Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, et les OC par contre, sont à moi.
Merci à mes fidèles, anciens et nouveaux, revieweu(r)ses : Lia9749, Cididy, Zeugma, Steph Rogue, Clho, Guest, Daidaiiro, AlouetteL, Emilie09, Jasmineetaladin, SlythenclOw, Math'L, Alex, Emma, nonowX3, Fanny, Hella Slytherin et Lupinette
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse ! )
N/A : J'ai bien conscience des délais que je vous impose entre deux chapitres, depuis quelques temps, mais j'ai un boulot trrrès accaparant, particulièrement pendant le troisième trimestre. Je dois vous avouer que je n'ai ni le temps, ni l'énergie pour écrire beaucoup en ce moment. Ce chapitre a été écrit entre hier et aujourd'hui, parce que je ne voulais pas laisser passer encore plus de temps sans nouvelles. Pas beaucoup d'action encore une fois, mais plein de petites briques supplémentaires qui s'imbriqueront tôt ou tard dans l'édifice.
Enjoy &… Review !
Incertitudes
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Un calme presqu'irréel régnait sur la Communauté Magique depuis plusieurs mois. Certes, il y avait bien eu quelques disparitions aussi discrètes que mystérieuses du côté des opposants à Voldemort, mais sans que personne ne puisse prouver qu'ils n'étaient pas partis de leur plein gré pour se réfugier sous des cieux plus cléments, ainsi que beaucoup l'avaient déjà fait
Regulus avait confié à Severus que le Seigneur des Ténèbres avait quitté le Royaume Uni, seul, sans qu'aucun de ses fidèles n'ait la moindre idée ni d'où il pouvait être, ni de ce qu'il pouvait faire. Il n'avait laissé aucune instruction à ses Mangemorts, et la crainte de faire quelque chose qui aurait pu lui déplaire à son retour, retenait même les plus téméraires de tenter quoi que ce soit de tant soit peu spectaculaire. Même les Lestrange se tenaient relativement tranquilles. Rongeant son frein avec de plus en plus de mauvaise volonté, Bellatrix ne cessait de reprocher à son beau-frère son manque d'implication lorsqu'elle décidait, à bout de patience, de passer ses nerfs sur quelques Moldus qui avaient la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Et la grimace de dégoût qu'elle affichait ostensiblement lorsqu'elle voyait sa sœur et son époux s'attendrir sur leur nouveau-né suffisait à expliquer l'absence de descendance de Rodolphus. « Pourquoi aurions-nous besoin d'un Hériter ? Merlin merci, ton frère fera parfaitement l'affaire sans que j'aie à endurer neuf mois de désagrément et des années à supporter un mioche braillard dans nos jambes. »
Severus avait brillamment finalisé sa Maîtrise en octobre. La cérémonie publique de proclamation du nouveau Maître, en décembre, avait largement été couverte par la presse. Depuis l'instauration du diplôme, plus d'un-demi millénaire auparavant, il était seulement le deuxième à l'avoir décroché avant ses vingt-et-un-ans, après seulement deux années d'études. Et compte-tenu de l'évolution de la matière et de son enseignement depuis cette époque, son exploit n'en était que plus retentissant. Il n'avait échappé au harcèlement et aux affabulations prévisibles de Rita Skeeter, déléguée par la Gazette du Sorcier pour couvrir l'évènement, que parce qu'Hermione, voyant son compagnon sur le point de craquer, après s'être discrètement glissée près de la journaliste, avait négligemment laissé échapper une allusion à une potion dont l'ingrédient principal serait des scarabées broyés vivants. Ayant cloué la langue de la sorcière, elle s'était approchée de son oreille pour lui murmurer quelques mots, avant de retourner près de Severus et de Transplaner avec lui, laissant à Maître Stoke le soin de terminer seul la conférence de presse. Tiberius, qui les avait rejoints peu après, leur avait raconté en riant, la façon dont le teint parfait de la gratte-papier était, malgré sa couche de maquillage, passé du livide au verdâtre. Elle en avait même, en partant, oublié sa Plume à Papote, qu'il leur avait rapportée comme un trophée.
Hermione et lui vivaient désormais au manoir. Se basant sur les souvenirs de Kreattur, ils avaient réussi à localiser la grotte où était caché le dernier Horcruxe. La première fois, Severus avait insisté pour y Transplaner seul, avec comme unique repère, les images extraites de l'esprit de l'Elfe, lorsqu'il l'avait soigné. Elles s'étaient avérées assez précises pour qu'il y parvienne sans encombre, et il était revenu immédiatement après avoir vérifié les protections de Magie Noire qui étaient apposées à l'entrée de la grotte. Conformément à la promesse qu'il avait faite à son grand-père et à Hermione, il n'avait pas essayé, malgré la tentation, de les désamorcer pour voir ce qui se cachait derrière.
