Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, et les OC par contre, sont à moi.

Merci à mes adorables (et patient(s)) revieweu(r)ses : Zeugma, Cididy, Constancelcd, Math'L, Emilie09, Daidaiiro, AlouetteL, Steph Rogue, Aventure, Lupinette, SlythenclOw, Lyrellys, et Alex

A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse ! )

Coucou ! Eh oui, c'est bien vendredi, et pas dimanche, mais je pars demain pour quelques jours de vacances sans ordinateur, donc...

N/A : Un chapitre de transition, qui marque le "début de la fin". Pas encore énormément d'action ni de détails dans ce chapitre, mais ils viendront sans doute par la suite xD

Enjoy &… (please!) Review !


The game is afoot

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Après le départ de Remus, ils avaient aussitôt regagné le manoir. Réunis dans le salon, après le repas du soir, ils avaient mis Tiberius au courant des derniers événements. Le vieil homme affichait un air préoccupé. Le plan n'était pas mauvais, et tout compte fait bien peu différent de ce qui avait, la première fois, conduit à l'assassinat des Potter, mais l'approche de l'échéance les rendait tous nerveux.

—Tu penses qu'il est capable de tenir le coup, si Tu-sais-qui lui fait subir la même chose qu'à toi ?

—Je ne pense pas qu'il le fasse. Lupin préviendra Greyback au dernier moment, soi-disant dans l'urgence, et celui-ci sera bien obligé de lui faire rencontrer son Maître, étant donné que seul le Gardien du Secret en personne peut révéler à qui que ce soit, même lui, tout Seigneur des Ténèbres qu'il s'autoproclame, l'emplacement d'un lieu mis sous Fidelitas. Nous avons convenu qu'il prétendrait que Dumbledore, soupçonnant l'existence d'un espion, n'aurait révélé le lieu de rendez-vous aux membres de l'Ordre qu'au tout dernier moment. S'il veut vraiment attaquer ce soir-là et les prendre par surprise, il n'a aucun intérêt à le blesser. Pas plus physiquement, cela se verrait et pourrait mettre la puce à l'oreille de Dumbledore, qui pourrait décider de tout annuler, que psychologiquement, car cela pourrait entraîner un revirement de sa propre part. Après tout, Lupin justifie sa trahison par la manière dont les autres le traitent. Logiquement, s'il doit trouver pire ailleurs, il n'a aucun intérêt à le faire, et Voldemort n'est tout de même pas assez idiot pour trop le molester au premier contact. Très franchement, les choses seront obligées d'aller tellement vite, que je ne pense pas qu'il courre un trop grand danger. N'oublions pas qu'il a déjà donné des renseignements fiables, cela devrait jouer en sa faveur. Il le 'sondera' peut-être un peu, pour vérifier ses motivations, mais cela ne devrait pas aller trop loin, dans son propre intérêt.

—Oh, et si Pettigrew, ou un autre, puisque nous n'avons aucune preuve que ce soit lui qui ait livré l'information de l'expédition chez les Evans, lui rapporte l'information du changement de lieu de la Réunion, cela accréditera d'autant son histoire. Je vois que tu as pensé à tout. Mais comment pourront-ils Transplaner à Godric's Hollow, s'ils n'y sont jamais allés ? Demanda Hermione.

—Ah ! Ça, c'est la partie la plus 'tirée par les cheveux' du plan. Lupin prétendra utiliser le même procédé que Dumbledore vis-à-vis de l'Ordre : une photo du cottage, tout simplement... Sauf qu'en réalité, l'Ordre, lui, utilisera la cheminée pour Apparaître directement à l'intérieur de la maison, et que ses membres seront déjà sur place, à les attendre. Dumbledore ne leur révèlera ses desseins que lorsqu'ils seront tous sur place.

—Heureusement que Peter a quitté la dernière réunion avant que Dumbledore n'expose son plan.

—Je pense que Lupin n'y est pas tout à fait étranger. Il est loin d'être bête, et il a réfléchi de son côté, après le raid contre la maison des Evans. Comme il l'avait fait remarquer à l'époque, le panel des possibilités était réduit, il a dû arriver tout seul aux bonnes conclusions… Bref, lorsque nous l'avons mis dans la confidence, je lui ai fourni, à toutes fins utiles, un échantillon de la potion que j'avais utilisé pour me rendre malade, lorsque nous nous sommes connus. Je suis persuadé qu'il en a fait bon usage. Le tout, maintenant, est qu'il persuade ses acolytes de tenir leur langue vis-à-vis de leur ami commun. Mais je ne pense pas que ce soit très difficile… Pettigrew a toujours été la dernière roue du carrosse, et ils ne sont plus dans l'espace clos de Poudlard. Cela ne m'étonnerait pas qu'ils le tiennent déjà à l'écart, depuis leur sortie de l'école. Pour qu'il ait décidé de trahir Potter, à ton époque, il devait avoir de bonnes raisons. Pourquoi en serait-il autrement maintenant ?

