Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.

Merci à tous ceux qui m'ont laissé un petit mot sur le précédent chapitre :
darkcorbeau, Cididy, Zeugma, LycorisSnape, vsutter1506, Constancelcd, Emilie09, Juliana, Daidaiiro, drou, SlythenclOw, Adyan, DinaChhaya TalaNokomis, Emma, Lupinette, Jasmineetaladin, AlouetteL, Fanny, Steph Rogue, et Alex et Math'L

A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse ! )

N/A : Un peu de guimauve à la fin, ce doit être l'esprit de Noël qui souffle, et puis quelques fois, ça fait du bien! Rassurez-vous, je ne compte pas en abuser non plus xD

Enjoy &… Review !


All I want for Christmas

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L'arrivée de Severus au manoir pour les vacances de Noël avait été considérablement assombrie par les évènements de l'après-midi, dont il venait de leur faire le récit, pendant le dîner.

Hermione écarquillait des yeux horrifiés, les deux mains pressées sur sa bouche.

—Tu en es certain ? Tiberius arborait un masque soucieux.

—A quatre vingt dix neuf pour cent, oui. Bien entendu, je ne l'ai jamais vu moi-même et je n'en connais que les descriptions, mais tout correspond bien. La couleur… les symptômes…

—Ce maléfice est une pure horreur, il faut vraiment une bonne dose de sadisme pour l'employer, alors qu'un bon Avada donne le même résultat, plus rapidement et sans souffrance inutile. Je ne l'ai personnellement jamais vu de mes yeux non plus, mais je me souviens d'une rumeur… ce devait être en 1944, peu avant la chute de Grindelwald. Le bruit commençait à se répandre qu'un groupe de jeunes sorciers fanatiques, qui se donnaient le nom de 'Chevaliers de Walpurgis', luttaient pour la propagation de ses idéaux au Royaume Uni. Que Tom Jedusor, tout juste sorti de Poudlard, soit à leur tête, n'était pas un bien grand secret, mais ce qui choquait le plus l'opinion était la propension de l'un de ses membres, nommé Rosier, à user et abuser du Pulmosiccum contre les nés moldus. On racontait que même parmi les siens, il avait fini par être plus ou moins ostracisé, cette pratique ne contribuant pas à leur popularité, même parmi leurs sympathisants. Malheureusement, personne n'a hélas jamais pu en apporter de preuve irréfutable, et ni lui ni les autres n'ont jamais été pris sur le fait. Ils ont provisoirement cessé leurs exactions à la chute de Grindelwald, et ont tenté de se faire oublier en s'achetant officiellement des conduites plus ou moins respectables… jusqu'à ce qu'ils reviennent sur le devant de la scène sous le nom de Mangemorts.

—Un Rosier, Evan, était à Poudlard, dans la promotion de Lucius Malfoy.

—Son fils, très certainement. J'ai entendu dire qu'il s'était marié sur le tard.

—Tu es sur qu'il n'y a aucun remède ? Implora Hermione d'une voix tremblante.

—Pas que je sache, non.

—C'est affreux. J'ai beau ne pas aimer James, je voudrais pouvoir faire quelque chose pour l'aider.

—Moi aussi, crois-moi. Et je n'aurais pas cru pouvoir dire ça un jour ! J'espère qu'il suivra mon conseil et ira parler à Dumbledore. Même si je doute que même lui, puisse y faire quoi que ce soit.

Un silence épais s'installa pendant quelques minutes, qu'aucun n'osait rompre. Ce fut Hermione qui le brisa la première.

—Que va-t-il arriver ? Si James et Lily… Harry pourrait ne jamais naître.

—Au risque de paraître cynique, ils ont l'air d'être redevenus en excellents termes, et ce sort ne rend ni impuissant, ni stérile ! Et même si c'était le cas, et à condition, bien entendu, que nous arrivions à détruire Qui-tu-sais, je ne pense pas que pour l'histoire avec un grand H, cela ferait une grande différence. D'un geste de la main, il interrompit la jeune femme, qui, le regard indigné, ouvrait déjà la bouche pour répondre. « Avant que tu ne montes sur tes grands chevaux, mes sentiments n'entrent nullement en compte. Ce je veux dire, c'est juste que, dans le sens où ton ami n'était aussi important pour le monde magique que dans le cadre de la prophétie, si celle-ci devient caduque, l'existence de Harry Potter n'est plus aussi cruciale. Cela dit, rien ne dit qu'il n'est pas déjà en route sans qu'ils le sachent. Tu m'as bien dit qu'il était né à la fin de juillet, ce qui nous donne une date de conception fin octobre ou début novembre. Lily peut très bien ne pas encore avoir de certitude absolue, si ses cycles féminins se situent en fin de mois. Mais il est également vrai que si Potter meurt avant la naissance de son fils, cela peut changer radicalement le cours des événements, si nous échouons à accomplir notre tâche.

