Bonjour ou bonsoir à vous ! En me baladant dans mes fichiers, je me suis rendus compte que j'avais trois OS crakcship qui traînaient dans un coin. Je les avais écris il y a quelques mois pour ReineTardigrade mais on dirait bien que j'ai oublié de les poster X) Voici donc trois OS complètement sortie de nul part, en espérant que ça vous plaîra o/

Bonne lecture o/


Dans la salle du trône, dame Hilda commandait à ses guerriers de lui rendre leur rapport hebdomadaire, comme chaque dimanche.

Hagen récitait son rapport d'une voix monocorde et Albérich étouffa une toux dans le fond de sa gorge en espérant avoir été assez discret. Il ne tenait pas à attirer l'attention sur lui et à faire durer cette séance plus que nécessaire, d'autant qu'Hagen était le dernier à passer aujourd'hui. Il en serait sûrement autrement la semaine prochaine mais au moins, ça voulait dire qu'ils en avaient bientôt fini.

Et effectivement, quelques minutes plus tard, Hagen reprit sa position agenouillé et dame Hilda les sonda tous du regard.

"Bien. Je suis heureuse de savoir mon Royaume en sécurité entre vos mains. Je vous libère."

Les septs guerriers inclinèrent respectueusement la tête, remirent leur casque et commencèrent à quitter la salle. Une fois seul dans le couloir menant à ses quartiers, Albérich laissa sortir la toux qu'il retenait depuis presque un quart d'heure. Il se mit à tousser fortement, d'une toux grasse de lourde. Il continua de marcher vers ses quartiers et s'arrêta devant la porte, alors qu'il crachotait une dernière fois.

Un pétale d'helléborine violine venait de tomber au sol.

XxX

Albérich était un homme fier. Fier de sa force, fier de son intelligence, fier de son esprit stratège, fier de servir dame Hilda et fier de servir Odin. Son dieu, l'être qu'il dont il avait choisit de défendre les valeurs et la présence sur terre, celui qui apportait chaque jour à Asgard suffisamment de bon pour survivre à ce climat des plus rudes.

Et comme tous les guerriers d'Odin, il aimait son dieu et ce qu'il représentait.

La création. La vie. Le tout.

Des conceots auquel Albérich n'accordait que le respect qu'il leur était dû. La seule chose qui tournait sans cesse dans son esprit était l'envie d'être un jouer capable de brandir Balmung. L'honneur, le prestige et le pouvoir que cela représenterait.

Voilà pourquoi, malgré toute l'affection qu'il portait à ses confrères, ils étaient avant tout un obstacle à son objectif. Ils garderaient leur saphir, tout comme Albérich garderait le sien, au péril de leur vie.

Et si Albérich voulait avoir la moindre chance de les obtenir, il lui faudrait une guerre, une distraction, pour isoler ses paires et les pièges un à un et arracher à leur cadavre le si précieux saphir.

Il insoira profondément et fixa le plafond de sa chambre. Il aurait déjà dû être debout à accomplir son devoir mais il s'était trouvé incapable de se lever. Ses jambes tremblaient et son souffle était difficile. Peut-être un rhume, ce qui était d'une ironie mordante sachant à quelles conditions climatiques et combats il avait rechapés. Mais son corps restait celui d'un homme.

Aussi avait-il prévenu qu'il prenait sa journée, à la surprise de tous, et était retourné se coucher, sans toutefois parvenir à trouver le sommeil.

Trois semaines plus tard, son état ne s'était pas amélioré, en fait sa respiration était même sifflante maintenant. Il était certain que ses pairs l'entendaient aussi clairement que lui et ça l'enrageait.

C'était la première fois depuis plus d'une décennie qu'une maladie le frappait et elle se révélait sérieuse.

Lui qui était si fier de sa force avait désormais sa propre faiblesse étalé à la vue de tous.

Un jour, alors qu'il arpentait les couloirs, il croisa Siegfried. Il pensait qu'il ne ferait que le croiser mais non.