Par la suite, ils y étaient retournés tous les trois, afin d'étudier le terrain. Cette fois, ils avaient passé les barrières, se contentant de rester sur la rive du lac. Aucun d'entre eux n'avait l'intention de se confronter à une armée d'Inferi. Ils auraient pu tenter de détruire les Horcruxes à ce moment-là, si ce n'avait été la crainte que Voldemort le ressente, et ne décide d'en créer de nouveaux. La disparition du mage noir leur donnait certes du temps pour peaufiner un plan, mais elle pesait aussi lourdement sur leurs nerfs.
Remus, qu'ils avaient rencontré au début de l'automne, leur avait confirmé que Dumbledore lui-même semblait ignorer où était Voldemort. Et cela le rendait d'autant plus irritable, que certains membres de l'Ordre du Phénix commençaient, devant leur inertie, à relâcher leur surveillance sur les Mangemorts connus, et à négliger leur entraînement, au grand dam de Maugrey Fol-Œil qui serinait à qui voulait l'entendre son adage préféré 'vigilance constante !'. Habilement orienté par Hermione, le loup-garou leur avait aussi donné des nouvelles des Potter. Lily avait accouché d'un garçon, le dernier jour du mois d'août, leur avait-il confié en jetant un regard anxieux vers Severus, qui s'appliquait, de son côté à garder un visage impénétrable. Il en était aux yeux verts du petit Harry, lorsque le Serpentard avait brusquement fait bifurquer la conversation.
—Black ? Avait interrogé le tout nouveau Maître des Potions.
—A Poudlard. Il semble se plaire dans ses nouvelles fonctions.
—Grand bien lui fasse. Peut-être réussira-t-il à rester en place plus longtemps que les autres.
—La malédiction…
—Je n'ai jamais été persuadé de sa réelle existence. D'ailleurs certains professeurs ont tenu deux ou trois ans.
—Certes, mais tu dois avouer que la majorité…
—La majorité, pour ne pas dire tous, étaient des incapables à qui la seule idée de ce qu'ils pourraient avoir à affronter à la fin de l'année donnait des sueurs froides dès le début du dernier trimestre. Dumbledore a-t-il jamais engagé quelqu'un de vraiment qualifié, à ce poste ? Ceux qui ne sont pas virés pour incompétence sont tellement terrifiés par les histoires à dormir debout qui circulent dans les couloirs, la plupart inventées par les élèves, tu le sais aussi bien que moi, qu'ils démissionnent avant même de recevoir leur lettre de licenciement. Un comble lorsqu'on considère le poste qu'ils sont sensés occuper ! Non, la véritable malédiction, si tu veux mon opinion, est psychologique, et réside dans la peur de la malédiction elle-même. Et je ne serais pas prêt à jurer que Dumbledore ne l'entretienne pas à dessein.
—Dans quel but ferait-il cela ?
—Que sais-je ? Conforter Qui-tu-sais dans l'idée qu'il est plus puissant qu'il ne l'est réellement ? Lui faire croire que les effectifs de la Lumière sont sous-entraînés, puisque personne n'est semble-t-il capable d'enseigner correctement une matière qui pourrait lui nuire ? Après tout, quel sorcier est réellement capable de se défendre en sortant de Poudlard, à moins d'avoir été formé à l'extérieur ?
Rémus était songeur. Jamais il n'avait envisagé les choses sous cet angle, mais après tout, d'où venait vraiment cette histoire de malédiction ? C'était une rumeur qui courrait dans l'école depuis les années quarante, mais avait-elle vraiment un fondement 'historique' ou n'était-ce, justement… qu'une rumeur ?
—Sirius n'est pas incompétent ! Avait-il fini par énoncer devant le regard narquois de son interlocuteur, qui avait manifestement suivi le cheminement de ses pensées.
—Black est un chien fou et un connard, mais je dois reconnaître qu'il sait se battre, quoi que je ne sois pas entièrement certain de ses capacités à un contre un. Je me demande…
—Quoi ?
Severus avait secoué la tête, balayant le sujet d'un air soudain ennuyé.
—Non, rien ! Peut-être qu'il a eu de la chance. Que Dumbledore n'avait personne d'autre sous la main… Ou peut-être que je me trompe, après tout.
Lupin n'avait pas osé insister, et était parti peu après, nanti de sa dose mensuelle de potion Tue-Loup.
…
Après son départ, le jeune homme était resté planté devant la cheminée, les yeux perdus dans les flammes qui avaient repris leur couleur normale. S'approchant de lui, Hermione avait posé une main sur son épaule.
