Bonsoaaaaar ! Me voilà avec ma première fanfiction The Witcher, écrite alors que j'ai bien d'autres choses à faire et, entre autre, une autre fanfic à finir. Mais celle-ci est finie, alors autant la poster pour en faire profiter au monde ! Il y a probablement des erreurs dans le vocabulaire à certains endroits... Je n'ai lu quasiment que des fanfictions en anglais et regardé également la série en anglais et, je l'avoue j'avais la flemme de chercher exactement comment étaient, par exemple, différenciés les mages et les sorcières (ou s'il y avait même une différence en français). Bref, pardon d'avance pour les exactitudes.

Par contre, pour ce qui est de l'ensemble des blagues absolument désastreuses mettant en dérision les personnages (surtout Jaskier, je l'aime, mais je l'aime surtout quand il est ridicule et dramatique) je ne m'excuserai pas. Je blâmerais avec ferveur mon cerveau tordu, mon manque de sommeil et le stresse du quotidien.

Je vous retrouve en bas si vous survivez à la lecture. Puisse le sort vous être favorables, chers lecteurs !

Et bonne lecture :)


Le Cueilleur de Pissenlits

Il existait, dans les plus anciennes légendes, celles datant d'avant même la conjonction des sphères, un nom qui revenait. C'était un nom ancien, que l'on pouvait parfois traduire comme Démon de l'âme, ou Miroir des âmes – ou démon des miroirs, mais la plupart des gens s'entendaient sur le fait que cette traduction n'avait aucun sens de l'esthétique quand il s'agissait de raconter une histoire effrayante. Jaskier faisant partie de "la plupart des gens" dans ce cas précis.

Ce nom désignait parfois une espèce, que l'on disait venir d'une autre sphère, et parfois un seul être, qui marcherait soi-disant sur le Continent pour dévorer des âmes – ou quelque chose de terrifiant dans ce goût-là. On racontait qu'un seul de ces démons pouvait venir à bout d'une dizaine de sorceleurs. Qu'ils étaient même capables de fendre les montagnes en deux avec un seul soupir. Que la magie ne leur faisait presque rien. Que seuls les porteurs du Sang Ancien – oui, ceux qui n'existaient plus aujourd'hui – pouvait les maîtriser et leur faire entendre raison, sans pour autant pouvoir les tuer.

Geralt pensait que c'étaient des histoires à dormir debout. Les démons n'existaient pas.

Sans surprise, Jaskier aimait tellement ces histoires qu'il avait un carnet rempli de notes à ce sujet, disant que ce serait parfait pour des chansons quand on lui demandait – ou quand il avait l'impression que l'on s'interrogeait à ce sujet, Geralt n'avait certainement rien demandé. Pourtant Jaskier n'avait encore aucune chanson sur le sujet. Peut-être essayait-il de trouver l'histoire parfaite à déformer pour y insérer la créature ?

Cela faisait évidemment rouler des yeux le sorceleur.

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Quand Jaskier se réveilla après cette terrible attaque du djinn qui avait failli lui coûter sa précieuse voix, la sorcière – Yennefer de quelque chose avec beaucoup de « e » et consonnes inutiles – lui avait lancé un regard critique, louchant sur le médaillon à son cou que personne encore n'avait remarqué comme ne le quittant jamais.

« Tu aurais dû être mort d'étouffement bien plus tôt. »

Le barde lui fit simplement un grand sourire joyeux.

« J'ai le talent pour retenir mon souffle qu'exigent les grandes répliques et monologues, sorcière. »

Elle n'en avait pas reparlé, mais elle se méfiait ouvertement de lui, cachant cela sous une grande couche de mépris. Alors Jaskier se méfia d'elle en retour.

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Ciri aussi s'était méfiée de Jaskier quand elle l'avait rencontré. Un instinct au plus profond d'elle-même. Quelque chose d'indéterminable, parce que, vraiment, Jaskier était probablement l'un des dix humains les plus insignifiants et inoffensifs qu'elle avait rencontré dans sa courte vie, quelque part entre sa nounou qu'elle faisait tourner en bourrique et pleurer quand elle n'avait encore que quatre ans et le commis de cuisine qui arrivait à peine à faire la vaisselle et trébuchait sur ses pieds quand il s'agissait de laver le sol ou de sortir donner les épluchures aux cochons. Mais il lui réservait toujours une part de son dessert préféré de côté pour ses goûters clandestins, alors elle l'avait bien aimé et avait pas mal parlé avec lui.

Jaskier avait vraiment l'air gentil – bien qu'un peu trop attrape-malheur à son goût et certainement parcouru en permanences de pensées sales qu'elle n'aurait pas dû pouvoir identifier à son âge – mais elle ne pouvait s'empêcher de lui tourner le dos quand il essayait de sympathiser.

Elle avait pensé que, peut-être, le sentiment était venu de celle qui avait habité son corps. Mais quand ils étaient revenus de leur petite excursion dans l'autre monde, Jaskier était toujours entouré de cette aura de danger inexplicable.

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Jaskier avait finalement réussi à s'entendre, entre beaucoup d'insultes poliment tournées, avec Yennefer de Vengerberg – et il avait appris son nom entier aussi. Alors il lui avait confié son carnet, lui demandant de ne pas changer le marque-page de place.

Yennefer avait à peine jeté un coup d'œil dans la chose. Il y avait des traductions de légendes sur les démons, des vieux textes datant de plusieurs siècles, la page marquée contenait une liste de sort qu'elle se sentait à peine capable de prononcé avec la seule mention "à utiliser exactement dans cet ordre" griffonné dans le coin en haut et un répertoire entier de fleurs identifiées et dessinées dans la première moitié des feuilles de parchemin vieillies. Vraisemblablement inutile, mais si c'était important pour le barde, elle le garderait en sécurité.

Il s'entendait aussi bien mieux avec la princesse, surtout depuis qu'il lui avait raconté tout ce qu'il savait sur ses parents et sur le banquet où la loi de surprise avait été revendiquée par Geralt.

Parce qu'évidemment, personne, même après tout ce temps, n'avait jugé utile d'informer la petite de comment s'était formé son destin. Heureusement que Jaskier était le plus éclairé du groupe.

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Ils avaient vécu bon nombre d'aventures tous les quatre à ce stade – le trio héroïque Yen, Geralt et Cirilla et, quelque part en arrière plan, brillant par ses connaissances et son inutilité, la quatrième roue du carrosse à trois roues, Julian Alfred Pankratz, vicomte de Lettenhove aussi dit Jaskier le barde. Et il ne mentionnerait jamais dans aucune chanson à quel point ils avaient tendance à l'oublier ou à le ranger quelque part de façon à ce qu'il rate toujours la meilleure partie de l'histoire à raconter en chanson. Cirilla gloussait quand il demandait, Yen lui faisait un sourire moqueur et Geralt faisait des « hmm » comme à son habitude, ou se contentait de ses explications très courtes, comme « Trois bandits et une mage égarée. Ils voulaient Ciri. On les a tués », et fin de l'histoire, courage pour écrire une chanson ! Tout cela ne l'avançait à rien, mais il faisait avec. Même si cela ressemblait à un coup monté pour se moquer de lui et de son art.

