Hello tout le monde !
Vous pensiez que nous avions arrêté de nous lancer des défis avec The White Quill ? Et bien non, c'est juste que j'ai mis quatre mois à écrire le mien... Mais comme tout finit toujours par arriver, le voici enfin !
Cette fois-ci, The White Quill ne m'a pas gâté en me demandant d'écrire une histoire intégralement composée de dialogues. Pas une seule description, ni même un "dit-il". Vous comprenez mieux pourquoi j'ai mis autant de temps à l'écrire ?
Bref, sortez les longues robes noires à cols blancs et les perruques bouclées, aujourd'hui, on file au tribunal !
Merci à MrsYoflam pour son aide précieuse durant tout le processus d'écriture de cet OS.
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Drago m'a tuée(r)
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- Monsieur le Président, je demande un ajournement de séance pour m'entretenir en privé avec mon client.
- Bien, Maître Zabini, je vous accorde trente minutes. Cette cour a bien besoin d'une pause. La séance est ajournée, nous reprendrons à 16h22.
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- Bon, je te cache pas que nous sommes en très mauvaise posture, mon vieux. Est-ce que tu es bien certain de m'avoir tout dit ?
- …
- Drago… Je sais que cette situation est plus que délicate, tu te retrouves dans une affreuse posture…
- Affreuse posture ? Comment oses-tu définir mon accusation pour le me- le meutre d'Hermione Granger comme une affreuse posture ?
- Je suis désolé, c'est un… un abus de langage. Drago, il faut que tu me promettes que je connais absolument tous les détails de cette affaire. C'est essentiel si je veux pouvoir plaider ta cause et te sortir de cette merde !
- Qu'est-ce que tu veux savoir de plus ?
- Toute cette histoire n'a aucun sens. D'accord, Granger et toi vous vous détestiez mais pas au point de la tuer…
- Es-tu sincèrement en train de me demander si je suis coupable de son meurtre, Zabini ?
- J'ai besoin de le savoir, Drago.
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- Nous accueillons désormais Mrs Pénélope Deauclaire à la barre. Mrs Deauclaire, pouvez-vous nous dire ce que vous avez entendu le 10 janvier 2004 aux environs de dix heures ?
- Bien sûr Monsieur le Président. J'allais apporter son thé et son scone habituel à Monsieur Malefoy dans son bureau quand une violente dispute a éclaté entre Monsieur Malefoy et Mrs. Granger.
- Nous rappelons aux membres du jury que Monsieur Malefoy et Mrs. Granger collaboraient depuis plusieurs mois autour d'un projet de loi visant à abolir les privilèges des sorciers dits de sang-pur.
- Effectivement Monsieur le Président, et je peux vous assurer que cette collaboration, comme vous dîtes, se passait dans des échanges de cris et d'injures permanentes.
- Mrs Deauclaire, pouvez-vous nous dire quel était l'objet spécifique de cette dispute, ce 10 janvier ?
- Je ne pourrais vous l'assurer, Monsieur le Président. J'ai seulement entendu Monsieur Malefoy dire "Tu ne pourras plus respirer, des larmes couleront de tes yeux et moi je serai en extase."
- Oh !
- Par Merlin c'est abominable !
- Silence dans l'assistance, je vous prie. Monsieur Malefoy, qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
- Monsieur le Président, je pense que cette phrase est totalement sortie de son contexte.
- Vous pensez, Maître Zabini ?
- Mon client rencontrait certes des difficultés dans sa collaboration avec Mrs Granger mais il n'aurait jamais été jusqu'à proférer une telle menace. Ce n'est rien d'autre qu'une phrase éparse, entendue dans une conversation qui avait une toute autre teneur et, je le répète, sortie de son contexte.
- Maître Zabini, pouvez-vous nous indiquer dans quel contexte il est autorisé de dire à une femme "Tu ne pourras plus respirer, des larmes couleront de tes yeux et moi je serai en extase" ? Monsieur Malefoy, vous souvenez-vous avoir prononcé une telle phrase ?
- …
- Mon client ne souhaite pas s'exprimer à ce sujet, Monsieur le Président.
- Bien. Mrs Deauclaire, avez-vous été témoin d'autres menaces ou attitudes impliquant Drago Malefoy comme responsable de ce meurtre ?
- Et bien… Pour tout vous dire, Monsieur le Président, il y a bien eu quelques attitudes suspectes. Cela s'est produit il y a quelques semaines. J'ai entendu des coups contre la porte et des objets se briser au sol.
- Êtes-vous entrée pour constater les dégâts ?
- Non Monsieur. J'avais l'interdiction formelle de pénétrer dans le bureau de Monsieur Malefoy.
- Cette interdiction était-elle habituelle ?
- Non Monsieur. Il me l'avait expressément formulée ce jour-là.
- Est-ce que Mrs Granger vous a parlé de ce désagrément ?
