Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, et les OC par contre, sont à moi.
MERCI à Zeugma, Nora, Constancelcd, Math'L, Telmahut, Harry-Sterek-1968, Wendy Craipeau, Lupinette, Daidaiiro, AlouetteL, Cididy, Lyrellys, Crazyfuriousgirl, Emilie09, Didi, YuzueSatsuki, Guest, Juliana, SlythenclOw, Lilibelluleblue, Jasmineetaladin, Alex, Keichido, Steph Rogue, Emma, DGBA (bienvenue et merci pour tes nombreuses reviews).
et à ModestAmateur pour son gentil message.
Bonsoir à tous, et encore un immense Merci à tous ceux qui m'ont soutenue par leurs messages. J'ai hésité à attendre dimanche soir pour poster ce chapitre, qui sort juste « du four », mais vous avez été tellement adorables que je ne vous ferai pas attendre plus longtemps.
J'espère qu'il ne vous décevra pas trop (j'avoue que je l'ai à peine relu). Peu, voire pas d'action dans ce chapitre, qui se veut une réflexion post guerre, sur le chemin suivi par les uns et les autres. On approche de la fin, peut-être encore un ou deux chapitres, je ne sais pas trop, on verra.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.
Enjoy &… (please !) Review !
Le chemin que je n'ai pas suivi
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Two roads diverged in a wood, and I-
I took the one less traveled by,
And that has made all the difference.
(Robert Frost – The road not taken)
Deux routes divergeaient dans un bois ;
Quant à moi, j'ai suivi la moins fréquentée
Et c'est cela qui changea tout.
.
Dumbledore n'avait eu ni la discrétion ni la délicatesse de Tiberius. Après avoir exploré la mémoire des deux jeunes gens, il avait exigé de visionner les souvenirs du professeur Snape. Peut-être l'avait-il regretté, alors qu'il émergeait de la Pensine en chancelant. Effondré sur le fauteuil que Missy avait avancé pour lui, il était resté de très longues minutes prostré, immobile et muet, les épaules voutées et le visage accablé. Il avait enfin relevé vers le jeune homme un regard dans lequel on pouvait lire une profonde confusion. Accrochant les yeux de Severus, toujours alité et adossé à ses coussins, il était encore resté un long moment silencieux, avant de murmurer d'une voix presqu'inaudible :
—Je vous demande pardon, monsieur Snape !
Severus avait haussé un sourcil, d'une manière qui avait douloureusement rappelé à Hermione son ancien professeur, et le sort qui avait été le sien.
—Ce n'est pas à moi que ces choses sont arrivées.
—Celles qui se sont produites dans votre enfance et votre adolescence, si ! Quant aux autres… les autres… Merlin, mon garçon, comment avez-vous pu rester fidèle à la Lumière après tout ce que je vous ai obligé à…
—Vous ne m'avez obligé à rien, monsieur. D'après ce que j'ai pu voir, c'était entièrement mon choix. Et ainsi que vous l'avez si bien exprimé, ce n'est pas à vous que je suis resté fidèle, mais à la Lumière… Même si à cette époque, ma Lumière s'appelait Lily. Termina-t-il après un léger silence.
—Cela ne change rien à ce que vous avez fait. A ce que vous avez accepté de faire. Surtout lorsque je vous ai demandé de me... Seigneur, à quoi vous ai-je condamné, alors ! Mon aveuglement ne m'avait même pas fait réaliser que c'était en grande partie mon comportement à votre égard qui vous avait poussé dans les bras de Voldemort. Il fit un geste vers la Pensine. « Voir les choses de l'extérieur m'a fait réaliser énormément de choses. Vous avez vu tout cela, vous auriez dû m'en vouloir, vous auriez pu refuser de vous en mêler. Et pourtant c'est encore grâce à vous, que Voldemort a pu être vaincu, cette fois.
—Et que faites-vous d'Hermione ?
—Loin de moi l'idée de minimiser son rôle, mais miss Granger ne serait jamais arrivée ici, sans vous. Mais il est vrai qu'elle a réussi là où j'ai failli à mon rôle, de par mon sectarisme. J'aurais dû être le mentor de tous mes élèves, et non d'une seule Maison. Sur ce plan-là, je n'ai pas été meilleur que Tom. Je me rends compte, à présent, que mon ostracisme envers les Serpentards s'apparentait fort à ses théories racistes. Sur ce point, je suis aussi coupable qu'il a pu l'être.
