Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, et les OC par contre, sont à moi.
Merci à mes adorables revieweu(r)ses : nonowX3, Zeugma, Cididy, Constancelcd, SlythenclOw, Emilie09, Lia9749, Daidaiiro, Juliana, AlouetteL, Jasmineetaladin, Didi, Steph Rogue, Emma, Alex, et Crazyfuriousgirl
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse ! )
N/A : Bon, d'accord, nous sommes lundi depuis 1h30, mais vous n'allez pas chicaner pour si peu… xD.
Ceci dit, pas beaucoup d'action dans ce chapitre, tout simplement parce qu'au départ, il s'agissait de la première partie d'un chapitre unique. Mais comme il y avait longtemps que je n'avais pas fait de mise à jour, je l'ai un peu étoffé, et voilà. La suite aussitôt que possible, promis, même si je n'ai pas trop de temps, je pense à vous !
Sur ce,
Enjoy &… (please!) Review !
Les amants maudits
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Tiberius se tenait immobile, debout dos à la cheminée de la bibliothèque. Il affichait un air soucieux, alors qu'Hermione et Severus finissaient de lui raconter les derniers développements. Se décidant enfin à bouger, il s'assit dans son fauteuil habituel, réchauffa d'un geste le café qu'ils avaient laissé refroidir sur la table basse, et prit le temps de s'en servir une tasse avant de parler à son tour.
—Vous dites qu'il lui parle comme à une personne, et qu'elle a l'air de le comprendre ?
—Oui, absolument.
—Et elle lui obéit sans sembler chercher à discuter ?
—Je ne saurais pas dire si leurs échanges fonctionnent dans les deux sens, mais à ma connaissance, elle lui a toujours obéi, quoi qu'il lui demande de faire. Lorsqu'elle a attaqué Arthur Weasley, Voldemort n'était pas près d'elle, ce qui tendrait à démontrer soit qu'elle partage un lien télépathique avec lui, soit une certaine forme de conscience, ou d'intelligence de sa part : elle savait très bien où elle était, et à qui elle s'en prenait. Hermione se tourna vers Severus. « Est-ce que tu en as vu plus, dans la Pensine ?
—J'ai vu… il cligna des yeux, réprimant un frisson. Indubitablement, ce qu'il avait vu avait laissé des traces. « Des choses… il secoua la tête, comme pour chasser une vision cauchemardesque. « Mais rien qui apporte plus de précisions. A part peut-être qu'ils ont parfois l'air de tenir de véritables conversations, en Fourchelang.
—Je ne suis pas un spécialiste, mais ce que vous me décrivez pourrait ressembler fortement à un Maledictus dans sa dernière phase de transformation.
—Un… Maledictus ? Je n'en ai jamais entendu parler, avoua Hermione.
Severus était songeur. Lui, connaissait manifestement le terme.
—J'ai lu quelque chose là-dessus, il y a quelques années, en faisant des recherches sur… il jeta un regard en biais à la jeune fille. « Les différentes transformations humains/animaux.
—Alors ce serait… un être humain transformé ? Une sorte d'Animagus, ou de Loup-Garou ?
—Oui et non, dans le sens ou devenir Animagus procède d'un choix. Quant au Loup-Garou, même si son état peut être perçu, et vécu par la plupart d'entre eux, comme une malédiction, il s'apparente plus à une maladie, transmissible par morsure. Un peu comme… la rage par exemple. A ma connaissance, la lycanthropie ne peut en aucun cas être le résultat d'un maléfice. Un Maledictus, lui, nait comme ça. La malédiction, bien réelle, celle-là, est lancée sur une famille, et traverse les générations. Elle ne touche que les femmes, et se transmet de mère en fille, et la seule manière de l'éradiquer est de… supprimer toutes les filles à leur naissance... une chose qui a fini par être considérée comme presque 'normale' dans certains pays asiatiques, et qui a pour ainsi dire 'déteint ' sur les Moldus, même s'ils ont oublié, et détourné, l'origine de cette pratique. Hermione le regardait avec effroi, une main sur la bouche. « Jusqu'à la puberté, l'enfant est tout ce qu'il y a de plus normale. A partir de ce moment-là, la jeune fille commence à se transformer. D'abord involontairement, sous l'effet de certaines émotions exacerbées, mais peu à peu elle peut apprendre à maîtriser cette faculté. Si cela s'arrêtait là, cela ne poserait aucun problème majeur. A ce stade, en effet, elle conserve sa conscience humaine pendant ses transformations, et sa situation est effectivement très proche de celle d'un Animagus. Mais avec le temps, elle perd peu à peu cette conscience, et le retour à la forme humaine devient de plus en plus espacé et difficile, jusqu'à ce que la Créature ne prenne définitivement le dessus, ne conservant de son ancien état que la capacité de comprendre le langage humain.
