Tout allait bien. C'était un jour de plus pour les élèves de l'académie Kamome, qui étaient occupés à leurs activités de club. Yashiro, elle se trouvait à son club Nettoyage de toilette, dont Hanako était le fondateur et elle la seule membre active ( le recrutement de Kou s'était mal passé, le principal intéressé s'étant enfui en entendant la proposition de ses camarades ). Hanako, puisqu'on en parle, devait être occupé ailleurs puisque Yashiro ne l'avait pas trouvé en entrant. Elle s'était donc attelé au ménage mais avait vite finit par s'ennuyer. Il faut dire que récurer des vieilles chiottes toute seule, ce n'est pas très marrant. Surtout que Kou était en sortie scolaire, et ne reviendrait pas avant au moins une heure environ. Plutôt que d'attendre bêtement, l'autoproclamée plus beau daïkon du monde décida donc de partir à la recherche de son fantomatique ami. Cela, sans remarquer la petite ombre qui la suivait...
"Dites, vous n'auriez pas vu Hanako-kun ?"
La jeune fille avait choisit de commencer son investigation en interrogeant les adorables Mokke, en ignorant leur côté mégalomane. En effet, les petits esprits aussi roses que leur nourriture favorite n'avaient toujours pas renoncé à leur rêve de prendre la place d'un des sept mystères et de contrôler l'école puis le monde. C'est d'ailleurs pour cette raison que le cœur de Yashiro bondit dans sa poitrine en les voyant en possession de la casquette d'Hanako. Elle leur arracha des oreilles, et fut horrifiée de voir le fameux couvre-chef de son ami couvert de taches rouges.
"Que...Qu'est-ce qui s'est passé ?, demanda-t-elle, Hanako-kun va bien ? Il est blessé ? Vous ne lui avez rien fait de mal, j'espère !
-On a rien fait.
-On sait pas.
-On a trouvé la casquette par terre dans le couloir.
-Près d'un escalier.
-Dans le couloir.
-Devant la salle d'art.
-Tu veux un bonbon ?
-L'escalier devant la salle d'art...C'est pas vrai !
Yashiro remercia rapidement les Mokke pour leurs informations et partit en courant vers l'escalier en face de la salle d'art. L'entrée vers la frontière du N°2, Yako-san, plus connue sous le nom de l'escalier Misaki. Elle se souvenait du sauvetage d'Aoi. Lorsqu'elle avait appelé Hanako à l'aide, au plus profond de la frontière. Il était arrivé immédiatement et l'avait sauvée, mais..."Il était vraiment dans un sale état. De toutes les fois où j'ai vu Hanako-kun combattre, il n'a jamais eu autant de mal que contre Yako-san. Mais aujourd'hui, elle n'a pas de raison de s'en prendre à Hanako-kun...Pas vrai ?"
Yashiro sentit sa poitrine gonfler d'inquiétude et les larmes lui monter aux yeux. Elle accéléra, si c'était encore possible, manquant de renverser des élèves au passage. Puis elle pila nette en voyant une petite forme blanche passer devant elle ( son dérapage fut impressionnant, et resta dans les mémoires de l'école ).
"Yako-san !"
A l'entente de son nom, la petite statuette de sanctuaire Inari s'arrêta et se retourna pour faire face à l'impertinente qui venait de l'interpeller. Un coup d'oeil vers la jeune fille essoufflée et son regard trempé mais déterminé, et la renarde soupira d'exaspération.
"Qu'est-ce que tu me veux, cette fois ?
-Où est Hanako-kun ?
-Pardon ?"
L'étonnement était visible sur le visage du N°2.
"Je veux savoir où est Hanako-kun et ce que vous lui avez fait !" Tout en parlant, Yashiro brandit la casquette du concerné sous le nez de Yako. Elle prit un temps pour la regarder, et répondit :
"Je ne sais pas où se trouve l'honorable N°7, et je ne lui ait rien fait. Je suis incapable de me battre depuis que vous avez détruit mon réceptacle, je te rappelle. Et puis, je n'ai aucune raison de m'en prendre à ce gamin turbulent.
-Mais où est-il, alors ?" demanda Yashiro d'une voix brisée. Elle tomba à genoux et fondit en larmes, incapable de contenir ses émotions plus longtemps. Elle ne connaissait ni la localisation d'Hanako, ni l'urgence de son état, et ne pouvait pas compter sur un aide extérieure. Elle était désespérée.
