Blablamiaou : Miaoumerci aux personnes mettant courageusement les pattounes dans cette séquelle (pas trop perdues celles n'ayant pas suivi depuis « L'heure du chat » ? J'ai l'impression que ça reste indépendant, mais peut-être je me trompe !). Evidemment, des ronrons chaleureux aux griffeuses du prologue. Chat motive de recevoir des croquettes (je me délecte de vos réactions), alors ne vous privez pas ! Et ne m'en privez pas par la même occasion (chat booste mon neurone dans sa folie). Je n'oublie pas les gentilles favoriteuses/followiseuses de cette suite. ^^

Trêve de miaulements, bonne lecture !

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«Gem, my family.»

~Chapitre 1~

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Diamond Malfoy-Potter, Diam pour les intimes, était aujourd'hui un jeune homme de seize ans, dont la beauté remarquable faisait absolument l'unanimité auprès de tout à chacun. Et le réseau social Tok-Tocké, où l'adolescent s'amusait à jouer au mannequin en herbe, exposant artistiquement sa fine musculature joliment taillée et agrémentée de tatouages recherchés ou autres piercings audacieux, n'y échappait nullement ! Son look raffiné, sombrement gothique, magnifiait paradoxalement davantage sa jolie petite gueule d'ange. D'ailleurs ses followers ne s'y trompaient nullement puisqu'ils se chiffraient déjà à plus de 293 000, entre les deux mondes, depuis son inscription il y a un peu plus d'un an à peine. Ses parents ayant fermement refusé qu'il s'y implique avant l'anniversaire de ses quinze ans !

Evidemment, pour des raisons de sécurité, les sorciers, qui se mettaient à la page du monde moderne, avaient accès à pléthore d'informations, plus complètes et privilégiées, dont les moldus étaient totalement exclus, du simple fait de leur statut. Pour anticiper et limiter, aux mieux, les risques potentiels, inhérents à ces technologies contemporaines invasives, accentuant la rapide propagation d'images et vidéos toujours plus sensationnelles, le Ministère de la Magie avait sacrément dû se creuser les méninges. Ainsi, employait-il, en toute confidentialité, la crème des inventeurs, retranchés dans des bureaux ultra-branchés. Et si, fortuitement, ils échouaient lamentablement, le gouvernement sorcier, collaborant étroitement avec son homologue, pouvait heureusement compter sur la naïveté des citoyens non-mages. Une crédulité gobant aisément que les filtres et autres effets spéciaux pouvaient détourner la réalité, rendant désormais possible l'impossible !

- « Il est parti pour faire de véritables ravages ! » s'enorgueillit Draco, un radieux sourire aux lèvres, scrollant vivement son écran de smartphone pour découvrir les dernières parutions de son ainé, qu'il suivait assidûment.

La nuit dernière, tombant de fatigue à leur retour, Draco n'avait pas eu le courage d'admirer les prises de vue faites à l'occasion de leur petite immersion dans la capitale anglaise. Oui, le professeur Malfoy était définitivement devenu accro à son fils, et à la technologie moldue ! Devançant pratiquement le patriarche Weasley. Expliquant pourquoi, à peine levé, monsieur contrôlait que les clichés faisaient fureur, et que les commentaires demeuraient principalement respectueux. Son sourire fut encore plus éclatant, quand il vérifia plusieurs messages où sa propre beauté était louée. Que sa grossesse, devinée légèrement malgré les prises d'angle étudiées, n'était pas méchamment incendiée mais vénérablement saluée. Effaçant, efficacement, les vulgarités ouïes durant leur escapade. Ca lui remontait allègrement le moral. Même si Harry mit un point d'honneur à le réconforter, une fois isolés dans leur chambre !

- « Au-delà de ta nature profonde, t'es un pur diamant ! » le félicita-t-il, les doigts alertes sur le clavier virtuel, commentant comme de coutume chaque publication. Son avis posté, flanqué d'une foule d'émojis marrants et affectueux, il se pressa de télécharger certaines photos dans sa galerie numérique, tellement il était séduit par leur tendre duo complice.

Que Diamond soit l'un des rares vélanes mâles n'expliquait donc pas, à lui seul, son irrésistible succès ni sa fulgurante ascension. En effet, le charme, affectant indifféremment hommes et femmes, ne fonctionnait réellement qu'en cas de contact direct. Internet était certes surnaturel, or ne transmettait-il le fluide ni le potentiel de la vraie Magie ! Evidemment, ses yeux vairons ne gâchaient nullement le tableau. Amplifiant un capital sympathie et mystérieux, déjà nettement fourni. Oui, assurément c'était là ses principaux et majestueux atouts. Eloges admirables à ses géniteurs, puisque l'un brillamment émeraude quand l'autre sobrement anthracite. Néanmoins, la génétique blondeur, exceptionnellement platine, de sa chevelure légèrement bouclée, ainsi que le grain de sa peau, joliment nacrée, accentuaient-ils sublimement son sex-appeal inné.

D'incontestables et ensorcelants lègues de son tendre papa, que Diam avait à cœur de citer dans ses différents comptes sociaux. Petits hommages servant habilement de baumes, lors de coups de cafard extrêmes suite à d'ignominieux blasphèmes. Si désormais, l'ancien Serpentard était éperdument fier du beau gosse, ayant largement de quoi se pavaner et pavoiser devant la popularité de sa gravure de mode, il fut pourtant une époque lointaine où il l'avait sévèrement maudit. Lui et son célèbre père ! Les pires insultes avaient allègrement franchi ses lèvres crispées. Être Sang-pur n'empêchant point d'être initié à la grossièreté ! Pour sa défense, à dix-huit ans à peine révolus, il n'est pas aisé d'affronter une grossesse complètement inattendue et extraordinaire. Surtout en étant soi-même un garçon ! Draco n'avait pas spontanément remarqué son état, puisque la farceuse Magie ne suivait pas les règles normatives.

En effet, la capricieuse et délurée source, à l'instar de lutins facétieux et cocasses aux blagues potaches d'un goût plus que douteux, avait nettement pris le temps de, doucement, modeler celui qui deviendrait le plus prodigieux des élèves de Beauxbâtons. Pas loin de deux ans avaient été nécessaires pour sa fantastique conception ! Entre le moment de l'improbable insémination, par Sectumsempra, et la miraculeuse naissance, autant dire que l'ex-préfet n'avait pas, immédiatement, deviné qu'Harry était le coupable de son infortune. Pas plausiblement, mais bien authentiquement le seul et unique fautif ! Peut-être aurait-il dû interroger les oracles pour connaitre la vérité bien plus tôt. Mais cela aurait-il véritablement changé le court de sa destinée ? Les tourments auraient-ils été plus acceptables ?

D'ailleurs en parlant du loup, Harry semblait réprimander, sévèrement, leur fiston. Une dispute entre eux n'était pourtant pas très courante, tant les deux s'entendaient, comme larrons en foire, depuis leur première rencontre. Même le fait de supporter des équipes de quidditch, aux extrêmes antipodes dans leurs jeux, ne parvenait à les exciter de la sorte ! Que lui reprochait-il exactement, pour user d'un ton aussi impérieux et sans appel ? Diamond avait pourtant, selon lui, fait preuve d'une parfaite maitrise du véhicule, à l'occasion de leur petite tournée sur Londres. Même noyé dans ses réminiscences natales, Draco estima qu'il aurait clairement pu appuyer davantage sur la pédale. L'excessive prudence de son fils en sa présence lui fit exclure rapidement cette hypothèse. Non, il ne pouvait être sermonné pour cette raison !

Etait-ce alors la dernière publication qui provoquait pareille houle ? Faut dire que les admirateurs avaient de quoi baver, littéralement, face aux pectoraux judicieusement soulignés dans la raffinée tenue noire échancrée, acquise la veille ! Une chemise transparente, ouverte, du plus bel effet avec ses lacets croisés, négligemment lâches, et ses lanières astucieusement cousues à l'arrière ainsi que sur les biceps. Draco n'appréciait pas toujours que Diam se mette ainsi à nu. Pour autant, il savait raison gardée, en demeurant attentif à ne pas dépasser la bienséance. L'attitude de leur garçon n'était jamais vulgaire, ni outrancière. Aussi, ce n'est qu'en pénétrant pleinement dans la cuisine, pour engloutir le délicieux déjeuner amoureusement préparé par son homme, qu'il cerna le véritable nœud du problème opposant père et fils.

