Bonjour à toutes et tous. Ceci est ma première fanfiction sur l'univers d'Eyeshield 21. J'espère que je ne me suis pas trop éloignée de la vision que vous avez de ces personnages et que la fiction vous plaira.
Disclaimer : tous les personnages et lieux appartiennent à Riichirõ Inagaki et Yusuke Murata, sauf un personnage de ma création.
Prologue
Les vibrations sur la table de nuit reprirent de plus belles. Il grogna. C'était son troisième appel en moins de dix minutes. N'avait-elle pas compris qu'il ne voulait pas lui répondre ? Elle était censée être intelligente, non ? Elle lui avait prouvé plus d'une fois, alors pourquoi insistait-elle comme ça ? Bordel ! Elle arrivait à lui pourrir la vie même à distance.
Les vibrations s'arrêtèrent enfin. Il soupira en s'emparant de son sac de sport, il avait un entraînement important ce matin. Alors qu'il s'apprêtait à refermer la porte de la minuscule chambre de motel qu'il occupait depuis deux semaines, les vibrations reprirent dans sa poche. Putain, elle ne le lâcherait pas. Abandonnant la poignée de la porte, il décrocha d'un geste rageur.
- Ça a vraiment intérêt d'être putain d'important fuckin'ex-manager ? cracha-t-il dans le combiné.
- Bonjour à toi aussi Hiruma-kun, lui répondit une voix calme.
Une voix beaucoup trop calme par rapport à la sienne. Une voix qui lui arracha un frisson malgré lui. Elle lui arrachait même le contrôle de son propre corps.
- J'ai pas l' temps pour tes conneries alors accouche, ordonna le blond.
Il n'aimait pas les sentiments contradictoires qui se propageaient en lui. Il avait autant envie de raccrocher que de l'écouter. Il n'aurait jamais dû décrocher cette saleté de portable.
Il ne put retenir un sourire en l'entendant prendre une inspiration de l'autre côté du combiné. Finalement, elle n'était pas si calme.
- Il… il faut qu'on parle, déclara-t-elle hésitante.
- Oui, c'est à ça que serve les téléphones, fuckin'ex-manager, contra-t-il
- Hiruma-kun je… Il faudrait vraiment qu'on se voit… S'il te plait. C'est vraiment important et ce n'est pas le genre de conversation qu'on peut avoir au téléphone, demanda la jeune femme.
Les doigts du démon se serrèrent autour de la lanière de son sac. Le ton implorant de l'ancienne manager des Devil Bats l'inquiéta autant que sa demande. Il la connaissait. Il la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle le connaissait assez pour ne pas lui faire ce genre de déclaration à la légère. Le sujet devait être grave pour qu'elle cherche à ce point à le contacter.
- Ça va être compliqué, je ne suis pas vraiment dans le coin là tout de suite, lui répondit-il prudemment, ses neurones se mettant en action pour essayer de deviner le sujet de la conversation tant redoutée et d'y trouver une solution.
Était-elle malade ? Non, elle n'avait aucune raison de lui en parler si c'était le cas. Plus maintenant en tout cas. Peut-être avait-elle des problèmes de fric ? Improbable, c'était la femme la plus foutuement responsable qu'il connaissait. Et beaucoup trop fière pour lui demander quoi que ce soit de ce genre d'ailleurs.
- Je sais, c'est pour ça que je t'appelle. Est-ce que tu comptes rentr… revenir bientôt ? interrogea la jeune femme.
Il dut faire un effort pour comprendre sa question alors qu'un vrombissement de moteur hachait ses paroles.
- J'en sais rien.
- Hiruma-kun…, souffla-t-elle
Son sourire s'élargit. Oui, décidément, elle le connaissait bien. Trop bien même.
- Kekeke… Dans trois semaines, peut-être moins si tout va bien, lui annonça-t-il.