Siegfried s'arrêta à trois pas de lui.

"Albérich."

Albérich hocha la tête et répondit.

"Siegfried."

Il sentait que l'autre voulait discuter et vu son ton, ce serait sûrement quelque chose de sérieux, du moins à ses yeux. Siegfried avait tendance à croire que la moindre fissure d'un mur risquerait de le faire s'écrouler sur son propre poids.

"J'ai remarqué, nous avons tous remarqué, que ton état s'aggravait."

Il marqua une pause et Albérich savait que c'était soit pour le forcer à accepter ce qu'il venait de dire, pour l'appuyer, soit parce qu'il attendait une réponse.

Albérich n'en avait aucune à lui donner.

"Tu nous inquiètes. Je ne sais pas si tu te rends bien compte de ce qui t'arrives. Tu vacille quand tu te relèves de ton salut, ta respiration n'a rien de naturel et tu n'as jamais été aussi pâle. Et je ne serais pas surpris qu'il y ai encore d'autres symptômes que tu persistes à nous cacher."

Albérich fronça les sourcils et claqua sa langue contre son palais dans un bruit sec. Oui il y avait d'autres symptômes ; une douleur atroce dans sa poitrine et son coeur battant trop vite, comme pour compenser la faiblesse d'un autre organe, ce qui lui donnait l'impression d'être un lapin fuyant un fauve. Et ces pétales violines qu'il trouvait de plus en plus autour de lui. Mais il n'en dit rien.

"Je suis tout à fait apte à remplir mon devoir envers Dame Hilda si c'est ce que tu sous-entends."

Son ton était agressif parce qu'il mentait et qu'il le savait. Pire, ils le savaient. Il n'était plus suffisamment en forme pour pousser son cosmos au point de surpasser l'un des chevaliers d'or d'Athéna. À ce stade, si on suivait la même comparaison, il s'estimant entre un Argent et un Or, ce qui était loin d'être suffisant.

"Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Je dis simplement que je m'inquiète pour toi. Ça fait des semaines que tu es dans cet état ! Quand est-ce que tu vas enfin aller voir un médecin ou nous demander de l'aide ?"

Siegfried avait prononcé la fin de sa phrase d'une voix si forte qu'il semblait avoir crié. Albérich connaissait ce ton, c'était celui d'un sermon en approche même s'il pouvait sentir l'inquiétude qui perçait au travers de son cosmos.

Mais Albérich ne dit toujours rien.

"Bon sang ! Tu te rends compte que ça pourrait être grave pour t'affecter malgré ton cosmos et ton entraînement ? C'est peut-être mortel et toi tu ne veux rien faire ?"

Cette fois ci, Albérich prit le parole

"Ça n'a rien de mortel. Je suis un guerrier d'Odin au cas où tu l'aurais oublié et je suis tout à fait capable de le remettre d'une grosse grippe.

-Même alors que ton cosmos s'affaiblit ?"

La phrase avait tout d'un pique acerbe, sauf pour le ton. Siegfried était réellement inquiet de ce qui pourrait lui arrivé et cette pensée énerva d'autant plus Albérich.

"Je suis apte ! Il n'y a rien à dire de plus."

Siegfried secoua la tête en soupirant, comme s'il essayait de convaincre un enfant particulièrement borné de mangé ses légumes.

"Si, il y a plus. Même Dame Hilda la remarqué. Elle prie pour ton rétablissement chaque jour après sa prière quotidienne. Tu ne peux pas continuer comme ça. Et si ça te privait d'un de tes sens ?

-La Vierge d'Athéna n'a pas l'air d'avoir tant de mal à assumer ses fonctions.

-Alors et si tu tombais dans le coma ?

-Alors je serais au repos forcé, c'est bien ce que tu veux, non ?"

Siegfried parut blessé et Albérich s'en voulut un peu de son ton sec. Son camarade ne cherchait pas à lui faire du mal mais il était tellement irritant ! Albérich allait parfaitement bien alors pourquoi le faire chier avec des histoires qui n'avaient pas lieu d'être ?