Les reniflements de la jeune fille poussèrent N°2 à reprendre la parole.
"Je ne sais pas où l'honorable N°7 se trouve actuellement, mais je l'ai vu il y a peu de temps. Il est passé devant mon escalier. Il avait l'air pressé, et transportait un escabeau. Il semblait se diriger vers le bureau de l'autre araignée emo. Et il m'a paru en excellent santé, si on met de côté le fait qu'il soit mort."
A ces mots, Yashiro releva la tête. Ses yeux brillaient, mais elle cessa de pleurer.
"Vraiment ?" demanda-t-elle. "Il a du perdre son chapeau à ce moment là. Oh, merci, merci beaucoup Yako-san !"dit la jeune fille en serrant l'esprit dans ses bras. L'héroïne aux jambes daïkonesques partit presque immédiatement en direction du bureau de Tsuchigomori . Yako, à peine remise du câlin-surprise de l'irritante humaine, se promettait de la mordre plus tard en guise de vengeance. C'est alors qu'elle aperçut une petite forme ronde se faufiler à toute vitesse à la suite de Yashiro.
"Les humains...tellement naïfs et si peu observateurs. C'est impressionnant."
Yashiro entra comme une bombe dans le bureau de Tsuchigomori, à la grande surprise de toutes les personnes présentes dans la pièce. Cependant, elle n'en cherchait qu'une. L'adolescente releva la tête, regarda autour d'elle. Des banderoles clamant "Joyeux anniversaire" étaient suspendues aux murs. Des pots de peintures et des pinceaux traînaient au sol. Un énorme gâteau était posé sur le bureau du professeur. Tout le monde était immobile et fixait Yashiro en silence. Elle croisa tour à tour les regards de Tsuchigomori, Mitsuba, et même Shijima Mei, le mystère N°4. Mais surtout, elle croisa les grands yeux ambrés de sa cible. Elle avait enfin trouvé Hanako.
...Hanako qui était en parfaite santé et qui semblait plus qu'étonné.
"Yashiro ? Qu'est-ce tu fais là ? Tu devrais être en train de nettoyer les toilettes."questionna le fantôme." Oh, je te manquais tant que ça ?"
Le grand sourire qu'abordait le jeune homme fut la goutte trop pour Yashiro.
"ESPECE D'IMBÉCILE ! TRIPLE COURGE ! J'étais toute seule ! Tu n'as pas laissé un mot ! RIEN ! Je ne savais pas où tu étais, j'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose de grave, et Monsieur est là, comme une fleur, et me demande ce que je fais là !
Cette explosion eu le mérite de faire perdre son sourire à Hanako. Tsuchigomori comprit que désormais, il valait mieux les laisser seuls, et quitta la pièce en embarquant les deux autres fantômes grâce à ses multiples bras, fermant la porte derrière lui. Ce n'était désormais plus qu'entre Yashiro et Hanako.
"Yashiro, commença-t-il prudemment, qu'est-ce qu'il se passe ? Il t'es arrivé quelque chose ?
-Ce qu'il se passe ?" répondit-elle, furieuse."C'est une bonne question. Il se passe quoi, ici ? Pourquoi tu ne m'as pas prévenue, au lieu de me laisser toute seule dans les toilettes ?
-Heu...Et bien, comme c'est bientôt l'anniversaire du gamin, on a profité de sa sortie scolaire pour préparer une fête. Et je voulais te faire la surprise à toi aussi, vu que tu as beaucoup de travail ce derniers temps. Pour te remonter le moral. J'avais envoyé Blancheur pour veiller sur toi et te protéger en mon absence."
La petite boule blanche qui entourait Hanako d'ordinaire sortit de l'ombre où elle se terrait depuis tout à l'heure afin de se poster aux côtés des deux jeunes gens.
"Comment se fait-il que j'ai trouvé ton chapeau couvert de tâches rouges entre les mains des Mokke ? J'ai cru que tu étais blessé !
-Ho, tu l'as retrouvé ! Je l'avais perdu dans l'urgence. Les tâches, c'est de la peinture. Surement de quand on a fait les banderoles." s'empressa-t-il de répondre suite à un regard noir de Yashiro.