- « T'es irresponsable ! As-tu pensé à ton avenir ? Tu vas gâcher ta vie ! » l'incendia Harry, montrant son côté le plus dur à un jeune rebelle qui ne pipait mot. Mais, n'en pensant pas moins ! A l'évidence, Diamond se retenait, autant que possible, de montrer son visage de Veela irrité.

- « Que se passe-t-il, les garçons ? » les interrogea Draco, paisiblement, dans l'esprit d'apporter un peu de sérénité à l'afflux de testostérones débridées. Prudemment, il saisit l'infusion apaisante et bouillante, soigneusement préparée par son mari juste avant que l'esclandre n'éclate.

- « Ce petit con va être père ! » lâcha colériquement le plus âgé des deux protagonistes, ne comprenant plus son môme depuis qu'il était entré dans l'âge supposément ingrat. A son époque, Harry n'avait jamais été aussi insouciant ! Avouons qu'il n'en avait nullement eu l'opportunité, tant il fut accaparé par une guerre, sanglante et personnelle, contre la monstrueuse vermine Voldemort.

« Père ! » répéta-t-il les mains théâtralement agitées, toujours un brin incrédule et dépité. Fulminant plus énergiquement, il fusilla, d'un regard sombrement mortel, l'inconscient gamin. Pointant ardemment dans la foulée le portable, encore ouvert sur un sulfureux sms, il conseilla gestuellement à Draco de le lire. Harry n'avait pas voulu être intrusif ! Or, ses yeux étaient, malencontreusement, tombés dessus, alors qu'il le servait. Diamond, plongé dans l'hypnotique lecture, n'avait su éviter le drame.

Ne s'attendant nullement à cette réponse, Draco laissa misérablement choir sa tasse, contenant sa décoction médicinale. Certains matins, il valait mieux rester couché ! Promptement, il s'assit face à son enfant et le dévisagea à la recherche d'une infirmation ferme et définitive. Mais ne trouva dans le regard, fuyant et penaud, qu'une confirmation évidente de l'accusation énoncée. Si, des années plus tard, Draco aurait été amusé que tous deux voient naitre leurs nourrissons, à quelques semaines d'intervalle, là il était juste sonné. Abasourdi que son fiston, si responsable à l'accoutumé, puisse se retrouver dans pareille complication aussi rapidement. N'avaient-ils pas été suffisamment persuasifs, en lui demandant la plus grande prudence ? Ou montrer leur amour sans limite était-il trop incitatif ? Même si, évidemment, leur fougue libertine demeurait, strictement, réservée à leur chambre. Avec, en bonus, un sortilège isolant, admirablement, une acoustique parfois trop sensible !

- « Trésor ? Est-ce la vérité ? » parvint-il à lui demander, la voix hésitante. Sincèrement, il voulait être plus euphorique. Or, franchement, il s'inquiétait trop sur l'instant. La réaction d'Harry n'était pas totalement incompréhensive, bien que partiellement disproportionnée et exagérée dans sa véhémence. Draco savait qu'il se souciait réellement de leur fils. Que c'était justement cette pure inquiétude qui le poussait à perdre, prestement et considérablement, son sang froid. Quelque part, dans son esprit tortueux et torturé, Harry devait se sentir coupable. Peut-être calquait-il leur histoire à la sienne !

« Je croyais que nous étions d'accord, pour n'avoir aucun secret les uns envers les autres … » s'aventura-t-il, pas sûr de savoir comment gérer l'improbable nouvelle. Délicatement, il posa sa main sur le poing rudement verrouillé, puis le caressa, en signe d'apaisement et de soutien.

- « J'avais peur de te décevoir, papa. … Et puis, je ne le sais que depuis peu. » marmonna si faiblement Diamond que Draco aurait pratiquement dû s'affaler sur la table, les séparant, pour bien l'entendre. Dans le souci d'anéantir tout obstacle, pouvant induire à une mauvaise compréhension en créant un fossé infranchissable entre eux, Draco ramena sa chaise plus près de son polisson rejeton.

- « Poussin, jamais tu ne me décevras ! … Sauf à me mentir, volontairement. » lui assura-t-il, fixant son regard déterminé dans celui plus fébrile de son petit gars.

Tous deux vécurent longtemps, exclusivement, l'un pour l'autre. Aussi, leur complicité s'était-elle décuplée au-delà d'une simple relation père-fils. Draco désirait lui transmettre que jamais il ne le laisserait tomber, quelque soit la galère. Leur lien fusionnel aurait pourtant dû le conforter dans l'idée qu'il ne serait jamais seul face aux soucis. Mais à l'évidence, Diamond était encore trop jeune pour pleinement y croire. Draco songea alors qu'il serait, peut-être, temps de lui révéler ce terrible secret, encore caché pour son propre bien. Le mensonge par omission devait cesser des deux côtés ! Ne voulant pas que Diamond déteste son aïeul, de façon définitive, ou renie à jamais la dynastie, dont il était l'héritier légitime, Draco lui avait consciemment tu la vérité. Une réalité dérangeante. Lui-même, malgré les années enfuies, ne parvenait à se résoudre de pardonner son père ! Par deux fois, l'odieux Lucius Malfoy avait tenté d'éliminer son successeur !

Heureusement, Draco avait miraculeusement réussi, par il ne savait toujours quel mystère !, à s'extraire des griffes malveillantes lorsque ce scélérat, l'ayant renié sans remord, avait découvert où il se terrait. Lui et son « infâme et monstrueux fruit du démon », comme l'avait, si haineusement, vomi l'hautain et détestable noble, à maintes reprises. La première fois, dans le monde sorcier, aucun mort ne fut à déplorer. Grâce à un pressentiment l'ayant poussé à s'échapper, quelques heures seulement, avant que la cabane d'Hagrid ne soit envahie d'assassins mangemorts, à la solde de son rustre paternel. La seconde intervention, elle, fut malencontreusement éclaboussée du sang d'innocents. Son désespéré exil, dans le monde non-mage, fut sinistrement fatal à des badauds. Anonymes dont l'unique tort fut d'avoir eu le malheur de croiser le chemin d'un être diabolique, sans cœur.

La lutte acharnée, confinée dans une sphère restrictive suite à un ensorcellement, s'était conclue par le triste décès de sa grand-mère d'adoption, Chaya Chance. La connaissant, sa douce Chacha n'avait sûrement pas hésité à se sacrifier pour leur sauver la vie. Découvrir son corps inerte, odieusement massacré, quand il était rentré du parc voisin où il aimait à se balader avec son petit Diam, l'avait pétrifié de peur et d'horreur. Il eût tout juste le réflexe de couvrir les yeux innocents de son pitchoun, pour lui éviter de futurs traumatismes et cauchemars. D'ailleurs, aujourd'hui encore, lui-même subissait parfois des sueurs nocturnes en revoyant ce carnage. Par contre, Draco ne s'expliquait toujours pas pourquoi aucun Mangemort n'était venu terminer le travail par la suite. La vieille femme avait-elle réussi à les leurrer ? Les éloigner en leur faisant croire qu'il s'était lâchement enfui ailleurs ?

- « Pardon ? » s'étrangla le virulent paternel, n'en croyant pas ses oreilles. Une seconde, il se demanda si Draco ne voulait pas jouir du beau rôle, en passant pour le père compréhensif.

- « Harry, calme-toi ! » lui conseilla immédiatement Draco, lui octroyant une œillade des plus sévères pour lui intimer de la fermer. Histoire de ne pas braquer, inutilement et davantage, leur fils contre eux.

« Nous allons discuter de cette nouvelle, paisiblement. » radoucit-il sa voix, revenant vers Diamond qui pinçait rudement ses lèvres. La mimique ne lui échappant nullement, il en conclut que Diam ne voulait pas manquer de respect envers Harry, qu'il trouvait assurément bien mal placé pour pareille leçon de moral.

L'une des règles fondamentales du cercle familial étant d'aborder ouvertement les choses de la vie, ainsi que le moindre problème éventuel rencontré aux différents stades de l'existence, les deux parents avaient dès lors raconté l'essentiel de sa rocambolesque venue au monde à leur curieux petit homme. En conséquence, Diamond s'interrogeait-il sur la sincérité souvent revendiqué par Harry. Lorsqu'il apprit sa paternité, même quelques années plus tard, estima-t-il avoir gâché sa vie ? Pensait-il vraiment que lui, son premier-né aujourd'hui adolescent, était une erreur ? S'il fut informé, dans les délais, de la stupéfiante grossesse aurait-il influencé Draco en l'incitant à avorter ? Diamond aurait-il pu ne jamais naitre si son soi-disant père aimant, plutôt hypocrite selon lui !, avait eu son mot à dire ? La confiance, qu'il lui prêtait, était désormais sacrément égratignée.

