Plop bonsoir

Cet OS prend place dans un univers de crossover HP X MCU que je compte développer à travers des OS et des plus-ou-moins-longues fics, en l'occurrence, il s'agit du point de départ de toute l'idée ^^

Si Clint peut paraître un peu pataud à prendre soin de Harry, c'est normal, il n'a pas encore ses enfants ^^

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient


.

.

Clint vérifie une deuxième fois l'adresse pour vérifier qu'il est bien au bon endroit. 4, Privet Drive, Little Whining. Comment les habitants réussissent à vivre ici ? Toutes les maisons se ressemblent, copié-collées les unes à côté des autres. À vrai dire, cela ne le surprend qu'à moitié de la part de Pétunia Evans – Dursley, désormais, maintenant qu'il y pense – d'après ce qu'il en a déduit d'elle à son mariage avec Laura.

L'Agent n'apprécie pas vraiment la cousine de sa femme. Il préfère – préférait – Lily, beaucoup plus agréable et joyeuse. D'ailleurs, si ça ne tenait qu'à lui, il ne serait pas là, mais sa femme a insisté. Pétunia a parlé du fils de Lily placé chez elle qu'elle ne peut pas élever et franchement, Clint a de sérieux doutes. Mais il ne sait pas dire non à Laura, encore moins s'il y a la vie d'un enfant en jeu. Il se doit au moins de vérifier les faits pour trouver une solution convenable à tous les partis.

Il soupire, monte les deux petites marches du perron, enclenche la sonnette avant de glisser ses mains dans ses poches, ses yeux parcourant le voisinage par habitude pour déterminer le niveau de menace. La voisine l'observe depuis son salon et Clint a la désagréable impression que ce n'est pas seulement de la curiosité mal placée.

Il est presque soulagé quand Pétunia lui ouvre et l'invite d'un geste sec à entrer, la bouche pincée et le nez froncé comme s'il pue. Il retient un ricanement malvenu, songeant qu'il aurait très bien pu sauter la case « décrassage » de sa dernière mission pour venir directement ici ; elle aurait alors eu une raison de se comporter ainsi.

Son hilarité descend tout au fond de l'estomac lorsque des pleurs d'enfant lui parviennent depuis le placard sous l'escalier. Il se fige, croyant un bref instant, naïvement, avoir mal entendu – ses aides auditives ont peut-être été déréglé pendant sa dernière mission, ça ne serait pas une première – mais les pleurs ne cessent pas pour autant. Avant même que Pétunia ne puisse avoir l'idée de le retenir, Clint tend la main vers la poignée et ouvre la porte du placard.

Un bébé – l'Agent ne saurait même pas dire son âge – s'y trouve, les yeux rougis par les pleurs et probablement aussi par la poussière et les toiles d'araignée présentes dans le placard. Bon sang, il y a même une de ces bestioles qui lui grimpe dessus ! Clint se baisse pour le récupérer, plissant le nez en observant les habits qui ont visiblement vu des jours meilleurs. Il semble néanmoins avoir une couche propre – sans doute Pétunia n'aurait-elle pas supporté que l'odeur imprègne toute la maison si elle ne s'en occupait pas – et c'est bien la seule chose positive que Clint arrive à trouver.

Qui fout un bébé dans un placard, bon sang ? Clint songe qu'il devra empêcher Laura de faire de Pétunia une cible d'entraînement, même si elle le mérite certainement. Il n'est même pas certain de passer par les voies officielles, parce qu'il ne peut pas se permettre d'avoir son nom dans un quelconque rapport de la protection à l'enfance.

— Donnez-moi une seule bonne raison de ne pas vous en mettre une, Pétunia, siffle-t-il.

L'anglaise a au moins l'intelligence de ne pas répondre ; Clint est certain que ses justifications n'auraient fait que l'enrager plus encore. Que peut-on avoir comme excuse pour maltraiter un enfant, après tout ?

