Je vais faire court, avant de commencer, je tiens à prévenir que ce chapitre est classé M du fait qu'il contienne du Lemon.

Ça me touche de savoir que j'ai pu faire aimer ce pairing à certain d'entre vous, et j'espère continuer ainsi.

Correction : Shinory

Bonne lecture !


CHAPITRE 2

La nuit était bien avancée, s'étirant progressivement vers l'aube, et la fête battait encore son plein autour du feu, sous le ciel voilé. Toutefois, une personne n'avait pas l'esprit à la fête, encore tourmentée par les événements récents, ainsi que perturbée par la présence d'un certain épéiste aux cheveux verts. Dans un coin, un peu éloigné du reste de l'animation, Nami observait distraitement assise à une table, ses amis s'amuser joyeusement, dansant, chantant, buvant et mangeant avec leurs hôtes, qui étaient d'une incroyable générosité. Pourquoi ne pouvait-elle pas s'amuser de façon aussi insouciante comme eux ? Peut-être devrait-elle ingérer de grosses quantités d'alcool, comme la plupart l'avait fait ? Mais quelque chose lui disait que cela ne changerait rien et dans son état, elle préférait éviter. La jeune femme soupira et leva les yeux vers le ciel.

L'astre lunaire devait être à son apogée, mais les nuages résiduels semblaient se faire un malin plaisir à le cacher, tout comme la voûte céleste qui, d'habitude scintillait au firmament, s'en retrouvait censurée. Que faisait Sanji en ce moment même ? Où était-il ? Est-ce que lui aussi voyait la même chose lorsqu'il tournait son regard vers le ciel ? Tout ce qu'elle espérait, c'était qu'il aille bien. Il avait promis de revenir, mais elle savait au fond d'elle qu'il s'agissait d'un mensonge destiné à les rassurer et à ne pas se lancer à sa poursuite. En acceptant de suivre Bege de son plein gré, et avec ce mot laissé derrière lui, Sanji tenait à les garder à distance de sa famille. La révélation que leur ami était un membre de la famille Vinsmoke, les mêmes qui dirigeaient l'empire du Germa 66 à North Blue, avait été un choc. Pour avoir été dans des situations similaires, la jeune femme comprenait son envie de les protéger en se sacrifiant, mais si elle avait bien appris une chose, c'était que Luffy ne les abandonnerait jamais sans se battre et encore moins s'il ne s'agissait pas d'une décision pleinement voulue. Heureusement qu'il l'avait pour capitaine et que ce dernier avait un grand cœur. Pas comme certains… Son humeur s'assombrit instantanément.

Zoro ne voulait pas faire l'effort de comprendre et, comme à son habitude, faisait preuve d'une sévérité affligeante. Son manque de compassion un peu plus tôt l'avait énervé au plus haut point. Il aurait sans doute été moins intransigeant s'il s'était agi d'un autre membre… Cependant, l'exemple d'Ussop lui revint en mémoire. Finalement, peut-être pas… Mais son animosité envers le cuisinier ne plaidait pas en faveur de ce dernier. Nami serra les dents de frustration. Ces deux idiots n'étaient vraiment pas possibles. Ils ne pouvaient pas mettre leur différend de côté lors des moments importants ?! En plus, avec leur guéguerre, elle en était arrivée à se disputer avec le bretteur… comme si elle avait besoin de ça ! Elle avait bien senti qu'il avait été déçu de sa prise de position pour le blond, mais il s'agissait de leur nakama ! Non, il était plus que ça, Sanji était un membre de leur famille !

Après encore quelques minutes de tergiversation, la jolie rousse se releva et décida d'aller faire un tour pour se changer les idées. Les voir s'amuser la faisait se sentir encore plus coupable de ne rien faire. Elle nota l'absence de Franky, Robin et Brook, et se demanda ce qu'ils pouvaient bien manigancer. Elle les chercha à travers le petit village, sans succès, et abandonna son enquête pour simplement déambuler entre les maisons aux toits de chaumes. Tous les habitants devaient avoir rejoint la fête car les maisons semblaient désertes. Plus elle avançait et plus la musique s'atténuait pour ne devenir qu'un petit bourdonnement. Au bout d'un certain temps, elle crut même qu'elle s'était arrêtée. Ils avaient sans doute fini par s'endormir, en déduit-elle.

L'air avait une pointe de fraîcheur, qui la fit frissonner et elle se frictionna doucement les bras pendant qu'elle flânait tranquillement. Passant devant l'une des chaumières, un bras surgit subitement de l'ombre par la porte sans qu'elle n'ait le temps de réagir et la saisit par le bras avant de l'attirer brusquement à l'intérieur. Nami poussa un petit cri de surprise, pas assez fort pour alerter les fêtards. Elle s'apprêta à attraper son climat-tact dans son décolleté afin de se défendre face à cette agression soudaine par un individu mal intentionné. Cependant, une odeur familière la stoppa et lorsque ses yeux furent accoutumés à l'obscurité, elle reconnut ce regard acéré de prédateur sur ce visage anguleux et charismatique. Une fois la peur passée, puis la surprise ainsi que le soulagement, la jeune femme éprouva une intense colère à l'encontre de son congénère.

