Surprise !
Non, vous ne rêvez pas, j'ai bien écrit une suite à cet OS. J'ai tellement aimé écrire sur eux que je n'ai pas résisté à la tentation. J'avais besoin d'une suite et, surtout, besoin de vous exposer le point de vue de Neville sur cette affaire.
J'espère que ce deuxième round vous plaira. J'en profite, du coup, pour vous remercier pour les reviews sur la première partie. Je ne m'attendais pas à autant de retour, donc ça me fait d'autant plus plaisir et ça m'encourage à sortir de ma zone de confort.
Bonne lecture !
Merci à JK Rowling pour l'univers.
Un grand merci à Lyra Verin et Cailean Charmeleon pour leur relecture, leurs conseils et leur soutien. Merci à vous de toujours me soutenir dans mes idées, vous êtes au top.
Un petit clin d'œil également à BlueBellvineTea et Kathy_Magda qui m'ont apporté leur aide à un moment de la rédaction.
La serre n°4, la suite
- Et n'oubliez pas ! rappela Neville, haussant le ton pour couvrir le brouhaha de ses élèves qui rangeaient leurs affaires. Je veux, pour jeudi prochain, trente centimètres de parchemin sur les propriétés et les différentes utilisations de la tentacula vénéneuse !
Quelques protestations se firent entendre, mais il n'y prêta pas attention. Ses sixième année, bien que râleurs, étaient très travailleurs et il savait pertinemment qu'ils honoreraient leur devoir.
Une fois Poufsouffle et Serdaigle en dehors de la serre, Neville se saisit de sa baguette et entreprit de nettoyer ce qui devait l'être avant l'arrivée des Gryffondor et Serpentard de première année.
Lorsque ce fut le cas, dans un calme tout à fait relatif, Neville les laissa s'installer, distrait par une ombre qu'il venait d'apercevoir près de l'entrée du château.
C'était stupide. Cela ne pouvait pas être elle, bien qu'il en mourrait d'envie. Elle n'avait rien à faire ici, elle n'était venue qu'une fois, pour le travail, c'était donc fort peu probable que cela se reproduise. Mais il ne pouvait s'empêcher d'espérer, d'imaginer qu'un de ces jours, elle allait franchir à nouveau la porte de la serre numéro quatre pour venir le trouver.
Mais, encore une fois, c'était stupide. Cela faisait un mois, maintenant, que cela s'était passé. Si elle avait voulu revenir vers lui, elle l'aurait déjà fait.
Une petite voix dans sa tête lui soufflait de temps en temps qu'il aurait pu faire le premier pas vers elle, mais il la faisait taire à chaque fois. Si elle ne voulait pas le voir, il n'allait pas forcer les choses au risque de se prendre une veste.
Non, Neville devait se rendre à l'évidence, ce n'était rien de plus qu'une très agréable partie de jambes en l'air. Il s'était enflammé pour rien et tous les signes, il les avait imaginés. Après tout, dans quel monde Pansy Parkinson pouvait-elle être attirée par un mec comme lui, au point de vouloir plus que du sexe ?
- … professeur ?
Neville revint peu à peu à lui en entendant la voix soucieuse de Léa Garrison, sa meilleure élève de Serpentard.
- Tout va bien, professeur ? répéta-t-elle, ses sourcils froncés par l'inquiétude.
- Oui oui, hum, pardonnez-moi, j'étais perdu dans mes pensées, s'excusa-t-il en chassant les images indécentes qui parasitaient son esprit. Bien, prenez votre exemplaire de Mille herbes et champignons magiques à la page 293 et lisez l'article sur le dictame. On en discutera ensemble juste après.
Les élèves s'attelèrent à leur lecture et le professeur essaya tant bien que mal de rester concentré.
- Professeur Londubat ?
L'intéressé s'arrêta au milieu du couloir lorsqu'on l'interpella, se faisant la réflexion que ces mots dans la bouche de quelqu'un d'autre n'avaient définitivement pas la même saveur.
- Oui, monsieur Thibbs ?
- La professeure McGonagall m'a donné ça pour vous, indiqua-t-il en lui tendant un morceau de parchemin dont Neville se saisit. Et j'aimerais vous poser une question sur les BUSE de botanique, vous avez cinq minutes ?
- Je vous écoute.
- J'ai commencé à réviser avec l'aide de Marisol, c'est la meilleure de notre promotion, vous savez, et on se demandait si les champifleurs pouvaient tomber à l'épreuve ? C'est au programme de troisième année, donc…
- Vous pensez vraiment que je vais vous dire sur quoi va porter votre sujet de botanique ?
