miss Harmony.
Hermione soupira discrètement, mais laissa parler l'Elfe sans le couper. Elle ne voulait pas qu'il se sente obligé de se punir. Elle s'était demandée comment elle pourrait aborder la question avec lui, lorsque Missy lui avait relaté leur conversation, et elle ne voulait pas l'interrompre dans un si bel élan.
« Il y a un livre… Dobby n'a pas pu le prendre dans ses mains. Il brûlait la peau de Dobby. Pourtant, lorsque Dobby a essayé de le ramasser, par terre, il était ouvert, et il n'y avait rien d'écrit sur les pages. Dobby n'a pu ranger ce livre qu'en le faisant léviter, il avait l'impression que le livre ne voulait pas que Dobby le touche.
—Oh ! C'est… étonnant ! Et… tu pourrais me le montrer, ce livre ?
—Dobby pourrait, mais Dobby ne veut pas mettre miss Harmony en danger.
—Je n'ai aucune intention de le toucher non plus, tu peux me croire. Je suis juste curieuse, je me contenterai de le regarder de loin… Oh, et… peux-tu m'apporter un café, s'il te plait ?
Lorsque les deux hommes firent leur entrée dans la pièce, ils trouvèrent Hermione confortablement installée dans un fauteuil, occupée à feuilleter avec dévotion un ancien traité de Métamorphose, une tasse de café à moitié bue posée à portée de main. A leur entrée, elle prit un air légèrement contrit.
—Je me suis permise de demander une tasse de café à vos Elfes.
—Mais vous avez bien fait, rétorqua Lucius tout en regardant autour de lui, avant de reposer son regard sur la jeune femme.
—Narcissa n'est pas avec vous ? Demanda-t-il avec une pointe de nervosité dans la voix.
—Non, je suppose qu'elle est toujours en train de se reposer.
—Ses malaises ne durent jamais aussi longtemps d'habitude, reprit l'aristocrate, l'inquiétude transparaissant maintenant nettement dans son ton. Me permettez-vous de vous abandonner quelques minutes afin d'aller m'enquérir en personne de son état ?
—Il n'y a rien de plus naturel, renchérit Severus. N'hésite pas à me faire appeler en cas de problème. Je ne suis pas Guérisseur, mais de par ma formation j'ai quelques notions de base… et les potions de soins ne me sont pas tout à fait étrangères.
—Je te remercie, mais j'espère qu'elle s'est juste endormie. Excusez-moi !
Dès qu'il eut quitté la pièce, Severus se tourna vers Hermione.
—Alors ?
—Il est bien là, en haut, sur l'avant-dernière étagère.
—Tu n'y a pas touché, j'espère ?
—Non… tu as vu ma taille ? Mais je t'ai déjà dit qu'on pouvait le faire sans risque. Je l'ai manipulé moi-même et vu plusieurs personnes le faire sans aucun problème. Il ne devient dangereux que lorsqu'on écrit dedans. Qu'as-tu donné à Narcissa ?
—Oh trois fois rien, un léger vomitif couplé à une potion de sommeil. Elle devrait se réveiller en pleine forme, d'ici quelques minutes, maintenant. Il n'y a pas de temps à perdre, fit-il en enfilant un gant, avant d'attraper le volume que la jeune fille lui désignait, sur l'une des étagères les plus hautes.
…
—C'était moins une, on l'a échappé belle !
Ils venaient de rentrer, après un petit détour par la salle secrète de Poudlard, où le Journal avait rejoint les trois autres Horcruxes.
—Oui, heureusement que Narcissa était avec lui, ce qui l'a empêché d'approfondir les choses. Mais après tout, qu'aurait-il pu me reprocher ? Personne n'est censé savoir ce que cache cette partie de la bibliothèque, et je ne faisais qu'examiner le dos livres, sans y toucher. Curiosité bien naturelle pour qui s'intéresse aux Arts Noirs. Ces étagères recèlent effectivement des ouvrages rares et introuvables de nos jours.
—J'ai vu son regard, dès qu'il est entré. Il a tout de suite vérifié que le Journal était toujours là. Je suis prête à parier que la première chose qu'il ait faite, après notre départ, a été de vérifier son intégrité.
—On ne peut pas distinguer la copie de l'original, lorsqu'elle est effectuée avec un Geminio. Seuls les sorts associés à l'objet ne sont pas reproduits. Mais comme dans le cas de la coupe qu'il a confiée à Bellatrix, je ne pense ni que Voldemort ait mis Lucius dans la confidence de sa véritable nature… ni que celui-ci ait cherché à en savoir plus. Ils craignent trop leur maître pour prendre le risque de le mécontenter en outrepassant ses ordres.
—Qu'as-tu utilisé cette fois, pour qu'on y distingue une signature de Magie noire ?
—Rien de bien dangereux, dans ce cas précis. Une variante, un peu plus agressive, du sort que Qui-tu-sais avait placé sur la bague des Gaunt. En fait ce sort est classé parmi les Arts sombres uniquement parce qu'il est généralement associé à un objet empoisonné ou maudit. Plus l'objet en question est touché, plus il induit le désir obsessionnel de le manipuler encore plus. Etant donné que la copie est inoffensive, même s'il tombait entre des mains innocentes, il ne déclencherait rien de plus qu'une espèce de TOC. Je pense qu'il avait employé l'autre, pour la bague parce qu'il voulait que la malédiction se déclenche uniquement si on la passait au doigt, tout en pouvant la manipuler lui-même sans risque.
—Il ne reste plus que le médaillon de Serpentard, souffla Hermione. « Je n'arrive pas à croire que nous ayons pu tous les récupérer aussi simplement !
—Ta connaissance du futur nous a tout de même un peu aidés, ironisa Severus. La dernière étape sera la plus difficile. Il va falloir en planifier le moment et l'organisation dans le moindre détail. Si tout se passe bien, nous pourrons détruire tous les Horcruxes d'un coup, mais nous n'avons aucun moyen de savoir si Voldemort s'en apercevra. Si c'était le cas, il pourrait décider d'en créer de nouveaux, dont tu ignorerais tout…
—Si les évènements suivent leur cours, nous avons deux ans devant nous, avant Halloween de 1981. Même si j'espère que nous n'aurons pas à attendre tout ce temps pour nous débarrasser de ce cauchemar. Mais tu as raison, nous devons prendre tout le temps qu'il faudra et prendre en compte tous les paramètres. Tu repars quand pour Cambridge ?
—Je suis sûr que Maître Stokes ne se formalisera pas trop si tu estimes que je n'aurai pas récupéré ma cervelle avant mercredi. Nous pourrions en profiter pour faire un saut au manoir pour saluer mon grand-père, et je Transplanerai jeudi matin.
—Ça me va, je vais immédiatement lui envoyer un mot, pour le prévenir. Et si un autre hibou vient nous déranger pour nous inviter à des mondanités, je le plume et j'en fais un rôti !
Lorsqu'Hermione revint dans le salon, après avoir confié son message à Hermod, Severus avait entassé les coussins, devant la cheminée. L'électricité était éteinte, et la pièce n'était éclairée que par la lueur dansante des flammes. Il tendit la main vers elle, et elle le rejoignit sur le tapis. Deux verres de vin des Elfes étaient posés sur les pierres, à côté de l'âtre.
—Nous fêtons quelque chose ?
—Avons-nous déjà besoin de prétextes ?
—J'espère que nous n'en aurons jamais besoin. Rétorqua-t-elle en souriant juste avant qu'il ne s'empare de ses lèvres.
TBC
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