Yennefer et Geralt étaient réconciliés depuis longtemps. Une de leurs aventures avait consisté en trouver un moyen de rompre le lien entre eux deux. Au grand soulagement – qu'il n'admettrait jamais – de Jaskier, ils comprirent – enfin ! – qu'il n'y avait qu'une forte amitié entre eux.

Geralt ne regardait pas beaucoup plus dans la direction de son barde pour autant, mais c'était petit pas après petit pas. Ils avaient tout le temps du monde, après tout.

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Tout le temps du monde mon cul. Ils étaient foutus. Cette fois, rien ne pouvait les sortir de là. Ciri ne maîtrisait pas encore assez sa magie, Yen n'était pas assez puissante pour ça, et les sorceleurs étaient en nombre très limités, donc l'infériorité numérique ne jouait certainement pas en leur faveur – on ne mentionne évidemment pas l'inutilité du barde, ici, car elle est évidente.

Bref, ils étaient foutus.

Mais ramenons un peu de contexte à tout cela.

Ils avaient décidé de passer à nouveau l'hiver à Kaer Morhen, certains qu'ils y seraient en sécurité. Mais ils avaient été suivis ou quelque chose comme ça, et un matin, vraiment très très tôt, puisque le soleil n'avait pas pointé son nez et qu'ils dormaient tous encore – sauf Jaskier qui faisait nuit blanche pour lire dans la bibliothèque, mais cela n'eut pour seule différence dans la conclusion que la tenue qu'il portait – ils s'étaient retrouvés tirés du lit pour être entassés dans la grande salle principale du donjon. Quelques mages, des menottes solides en dimeritium et les bonnes menaces maintenaient les sorceleurs et la sorcière sous contrôle. Une corde effilée et un regard noir avait suffi pour le barde. Et ils étaient désormais entourés d'une armée entière, qui avait apparemment gravi les montagnes bleues durant la nuit sous des sorts de silences suffisamment forts pour échapper à l'ouïe des sorceleurs et suffisamment faibles pour échapper aux sens de la sorcière.

Ils avaient entamé un discours de revendication fière et très pompeuse, même selon les standards de Jaskier, ce qui signifiait certainement quelque chose. Ils gardaient pendant ce temps des archers – des archers dans un donjon ? Ils avaient des choix stratégiques particuliers – pointant leurs flèches sur eux, prêt à tirer sur les plus faibles comme les plus forts en cas de rébellion.

Le barde avait été jeté un peu à l'écart, dans l'ombre.

Le barde n'avait, après tout, aucune utilité, ni dans un camp, ni dans l'autre. Il n'était pas important, ne représentait aucun danger et, pour une fois, on pouvait apprécier la sagesse de son silence.

Le barde avait surtout vite défait ses liens de corde lâche sans même avoir à tirer son couteau de sa botte.

« Yen »

La sorcière cilla à peine pour montrer qu'elle entendait ses chuchotements.

« Tu as toujours mon carnet, n'est-ce pas ? »

Elle tourna un instant un regard noir vers lui, lui indiquant qu'il était ridicule d'avoir des inquiétudes pour un tas d'inepties écrites sur un ensemble relié de vieux parchemins, mais cela lui suffit également à comprendre que la réponse était oui.

« Bien, dit-il, dégageant un peu plus ses mains, essayant de garder ses frottements contre ses poignets douloureux assez discrets. Je suis désolé alors, pour ce que ça vaut. Mais je dois faire quelque chose de stupide. »

Geralt grogna. Yennefer sembla relier le contenu démoniaque du carnet avec les propos de Jaskier, lui sifflant quelque chose ressemblant à « les invocations démoniaques sont des conneries ».

En se levant et attirant finalement l'attention sur lui, il lui glissa dans un sourire sa réponse : « qui a parlé d'invocation ? ». Yennefer siffla quand elle comprit qu'il ne niait pas la partie "démoniaque" de l'affaire.

Les ennemis étaient désemparés. Pourquoi le barde, d'entre tous, se levait-il sans ses liens ? Quand les quelques menaces ne dissuadèrent pas Jaskier de retourner s'asseoir à sa place, on ordonna de quelque part de le forcer à se rasseoir, menaçant toujours de l'exécuter.

Mais ce n'était qu'un barde inoffensif, ils seraient stupides de l'exécuter pour sa bêtise et son manque de sens de l'auto-préservation, n'est-ce pas ?

Le barde avança à grands pas, le couteau tiré de sa botte en main, et lança un regard à Ciri.

« Un grand cri, princesse, du plus profond de l'âme, pour Dandelion et la liberté », dit-il rapidement, se recevant un regard interrogateur.

Il espérait que cela suffirait. Pas le temps de tergiverser, il sauta sur le premier ennemi à portée, surprenant par son agilité. Il réussit à lui enfoncer le couteau dans la carotide et laissa tomber le corps dans un bruit sourd.

Le temps semblait figé tellement c'était surréaliste. Lui n'était figé que parce qu'il devait se donner un instant pour afficher un dégoût apparent pour ce qu'il venait de faire. Mais la situation était critique, alors en même temps que des ordres étaient hurlés et que des flèches sifflaient dans sa direction, il se tourna à nouveau vers le lionceau de Cintra.

« Maintenant ! »

C'était plus une supplique désespérée qu'un ordre, mais ce n'est pas ainsi qu'il le ferait sonner dans ses chansons.

Une flèche tomba contre son épaule, le déséquilibrant. Une autre se planta profond dans sa cuisse. Quelle merde, tout cela faisait horriblement mal.

Il entendit vaguement son nom crié – ou peut-être grogné – quelque part derrière lui alors qu'il levait son couteau pour parer une épée qui allait pour séparer proprement sa tête de ses épaules, dans un geste instinctif – il était lui-même surpris d'avoir de tels instincts, à vrai dire.

L'homme en face se recula, préparant un nouveau coup pour le frapper en pleine poitrine. Il savait qu'il ne l'éviterait pas. Pas celui-là. Il n'avait pas autant d'instincts de défense, tout de même.

Un grand cri résonna dans la salle, envoyant des bris de verre des fenêtres s'éparpiller de partout et des courants d'airs s'agiter en tout sens. Beaucoup se couvrirent les oreilles de surprise. Le chaos éclata comme un coup de tonnerre dans les airs.

Il y eut un instant de calme. Ce genre de calme chargé d'une énergie bientôt en mouvement, comme l'air avant un violent orage. Presque tout le monde entendit le son de la chair fendue par l'épée, la lame se glissant avec expertise entre les côtes, remontant vers le cœur.

Le soldat trébucha en arrière, laissant son épée dans le corps toujours debout du barde. Il discerna avec une vague horreur le médaillon sur la poitrine de celui-ci se fendre, bien qu'il n'ait aucune idée de ce que cela pouvait signifier. Puis une violente onde de choc remplie d'un chaos si brut que n'importe qui pouvait le ressentir brûler dans ses os parcourut la salle, faisant tomber les quelques bouts de verres qui étaient vaillamment restés accrochés aux fenêtres.

Tous purent voir le barde retirer l'épée comme si elle n'était qu'une épine sous la peau – et Geralt avait vu Jaskier pleurer pour avoir une écharde dans le doigt, donc c'était pour le moins impressionnant – suivie des deux flèches. Le soldat face à lui était figé, les yeux scrutant le visage du barde. Ce qui aurait dû être son visage.