- Non non, pas du tout ! On se demandait juste si on devait réviser uniquement les thèmes de cinquième année ou si on devait prendre en compte aussi ceux des autres années.
- Monsieur Thibbs, le seul conseil que j'ai à vous donner, c'est organisez-vous et ne faîtes pas d'impasses.
- Mais…
- Monsieur Thibbs, répéta-t-il en le coupant et en insistant pour témoigner de son agacement. Toute notion apprise au cours des cinq dernières années est susceptible de tomber. Donc oui, étudiez également les champifleurs. Maintenant, vous êtes un grand garçon et un très bon élève, alors faîtes-vous confiance et tout ira bien. Veuillez m'excuser, mais je dois aller voir votre directrice.
Neville abandonna son élève à l'air dépité avant de se rendre dans le bureau de Minerva. Celle-ci l'accueillit chaleureusement, comme à son habitude, debout près de la grande fenêtre qui donnait sur le lac.
- Ah ! Neville, vous voilà. Voulez-vous un peu de thé ? proposa-t-elle en désignant le service adéquat installé sur un guéridon.
- Avec plaisir, Minerva.
D'un coup de baguette, une tasse se remplit du liquide doré et elle vint se poser directement dans les mains de Neville.
Au sourire qu'elle lui renvoyait et à son regard quelque peu insistant, Neville avait la désagréable impression que Minerva avait une terrible nouvelle à lui annoncer. Après tout, rares étaient les fois où un professeur était directement convoqué dans ce bureau. La dernière fois que cela lui était arrivé, c'était pour discuter d'une sanction à propos d'un élève qui avait largement dépassé le règlement.
- Bien, mon cher Neville, je ne vais pas y aller par quatre chemins.
L'intéressé sentit son estomac se contracter et sa gorgée de thé passa un peu de travers.
- Peut-être le savez-vous déjà, mais Alicia Spinnet, notre chère professeure de vol, prend son congé maternité à partir de lundi prochain.
- Non, j'ignorais qu'elle prenait son congé tout de suite, dit Neville sans comprendre quel était son rôle là-dedans.
- Maintenant vous le savez. Et, en plus de cela, Alicia m'a fait part de son souhait de quitter son poste et donc de ne pas revenir à la rentrée. J'ai respecté son choix, bien entendu, mais je me retrouve très embêtée ! Non seulement, je n'ai plus de professeure de vol à partir de la semaine prochaine, mais ça, j'en fais mon affaire, mais je me retrouve également sans directrice pour la maison Gryffondor.
Neville fronça les sourcils sa bouche suspendue à un millimètre de sa tasse de thé.
- Vous songez à reprendre la direction de la maison ? demanda-t-il avant de prendre une gorgée de boisson.
Au regard légèrement blasé que Minerva lui envoya, Neville comprit qu'il avait tout faux et il s'en sentit mal à l'aise.
- Neville, enfin ! Vous pensez bien que j'ai déjà suffisamment à faire avec mes fonctions de directrice de l'école. Non, je souhaitais vous proposer de prendre la place d'Alicia et de devenir le directeur de la maison Gryffondor.
Cette fois-ci, Neville s'étouffa pour de bon avec son thé.
- Pardon ? s'étrangla-t-il.
- Ne faîtes pas l'étonné ! Je serais ravie que vous acceptiez cette proposition. Vous avez toute ma confiance et les élèves de Gryffondor vous adorent. Je suis certaine que vous ferez un excellent directeur pour notre maison.
L'emploi du possessif émut Neville plus qu'il ne l'aurait imaginé.
Tout comme cette proposition en tant que telle. Jamais il n'aurait imaginé que cette offre se présenterait à lui. Jamais il n'aurait imaginé obtenir une telle confiance de la part de la directrice de Poudlard.
- Vous avez le droit de prendre quelques jours pour y réfléchir, sourit Minerva. Mais sachez que je ne vois personne d'autre que vous pour occuper ce poste, Neville. Vous êtes intelligent, bienveillant, et vous êtes la parfaite représentation de notre maison et de ses valeurs.
- Je… hum, je ne sais pas quoi dire, Minerva, bafouilla-t-il. Merci pour votre confiance et je ne manquerai pas de réfléchir à la proposition, soyez-en sûre.
Neville termina sa tasse de thé d'une traite, trop vite, peut-être, et toussota un peu avant de prendre la direction de la sortie.
- Neville ? l'appela Minerva alors qu'il avait une main sur la poignée de la porte. Faites-vous confiance.
Les mots de la directrice restèrent un peu en suspens, flottant dans l'air et dans la tête de Neville, avant qu'il ne quitte le bureau sans la regarder.