- Je peux savoir ce qui te prends ?! siffla-t-elle à voix basse. Ça ne va pas de me faire une peur pareille ! Je te croyais en train de boire avec les autres, près du camp.

- Je t'ai vu te lever, et je t'ai suivi, répondit-il froidement.

Elle sentit la veine sur sa tempe gonfler exagérément. Pourquoi ne pouvait-il pas se comporter normalement ?! Il fallait qu'il se montre toujours aussi rustre… il est vrai que cela avait un côté sexy parfois, mais là, ça l'énervait royalement. Et elle n'avait vraiment pas besoin de ça en ce moment. Sa grosse main la tenait toujours par le bras et Nami se dégagea vivement de sa prise avant de mettre un peu de distance entre eux. Quand il était trop près, elle n'arrivait pas à penser correctement et ça avait tendance à lui taper sur les nerfs. Elle se massa la zone agressée par sa poigne d'acier et le fusilla du regard. Grosse brute !

- Et tu n'as rien trouvé de mieux que de m'attirer dans une maison vide de ses occupants ? rétorqua sèchement la rouquine.

Une lueur dangereuse s'alluma dans cette pupille solitaire et Zoro fit un pas vers elle, comme s'il voulait l'intimider de son imposante stature.

- Je veux savoir ce qu'il se passe, gronda-t-il.

Nami fronça les sourcils d'incompréhension et refusa d'entrer dans son jeu. Elle n'avait pas peur de lui, tout aussi menaçant qu'il pouvait se montrer, c'est pourquoi elle soutint son regard sans sourciller.

- De quoi est-ce que tu parles ?

- Qu'est-ce qu'il y a eu avec Du-sourcil ?

- Hein ? Je croyais que tu avais écouté la discussion ! En même temps ça m'aurait étonné, vu que tu t'en fiches de lui ou de ce qui peut lui arriver…

Il fit un pas de plus et la toisa de toute sa hauteur, l'épinglant de son œil perçant.

- Je me soucie de l'équipage tout entier, moi ! cracha Zoro. Ce n'est pas de ma faute s'il a choisi le plus mauvais moment pour nous lâcher avec une excuse bidon. Mais ce n'est pas ce dont je parlais.

- Alors quoi ?! s'impatienta la jeune femme.

Il parut hésiter le temps d'une seconde, et elle crut même détecter de l'incertitude dans son attitude.

- Je veux savoir si tu joues sur les deux tableaux ?

Son esprit mit un peu de temps à bien assimiler ce qu'il venait de lui demander. Alors il pensait qu'elle avait profité de son absence pour le tromper avec Sanji. Sa première réaction fut d'être choquée, car cela laissait clairement entendre qu'il n'avait pas confiance en elle. Peut-être qu'ils n'avaient pas définis verbalement les termes de leur relation, mais elle l'avait toujours considéré comme exclusive, que ce soit pour lui comme pour elle. Ce qui était un peu plus déroutant, c'était que cela laissait aussi suggérer qu'il doutait de lui, ce qui n'était absolument pas son genre. Cependant, son choc passa très rapidement et fit place à une hargne sans précédent. Avant qu'ils ne débarquent sur Zo, elle avait anticipé la réaction de Zoro face à la disparition de Sanji, à force de pratique, elle avait fini par le connaitre, et l'agacement avait pris peu à peu de la place dans son esprit. Mais elle avait eu l'espoir qu'il ferait un effort, qu'il fasse preuve de compassion… Malheureusement, il n'avait pas dérogé à ses attentes premières et son agacement envers le bretteur s'était intensifié. En revanche, là, c'était un tout autre stade qui venait d'être franchi. Elle se sentait vexée qu'il puisse envisager qu'elle fasse preuve d'une telle bassesse, mais surtout atterrée de constater qu'il ne lui faisait pas confiance.

- Va te faire foutre !

Ce n'était pourtant pas son genre de se montrer aussi vulgaire, mais il l'avait poussé dans ses retranchements. Elle devait s'éloigner de lui ou elle pourrait dire des choses qui dépasseraient sa pensée, et puis elle n'avait pas envie de lui parler. Nami tourna les talons et s'apprêtait à quitter l'habitation mais Zoro l'attrapa à nouveau par le bras et lui fit faire volte-face brutalement. Son dos heurta le mur, lui coupant momentanément le souffle et il fit barrage de son corps pour lui ôter toute option d'évasion. Malgré l'obscurité ambiante, le visage du bretteur parut s'assombrir encore plus, à l'image du surnom qu'on lui avait accordé.

- Réponds-moi ! Est-ce qu'il y a eu un truc entre le cuistot et toi ? Gronda-t-il.

Une part d'elle ne put s'empêcher d'être tout même effrayée par cette démonstration de noirceur, par cette aura démoniaque, mais cette part froussarde se fit supplanter par sa fierté, mise à mal par le bretteur. C'est pourquoi, elle soutint son regard et se rapprocha pour que leurs visages ne soient plus à quelques centimètres l'un de l'autre. La poigne qui retenait son bras lui faisait un mal de chien et cela renforça sa colère envers lui.