- « Discuter ? Paisiblement ? Bordel, cet idiot vient juste de foutre son avenir en l'air ! » s'enflamma aussitôt et de plus bel Harry, répétant la maladroite parole, atrocement douloureuse aux oreilles de son fils.

Cette vive colère rappela à Draco celle de son père à l'annonce de son état. Et les innombrables coups qui suivirent ensuite. Lucius Malfoy ne fut pas tendre ce jour là ! Draco gardait la trace indélébile du pommeau de sa canne, sur sa pommette droite, tant le coup fut violent. Traditionnellement, durant leurs langoureuses effusions, Harry la lui embrassait révérencieusement, comme pour effacer l'injurieuse blessure. Sa chair était, à jamais, entachée d'une marque plus infâme que le tatouage des Mangemorts. Mais, bien moins blessante cependant que les mots hurlés alors, le traitant de putain et toute la farandole de dégradants qualificatifs similaires. Draco ne voulait nullement que Diamond, à l'avenir, ressasse cette discussion comme l'instant qui l'aurait brisé. Les offenses, lancées sans conscience, pouvant s'ancrer durablement dans un cœur tendre. Un instant de faiblesse pouvait nettement ruiner une forte confiance en soi. Draco en savait quelque chose !

- « Dois-je te rafraichir la mémoire ? Je n'étais guère plus âgé que lui, quand un certain mec m'a … » Draco se leva, aussi aisément qu'il le put, pour toiser son époux droit dans les yeux. Le serpent en-lui était prêt à planter férocement ses crocs et diffuser mortellement son venin, si son enfant était trop fortement chahuté ! L'ancien héros ne l'impressionnait absolument pas quand sa chair et son sang était visé.

- « Ca n'a rien à voir ! Nous n'avons pas baisé ! … Eu des relations sexuelles non protégées, à seize ans seulement ! » se reprit automatiquement Harry, comme si la présence de Draco et des prochains bébés l'obligeait à garder un discours relativement plus courtois.

- « Est-ce de devenir grand-père, si jeune, qui te perturbe et te rend hystérique ? » le piqua insidieusement le père-enfanteur, réputé soumis à des hormones volatilement susceptibles et irascibles, son instinct « maternel » naturellement enclenché en mode défensif-agressif. Quitte à ce qu'Harry s'en prenne à quelqu'un, il préférait être l'objet du déferlement d'animosité et de fureur. Car lui saurait gérer l'amertume et les désillusions.

« N'assumes-tu pas de vieillir, monsieur Peter Pan ? » cracha-t-il plus venimeusement, afin de concentrer toute l'attention sur lui. Draco avait les épaules suffisamment larges pour ne pas s'écrouler devant la haine, ou du moins les critiques qu'Harry pourrait diluer au travers de mots blessants. Son conjoint n'arriverait jamais à la cheville de son brillantissime père en matière de sournoises attaques !

A bien y réfléchir, depuis toujours, la relation d'Harry et Draco était basée sur des sentiments complexes l'un envers l'autre. Déjà, du temps de l'enfance et leur première rencontre, ils avaient eu cette envie spontanée de batailler. De se mesurer et prouver à l'autre leur supériorité. Sauf qu'ils faisaient fausse route. Ils mirent longtemps à comprendre que leur mutuelle obsession, d'attirer l'attention de l'autre, était un désir inconscient que l'autre lui appartienne. Et de lui appartenir en retour. Etrangement, leurs retrouvailles à Paris s'étaient déroulées merveilleusement. Peut-être était-ce dû au fait qu'Harry était alors en mission pour les Aurors. Qu'étant sous couverture, il jouait un rôle différent de sa nature profonde. Même son apparence, modifiée par une potion de polynectar, avait trompé la méfiance de Draco. Lui, s'enfermant délibérément dans un célibat strict, avait négligemment baissé ses barrières face à l'homme troublant le courtisant assidument.

Les premiers temps ne furent qu'une succession de relations purement sexuelles. Qu'une attirance physique pour les combler d'une vie sentimentale morne, sans grand intérêt. L'un étant prisonnier de son vorace travail quand l'autre était centré sur le bien-être exclusif de son enfant. Un galopin dont Draco ne faisait jamais mention, au risque de ruiner une simple aventure qui le flattait inconsciemment. Non pas que l'ancien héritier Malfoy eut honte de son petit prince ! Non, il voulait seulement que ces instants volés, avec cet homme qui disparaitrait assurément prochainement et très rapidement de son existence, restent une agréable petite récréation entre adultes. Enfin, du côté de Draco était-ce le cas ! Car Harry, lui, eut nettement le temps de s'amouracher, petit à petit, du beau spécimen qu'il ne connaissait que trop bien maintenant.

Au début, l'inaccessible Auror se plaisait à croire qu'il se jouait de l'éternel Draco perfide, comme une petite vengeance tardive venant juste à point. Qu'il prendrait un pied phénoménal à se moquer de lui ! Lui notifiant, désinvolte, qu'il s'était bêtement laissé piéger par un sombre inconnu. Moraliste, il songeait que ça lui apprendrait à ne pas accorder, si facilement, sa confiance. Notamment aux flagorneurs, et autres charmeurs, n'en voulant clairement qu'à son cul ! Mais, au fil des rencontres, le célébrissime redresseur de tors s'aperçut que le jeu était définitivement plus sérieux. L'odieux piège avait mal tourné, s'étant redoutablement refermé sur lui-même, sans qu'il n'y prenne garde. Docilement, s'était-il emprisonné dans les chaines d'un amour impossible. Ainsi, à la fin de sa mission française, rondement menée, le héros pensait perdre plus qu'un énième amant éphémère.

D'ailleurs, Harry s'attendait-il à avoir le cœur brisé, en révélant son vrai visage. Draco, victime de son simulacre de cabotinage, serait terriblement blessé de toute cette vaste comédie ! Il lui en voudrait à mort. Le détesterait infiniment. Cette martelante hantise lui rendait les nuits moins douces, plus aigres. Son désir de le protéger avait insidieusement pris le pas sur celui de le ridiculiser. Or, bizarrement, au terme de l'aventure, Draco lui avait timidement sourit, camouflant admirablement son air désabusé. Puis, tout aussi fortuitement, lui était allègrement tombé dans les bras. Heureux qu'il fût de trouver un visage rassurant, dans ce monde déconcertant qu'il appréhendait à peine. Dès le départ, Draco n'avait pu convenablement s'expliquer ce fort et puissant sentiment familier envers le mystérieux Don Juan.

Séducteur qui l'avait brillamment charmé durant l'atypique errance à Montmartre, leur virée noctambule sur le Pont Alexandre III ou parfois à l'occasion de visites culturelles, mais fort distrayantes, au Louvre. Pendant leurs oisives flâneries aussi, parmi les merveilles du Jardin du Luxembourg, quand ce n'était pas des divagations reposantes dans les accueillantes allées du Jardin des Tuileries. Sans omettre la longue balade sur les Champs-Elysées, les bras chargés de gentilles offrandes, ni leur pause gourmande bienvenue dans l'exceptionnel havre de paix qu'est le Plaza Athénée ! Or, malgré les somptueux lieux touristiques incontournables, l'instant de grâce, l'ayant indéniablement fait craquer, était leur premier baiser sur un toit anonyme de Paris.

Cet échange passionné, savoureux prémices d'une romance inespérée au long cours, resterait son plus beau et doucereux souvenir. Cachés dans un endroit simplement exotique, néanmoins feutré avec le splendide panorama d'une capitale française illuminée, s'offrant impudiquement sous une nuit magiquement étoilée, taquinée par une brise rafraichissante, Draco avait pleinement succombé au déstabilisant pouvoir de son ensorcelant amant. Un partenaire de luxure excellant à le déconnecter, l'espace d'une infime éternité, de toute réalité ou environnement. En sa compagnie, les soucis semblaient se désagréger pour totalement se désintégrer. Un magnifique baratineur sachant étonnamment être, tour-à-tour, mystérieusement complexe, humblement accessible ou purement candide. Alors oui, même s'il savait leur idylle totalement libertine et sans avenir, l'avalanche de bonnes manières et d'attentions perpétuelles l'avait conforté dans l'idée que cet homme pouvait être un compagnon sincèrement agréable !