Tiberius opina de la tête, en reposant sa tasse sur sa soucoupe.
—C'est exactement cela, et maintenant que nous en parlons… Oui ! Nagini… je savais bien que ce nom me disait quelque chose. Credence et Nagini. C'est une histoire qui a fait quelque bruit, à une époque. Ce devait être vers la fin des années vingt, je pense. Au début de l'ascension de Grindelwald, peu après son retour en Europe, à la suite de ce qui a été appelé le scandale du Macusa, où il avait assassiné et pris la place du ministre de la justice magique américain. Comme tous les on-dit, rapportés de bouche à oreille, ce n'était pas vraiment clair et les versions différaient parfois. Mais la trame en était toujours la même. Il y était question d'un Obscurial, et d'un Maledictus décrit comme une splendide jeune femme, alors exhibée dans un cirque ambulant. L'histoire était, comme je vous l'ai dit, assez confuse, et plus ou moins déformée au fil des récits, et personne à ma connaissance n'en a jamais eu le fin mot… sauf peut-être Newt Scamander, qui, toujours selon la rumeur, y aurait été mêlé de très près, officieusement mandaté par Dumbledore. Plus vraisemblablement, cette affaire a été étouffée, car touchant d'un peu trop près à l'histoire de la famille Dumbledore et à ses propres relations avec Gellert Grindelwald. J'étais un tout jeune enfant, à cette époque, et je ne l'ai vraiment découverte que bien plus tard. Les gens racontaient encore, des années après, l'histoire d'amour impossible de ces deux êtres maudits. Le mythe de Roméo et Juliette version monde sorcier, en quelque sorte. C'était certes très romantique, mais j'ai bien peur que même s'appuyant sur un noyau réel, ce n'ait été qu'une légende n'ayant que bien peu de rapports avec les faits véritables.
—Et sait-on ce qu'ils sont devenus ?
Severus ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais il se reprit et se contenta de lever les yeux au ciel avec un rictus ironique : 'Les femmes !' pendant que Tiberius poursuivait, sur un ton indulgent.
—L'Obscurial serait mort. Certaines versions parlaient d'un suicide, d'autres prétendaient qu'il aurait été tué par Grindelwald, voire même, involontairement, par Nagini elle-même sous sa forme reptilienne. En tout état de cause, le Maledictus, le cœur brisé, aurait alors volontairement abandonné prématurément son humanité, et serait retourné à la forêt. Mais ne vous emballez pas ma chère enfant, même s'il y avait un fondement à cette histoire, et même si le serpent était effectivement votre Nagini, cela ne nous avancerait pas plus pour autant. La Créature qu'elle serait devenue n'aurait pas plus de souvenirs de sa vie passée, qu'elle ne pourrait désormais éprouver de sentiments humains.
—J'ose espérer que tu ne comptes pas te lancer dans une croisade pour la rédemption des Maledictus tueuses… et mangeuses d'hommes, ironisa Severus d'un ton auquel il échoua à insuffler assez de légèreté pour être crédible.
Hermione ne s'y trompa pas et baissa les yeux, au lieu de répondre à sa taquinerie, comme elle l'aurait fait en temps ordinaire. La pensée des scènes qu'il avait dû voir dans la Pensine, ajoutées à celle de sa propre mort, dont elle avait été témoin dans la Cabane Hurlante, et qu'il avait vue dans ses propres souvenirs, lui enlevait toute envie de s'apitoyer sur le sort de Nagini.