Il descendit les escaliers en colimaçon, l'esprit encore dans le vague, obstrué par la demande et par les dernières paroles de Minerva.
Méritait-il une telle confiance ? Cette question, il se l'était posée à maintes reprises et ce depuis son plus jeune âge.
Méritait-il d'être là, lui, alors que ses pauvres parents n'étaient plus que l'ombre d'eux-mêmes ?
Méritait-il de recevoir cette lettre d'acceptation pour Poudlard alors qu'il n'avait eu qu'à peine quelques manifestations involontaires de magie ?
Méritait-il sa place dans la maison des rouge et or, alors qu'il n'en possédait pas les nombreuses qualités ?
Méritait-il d'être entouré de tous ces amis, alors qu'il se trouvait insignifiant ?
Méritait-il cette gloire qu'il avait reçue, alors qu'il avait simplement fait ce qui lui semblait normal et juste en tuant ce serpent ?
Méritait-il d'avoir été approché pour prendre la succession de Pomona Chourave au poste de professeur de botanique, alors qu'il était tout juste diplômé ?
Méritait-il de devenir le directeur de la maison qui l'avait vu grandir ?
Méritait-il de ressentir ce genre de choses pour une femme bien trop parfaite pour lui ?
Ces questions-là, Neville ne s'en était jamais vraiment débarrassé. Même si toutes ces choses positives lui étaient arrivées et qu'on ne cessait de lui dire que cela ne se serait jamais produit s'il n'en était pas digne, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était une sorte… d'usurpateur. D'imposteur, même.
Une fois de retour près de ses serres, Neville entra dans la quatrième et fut surpris de trouver un morceau de parchemin sur son bureau. Décidément, tout le monde avait décidé de le solliciter aujourd'hui.
Il déroula le morceau de parchemin sur lequel il reconnut l'écriture appliquée d'Hermione :
"Neville,
Nous organisons un dîner entre amis à la maison ce samedi soir. Drago et moi serions ravis de te compter parmi nous !
Chronos, le hibou de Drago, doit attendre dans un coin de la pièce. Tu peux lui donner le parchemin avec ta réponse.
À samedi ! (je l'espère)
Hermione."
Comme si le volatile avait tout compris, il hulula pour signifier sa présence et Neville le vit non loin de lui, en train de plonger son bec dans un bocal rempli de scarabées.
- Hey ! pesta-t-il. Laisse mes scarabées tranquilles !
L'oiseau le regarda de travers - le faisant terriblement ressembler à son maître - avant d'attendre patiemment que Neville accroche le parchemin à sa patte. Une fois fait, il hulula une dernière fois et prit son envol.
Neville ouvrit le cadenas du portail de Poudlard d'un sort et le referma derrière lui. Légèrement éméché après ce dîner chez Hermione et Drago, il avait dû s'y prendre à deux fois, mais il y était parvenu.
L'air frais, alors qu'il remontait l'allée menant au château, lui fit d'ailleurs le plus grand bien.
La soirée avait été fort agréable, bien qu'incomplète aux yeux de Neville. Hermione et Drago. Harry et Blaise. Ron et Padma. Luna et Théodore. Et lui. Non pas qu'il aurait absolument voulu être accompagné lui aussi, mais ce constat n'avait fait que lui rappeler qu'il était sans nouvelles de Pansy depuis trop longtemps.
Il avait secrètement espéré la voir ce soir, Drago étant l'un de ses meilleurs amis, mais non.
Qu'elle ne lui rende pas visite personnellement, d'accord, mais qu'elle ne soit pas là pour une soirée entre amis alors que, d'habitude, elle était la première à faire la fête, était assez étonnant. Avait-il fait ou dit quelque chose de mal au point qu'elle veuille le fuir ?
Neville monta les quelques marches menant aux portes d'entrée, mais son regard fut attiré vers la droite, du côté de ses serres. La quatrième était faiblement allumée, probablement à l'aide de bougies, et il fronça les sourcils. Intérieurement, il pesta contre certains élèves qui, en fin d'année scolaire, se sentaient un peu trop pousser des ailes.
Il secoua la tête et prit une grande inspiration pour retrouver complètement ses esprits, histoire d'être crédible lorsqu'il devrait faire preuve d'autorité et retirer des points à leur maison.
Cependant, lorsqu'il ouvrit la porte de la serre, celle-ci était vide. Elle était bien éclairée grâce à des bougies flottant un peu partout, mais pas l'ombre d'un élève pris sur le fait. L'espace d'un instant, Neville se demanda si ce n'était pas lui qui avait oublié de les éteindre, mais il n'avait aucun souvenir de les avoir allumées.