Mais l'homme, toujours vêtu de vêtements colorés scintillants et de son chapeau à plume – et non d'un vulgaire pyjama, merci à sa veillée dans la bibliothèque rendant la scène plus dramatique – releva les yeux vers lui. Ou ce qui aurait dû être ses yeux.

Un hurlement déchirant de peur s'échappa du soldat qui lâcha au sol sa deuxième lame plus courte que l'épée, trébuchant presque en arrière, mais il fut ramené nez à nez avec le barde – était-ce même un nez ? Était-ce même un barde ? – par une poigne monstrueusement forte autour de son col.

Le silence était presque sifflant autour d'eux quand le barde prononça d'une voix assez indéterminable :

« Tu vas servir d'exemple, tiens. »

Les yeux du soldat s'écarquillèrent en même temps qu'il fut jeté en arrière, après une caresse contre sa joue de la main du barde – était-ce même une main, cette chose ? Pendant un instant bénit, avant que les mots ne s'enregistrent, il pensa être épargné. Puis il recula en rampant le plus vite qu'il pouvait, fixant toujours ce visage qui n'en était plus un, implorant miséricorde dans des babillages ininterrompus.

Le sol craqua sous lui, en de longues fentes. Il sentait sa peau parcourue de frisson et vit ses mains, devenant semblables à celles du barde. Il hurla une dernière fois en sentant la pierre s'affaisser sous lui dans un cri aussi inhumain que la voix du barde ou les mains qu'il tendait vers la lumière du soleil commençant à filtrer par les fenêtres brisées. Et la créature immonde qu'il était devenu disparu dans le sol, comme avalé alors que les dalles revenaient en place sans plus aucune trace de dommages.

Personne ne remarqua la petite renoncule qui avait poussé quelque part aux pieds du barde.

Celui-ci releva les yeux vers la mage qui semblait diriger le groupe – c'était elle qui faisait le discours après tout. Elle haleta aux puits vides qu'elle rencontra sur ce visage émacié et d'un verdâtre suintant.

« Partez, et il n'y aura plus de morts aujourd'hui. Restez, et vous ferez pousser des fleurs dans l'arrière court du donjon avec vos cadavres. »

Elle se reprit assez vite. Elle en avait croisé de nombreux, des monstres. Elle préparait déjà un sortilège quand l'un de ses soldats tomba à genoux au sol, son casque claquant avec désespoir sur la pierre dure et froide.

« C'est un démon ! Un miroir de l'âme ! Ô grande déesse, pitié, protège-nous ! »

Et ce fut la panique générale dans le camp adverse. La mage beugla des ordres pour essayer de les rassembler, mais c'était trop tard. Même elle avait trop de crainte pour vraiment donner du cœur à la tâche. Le moindre regard vers la silhouette du démon lui envoyait des frissons de dégoût dans tout le corps. Le chaos se répandait dans l'air, si lourd qu'il était presque difficile de respirer. Dieux, le démon n'avait même pas eu à bouger pour que le sol ne s'effondre sous l'un de ses hommes transformé en bête informe par une ridicule touche sur la joue.

Quelques courageux suivirent les ordres et s'élancèrent pour tuer le démon. Les flèches volaient, déviées de leurs trajectoires pour aller percer le sol ailleurs comme elles n'auraient jamais dû pouvoir le faire. Les dalles avalaient dans des craquements sinistres ceux qui s'approchaient trop près du corps immobile du barde. Les deux trois chanceux qui arrivaient à l'atteindre finirent effleurés et effondrés au sol, transformés en des monstres difformes et gémissants, tous bien différents les uns des autres. La panique ne fit qu'augmenter et grand nombre d'entre eux battirent en retraite vers les portes. Dans le chaos général, impossible de dire vraiment si la mage avait été parmi ceux qui étaient morts au combat ou ceux qui avaient pris jambes à leur cou.

Quand la dernière âme franchis les lourdes portes de Kaer Morhen – Jaskier se demanda d'ailleurs subrepticement comment ils avaient pu les ouvrir sans alerter qui que ce soit ? La magie était parfois vraiment terrifiante. Il en frissonna de peur – la poussière retomba et le silence n'était brisé que par les sanglots tordus des formes à peine humaines se tordant au sol.

Jaskier eut pitié et, avec son couteau toujours en main, il trancha les quelques gorges des pauvres malheureux. Vivre ainsi n'était pas une vie, il le savait et ne l'imposerait à personne.

Ciri haleta en remarquant le tapis de fleurs qui avait émergé de la roche sous les pieds du barde. C'était irréaliste.

Le chaos résonna à nouveau dans les airs, bourdonnant presque agréablement alors qu'un masque se matérialisait dans les mains de Jaskier. Il l'enfila, se parant également d'une paire de gants alors qu'il se tournait enfin vers le petit groupe. Il leva une main, trois doigts levés.

« Trois choses, dit-il, faisant un pas trébuchant vers eux. Un – il leva un premier doigt en évidence – Personne ne me touche directement ou n'enlève ce masque. Deux – et le majeur rejoint l'index alors qu'ils ressentaient leurs liens tomber au sol comme par magie… s'en était probablement en fait – Yen, lit le carnet à la page marquée, c'est important. Et trois – il vacilla, oubliant de monter son troisième doigt – je pourrais avoir les restes du ragoût de mouton quand je me réveillerai ? »

Et il s'effondra au sol comme une poupée de chiffon. Cela avait l'air terriblement dramatique, mais il s'agissait de Jaskier, alors seul Geralt paniqua un peu, allant ramasser son barde en prenant garde de ne pas le toucher, comme indiqué.

Il n'y avait étonnamment aucune blessure visible.

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Yennefer avait suivi les instructions dans le carnet et, avec Ciri, avait lancé les quelques sorts inconnus sur le barde comme il avait semblé le vouloir. Ciri était inquiète des conséquences, mais Yen avait reniflé de mépris et continué.

Jaskier – si c'était encore lui – s'était calmé dans ce qui avait semblait être une violente fièvre – pas qu'ils puissent toucher son front pour vérifier sa température et en être certains.

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C'est tard dans la soirée que Jaskier rouvrit les yeux. Il était dans sa chambre assignée pour l'hiver. Tout était calme.

Il se sentait au meilleur de sa forme. Il se fit une note mentale de remercier Yennefer pour l'avoir aider à se remettre sur pied aussi vite grâces aux sorts. Sinon cela aurait été une semaine terriblement douloureuse pour lui.

Un grognement distinct résonna dans la pièce, et il s'agrippa l'estomac.

Il avait tellement faim. Il se dirigea vers la salle à manger, priant pour qu'ils lui aient bien laissé une part de ragoût comme demandé.

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Lambert avalait la dernière cuillerée du ragoût quand Jaskier s'affala sur le banc aux côtés de Geralt, sa place habituelle. Ce dernier poussa une assiette d'une bouillasse grumeleuse à Jaskier. Il soupira. Hé bien, pas de ragoût alors. Ils semblaient au moins tous avoir suivi ses deux premières instructions. C'était déjà cela.