Celle-ci commença alors à pleurer devant un Hanako complètement désemparé.
"Yashiro, pourquoi tu pleure comme ça ? Quelqu'un t'a dit du mal ? On t'a attaquée ?
-Pourquoi ? POURQUOI TOI TU NE COMPRENDS PAS QUE JE M'INQUIETE POUR TOI ?!
Les pleurs redoublèrent alors qu'elle expulsait sont ressentiment. Hanako accusa le coup, mais il ressentit une intense culpabilité en comprenant la cause des larmes et de la colère de celle qui le considérait comme un ami. Bien que lui la considère comme bien plus que cela...Il inspira donc un grand coup, et pris Yashiro dans ses bras, lui faisant écarquiller les yeux. Elle se calma un peu, et le garçon en profita.
"Je suis désolé."
Ces mots claquèrent dans le silence de la pièce. Hanako serra la jeune fille plus fort, enfouissant sa tête au creux de son cou. Il la sentait trembler dans ses bras. Heureusement, ou malheureusement, leur position ne leur permettait pas de voir les rougeurs qui prenaient place sur le visage de l'autre.
"Je ne voulais pas t'inquiéter, ou te rendre triste. J'aurais du rester avec toi plutôt que de te laisser toute seule. Tu veux bien me pardonner ?"
La sensation des bras de son amie qui agrippaient timidement l'arrière de son uniforme et le petit "Idiot" qu'il entendit entre deux sanglots lui indiquèrent une réponse positive. Le fantôme poussa un imperceptible soupir de soulagement. Ils restèrent quelques minutes ainsi, dans les bras l'un de l'autre, Yashiro le visage niché contre le torse d'Hanako, le sien dans les cheveux de son daïkon personnel. Le soleil couchant nimbait la pièce d'une douce lueur, jouant avec les contrastes d'ombre et de lumière. L'atmosphère ressemblait trait pour trait à celle du jour de leur rencontre, lorsqu'ils se sont liés pour l'éternité.
Puis, doucement, Hanako se décolla de sa camarade. Il agrippa son menton entre ses doigts, colla son front contre le sien et la regarda dans les yeux. Il restait encore quelques perles d'eau accrochées à ses cils. Le jeune homme les essuya précautionneusement avec son pouce.
"Je n'aime pas quand tu pleures."
Cette phrase eu pour effet de faire rougir Yashiro. Le jeune homme ne put alors s'empêcher de taquiner sa camarade.
"Cela dit, ça me fait plaisir que tu t'inquiètes autant pour moi. Tu dois vraiment beaucoup m'aimer...Petit daïkon pervers~"
Sa boutade eu l'effet escompté puisque Yashiro commença à hurler des choses incompréhensibles à son encontre et qu'il devint possible de la confondre avec les tomates qu'elle cultivait. Il se mit à flotter dans les airs en rigolant, pendant que Tsuchigomori revenait s'assurer que son bureau était toujours intact, accompagné des deux autres. Un éclat de tristesse traversa fugacement son regard, cependant, lorsqu'il songea que même si Yashiro devait énormément tenir à lui pour réagir ainsi, elle ne l'aimait surement pas autant que lui l'aimait...
Ils finirent rapidement la mise en place de la fête, avec l'aide de Yashiro, et ce fut elle qui guida Kou vers leur surprise une fois qu'il fut de retour de sa sortie. L'apprenti exorciste-qui-n'exorcisait-pas-les-esprits fut très surpris et touché par les efforts de ses amis. Le gâteau était très bon, et attira des Mokke qui tentèrent d'étouffer Hanako avec. Ledit Hanako se fit également enguirlander par Kou à propos de son comportement envers Yashiro, qu'il avait amicalement embêtée toute la soirée en tentant de flirter avec elle. Mais, plaida-t-il, c'était sa manière de se faire pardonner. En réalité, le fantôme profitait de chaque instant avec la jeune fille, car il savait qu'il était plus qu'improbable qu'un jour, il puisse sérieusement lui montrer ses sentiments. Après tout, ils n'étaient pas du même monde. Ce qu'il ne savait pas, c'était le rythme des battements de cœur de Yashiro qui accélérait et la douce sensation de bien-être et de chaleur qui ne manquait jamais de s'emparer d'elle dès qu'il la prenait dans ses bras.