Un bruit de ferraille dans son dos attira son attention et lorsqu'il se retourna, le cœur de Neville eut un loupé.
Elle était là, adossée à la porte et un pied appuyé contre celle-ci, dégageant une certaine désinvolture. Son bras gauche enserrait sa taille, juste sous sa poitrine, et, dans sa main droite, se trouvait une cigarette qu'elle portait à ses lèvres. Lorsqu'elle souffla la fumée, Neville déglutit.
Elle était vraiment là.
- Tu as perdu ta langue, Londubat ? se moqua Pansy.
Elle était magnifique, ainsi mise en valeur par la seule lumière des bougies autour d'elle. Elle portait un simple caraco en satin vert impérial, bordé de fine dentelle au niveau de la poitrine, rentré dans une jupe en cuir noire. Cette dernière, relativement courte, dévoilait ses longues jambes fines, dénuées de collants. Neville se voyait déjà parcourir cette peau nue de ses mains et, surtout, de sa bouche.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-il, regrettant aussitôt que ce soient ces mots-là qui soient sortis de sa bouche.
- Cache ta joie, ricana-t-elle avant de tirer une longue fois sur sa cigarette.
- Pardon, mais… Je ne m'attendais pas à te voir ici ce soir, c'est tout. Mais j'en suis ravi, ne te méprends pas.
Pansy écrasa sa cigarette sous le talon de sa botte avant de faire disparaître le mégot d'un Evanesco.
- Je t'ai dit qu'il te restait un paquet de choses à découvrir, en voici une : toujours être là où on ne nous attend pas et créer la surprise.
- Ça, pour créer la surprise…, marmonna-t-il. Honnêtement, je ne t'attendais plus.
Mensonge, cria une petite voix au fond de lui. Il ne savait pas d'où lui venait cette audace. Peut-être était-ce les restes de ce qu'il avait bu chez Hermione qui lui donnaient du courage…
- C'est-à-dire ? s'étonna Pansy qui s'avançait vers lui, un sourcil relevé.
- J'ai peut-être un peu trop pris au sérieux ce qu'il s'est passé entre nous il y a un mois, avoua-t-il avec une assurance qu'il ne ressentait pourtant pas. J'ai cru aux promesses sous-entendues dans tes baisers, dans tes gestes, et je t'ai attendue, mais tu n'es pas revenue. Du moins, pas avant ce soir.
Neville encaissa assez mal le sourire qui commençait à étirer les lèvres de la femme face à lui. Il avait l'impression qu'elle se moquait ouvertement de lui. Qu'elle ne le prenait pas au sérieux. Forcément, elle allait lui rire au nez, lui dire qu'il avait été complètement idiot de croire qu'il pouvait y avoir autre chose. Qu'elle était fière d'avoir réussi à le berner avec trois sourires et deux clins d'œil.
- Londubat, Londubat, Londubat, chantonna Pansy dans un soupir. Sais-tu ce que je fais dans la vie ?
- Je ne vois pas le rapp…
- Sais-tu ce que je fais dans la vie ? répéta-t-elle tandis qu'elle se penchait sur un rosier Double Delight pour humer le parfum des fleurs.
- Tu es Langue-de-plomb.
- Et connais-tu les missions d'une Langue-de-plomb ?
- Hum, non. Personne ne le sait vraiment, à part vous, d'ailleurs.
- Bien. Raison pour laquelle je ne peux rien dire quand je dois partir en mission ou quand on me confie un dossier qui nécessite que je me plonge dessus durant des jours sans avoir le droit de sortir de mon bureau, même pour faire pipi.
Neville eut clairement l'impression que son puzzle mental venait de trouver la pièce manquante qu'il se cassait la tête à chercher depuis un mois.
Dans la pénombre de la serre, il regardait Pansy, assise sur une paillasse, qui attendait patiemment que toutes les connexions se fassent.
- Oh, fut-il seulement capable de dire.
- Oh, comme tu dis. On m'a attribué une mission importante au Bangladesh et j'ai dû partir pour un mois sans pouvoir informer qui que ce soit.
Neville se sentit aussitôt très bête.
- J'ai cru que… Enfin j'espère que ta mission s'est bien passée ? demanda-t-il en se grattant nerveusement la nuque.
- J'ai réussi ce que j'avais à y faire, oui.
- Tant mieux…
- Et du coup, tu as douté de moi ?
Avec une grâce presque féline, Pansy sauta de la paillasse avant d'avancer vers lui d'une démarche assurée.