- Tu me crois vraiment capable de faire ça ? C'est trop dur pour toi d'imaginer que je puisse sincèrement être affectée par son départ uniquement parce que je le considère comme un membre de ma famille et non pas parce que j'aurais une liaison avec lui ? Si c'est ce que tu penses, tu n'es qu'un con !

Les traits de son visage se déformèrent en une grimace colérique mais il ne répliqua rien et se contenta de serrer les dents, ainsi que sa prise autour de son bras. Toutefois, elle était tellement énervée qu'elle l'ignora et déversa toute la rage qu'elle contenait depuis ses derniers jours. Qu'il l'ait bien cherché ou non, il allait être son exutoire.

- Oui, tu n'es qu'un gros con doublé d'une brute épaisse incapable d'éprouver, ne serait-ce, qu'une once de compassion ! Après tout ce qu'on a vécu ensemble, comment tu peux être aussi méprisant et aussi insensible face au sort de Sanji ?! Pourquoi faut-il que tu sois d'une rigueur aussi intransigeante ?! Tu veux nous faire croire que tu es parfait, que tu es le seul de cet équipage à prendre les choses au sérieux, mais c'est des foutaises ! La vérité c'est que tu déteste tellement Sanji que tu ne supportes pas qu'on soit proche lui et moi, et je suis prête à parier que tu te réjouis de son départ, parce que tu veux que je te dise ? Tu es JALOUX ! Le Grand, l'Impassible Roronoa Zoro, est jaloux d'un de ses nakamas. ADMETS-LE ! TU ES JAL…

La fin de son élocution fut étouffée par une paire de lèvres brutalement plaquées contre sa bouche, la forçant au silence dans un baiser violent. Ses grands yeux noisette s'écarquillèrent sous la surprise avant qu'elle ne tente de le repousser de toutes ses forces, ce qui n'était pas évident avec son bras toujours prisonnier. Plus elle se débattait, plus il se pressait contre elle, raffermissant son baiser qui n'avait rien d'agréable. C'était juste une démonstration possessive et agressive afin de la réduire au silence pour ne pas à avoir à affronter la réalité de ses mots.

Comme si elle allait se laisser malmener par une grosse brute !

Nami entrouvrit la bouche et planta aussitôt ses dents dans la chair tendre de ses lèvres belliqueuses, jusqu'à sentir une goutte à la saveur métallique. Cela eut l'effet escompté. Zoro s'écarta rapidement avec un sifflement hargneux et elle profita de l'effet de surprise pour dégager son bras d'un geste vif. Un fin filet rouge perlait sur sa lèvre inférieure qu'il effaça d'un coup de langue tout en la dévisageant d'un air sombre.

- Tu m'as mordu…, remarqua-t-il un peu stupéfait.

- Tu m'as fait mal, espèce de rustre ! se justifia la jeune femme.

Ils se défièrent du regard, chacun avec une animosité réciproque pour la blessure qu'ils s'étaient infligés mutuellement. Tout à coup, Zoro esquissa un bref sourire narquois alors qu'il croisait les bras devant son torse.

- Je suis peut-être jaloux, mais tu n'as pas démenti.

- Je n'ai pas besoin de démentir une absurdité pareille ! répondit hargneusement la rousse.

Son petit sourire disparu aussi vite qu'il était apparu, et un ombre voila son œil incisif tandis qu'il transperçait son âme. Nami était prise dans un tourbillon d'émotions contradictoires, d'un côté, elle lui en voulait pour son comportement impitoyable et grossier, mais d'un autre, sa proximité déclenchait un besoin irrépressible. Il l'agaçait profondément avec ses manières d'homme des cavernes, avec son éternel air irascible, et pourtant… autant elle voulait le haïr, autant elle ne pouvait empêcher son corps de ressentir cette attraction magnétique pour lui, de désirer cet abruti avec une ferveur brûlante. Il lui avait manqué pendant ces douze longs jours, et cela la rendait dingue d'être devenue aussi dépendante, si bien que son esprit déraillait totalement. Lorsqu'il l'avait embrassée comme un sauvage, elle s'était offusquée car la raison lui dictait que c'était la chose à faire, mais la partie irrationnelle de son esprit s'était embrasée, éveillant une sensation familière qui faisait crépiter sa peau. Comment pouvait-on, à la fois, détester quelqu'un et le désirer ardemment ? ça n'avait aucun sens ! Le pire c'était que cela se produisait régulièrement lorsqu'ils étaient tous les deux.

Elle devait trouver un moyen de s'éloigner de lui et de sa présence intoxicante, car le contrôle de son corps lui échappait lentement mais sûrement. Ce n'était vraiment pas le moment de céder à ses pulsions, la situation était bien trop délicate en ce moment pour ce genre de futilité et elle avait d'autres soucis en tête, qui le concernait également. Elle repéra la porte à deux pas, par-dessus l'épaule de Zoro mais il lui bloquait volontairement le passage. D'ailleurs, il était beaucoup trop près.

- Laisse-moi passer, ordonna-t-elle sèchement.

- Pas tant que tu ne me diras pas ce qu'il se passe.