Il allait avaler une première bouchée, tenant maladroitement son masque un peu plus loin de son visage pour apporter la cuillère à ses lèvres, quand Vesimir rompit le silence qu'il avait amené avec lui dans la pièce.

« Alors, un démon ? »

Jaskier reposa prudemment sa cuillère. Bien sûr. Il fallait en discuter.

« Hé bien… Cela dépend de la définition. Si l'on parle des démons à proprement parler, dévorant des âmes et étant le mal incarné, je doute que cela me corresponde. Mais si l'on parle de l'espèce qui inspira vos ancêtres pour toutes ces histoires sanglantes… Alors oui.

– Alors pourquoi es-tu ici ? Demanda calmement le sorceleurs aux cheveux gris. Tu ne viens vraisemblablement pas de notre sphère.

– Oh. C'est une histoire qui remonte à avant la conjonction en fait. Nous avions besoin de fleurs. »

Jaskier marqua une pause, le temps d'enfin prendre une bouchée de sa bouillie parce que son ventre protestait. Il releva les yeux vers des sourcils haussés en sa direction.

Oui, d'accord, peut-être qu'ils ne se contenteraient pas de cela comme explication. Il soupira.

« Les fleurs, répéta-t-il. Elles ne poussent que dans votre sphère, pas dans la nôtre. Et il se trouve que nous en avions besoin pour nos rituels. Donc nous avions des équipes de cueillette.

– Donc tu cueilles des fleurs ? Demanda Lambert, visiblement sceptique. Pour les envoyer à tes petits copains les démons dans votre sphère afin de la fleurir ?

– Je cueillais, rectifia Jaskier en levant un doigt comme s'il expliquait les rimes embrassées à un de ses élèves d'Oxenfurt. Mais, nous avons toujours été un peuple pacifiste. Parfois, certains d'entre vous nous attaquaient, alors on se défendait. Mais votre monde est si fragile… Parfois on en faisait plus qu'on ne le voulait. Comme… fendre des montagnes en deux à l'occasion.

– Tu peux fendre des montagnes en deux ? Demanda Eskel, surpris.

– Oh, non, pas moi, rit Jaskier en secoua la main comme si c'était absurde. Je suis la créature la plus inoffensive que mon espèce ait jamais engendrée, en fait. Du moins, c'est ce que m'a dit maman quand elle s'est rendu compte que je n'avais aucun talent ou don particulier et que je serais donc probablement assigné à la cueillette jusqu'à la fin de ma vie. Une vraie disgrâce pour la famille. Ils ont dû être heureux que je me sois égaré dans les parages, du mauvais côté du portail lors de la conjonction.

– Donc… tu es ici par accident ? Demanda finalement Cirilla.

– Oui, répondit Jaskier de sa voix la plus douce. J'étais un enfant trop lent et pas assez en équilibre sur ses propres pieds pour son bien. J'ai trébuché dans la boue, il pleuvait horriblement ce jour-là. Et j'ai vu le portail se refermer avant que je ne puisse l'atteindre, brusquement. Je ne savais pas alors pour la conjonction des sphères. Je pensais qu'ils reviendraient me chercher lors de la cueillette suivante. Hé bien, il n'y eut jamais de cueillette suivante. »

Jaskier haussa les épaules et continua à manger comme s'il ne venait pas de raconter à quel point son destin était cruel.

– Et ensuite ? Qu'est-ce que tu as fait ? Tu avais quel âge ? demanda le lionceau, plein de curiosité.

– Huit ans, répondit Jaskier dans un sourire qu'aucun d'eux ne vit, parce qu'il portait un masque pour qu'ils ne voient pas son visage. Et une famille de noble m'a pris en pitié et m'a adopté. Ils ont mis trente-cinq ans à se rendre compte que je ne vieillissais pas après mes vingt ans. Après m'avoir traité de tous les noms de créatures qu'ils avaient en tête, j'ai fini par leur expliquer ce que j'étais, pour qu'ils ne me chassent pas. Nous portons des charmes lors des cueillettes et nous en avons toujours deux de rechange, expliqua-t-il en tapotant le médaillon fendu à sa poitrine. Ils nous font paraître humains et enferment notre chaos. On nous avait raconté comment les humains nous voient. Nous sommes des miroirs de l'âme. Littéralement. Mais les âmes vieillissent assez mal, et la plupart des adultes ne peuvent m'identifier comme rien qui ne soit proche d'un humain. Même les enfants qui me voient comme quelqu'un d'au moins dans la moyenne de la beauté humaine sont rares. Certains ont même l'âme si tordue que cela influence les autres sens. Le son de ma voix, mon odeur. Mais je ne le savais pas, à ce moment-là. Je ne savais pas que mon visage pouvait faire peur. Alors quand ma famille d'adoption m'a joyeusement demandé de leur montrer leurs âmes, nous avons fait en sorte de trouver un elfe de Sang Ancien qui puisse rompre le charme. J'ai eu de la chance de m'en sortir sans blessures ce jour-là. Et j'ai mis des mois à trouver comment activer un nouveau charme. Je ne l'avais jamais fait moi-même. En tout cas, c'étaient des mois suffisants pour se rendre compte que personne ne me verrait jamais comme autre chose qu'un monstre. J'ai donc décidé de ne plus jamais enlever le charme. »

Il prit encore quelques cuillères de son repas, marquant une pause dans son récit.

« Donc, prononça prudemment Yennefer, il te reste un charme. Tu as dit que tu en avais trois.

– Non, et le sourire triste dans sa voix était audible. Comptez sur moi pour tomber amoureux et jeter mes résolutions par la fenêtre. »

Cirilla demanda alors de raconter l'histoire. Jaskier ne put pas lui refuser.

« Elle n'était pas la plus belle, mais elle avait eu la plus brillante des personnalités que j'avais alors rencontrées. Je n'avais que trois siècles et des poussières, à l'époque, dit-il comme si cela justifiait la naïveté qu'il avait montrée sur le moment. Je n'avais jamais ressenti ça. Le besoin de… suivre quelqu'un aussi longtemps que possible. J'avais pris l'habitude de voyager, jamais très longtemps au même endroit, pour que personne ne se pose trop de questions. Mais je n'avais pas pu la quitter. Alors sous ses questions, j'ai fini par lui expliquer. Elle a insisté pour que j'enlève le charme. Les dieux m'en préservent, cette femme était plus têtue que moi, et cela veut certainement dire quelque chose.

– Alors elle a vomi, s'est évanouie et tu l'as abandonnée en sachant que personne n'aimerait jamais ton pauvre cœur brisé ? plaisanta à sa façon Lambert.

– Non. Elle n'a même pas cillé. En fait, elle voulait qu'on fasse l'amour cette nuit-là. »

La grimace de Lambert, qu'il savait avoir aperçu son visage avant qu'il n'enfile le masque, était impayable.

« Bien sûr, continua-t-il, on ne l'a pas fait. Me toucher revient à prendre physiquement l'apparence de votre âme. Une autre chose que j'avais appris à la dure lors de mes quelques mois comme le plus laid des monstres du continent. On s'est débrouillés sans ça, donc. Le lendemain matin, elle m'avait ligoté au lit. Pas que je n'aime pas ça, mais elle n'était pas du genre à jouer ce genre de jeux, alors j'ai paniqué. Et à raison. Elle avait fait appel à, non pas un, ni même deux, mais trois sorceleurs. Elle leur avait demandé de la débarrasser du monstre suintant et puant aux yeux creux qui avait essayé de la séduire pour dévorer son âme. Ou quelque chose dans ce goût-là.