"Tu sais bien que non. J'ai peur pour toi, Albérich. Si cette chose dans ton corps se révélait maléfique et que nous te perdions, je ne pourrais jamais me le pardonner. Et les autres non plus. Tu n'imagines pas ce que ça fait de voir un ami s'affaiblir de jour en jour, le voir trembler sur ses jambes, avoir besoin de s'appuyer sur le mur ou de le voir tomber plus que s'incliner devant Dame Hilda. Tu ne peux pas t'entêter comme ça."

Albérich fronça encore plus les sourcils et son regard se dit meurtrier, parce que tout était vrai quand le discours de Siegfried et c'était précisément pour ça que c'était aussi insupportable.

"Je ne vacille pas, je ne tremble pas, je ne m'appuie pas sur les murs et je sais parfaitement comment m'incliner, merci."

Sa voix était comme pleine de venin, un venin acide et perçant qui toucha Siegfried en plein cœur et lui infligea une blessure terrible.

Siegfried considérait Albérich comme son petit frère, malgré leur faible différence d'âge. Depuis qu'il avait officiellement reçu sa God Robe Siegfried n'avait cessé de faire des pas dans sa direction dans l'espoir de percer sa carapace et il croyait en avoir enlever quelques couches. Suffisamment en tout cas pour savoir que c'était l'orgueil qui poussait Albérich à de telles paroles mais il savait aussi combien il pouvait être méchant, tant dans ses propos que ses intentions,.sans raison apparente. Et la façon dont il l'avait remercié, jamais encore Siegfried ne l'avait entendu parler ainsi.

Aussi resta-t-il figé comme Albérich s'éloignait, le dos droit, les jambes raides et le corps bancal.

XxX

Albérich inspirait et expirait difficilement face à la statue d'Odin devant laquelle il était agenouillé. Ce n'était pas souvent qu'il venait prier son dieu en personne. Ça, c'était le rôle de Dame Hilda, mais quelques fois, il ressentait le besoin de venir et non de lancer quelques paroles en l'air, espérant qu'elles soient entendues.

"Mon Seigneur."

Il inclina respectueusement la tête mais une toux particulièrement puissante en gâcha la grâce. Albérich ne priait pas à voix haute d'ordinaire, il trouvait ça ridicule, car Odin avait bien mieux à faire que de l'écouter. Mais aujourd'hui, il le devait. Il ne savait pas trop pourquoi mais il en avait la certitude.

Alors il sacna la zone de son cosmos, s'assurant d'être bien seul, car rien ne serait plus humiliant que d'être pris dans cette position de faiblesse, et une fois qu'il fut sûr d'être bel et bien seul, il ouvrir la bouche.

"Je crois que mes jours à vos services sont comptés, mon Seigneur. Je le sens, dans mon corps et dans mon cœur. J'ignore combien de temps il me reste mais tout ce temps vous sera entièrement consacré, je le jure sur mon honneur et sur la vie."

Un quinte de toux le prit et il dû s'interrompre. La toux était grasse mais laissait sa gorge sèche et il sentait remonter le long de sa tranche les pétales violines qu'il avait de plus en plus de mal à cacher.

Face à Odin, il n'essaya même pas. Il cracha les pétales dans un mélange de salive, de bave et de sang et finit par reprendre une respiration tremblante. Les pétales violines brillaient sur la neige à cause des fluides qui les recouvraient et c'était étrangement beau, quoi qu'un peu dégoûtant, comme une oeuvre soigneusement étudié.

Pourtant, c'était la marque la plus évidente de la faiblesse d'Albérich, la marque de son déclin.

"Je que ne j'aurai d'autres occasions de vous parler en face mais elles me semblent troubles. Je ne suis pas sûr d'être en état de parler pour ces prochaines visites.

"Pourtant, je voulais vous jurer que jusqu'à mon dernier souffle, je me montrerai digne de la Robe que je porte et du saphir que je protège. Vous êtes le père de tout chose et je ne suis qu'un simple mortel mais mon attachement tout comme la loyauté sont ce que j'ai de plus précieux à vous offrir.