- « Je savais que ce trio amoureux était une belle connerie ! » vociféra Harry, piqué au vif, préférant sortir de la temporaire tente aménagée pour se calmer les nerfs. Si le pavillon magique, destiné depuis une dizaine d'années à leur séjour « accouchement chez Hagrid » et désormais plus proche d'un chapiteau vu l'agrandissement perpétuel pour un confort optimal, avait eu des portes, Harry n'aurait pas freiné sa force à les claquer violemment. Tant sa colère devait se manifester et s'évacuer d'une façon ou d'une autre.

Draco fut brutalement ramené à la réalité. Lui ne jugeait pas leur fils ! Ce dernier s'était bien trop posé de questions existentielles en découvrant à la puberté, qu'au contraire de ses pères, il aimait une délicate jeune fille de sa classe. Au premier abord, malgré son degré d'ingéniosité et clairvoyance, Diamond s'était cru différent, anormal. Draco et Harry surent alors le rassurer que l'amour n'était pas formaté, ni uniforme ! Que le choix divergeait selon l'individu. Evidemment, le discours d'Harry s'était quelque peu modifié quand il avait entendu que son gamin aimait certes une demoiselle, mais également son meilleur ami. Un aventureux duelliste, rencontré sur internet, élève à Durmstrang. L'institut à l'ancienne mauvaise réputation qui n'effrayait pourtant personne dans le clan !

Si durant les années passées, Viktor Krum œuvra remarquablement, s'évertuant continuellement à redorer la renommée de sa prestigieuse école par des actions plus populaires et honorifiques lors de rencontres sportives ou caritatives, le crédit désormais accordé étant assurément notoire avec pareil défenseur charismatique !, c'est surtout l'entêtement obstiné de l'estimé professeur Malfoy, à vulgariser la Magie Noire, qui aida prodigieusement au changement de mentalité. Sortant certes allègrement de son coutumier domaine de prédilection, l'habile Sang-pur cloua efficacement les vicieuses langues de vipère, pointant inlassablement les ravages induis par cette forme dévoyée de la sorcellerie. Sans se départir de sa piquante ironie, Draco dédiabolisa simplement les sortilèges. Expliquant que les responsables n'étaient nullement les sorts eux-mêmes, mais les indélicats sorciers en faisant un usage peu scrupuleux. Dédouanant excellemment l'académie nord-européenne mise au pilori.

De toute façon, la suspicieuse Magie Noire ne pouvait être, actuellement, plus redoutable ni problématique que l'épineuse colère d'Harry ! Draco, bien qu'orateur brillamment expérimenté, aurait assurément un mal fou à le raisonner et l'apaiser. Au cours des prochaines heures, un combat frustrant, de longue haleine, les attendrait tous deux pour faire valoir leurs points de vue et convaincre. Déjà avait-il dû, âprement, batailler pour défendre que leur enfant avait, légitimement, le droit d'aimer qui son cœur avait élu ! Même fussent-ils deux ! Sa grossesse multiple le fatiguait suffisamment sans rajouter une, tumultueuse et brève, escarmouche avec un mari ulcéré ! Confrontation l'obligeant à recourir à ses ultimes retranchements pour remporter la victoire. La vie ne lui épargnait véritablement rien.

Seulement, Draco n'était pas homme à renoncer aussi facilement. En digne diplômé de la Maison Serpentard, il viendrait à bout de ce duel, même s'il devait user d'armes déloyales. Si son abdomen avait été moins protubérant, Harry n'aurait définitivement eu aucune chance d'emblée ! Sournoisement, se serait-il paré de la seyante et sexy combinaison de dominateur, en latex comestible, faisant abondamment saliver son mari, en bien des sens. Or, s'il n'entrait plus temporairement dans celle-ci, rien ne l'empêchait de punir l'impertinent et désobéissant époux à l'aide de la panoplie d'ustensiles pervers. Fouetter les sangs de son cher et tendre n'était pas une idée à négliger ! Même si, présentement, le contexte un brin conflictuel ne s'y prêtait nullement, Draco s'émoustilla légèrement en songeant à cette sensuelle torture.

- « Suivre son cœur n'est jamais une absurdité. Ni une folle sottise. » Draco chercha résolument à convaincre son fils de ne pas douter de son sincère élan d'affection envers ses compagnons. Intimement, il savait qu'Harry n'en pensait pas moins. Il ne pouvait en être différemment ! Le courroux était mauvais conseiller. Un fielleux manipulateur faisant cracher des mots durs et répréhensibles. Des jurons souvent, si ce n'est toujours !, amèrement regrettés par la suite.

« En d'autres circonstances, ton père serait le premier à te le prôner, vigoureusement. »s'acharna-t-il d'une voix relaxante tout autant que sécurisante, persuadé de la véracité d'un tel propos. Sinon, cela induirait implicitement que leur propre couple était une monumentale erreur. Une bêtise sans nom ! Pourtant, cette frivole foutaise, stupidité irréfléchie, leur avait gracieusement ouvert les portes d'un Eden éblouissant, euphorisant. Paradis que chacun estimait, jadis, inaccessible !

Dire que c'est au cours d'une banale discussion familiale, sur les aspirations de chacun, qu'Harry apprit de la bouche même de Diamond son incroyable bisexualité ! Sans complexe, le jeune téméraire avait librement avoué être un hétéro-actif et un gay-passif, en même temps. Si Harry, aucunement conservateur rétrograde ni obscurantiste fossilisé, était totalement ouvert en matière de sexualité, il ne comprenait absolument pas comment on pouvait, volontairement, partager son amoureux ou amoureuse. Jamais de sa vie, il n'accepterait qu'un autre homme ne pose les mains sur son mari ! Ou une femme, si on voulait éviter le cliché machiste de deux étalons comparant leurs fabuleux et pharamineux pénis ! Fondamentalement, Harry était de nature exclusive et jalouse, et selon lui, il ne s'en portait que merveilleusement. L'amour est une affaire sérieuse et privée !

- « Pourquoi ne ramasserions-nous pas ce bazar, avant d'aller soigner ton griffon et ton sombral ? » Draco tenterait une énième fois de désamorcer, pédagogiquement et complètement, la conjoncture plus que gênante. Plus de grabuge n'était nullement nécessaire selon lui. Aussi devait-il manœuvrer diplomatiquement pour inciter l'une des parties à clore les hostilités, avant que l'irréparable ne soit irrémédiable.

Diam, se destinant au métier de soigneur animalier à l'exemple d'Hagrid à qui il vouait une admiration sans borne, trouvait souvent refuge auprès de ses extravagants compagnons quand les évènements étaient difficiles à encaisser. Plus d'une fois avait-il résolu de la sorte ses déboires et chagrins. Et s'il savait toujours avoir la plus infime attention de son fils, Draco estima opportun de l'amener en terrain familier, finalisant merveilleusement son plan d'action. Détendu après avoir brossé et chouchouté ses vieux copains de jeux, Diamond serait plus réceptif à écouter les plates allégations justificatives de son foutu père. Car Draco comptait indéniablement sur la pleine soumission d'Harry à lui présenter de promptes et fermes excuses. De toute façon, ne lui laisserait-il l'opportunité d'une quelconque dérobade jusqu'à ce qu'il fasse sincèrement preuve d'indulgence !

- « Je m'en charge, papa ! » se leva prestement Diamond, pour éviter que son père ne se blesse sur les morceaux de porcelaine.

Comme Harry et Draco l'inculquèrent à chacun de leurs enfants, Diam ne fit aucunement usage de la magie pour résoudre le souci. L'emploi de sortilèges étant la solution de dernier recours. Le couple préférait nettement que leurs descendants apprennent à se débrouiller seuls, sans le recours systématique à la facilité. C'était une forme de liberté et de sagesse de ne pas dépendre exclusivement de leurs dons exceptionnels. D'ailleurs selon eux, ils n'en sortiraient que plus confiants et fiers d'eux. Force était de constater que leur choix semblait pertinent et fructueux, puisque personne dans le clan n'était piètrement esclave de sa magie. Aussi, même s'ils ne voulaient bêtement être piégés dans d'infantiles et orgueilleuses comparaisons, travers de certains parents parfois !, les Malfoy-Potter étaient particulièrement comblés que leur progéniture soit plus mâture que les autres élèves de leurs écoles respectives.

- « Tu sais, tu devrais aller voir ton père plus tard. Discuter, plus posément, avec lui. » accepta-t-il de se laisser couler sur son siège, le temps que les morceaux soient récupérés, commençant judicieusement à placer ses pions sur l'échiquier de la réconciliation. Finalement, sa précaire condition ne lui permettrait pas d'affronter plus longuement les conséquences d'une dispute perturbante. Porter plus d'un petit elfe était éreintant, et parfois son corps ne le suivait plus aussi fidèlement. Mais ce n'était que partie remise pour qu'il botte, espièglement, les fesses de son illustre époux !