– Donc tu les as tués et tu as continué ton chemin ? Demanda sombrement Eskel, dans un grognement presque menaçant.

– Melitele, non ! S'exclama Jaskier. Je ne suis pas un guerrier. Je suis un cueilleur de fleurs. Dans notre couple, c'était elle qui écrasait les araignées et chassait les rats. Non, j'ai subi, jusqu'à ce que je trouve un moyen de fuir. Ils étaient… pour le moins inventifs. C'est là que je me suis rendu compte que, dans cette sphère, probablement personne n'a le pouvoir de venir à bout de ma vie. J'étais aussi inoffensif qu'un enfant de trois ans aveugle dans ma propre sphère. Mais ici, j'ai beau être un enfant de trois ans aveugles, vous… vous êtes comme des fourmis. On vous écrase sans même le savoir. Bref, coupa-t-il dans ses divagations en ignorant les grimaces des sorceleurs, j'ai activé mon dernier charme et j'ai fui à chaque fois que je tombais amoureux. Et puis finalement la lignée du Sang Ancien s'est éteinte avec Lara Dorren. Ils étaient les seuls avec suffisamment de pouvoir pour briser les charmes. Plus de risques, donc. Et j'ai voyagé sur le continent de long en large, j'ai découvert une passion brûlante pour la musique, mis prêt d'un siècle à réussir à faire sonner un luth correctement parce que je suis apparemment une bille dans tout ce que je fais, mais les dieux m'ont donné de la persistance pour le surmonter, je suis tombé amoureux de la comtesse de Staël quelque part en chemin, et à un autre endroit, par un concours étrange de circonstances, j'ai fini vicomte du patelin qu'est Lettenhove. Et puis j'ai rencontré un loup blanc dans une taverne à Posada, et l'histoire connaît la suite. »

Jaskier racla le fond de son bol, puis reposa sa cuillère, satisfait de son repas.

« Oh. Et mon vrai nom est Dandelion. Comme les pissenlits. Adapté à un éternel cueilleur de fleur, avait grincé mon père. Mais vous pouvez continuer à m'appeler Jaskier. C'est un peu du pareil au même de toute façon. »

Un long silence s'étira autour de la tablée. C'est Geralt qui rompit l'instant, prenant la parole pour la première fois ce soir-là.

« Mais ce matin, ce que tu as fait… »

Il ne savait pas comment formuler la suite. Mais Jaskier avait compris, bien sûr.

« C'était la première fois. Je ne savais même pas que j'en étais capable. Comme je l'ai dit : des fourmis que l'on écrase par accident. Honnêtement, je préférais quand mon chaos était lié par le charme. C'était moins effrayant. Mais je suppose que je n'ai plus vraiment le choix, désormais.

– Et les fleurs ? » demanda Ciri.

Tous se tournèrent pour observer un instant le tapis de fleurs délicates et brillantes jonchant le sol à quelques mètres de la porte. Uniquement des fleurs jaunes, renoncules, pissenlits. Des mauvaises herbes.

« Oh », dit Jaskier.

Il se retourna vers son bol, vide.

« Oh », répéta-t-il.

Il toussota, maladroit.

« Hé bien, je suppose qu'on ne peut pas vraiment détruire une vie et une âme directement avec le chaos. J'ai juste dû… transformer.

– En fleurs ? demanda l'un des sorceleurs, sceptique.

– En fleurs », répéta Jaskier, apparemment pas très convaincu lui-même.

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Il s'était avéré évident au cours des jours qui suivirent que Jaskier était toujours Jaskier. Stupide, maladroit, tout en chansons et en flirt. Yennefer en avait été convaincue quand elle lui avait fait la remarque qu'il ne pourrait probablement plus jamais coucher avec quiconque, mais que ce ne serait pas un mal, car il avait déjà probablement rempli son cota pour l'éternité avec tous les lits dans lesquels il s'était trouvé. Le barde s'était étouffé d'indignation, puis avait répondu quelque chose comme « il semblerait bien que j'ai perdu tous mes charmes alors ! » en tripotant son dernier charme brisé qu'il gardait toujours contre sa poitrine. Jeu de mot stupide, aucun démon remplaçant Jaskier n'aurait pu improviser une telle réponse.

Cirilla, comprenant enfin pleinement d'où était venu ses craintes initiales au sujet du barde, avait finalement décidé de le considérer réellement comme de sa famille. Écoutant ses chansons, l'aidant parfois à écrire, apprenant à jouer du luth au plus grand damne des sorceleurs et demandant des histoires en permanences.

Il était aussi devenu assez clair que Lambert, Eskel et Vesimir ne supportaient plus le chant du barde. Peu importe comment ils entendaient sa voix, ils ne le mentionnaient pas, mais s'éloignaient discrètement. Lambert avait même plusieurs fois critiqué l'odeur traînant derrière le barde. Quand ce fut évident pour Geralt que les remarques blessaient Jaskier, il avait pris son frère en a parte pour lui en parler. Depuis, Lambert évitait tout bonnement le barde.

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À la fin de l'hiver, ils avaient convenu que Cirilla resterait avec Yennefer pour s'entraîner sur sa magie puisqu'elle s'était concentrée sur son entraînement physique pendant son temps à Kaer Morhen. Jaskier repartait donc sur le Chemin avec Geralt.

Celui-ci avait mis un temps affreusement long à se rendre compte que les choses étaient clairement différentes désormais. Au-delà du masque que Jaskier ne quittait jamais, pas même en l'unique présence du sorceleur, le barde était également beaucoup plus silencieux. Dès qu'ils croisaient quelqu'un, dès qu'ils mettaient les pieds en ville, Jaskier prononçait le strict minimum.

Il ne chantait plus dans les tavernes, sortait à peine son luth en dehors des forêts et des champs vides qu'ils traversaient.

Geralt avait essayé d'en parler avec lui, parce qu'il était manifestement triste de cela.

Le barde avait balayé la conversation d'une main.

« Peu importe, on ne peut plus rien y faire. Et au moins je ne suis plus vraiment seul maintenant. »

Geralt n'avait pas su quoi dire d'autre. N'avait pas trouvé les mots pour réconforter son ami. Alors il l'avait pris par surprise, l'attirant simplement dans une étreinte en évitant le contact direct. Une main contre sa taille, entourant son pourpoint bleu, une autre sur son chapeau à plumes. Il avait senti l'odeur piquante et salée des larmes quand Jaskier l'avait serré en retour, mais il n'avait pas commenté.

Jaskier avait toujours été un homme avide de contacts et d'affections. Et il ne pouvait manifestement plus en trouver nulle part ailleurs. Alors Geralt s'était quelque peu forcé, mettant plus de mains dans le dos, s'asseyant assez proches pour être épaule contre épaule, parfois même genou contre genou. Il avait même saisi sa main gantée à quelques rares occasions.

Il ne refusait plus non plus à Jaskier de l'accompagner pendant les chasses. Celui-ci savait même parfois se rendre utile. Bien sûr, le plus souvent, il laissait Geralt faire. Mais quand il montrait trop de difficulté, il arrivait parfois que le sol s'ouvre béant pendant quelques instants et que des pissenlits ou des renoncules poussent dans le sillage du barde.