- De moi, surtout, avoua-t-il du bout des lèvres, presque intimidé par le regard qu'elle dardait sur lui.
- De toi ?
- Oui, je… C'est stupide, Pansy.
- Tes bafouillements d'adolescent ? Oui. Ce que tu ressens, non, jamais.
Il y avait une telle détermination dans le noir de ses yeux que même dans l'obscurité, Neville parvenait à la distinguer. C'était tout simplement fou l'effet et le pouvoir que cette femme avait sur lui.
- Je pensais effectivement que tu ne voulais plus me voir. Mais je m'en sentais seul responsable, je croyais que j'avais dit ou fait quelque chose que tu n'avais pas aimé.
- J'ai aimé tout ce que tu m'as fait, Londubat, crois-moi, lui assura-t-elle avec une luxure dans la voix qui le fit rougir.
- Mais maintenant, je comprends mieux les raisons de ton silence.
- Je n'avais pas le choix. Tu penses bien que si j'avais pu revenir ici plus tôt, je l'aurais fait.
Même s'il doutait encore un peu, Neville devait bien reconnaître que si elle était là ce soir, c'était qu'elle en avait envie. Comment était-elle entrée dans l'enceinte du château, d'ailleurs ?
Pansy, qui s'était encore approchée de lui au point que quelques minuscules centimètres à peine ne les séparent, accrocha ses mains au pans de sa veste ouverte.
- Je n'ai pas cessé de penser à vous, professeur Londubat, murmura-t-elle.
Une longue décharge électrique remonta le long de sa colonne vertébrale, exactement comme la première fois qu'elle l'avait appelé ainsi. Ça résonnait toujours en lui avec la même intensité.
- Ah oui ?
- Oh oui, confirma-t-elle d'une voix sensuelle. Quand j'étais seule, je pensais à toi. Au fait que j'aurais aimé que tu sois avec moi. À ce que j'aurais aimé te faire et ce que j'aurais aimé que tu me fasses.
La chaleur gagna les joues de Neville et l'excitation se fit ressentir jusque dans son pantalon. Encore plus lorsque Pansy laissa glisser sa main le long de sa chemise.
- Tu sais que ça m'est arrivé de me toucher en pensant à toi ? lui dit-elle alors que sa main s'était arrêtée à la boucle de sa ceinture.
Neville retint un gémissement entre ses lèvres. Elle allait le rendre fou avec de simples mots.
- Oui, professeur Londubat, je me suis caressée en pensant à vous. Et pas qu'une fois, précisa-t-elle en se hissant sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
Pansy étant bien plus petite que lui, Neville l'attrapa sous les cuisses pour la porter et, ainsi, être à une hauteur plus confortable. Elle enroula ses jambes autour de sa taille et il resserra sa prise sans pour autant lâcher ses lèvres.
Sans cesser de l'embrasser, Neville se tourna pour la déposer sur son bureau, juste derrière lui. C'était un baiser intense, presque féroce. Il ravageait sa bouche autant que son rouge à lèvres qui ne serait bientôt plus qu'un lointain souvenir.
Pansy passa ses mains sur ses épaules et fit glisser sa veste qui tomba au sol, juste avant de défaire un à un les boutons de sa chemise, qui rejoignit rapidement sa veste par terre. Lorsqu'elle posa ses petites mains fraîches sur ses pectoraux, Neville frissonna, ceci contrastant nettement avec l'intense feudeymon qui brûlait en lui.
Comme il était totalement injuste qu'il soit seul à être torse nu, Neville sortit délicatement le morceau de tissu coincé dans la jupe de Pansy avant de lui ôter complètement son débardeur. Pour son plus grand bonheur, elle ne portait pas de soutien-gorge cette fois, alors il put tout de suite prendre l'un de ses seins dans sa main, pendant que ses lèvres venaient parsemer son cou de baisers.
Sous ses gestes, Pansy laissa aller sa tête en arrière et se cambra lorsqu'il se concentra sur son téton qu'il caressait, pinçait entre son pouce et son index.
Neville délaissa son sein, mais pas sa nuque, pour descendre la fermeture éclair sur le côté de sa jupe. Pansy n'eut qu'à soulever les fesses pour qu'elle rejoigne le caraco, la chemise et la veste au sol. Le string ivoire très échancré qu'elle portait mettait délicieusement en valeur ses hanches et Neville devinait déjà aisément à quel point elle était trempée sous ce tissu.
Alors qu'il se penchait avec l'idée de venir goûter à son intimité, Pansy l'en empêcha en le repoussant gentiment. Neville ne put que l'interroger du regard, sourcils froncés et un peu frustré de ne pas pouvoir accéder à ce qu'il voulait.