"Si cela pouvait vous satisfaire, je détruirais chacun de vos guerriers et porterait le poids de Balmung en votre nom."

Ces dernières paroles étaient peut-être trop osées mais elles étaient sincères, comme tout ce qu'Albérich avait jamais dit à son Seigneur et maître.

Il convoitait Balmung et savait désormais que jamais il ne la porterait. Son corps devenait trop faible, engourdie par une douleur qu'il devrait pourtant être capable de supporter mais qui alourdissant chaque geste et l'embourbait dans un marécage sombre dont il ne pouvait espérer rechaper.

Il connaissait le mal qui le rongeait, le mal légendaire, conté de générations en générations, comme une mise en garde sur ces terres hostiles.

Ne jamais tomber amoureux. Prévenir son cœur de toute forme d'affection qui risquerait de ne pas être retourné. Et si jamais l'on se montrait trop faible alors il fallait en accepter la punition.

Aujourd'hui, cette punition touchait Albérich en pleine la poitrine.

Il ne pouvait en guérir car le seul être qu'il ait jamais laissé approcher de son cœur, le seul à qui il ait livré tant de ses secrets, le seul à l'avoir choisi, le seul qu'il ait aimé plus qu'il n'avait aimé ses propres parents, était aussi le plus inaccessible.

Mais qu'importe. Ça ne changerait à sa dévotion féroce ni à l'attachement - il refusa de penser amour - qu'il vouait à son dieu.

Il toussa encore, cette fois plus de sang que de pétales et il ne put se tenir en place que grâce à des années à servir en tant que protecteur divin. N'importe quel autre humain se serait déjà effondré ou se serait laisser aller au repos.

Pas Albérich.

"Je sais que mes mots sont vains et qu'ils ne font que vous déranger mais je me devais de les dire. Si jamais, vous souhaiteriez me voir abandonner ma fonction et ma Robe, j'accepterai votre volonté."

Il inclina une nouvelle fois la tête, regardant les pétales devenues pourpres sous le sang, contrastant avec la neige, et se dit qu'il pourrait peut-être encore un jour atteindre son objectif, dans un avenir incertain.

En relevant la tête et en se redressant, il vacilla dangereusement, au point de devoir s'appuyer sur la statue d'Odin, et il se dit qu'il n'avait qu'à tenir un jour de plus, que les fleurs et leurs rageuses pétales ne gagneraient pas sur lui.

XxX

Deux semaines plus tard se tenait un conseil entre plusieurs nobles et Dame Hilda. Ses guerriers n'étaient là que pour parader et impressionner les hommes présents dans la salle. Ils témoignaient aussi de la protection que Dame Hilda possédait en sa qualité d'émissaire d'Odin.

La discussion allait bon train et, pour une fois, les nobles semblaient s'accorder sur le sujet dont il était question, chose sont Albérich se fichait éperdument.

Il était occupé à autre chose, quelque chose de bien plus important ; garder la face. Sa respiration était courte, bien malgré lui, et il sentait les regards de Siegfried et Mime s'attarder sur lui, mais il les ignora. Il avait besoin de concentration pour que sa reprisration ne devienne pas erratique, comme elle l'avait été ce matin-là.

Il s'était soudainement réveiller à cause d'une douleur féroce dans sa poitrine, au niveau de ses poumons. La douleur était telle, qu'elle lui coupa le souffle et, chose qui n'aurait jamais dû se produire, le fit tomber du lit et se mettre à genoux au sol.

La rage l'avait envahie, presque pire que la douleur, car pour la première fois en un mois, la maladie prenait le dessus. Il était devenu trop faible pour résister à un mal humain ! Il ne serait plus capable de défendre Dame Hilda ni son saphir d'Odin dans ces conditions.

Et ça, c'était inacceptable.