—Ne vous méprenez pas, je vous en ai effectivement voulu. Je vous en veux encore. Ce n'est pas pour vous que j'ai fait tout ça. Je ne suis même pas persuadé que ce soit uniquement pour la Lumière. Je l'ai fait… au début, c'était surtout pour le professeur Snape. Parce que j'avais vu ce qu'il avait vécu, et ce que Voldemort était vraiment. Je l'ai fait parce que je voulais sauver Lily et aussi parce que ne voulais pas être… je ne voulais pas qu'il soit mort en vain. Qu'il ait accompli tout ça pour rien. Et puis j'ai appris à apprécier Hermione, c'est elle qui a fini de me faire réaliser que je m'engageais sur une mauvaise voie, pour de mauvaises raisons. Et c'est encore elle qui m'a encouragé à rencontrer mon grand-père. Grâce à elle, j'ai enfin pu savoir ce qu'est une vraie famille, mais plus encore, grâce à elle, je me suis trouvé moi-même.
Il ferma un instant les yeux, en laissant aller sa tête sur ses oreillers avec un rictus douloureux. Ses souvenirs étaient des blessures supplémentaires, elles étaient encore à vif, et la souffrance en était au moins aussi grande que celle qu'il ressentait dans son corps. Le cœur serré, Hermione prit une de ses mains dans les siennes. Elle savait ce qu'il allait dire, et qu'il n'avait confié qu'à elle jusqu'à cet instant. Et elle savait à quel point c'était difficile pour lui de montrer cette vulnérabilité.
« Je ne voulais plus être rejeté, ignoré, méprisé. Je voulais être enfin quelqu'un qui compte ! Et je voulais me persuader que Lily m'admirerait pour cela, et peut-être qu'elle me reviendrait. Même si tout au fond de moi, je savais depuis longtemps que je n'avais jamais vraiment compté pour elle. Qu'elle ne quitterait jamais Potter pour moi… même avant notre rupture. Je ne suis pas idiot, à partir du moment où j'ai eu connaissance de sa forme Animagus, j'ai su ce que signifiait la biche, mais je voulais quand même y croire. À tout prix. Et pour cela, je m'accrochais à une illusion. Voldemort était le chemin le plus facile, celui qui s'ouvrait en grand devant moi, pavé de belles promesses. Pour la première fois, je n'étais plus Servilus, on ne me rejetait pas, mieux, on me sollicitait. Quelqu'un, l'un des plus puissants sorciers de notre époque, reconnaissait mes talents pour ce qu'ils étaient vraiment. J'allais faire partie de quelque chose de grandiose, devenir quelqu'un d'important… prendre enfin ma revanche, peut-être. Hermione et le professeur Snape m'en ont montré les ornières cachées. Son regard s'assombrit, et sa main se crispa un peu dans celle d'Hermione. « Cette fois encore, je n'ai pas pu sauver Lily, mais je suis en paix avec moi-même, parce que cette fois, je sais que j'ai fait le bon choix.
—Et maintenant ?
—Maintenant ?
—Qu'allez-vous faire ? D'après ce que j'ai pu voir dans la Pensine, l'enseignement était loin d'être votre vocation première. Le professeur Slughorn…
—Si vous voulez dire que la simple idée de me retrouver enfermé six heures par jour et cinq jours par semaine avec des adolescents sans cervelle, dopés aux hormones, et qui n'ont strictement rien à faire des potions suffit à me rendre malade, vous êtes effectivement dans le vrai. Alors, à moins que vous ne trouviez un autre Potioniste disposé à occuper le poste, je pense que le professeur Slughorn devra encore renoncer à prendre sa retraite cette année. Il fallait changer le moins de choses possible, afin de, pour ainsi dire, berner le temps, pour avoir une chance de réussir à détruire Voldemort, mais maintenant, tout sera forcément différent. « Et cette fois, vous n'avez aucun moyen de pression sur moi », se retint-il d'ajouter.