- Elle n'a rien dit, Monsieur. Seulement, lorsqu'elle est sortie du bureau, son mascara avait coulé, comme si elle venait de pleurer et Monsieur Malefoy avait l'air plus heureux que jamais.
- Objection, Monsieur le Président ! Mrs Deauclaire n'a aucune preuve formelle indiquant l'état de joie de Monsieur Malefoy à la sortie de ce bureau. Conformément à la loi 875 se référant à la défense des accusés, seul un expert psychomagique peut attester d'une émotion qui sera prise en compte par le jury.
- Objection retenue. Membres du jury, veuillez, s'il vous plaît, ne pas prendre en compte cette dernière partie. Avez-vous quelque chose à ajouter, Mrs Deauclaire ?
- Non Monsieur.
- Très bien, nous appellerons donc Monsieur Weasley à la barre comme témoin de la défense. Maître Zabini, il est à vous.
- Merci Monsieur le Président. Monsieur Weasley, pouvez-vous nous dire depuis combien d'années vous connaissiez Mrs Granger ?
- Depuis plus de vingt ans. Mais je ne vois pas pourquoi je suis ici.
- Monsieur Weasley, merci de vous en tenir uniquement aux questions que Maître Zabini vous posera. Reprenez.
- Monsieur Weasley, il est de nature public que vous entreteniez pour Mrs Granger des sentiments amoureux, n'est-ce pas ?
- C'est ridicule ! Hermione était mon amie, ma meilleure amie. Et ce… ce connard de Mangemort l'a tuée !
- Monsieur Weasley, veuillez vous calmer. Aucune insulte ne sera tolérée dans ce tribunal.
- Des bancs avaient été publiés, trois ans plus tôt. Bancs rompus par la décision de Mrs Granger, quelques semaines seulement avant votre mariage, n'est-ce pas ?
- …
- Monsieur Weasley, veuillez répondre aux questions de Maître Zabini.
- Oui, elle a annulé notre mariage. Mais qu'est-ce que cela a à voir là-dedans ?
- Il est connu que Monsieur Weasley est de tempérament impulsif et rancunier. Nous avons ici trois preuves qui en attestent. La première nous a été délivrée par Monsieur Phineas Nigellus Black.
- L'ancien directeur de Poudlard ? Mais il est mort depuis près de cent ans !
- Effectivement, mais son portrait, lui, est aussi frais qu'un jeune homme. Monsieur Black nous a indiqué avoir été témoin d'une dispute cinglante entre Monsieur Weasley et ses deux meilleurs amis, Mrs Granger et Monsieur Potter, dans ce que nous avons historiquement appelé la chasse aux horcruxes.
« Monsieur Black nous raconte que suite à une crise de jalousie, Monsieur Weasley aurait proféré des insultes envers ses deux amis et les aurait abandonnés sur le champ dans ce qui s'est avéré être la quête la plus dangereuse de l'histoire de la sorcellerie. Est-ce vrai, Monsieur Weasley ?
- Oui mais…
- Monsieur Weasley est donc prêt à sacrifier ses compagnons de toujours dans l'épreuve la plus difficile de leur vie par simple jalousie ? Et qu'en aurait-il été si la femme qu'il aimait, celle qui avait rompu leurs fiançailles à quelques semaines seulement du mariage, avait de nouveau trouvé l'amour ?
- Maître Zabini, veuillez limiter les conjectures et vous en tenir aux faits.
- Bien. Notre seconde preuve nous est apportée par Monsieur Percy Ignatius Weasley, le frère aîné de Monsieur Weasley. Il indique qu'étant enfant, Monsieur Weasley était tout sauf partageur et se mettait dans une colère noire lorsqu'on lui empruntait ses jouets, je le cite : "ses oreilles rougissaient à vue d'oeil et il ne savait plus contrôler sa magie. Nous devions nous cacher sous le lit en attendant que la crise passe".
- C'est n'importe quoi ! Je n'étais qu'un gosse !
- Merci de ne pas intervenir, Monsieur Weasley.
- Notre dernière preuve est des plus édifiante. Elle nous vient directement du journal intime de Mrs Granger. Si nous remontons à l'exemplaire de 2001, elle écrit :
« Je ne sais plus comment me sortir de cette situation. Ron ne s'en remettra jamais… J'ai peur qu'il fasse une grosse bêtise si seulement je lui dis. Il peut-être tellement impulsif, parfois. Peut-être devrais-je en parler à Harry ? Mais il me conseillera de ne rien dire, il tentera de me convaincre que tout ça n'est dû qu'à la peur de l'engagement et que Ron et moi sommes faits l'un pour l'autre. Mais je ne l'aime pas. Pas autant qu'il m'aime, pas suffisamment et aujourd'hui, je me mords les doigts d'avoir accepté sa demande. »
- Elle… elle n'a jamais pu écrire ça, c'est impossible je… Elle m'aimait, Hermione m'aimait !