—Non. Je voulais juste savoir si elle était censée avoir survécu. Parce que dans ce cas, il y a effectivement une possibilité pour qu'elle ne fasse qu'un avec la nôtre. Si ce n'était pas un serpent ordinaire, cela expliquerait que les Medicomages de Ste Mangouste aient eu autant de mal à soigner Mr Weasley, lorsqu'elle l'a attaqué, et aient été obligés de faire appel à Dumbledore, et donc indirectement à toi, je suppose, pour guérir ses blessures.
—A ce propos… tu n'aurais pas entendu décrire les effets du venin, par hasard ?
—Je ne pense pas qu'il s'agissait d'un venin à proprement parler. Je veux dire… si, mais pas dans le sens de poison. Je pense que c'était plutôt une substance qui empêchait la coagulation du sang, et par conséquent, la cicatrisation. Les blessures causées par ses crochets ne se refermaient pas. Ce sont les hémorragies à répétition, qui ont bien failli le tuer, jusqu'à ce que miraculeusement, un simple Medicomage de Ste Mangouste ne trouve soi-disant la solution. Je ne comprends pas comment Harry n'a pas été plus affecté, lorsqu'elle l'a mordu, à Godric's Hollow, même si c'était assez superficiel. Peut-être qu'ayant déjà été mordu par un Basilic quelques années plus tôt, et guéri par des larmes de Phénix, il était en quelque sorte… immunisé contre les blessures causées par des reptiles magiques.
Hermione s'était levée, et elle allait et venait dans la pièce, en frottant nerveusement ses bras, sans s'en rendre compte. Severus la rejoignit, l'obligeant à s'arrêter. Les yeux qu'elle leva vers lui étaient un peu trop brillants.
« Ce serpent… rien que l'idée qu'il pourrait… elle n'eut pas le courage de terminer sa phrase, mais la vision de Nagini se jetant sur le Maître des Potions flottait entre elle et Severus. « J'espère qu'il ne va pas se décider à la transformer en Horcruxe avant l'heure. Préféra-t-elle ajouter. « Et dire que nous avons les moyens de détruire toutes ces abominations dès à présent !
—Il est cloîtré dans son manoir, et nous n'avons aucun moyen de savoir s'il ressentira ou non leur disparition. Nous devons attendre un moment favorable. Souviens-toi : nous ne devons pas tenter de provoquer les évènements. La seule possibilité que nous ayons d'éventuellement influer sur l'avenir est de nous en tenir à de petites actions 'en coulisses', comme nous l'avons fait jusqu'à maintenant. Tant qu'il ne bouge pas, nous ne pouvons rien faire.
—Mais pourquoi ne fait-il rien ?
—Je pense qu'il est en train de… jouer.
—Jouer ?
—A faire monter la pression. Il joue sur la crainte, et la crainte peut être plus nocive que l'action. Tout le monde retient son souffle, la suspicion s'installe. Entre voisins. Dans les familles. Il déstabilise, il divise, afin que lorsqu'il passera à l'action, personne ne sache vraiment ni comment réagir, ni à qui faire confiance.
—Mais c'est insupportable !
—C'est exactement ce qu'il recherche. Nous ne devons pas entrer dans son jeu. Continuons à tisser nos alliances. Pour le moment, nous savons que nous pouvons compter sur Black et Lupin, même si ça me fait mal de devoir éventuellement m'appuyer sur eux. Potter et Lily ne feront rien contre nous, Regulus est de notre côté, il restera, au minimum, neutre. Et si j'ai su lire entre les lignes, à moins que Voldemort ne menace directement les siens, Malfoy continuera à faire l'autruche. Quant à Dumbledore, même s'il est vexé que nous n'ayons pas fait appel à lui, il ne peut se permettre, par les temps qui courent, de mépriser des alliés.
—Mais pourquoi est-il allé chercher ce serpent ?