« S'il est furieux, ce n'est pas simplement dû à l'annonce de ta surprenante nouvelle. … Nous avons traversé tellement d'houleuses tempêtes qu'il doit être mort de peur. Ton père n'est pas infaillible. … Ne coupe pas les ponts avec lui, ok ? » Draco ne voulait pas que leur lien se désagrège absurdement, sottement. Surtout sachant qu'Harry avait un amour aveugle pour leur fils ! Mais que, bien malgré lui, il se laissait dépasser par l'épineuse affaire. Anticipant de potentiels soucis, et autres fatalités, qui n'interviendraient peut-être jamais !

- « Et toi, tu m'en veux ? » osa demander Diamond, le regard vissé sur le sol, à la recherche du moindre petit éclat de céramique. Face à Draco, l'ainé de la fratrie faisait toujours preuve d'humilité, de part l'amour gigantesque et inconditionnel qu'il lui portait.

- « Non, bien sûr. » lui sourit tendrement Draco, cajolant révérencieusement les soyeuses mèches de cheveux ondulés lui donnant cet air faussement enfantin, adorablement innocent. Définitivement, le petit ange, à la croquante bouille parsemée de discrètes tâches de rousseur, avait bien grandi. Trop rapidement à son goût.

« Je suis juste surpris, de voir combien le temps a vite filé. Je te vois encore comme mon bébé, alors … » poursuivit-il, détaillant plus affectueusement et minutieusement ce magnifique adolescent à la volonté en acier trempé.

Le sublime jeune homme n'avait indéniablement plus rien d'un garçonnet, depuis longtemps maintenant. Le choix assumé de son extravagant style vestimentaire et des audacieux bijoux, qu'il exhibait élégamment sur l'intégralité de ses oreilles autant que sur ses fins poignets ou doigts, à l'image des boucles, bracelets dangereusement cloutés ou bagues armure, imitant des serpents et dragons entrelacés, l'avait pleinement et brusquement fait pénétrer dans l'ingrate sphère des adultes. Un monde souvent mesquin et hypocrite, dont Diamond s'en tirait cependant admirablement bien ! A sa façon, il faisait preuve de résilience et d'héroïsme. Car oui, une sacrée dose de courage est vitale pour oser braver le commun des mortels, en se démarquant aussi flamboyeusement !

Cet acte, qualifié à tort d'anodin par certains, pleutres majoritairement !, était pourtant une indubitable force de caractère ! Une solide vaillance, éprouvant constamment chaque once de patience, que Diamond se plaisait à démontrer journalièrement. Expressément, avait-il dû acquérir une maturité fondamentale, pour se préserver et ne pas souffrir. Ni se soucier des remarques incommodantes ou moqueuses, d'autrui, en son encontre. Savoir rester stoïquement indifférent devant ceux dénigrant puérilement et méchamment, souvent par manque flagrant d'hardiesse à s'hasarder eux-mêmes à être singulièrement hétéroclite ou révolutionnaire, trop soucieux qu'ils étaient de se vautrer dans une norme sécurisante !, était un don inestimable. Une preuve incontestable de sa grande intelligence.

- « Quoique je fasse, je resterai toujours un gamin ? » le questionna Diam, lui présentant légèrement une moue savoureusement boudeuse de n'être davantage pris au sérieux. A l'avenir, il redoutait que sa petite erreur d'anticipation et de discernement ne lui soit, sûrement, reprochée durant plusieurs et interminables années. Persuadé qu'à l'anniversaire de ses cinquante ans, ses parents risquaient encore lui envoyer dans les dents son intempestive fougue !

- « Grossière erreur ! Tu resteras, éternellement, mon enfant. » rectifia adroitement Draco, ne voulant indisposer ni blesser plus que nécessaire la fierté de son premier-né. Clairement, selon son point de vue du moins !, aurait-il été culotté de l'incendier pour son manque de prudence ! Même si son cas personnel était sacrément indépendant de sa propre volonté.

Imperceptiblement, Draco fut transporté à nouveau vers le passé. Revisitant mentalement, avec une émotivité exacerbée, tous ces évènements cruciaux les liant tous deux, à jamais. Quand Diamond était encore complaisamment niché dans son ventre protecteur, insouciamment à l'abri des malveillantes exactions ou autres haineux quolibets. Puis, revivant la douloureuse et compliquée naissance, de ne savoir comment cela se déroulerait. Enfin, et non des moindres !, les premiers bonheurs intenses à voir Diamond balbutier, tenter de bredouiller inintelligiblement « papa », ou crapahuter comiquement dans sa direction avant de savoir marcher correctement. Sans omettre la vaniteuse félicité de le voir superbement évoluer pour devenir un gamin turbulent, mais d'une extrême douceur et gentillesse.

Des fous rires, savamment mitigés de vives appréhensions, lui chatouillèrent malicieusement la mémoire également. Notamment les manifestations impromptues d'une magie farceusement volatile, digne d'un nourrisson inexpérimenté dans l'art de l'autocontrôle. Contexte assurément scabreux et laborieux pour expliquer aux moldus, le plus sérieusement du monde, qu'effectivement la magie avait une raison absolument et bassement rationnelle ! Oui, l'adorable bout de choux l'avait souvent mis en porte-à-faux ! D'ailleurs, c'est lors d'une de ces intempestives apparitions qu'il rencontra, miraculeusement, sa bienveillante ange-gardienne. Officiellement sa logeuse et Madame Chance pour l'état civil. S'en suivit une vie insouciante, sur la déglinguée péniche « Chat'isfaction » constamment amarrée aux rives de la célébrissime Ville Lumière, où ils vécurent tous les trois durant de longs mois. Avant sa tragique disparition.

Epoque bénite où Draco s'aventura même à fréquenter d'autres mâles ! Rêveusement, il songea, furtivement, à l'inconnu des quais de la Seine. Cet intriguant courtisan le draguant ouvertement par ses flatteries, alors qu'il feuilletait de rares éditions chez l'un de ses bouquinistes préférés. Potentiel compagnon vite découragé par le malicieux Diamond, tant ce diablotin n'appréciait pas trop qu'il lui vola son papa d'amour ! Depuis ce jour, Draco prit la ferme résolution de ne plus, jamais, présenter ses rendez-vous à son enfant. De peur de les voir détaler, lamentablement. Fuir sans demander leur reste. Raison pour laquelle il fut si minutieux et cachotier avec Harry. De toute façon, il aimait à garder une part de mystère auprès des hommes rencontrés. Ca ne l'en rendait que plus irrésistible et attirant, selon ses fines estimations.

- « Je peux aider ? » vint la voix penaude d'Harry quelques quarts d'heure plus tard alors que Draco et Diamond s'affairaient dans l'improvisé box partagé des paisibles sombrals et du féroce griffon apprivoisé.

Harry avait réfléchi à son attitude malheureuse. Il comprit que sa rage furieuse était essentiellement une maladroite inquiétude, mêlée de tristesse à constater que son petit était définitivement entré dans la cour des grands. Qu'il n'aurait plus besoin de lui comme par le passé. Le père en-lui était terrifié à l'idée d'être inutile, obsolète. Oubliant, allègrement au passage, que même majeur la présence d'un parent, auprès de soi, était sacrément crucial. Sécurisant et réconfortant. Son constat fut amer : les années s'étaient envolées en un clin d'œil, lui échappant sans crier gare. Avant aujourd'hui, si les signes étaient pourtant flagrants, il n'avait pas remarqué, ou voulu remarquer !, à quel point Diam avait mûri. Et contrairement à son époux, Harry encaissait moins bien la consternante réalité. Parlant de son conjoint, il ne fut nullement aveugle cependant, lorsque celui-ci simula brillamment une subite fatigue.

- « J'ai trop présumé de mes forces pour aujourd'hui ! » s'étira précautionneusement Draco, aussitôt la nouvelle présence annoncée. Néanmoins, il peina à dissimuler le divin sourire arboré alors, ne voulant aucunement braquer le pénitent ou lui faire seulement penser qu'il était moqué.

« Une petite sieste me requinquera ! » lui offrit-il l'occasion d'être seul avec leur adolescent, pour s'expliquer tranquillement entre eux. Foncièrement rassuré, que l'irréductible téméraire n'ait pas tardé à venir enterrer la hache de guerre, même s'il se doutait fortement que l'histoire serait relativement vite oubliée, il souffla. Sa confiance, en son homme, était légitime. Draco savait qu'Harry ne le décevrait pas.