Mais la maladie demeurait et il s'était mis à tousser et tousser, chaque toux comme un coup portée droit au cœur. Et plus il toussait, plus il crachait de pétales mélangées à son sang et sa salive, gâchant la beauté des helléborines pourtant si éclatantes dans le Royaume.

Lorsqu'il avait enfin réussit à reprendre son souffle, son tapis était maculé de traces rouges et violines qui resterait incrusté dans le tissu à jamais.

Alors face à l'assemblée des nobles du Royaume, il faisait son maximum pour ne rien trahirnde sa faiblesse. Il demeurait le dos droit, les bras le long du corps et le souffle trop court mais aussi trop faible pour être entendue de la table seigneuriale.

Pourtant, alors que la réunion touchait à sa fin, une violente douleur se propagea dans sa poitrine et il ne pu retenir une première toux.

Sentant le changement dans son cosmos, Thor, qui se tenait à sa droite, se penchant imperceptiblement vers lui et fronça les sourcils. Il ne pouvait rien dire, pas tant que les nobles seraient présent et Dame Hilda en service mais l'envie le démangeait.

Quant à Albérich, il regrettait d'avoir laisser échapper cette première toux, car d'autres se précipitaient derrière elle et même le simple fait de respirer lui provoquait une douleur atroce et des fourmillements dans sa gorge alors qu'il bloquait sa respiration, seul moyen de stopper les toux momentanément.

En temps normal, il aurait facilement pu tenir plusieurs minutes en apnée, le temps de faire reflué ses toux, mais il n'était pas dans son état normal et il tint à peine une minute avant de reprendre son souffle et que les toux ne s'enchaînent.

Il leva une main à sa bouche pour les étouffés mais ça ne serait pas à grand chose. Pire, il sentait montrée le long de sa traché les pétales d'helléborines. Il ne pourrait pas les retenir mais il était hors de question de se laisser aller et d'étaler sa faiblesse en public.

Il quitta précipitemment la salle, aussi vite qu'il le put, soit trop lentement à son goût, et s'écroula trois couloirs plus loin.

Il tomba à genoux, ses mains prenant appuient sur le sol pour ne le pas le faire tomber la tête la première et se mit à tousser, crachoter, presque vomir des pétales au du sang. Mais ce ne voulait pas s'arrêter. Au plus il toussait, au plus il avait besoin de tousser. Et ça encore et encore. Au point de ne parvenir à repsirer que par petites inspirations, ralentissant le désatre qu'il faisait du sol du palais.

Au loin, il entendit des bruits de pas mais il ne parvint même pas à l'identifier grâce à son cosmos. Il fallut qu'il s'agenouille à ses côtes pour qu'il le reconnaisse : Mime.

Évidemment. Il devait être celui qui s'inquiétait le plus après Siegfried et Siegfried ne quitterait pas les côtés de Dame Hilda tant que toute la réunion et ses prolongements ne seraient pas terminé.

Albérich aurait voulu s'arrêter et se relever, dignement. Mais il ne le pouvait pas.

"Albérich ? Qu'est-ce que qui se passe ? Que veux-tu que je fasse ?"

Mime parlait mais Albérich l'entendait à peine. De toute façon il ne pouvait pas répondre. Mais ses bras se faisaient faibles et il se demanda un instant ce qui serait pire, tomber la tête la première dans la flaque qui ne faisait que s'agrandir ou demander le soutient de Mime.

Il réfléchit quelques instants puis, quand quelque chose se mit à bloquer sa gorge il tendit un bras vers Mime, et s'il ne s'écroula pas en perdant son appuie, c'est uniquement parce que Mime fut assez rapide pour le rattraper. Il glissa son bras sur ses épaules et passa son propre bras autour de la taille d'Albérich.

Albérich continua de tousser, le souffle presque absent tant cette chose dans sa gorge prenait de la place mais la main de Mime dans son dos l'aidait à s'ancrer dans le réel et à ne pas perdre complètement pied.

Il cracha et toussa et finalement, cette horrible chose

dans sa gorge s'en délogea.