- Je vais d'abord te montrer comment je me touchais en pensant à toi, d'accord ? proposa-t-elle alors que ses doigts caressaient déjà sa vulve à travers son sous-vêtement. Et si tu veux, tu pourras toi aussi caresser ta queue en même temps.
Comme s'il était conscient de ce qu'elle venait de dire, son sexe tressauta dans son caleçon.
Elle recula un peu, de façon à pouvoir plier les jambes et, après avoir retiré ses chaussures, poser ses pieds à plat sur son bureau. Neville, appuyé sur la paillasse derrière lui, avait ainsi une vue exceptionnelle sur Pansy, quasiment nue, lui offrant un spectacle à couper le souffle.
Elle commença par se caresser à travers son string, le bout de ses doigts passant parfois furtivement sous le tissu, faisant haleter Neville. Avec une lenteur exagérée, bien que délicieuse, elle ôta son sous-vêtement avant de le lui lancer. Il le rattrapa habilement d'une main, l'autre étant occupée à défaire les boutons de son jean.
C'était fou la rapidité avec laquelle Pansy avait tout renversé sur son passage. Elle pouvait être une vraie tornade, Neville le savait très bien, mais en faire l'expérience était assez déroutant.
Avec elle, tout était simple. Ce qui lui paraissait insurmontable, impensable ou même complètement dingue, avait finalement du sens et semblait naturel et normal. Jamais, ô grand jamais, il n'aurait fait ce genre de chose avec quelqu'un d'autre qu'elle et il ne regrettait absolument pas d'appréhender sa sexualité autrement, même sur le tard.
- Tu aimes me regarder ? demanda-t-elle d'une voix enjôleuse.
- Oui, reconnut-il simplement. Tu m'excites énormément…
- Bien. C'est tout ce que je veux.
Ses doigts fins passèrent entre ses lèvres avant de descendre à l'entrée de son vagin, qu'elle pénétra de son majeur. Immédiatement, un gémissement de plaisir lui échappa et Neville s'empressa de baisser son pantalon et son boxer afin de prendre son sexe en main. Celui-ci, déjà dur, attendait impatiemment qu'on lui porte de l'attention, ce qu'il fit en faisant lentement coulisser sa main dessus.
Pendant qu'il se masturbait, Neville ne pouvait détacher ses yeux de Pansy, qui jouait de ses doigts en elle. Résistant difficilement à l'envie de prendre sa place, il redoubla de ferveur sur ses va-et-vient autour de sa verge, mais il lâcha sa prise en sentant que le plaisir prenait trop de place.
Il enjamba ses vêtements au sol, enleva ses chaussures ainsi que ses chaussettes et s'approcha de Pansy qui se rassit correctement au bord de son bureau. Son souffle était erratique, sa poitrine se soulevait rapidement et ses joues rouges témoignaient de son plaisir volontairement avorté.
- Professeur Londubat ? murmura-t-elle, la respiration courte. Puis-je vous démontrer à quel point je suis une bonne élève et que j'excelle dans tout ce que j'entreprends ?
Neville manqua de s'étrangler sous la surprise et l'excitation mêlées. Il ne savait pas à quoi s'attendre, comme toujours avec Pansy, mais c'était doublement stimulant. Alors, enhardi par ses avances, il décida de se prendre au jeu.
- Bien sûr. Prouvez-moi l'étendue de vos talents, miss Parkinson.
Il se surprit lui-même de l'assurance avec laquelle il avait prononcé ces mots. Pansy le fut également, d'ailleurs, s'il en croyait son sourcil légèrement relevé et le sourire mutin qui se dessinait sur ses lèvres.
Elle descendit élégamment du bureau afin de se mettre à genoux devant lui, son visage juste à hauteur de son membre fièrement dressé. Pansy se défia toute seule, les mains jointes dans le dos, de n'user que de sa bouche pour cette fellation. Elle commença par le lécher sur toute sa longueur, de haut en bas puis de bas en haut, avant de jouer sur son gland du bout de sa langue. Cette partie de son anatomie étant particulièrement sensible, Neville soupirait déjà de plaisir.
Il le savait déjà, mais Pansy était particulièrement douée pour ce genre de traitement. Sa langue, ses lèvres, c'était comme si elle connaissait déjà par cœur ce qui lui plaisait le plus. Lorsqu'elle enfourna entièrement son sexe, Neville accrocha fermement sa main à ses cheveux, se concentrant pour ne pas jouir tout de suite dans sa bouche.