Au cours de leurs aventures, ils avaient voyagé à nouveau avec Cirilla et Yennefer. Geralt avait été blessé en se rendant compte que Jaskier n'hésitait pas à leur montrer son visage à toutes les deux.

Yennefer avait l'élégance de savoir faire comme si le musicien ressemblait toujours au jeune garçon dans la vingtaine avec de grands yeux bleus bleuet.

Cirilla, elle, le voyait toujours ainsi. À peine moins beau. Elle était encore suffisamment une enfant, son âme assez jeune et belle.

Mais Jaskier avait refusé, malgré son insistance, de se montrer à Geralt.

Même les arguments « tu as toujours la même voix et la même odeur de savons à la lavande et aux amandes, d'huiles de camomille et de bois de santal quelque part derrière » n'avaient pas suffi.

La vérité était que c'était faux. Jaskier n'avait pas la même voix ou la même odeur. Et peut-être Jaskier l'avait-il entendu dans le léger tremblement de la voix du sorceleur et l'avait mal interprété.

Parce que, non, il n'avait pas la même voix. Elle était encore plus douce, plus harmonieuse, lui rappelant vaguement ces quelques souvenirs des sirènes qu'il avait pu rencontrer dans sa vie. Et son odeur était plus riche et en même temps plus tolérable, comme prenant le dessus sur la lavande, les amandes et la camomille. Plus comme l'herbe après la rosée, les fleurs les plus délicates au printemps et la terre après une bruine d'été.

Il n'osait pas l'avouer, parce qu'il ne savait pas ce que cela pourrait signifier.

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C'était le troisième hiver que Jaskier passait masqué à Kaer Morhen. Il n'avait alors pas vu Ciri depuis de nombreux mois. Il était allé donner des nouvelles seul du côté d'Oxenfurt et s'occuper d'affaires à Lettenhove, histoire de couper définitivement les ponts avec ces deux parties de sa vie. Ciri avait sauté dans ses bras et avait demandé une chanson « parce que cela fait si longtemps ! ».

Alors il lui accorda une chanson, puis la princesse eut droit à une journée de pause dans son entraînement pour passer du temps tranquillement. Ils s'étaient donc installés dans la bibliothèque avec Yennefer qui avait des recherches à y faire, pour écrire des chansons. Comme à son habitude, puisqu'il n'était qu'avec les deux femmes, il avait enlevé son masque, heureux de pouvoir être lui-même.

Il n'oublierait jamais le regard que lui avait lancé Cirilla. Elle avait eu l'air aussi effrayée que surprise et triste. Puis elle s'était enfuie de la bibliothèque. Il crut apercevoir de la pitié dans le regard de Yennefer alors qu'il remettait son masque.

Il ne l'enlèverait donc plus. Bien. Il pourrait vivre avec.

Il avait dû aller chercher Ciri pour le dîner, car même Geralt n'avait pas pu la faire sortir de sa chambre.

« Tu n'y peux rien, ma chérie. Ton âme vieillie parce que tu grandis. Ce n'est pas mauvais signe. C'est ainsi que sont censées être les choses. Et il est normal que tu te sentes mal à voir ce reflet-là, en particulier sur le visage d'un proche. »

Après cela, la porte s'était ouverte. Ils n'en avaient plus reparlé et elle n'avait plus vu son visage.

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Yennefer faisait des recherches depuis longtemps pour donner à Jaskier un nouveau charme. Mais les connaissances au sujet de la magie des autres sphères dataient trop et étaient trop minces. Alors elle avait fait plusieurs plans et tentatives. D'abord sans en parler à Jaskier, pour ne pas lui donner de faux espoirs. Mais ensuite il y avait eu Cirilla et il avait fini par se renfermer complètement sur lui-même. Alors elle lui avait parlé de ses essais et fait quelques tentatives plus osées.

Aucune n'avait fonctionné. Cela l'irritait au plus au point.

Elle faisait des tours dans son laboratoire, passant à nouveau en revue l'ensemble des manuscrits étalés sur la table, relisant l'intégralité de ses notes. La magie semblait glisser derrière celle qui faisait de lui un miroir de l'âme, comme si ce fait était une malédiction incontournable-

Elle écarquilla les yeux à la pensée. Et si ce n'était pas une magie à recouvrir… mais à briser ?

Peut-être était-elle sur une piste. Elle en parlerait à Jaskier. Il n'avait pas beaucoup de connaissances lui-même de la magie de sa sphère, mais il pourrait certainement aider. Il méritait de pouvoir être vu et entendu pour ce qu'il était. Il méritait de ne plus avoir à craindre d'enlever son masque devant Geralt. Et, les dieux l'aident, Yennefer méritait la paix concernant Geralt qui ne semblait étrangement pas pouvoir se taire à propos de ses inquiétudes sur le sujet. Ils étaient manifestement tous les deux pris dans des sentiments qu'ils n'assumaient pas et elle ne voulait pas jouer les intermédiaires.

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Cela avait été un repas comme les autres au début. Jaskier galérait franchement avec son masque pour manger, mais personne ne lui avait encore fait remarquer, car la plupart des sorceleurs avaient déjà jeté un œil là-dessous et décidé que ce serait un coupe-faim trop peu adéquat lors d'un repas. Il n'y avait pas de raisons pour que Geralt soit plus irrité aujourd'hui qu'un autre jour. Mais l'entraînement avait été frustrant, il était endolori de partout, son barde avait l'odeur de la tristesse enroulée autour de lui comme une seconde peau maintenant et ce foutu masque qui gâchait la vue-

« Pose-le et mange normalement, bon sang », grogna-t-il finalement entre ses dents.

Jaskier se tendit mais ne répondit pas, continuant à manger sans poser le masque.

« Il pourrait manger normalement ailleurs aussi » glissa Lambert, ne lisant visiblement pas le sérieux de la discussion – ou n'en ayant rien à faire.

Il se reçut plusieurs paires d'yeux furieux et ferma sa bouche, replongeant dans son assiette en grommelant.

Geralt saisit le bras de Jaskier, frustré de ne pas trouver les mots, mais celui-ci se dégagea, s'écartant largement sur le banc.

« Ne me touche pas, siffla-t-il.

– Arrête de t'embêter avec ça, tout le monde t'as déjà vu ici de toute façon. On pourrait aussi bien s'y habituer.

– Tu ne m'as pas vu.

– Justement ! Cela fait deux ans, Jaskier. Ne me fais-tu pas confiance ? Des monstres, j'en ai vus d'autres. Et ce n'est pas comme si c'était vraiment toi que je verrai-

– Non ce n'est pas moi, c'est tout le problème, Geralt ! C'est toi que tu verrais ici – il agita ses mains devant son visage caché pour illustrer – c'est toi que tu détesteras pour ce que tu y verras. C'est pour ça que je ne te laisserais pas me voir. Bon sang, Geralt, je t'aime trop pour t'infliger ça. Je n'ai pas passé des années à essayer de te rentrer dans la tête que tu n'étais pas un monstre juste pour te renvoyer un horrible reflet dans la figure à chaque fois que tu veux me parler en face. »

La tension était à couper au fil à beurre entre eux et personne n'osait faire un seul bruit autour de la table, attendant simplement que cela se termine, priant pour que cela n'éclate pas.