Un bourgeon d'helléborine à moitié éclos se tenait là, au milieu de la mare de sang et de bave, où se trouvait également d'autres pétales, plus souillés.

Sa toux s'arrêta avec ce dernier cracha, laissant Albérich à peine conscient.

Mime se releva, emportant Albérich avec lui, sa prise ferme sur son bras et ses hanches.

XxX

Allongé dans l'infirmerie du palais, Albérich sentait que la douleur dans sa poitrine s'était encore amplifiée, toujours constante. Elle qui semblait pulsante au début était maintenant comme un flot régulier qui venait sans cesse s'échouer sur ses côtes.

Il insoira aussi profondément qu'il pu, expira, et recommencez l'opération plusieurs fois. Il sentait les autres cosmos, signe de présences, dans la pièce. Trois sources. D'après elles, il s'agissait de Siegfried, Mime et Thor.

Albérich ne voulait pas ouvrir les yeux et les affronter, surtout maintenant qu'ils connaissaient le mal dont il souffrait.

Mais finalement, il se résigna. Il ouvrit les yeux et de redressa jusqu'à être assit, le dos contre la tête de lit.

Trois paires d'yeux le fixaient, l'une avec inquiétude, une autre avec désapprobation, la dernière avec une indifférence que trahissait son cosmos.

Albérich les regarda un et un et refusa de prendre la parole. Il refusait de leur faire ce plaisir.

Comme souvent, ce fut Siegfried qui ouvrit le bal.

"Je te l'avais dit ! Pourquoi est-ce que tu persistes à refuser toute aide ? Tu ne nous fais pas assez confiance ? Merde, même Fenrir vient nous voir quand il le faut !"

Siegfried n'avait pas pour habitude de jurer, c'était même inapproprié de l'entendre dire de telles paroles, pourtant elles débordaient de vérité.

Albérich ne leur faisait pas confiance. Pas assez en tout cas pour leur parler de son mal.

Mime reprit.

"Calme toi, Siegfried. Je suis sûr que s'il en avait ressenti le besoin il serait venu nous en parler. N'est-ce pas ?"

Le ton de Mime était calme mais son sourcil haussé laissait sous-entendre une certaine menace que sa voix dissimulait.

"Oui. ", grogna Albérich.

Mime poursuivit.

"Dans ce cas, je suis tout aussi sûr que tu peux nous éclairer sur la raison de ton silence.

-… Ça n'avait pas l'air d'être quelque chose d'important.

-Même alors que tu peinais à marcher droit ?"

Siegfried était toujours en colère mais sa voix s'était calmée. Elle n'était pas encore calme mais on était loin du quasi cri avec lequel il avait ouvert la conversation. Son visage par contre arborait la même expression, les sourcils froncés et les lèvres pincées. Ses bras étaient également croisés sur son torse, ses doigts fermement enfoncés dans ses bras.

Albérich fronça férocement les sourcils.

"Je ne suis pas en sucre et ce n'est pas une maladie qui le fera demander de l'aide dont je n'ai pas besoin !"

Siegfried fronça un peu plus les sourcils, Mime soupira et Thor braqua un regard sincèrement inquiet sur Albérich. Le géant parla d'une voix calme et posée.

"Sauf qu'on ne parle pas d'une maladie mais d'une malédiction."

Cette remarque jeta froid dans la pièce. On entendait plus que les respirations des quatre guerriers et Albérich avait le sentiment que tous entendaient les battements erratiques de son cœur et son souffle court.

Thor poursuivit.

"On peut peut-être encore te sauver. Tu n'as qu'une chose à nous dire."

Albérich lui lança un regard glacial.

"Parce que tu crois que mes sentiments vont disparaître ou que tu n'as qu'à le tuer pour tout arranger ?"

Thor fronça les sourcils de désapprobation alors que Mime secouait la tête.

"Nous savons tous que tuer l'être aimé ne réglera pas le problème. Ce sont ses sentiments qui doivent être gérer et, connaissant Albérich, je pense pas qu'il nous laissera intervenir ou les abandonnera."