« Je t'aime. » lui murmura-t-il tout contre les lèvres, entre deux suaves baisers, passant près de lui pour rejoindre leur chambre et soulager un peu son corps fourbu.

- « Pardon. » lui répondit tout aussi bas Harry, saisissant que la signification de cette belle déclaration, soutenue d'un regard bienveillant, cachait plutôt, judicieusement, un « merci d'être venu parlementer avec notre fils. »

- « Tu n'as pas à t'excuser auprès de moi. » lui sourit-il, caressant tendrement sa joue. De tels gestes d'intimité surprenaient bien des gens, néanmoins Draco ne s'en privait plus désormais. Même en public ! Indéniablement, voulait-il savourer chaque parcelle de joie, sans nulle restriction.

- « Si ! Mes mots t'auront rappelé de mauvais souvenirs, et t'auront donc blessé profondément. … Ce n'était nullement mon intention. » s'expliqua bravement Harry, honteux d'avoir perdu aussi facilement son exemplaire sang-froid.

« Et puis, devenir père est le plus beau des rôles. Ma remarque était inadéquate. » acheva-t-il, sincère. Ces paroles confirmèrent à Draco qu'Harry était le mari idéal et un père formidable, véritablement soucieux de ses enfants.

- « Je t'aime. » répéta Draco. Cette fois, le chanceux destinataire sut précisément que le sens n'était nullement à interpréter. Qu'il était magnifiquement celui-ci. Fort de l'échange en catimini et l'esprit apaisé, que sa petite famille ne volerait pas en éclats aujourd'hui !, Draco laissa les deux hommes discuter en paix.

Durant la courte distance le menant à sa chambre, le radieux porteur, joliment épanoui, se remémora jovialement les journées ayant suivi leur mise en couple officielle. Ainsi que leur salutaire domiciliation sur la chaleureuse péniche du souvenir, où chacun prit rapidement et aisément ses marques. Malgré les vives contestations d'Hagrid, les parents estimèrent qu'ils devaient enfin bénéficier de leur espace privé. Qu'il était grandement temps de se réunir en famille, au sein de leur duveteux petit cocon. Oui, un chez eux si passionnément convoité ! Diamond, en sa qualité de brillant élève, si ce n'est le meilleur et le plus prometteur !, fut gracieusement autorisé à s'absenter, quelques mois du monde sorcier, pour profiter du nouveau cadre familial. Juste ses professeurs se permirent-ils, épisodiquement, de l'importuner avec une minuscule montagne de devoirs. Afin de ne rien perde de son génie !

Franchement, avec Harry et Draco pour enseignants-remplaçants, atypiques sans commune mesure !, Diamond eut toutes les chances de merveilleusement performer lors de ses prochaines rentrées. Et puisque le duo fit magnifiquement ses preuves, avec leur fils, cela explicita pourquoi l'émérite Minerva McGonagall persista, âprement, à vouloir les recruter ultérieurement. Ainsi, Diamond vécut-il insouciamment et fantastiquement, auprès de ses deux papas, sur les tranquilles et chatoyantes berges parisiennes. Jouets, dessins et photos ne mirent pas longtemps à inonder, dans un joyeux bordel, l'étage exclusivement consacré aux résidents. L'ancien Auror reconnut difficilement l'impeccable embarcation sur laquelle il avait agréablement séjourné, flemmardé, durant ses brefs congés annuels ! Pour autant, il en fut ravi.

Pris au jeu du bon père de famille, Harry se risqua même à bricoler, façon moldu et parfois magique à l'occasion, leur petit foyer. Histoire de s'y sentir encore mieux ! Par prévention, afin d'éviter quelques désagréments, des sortilèges combinés furent judicieusement lancés sur leur maison flottante. Ne serait-ce que pour accueillir les improbables animaux de compagnie de leur facétieux gamin ! Faut dire qu'un sombral et un griffon déambulant librement en plein Paris moldu, ça faisait désordre ! Au-delà de risquer d'être choquant et dangereux. Oui, indéniablement, des créatures magiques expatriées dans la Ville Lumière, ça clochait définitivement ! Au burlesque passage, Draco rigola. Se souvenant comment leur trio recueillit un bébé griffon, abandonné et mal en point.

Dès son plus jeune âge, Diam eut la fibre du sauveur. Le digne fils de son illustre père ! Mais plus que les humains, ce furent les créatures qui captèrent ses faveurs. Aussi le turbulent garçonnet s'engagea-t-il sur l'hasardeuse et périlleuse voie où excellait déjà son cher parrain Hagrid. N'écoutant absolument pas ses professeurs, regrettant ce choix déraisonné selon eux !, il se consacra pleinement au bien-être animalier. Pourtant, lors de rencontres formelles, la cohorte de maitres bien-pensants répéta, constamment, au couple que le petit génie gâcherait ses merveilleuses facultés et fabuleuses prédispositions. Or, si le binôme partageait coutumièrement la plupart des avis inspirés, en l'espèce soutenait-il, sans hésitation, leur futé diablotin dans sa liberté d'exercer le métier lui plaisant le plus. Le couple ayant pour principe de ne pas empiéter ni interférer sur les rêves. Bien au contraire ! A la hauteur de leurs moyens, Harry et Draco soutenaient leurs réalisations.

Enfin affalé sur la confortable couche parentale, attendant de s'assoupir paisiblement, Draco se délecta de revivre la fois où Harry et Diamond se défièrent bêtement. Duel consistant à déterminer qui serait le meilleur à l'impressionner et le régaler ! Toute la journée, joua-t-il donc l'arbitre méticuleux entre ses énergumènes, voyageant à coup d'intempestifs transplanages dans divers pays du globe, en quête de mets exceptionnels. Insolites ou succulentes spécialités locales notées, rigoureusement, pour les départager et proclamer le grand vainqueur. A l'époque, déjà enceint du deuxième bébé, Draco prétexta-t-il manger pour plusieurs, sans remord. Particulièrement quand il ne daigna leur accorder la moindre miette ! Le glouton, à l'appétit gargantuesque, ne se fit nullement prier pour dévorer les multiples offrandes. Mais, l'eut sacrément en travers de la gorge lorsque son morveux galopin décréta, le soir venu, dormir avec l'agressif petit ronchon. Une truculente compensation ramenée de l'une de ses brèves excursions ! Rappelant ce jour où, révolté de zapper sur une corrida, Diamond faillit se téléporter pour secourir le taureau condamné et l'héberger chez eux.

Plus tard, Draco s'accoutuma aux excentriques copains de son fils, loin d'être imaginaires ! Principalement parce qu'il adorait admirer les yeux des marmots, de sa clientèle, briller face au fantastique bestiaire. Attention ! Seuls les tout-petits, crédules et la tête débordant de rêves fabuleux et féériques, y accédèrent ! Ainsi, aux pertinentes questions parentales, ne manquant jamais d'arriver, Draco parait-il le coup d'une facilité éhontée en rétorquant, simplement : « Décidément, les enfants ont une imagination monstre ! ». Côté sécurité, le maitre des lieux n'était nullement inconscient, puisqu'il enrôla d'office Harry comme nounou de la bulle magique. Oui, tout était finement calculé pour que la Magie ne soit jamais révélée aux consommateurs adultes. La péniche « Chat'isfaction » connut alors un vif succès, jusqu'au départ impromptu des propriétaires pour d'autres horizons et aventures !

- « Même privé de ma sorcellerie, ma vie est juste magique ! » se félicita glorieusement Draco, un brin vaniteux, abaissant doucement ses paupières pour plonger pleinement vers sa prochaine destiné de rêve.

Bien plus tard, en fin d'après-midi, Harry et Diamond revinrent épuisés de l'écurie. Certes étaient-ils lessivés, mais principalement heureux. Satisfaits d'avoir complètement éradiqué le moindre petit grain d'aspérité, enraillant méchamment un quotidien si bien huilé à l'accoutumé. D'avoir, sincèrement, renoué après l'élimination, sans pitié, de toute fatale incompréhension. Ni l'un ni l'autre ne ménagea ses efforts pour rafraichir l'incongru lieu, où ils conversèrent un sacré moment. L'activité physique aidant, les distrayant efficacement !, ils se confièrent librement. Les craintes mutuelles furent énoncées, sans peur d'être ridicule ou maladroit. Père et fils purent enfin s'accorder : effectivement, la prochaine paternité était précipitée, mais désormais personne n'y changerait rien. Sauf à s'y préparer, en restant unis face à l'adversité, comme toujours !