Après une dernière caresse sur son gland, récoltant du bout de la langue une goutte de sperme qui y perlait, Pansy releva les yeux vers lui. Son regard brillait de désir, ses lèvres étaient luisantes de salive et Neville ne put résister à l'envie de se pencher pour l'embrasser, se goûtant sur elle au passage.
- Vous avez été parfaite, miss Parkinson, la félicita-t-il, sa bouche frôlant la sienne.
- Merci, professeur Londubat, sourit-elle avant de lui mordiller la lèvre inférieure. Vous allez me prendre sur votre bureau maintenant ?
- Je vais effectivement mettre un point d'honneur à vous remercier comme il se doit pour cette fellation.
Pansy passa une langue gourmande sur ses lèvres avant de se lever pour reprendre place sur son bureau. Neville en profita pour ramasser sa baguette dans la poche intérieure de sa veste afin de lancer les sorts de protection nécessaires.
Lorsqu'il porta à nouveau son attention sur son amante, celle-ci était installée, les cuisses écartées, tout simplement offerte et impatiente. Sa main droite caressait son sein tandis que la gauche passait paresseusement entre les plis humides de sa vulve.
Avant toute chose, Neville fondit sur son sexe pour la lécher avidement. Peut-être aurait-elle voulu qu'il prenne son temps pour cet acte, mais il était tellement excité qu'il avait simplement envie de la goûter et de lui donner du plaisir. Elle ne sembla pas s'en plaindre puisqu'elle enfonça sa main dans ses cheveux pour appuyer sur sa tête, le guidant exactement là où elle avait envie qu'il la lèche.
Neville mit alors du cœur à l'ouvrage, s'appliquant à lui donner ce qu'elle voulait et Pansy gémissait si fort sous son traitement qu'il aurait pu jouir simplement en l'écoutant.
Lorsqu'il la sentit au bord de l'explosion, il se redressa, ignorant son petit cri de frustration, et la pénétra d'un coup, lui arrachant un autre cri, de plaisir cette fois.
- Par Salazar, Neville ! jura-t-elle, renversant sa tête en arrière.
Un long frisson l'électrisa de la tête aux pieds et il se stoppa net, son sexe profondément enfoncé en elle.
C'était la première fois qu'elle l'appelait autrement que par son nom de famille.
C'était la première fois qu'elle osait franchir une barrière que Neville trouvait bien plus intime que toutes les parties de jambes en l'air.
Pansy releva la tête, les yeux fous et les cheveux désordonnés comme elle ne les avait jamais eus.
Au regard qu'elle lui lança, Neville sut qu'elle avait compris la raison de son brusque arrêt. Alors elle lui sourit, simplement. Du genre de sourire qu'il ne l'avait presque jamais vue arborer. Et il s'en sentit fier. Si fier qu'il se pencha sur elle, sa main logée contre sa joue, pour l'embrasser avec toute la passion qu'il ressentait.
Instinctivement, il commença ses mouvements en elle. Une main toujours sur sa joue, l'autre serrée sur sa hanche, ses doigts s'enfonçant de plus en plus dans sa peau au fil de ses mouvements de bassin.
Leurs gémissements de plaisir se mêlaient, se répercutant contre les parois de verre, tout comme le claquement de leurs peaux l'une contre l'autre.
Sentant que l'orgasme ne tarderait pas à venir, Neville prit la petite main de Pansy dans la sienne et la glissa jusqu'à son intimité.
- Je vais venir, l'informa-t-il entre deux soupirs. Jouis avec moi.
Ses doigts trouvèrent son clitoris et il ne leur fallut que quelques secondes de plus pour jouir de concert. Neville se déversa en elle et Pansy se contracta autour de sa verge, ce qui le fit gémir d'autant plus.
Il prit un moment pour se remettre de ses émotions et elle aussi, visiblement, allongée sur son bureau, une main sur son ventre et l'autre sur son front. Délicatement, Neville se retira d'elle et elle se redressa pour venir se lover contre lui.
Pansy était minuscule dans ses bras. Elle aurait pu paraître si fragile en cet instant, si Neville ne savait pas à quel point elle était forte. Il la serra contre lui, son menton reposant doucement sur le sommet de sa tête, se contentant d'apprécier ce calme post-coïtal.
- Comment as-tu pu croire que je pouvais me passer de ça ? demanda-t-elle en se décalant pour sauter du bureau et ramasser ses affaires.
Neville eut un petit rire nerveux en faisant de même.
- Ça fait partie des nombreuses choses à propos desquelles je ne me sens pas légitime.
Pansy, qui était en train de leur lancer un sort de rafraîchissement avant qu'ils se rhabillent, le regarda avec étonnement.