—Oui, je suppose que vous avez raison, beaucoup de choses seront différentes, même si certaines demeureront fatalement immuables… Dumbledore laissa un instant dériver son regard vers sa main gauche, là où l'extrémité de ses doigts commençait à noircir. Imprudemment, il avait légèrement affaibli son bouclier, afin de pouvoir mettre plus de force magique dans l'Avada Kedavra qu'il avait lancé à son ancien élève, et la dernière malédiction de Lord Voldemort, qui avait fusé de sa baguette au moment même où il s'écroulait, si elle n'avait pas tout à fait atteint son but, avait tout de même effleuré sa main. Un instant, il avait pensé à demander l'aide du jeune surdoué. Après tout, Severus, malgré leur passif, avait offert à Potter près de deux ans de sursis, si quelqu'un pouvait faire quelque chose... Mais après avoir visionné les souvenirs du professeur Snape, il avait renoncé. Il eut une pensée pour Arianna. Pour ses fautes passées. Cette fois, il assumerait son destin jusqu'au bout, mais dans la mesure de ses possibilités, et pour sa rédemption, il essayerait de faire en sorte que celui du jeune homme, au moins, soit différent. C'était le moins qu'il pouvait faire pour l'homme qui les avait tous sauvés et qui avait vécu et était mort dans des conditions inhumaines, en grande partie par sa faute. « Je vous souhaite très sincèrement beaucoup de bonheur, monsieur Snape. À vous et à miss Granger. Fit-il en se levant. « Je pense que je vous ai assez fatigué, je vais vous laisser vous reposer, maintenant. Mrs Pomfresh peut être assez effrayante lorsqu'elle est en colère, personne ne voudrait affronter cela, pas plus moi qu'un autre. Conclut-il avec un sourire.
Quelques semaines plus tard, les blessures des hommes étaient guéries et le deuil des disparus avait commencé à faire son travail dans le cœur des survivants. Les cérémonies de Yule, qui marquaient le solstice d'hiver, symbole de la victoire de la lumière sur l'obscurité, amorcée au lendemain de Samain, revêtaient cette année-là une signification particulière. À Poudlard, d'où tous les élèves avaient été exceptionnellement renvoyés dans leurs familles pour les fêtes, Albus Dumbledore avait réuni, dans la grande salle, les survivants de l'Ordre du Phénix, augmentés de la famille Prince. Ce soir-là, pour la première fois, Severus avait été présenté sous le nom de son grand-père, et son union avec Hermione révélée au grand jour. Bien sûr, en dehors des intéressés, du Directeur, de Minerva McGonagall, qui devrait vraisemblablement gérer l'éventuelle disparition de la jeune Hermione Granger, dans quelques années, et de Remus Lupin, personne n'était, ni ne serait jamais au courant de son rôle véritable dans la chute de Voldemort. Officiellement, il avait 'seulement' été l'espion secret de Dumbledore dans les rangs du Seigneur des Ténèbres, et à ce titre, lui avait apporté les renseignements qui avaient conduit aux événements d'Halloween. Il ne serait jamais fait mention des Horcruxes, ni de la véritable identité d'Hermione et d'où elle venait. Tous les avaient également vus combattre, et affronter en face les Lestrange et Voldemort. Tous savaient que leur rôle dans la bataille finale avait été essentiel dans la victoire. Dumbledore avait laissé entendre que leur mission secrète, outre les risques encourus s'ils avaient été découverts, avait également entraîné de graves préjudices physiques, en particulier pour Severus, et personne n'aurait osé leur dénier le droit d'être de fait intégrés dans l'Ordre.
—Il paraît que Malfoy s'en est bien tiré ?
Sirius, un verre de whisky Purfeu à la main, venait de faire irruption dans le petit groupe que formaient Remus, Tiberius, Severus et Hermione, auprès de la grande cheminée. À la surprise de tous, le pacte de non-agression entre le loup-garou et celui qui avait naguère failli être sa victime, se transformait peu à peu en un début d'amitié, certes fragile, mais bien réelle.
—Il a plaidé l'Imperium, en accusant Rosier, l'un des Mangemorts tués ce soir-là. C'est à lui qu'Harmony doit d'être encore vivante, et Dumbledore s'est porté garant pour lui.
—À ta demande…
Les épaules de Severus se contractèrent légèrement, mais il planta fermement son regard dans les yeux de son ancienne némésis.
—Oui, à ma demande ! Il n'a pas participé aux affrontements, ce soir-là, et lorsqu'il a enfin pris parti, c'était en notre faveur. Il a abattu sa propre belle-sœur pour sauver Harmony. Il nous a protégés. Lucius a énormément changé depuis quelques temps. Il regrettait de plus en plus le choix que son éducation, son ambition et la pression de son père l'avaient poussé à faire, surtout depuis la naissance de son fils. Il a compris trop tard que sa famille comptait plus que tout le reste, mais lorsqu'on s'est engagé dans ce genre de chose… Il… Son regard dériva vers les flammes qui dansaient dans la cheminée. « Il était ce que j'aurais pu devenir si je n'avais pas rencontré Harmony.