Ainsi, le fieffé menteur, superbement requinqué suite au fallacieux petit prétexte !, les retrouva-t-il blaguant admirablement dans une cuisine autrefois en péril. Quel miraculeux mirage ! Là où, peu avant, les deux hommes s'étaient durement affrontés, pratiquement déchirés et écharpés, maintenant, les rires fusaient allègrement. Infiniment soulagé, Draco les espionna brièvement. Histoire de surmonter le sentimentalisme le saisissant traitreusement, et aussi pour s'enivrer d'une fin si harmonieuse ! Après un virulent sermon, qui laisserait malgré tout quelques cicatrices, sans être heureusement indélébiles !, Harry, d'une voix calme, quasi paternaliste, servait généreusement à son enfant de précieux conseils. Soucieux qu'il ne commette pas les erreurs que lui-même avait faites par inexpérience.

Même si, honnêtement, Diamond participa tout autant, activement, à l'éducation de ses frères et sœurs, le futur papa restait friand des milliers d'anecdotes narrées, comiquement, par son clown de père. Dans la lancée, euphorique de ne pas avoir perdu irrémédiablement l'amour de son premier-né !, Harry lui confia indolemment, en cachette de Draco, du moins le crut-il !, qu'il avait fréquemment et éhontément usé de magie. Notamment pour la distribution nocturne des biberons, mais surtout pour changer les petites fesses des croquants bambins. Car, s'il les chérissait infiniment de toute son âme, l'odeur nauséabonde l'importunait sévèrement ! A maintes reprises, son sensible estomac faillit se révolter, régurgitant méticuleusement l'intégralité de son contenu. Et dire que bientôt il devrait remettre ça ! Ah les nobles joies de la paternité !

- « Souriez, mes seigneurs ! » les invita Draco, épanoui, dégainant astucieusement son smartphone pour immortaliser l'instant rayonnant de bonheur, les rejoignant furtivement à la table familiale.

Suivant, scrupuleusement à la lettre, l'étrange folklore post-conflit, les y obligeant strictement !, père et fils partageaient amicalement, en signe de réconciliation totale, un succulent gâteau au chocolat fraichement préparé. Goûteuse pâtisserie, bénissant la nouvelle concorde pareille à l'ancestral calumet de la paix, que Draco prit plaisir à picorer goulument. Enfin, dès sa série de selfies en trio terminée ! Au fil des ans, l'appareil moldu lui devint quasi vital tant il renfermait de magnifiques souvenirs, devenus d'inestimables trésors. Bribes de félicité qu'il aimait compulser égoïstement en solitaire, ou amoureusement niché aux creux des tendres bras de sa merveilleuse moitié. Aucun ne se lassait jamais d'admirer les bouilles parfois euphoriques, malicieuses ou hébétées de leurs cinq superbes petits anges. Indisciplinée petite troupe, leur procurant autant de bonheur, d'inquiétude que de frayeur, dont ils ne pourraient jamais se priver !

Rassasié du goûter improvisé, dont il engloutit une grande partie sous les yeux stupéfaits des deux autres hommes hilares de le voir se pourlécher encore minutieusement les doigts !, Draco s'assura que ses derniers shootings étaient parfaitement satisfaisants. Du moins, suffisamment bien cadrés pour prétendre entrer au panthéon de ses chefs d'œuvre ! Rassuré de l'excellence de son travail, il s'attarda ensuite, particulièrement, sur un volumineux diaporama. Une succession des plus belles prises de vues de leur famille, durant ces dix dernières années. Fichier ingénieusement valorisé par Diamond, en y insérant une musique aimée de chacun des membres, mixant harmonieusement des sonorités rythmées ou plus douces à d'autres moments. Un vif éclat de rire, précédé d'un sourire affectueux, lui échappa comme à chaque visionnage.

Sur le début de cette série de clichés, Harry et Diamond étaient souvent pris faisant les clowns. Plus spécifiquement, dès qu'ils se sentaient épiés et capturés, à leur insu et à jamais, par l'obsessionnel photographe amateur ! Frondeurs, ils lui tiraient alors, en place d'une puérile vengeance, leurs langues bigarrées. De frétillants muscles joliment teintés des différents colorants alimentaires contenus dans leurs bonbons farceurs préférés. Les deux pitres étant amateurs de sucreries pétillantes, aux effets sacrément plus incongrus, même si ça n'égalait en rien les délicieux desserts confectionnés maison par leur chef privé ! Et si Draco qualifiait ouvertement les confiseries de cochonneries, il les pillait pourtant avidement lorsque l'envie subite de « femme enceinte » le chatouillait ! Véritablement, Draco ne parvenait à détacher son regard des grimaces, démontrant combien père et fils s'entendaient merveilleusement et s'adoraient inconditionnellement.

Le rayonnant sourire, que Draco arborait finalement, persuada définitivement les deux guerriers réconciliés que jamais plus ils ne devraient bêtement ruiner, ni détruire, ce magnifique présent généreusement offert. Pour chacun d'eux, cet être aimant était leur bien le plus précieux ! Aussi méritait-il amplement qu'on le dorlote toujours, sans jamais lui briser le cœur. Résolus, Harry et Diamond partagèrent une furtive œillade. Concluant implicitement, mais néanmoins officiellement, leur accord secret. Sachant pertinemment que l'homme enceint serait, douloureusement et violemment, déchiré s'il devait un jour choisir entre eux. Pour rien au monde, Harry ne voudrait lui infliger pareille souffrance. Pour le propre bien de Draco évidemment, mais aussi parce qu'il se doutait fortement que, même puissamment aimé, face à leur garçon il risquait de tout perdre !

- « Merlin ! Il est temps que j'y aille ! » s'affola soudainement Diamond, voyant l'heure tardive s'afficher sur la vieille pendule. Un cadeau de noces, offert par Molly Weasley, pour que le petit clan soit à l'heure à ses repas champêtres du week-end.

Dans ce petit coin de paradis, qu'Hagrid rendit davantage accueillant en fonction des naissances, le temps filait fâcheusement à vive allure ! Tous en étaient malencontreusement dépités au moment des au-revoir. Diam songeait alors qu'effectivement Beauxbâtons était une école parfaite, à l'exception cependant qu'elle était regrettablement trop éloignée de sa charmante et ubuesque famille ! Le cœur gros, paradoxalement nettement plus léger qu'il y a quelques heures pourtant !, il alla prestement empaqueter ses ultimes affaires. Et, en profita pour se changer. Car si les élèves, pensionnaires, s'extasiaient devant son look frondeur, ses tenues civiles hors-la-loi n'avaient guère les bonnes grâces du corps professoral ! Un tel accoutrement, au sein de l'enceinte étudiante, provoquerait sans nul doute une déplaisante crise cardiaque à Madame Maxime. Cette sage femme, malgré qu'elle l'ait vu personnellement grandir et que son esprit impartial fut réputé avec d'immenses largesses, demeurait l'administratrice en chef. Une directrice tenant un minimum à un certain prestige !

- « Aux prochaines vacances, pourquoi n'organiserions-nous pas une sortie à la neige ? » proposa Draco, emboîtant fidèlement le pas à son mari qui accompagnait leur petit-homme au-dehors pour les dernières salutations. Ces mots à peine achevés d'être prononcés, une soudaine liesse hystérique s'empara du reste du clan Malfoy-Potter. Car, forcément, toute la famille rejoignit le cortège ! Respect des traditions oblige !

« Dans les Pyrénées, par exemple ! » s'enthousiasma-t-il plus astucieusement, cherchant la moindre opportunité pour revoir rapidement son cher fils. Et profiter, à l'œil, de la majestueuse berline floquée aux armoiries de Beauxbâtons, puisqu'Hagrid usait si bien de son charme sur la grande prêtresse des lieux !

L'annonce promptement assimilée par les vaillants et vifs esprits juvéniles, aussitôt, un florilège de cris, davantage stridents, explosa. Se répercutant, inlassablement, dans la plaine entière. Le silence feutré, du paisible domaine, n'était plus qu'un doux souvenir ! Heureusement, même à cette heure tardive, toutes les créatures des environs étaient-elles désormais coutumières des intempestives manifestations de gaité ! Ces improbables décibels, hautement aigus, retranscrivaient assurément combien la horde de gentils petits monstres était immensément ravie. Sans exception, tous étaient littéralement fous de joie. Leur réjouissance indubitablement induite par l'anticipation de filer, cheveux aux vents, sur les pistes de belle poudreuse, créer d'énormes bonhommes tout blanc ou batailler à coup de vicieuses boules de neige. Vraiment c'était là une judicieuse idée !