—D'après toi, pourquoi Dumbledore n'a-t-il pas révélé ses projets aux autres ?

—Je ne peux qu'extrapoler sur ce point, mais Fol-Œil et les Londubat sont des Aurors considérés comme incorruptibles, ils auraient difficilement été crédibles en traîtres. Quant aux jumeaux Prewett, ils sont réputés pour être des têtes brûlées, excellents combattants mais avec une nette tendance à fanfaronner et à parfois parler un peu trop. Je pense qu'il n'y avait personne d'autre, ce soir-là, et garder ses plans pour lui jusqu'à la dernière minute, d'après ce que j'ai pu voir dans la Pensine, n'est pas une chose inhabituelle pour lui, je me trompe ?

—Non, effectivement. Et nous, comment allons-nous faire ? Si nous utilisons la même photo, et que nous Transplanons au même moment, nous courrons le risque d'Apparaître au milieu des Mangemorts. Il vaudrait mieux utiliser mes souvenirs de la place, ou du cimetière.

Severus détourna le regard, et se mit à caresser un peu trop ostensiblement Khemet, qui venait de sauter à côté de lui sur le canapé.

—Nous, nous serons à la caverne, en train d'essayer de détruire les Horcruxes. Et ce ne serait déjà pas mal que nous en sortions vivants.

—Et d'ailleurs, il serait bon que nous réfléchissions très exactement à la manière dont nous allons procéder, renchérit Tiberius. « Etant donné l'heure, et la nuit, c'est bien connu, portant conseil, je suggère que nous allions tous nous coucher, et que nous reprenions cette conversation demain.

Les deux jeunes gens se levèrent, pour lui souhaiter la bonne nuit, Hermione suivant la sortie du vieux sorcier d'un œil soupçonneux, avant de tourner la tête vers son compagnon, qui, écartant ses cheveux d'une main caressante, venait de poser ses lèvres sur sa nuque.

—Severus !

—Mmm ?

—N'essaye pas de détourner la conversation, je…

—Je ne détourne rien du tout, je pensais que la conversation en question était terminée, et pour tout dire, j'avais autre chose en tête… Fit-il en se plaquant contre elle, afin qu'elle n'ignore rien de ce qu'il insinuait.

Partagée entre colère et amusement, Hermione eut de la peine à retenir un petit rire.

—En… tête, hein ? Il répondit par un grognement inintelligible, sa bouche étant occupée à tracer un chemin de baisers dans son cou. « J'avais bien entendu dire que les hommes réfléchissaient avec… « Oh ! Ses mains étaient à leur tour entrées en action, et elle se sentait faiblir de seconde en seconde. Elle tenta une dernière protestation, pour la forme. « Je… ici ?

Il la fit pivoter entre ses bras, avant de s'emparer de ses lèvres. Lorsqu'ils se séparèrent, à bout de souffle, ses yeux brûlaient d'un désir ardent, mêlé d'une tendresse infinie. Ce regard seul avait le pouvoir de la faire fondre, autant que toute autre caresse.

—Il y a un endroit très bien isolé, dans le jardin d'hiver, avec un sofa très confortable… et le clair de lune est magnifique ce soir ! Souffla-t-il.

—Pervers !

Un demi-sourire ironique vint naître sur ses lèvres.

—Tu crois ?

—Je crois surtout que tu veux éviter le sujet de Godric's Hollow. Mais dis-toi bien, Severus Snape, qu'où tu iras, j'irai aussi, que tu le veuilles, ou non !

—Mmm… ce n'est pas ce que nous avons toujours fait ?

—Réponse de Serpentard ! Tu ne t'en tireras pas aussi facilement, je commence à parler couramment le Serpent moi-aussi, à force de vous fréquenter, ton grand-père et toi.

—Je ne vois pas ce que tu veux dire. Fit-il en se repenchant vers elle.

—Oh je pense que tu vois très bien au contraire. Nous en rep… Elle eut soudain un hoquet, qui lui coupa un instant la respiration. « Sev… Ohhh !