- Tu sais parfaitement ce qu'il se passe ! Tout ce qui t'intéresse c'est d'être le plus fort, peu importe qui tu sacrifies au passage ! Tu n'es qu'un égoïste !

Bang !

Nami sursauta alors que l'impact résonna non loin de sa tête et ses yeux s'élargirent, suivant le bras musclé qui s'enfonçait dans le mur derrière elle. Une veine saillait sur son biceps et elle pouvait sentir toute la tension qui irradiait de ses muscles contractés. Le coup l'avait surprise, mais elle savait pertinemment qu'il ne lui était pas destiné, c'était juste une façon de l'intimider et d'exulter sa colère. Aussi dangereux et agressif qu'il pouvait se montrer, Zoro ne la frapperait jamais, c'était une chose dont elle était certaine. Elle devait bien reconnaître qu'elle avait été un peu loin dans ses accusations, et elle ne pensait pas ce qu'elle disait, mais la colère parlait pour elle.

- Tu crois vraiment que t'es la mieux placée pour me traiter d'égoïste ? Qui a voulu de cette relation, hein ?!

- Comme si j'étais la seule à l'avoir voulue ! Ne me fais pas porter le chapeau pour quelque chose que tu désirais tout autant ! Alors laisse-moi passer !

Tout son corps tremblait, non pas de peur, mais de colère. Zoro dut le percevoir car son expression vacilla quelque peu et il retira son poing du mur pour baisser son bras, croyant certainement l'avoir effrayé. Pour la première fois, elle détestait leur affrontement, ça n'avait rien des chamailleries habituelles sans intérêts. Il y avait un problème latent entre eux qui générait toute cette tension destructrice, elle l'avait découvert il y a peu, et cela la tourmentait. C'était ce qu'il devait percevoir dans son attitude un peu frigide depuis qu'il était revenu. Nami tentait de le cacher en mettant ça sur le compte de la disparition de Sanji, il y avait un peu cela aussi, mais il y avait bien autre chose, qu'elle ne savait pas comment gérer et encore moins comment lui annoncer. Et son attitude inquisitrice et insistante n'aidait pas, mais la faisait plutôt se replier un peu plus sur elle-même.

Son compagnon se redressa et ses mains retombèrent le long de ses cuisses pour se refermer en poings étroitement serrés. Il fit un pas en arrière, l'air grave, mais resta face à elle, tel un mur de muscle. La navigatrice pouvait très clairement voir la bataille qui faisait rage dans son esprit au travers de sa pupille orageuse ainsi que dans les courbes de son visage. Une pointe de culpabilité lui transperça la poitrine, elle savait pertinemment qu'elle le malmenait, mais les choses étaient trop compliquées à l'heure actuelle pour qu'elle s'assagisse.

Voyant qu'il ne se décidait pas à bouger, Nami, qui s'impatientait, prit les devants et fit un pas en avant, puis tendit la main pour le forcer à s'écarter. Ses doigts étaient sur le point d'entrer en contact avec son épaule mais il intercepta sa main de la sienne. La rouquine allait protester quand son autre main se posa sur sa nuque et l'attira rapidement à lui. Ses lèvres se scellèrent de nouveau aux siennes et elle allait se rebiffer mais le baiser la prit par surprise de par sa douceur. Ça n'avait rien à voir avec le premier, celui-là était tendre, presque implorant, mais au final c'était bien cela le pire. Elle pouvait tenir tête à un Zoro en colère, mais s'il montrait un peu de tendresse, elle défaillait et sa détermination était mise à mal. Il bougea doucement ses lèvres, caressant sensuellement les siennes, sans chercher à approfondir le baiser. Les paupières de la jeune femme papillonnèrent, luttant désespérément pour rester ouverte, mais la tentation était trop forte et elle laissa échapper un léger soupir.

Il fallait qu'elle résiste et qu'elle dégage de là avant que ça ne dérape. Fuir, voilà ce que lui hurlait son esprit pragmatique.

Dans un sursaut de lucidité, Nami essaya de se défaire de la prise de son amant et de reculer pour mettre fin au supplice mais Zoro garda fermement sa main à l'arrière de sa nuque pour la maintenir contre lui. La jolie rousse sentait ses résolutions fondre dangereusement et elle redoubla d'effort pour s'échapper. Par chance elle réussit à libérer sa main, elle allait pouvoir utiliser ses deux bras pour le repousser. Toutefois, Zoro fut plus prompt à réagir. Il la fit reculer rapidement et l'épingla au mur, usant de son poids pour la maintenir coincée, puis glissa son genou entre ses jambes pour la bloquer. Le baiser vira très rapidement de la tendresse à l'impétuosité. Il y allait en conquérant, prenant d'assaut sa bouche avec avidité et forçant le barrage de ses lèvres avec sa langue pour envahir le territoire humide de son homologue. Son baiser avait un goût fruité mais aussi ce côté doux-amer de l'alcool qui lui était familier. Nami usa de ce qui lui restait de volonté pour tirer sur ce qu'elle pouvait, son t-shirt, ses cheveux, mais cela ne le fit que se presser un peu plus contre elle, alors qu'elle luttait vaillamment contre cette intrusion brutale de sa cavité buccale.