- Tu penses pouvoir m'accorder une…
Il n'entendit pas la suite, le vrombissement se faisant à nouveau entendre. Cela commençait réellement à mettre sa patience à l'épreuve. Qu'est-ce qu'elle fichait ? Avait-elle décidé de s'engager dans les courses urbaines maintenant que sa carrière dans le football américain était terminée ?
- Putain, t'es où ? ne put-il s'empêcher de demander perdant patience.
- En bas de chez toi, expliqua-t-elle pendant une accalmie. Un de tes crétins de voisin s'est acheté une nouvelle voiture et visiblement il veut en faire profiter tout le quartier.
- Qu'est-ce que tu fous chez moi, putain ? s'étonna le démon.
Pris d'un doute, il observa sa montre. Il était bel et bien en retard pour son entraînement. Mais il était également bien trop tard pour une escapade nocturne à T
- Yamato m'a dit que tu lui avais demandé les dernières statistiques des Wizards mais comme il ne les trouvait pas je lui ai dis que je m'en occuperai. D'ailleurs, où est-ce que je dois te les envoyer ? reprit-elle simplement comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
Ça l'était, se rappela-t-il. Pendant cinq ans, c'était leur quotidien et la voir replonger aussi vite lui pinça le cœur. Ce constat l'irrita encore plus.
- C'est pas tes affaires, fuckin'EX-manager, insista-t-il. Files les simplement au fuckin'…
Le vrombissement reprit, se reprochant de l'appareil. Puis il y eut un crissement de freins, un cri de surprise et d'effroi suivi d'un bruit sourd et des fracas de tôle, un grand silence puis l'assommante tonalité électronique.
- Fuckin'manager ? interrogea-t-il soudain glacé. Anezaki ? répéta-t-il alors qu'il n'obtient aucune réponse. Mamori ?! hurla-t-il encore
Seul le silence lui répondit. Il observa l'appareil. L'appel était terminé. Il appuya rageusement sur la touche de rappel. Mais le bip ne semblait pas vouloir s'arrêter. Il ne pouvait soudain plus respirer alors que sa cage thoracique se contracter comme si le fuckin'gros lard venait de lui envoyer un bump. Son précieux cerveau était si congelé qu'il n'arrivait même plus à prendre la décision de raccrocher encore une fois.
- Bonjour, vous êtes bien sur le numéro de Mamori Anezaki. Je suis pour l'instant dans l'incapacité de vous répondre mais laissez-moi vos coordonnées et je vous rappellerai, annonça joyeusement la voix de son ancienne manager.
- Putain… Putain, putain, putain… récita le blond en essayant de se reprendre.
Le sac tomba lourdement sur sol l'arracha définitivement à sa léthargie. Il devait trouver une solution. Maintenant. Il envoya son poing dans le mur. La vive douleur provoqua un électrochoc dans le cerveau démoniaque qui se mit à analyser chaque solution se présentant à lui et calculer exactement ses chances de réussites. Il lâcha un dernier juron lorsque la réponse lui apparut.
- Et merde !
Récupérant son portable, il raccrocha l'appel toujours en cours. Il hésita une demi-seconde avant de taper un message.
« Accident, 1-chōme-28-32 Hongō, Bunkyo City »
Il prit une grande inspiration avant d'envoyer le message. Puis il se laissa tomber au sol, s'appuyant sur le bord du lit, la tête en arrière. Il devait absolument se calmer et reprendre ses esprits. L'entraînement définitivement oublié, il observa la chambre. Ses affaires n'étaient pas déballées, il était déjà prêt à repartir. Une courte vibration dans sa main le sortit de ses réflexions.
« Aéroport George-Bush, terminal D, porte 1, 8h47 »
Un sourire ironique s'étira sur ses lèvres. Elle avait dégainé encore plus vite que Kid. Comment avait-elle fait pour le retrouver aussi vite ? Il était clair que ses espions étaient bien plus efficaces que les siens. Quoique, à la réflexion, elle n'avait jamais dû ignorer où il était. Elle n'avait jamais dû cesser de le suivre.
