Depuis combien de temps se battaient-ils ? Plusieurs heures déjà, c'était certain. Ils n'étaient pas beaux à voir, mais continuaient vaillament à repousser l'ennemi sous cette pluie battante qui durait depuis le levé du jour.

La clairière était calcinée par les flammes ardantes d'un œil divin, brûlant les graines de pissenlits qui s'échappaient tant bien que mal d'un cercle guérisseur dressé par celle qui protégeait la ville de Mondstadt de tout son être, Jean Gunnhildr.

Au sol, les cendres de plusieurs lucioles de tout éléments, quelques mages, mais aussi le corps sans vie d'un jeune homme aux cheveux bleus foncés, une peau diaphane. A quelques mètres de lui, un nón lá assorti à une tenue noire, rouge et violettes aux accents orientaux déchirée de part en part, suintant le sang à moitié seché par endroit.

Ils étaient à bout de force, et pourtant, il restait encore deux fatuis à abattre. Diluc connaissait l'un d'eux, pour avoir tenté de l'enroler, de façon à peine voilée, dans ses troupes de pantins. Il Dottore, 3° membre des fatuis, scientifique de génie, paranoïaque et sans aucune considération pour les autres êtres humains. Assis non loin de son comparse à terre, il observait avec un certain plaisir la scène qui s'offrait à lui.

Le soleil se couchait dans des teintes de rouge soutenue et de jaune orangé, cachés par d'épais nuages noirs menaçants. Puis vinrent les premiers éclairs, zébrant le ciel à présent noir, éclairant l'endroit par intermittance.

Diluc était loin d'être à son avantage sous la pluie, et bien que Jean le soutenait du mieux possible, celui que l'on nommait communément Tartaglia semblait parfaitement dans son élément. Malgré son état actuel, il mettait toute son énergie pour mettre hors d'état de nuit ces deux héros de Mondstadt, et s'il en tuait un, voir les deux, ce n'était pas vraiment dérangeant. Au contraire, ils étaient réputés pour être très puissants individuellement, et encore plus en duo. Il fallait avouer que la blonde était effectivement bien plus rapide que son accolyte, contre balançant un léger manque de puissance dans ses coups. Le bourrin ne lui poserait pas de problèmes s'il parvenait à se débarasser d'elle, trop lent pour le toucher, pour autant, son célèbre phoénix était prêt à être lancé, à voir l'oeil divin qui se balançait au niveau de sa ceinture, au rythme de ses mouvements.

« JEAN ! »

Trop tard. Tartaglia était debout face à elle, à quelques centimètres à peine. L'épéiste était épuisée, à cours de magie, elle ne l'avait pas vu arriver dans son dos. Comment avait-elle pu croire qu'un fatui se battrait à la loyal ? Quelle idiote.

« Pardon... » murmura-t-elle, quelques larmes perlant de ses yeux.

La blonde se retrouva propulsée directement en direction du spectateur, qui ne fit pas un geste pour la retenir, frappant de plein fouet l'arbre qui se trouvait derrière lui avant de tomber sur le sol, innerte, son dos nu et maculé de sang, tout comme ses cheveux.

« Enfin ! Entrons dans le vif du sujet ! » s'entousiasma le scientifique, « Tartaglia, montre-moi un peu si ce gamin vaut vraiment le temps que nous lui consacrons. » dit-il tranquilement, « J'ai encore beaucoup de travail qui m'attend, alors essaie d'aller un peu plus vite cette fois. »

Le roux n'avait pas eu le temps de lui répondre. Diluc était hors de lui, et avait passé un cap dans sa façon de se battre, si bien que le fatui doivent se concentrer réellement sur le combat. Contrairement à ce qu'il pensait, sa vitesse avait nettement augmenté, de même que sa force de frappe.

Ces échanges de coups durèrent plusieurs longues minutes, Tartaglia préférant opter pour un combat à distance, se méfiant de cette épée monstrueuse que l'on nommait « La mort du loup ».

Malheureusement, même s'il était rusé et patient de nature, l'empressement de Dottore lui tapait un peu sur les nerfs, ce dernier le pressant d'en finir afin de retourner à ses recherches.

Réfléchissant à toute vitesse dans l'espoir d'avoir une issue rapide au combat, Ajax remit en place son arme hydromorphe, repassant en combat à distance. Puisque son temps était compter, autant tout donner maintenant, sinon le fou ne ferait pas que lui tirer les oreilles, ça, c'était certain.

Il était à bout. Comment faisait-il pour tenir debout ? Lui même n'en savais rien, mais tant que ses jambes seraient décidées à bouger, il continuerait la bataille.

Ses méninges tournaient à plein régime, guettant le moment propice pour lancer une ultime attaque. Même s'ils mourraient ici, le pays serait débarassé d'au moins deux redoutables adversaires. Bien sûr, ils seraient remplacés, les fatui ayant de nombreux membres en leur sein, pour autant, s'il survivaient à ce combat, leur expérience leur permettrait de grignotter petit à petit ces terrorristes.

L'hydro changea à nouveau son arme, profitant de la lancée du héro de la nuit pour le viser sans qu'il n'ait le temps de l'esquiver. Ils étaient bien trop proches pour ça.

Puisqu'il en était ainsi, Diluc fit le vide dans sa tête, concentrant le plus de magie possible dans son épée pour un dernier coup. Le coup fatal qu'il ne donnait que très rarement, celui qui le rendait presque légendaire parmis les hommes de l'ombre, le phénix ardant.

« Décidément, vous ne valez vraiment rien... » déclara le savant fou en se levant, visiblement irrité.

Les dernières images qu'il vit furent celles de Dottore, ramassant le corps de celui qui se faisait Scaramouche et certainement celui de Tartaglia, il ne savait pas trop, tout était flou, et puis plus rien. Juste des douleurs dans tout le corps, la sensation de tomber dans le vide.