—Je ne peux pas croire que… Hermione triturait sa serviette sans s'en rendre compte. « Personne n'a jamais essayé de trouver… je ne sais pas… un contre sort… Une potion… quelque chose ? Severus, tu…

—Ne me prête pas des pouvoirs que je n'ai pas, Hermione. Je ne suis qu'un apprenti potioniste. De plus expérimentés ont déjà dû se pencher sur le problème. S'ils n'ont pas trouvé…

—Tu es devenu, à vingt ans à peine, non seulement le plus jeune, mais le meilleur, et cela même tes pires détracteurs te le concédaient, Maître des Potions du Royaume Uni ! Et tu ne peux nier que tu es également très versé en sortilèges… même les plus sombres.

—Ce sort compte parmi les plus noirs qui existent, Harmony, intervint Tiberius, « et Severus à raison, il n'a aucune parade et à ma connaissance, jamais personne n'a réussi à découvrir quoi que ce soit pour le contrer. Dans la magie comme dans la nature, nous devons accepter qu'il existe hélas des choses contre lesquelles nous sommes impuissants.

Severus s'était tu et son regard avait pris une fixité songeuse, pendant ce court échange.

—Peut-être… murmura-t-il plus pour lui-même que pour les autres. « Peut-être… oui, cela ne le guérirait pas, bien sûr, mais ça pourrait… voyons… bourrache, Molène, sang de Dragon… aider à atténuer la souffrance, et peut-être… oui, hysope également, et aussi racine d'osha et de Mandragore… en le couplant à un sort de confinement, cela pourrait retarder… Ses yeux étaient fixés sur une chose que lui seul pouvait voir. Il était clairement passé en mode 'chercheur'. On pouvait presque voir les rouages de son cerveau s'affairer. Tout en marmonnant, il s'était levé et dirigé vers le jardin d'hiver, où le bureau d'Hermione était toujours en place depuis l'année précédente, et il griffonnait maintenant fébrilement des équations mêlant Runes et Arithmancie, sur un bout de papier.

Oui, à moins d'un miracle, son ennemi était condamné. Aussi sûrement que s'il avait avalé une fiole entière de poison mortel sans antidote, et rien ni personne n'y pouvait rien. Et cette nouvelle, étrangement, le touchait plus qu'il ne l'aurait jamais avoué. La malédiction allait s'étendre inexorablement, et peu à peu détruire les poumons du jeune homme, qui finirait par mourir dans d'atroces souffrances. Un schéma commençait à prendre forme dans sa tête, s'il réussissait, à l'aide de la potion qu'il commençait déjà à imaginer, et grâce à sa connaissance de la magie noire, il ne pourrait certes pas sauver Potter, mais il pourrait peut-être ralentir un peu le processus, et, surtout, faire en sorte qu'il soit moins douloureux.

Ce rebondissement tendait à prouver que leurs actions, aussi discrètes qu'elles aient été. Ils n'avaient, après tout, fait que changer les Horcruxes de place, réconcilié Lily et Severus, et provisoirement éloigné Régulus de la caverne maudite. Avaient déjà commencé à bouleverser le cours des choses. Les Potter n'étaient certes peut-être plus destinés à mourir à Godric's Hollow, mais pour James, ça n'avait plus aucune importance. En serait-il de même pour Lily ? Pour Regulus ? Ne pourraient-ils vraiment sauver personne ? Il refusait de l'envisager, et pourtant, depuis qu'il avait quitté les deux jeunes gens sur le Chemin de Traverse, une angoisse sourde s'était emparée de lui. Si jusqu'à présent la menace n'avait guère été que fantomatique, elle venait de s'incarner de la façon la plus brutale qui soit.

La voix de son aîné l'arracha à ses pensées.

—De la poudre de pieuvre, aussi, pour en renforcer les propriétés et la corne de Licorne est toujours efficace contre la magie noire… Tiberius se prenait lui-aussi au jeu. « Fais une liste de tout ce à quoi tu penses, sans lésiner ni regarder au prix, nous ferons le tri par la suite. Il regardait Severus avec le regard indulgent du grand-père qui vient d'offrir à son petit-fils le kit de chimiste dont il rêvait pour Noël. « Mais je mets des conditions : je veux participer aux recherches, et tu n'y passes pas plus de quatre heures par jour. Je refuse que tu mettes ta santé et ton couple en danger pour Potter, après tout ce qu'il t'a fait endurer.