Bon sang, il n'a pas été formé pour ça. Il est un Agent du SHIELD, pas un parent ou quelque chose qui s'en approche. Il ne sait même pas s'il tient correctement l'enfant contre lui, le berçant doucement pour le rassurer et qu'il cesse de pleurer. Est-ce qu'il a faim ? Froid ? Est-ce parce qu'il s'est retrouvé tout seul dans l'obscurité ? Depuis combien de temps est-il là-dedans, d'ailleurs ? Clint se doute que la réponse est sans doute glaçante et il n'est pas certain de vouloir savoir, s'il veut repartir sans laisser de cadavres derrière lui.

Il en a vu, des saloperies, mais celle-là le touche d'autant plus que le petit dans ses bras est incapable de se défendre. Il a été confié à cette femme pour qu'elle en prenne soin et elle en a les moyens, sinon elle n'habiterait pas ici. Alors pourquoi ? Le déteste-t-elle pour une obscure raison dont il se fout bien ? Mais dans ce cas-là, pourquoi ne pas avoir refusé de le prendre sous son toit ?

— Vous avez cinq minutes pour m'expliquer pourquoi vous avez pris ce petit sous votre toit si c'était pour le foutre au placard, exige-t-il d'un ton froid.

— On ne m'a pas laissé le choix ! Ils l'ont déposé devant la porte comme un vulgaire paquet, sans même me demander mon avis ! Et vous vouliez que je fasse quoi, que je le laisse sur le perron à mourir de froid en plein novembre ? Que je confie ce monstre à la protection à l'enfance ?

Temps mort. À travers la colère de Pétunia, Clint discerne aussi la peur, la panique même et ce n'est pas sa présence qui l'insuffle ; c'est ce « ils » qu'elle n'a pas développé. Il sent aussi sa haine à l'égard du petit dans ses bras, ce « monstre » craché à la figure d'un enfant qui s'est finalement assoupi, comme épuisé d'avoir trop pleuré.

Il y a plus sous cette affaire qu'un simple placement d'un enfant chez sa tante ; tous ses sens sont en alerte et il se rappelle la voisine qui lui a laissé une désagréable impression. Pétunia est surveillée. Elle a peut-être réussi à cacher jusque-là son traitement de l'enfant, mais cela finira bien par être connu, non ?

Clint ne veut pas songer au nombre de cas de maltraitances dans le monde qui ne sont jamais rendus publics.

— Je veux tous les détails. Et après, je vous jure que vous ne me reverrez plus jamais, ni le petit.

— Vous repartirez avec ?

— Même contre tout l'or du monde, je ne vous le laisserais pas.

L'Agent ne pourrait plus se regarder dans un miroir dans ce cas-là. Il ne sait pas encore comment il va faire, ni à qui il pourra le confier, mais il se posera ces questions-là plus tard. Pour l'instant, il veut des réponses pour savoir où il met les pieds et établir un plan. Est-ce qu'il doit dire au SHIELD qu'il risque d'être indisponible quelques jours de plus ? Il a pris un seul jour de congé à la demande de Laura, puisque sa compagne devait partir en mission, mais il ignore s'il a la possibilité d'en avoir plus.

Pétunia l'amène jusqu'au salon et s'assoit dans le canapé, visiblement nerveuse. Elle tape du pied contre le tapis, remet correctement le dessous de plat en laine sur la table basse et foudroie du regard le bébé que tient Clint. Il ne comprend pas comment la femme peut détester le petit aussi fort. Ce n'est qu'un enfant, c'est son neveu, comment peut-elle se comporter ainsi ?

La seule chose de bien qu'elle ait fait, c'est d'appeler Laura pour lui demander de venir chercher l'enfant. Clint pourra lui trouver un meilleur foyer, même un bien meilleur orphelinat. Il devrait peut-être demander à Phil de chercher dans les dossiers du SHIELD un bon endroit. Peut-être même pourrait-il le confier à un autre Agent en mal d'enfants, d'ailleurs. N'importe quelle solution serait mieux que les Dursley.

L'Agent s'installe le plus délicatement possible sur l'un des fauteuils, veillant à ne pas réveiller le petit dans ses bras. C'est le petit neveu de Laura, leur neveu, réalise-t-il en se figeant un bref instant. Il fait partie de leur famille. Il n'a pas à le placer chez qui que ce soit ; ce petit est sous sa responsabilité. Bon sang. C'est tellement plus réelle que lors de sa discussion avec Laura, il n'est même pas certain qu'il avait réellement assimilé ce que récupérer le garçon signifiait.