—Qu'est-ce qu'il se passe ?
—Ce soir-là, à la Tête de Sanglier… tu crois que Dumbledore aurait pu…
—Merlin ! C'est vrai ! Trelawney n'était pas là par hasard, il devait l'attendre. Et s'il était sur le palier…
—Il a pu entendre la prophétie ! Et il est assez intelligent pour avoir pu déduire ce qu'il fallait de la candidature de Black.
—Tu penses qu'il peut se douter de quelque chose ? Je veux dire… pour nous… moi ?
—Je ne sais pas. Normalement, non. A moins que… Seigneur, les inscriptions ! Lorsqu'un sorcier nait, même de Moldus, il est d'office inscrit à Poudlard dès sa venue au monde. Et si…
—Si le directeur reçoit les avis de naissance, il n'est pas assez naïf pour ne pas avoir fait le rapprochement entre Hermione et Harmony Granger ! Termina-t-elle en levant des yeux effrayés vers son compagnon.
Elle tremblait, maintenant, et Severus, passant ses bras autour d'elle, l'avait entraînée vers le canapé qui faisait face au foyer. Elle haletait, au bord de la crise de panique.
« Il… il sait !
—Non ! Il peut se douter de quelque chose, mais il ne peut avoir aucune certitude.
—Il n'a qu'à contacter le Macusa pour vérifier.
—Il est de notoriété publique qu'il n'est pas dans les meilleurs termes avec les autorités américaines, depuis je ne sais quelle affaire, dans les années trente. De plus, je ne pense pas qu'il désirerait mêler plus de personnes que nécessaires à ses affaires. Non, je pense qu'il préfèrera nous surveiller lui-même, en attendant le moment opportun, pour nous tirer les vers du nez, ou pour jouer au 'deus ex machina'.
—Il pourrait tout faire échouer en voulant arranger les choses à sa manière. Le professeur Snape avait dit…
—Même s'il se doute de quelque chose en ce qui te concerne, je suis certain qu'il ne sait rien de plus, et en tout cas rien sur les Horcruxes. Si je me fie à ce que j'ai pu voir dans la Pensine, il n'a découvert leur existence que bien plus tard. Après l'admission du fils de Potter à Poudlard. Et nous avons un avantage sur lui…
—Un… un avantage ?
—Il ne sait pas que nous savons qu'il se doute de quelque chose. Cela nous donne un temps d'avance sur lui. Rentrons maintenant, nous devons mettre mon grand-père au courant.
…
L'équilibre un peu bancal qui s'était instauré dans le monde sorcier de Grande Bretagne vola en éclats un après-midi de janvier, lorsqu'un appel fébrile retentit dans la cheminée de la maison de Spinner's End, relayée par celle du manoir.
Hermione, qui laissait paresseusement courir ses doigts dans la fourrure de Fluffy et des fléreurs, allongée sur le tapis, devant le pare-feu, se redressa brusquement, alarmée par la nervosité et l'urgence qui transparaissaient dans la voix de Regulus Black.
—Je peux traverser ?
—Je… Non ! Son esprit travaillait à toute allure. Severus travaillait dans le laboratoire, avec son grand-père, sur la possibilité d'une éventuelle amélioration de la potion qu'il fournissait à James Potter. Elle était restée avec eux une bonne partie de la journée mais les effets secondaires des émanations du produit avaient eu raison d'elle deux heures auparavant. Elle s'était réfugiée dans le salon, après avoir ingurgité une bonne dose de potion anti-migraines. Les nausées et les vertiges disparaissant habituellement après quelques minutes hors de l'atmosphère confinée du laboratoire. Non, décidément, la recherche, ce n'était pas pour elle, et elle admirait sans réserve l'endurance dont faisait preuve les deux hommes. Depuis qu'elle travaillait avec eux, elle était fermement persuadée que Tiberius, aurait pu lui aussi, s'il l'avait voulu, obtenir sans aucun problème une Maîtrise de potions.
« Non ! Je… nous… Elle s'efforça d'insuffler dans sa voix une hésitation et une gêne pleines de sous-entendus. « Tu… tu peux attendre quelques minutes ? S'il te plait !
Le jeune homme se racla la gorge, manifestement mal à l'aise. Lui ne jouait pas la comédie, et elle faillit éclater de rire, en l'imaginant devant sa cheminée, rouge comme une tomate.
« Reste près de la cheminée. On te rappelle dans un moment ! Termina-t-elle en coupant la communication d'un Finite incantatem. Bien utile, ce Disputatio !