Personne ne se serait aventuré à gratifier du nom d'île, pas même d'îlot, l'entassement de rochers escarpés battus par les vents et l'eau, sur lequel ils avaient Transplané. Hermione considérait avec une fascination mêlée d'horreur le renfoncement sombre qui leur faisait face, à quelques encablures, et qui n'était visible que de là où ils étaient. Cette grotte, comme tant d'autres qui tapissaient ces falaises, avait peut-être servi, dans le passé, de repère aux contrebandiers qui écumaient ces côtes. Elle frissonna, ramenant contre elle les pans de la veste de laine épaisse qu'elle avait enfilée sous sa cape. Comment le jeune Tom Jedusor avait-il bien pu découvrir un tel endroit, sans jamais être sorti de son orphelinat ? La cavité, uniquement accessible à marée haute, n'était visible que de la mer, et encore fallait-il la chercher. Un chemin avait peut-être existé, à une époque, afin de permettre d'y accéder depuis les terres. Simple escalier de marches glissantes taillées à même la craie de la falaise, sécurisé par une unique corde reliée à quelques piquets plantés à intervalles réguliers. Quoi qu'il en ait été, il n'en restait plus aucune trace, il avait été littéralement gommé par les tempêtes qui écrasaient leurs flots déchainés contre les parois déchiquetées, année après année. Une illustration trouvée dans un livre ? Une légende tombée de la bouche d'un autochtone, lors d'une rare sortie des pensionnaires de l'orphelinat ? Mais comment un enfant de moins de dix ans, n'ayant aucune éducation de sorcier avait-il pu y accéder tout seul, entrainant avec lui deux autres bambins terrorisés ? Toutes questions auxquelles Dumbledore n'avait daigné donner aucune réponse à Harry. Et plus tard, une fois revenus à Poudlard… Plus tard, il avait été trop tard !

Ils étaient déjà venus ici, mais le temps, en ce soir d'automne, le vent, les paquets d'eau glacée qui venait s'écraser avec rage contre leur frêle refuge, les inondant et les glaçant jusqu'aux os, tout contribuait à donner à la scène, même en dehors de toute référence à ce qu'ils allaient tenter, une impression d'angoisse palpable. Ils se regardaient, silencieux, incertains, bien que ce qu'ils allaient faire ait été prévu dans les moindres détails. Qu'ils réussissent ou qu'ils échouent, après ce soir, rien ne serait plus jamais pareil. Hermione replia légèrement sa main gauche, son pouce venant instinctivement caresser l'anneau d'argent, qu'elle portait désormais à cette main

Étroitement enlacés, épuisés, ils écoutaient leurs cœurs reprendre un rythme normal. Ils reposaient sur le divan, qu'ils avaient transformé en couche. Les feuillages des plantes exotiques semblaient se refermer autour d'eux, les isolant au milieu d'un ilot de verdure, renforcé par les charmes d'Isolement et d'Insonorisation qu'ils avaient jetés lorsqu'ils s'étaient réfugiés ici. Les rayons de la lune presque à son apogée éclairaient la scène d'une lueur surnaturelle. Redessinant du bout des doigts la courbe d'une hanche, Severus soupira. La tête baissée, il laissait le rideau de ses cheveux masquer ses traits. Hermione se taisait, attendant patiemment qu'il se décide à parler. Elle connaissait les signes. Lorsqu'il se lança enfin, sa voix était rauque, comme étouffée.

Tu avais raison.

Ce n'était pas ce à quoi elle s'était attendue.

« J'essayais … j'espérais pouvoir réussir à te convaincre de rester ici, mais… je suis désolé, Hermione, je n'aurais pas dû. Pardonne-moi, mon amour, tu es tellement plus courageuse que moi!

Sever… Il posa vivement une main sur ses lèvres trouvant enfin le courage de lever son visage vers elle.

Non, écoute… je ne te mérite pas, mais… je veux que tu portes mon nom, Hermione.

La gorge soudain nouée, elle le regarda, les yeux écarquillés, peu sûre d'avoir bien entendu.

« Je sais que je t'avais dit que les temps étaient trop incertains. Poursuivit-il. « Que nous étions trop jeunes, et que je ne te demanderais pas de t'engager, mais… mais dans quelques semaines, nous serons peut-être morts, et... Harmony Granger n'existe pas vraiment dans ce monde, mais Harmony Prince sera un membre respecté de la communauté sorcière, quoi qu'il puisse arriver. Il dut lire quelque chose dans le froncement des sourcils de la jeune femme, dans la brusque crispation de ses épaules, l'éclat de colère qui passa dans son regard, et sa bouche déjà entrouverte pour répliquer, parce qu'il leva une main apaisante, avant de poursuivre. « Je sais ce que tu t'apprêtes à dire, mais c'est faux ! Je ne te demande pas ça uniquement à cause du danger que nous allons courir. Je ne veux pas que tu penses que je veux seulement te mettre à l'abri du besoin au cas où il viendrait à m'arriver quelque chose… Je… reprit-il après une inspiration, « je ne suis clairement pas doué pour ces choses, pour… exprimer ce que je ressens. Je suis exclusif, vindicatif, jaloux, j'ai un caractère de cochon, mais je t'aime, et je veux que tu portes mon nom, à la face du monde, pour toujours. Danger ou pas. Dans la vie ou dans la mort.