— Comment s'appelle-t-il ? demande-t-il avec le peu de calme qui lui reste. Et pourquoi le traitez-vous de monstre ?

— Harry Potter, crache Pétunia. Et Lily était une sorcière. Un jour, elle a reçu une lettre et elle est partie dans… dans cette école pour sorciers, pour gens comme elle. Quand elle revenait à la maison pour les vacances, elle avait les poches pleines de têtards et elle changeait les tasses de thé en rats d'égout. J'étais la seule à la voir telle qu'elle était : un monstre ! Mais avec mon père et ma mère, il n'y en avait que pour elle, c'était Lily par-ci, Lily par-là, ils étaient si fiers d'avoir une sorcière dans la famille ! Et puis, elle a rencontré ce Potter, à l'école, ils se sont mariés et il est arrivé, tout aussi bizarre, aussi… anormal… Et pour finir, quelqu'un les a fait exploser et on a hérité de lui ! Ils nous l'ont laissé sur le perron avec juste une lettre !

La femme au foyer bout d'une rage contenue, teintée d'une haine si féroce que Clint se demande qui a eu la stupide idée de lui confier Harry. En même pas cinq minutes, n'importe qui saurait que lui remettre l'enfant serait signer son arrêt de mort. Il n'est cependant pas si surpris d'apprendre que Lily est une sorcière – il est d'un niveau d'accréditation du SHIELD assez élevé pour connaître l'existence du monde sorcier, une ancienne de l'agence est même actuellement Présidente du MACUSA – et cela explique le placement hautement irrégulier de l'enfant. Mais Harry n'a-t-il pas de la famille du côté sorcier, pour être confiée à sa tante qui hait tout ce qu'il représente ?

Clint aura définitivement besoin de Phil, non pas pour trouver un endroit pour le petit, mais les raisons derrière son placement chez les Dursley.

— Si vous avez encore la lettre, donnez-la-moi. Maintenant.

Pétunia n'hésite pas avant de se lever et de fouiller dans un tiroir avant de le lui jeter le papier à la figure ; il l'attrape au vol et songe qu'il ferait mieux de partir au plus vite avant de laisser sa colère parler. Il ne manquerait plus qu'il réveille Harry ; au moins, endormi, il n'est pas difficile à gérer.

— A-t-il été déposé ici avec autre chose ?

Clint espère d'ailleurs que sa femme ne mettra jamais la main sur ceux qui ont emmené Harry ici ; il est certain qu'elle leur ferait payer leur stupidité d'abandonner un bébé d'un an et des poussières sur un perron en plein mois de novembre, magie ou pas magie pour le protéger du froid.

— Une couverture. Rien de plus.

Même pas un doudou ? Clint est peut-être ignare sur la façon de s'occuper d'un bébé, mais il n'est pas stupide au point de penser que Harry n'a pas de peluche. Qui a été assez con pour séparer l'enfant et son doudou ? Il devrait sûrement lui en trouver un avant son réveil et ses immanquables pleurs.

Dans le pire des cas, il désactivera ses aides auditives pour ne pas perdre sa patience et s'occuper de Harry du mieux qu'il peut. Les cris du petit emmerderont peut-être les passants, mais Clint fait avec ce qu'il a et ce qu'il sait ; ces âmes si promptes à juger feraient mieux d'aider dans ce genre de situation.

— Je la récupère et je m'en vais, souffle-t-il finalement à l'attention de Pétunia. Comme promis, vous n'entendrez plus parler de nous.

— Et s'ils viennent me demander des comptes ?

— Dites-leur la vérité et qu'ils se démerdent, ricane Clint. Je serais ravi de leur donner mon avis sur la situation.

Sans nul doute que Laura aurait aussi beaucoup à dire. Il plaindrait presque les sorciers qui viendraient leur demander des comptes ; face à deux Agents du SHIELD, tout magicien qu'ils sont, ils n'ont aucune chance.