Le corps du bretteur irradiait de chaleur tandis que ses muscles durs comme du béton se contractaient violemment. Il remonta son genou, le faisant frotter lascivement contre son intimité et Nami échappa un gémissement incontrôlé, aussitôt avalé par la bouche vorace de son amant. Le contact lui fit perdre la tête, et sa volonté vola en éclat. Elle en eut marre de lutter contre lui, mais surtout contre elle-même. Tout ce qu'elle désirait, c'était oublier, oublier sa peine, oublier sa rancœur, oublier l'horreur du monde extérieur, oublier tous les soucis, rien que le temps d'un instant. Finalement, elle était tout aussi égoïste que lui.

Ses bras s'enroulèrent autour du cou de l'ancien chasseur de pirates et sa main, qui tirait précédemment sur ses cheveux courts, les agrippa dans une poigne de fer. Zoro faisait courir ses mains sur les courbes généreuses de ses flancs puis les arrêta finalement sur ses cuisses. Ses doigts s'enfoncèrent dans la chaire dénudée et il la souleva pour réajuster sa position afin qu'elle le surplombe légèrement. Nami manifesta son mécontentement suite à la perte de la délicieuse chaleur que lui procurait son genou, mais cela ne fut que de courte durée, car il la plaça au niveau de ses hanches. Dans le mouvement, elle sentit son pelvis frotter contre le sien et son cœur loupa un battement. L'homme aux cheveux verts était dur comme le roc et la désirait ardemment. Elle arrima ses jambes autour de sa taille, les serrant étroitement, voire même douloureusement, afin de le sentir au plus près, comme si elle voulait les faire fusionner, et regretta aussitôt la présence de vêtements. Zoro, qui avait senti qu'elle avait enfin lâcher prise, gronda d'appréciation contre ses lèvres, et donna un coup de rein, lui arrachant un petit cri rauque.

Seul bémol, ses trois sabres qui étaient toujours solidement accrochés à sa ceinture, la gênaient d'une façon désagréable à taper le long de sa cuisse. Toutefois, lorsqu'il réitéra l'opération en ondulant lentement pour la torturer alors qu'il la maintenait par les cuisses et lui imposait le rythme qu'il souhaitait, ce désagrément passa au second plan. Le bretteur abandonna ses lèvres rougies pour s'attaquer à son cou et elle bascula vivement la tête en arrière, heurtant l'arrière de son crâne contre le mur.

Le cœur de la jeune femme battait frénétiquement dans sa poitrine alors qu'elle haletait sous l'effet de l'excitation. Zoro enflammait son corps tout entier, que ce soit avec sa bouche qui persécutait sa gorge, avec ses mains qui naviguaient sur ses cuisses et ses fesses, ou même ses mouvements de bassin, hautement frustrants du fait de la présence persistante de ses vêtements. Nami passa une main entre eux, la glissa dans son haramaki vert et tira sur le t-shirt. Ses doigts entrèrent enfin en contact avec les muscles saillants de son buste, qu'elle s'empressa d'en définir les contours et d'en apprécier leur fermeté. Cependant, ce n'était pas assez, il lui fallait plus qu'une simple caresse sur ce torse divinement sculpté. Ce qu'elle cherchait, s'était à assouvir une flamme dévorante qui la consumait de l'intérieur et lui faisait perdre la tête. Cela faisait tellement longtemps qu'ils n'avaient pas eu ce genre d'échange que son corps criait famine et réclamait la présence du bretteur.

Comme pour répondre à ses attentes, sûrement qu'il éprouvait ce même besoin, Zoro détacha vivement sa ceinture d'un coup sec, sans pour autant cesser de mordiller la peau fine de son cou, et retira ses katanas d'une main pour les poser à côté, au plus grand soulagement de la navigatrice. Il ne s'arrêta pas là pour autant, glissant sa main entre leurs deux corps puis, dans un état second, elle entendit le zip d'une fermeture éclair. Il la souleva un peu plus et Nami sentit soudainement, à l'endroit le plus intime de sa personne, une chose dure et chaleureuse. Ils n'avaient pas le temps pour des préliminaires, tous deux cherchaient à se satisfaire rapidement en s'abreuvant de l'un et de l'autre. Elle crut tout de même qu'il allait la torturer un peu, comme il avait l'habitude de faire, mais au lieu de quoi, il s'engouffra pleinement, de toute sa longueur, en un seul coup de rein. Elle l'accueillit par un cri de surprise qu'il s'empressa d'étouffer en plaquant la paume de sa main sur sa bouche. La vision de la jeune femme se troubla alors que son corps, pourtant suffisamment marqué par l'excitation, peinait à s'adapter à l'intrusion abrupte et volumineuse de son amant. Mais la sensation de l'avoir enfin en elle, de se sentir complète, en valait la peine. Zoro n'attendit pas qu'elle se soit complètement faite à lui pour entamer son va-et-vient. Les yeux de Nami roulèrent dans leurs orbites alors qu'elle ne pouvait retenir son exaltation. Par chance, la main de Zoro était toujours plaquée sur sa bouche et atténuait les manifestations de son plaisir. Elle était totalement à sa merci, clouée contre le mur qui lui râpait le dos à chaque à-coup, et uniquement maintenue en suspension à la force du bretteur. Toutefois, ses à-coups se stoppèrent subitement et la jeune femme ne put retenir un gémissement de frustration. Elle sentit ses lèvres remonter dans son cou, et rapidement son souffle chaud lui caressa l'oreille.