Sirius eut la décence de baisser les yeux.
—Et Regulus ? Demanda-t-il à voix basse.
—Quoi Regulus ?
—Tu sais ce qu'il est devenu ?
—Je sais ce que tout le monde sait, qu'il a disparu après que Voldemort ait lancé son serpent contre lui.
—C'était ton ami !
—Et c'était ton frère. Cela ne fait pas de nous des extralucides. Je regrette, Black, mais si Regulus a, par miracle, réussi à survivre et à se cacher, la décision de réapparaître ou non n'appartient qu'à lui. Mais à ta place, je ne me ferais pas trop d'illusions. Tous les partisans du Seigneur des Ténèbres ne sont pas morts ou emprisonnés, et je ne pense pas que ce serait dans son intérêt.
Sirius hocha la tête d'un air peu convaincu. Regulus restait une plaie ouverte dans son cœur. Son petit frère, qu'il aimait autant qu'il le détestait pour être si conforme aux attentes de ses parents. Lui, avait été le rebelle de la famille. Dès qu'il avait atteint sa majorité, il s'était enfui loin de la maison familiale, abandonnant son cadet à son sort. Il avait à tout prix cherché à se persuader qu'il ne regrettait rien. Qu'en se réfugiant chez les Potter, il avait largement gagné au change... mais il savait pertinemment qu'il se mentait à lui-même. Pendant des années, martyriser Snape avait constitué un exutoire à la colère qu'il éprouvait envers Regulus, le fils parfait des Black, alors que lui, l'Héritier, était considéré par ses propres parents comme le mouton noir de la famille... Et malgré tout, Severus lui avait plus que certainement sauvé la vie. Il avait aidé James sans contrepartie, retardant sa fin et adoucissant ses derniers mois, et lui permettant de connaître son fils. Severus avait tordu le cou à toutes ses certitudes.
Il s'était récemment découvert une conscience et se sentait en partie responsable de l'engagement de son frère auprès des Mangemorts à un si jeune âge. S'il était resté, peut-être aurait-il pu contrer l'influence décisive de Bellatrix auprès de son jeune cousin, déjà bien conditionné par les idées de ses parents… En tout cas, il aurait pu essayer. Regulus s'était retrouvé en position d'Héritier, et en tant que tel, il devait prouver qu'il était différent de son frère. Sirius réalisait maintenant l'égoïsme de son acte. Il avait été en révolte contre sa famille, certes, mais il ne les voyait pas si souvent, et même s'ils méprisaient ses idées, ils ne l'avaient jamais maltraité. Mal à l'aise, il avala une gorgée de whisky. Severus, lui, avait été maltraité, à la fois par son père et par les Maraudeurs, et de façon indirecte, par Dumbledore et les autres adultes, qui avaient laissé faire. Qui l'avaient regardé, sans rien dire, sans rien faire, s'enfoncer pas à pas, de maltraitance en humiliations, de plus en plus profond dans les Ténèbres. Personne n'avait jamais été de son côté. Personne ne lui avait jamais tendu la main. Il avait été réparti dans la Maison qui comptait le plus de partisans de Voldemort. Au sein de laquelle ils faisaient la loi sur leurs condisciples. Et malgré tout, il avait trouvé la force de résister à l'appel des Ténèbres. Oh bien sûr, de son propre aveu, Harmony y avait été pour beaucoup, mais il devait reconnaître que le Serpentard avait du cran. Depuis qu'il avait décidé de se ranger du côté de la Lumière, il avait montré plus de courage que tous ceux qu'il connaissait. Et encore avait-il le sentiment confus qu'il ne connaissait qu'une partie de la vérité…
—Ah, monsieur Snape, pardon… Prince ! Dumbledore s'approchait, le regard pétillant. « Alors comment s'est passé le retour de monsieur Malfoy chez lui ? Après un court emprisonnement dans les cellules du Ministère –son comportement à Godric's Hollow lui avait évité Azkaban- et son procès, sur lequel l'intervention de Dumbledore avait été décisif, Lucius avait été relâché quelques jours auparavant, et placé en résidence surveillée dans son propre manoir pour une période de probation de trois ans.
—Narcissa a mieux pris la chose qu'on aurait pu l'imaginer… je pense que le fait qu'elle croie qu'il a tué sa sœur en duel y est pour beaucoup. Mais d'après ce qu'il a pu me dire, son comportement au repas de Samain avait choqué jusqu'à leur père. L'issue n'a vraiment étonné personne.