—En partie à cause de la prophétie, je suppose, mais… j'ai aussi pensé à autre chose. J'ai beaucoup lu sur les Horcruxes ces derniers temps. Leur création n'a pas seulement pour effet de fractionner l'âme, leur action est extrêmement destructrice sur le corps physique. Je pense qu'il a besoin de se régénérer, et pour cela, il n'a pas énormément de solutions. Il y a très peu de substances qui peuvent avoir cet effet. L'une d'entre elles est le sang de Licorne, mais elles sont excessivement rares, de nos jours, et à moins d'investir la Forêt Interdite…
—Oh mon Dieu !
—Quoi ?
—C'est… Lors de ma première année, il avait pris procession du corps d'un professeur, et Hagrid a trouvé une Licorne morte dans la Forêt.
—Oui, j'ai vu cet épisode dans la Pensine et tes souvenirs. Mais il n'avait plus de corps du tout, alors, et il n'avait que cette solution pour pouvoir survivre. La population de licornes en Albanie est l'une des plus élevées au monde, et je pense que c'est pour cela, qu'il s'y était réfugié, avant de circonvenir Quirinus Quirell, et de revenir en Angleterre avec lui. Mais je ne pense pas qu'il soit diminué au point d'en arriver encore à une telle extrémité, à moins de n'avoir aucun autre recours. Mais il existe une autre substance. Le venin de Basilic, absorbé par voie orale, à très faibles doses.
—Mais pour ça, il faudrait qu'il trouve le moyen de s'introduire à Poudlard !
—En fait, ce que je voulais dire, et je rejoins ton idée, au sujet de la morsure de ton ami, c'est que… si le venin de Basilic peut avoir cet effet régénérant, pourquoi celui d'un autre reptile magique ne pourrait-il pas en avoir un similaire ? Peut-être veut-il faire d'une pierre deux coups… d'une part, garder le Maledictus sous la main, au cas où, et d'autre part, expérimenter sur lui l'effet de son venin. Il a réussi à se construire un nouveau corps en se servant des ossements de son père, et d'une potion, d'après ce que t'a raconté ton ami, n'est-ce pas ? Le genre de préparations qui entre dans ces rituels de Nécromancie n'est pas à la portée du premier venu. Sans être inaccessible, il nécessite de sérieuses connaissances en potions. Et lorsqu'on a ce genre de qualification, expérimenter les effets d'un venin inconnu n'est pas une chose hors de portée, si l'on prend toutes les précautions.
—En parlant de ça, intervint Tiberius, se levant à son tour, « je pense qu'il est temps pour nous de trouver un autre sujet d'étude que tenter d'améliorer la potion pour Potter. D'autant que je crois sincèrement que nous ne pouvons guère faire mieux que la dernière version. Je sais bien que sans un échantillon du venin en question il est quasi impossible d'élaborer un remède vraiment fiable, mais malgré tout, je serais d'avis que nous commencions, dans un premier temps, par nous pencher sérieusement sur la possibilité de renforcer les effets des potions antihémorragiques existantes.
—Et de voir comment nous pouvons les combiner aux anti-venins également existants… termina Severus. « Je pensais m'y mettre dès demain. Je suis d'accord avec vous, Monsieur, je crains que nous ne puissions pas faire mieux pour Potter.
Tiberius s'était retourné pour faire face au foyer, et c'est d'une voix basse et enrouée qu'il poursuivit, avant de sortir de la pièce sans se retourner :
—J'avoue que savoir qu'un tel monstre existe et qu'il a été, ou sera, peu importe, l'instrument de… de ta… bref… cela me met dans le même état qu'Hermione.
La jeune femme fit mine de ne pas remarquer la brusque expiration de Severus, alors qu'il baissait la tête pour dissimuler son visage derrière le sombre rideau de ses cheveux. Exprimer ses émotions n'était pas dans le tempérament du jeune homme, mais il était manifestement extrêmement touché par les dernières paroles de son grand-père.
…
Quelques jours plus tard, alors qu'ils étaient en train de prendre le thé, la cheminée de la bibliothèque s'illumina de flammes vertes. La voix qui s'en échappa était hachée, les mots entrecoupés de gémissements douloureux. « Seve…rus… besoin… aide…»
TBC
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