- Ne sois pas si surprise, dit-il.
- Je le suis à moitié, reconnut Pansy.
Dans le silence, Neville boutonna sa chemise ainsi que son pantalon et s'appuya sur son bureau après avoir remis ses chaussures. Les mains serrées autour du rebord du meuble, il soupira légèrement.
- Minerva m'a proposé de prendre la direction de la maison Gryffondor, lui expliqua-t-il. Mais… Je ne sais pas encore si je vais accepter.
- Je peux savoir pourquoi ? demanda Pansy qui remettait de l'ordre dans ses cheveux en se regardant dans un miroir de poche.
- Encore une fois, je ne m'en sens pas légitime. Pourquoi moi alors qu'il y a d'autres prétendants au poste plus âgés et expérimentés ?
Pansy le regarda par-dessus son miroir, un sourcil relevé, l'air de dire "tu es sérieux, là ?".
- Si McGonagall t'a fait cette proposition, c'est qu'elle sait que tu es fait pour ça. Et honnêtement, tu es fait pour ça. Elle n'est pas née de la dernière pluie, tu penses bien qu'elle y a réfléchi avant.
- Peut-être, mais…
- Mais rien du tout. La décision finale te revient, mais tu n'as aucune raison de douter.
- Pansy, soupira-t-il, c'est…
- Arrête avec ton putain de syndrome de l'imposteur, Londubat ! tempêta Pansy en lui coupant la parole et le faisant sursauter. Arrête de te diminuer, de te sous-estimer, de te comparer, de penser que tu vaux moins qu'un autre.
Elle s'approcha de lui à la manière d'une lionne sur sa proie. Quand elle appuya son index accusateur sur son sternum, Neville baissa les yeux sur son doigt durant une seconde avant de la regarder dans les yeux. Une telle détermination brûlait dans ses iris.
- Tu penses ne pas mériter les choses qui t'arrivent, mais tu mérites bien plus que ce que tu as. Tu mérites ce poste et tu es fait pour ça. Et sans vouloir nous lancer des fleurs, tu me mérites. Parce que tu es tout aussi exceptionnel que je le suis.
Elle plaqua ses mains sur ses joues et se hissa sur la pointe des pieds avant de l'embrasser.
Neville, dont le cœur battait aléatoirement et bien trop vite, la saisit par les hanches pour la coller à lui.
Lorsque Pansy l'embrassait, tous ses questionnements s'évaporaient instantanément. Comme lorsqu'ils étaient plus intimes, tout devenait soudainement plus simple. Presque limpide. Comme si elle lui transmettait un peu de sa force de caractère.
Elle lâcha ses lèvres et, après avoir reposé ses talons au sol, elle le pointa à nouveau de son index.
- Ne compte pas sur moi pour t'embrasser à chaque fois que tu doutes, Londubat, je ne suis pas à ton service.
Neville eut un petit rire.
- Est-ce que je peux compter sur toi pour m'embrasser à d'autres moments alors ? demanda-t-il, puisant du courage au fond de lui. Je veux dire, en dehors de la serre, par exemple ?
En effet, sa salle de classe avait été la seule à abriter leurs baisers jusqu'à maintenant et, par cette demande un peu floue, il le reconnaissait, Neville souhaitait savoir si quelque chose était envisageable entre eux.
Une part de lui doutait encore, mais les mots de Pansy laissaient sous-entendre qu'elle voulait plus, elle aussi. Restait à savoir si elle voulait que cela reste entre eux, dans l'intimité de cette serre.
Mais le sourire qu'elle lui renvoyait ne trompait pas.
- Je ne demande que ça. Mais en attendant, est-ce qu'on pourrait aller s'embrasser dans tes appartements ? J'ai voulu faire la belle sans veste et sans collants, mais je t'avoue que je me gèle un peu.
À nouveau, Neville rit.
- Bien sûr. Viens.
Il lui tendit la main et lorsqu'elle glissa la sienne à l'intérieur, ils sortirent de la serre après avoir évidemment pris soin d'éteindre les bougies.
Neville n'était encore pas très sûr de lui et encore moins de l'avenir, mais il y avait une chose dont il pouvait être certain, c'était qu'il n'existait pas un monde dans lequel Pansy Parkinson ne le rendait pas fou.
Et voilà !
Cette fois, c'est bel et bien terminé. Je sais qu'il ne faut jamais dire jamais mais, pour le coup, je m'arrête là héhé.
J'espère que cette deuxième partie vous a plu. Je vous dis à mercredi pour celleux qui lisent Cohabitation et sinon, à bientôt !
Du love pour vous.