Il se releva, s'empara de ses différents sacs et sortit enfin de sa chambre. Arrivé sur le parking, il aperçut une berline aux vitres teintées détonnant carrément au milieu de toutes les épaves.
- Tch…cliché, marmonna-t-il en s'approchant du chauffeur qui ouvrait déjà la porte arrière.
Maintenant il n'avait plus qu'à se laisser porter. Se laisser porter et tenter de ne pas se rendre dingue en imaginant le pire.
L'obscurité semblait l'engloutir peu à peu comme des dizaines de tentacules noires se resserrant peu à peu autour d'elle. Elle avait mal, tellement mal. La douleur déferlait en elle encore et encore comme des vagues s'écrasant sur des rochers. Elle ne savait pas pourquoi elle avait si mal, n'arrivait pas à se souvenir d'un monde sans souffrances. Mais les ténèbres qui l'entouraient semblaient lui promettre une paix tant désirée.
- Anezeki reste avec moi, ordonna une voix lointaine.
Elle ne connaissait pas cette voix. Pourquoi devrait-elle l'écouter ? Elle n'aimait pas qu'on lui donne des ordres. Elle n'avait jamais aimé ça. En plus la voix provenait de l'autre côté des ténèbres, là où ses tourments ne voulaient finir.
- Je t'interdis de lâcher, Anezaki. Bats-toi ! réclama une nouvelle fois la voix.
Se battre ? Elle avait trop mal pour se battre. Elle voulait simplement arrêter ça. Elle voulait se laisser ensevelir.
- Il a besoin de toi, Mamori. Tu ne peux pas l'abandonner, murmura la voix soudain implorante.
Besoin d'elle. Quelqu'un avait besoin d'elle. La jeune femme essaya de se concentrer, se forçant à réfléchir. Son instinct lui disait que c'était important, qu'elle devait faire face à sa souffrance pour se rappeler qui avait besoin d'elle. La voix semblait le savoir, elle, mais elle était loin, si loin.
Elle commença à se débattre dans l'obscurité. Elle devait se dégager de ses liens qui la maintenait dans le noir. Mamori Anezaki n'avait jamais abandonné qui que ce soit, et encore moins quelqu'un qui avait besoin d'elle. Elle se força à traverser les affres, elle était plus forte que ça.
Sa lutte lui sembla interminable. Elle avait l'impression d'avancer dans des sables mouvants. Des sables brûlants, griffants, coupants. Chaque avancée lui coupait le souffle, la faisait hésiter à se laisser noyer mais elle avançait toujours.
Sa tête explosa lorsqu'elle ouvrit difficilement les paupières. La peau sur ses yeux ne lui avait jamais paru aussi lourde, ses muscles paralysés. Une lumière blanche et cru l'aveugla mais elle se força à tenir. Elle avait fait trop d'effort pour reculer maintenant.
- Mademoiselle Anazeki ? Vous m'entendez ? demanda un homme.
Ce n'était pas la voix qu'elle avait entendue précédemment. Elle ne voulait pas lui parler, à lui, elle voulait savoir qui avait besoin d'elle.
- Ou… parvint-elle à prononcer alors que les flammes ravageaient sa gorge.
- Vous êtes à l'hôpital mademoiselle. Vous avez eu un grave accident, expliqua l'homme. On s'occupe de vous mais il faut continuer à vous battre.
- Comment il…
Elle était à bout de force. Elle savait que les ténèbres ne tarderaient pas à la rappeler à eux. Elle espérait que la voix n'était pas loin et qu'elle comprendrait, qu'elle lui répondrait avant qu'elle ne disparaisse à nouveau.
- Je suis désolée, prononça gravement l'homme. Vous l'avez perdu.
Perdu. Le mot résonna en elle alors que l'obscurité l'engloutissait à nouveau. La douleur avait disparu mais sa volonté s'était envolée avec elle. Elle avait perdu sa bataille.