Il soupira et les yeux de Thor et Siegfried s'assombrirent. La conclusion n'était pas jolie mais elle n'était pas non plus surprenante. Albérich avait le caractère difficile et était l'homme le plus têtu que Siegfried ait jamais connu. Il se laisserait mourir à petit feu, dévoré de l'intérieur par fleurs et racines qui ne cesseraient jamais de s'étendre et de le consumer.

Et ça énervait Siegfried à un point incommensurable. Il voulait aider Albérich, vraiment, mais il ne le pouvait pas et ça l'enrageait au plus profond de lui. Il refusait de perdre Albérich, tout comme il refusait de perdre Dame Hilda ou Mime ou chacun de ses camarades guerriers, parce qu'il tenait à lui et Albérich ne semblait même pas s'en rendre compte ! Bon sang !

Albérich était en train de mourir d'une malédiction millénaire et quasiment incurable et rien, si ce n'est l'abandon de ses sentiments, ne pourrait le sauver. Ce qui condamnaient ses maires à le voir dépérir.

En colère contre lui-même d'une façon qui n'avait rien de rationnel, Siegfried quitta la pièce avant de dire une parole qu'il regretterait plus tard.

Dans l'infirmerie, Thor et Mime regardaient toujours tristement Albérich.

Il savait que l'information ferait bientôt le tour des guerriers d'Odin et qu'il serait victime de leur pitié et de leur concernation. Il serra les dents et les poings.

Il ne serait pas étonné qu'on le privé de sa Robe et de son saphir pour les confier à quelqu'un de plus apte. Mais ce serait simplement insupportable de devoir assister à ça de son vivant.

Il préférait mourir avant.

Si Dame Hilda menaçait de lui reprendre ce pour quoi il s'était battu tout sa vie, il laisserait les helléborines l'emporter

XxX

Agenouillé face à la statue d'Odin, Albérich n'était plus que l'ombre de lui-même. Ses muscles avaient disparu, mais aucune graisse n'avait pris leur place, faisant de lui un homme d'une minceur dangereuse. Il avait cependant refusé de laisser ses cheveux pousser et se dégrader comme le reste de son corps.

Il s'était agenouillé et regrettait sa décision, car il lui faudrait de l'aide et un appui pour se relever mais il ne pouvait faire autrement, pas face à son Dieu.

Ses yeux détaillèrent la pierre qui formait la statue, s'arrêtant sur chaque détail et se demandant à quoi pouvait bien ressembler son Seigneur dans une enveloppe mortelle. Sûrement qu'il serait bien différent de cet statue, pourtant c'était à elle qu'il pensait à chaque fois qu'il se faisait une image mentale de son Seigneur.

Il inspira profondément, faiblement, crachota quelques pétales violines et prit un souffle nouveau.

"Seigneur Odin. Aujourd'hui je ne suis plus votre serviteur mais simplement l'un de vos suiveurs. Sachez que ma honte est immense pour avoir échoué dans la tâche que vous m'aviez confié. Et je sais que jamais je n'aurais l'occasion de laver mon honneur. Je suis devenu trop faible pour cela, et pour toute autre chose. Mon saphir ainsi que la Robe ne m'appartiennent plus désormais mais à un certain Frodi.

"Je ne l'ai jamais rencontré et ne le ferai jamais. Je refuse de voir un morveux porter ma Robe et mon saphir. Je préfère ignorer entièrement son existence, d'autant plus que les autres l'apprécie encore plus que moi, alors qu'il n'est en service que depuis deux semaines !

"J'ai l'impression qu'ils me prennent pour quelqu'un de pitoyable."

Une brûlante et violente toux le prit avant qu'il ne puisse continuer. Il toussa, toussa et cracha, cracha pétales et bourgeons éclos. Les bourgeons fleuris étaient le signe du dernier stade de la maladie et, comme le reste, Albérich l'avait gardé pour lui. Sa mort était proche, une question de semaines, peut-être de jours. Mais il s'en fichait. Seule comptait la reconnaissance de son Seigneur.