Sur cet écueil perdu au cœur de l'océan, au moment d'accomplir ce qui allait très certainement sceller leur destinée, elle se remémorait cette soirée, et elle se prit à esquisser un sourire alors que dans sa poitrine, l'étau de l'angoisse se desserrait légèrement. Elle lui était reconnaissante de son aveu. D'avoir accepté, malgré sa peur pour elle, qu'elle soit à ses côtés à cet instant. La cérémonie avait été célébrée la veille, selon le rite sorcier. Tiberius, au comble de l'émotion, avait reçu leurs vœux, ainsi que son titre lui en donnait le pouvoir, devant les portraits de ses ancêtres, avec pour seuls témoins Vitellius Stoke pour Severus et Remus Lupin pour Hermione.

Soudain, un éclair illumina le jour déclinant, l'arrachant à son songe éveillé. Un énorme loup argenté venait d'apparaître au milieu d'eux. Ils avaient convenu que Remus leur enverrait son Patronus depuis Godric's Hollow, lorsqu'il serait avéré que Voldemort avait mordu à l'hameçon. Ainsi, le Loup Garou avait réussi sa mission, et l'attaque venait de commencer.

C'était à eux de jouer.

Malgré ses protestations initiales, Hermione s'était laissée convaincre de rester sur l'îlot, laissant Severus et Tiberius s'occuper des Horcruxes et du Feudeymon. Il fallait que quelqu'un puisse témoigner en cas de problème, et elle était la seule des trois à ne pas être initiée au sort. L'angoisse qu'elle avait un instant réussi à juguler lui serrait à nouveau les tripes alors qu'elle observait les deux hommes se rematérialiser sur le seuil de la caverne, minuscules silhouettes à peine discernables sur l'obscurité de l'entrée du tunnel qui s'ouvrait derrière eux.

...

—Lumos maxima ! Lança Tiberius pendant que son petit-fils faisait apparaître la barque engloutie.

Jusque-là, ils n'avaient pas accompli autre chose que ce qu'ils avaient déjà fait lors de leur visite précédente, lorsqu'ils étaient venus reconnaître les lieux. A partir de maintenant, ils entraient dans l'inconnu. Sans un mot, les deux hommes échangèrent une poignée de main et un long regard. Ils avaient pleinement conscience que ce moment pouvait fort bien être un adieu. Severus monta dans la barque, qui s'éloigna docilement du bord, en direction de l'îlot qui émergeait au centre de l'étang. Il mettait toute sa volonté à garder ses yeux fixés sur son but, et à surtout ne pas regarder la surface des flots, sous laquelle se distinguaient nettement les formes cadavériques qui flottaient entre deux eaux, sur le dos, leurs yeux grands ouverts, guettant la moindre erreur dans le rituel instauré par Voldemort, pour se jeter sur leur proie.

Une fois qu'il eut accosté et tiré la barque au sec, Severus regarda autour de lui. Tout était exactement tel que dans le souvenir de Kreattur. Le rocher, tel un autel sacrificiel, la vasque contenant le philtre… il avait l'antidote sur lui, et un court instant, il fut tenté de s'en servir pour vérifier ce que cachait le liquide couleur d'émeraude, dont il effleura la surface d'un doigt. Mais lorsque la coupe apparut, il se ressaisit, et, faisant un pas en arrière, tira de sa poche le coffret de cèdre contenant les autres Horcruxes, auxquels il rendit leur volume originel, avant de les disposer sur la table de pierre, autour de la vasque.