- Retiens-toi de faire du bruit, ou tu risques d'ameuter les autres, ordonna-t-il dans le creux de son oreille de cette voix rauque et sexy qu'elle aimait tant.

Sa voix lui parut lointaine, mais elle hocha la tête pour acquiescer, bien qu'elle eût des doutes quant à réussir ce qu'il lui demandait. Le coup de langue sur son hélix qui suivit son instruction la fit frissonner, tout comme lorsqu'il saisit son lobe entre ses dents qu'il mordilla sensuellement. Il retira sa main qu'il vint poser sur son épaule. Ne pas faire de bruit, ne pas faire de bruit, chanta-t-elle comme un mantra dans son esprit. Ses doigts s'emmêlèrent dans la bretelle de la robe et la firent glisser sur son bras, libérant un de ses seins de son entrave. Sa main l'engloba et commença à le masser de façon experte tandis qu'il fondait sur sa bouche entre-ouverte et l'entrainait dans un baiser affamé. Son autre main lâcha sa cuisse pour venir se perdre dans sa chevelure flamboyante et la guider, l'obligeant à suivre son rythme. Pendant ce temps, il joua avec cette petite boule de chair sensible et la tortura langoureusement entre ses doigts, d'une étonnante habileté. Nami répondit vaillamment au baiser tout en essayant de bouger pour l'inciter à reprendre ses coups de reins. Il lâcha soudainement sa bouche et décolla son torse, la libérant de la pression qu'il exerçait sur elle, alors que ses mains redescendirent sur son postérieur. Elle ouvrit les yeux pour tomber sur le regard ténébreux de son amant, qui la fixait intensément et il se remit doucement en mouvement. La rouquine crut que son cœur allait exploser et elle se mordit la lèvre avec force, s'accrochant à ses épaules tout en soutenant son regard. Ne surtout pas faire de bruit !

Ses ongles s'enfoncèrent dans sa chair, et à n'en pas douter elle les aurait plantés jusqu'au sang si son t-shirt bleu n'avait été présent, alors que son corps se soulevait et descendait, au rythme dicté par son amant. Ses coups de reins étaient amples sans être trop rapides, mais toujours aussi puissants, et le bretteur suivait du regard la danse captivante des mouvements de son corps en partie dénudée. Leurs yeux luisant d'excitation s'accrochèrent et ils s'observèrent mutuellement, alimentant leur soif l'un de l'autre, alors qu'ils se dirigeaient progressivement vers l'orgasme. C'était un de ces moments de transe, où Zoro l'hypnotisait rien qu'avec son œil acéré et son visage fermé, comme s'il n'y avait plus que lui au monde, comme s'il devenait son monde. Peut-être était-ce la même chose pour lui ? Malheureusement, elle n'avait pas l'esprit à la réflexion en cet instant.

La chaleur commença à se diffuser dans l'ensemble de son corps engourdissant petit à petit ses membres, et sa cage thoracique semblait se comprimer, surtout quand il se mit à accélérer. Sa respiration se compliqua et Nami se mit à haleter difficilement afin de fournir assez d'oxygène à ses poumons pour suivre le rythme effréné de son palpitant. Ses vas-et-viens se raffermirent, devenant plus brutaux et elle dut se faire violence pour se retenir de faire du bruit. Elle tressautait frénétiquement contre le mur, tandis qu'elle sentait les doigts de son amant qui agrippaient la chair rebondie de ses fesses. Mais comme pour lui, ce n'était pas encore assez pour leur faire atteindre le septième ciel.

Il la surprit en accélérant sa cadence, donnant des coups de reins sauvages et elle ne put continuer à maintenir le contact visuel plus longtemps. La jeune femme appuya sa tête en arrière et se laissa porter par les vagues successives de plaisirs.

- Regarde-moi Nami ! gronda le bretteur en serrant les dents.

Toutefois la navigatrice ignora sa recommandation et continua de fermer les yeux, envoûtée par son désir. Dans un état second, elle perçut le mouvement de sa main alors que celle-ci venait de s'enrouler autour de sa nuque, la forçant à s'incliner vers lui pour rapprocher son visage du sien, avant de venir se placer sur sa joue. Leurs fronts se touchèrent alors que leur souffle saccadé venait se mélanger.

- Regarde-moi, intima-t-il.

Difficilement, ses paupières papillonnèrent et elle plongea son regard troublé dans celui abyssal de Zoro. Il retraça sa lèvre inférieure de son pouce pendant que leurs bouches dansaient l'une au-dessus de l'autre, s'effleurant sans jamais se toucher. Nami réajusta sa prise en remontant sa main pour se saisir de ses cheveux courts et maintenir leur proximité. Soudain, il glissa rapidement son autre main sous sa cuisse et coinça sa jambe dans le creux de son coude, la remontant plus haut vers son torse. En cet instant, elle crut voir des étoiles danser derrière ses paupières qu'elle n'avait pu s'empêcher de fermer. Oh bordel ! jura la jeune femme en son for intérieur.