—Il est hors de question que je n'y participe pas aussi. Intervint Hermione. « Je ne suis certainement pas aussi douée que vous deux, mais je peux au moins préparer proprement les ingrédients.

—Bien entendu, ma chère. Tiberius se retourna vers le jeune sorcier : « Je suppose que tu vas vouloir utiliser une potion générique pour les poumons, comme base. Il y a tout ce qu'il te faut pour commencer dans le laboratoire. Tu pourras t'y mettre dès demain, et pendant ce temps, je ferai un saut chez mon fournisseur personnel. Il a des contacts sur les marchés parallèles, et il pourra me procurer les ingrédients les plus rares plus rapidement. Son regard pétillait, il était visiblement aussi excité que son petit-fils. Après un moment, il ajouta : « je suis fier de toi, Severus.

—Ne vous méprenez pas, Monsieur, je ne fais pas ça par altruisme, mais pour le chalenge. Le sort de Potter, en soi, m'est indifférent. Se défendit le jeune homme avec une dureté qui aurait pu être plus crédible s'il avait mis un peu plus de conviction dans son ton, et un peu moins de feu dans ses actes précédents.

—Pour le chalenge… et pour Lily, intervint Hermione, plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu, avec, malgré elle, un pincement au cœur. « Mais ne te dévalorises pas, Severus, je suis bien sûre que même sans ça tu aurais cherché une solution.

—Ne me prête pas des intentions plus louables qu'elles ne sont, Hermione, je ne suis pas un saint. Bien sûr, je n'ai jamais souhaité la mort de Potter, malgré tout ce qu'il m'a fait subir, mais je te le répète, au risque de te choquer, je me fiche qu'il vive où qu'il meure. Ce que je ne supporte pas, ce sont les conditions dans lesquelles ça va se passer. C'est la souffrance inutile. Rien ne justifie la barbarie.

Et cette fois, cela sonnait beaucoup plus juste.

Hermione trainait dans la salle de bains, espérant, sans trop y croire, que Severus se soit endormi lorsqu'elle se déciderait à le rejoindre. Lorsqu'elle revint enfin dans la chambre, la pièce n'était vaguement éclairée que par les dernières flammes du feu qui mourrait lentement dans la cheminée. Elle rejoignit silencieusement le lit, et se glissa entre les draps le plus discrètement possible. La boule qui obstruait sa gorge depuis que Severus leur avait fait le récit de sa rencontre sur le Chemin de Traverse n'avait fait que grossir au fur et à mesure que la soirée avançait. Elle bloquait maintenant sa gorge, telle une poire d'angoisse. Elle n'avait qu'un désir : se blottir au plus près de lui, sentir ses bras autour d'elle, chauds et rassurants, mais elle craignait d'éclater en sanglots au moindre mot.

Qu'ils réussissent ou pas à faire quelque chose pour soulager James, dans quelques mois, Lily serait libre, et alors… alors qu'adviendrait-il d'eux ? La jalousie, le monstre aux yeux verts… aux yeux verts comme ceux de Lily, lui tordait les entrailles. Certes, Severus avait refusé de céder à ses avances, l'été précédent, mais à ce moment-là, il y avait encore James, et il était assez lucide pour comprendre qu'elle reviendrait toujours vers lui. Mais bientôt… bientôt… un spasme lui déchira la poitrine, et elle étouffa un soupir qui ressemblait à une plainte.

Elle se raidit en sentant son compagnon bouger à côté d'elle, et elle perçut le creusement du matelas, alors qu'il devait se soulever sur un coude. La main de Severus effleura son épaule, lui arrachant un frisson, et ses lèvres se posèrent sur son maxillaire. « Non ! » Murmura-t-il contre sa peau. Elle se figea, la respiration coupée par l'appréhension. Doucement, il la fit pivoter sur le dos. Il n'y avait aucune trace de sarcasme dans ses yeux, et soudain, elle fut happée dans leur océan d'obsidienne, mais au lieu de sentir son esprit s'insinuer en elle, elle se retrouva au milieu d'un cocon de tendresse, et elle sentit physiquement l'aura protectrice qui émanait de lui. L'intensité de son regard avait quelque chose de désespéré. Tristesse… reproche ? Qui lui fit mal.

—Non ! Répéta-t-il.

—Je…

—As-tu réellement aussi peu confiance en moi ? Je croyais… je pensais que tu comprendrais… je… je suis désolé, Hermione, les mots… Ces mots… c'était tellement… j'ai essayé, mais je n'y arrivais pas, alors…

—J'ai… Oh, Severus, j'ai tellement espéré avoir bien compris. Mais aujourd'hui… aujourd'hui je ne sais plus. Et j'ai… j'ai peur. J'ai tellement peur !