Jamais de toute sa vie il n'avait reçu le moindre signe de sa présence, d'autres guerriers disaient avoir déjà senti sa présence autour d'eux et Albérich n'avait aucun mal à y croire. Mais il les jalousait pour le contact privilégié qu'ils avaient avec ce jeunot qui n'aurait pas dû obtenir sa Robe avant plusieurs années. Il n'était pas prêt. Il ne le serait pas avant des années.

Peut-être que c'était sa jalousie qui parlait, peut-être qu'il exagérait mais il le pensait tout de même sincèrement.

"J'ai honte de vous avoir fait défaut. Je sais que c'est uniquement de ma faute pour ne pas avoir sut modéré mon allégeance et je me dois de m'en excuser."

Il toussa encore et une helléborine fleurie, un bout de sa tige attaché aux pétales. De plus en plus de fleurs écloses s'échappaient de ses poumons et la douleur qu'il en ressentait n'était que plus grande. Mais il était un guerrier d'Odin, ou du moins l'avait été, et il était capable de faire face.

"Je me sais indigne de l'intérêt que je vous porte mais je pense qu'il est bien trop tard pour tenter de changer cela. Je mourrai bientôt. Je regrette de ne pouvoir mourir au combat, en défendant vos valeurs et votre présence. Le Vahalla ne me sera pas accordé et je ne vous rencontrerai donc jamais. C'est sûrement là que se trouve mon plus grand regret."

Il toussa encore, cracha bourgeons et fleurs et se reprit, avec une voix rendue faible par l'épuisement.

"Je tiens à vous plus qu'à n'importe quel autre être existant en ce monde. Je sais que ce n'est pas réciproque. Je ne sais même pas si vous avez à un seul moment remarqué ma présence, mon existence. Je l'espère mais au fond de moi je doute."

Il toussa et cracha, puis toussa et cracha. Le sang et les fleurs décoraient simplement la neige, la faisant fondre à la chaleur du liquide carmin pour en faire un parfait réceptacle pour les helléborines.

"Je crois que je devrais faire mes adieux à les camarades mais je n'en ai pas le courage. Je suis déjà dans un état si misérable, je ne veux pas leur inspirer plus de pitié qu'ils n'en ont déjà. Je sais, intellectuellement, qu'ils s'inquiètent sincèrement pour moi mais c'est juste épuisant et désagréable."

Une nouvelle quinté de toux sanglante.

"Je crois que je vais bientôt vous laisser. Je n'ai plus rien à vous dire, si ce n'est que jusqu'à mon dernier souffle, je penserais à vous et à tout ce que vous avez fait, et continuerais de faire, pour notre nation."

Albérich toussa encore puis essaya de se relever, se tenant à la statue d'Odin comme à une rampe d'escalier et poussa pour se redresser sur ses maigres jambes.

Il vacilla et tomba dans la neige, le choc de la chute lui coupant le souffle et envoyant une douleur sourde au sein de sa poitrine jusqu'à son cœur.

Il toussa et cracha, cracha et toussa. Il n'arrivait plus à respirer tant il expulsait d'air de sa poitrine.

Du sang vint couler le long de son menton, agrémenté de salive, de douces pétales et d'affreuses fleurs.

Il ne se relèverait pas.

Il eut un instant de panique, qui s'effaça bien vite. Il se savait mourant, ce n'était simplement que le moment d'en finir.

Il repensa à ses camarades, à Dame Hilda mais surtout à son dieu Odin.

Il aurait tant aimé être reconnu et accepté de son Dieu, de pouvoir ressentir sa présence majestueuse, rien qu'en seule fois.

Un seule fois, et cela aurait été suffisant.

Une seule fois, et il aurait laissé tomber son amour vain.

Une seule fois, et ne serait pas retrouvé mort et gelé aux pieds de la statue de la personne, qui plus que tout, représentait tout ce qu'il désirait.