- Ahh !

Le cri lui échappa involontairement, ce qui lui valut un grondement de son amant. Le nouvel angle qu'il lui imposa, sembla lui permettre de plonger encore plus profondément en elle. Nami aurait bien voulu continuer à subir son supplice en silence, mais il avait l'audace de s'acharner au bon endroit avec cette nouvelle position, et garder pour elle son euphorie devenait quasi-impossible. Son plaisir transcendait son esprit qui était déjà enveloppé par les brumes de l'excitation, la rendant complètement insouciante du monde extérieur, et bien incapable de continuer à obéir à son ordre. Seul comptait son ravissement divin qui s'approchait à grand pas, cette explosion exquise de chaleur dans tout son corps.

- Ah ! Zo-Zoro ! Oh bon sang ! Humpf…

Perdue dans sa transe extatique, Nami réalisa à peine que Zoro venait de sceller leurs bouches pour la bâillonner dans un baiser maladroit et un peu trop humide. Lui aussi paraissait en difficulté à garder le contrôle car ses mouvements devenaient de plus en plus erratiques et ses grondements plus insistants. Perdue à travers les affres du désir, elle répondit, toutefois, à son baiser de façon tout aussi négligée. Finalement, son corps se contracta violemment alors que l'orgasme la ravageait, l'étouffant presque de par son intensité, avant de se mettre à trembler de façon irrépressible. Le bretteur absorba son cri d'extase tandis qu'il s'approchait dangereusement lui aussi de son apogée. Il libéra ses lèvres pour enfouir son visage dans le creux de son cou et ramena la main qui était sur sa joue, sur sa cuisse pour la maintenir fermement contre lui. Après quelques vas-et-viens supplémentaires, il se tendit comme un arc et jaillit dans sa matrice soyeuse, grognant d'une voix gutturale qui fit vibrer sa gorge contre laquelle il se terrait, alors que les derniers spasmes de son orgasme agitaient son corps.

Nami encercla ses larges épaules de ses bras et l'étreignit tendrement tandis qu'ils reprenaient tout doucement leur souffle. Elle caressa d'un geste affectueux, les petits cheveux verdoyants et quelque peu trempés par la sueur à la base de sa nuque. La jeune femme ferma les yeux et colla sa joue contre le dessus de sa tête, avant d'inspirer profondément son odeur si personnelle. Bon sang ce que ça lui avait manqué ! Malgré tout ce qui avait pu être dit, Zoro lui avait manqué.

Les mains de l'épéiste quittèrent ses cuisses, remontant plus haut pour se faufiler dans son dos et encercler sa petite taille afin de l'étreindre à son tour tandis qu'il inspirait profondément. Le cœur de la navigatrice se serra douloureusement face à ce geste d'une étonnante tendresse, comme désespéré à l'idée de la perdre si jamais il la lâchait. Ses sentiments pour lui étaient si forts qu'ils en étaient douloureux. Une larme roula sur sa joue, puis une autre. Le traître ! Il n'avait pas le droit de lui faire ça ! Comment pouvait-elle continuer de lui en vouloir après ça ? Zoro ne flanchait jamais, il était imperturbable ! Pourquoi lui faisait-il croire que sa présence lui était vitale ?! Ce n'était pas juste !

Ses préoccupations lui revinrent subitement en tête. Ce qu'ils venaient de faire ne lui avait donné l'illusion qu'elles avaient disparu, mais au final, cela n'arrangeait rien, si ce n'était même que ça compliquait encore plus les choses. Pourtant, elle aurait souhaité que tout disparaisse autour d'eux et que ce moment ne s'arrête pas. Nami ne saurait dire combien de temps ils restèrent ainsi, soudés l'un à l'autre, à s'abreuver mutuellement de leur présence. Zoro finit par remuer, desserrant l'étau de ses bras, puis déposa un léger baiser dans son cou avant de lui faire à nouveau face. Son visage avait retrouvé son impassibilité mais une lueur d'inquiétude traversa son œil intact lorsqu'il croisa l'éclat cristallin des larmes sur ses joues.

- Je t'ai fait mal…

Sa voix rauque s'érailla sous l'horreur de cette éventualité et la culpabilité déforma ses traits pourtant si confiants. Nami s'empressa d'hocher la tête négativement et essuya ses joues ainsi que ses yeux d'un revers du poignet.

- Non tu ne m'as pas fait mal, assura-t-elle.