Ces mot… ils avaient effrayé la seule à qui il les avait jamais dits à un tel point, qu'elle avait saisi le premier prétexte pour le rejeter. Elle comprenait sa crainte. Prendre le risque de les prononcer de nouveau, c'était prendre le risque d'être de nouveau repoussé. Ou pire, peut-être n'avait-il jamais cessé d'aimer Lily.

« Tu… reprit-elle, la voix brisée, refusant de céder aux larmes qui lui brûlaient les paupières. « Tu l'aimes, et dans quelques mois…

—Je l'aime, oui. Je l'aime comme on aime une amie, je l'aime comme on aime une sœur. Et dans quelques mois, rien n'aura changé. Je ne te ferai pas l'affront de prétendre qu'il en a toujours été ainsi. Cet été, à l'Impasse du Tisseur, pendant un moment, j'ai été pétrifié de joie. Mais lorsqu'elle m'a embrassé, je n'ai rien ressenti. Rien ! Le bonheur que je croyais éprouver s'était évanoui d'un coup. Et j'ai… j'ai enfin compris ce que je me cachais à moi-même depuis plusieurs mois. Ce n'est pas à cause de Potter que je l'ai repoussée, non, c'est à cause de… toi ! Et ça, ça ne changera pas. Jamais. Parce que…

—Severus…

—Non, laisse-moi terminer. Tu te souviens de ce poème français, évoqué sur la médaille que nous a montré mon grand-père, l'année dernière ?

Tout en parlant, il avait fait glisser la bague qui ornait l'annulaire droit de la jeune femme, sur laquelle il pointait maintenant sa baguette.

—'Car vois-tu chaque jour, je t'aime davantage. Aujourd'hui plus qu'hier. Et bien moins que demain…' récita-t-elle, son cœur s'affolant d'un espoir grandissant.

—A chaque seconde un peu plus. Avoua-t-il d'une voix rauque, ses yeux échouant à retrouver chez la jeune femme la panique que cet aveu avait déclenchée chez Lily. « Et libre ou non, Lily ne changera jamais rien à cela, je te le jure. Je… je t'aime, Hermione, tu m'as rendu mon humanité, et tu fais de moi le plus heureux des hommes.

A l'intérieur de l'anneau, deux mots apparaissaient peu à peu, et lorsque Severus repassa la bague à son doigt, la boule dans sa gorge se rompit enfin, et les larmes qui inondèrent ses joues n'étaient pas des larmes de douleur, ou d'amertume, mais des larmes de bonheur. Il la berça de longues minutes entre ses bras, avant qu'elle ne réussisse enfin à se calmer.

« Je ne te demande rien. Nous sommes trop jeunes et les temps sont trop incertains pour que je te demande de t'engager pour la vie. Ce n'est pas une bague de fiançailles, ce n'est pas un anneau de mariage. Mais pour moi, c'est bien plus que ça !

Elle avait abandonné tout espoir d'entendre ces mots sortir un jour de sa bouche. Elle se fichait du mariage, mais ce 'je t'aime' était la chose la plus belle, la plus importante qu'elle ait entendue de toute sa vie. Elle pouvait sentir son angoisse. Il se livrait entièrement à elle, sans barrières, et il avait peur. Du bout des doigts, elle caressa doucement l'anneau, retraçant la forme de la feuille de lierre à la symbolique si forte, sentant presque physiquement les mots 'A JAMAIS' blottis contre sa peau. 'Je meurs où je m'attache…' Maintenant qu'elle connaissait en partie l'histoire de Severus, cette devise lui faisait un peu peur. Il était homme à la prendre au pied de la lettre. Elle était sûre que dans sa précédente vie, s'il n'avait pas eu Harry à protéger, il n'aurait pas survécu à Lily.

—Ce que tu ne me demandes pas, je te le donne quand même, Severus. Je t'aime, et tu peux me laisser tout le temps que tu veux, je suis sûre que je ne changerai pas d'avis.

Un peu plus tard, alors qu'elle s'abandonnait, dans l'étreinte des bras possessifs refermés sur elle, elle murmura, souffle contre souffle « à jamais ! » « à jamais !», répéta-t-il en scellant son serment de ses lèvres.

Jamais elle n'aurait osé espérer un plus beau cadeau de Noël.

TBC


A tous, je souhaite un doux Noël et de très bonnes fêtes de fin d'année… avec un supplément de chaleur à ceux qui, comme moi, seront seuls.
Quant à moi… all I wish for Christmas is a little review ;)

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