« Tu me manques, se brisa finalement Geralt tout autant que sa voix autour des mots. Tes expressions me manquent. »

Le ton était doux. Suppliant. Plus que ce que Jaskier ne pouvait supporter. Il ne pouvait pas céder. Ce n'était pas possible. Plus maintenant. Pas avec lui dans cet état.

Il saisit son assiette, sa cuillère et son gobelet de manière un peu trop vive, essayant d'éliminer les tremblements de ses membres. Ses mots claquèrent, faisant tressaillir le sorceleur.

« Je mangerai dans la bibliothèque désormais. N'y entrez pas. »

Et il tourna le dos aux autres pour s'enfuir lâchement et s'abriter au milieu des livres pour pleurer.

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Jaskier tripotait une pile de cailloux colorés dans le laboratoire d'alchimie du donjon, Yennefer effectuant ses recherches non loin de là et lui posant tout un tas de questions inutiles auxquelles il n'avait de toute façon pas la réponse.

« Peut-être que c'est une malédiction », lança finalement la sorcière.

Jaskier releva les yeux vers elle.

« Une malédiction ? Sur toute une espèce ? Qui affecterait la vision d'une autre espèce d'une autre sphère ?

– Je ne sais pas, barde. Je commence à manquer d'idées ! N'as-tu rien qui puisse aider ? Des contes pour enfants, des vieilles histoires, n'importe quoi ? »

Jaskier allait répondre que bien sûr que non, il n'avait rien pour aider, parce qu'il ne se souvenait de presque rien et certainement pas de choses utiles, mais se figea quand quelque chose lui revint en tête.

« Il y a peut-être quelque chose. C'est une histoire que ma grande sœur m'avait raconté une fois avant d'aller dormir. Mais je ne sais pas, elle avait peut-être tout inventé sur le moment-

– Raconte, barde. Toute piste est bonne à prendre, vu là où on en est.

– Elle m'a raconté une histoire sur un miroir de l'âme et un humain qui seraient tombés amoureux parce que les âmes avaient alors de beaux reflets. Il a voulu tout quitter pour rejoindre son humain dans sa sphère, mais ses camarades ne voulaient pas que cela se produise et ont donc jeté un sort de façon à ce qu'aucun humain ne puisse vouloir de l'un de nous en nous rendant hideux. Ainsi, ils ne perdraient jamais un seul de leurs camarades. Malheureusement pour eux, les deux amants s'aiment du véritable amour, donc le charme sur le miroir de l'âme fut rompu, et il put tout de même aller vivre avec l'humain dans votre sphère. Dans les grandes lignes. »

Yennefer s'affala sur son tabouret, soupirant comme un ballon que l'on venait de percer – pas qu'ils aient encore inventé les ballons à cette époque, mais vous saisissez l'image.

« Le véritable amour… Quelle merde, c'était donc peut-être si simple ? »

Elle marmonnait pour elle-même, mais Jaskier s'indigna.

« Si simple ?! En quoi c'est censé être simple ?! »

Yennefer se leva, époussetant ses robes et levant le menton.

« Ah non. Je ne jouerais pas les cupidons. Démerdez-vous. »

Et elle planta Jaskier là, s'en allant dans une envolée gracieuse.

Il resta comme deux ronds de flan, jetant un regard désabusé sur les cailloux colorés.

« Vous ? Elle pense à quelqu'un ? Et elle ne me le dit pas ? Quelle garce. »

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La nouvelle avait fait le tour du donjon. Parce que Jaskier l'avait raconté à Ciri, qui l'avait raconté à oncle Lambert, qui l'avait évoqué avec la délicatesse d'un furoncle pendant le repas qui suivit. Geralt avait été étrangement silencieux, sachant très bien pourquoi Yennefer le fixait avec insistance. Il savait qu'il fallait qu'il arrête de nier ça. Cela durait depuis de longues années. Probablement bien avant le djinn même.

Mais Jaskier était un imbécile et comme tous les imbéciles, il babilla et fit fausse route dans ses suppositions, car il ne pouvait pas croire en des sentiments allant de Geralt vers lui et de nature plus qu'amicaux. Il évoqua donc le nom de la comtesse de Staël.

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Et les voilà partis pour Staël dès les premiers rayons du soleil du printemps, Yennefer et Ciri roulant des yeux et Geralt laissant traîner ses yeux de chiots sur la silhouette élancée de son barde qui avait pris vaillamment la tête de la troupe, prêt à tout pour un remède, même blesser sa fierté en allant voir une femme qui n'était certainement pas son grand amour et l'avait déjà rejeté. Deux fois – peut-être plus en réalité, mais ce qui n'a jamais été conté à personne ne peut apparaître dans les lignes de l'Histoire, et qui blâmerait Jaskier pour sauver le peu d'honneur qui lui restait à ce stade ?

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La visite chez la comtesse de Staël n'a évidemment rien donné. Elle eut l'élégance de seulement grimacer en voyant le visage du barde et l'avait rejeté – pour la troisième fois officielle – en lui disant qu'elle était fiancée et passée à bien autre chose depuis longtemps.

Mais le barde était déterminé à ignorer le regard lourd de Yennefer dans son dos, et évoqua donc la fille du Comte de Caelf, Virginia.

Les revoilà partis pour un long voyage.

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Ce fut un échec. Virginia avait déjà trois beaux enfants et un mari qui chassa Jaskier presque à coups d'arbalètes sous les gloussements de la douce Virginia.

« Peut-être Anna Henriette ? La duchesse de Toussaint ? Son mari est mort désormais, je ne risque plus grand-chose à m'aventurer là-bas… »

Et Geralt ignora ostensiblement les regards insistant de Yen et Ciri quand il accepta encore de suivre son barde. Peu importe où ils iraient, tant qu'il pouvait trouver du travail, tout lui convenait. Et cela avait au moins le mérite d'occuper Jaskier. Il était moins triste en voyageant sur le Chemin.

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Anna avait vieillie, mais était toujours d'une beauté tourmentante. Elle refusa néanmoins l'offre de Jaskier. Elle voulut l'inviter à chanter pour une réception qu'elle allait donner, mais il déclina poliment.

« Hé bien. Vespula pourrait le faire, non ? Je veux dire, la dernière fois elle me menaçait avec une poêle à frire, mais heureusement il y avait ce doppler sur le chemin et-

– Ça suffit, coupa la sorcière, pinçant l'arrête de son nez. On ne va pas aller voir toutes tes conquêtes, si ?!

– Et pourquoi pas ? Demanda le barde en croisant les bras.

– Parce qu'il serait plus rapide de faire la liste des gens avec qui tu n'as pas eu d'aventure sur le continent ?

– Oh ! S'indigna le barde avec sa théâtralité habituelle. Tu surestimes mes capacités à ravir les hommes et les femmes, sorcière !

– Parce qu'il y a des hommes en plus ! »

Jaskier fit un sourire maladroit que personne ne vit mais qu'ils imaginèrent tous parfaitement.

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Ils avaient fait leur bonhomme de chemin pour retrouver Vespula. Apparemment, la poêle à frire était toujours d'actualité.