Pas physiquement du moins, et il ne parut pas franchement convaincu non plus. Il leva la main et chassa de son pouce, une petite goutte qui était restée accrochée à ses cils au coin de son œil. Dans son esprit totalement perdu, le geste lui fit l'effet d'un coup dans le ventre. Pourquoi cet idiot ne pouvait-il pas se contenter de se conduire comme la grosse brute qu'il était ? Pourquoi se montrait-il aussi tendre tout-à-coup ?! Tout ce qu'il faisait, c'était compliquer les choses et la perturber encore plus. Elle devait se ressaisir et ériger à nouveau un mur pour contenir ce flot d'émotions. L'heure était grave et ils ne pouvaient pas se permettre de perdre du temps avec ça. Sa décision était prise, elle allait devoir lui annoncer avant que les choses n'empirent et qu'elle ne puisse plus faire marche arrière.

Finalement vint le moment où Zoro se sépara d'elle, créant un vide atroce autant physiquement qu'émotionnellement, ainsi qu'une sensation de froid frigorifiant dû à la perte de chaleur du corps de son amant, que Nami tâcha d'ignorer. Ses pieds retrouvèrent enfin la terre ferme mais ses jambes encore flageolantes eurent du mal à la supporter et elle dut se tenir à un meuble à proximité pour éviter de s'affaler au sol. Il lui tendit un mouchoir blanc, récupéré quelque part dans cette habitation qui n'était pas la leur, qu'elle accepta sans un mot afin de nettoyer les traces de leur ébat.

L'ambiance électrique du début s'était transformée en situation gênante, où aucun d'eux ne savaient réellement quelle attitude adopter après ce dérapage incontrôlé. Les regards étaient presque fuyants et ni Zoro, ni elle, ne semblaient vouloir rompre le silence plombant alors qu'ils remettaient leurs vêtements en place. C'était étrange, jamais une telle sensation de malaise ne s'était manifestée après leurs ébats depuis qu'ils avaient commencé. Mais là, c'était différent, ça les avait complètement dépassé.

Nami réajusta les perles dans sa chevelure qu'elle avait assagi de ses doigts, en dénouant les quelques nœuds qui s'étaient formés, puis posa son regard sur l'encadrure de la porte. L'aube éclaircissait déjà la forêt de la baleine et entraînerait d'ici peu, le réveil de leurs amis. Dès qu'ils passeraient cette porte, la réalité reprendrait ses droits et tout s'accélèrerait à un rythme effréné dans un tourbillon infernal d'évènement. Le tout, ça allait être de trouver un moment pour le lui dire.

Ses orbes noisettes observèrent, avec un certain détachement, le bretteur qui remettait ses trois fidèles sabres à sa ceinture, dans un geste qu'elle l'avait vu faire des dizaines de fois. Son t-shirt était encore un peu froissé au-dessus de ses épaules et elle pouvait même distinguer la trace de ses doigts dans le textile. Il lui exposait son profil aveugle de façon volontaire, et elle pouvait voir à ses muscles tendus, qu'il se sentait mal à l'aise, et peut-être même coupable. Elle aurait dû chercher à le rassurer, mais les mots restèrent désespérément coincés dans le fond de sa gorge. Quand il eut terminé de repositionner correctement sa ceinture, Zoro marqua un petit temps d'arrêt avant de carrer les épaules et de se tourner vers elle, une main sur la poignée de ses sabres. Son œil qui avait retrouvé toute sa fermeté, arrima les siens encore incertains. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais une cloche retentit subitement d'un rythme alarmiste dans la forêt. L'équipage de Jack ! pensa immédiatement Nami dont le cœur venait de faire un bond dans sa poitrine. Le bretteur serra les dents et rompit le contact visuel.

- Il vaudrait mieux se dépêcher de rejoindre les autres, annonça-t-il froidement.

La jeune femme ravala la bile qui lui était montée dans la gorge et hocha la tête. L'ancien chasseur de pirates s'apprêtait à ouvrir la marche mais elle l'interpella avant qu'il ne passe le pas de la porte.

- Zoro attends !

L'interpellé se figea sans se retourner pour autant. Nami prit une grande inspiration et le devança.

- Laisse-moi passer devant ou tu risques encore de te perdre.

Elle l'entendit grincer des dents mais à son grand étonnement, il ne lui rétorqua rien et la laissa passer devant lui. Les premiers rayons du soleil commençaient à chatouiller la cime des arbres et les oiseaux entamaient leur chant matinal, signe que la journée démarrait. La jolie rousse s'arrêta à la limite de l'auvent en bois, et fixa un point invisible devant elle, le visage sombre.

- Je ne t'ai jamais trompé avec Sanji, déclara-t-elle avec une certaine gravité dans la voix.

Puis, elle s'élança pour rejoindre les autres, restés autour du feu de camp, sans attendre que Zoro ajoute quelque chose.

A suivre...


C'est toujours électrique entre ces deux-là ! Leur engueulade sur le croco à propos de Sanji dans l'œuvre originale m'a donné envie de l'exploiter un peu plus, du coup, ça donne un truc un peu « explosif » qui finit par partir en sucette. On peut dire que c'est officiel, Zoro est jaloux. C'est vrai que ça sort un peu du personnage, mais je le voyais difficilement autrement, et puis ce dérapage le rend un peu plus humain. Je sais que ça reste encore un peu flou, mais promis, vous aurez plus de réponses au prochain chapitre.

Vos impressions sont toujours les bienvenus.

A bientôt pour la suite !