—La mort est toujours un drame. Si je l'avais pu, j'aurais même préféré éviter celle de Tom. Bellatrix était une enfant ravissante, mais il y a toujours eu quelque chose d'inquiétant en elle, même à onze ans. Une cruauté latente. J'ai très vite su qu'elle avait hélas hérité des tares de sa famille. Je ne suis pas certain qu'elle aurait résisté à un long séjour à Azkaban, peut-être son sort aura-t-il été le plus clément.
Dumbledore avait évidemment vu, dans les souvenirs du professeur Snape, ce qu'était devenu Bellatrix, et dans ceux d'Hermione, ce qu'elle avait fait à la jeune femme. Quelques temps après sa visite au manoir des Prince, il les avait longuement reçus, à Poudlard, en présence des fantômes, afin de se faire préciser de nouveau toutes les circonstances des évènements qu'ils avaient vécus depuis les trois dernières années.
« Votre grand-père m'a appris votre projet d'association avec Damoclès Belby et Vitellius Stoke. Changea-t-il de sujet. Toutes mes félicitations, monsieur Prince, je suis certain qu'un grand avenir vous attend. Votre épouse fait-elle également partie du projet ?
—Hermione et mon grand-père se chargeront de la partie commerciale du projet. Damoclès a définitivement rompu les ponts avec son frère… J'ai bien peur que vous ne deviez vous résigner à renoncer à un quelconque professeur Snape, mâle ou femelle, conclut Severus avec un léger sourire ironique.
…
Pour la première fois depuis la réunion de la famille, aucune menace ne pesait sur les habitants du manoir, et la journée de noël avait baigné dans une torpeur paresseuse. Hermione et Severus s'étaient attardés auprès de la grande cheminée du salon, après que Tiberius soit monté se coucher. Le silence n'était troublé que par le crépitement du feu et le ronronnement des Fléreurs et du Boursouf. La jeune femme se laissait aller à une douce somnolence, entre les bras de son compagnon.
—Tu ne regrettes rien ?
Alertée par le ton du jeune homme, Hermione se força pourtant à ne pas bouger.
—Regretter ? Regretter quoi ?
—Je ne sais pas… ton époque, tes amis… tu n'aimerais pas les revoir ?
—Mes amis sont morts, et à mon époque, Voldemort avait gagné la guerre.
—Je m'explique mal. Si la première fois, les choses s'étaient déroulées comme cette fois… Je… dans ses souvenirs, le professeur Snape a laissé la composition de sa potion. Je… je l'ai étudiée et je pense que je pourrais…
—Non ! Cette fois, Hermione s'était dressée et elle lui faisait maintenant face. « Non ! Ne dis pas un mot de plus ! Même si j'en avais la possibilité, je refuserais de retourner dans mon époque. Pas sans toi ! Pas sans ton grand père, pas sans Missy et tous les autres. C'est ici, et avec vous tous que je veux vivre. Mon seul regret est pour mes parents. Cela fait un moment que j'y pense. Dans quelques années, ils vont certainement perdre leur fille, et ça me mine. J'avais effacé leur mémoire, à l'époque, pour leur sauver la vie. Je pense que le plus miséricordieux serait d'en faire autant cette fois, lorsque cela se produira. J'ai beaucoup pensé à eux, ces derniers temps. Je… je sais que tu n'as aucun attachement pour la maison de tes parents. Pourrions-nous envisager de déménager… à… à Londres par exemple.
Une étincelle amusée dansa dans les yeux sombres du jeune homme
—Dans le quartier où tu as grandi, peut-être ? Une clé était soudain apparue entre ses doigts.
—Oh, Severus ! Comment…
—Il t'arrive parfois de parler, en dormant, et je sais à quel point tes parents te manquent. Nous ne retournerons pas à Spinner's End. Les promoteurs en ont donné un meilleur prix que prévu. Nous irons cette semaine récupérer ce que nous voulons garder, le reste peut aller au diable. La maison de Londres se situe à trois numéros de celle de ta famille. Nous pourrons aménager dans un mois. Joyeux Noël, Hermione !
—Mais… mais quand… comment ?
—Mon grand-père s'est chargé des transactions, les anciens habitants n'ont rien perdu au change, crois-moi. Je… mmfff
S'il avait été un peu anxieux de la réaction de la jeune femme, il n'avait plus aucun souci à se faire.
TBC
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