- « D'ailleurs, ne serait-ce pas pertinent que tes prétendants, s'ils sont libres, se joignent à nous ? » émit Draco, les yeux pétillants. Immédiatement, Diam sentit venir les ennuis. Son tendre père, qui à ses heures perdues était un véritable champion universel parmi les pires magouilleurs recensés !, n'allait pas le lâcher avec ça. Il avait l'habile faculté d'ordonner ses désidératas, sans qu'on ne puisse s'y soustraire. Et Diamond, à l'instar d'Harry, s'était souvent fait avoir auparavant.

« N'est-ce pas, mon poussin ? » le tanna-t-il davantage avec ce terme ridiculement infantile, accompagné d'une voix exagérément mielleuse, dans le cas improbable où ledit oisillon n'aurait suffisamment prêté une oreille attentive à la franche demande. Requête nullement dissimulée ou trop subtilement évasive !

A ce propos, il était hilarant de remarquer combien Draco aimait à user de paroles excessivement affectueuses envers tous ses enfants, sans distinction. Dire qu'à l'époque de Poudlard, au sein de la salle commune des Serpentards comme dans la grande salle, il était le premier à pérorer et se moquer ouvertement des parents appelant aussi grotesquement leurs rejetons ! Blaise Zabini au même titre que Pansy Parkinson, ou ses inséparables Vincent Crabbe et Grégory Goyle, pourraient assurément en témoigner ! Mais bizarrement, sa mémoire, légèrement hypocrite sur ce coup là, semblait-elle lui faire superbement défaut ! En devenant lui-même parent, Draco avait automatiquement adopté cette fâcheuse manie embarrassante. Au grand déplaisir de son adolescent de seize ans !

- « Papa … » voulut-il éluder, d'une voix un brin ennuyée. Il l'aimait sincèrement, mais savait pertinemment que la rencontre avec ses amants tournerait à l'obsession. Pour se solder, finalement, par des instants, pour le moins, délicats et incommodants.

- « Quoi, ma crevette ? » s'étonna angéliquement le fourbe géniteur, arborant un visage des plus sereins et ingénus. Edulcoré d'un soupçon machiavélique, pour qui le perçait parfaitement à jour ! Or, puisque Diamond n'était plus crédule ou candide, la tactique était outrageusement évidente à ses yeux.

« Ces charmants jeunes gens doivent s'habituer à la promiscuité ! Ainsi qu'à notre petite famille, s'ils vont irrémédiablement l'intégrer, non ? » se défendit Draco, se donnant une contenance absolument innocente en repositionnant minutieusement le chapeau bleu pastel sur la tête de son angelot.

Un couvre-chef réglementaire, largement aux antipodes du choix vestimentaire habituel de l'adolescent rebelle où les sangles se mêlaient harmonieusement aux velours et autres dentelles masculines ornées de fines chainettes argentées, qui serait pourtant ultérieurement surmonté d'une capuche en cuir dissimulatrice. Histoire de garder une touche de modernité et de résilience. Tout en se prémunissant d'un quelconque refroidissement malvenu. Oui, Diamond obtenait le dernier mot, parfois ! Sa meilleure négociation fut de convenir qu'une fois parvenu aux portes de l'institut, tout signe ostentatoire de rébellion serait instantanément effacé. Dommage qu'à son niveau les robes de sorcier n'étaient plus l'apanage principal, au moins aurait-il pu garder en-dessous ses magnifiques atours !

- « De plus, je les connais comme tes amis d'enfance. Maintenant, je voudrais que tu nous les présentes officiellement … »s'acharna le papa tatillon, estimant que le tombé sur le côté droit n'était pas très flatteur, tout bien considéré.Franchement, il n'y avait bien qu'avec Harry et ses enfants que Draco était aussi tactile et mère-poule ! Ses ex-compagnons de galère se gausseraient sacrément en le voyant actuellement !

- « Papa ! » bougonna l'adolescent, légèrement gêné et importuné de l'attitude un tantinet infantilisante. Sans parler qu'il ne se voyait pas trainer ses amoureux pour qu'ils soient assaillis de questions embarrassantes. Car oui, Draco et Harry foutaient merveilleusement la honte à leur progéniture, parfois !

- « Quoi, mon petit cœur ? C'est naturel que je veuille mieux connaitre mon futur gendre et ma belle bru ! » s'amusa, plus insidieusement, le redoutable paternel devant la rougeur et gêne de son primo-héritier, avant que celui-ci ne décrète fermement qu'il était vraiment temps de s'envoler pour Beauxbâtons.

Le balai n'était pas le transport le plus confortable pour pareil périple, mais Diamond s'entêtait à vouloir se débrouiller par ses propres moyens. Et puis, le trajet se voyait nettement raccourci, dans la mesure où il avait acquis la dernière version de l'Eclair de Feu ! Finalement, la publicité, générée sur ses comptes sociaux, lui servait à gagner en indépendance. Et, à se faire plaisir comme il l'entendait, sans que ses parents n'aient quoique ce soit à lui reprocher ! Evidemment, Harry et Draco gardaient, par souci de sécurité, un droit de regard sur ses acquisitions. Or, rarement s'opposaient-ils aux achats réfléchis. De plus, le sachant responsable, ils étaient totalement convaincus que, désormais, le futur adulte épargnerait pour le bien-être de sa propre famille !

- « Malgré ton jeune âge, je sais que tu seras un excellent papa. » marmonna Draco dans le vent, se reposant amoureusement contre l'épaule accueillante de son époux. Dire que bientôt il serait, non seulement, à nouveau père mais également grand-père ! A même pas quarante ans ! Décidément, la vie lui réservait les plus incroyables surprises fantaisistes !

Ses yeux, légèrement rêveurs, suivirent religieusement la fulgurante progression de leur digne successeur. Un têtu jeune homme judicieusement camouflé, grâce à son cardigan de cuir à capuche, dans le ciel joliment crépusculaire. Puis, tandis que les couleurs chatoyantes s'effaçaient à la faveur de la nuit, sa mémoire s'emplit des gestes tendrement affectueux de Diamond, à l'égard de ses frères et sœurs. D'inconditionnelles preuves d'amour fraternel présentes bien avant leurs naissances. Le spirituel fanfaron collait, souvent, l'oreille ou la bouche contre son ventre rebondi. Expliquant, quand la question lui était incidemment posée, qu'il tentait d'entendre les petits habitants et dialoguer avec eux. Une discussion imaginaire s'entend ! Ainsi, chaque fois qu'il rentrait, il leur racontait ses folles journées. Ou à défaut, inventait-il des contes fantastiques pour les apaiser.

Habitudes perdurant gentiment au-delà des nombreux accouchements ! Dès qu'il le pouvait, Diamond se chargeait de distraire ou simplement de coucher les plus petits. Leur narrant une histoire de son cru, qu'il mimait théâtralement et avec verve. Toujours plus incité par les applaudissements continus ou rires joyeux des minis spectateurs. D'ailleurs, dans la chambre des différents bambins, servant de décors, l'attentionné Prince-ainé avait occasionnellement griffé sa marque. Sur chaque pan de dortoirs, il s'était amusé à dessiner de pittoresques frises. Des fresques composées de personnages rigolos, motifs aléatoires ou simplement de ses petites mains peinturées. Le cœur de Draco s'apaisa. Après une crainte naturelle, légitime, pour l'avenir de son fils, il devenait terriblement impatient de le voir finalement pouponner ses propres chérubins. Car, définitivement, Diamond Malfoy-Potter ferait un père plus qu'acceptable et exemplaire !

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********** A suivre ? **********

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Blablamiaou : Comment l'heure de lecture en ma compagnie s'est-elle déroulée ? La longueur était-elle satisfaisante pour ce chapitre sur le premier-né des bishosex ? Les noeilnoeils connaisseurs/avertis, noteront l'effort supplémentaire fourni pour prolonger le plaisir/la torture. ^^ Friser 10000 mots par postage est un défi que je tenterai de relever avec cette ficounette. J'avoue que pour la révision, je traine plus des pattounes (quel euphémisme ! D'où le délai plus conséquent). ^^

Sinon, franchement, quel est votre ressenti après l'interminable récit ? Que pensez-vous de cette version adolescente de Diamond ? Vous plait-il ? Et parcourir la vie passée de Draco et Harry au travers de réminiscences, injectées par-ci par-là, vous convient-il ? Maintenant, brodez ! J'attends impatiemment vos retours pour savoir si je poursuis sur cette voie. Ne soyez pas timides, lâchez-vous ! L'abstention de commentaire est prohibée ! ^^

A toutou bientôt !