Il ne lui fallut que quelques minutes pour courir au laboratoire et en ramener Severus. Les explications étaient inutiles un « Regulus, urgent ! » avait suffi pour qu'il se jette un Recurvite à la va-vite, et la suive en courant. En jetant une poignée de Poudre de Cheminette dans l'âtre, elle sourit intérieurement à l'idée que la tenue débraillée de Severus accréditerait ses insinuations.
Pendant que son compagnon ouvrait les volets d'un coup de baguette, et après un Incendio dans la cheminée, lançait un sort de réchauffement sur la pièce, elle ébouriffa un peu plus sa chevelure, enleva son pull et le renfila aussitôt, à l'envers, sous l'œil amusé de celui-ci. Elle n'avait manifestement pas besoin de lui expliquer l'excuse qu'elle avait donnée à Black pour le retarder ! Après un clin d'œil complice, Severus pointa sa baguette sur les flammes. « Chambre de Regulus Black, Square Grimmaurd ». Le jeune homme devait attendre l'appel avec impatience, il se matérialisa aussitôt que le passage lui fût ouvert, dans un jet de flammes vertes.
—Qu'est-ce qu'il se passe ?
—Le Seigneur des Ténèbres… il est revenu ! Avec un serpent géant. Il… il a puni Ferrars, qui n'avait pas répondu assez vite à sa convocation et… Regulus se tut, cherchant une respiration devenue chaotique, une expression horrifiée plaquée sur ses traits.
—Et ?
—Il l'a fait dévorer par…
Hermione avait plaqué ses deux mains sur sa bouche, submergée par une nausée qu'elle avait du mal à contrôler. Elle savait pertinemment de quoi étaient capables Voldemort et Nagini, mais l'image n'en était pas moins insoutenable.
« Il lui parle comme à un être humain, et le pire, c'est qu'elle semble le comprendre.
—Elle ?
—Il nous l'a présentée comme si c'était une personne. Elle s'appelle Nagini, elle le suit partout. Parfois, on dirait même qu'ils ont des conversations entières, en Fourchelang. C'est carrément… flippant.
…
Le cauchemar s'était un peu estompé depuis qu'elle vivait avec Severus, mais cette nuit, la scène de la Cabane Hurlante était revenue la hanter avec une force inégalée. Heureusement, elle s'était réveillée, assise dans son lit, couverte d'une sueur glacée, avant que le hurlement qui naissait déjà au fond de sa gorge n'ait eu le temps de jaillir. Elle s'était levée silencieusement et s'était réfugiée dans le jardin d'hiver.
Recroquevillée sur le canapé, elle essayait, sans beaucoup de succès, de se barricader derrière ses barrières d'Occlumencie. Mais la révélation de Regulus l'avait cueillie par surprise. Elle ne s'était pas attendue à ça, pensant, comme beaucoup, que Voldemort n'avait rencontré Nagini que lors de son exil en Albanie, après sa défaite face à Harry. Après, il avait été trop tard, et elle avait été incapable de dresser des boucliers assez solides pour juguler toutes ses émotions. C'était Nagini qui avait tué le professeur Snape… Severus. Aucun récit, aucun témoignage, ne la mentionnait dans les années quatre-vingt.
—Qu'est ce que tu fais là ? Elle sursauta, bien que la question ait été posée à voix basse. Severus s'assit à à côté d'elle, l'entourant de ses bras. « Je me suis réveillé, et tu n'étais plus là. Tu n'étais pas non plus dans la salle de bains. Que se passe-t-il, Hermione ? Je vois bien que tu n'es plus la même depuis la visite de Regulus.
Elle frissonna, se blottissant au plus près de lui, cherchant un contact encore plus étroit, qu'il ne lui refusa pas. Il dégagea quelques cheveux fous sur sa tempe, avant d'y poser ses lèvres, puis sa joue, attendant patiemment, en silence, qu'elle soit assez calmée pour pouvoir lui confier ce qui la tracassait.
—Nagini. Finit-elle par exhaler dans un souffle presque imperceptible. « Elle ne devrait pas être là, à cette époque. C'est… c'est ma faute. Si… si je n'étais pas… si nous étions allés ailleurs qu'à la Tête de Sanglier ce soir-là… si nous n'avions pas entendu…
—Shhht ! Il n'y a sûrement aucun rapport…
—Il y a forcément un rapport ! Rien n'arrive par hasard ! Le temps finit toujours par… un sanglot secoua ses épaules. « C'est Nagini qui a… qui t'a… je… j'ai peur, Severus. J'ai tellement peur !
Severus resserra sa prise en silence. Il savait qu'il était incapable de trouver une réponse satisfaisante à cela. Ils s'étaient jurés de rester honnêtes l'un envers l'autre, et il avait assisté à sa propre mort, dans la Pensine. Lui aussi, crevait de peur.
TBC
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