Clint prend congé de Pétunia sans un mot de plus lorsqu'elle lui tend la couverture, sortie du même placard que l'enfant. Sur le perron, il vérifie que la voisine suspicieuse n'est pas en train de les observer, avant de s'éloigner à grands pas de cette maudite maison et de ce quartier qui le met mal à l'aise. Il se dirige alors vers une cabine téléphonique, regrettant les téléphones portables qu'il a à sa disposition en mission.

Béni soit le petit qui dort toujours contre lui, à croire qu'il est resté éveillé toute la nuit pour pleurer et qu'il a besoin de récupérer (Clint ne veut pas songer à la possibilité que cela soit vraie).

L'Agent peste alors qu'il lutte pour sortir son portefeuille de sa poche, mettre assez de monnaie pour appeler et décrocher le combiner sans laisser tomber Harry. Il devrait demander à Phil de l'aide pour le ramener, il n'y arrivera pas tout seul et il refuse de lui faire mal parce qu'il ne sait pas comment s'y prendre. D'une main, il compose le code pour accéder au réseau du SHIELD, avant de taper le numéro de téléphone de Phil.

Lorsqu'il entend son supérieur décrocher, Clint soupire de soulagement.

— Phil, j'ai… Disons que j'ai en quelque sorte un code Wicca dans les bras. Littéralement. Je n'ai pas de meilleur code pour lui, désolé.

— Tu n'étais pas censé être en congés, Hawkeye ?

— L'Agent 19 m'a demandé de régler un problème personnel, tu pourras lui demander plus d'informations. J'ai besoin d'en savoir plus sur ses parents et lui, il y a quelque chose de louche, j'ai l'impression que le lieu où je l'ai trouvé est surveillé. Et si tu pouvais trouver le moyen de m'envoyer quelqu'un…

Phil soupire à l'autre bout du combiné et Clint esquisse un sourire désolé. Se mêler des affaires du monde sorcier n'est jamais agréable, après tout.

— Quel nom ?

— Harry Potter.

— … As-tu la moindre idée de qui tu as entre les mains ? Je remonte le cas à Fury, une équipe viendra vous chercher au point de rapatriement n°36. Tu vois duquel il s'agit ?

Clint confirme, jetant un regard à l'enfant contre lui en se demandant ce qu'il a de si important pour que Fury ait besoin d'être prévenu. Mais au moins, cela signifie que le SHIELD le protégera et l'archer est rassuré à cette idée.

— Hawkeye, fais-toi discret surtout. Quelqu'un a déjà tenté de tuer cet enfant et il est possible que ses partisans essayent à leur tour s'ils se rendent compte que tu te déplaces avec.

— Niveau de danger ?

— Niveau « N'y mets surtout pas les pieds avec le Wicca ». Normalement, ceux encore en liberté ne devraient rien apprendre…

— Mais il n'y a pas de mauvaise prudence. Je prends note. À plus, Phil.

— Reviens avec toutes tes plumes et le poussin, Hawkeye.

— Tu m'as déjà vu échouer à une mission ?

— Vu que je n'ai pas eu le déplaisir de me rendre à ton enterrement, non. Ce n'est pas non plus dans mes projets pour les prochaines semaines. Compris ?

Clint esquisse un sourire, avant d'acquiescer et de raccrocher. Il jette un regard sur Harry, alors que son bras commence à s'engourdir à force de le tenir contre lui. Il se demande ce qui va lui arriver, avec le SHIELD qui le prend en charge. Est-ce que Laura aura le droit de le voir ? Est-ce qu'ils auront le droit de savoir où ira leur neveu ou est-ce que Fury mettra tout dans un dossier bien au-dessus de leur niveau d'accréditation ?

— J'espère que tu vas dormir encore un peu, bonhomme, le temps que des gens plus compétents que moi en bébé puissent te prendre en charge.

Il se posera ces questions plus tard. Mettre à l'abri Harry est le plus important, pour l'instant. Clint saura bien assez tôt ce que l'avenir leur réserve.

Pourvu qu'il soit clément avec l'orphelin.

.

.