Aussitôt, les Horcruxes se mirent à luire d'une lueur vert sale, malsaine, comme s'ils sentaient qu'ils étaient enfin tous réunis. Ils semblaient être animés d'un frémissement, comme s'ils étaient attirés par la coupe et ce qu'elle contenait. Ils avaient longuement discuté, pesant le pour et le contre de prendre le risque de boire la potion afin de vérifier que le médaillon était bien là. En contemplant le phénomène, Severus n'avait plus aucun doute, et malgré la fascination morbide qui l'attirait vers la pierre, maintenant entièrement nimbée par le halo maléfique, il trouva la force de faire un pas en arrière, puis un autre, jusqu'à ce que sa jambe heurte le bord de la barque, qu'il poussa dans l'eau avant d'en enjamber prestement le rebord. Sous ses yeux horrifiés, une main décharnée jaillit des flots, refermant ses griffes sur le bord de sa cape, qu'il s'empressa de dénouer, l'abandonnant à la créature immonde. Le tissu, en s'enfonçant dans l'eau sombre, semblait réveiller quelque chose dans les profondeurs, animant la surface étale de remous. Un remugle malsain se répandit dans l'air, mélange de vase et de chair en putréfaction. Des bribes de cours de Défense remontèrent à sa mémoire ''les Créatures de l'Ombre ne craignent rien plus que la lumière et le feu''. D'une main tremblante, il saisit sa baguette et la leva haut vers le plafond de la grotte.

—Lumos solem ! Prononça-t-il d'une voix moins assurée qu'il l'aurait souhaité.

Son sort venant s'ajouter à celui que son grand-père maintenait depuis qu'il avait quitté la rive, la caverne était maintenant illuminée comme en plein jour, lorsque le soleil est à son zénith. Affolés, les Inferi refluèrent précipitamment vers les profondeurs, créant un mini maëlstrom qui fit dangereusement tanguer et tourbillonner plusieurs fois le frêle esquif, manquant de peu de l'engloutir, avant que la surface ne redevienne unie, et que la barque ne reprenne sa progression vers la rive. Tétanisé par la terreur résiduelle, Severus mit un long moment avant de pouvoir saisir la main secourable que Tiberius lui tendait, pour l'aider à reprendre pied sur la terre ferme. Dès qu'il eut quitté la barque, celle-ci s'enfonça de nouveau sous les flots, alors que les deux hommes rejoignaient sans s'attarder, la frontière magique tracée par le mage noir, s'éloignant le plus rapidement possible des horreurs qui hantaient le lac, cadavres ranimés dont rien ne pouvait venir à bout, que la mort de celui qui les avait créés… Et, espéraient-ils, le Feudeymon.

De son poste d'observation, Hermione perçut d'abord une lueur intense, semblable à un millier de flashes, jaillissant de l'intérieur de la caverne, qui éclaira la surface de la falaise comme en plein jour, immédiatement suivie d'un grondement sourd semblant émaner des entrailles de la terre, avant que les rochers qui surplombaient l'entrée de la grotte ne commencent à s'effondrer. Au cœur de cet enfer, ses yeux échouèrent à distinguer autre chose que des papillons de lumière, et c'est avec un immense soulagement qu'elle sentit, plus qu'elle ne les vit, les silhouettes sombres qui se matérialisaient près d'elle. Il fallut un long moment avant que les deux hommes, qui s'étaient laissés tomber par terre, ne trouvent l'énergie de se relever. Assis à même les rochers, échevelés, en lambeaux, ils contemplaient d'un œil vide la falaise en train de s'effondrer. La jeune femme, un instant affolée par leur inertie, avait vite été rassurée de voir que leur état ne cachait aucune blessure grave. Leurs vêtements étaient en partie déchiquetés et une forte odeur de fumée en émanait. Du sang suintait de nombreuses lacérations, mais ils ne semblaient souffrir d'aucune brûlure. Ils avaient uni leur puissance magique pour lancer le Feudeymon et le Transplanage qui avait suivi immédiatement après afin d'éviter le retour de flamme, avait fini de les épuiser. La jeune femme métamorphosa plusieurs lambeaux d'étoffe, découpés dans sa propre cape, pour en faire des vêtements chauds qu'elle les aida à enfiler, et des couvertures qu'elle drapa sur leurs épaules, avant de leur faire avaler les potions régénérantes qu'ils avaient pris la précaution d'emporter, prévoyant à juste titre les effets de leurs actions.

Un long moment s'écoula, qu'aucune des trois personnes assises à même les rochers, étroitement serrées les unes contre les autres, n'aurait pu évaluer, avant que Severus ne se lève, bientôt imité par les deux autres.

—On se retrouve au cimetière.

Ils hochèrent la tête en silence. Ils s'étaient rendus à Godric's Hollow quelques jours plus tôt, pour reconnaître les lieux, et s'étaient mis d'accord pour Transplaner dans l'endroit le moins susceptible d'être fréquenté à cette heure de la soirée, tant par les Moldus que les Mangemorts. Une seconde plus tard, l'ilot était redevenu désert alors que les derniers rochers arrachés à la falaise finissaient de sombrer dans les flots. Bientôt, on n'entendit plus que le bruit du vent et la rumeur des vagues s'écrasant contre les écueils.

Les dés étaient jetés.

TBC


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