Ils campèrent dans les bois la nuit qui suivit. Jaskier donnait une pomme et des sucreries à Roach sous les réprimandes de Geralt, comme toujours. Ils avaient deux lapins sur le feu. Geralt s'était occupé de noyeurs dans la matinée – parce que Geralt doit toujours s'occuper de noyeurs dans une fanfiction à un moment donné, voyez-vous – et Yennefer avait vendu ses services pour briser une malédiction mineure dans le village. Après le repas, Jaskier avait sorti son luth de son étui comme il le faisait peu dernièrement et avait chanté ses dernières chansons qui n'avaient presque jamais eu de public. Geralt s'était assis, selon sa nouvelle habitude, avec son épaule contre celle de Jaskier, faisant semblant de s'occuper plus de ses épées que du chant du barde, mais personne n'était vraiment dupe.

Ils pourraient presque croire que les choses étaient comme avant.

Quand Jaskier reposa son luth, le soleil avait disparu de l'horizon depuis un moment, le feu n'était plus qu'un tas de braises et Ciri avait déjà baillé trois fois. Alors ils se décidèrent à dormir.

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« Non ! Geralt ! » fut le cri de Jaskier qui réveilla Yennefer.

Ciri était déjà assise dans son lit de camp, fixant les deux hommes d'un air neutre.

« Mais Jaskier-

– Non ! Par les seins de Melitele, Geralt, c'est hors de question !

– Alors quoi ? On va continuer à traquer chaque homme et chaque femme que tu as couché dans la paille derrière une auberge ?!

– Oh ho ! Serait-ce de la jalousie, sorceleur ?

– N'agite pas ton doigt vers moi comme ça, barde.

– Et ne me grogne pas dessus !

– Et peut-être que ça en est. »

Un ange passa entre eux le temps que Jaskier recolle les morceaux de leur conversation. Il ouvrit la bouche une première fois. La referma. Secoua la tête et la rouvrit pour la refermer directement. La troisième fois fut la bonne.

« Ne me fais pas ça, Geralt…

– Jaskier… »

Yennefer roula des yeux. Ils étaient dans la partie "Jaskier a un tremolo dans la voix et Geralt un regard de chien battu" de la dispute. C'était franchement dégoûtant. Ne pouvaient-ils pas juste ouvrir les yeux et voir ce qu'ils avaient juste en face d'eux ?

« Je me fiche de ce que les gens voient en toi, Jaskier. Je sais que tu n'es pas un monstre et peu importe mon apparence, elle ne changera pas l'avis des gens à mon sujet de toute façon.

– Ne… Ne fais pas ça, essaya de dire fermement le barde, mais cela sonna suppliant.

– Je ne reverrai peut-être pas tes yeux bleuets, mais je veux revoir ton sourire, peu importe sur quel visage il se dessine. »

Yennefer grimaça. Définitivement dégoûtant. Geralt se mettait à faire de la poésie. Absolument génial.

Sans laisser le temps au barde de répondre, Geralt prit une résolution, saisit le masque, le retira et le lâcha quelque part à leurs pieds, se penchant vers les lèvres de Jaskier sans prendre le temps de regarder.

Ciri émit un son de dégoût à côté de Yennefer qui acquiesça mentalement.

Jaskier émit un son entre la supplique pour s'arrêter et celle pour ne jamais le faire.

Ils s'embrassaient – enfin, oui.

Et puis quelque chose d'éblouissant se produisit, le chaos bourdonnant dans l'air.

Ciri et Yennefer analysèrent rapidement la scène, puis échangèrent un regard entendu et soulagé. Elles devaient en avoir fini avec ces deux idiots, maintenant.

Geralt se recula alors, les mains encrées sur les épaules d'un Jaskier étourdit aux yeux serrés. Il regarda le barde, surpris d'y trouver un visage encore plus gracieux que celui dont il se souvenait. Un quelque chose d'elfique, mais encore plus beau peut-être, songea-t-il.

Quand Jaskier arrêta de grimacer pour finalement ouvrir un œil face au silence qui s'étirait dans la clairière, il prit une grande inspiration de surprise, ses yeux s'ouvrant comiquement.

« Geralt… »

Le sorceleur sourit, passant un pouce sur la tempe du barde, à côté de l'un de ses yeux plus bleus bleuets qu'ils ne l'avaient jamais été.

Jaskier n'en croyait pas ses dits-yeux. Geralt avait toujours été plutôt chaud de son avis – car contrairement à ce que l'on pouvait penser de lui, il ne suivait pas des inconnus hors des tavernes puis pendant les quelques décennies qui en découlent sans vraies bonnes raisons – mais il y avait désormais quelque chose de lumineux dans son visage. Rien de bien changé, en fait. Seulement des détails imperceptibles. Comme des défauts qui avaient été gommés pour le rendre imperceptiblement plus séduisant.

Jaskier osa un regard vers Ciri et Yennefer, cherchant des réponses dans leurs visages. Il trouva des sourires affirmatifs. Et en regardant un peu plus autour de lui, il remarqua la nuée de fleurs qui avaient poussé à leurs pieds. Surtout des jaunes et réputées comme mauvaises herbes. Cela illuminait la clairière dans la lumière matinale et il ne put s'empêcher de rire – oui, c'était un rire, et non un gloussement, merci bien.

« Mon sorceleur » murmura-t-il presque trop bas, mais heureusement, Geralt avait une bonne ouïe.

« Mon cueilleur de fleurs » sourit Geralt en retour. Un sourire en coin, ne poussons pas mémé dans les orties, même s'ils sont en fleurs.

Yennefer roula des yeux quand ils s'embrassèrent à nouveau, se prenant cette fois dans une étreinte serrée.

Puis finalement, Jaskier se dégagea des bras de son sorceleurs et sauta pour jeter son luth sur son épaule.

« Je peux à nouveau séduire tous les jeunes hommes et toutes les jeunes femmes du continent ! » s'exclama-t-il en levant les bras vers le ciel.

Geralt grogna bas et menaçant, telle une bête jalouse.

« Jaskier… »

Et il y eut à nouveau des grognements et des rires malicieux, des doigts agités devant les visages et des sourcils froncés.

Yennefer échangea un regard désespéré avec Ciri.

Oh, non. Elles n'en avaient certainement pas finis avec ces deux idiots.


Et voala !

Cela fut beaucoup moins dramatique, sérieux et plein de sentiments que je ne l'avais prévu. Mon mauvais humour a encore pris le dessus. C'est lui qu'il faut taper, pas moi.

A vous de décider d'ailleurs si Jaskier est sérieux quand il dit qu'il va retourner séduire le monde entier xP Je n'arrive pas à me décider sur le sujet. Même s'il tombait amoureux et voyait ses sentiments rendus, serait-il heureux en homme fidèle dans une relation exclusive ?

N'hésitez pas mettre en favoris les meilleures chansons de Jaskier, à partager dans les commentaires votre meilleure prière à Melitele ou encore à suivre l'auteur des aventures de Geralt (envoyez-moi de l'amour si vous avez aimé quoi).

Plein de bisous mes choux, on se reverra peut-être, j'ai une autre idée qui traine dans les recoins de ma tête pour le sorceleur et son barde...