- Apparemment pas autant que vous l'auriez souhaité, Monsieur Weasley. Mais cette preuve nous a amené à nous pencher sur la découverte de son corps. Comme les membres du jury le savent déjà, Mrs Granger a été retrouvée dans son appartement, baignant dans son sang. Aucun signe d'effraction n'a été relevé ni aucune trace de magie sur la porte d'entrée. Mrs Granger utilisait un système moldu pour verrouiller son appartement. Le jour du meurtre, la porte a donc été ouverte par quelqu'un possédant la clé. Comment Drago Malefoy, une personne qu'elle détestait autant, aurait-il pu être en possession d'une telle clé ? Monsieur Weasley, avez-vous la clé de l'appartement de Mrs Granger ?
- Nous l'avons tous ! Harry, ses parents, Luna, nous avons tous une clé de chez elle !
- Reconnaissez-vous faire partie de ce tous, Monsieur Weasley ?
- Je… et bien…
- Répondez à la question, Monsieur Weasley.
- Oui.
- Merci. Revenons à la découverte de ce corps. Nous disions donc qu'aucune magie n'avait été détectée, ni dans l'appartement, ni sur le corps de Mrs Granger. L'arme du crime n'a pas été retrouvée non plus et aucune plaie apparente n'a été constatée à la suite de l'autopsie. Les conditions de la mort de Mrs Granger sont donc toujours à ce jour, mystérieuses. Seule une flaque de trois litres de son propre sang a été retrouvée. Avec ce même sang, écrit d'une main tremblante sur le mur, nous avons pu lire "Drago m'a tuer". Voici les photos en attestant.
« L'examen approfondi du journal intime de la victime nous a permis de constater que Mrs Granger ne commettait jamais de faute d'orthographe. Alors pourquoi aurait-elle mal orthographié le verbe "tuer" ? Pour étayer notre raisonnement, j'appelle Mrs Minerva McGonagall à la barre.
« Mrs McGonagall, vous avez été la professeure de Mrs Granger durant toute sa scolarité à Poudlard, est-ce vrai ?
- Oui, Maître.
- Mrs Granger était sans conteste l'élève la plus brillante de sa promotion, n'est-ce pas ?
- Oui, Maître.
- Lui arrivait-il de commettre des fautes d'orthographe, même dans des situations les plus stressantes telles que les examens qui, nous le savons, étaient des événements très importants de la vie de Mrs Granger ?
- Non, Maître.
- Très bien. Vous avez également été la professeure de Monsieur Weasley. Lui arrivait-il de commettre des erreurs orthographiques ?
- Et bien, je n'en ai pas vraiment le souvenir…
- Pour vous rafraîchir la mémoire, nous avons trouvé de nombreux rouleaux de parchemins relevant de ses examens, notamment de Métamorphose, matière que vous enseigniez à l'époque de leur scolarité. Pouvez-vous nous lire cette phrase, s'il vous plaît ?
- Lorsque le rat est soumis au sortilège de Vera Verto, il se transforme en verre à pied, sauf si le sorcier a mal manié sa baguette.
- Pouvez-vous maintenant m'épeler l'écriture de "manié" dans cette phrase.
- M-a-n-i-e-r.
- Une faute somme toute commune, me direz-vous. Mais n'est-ce pas étrange de retrouver la même erreur, écrite avec le sang de Mrs Granger sur le mur de son appartement ? Ce sera tout pour moi, je vous remercie, Mrs McGonagall.
- Maître Zabini, chercheriez-vous à détourner l'attention de Monsieur Malefoy, l'accusé, pour la pointer sur Monsieur Weasley, innocent jusqu'à preuve du contraire ?
- Mon client et moi demandons simplement qu'à l'égard des preuves fournies et du mobile potentiel, Monsieur Weasley soit mis en examen pour meutre sur la personne d'Hermione Jean Granger.
- Mais c'est n'importe quoi ! Il est complètement fou ! C'est un complot ! Tout ça n'a aucun sens, je suis innocent !
- S'il vous plaît, du calme, Monsieur Weasley. Votre requête a été transmise. Monsieur Potter, chef du bureau des Aurors, décidera si les preuves sont suffisantes pour commencer une enquête.
- Nous souhaiterions également que cette décision soit remise à un autre membre du bureau des Aurors. Monsieur Nott, peut-être, second de Monsieur Potter ? Vous comprendrez aisément que les rapports amicaux qu'entretiennent Monsieur Potter et Monsieur Weasley créeraient un biais dans l'appréciation de cette enquête.
- Fort bien, Monsieur Nott sera en charge de cette décision et enquête s'il y a. La séance est ajournée. Nous nous retrouverons demain à huit heures, pour la suite de ce procès.
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- Théo a déjà commencé à enquêter sur Weasley, il sera coffré en moins de deux et toi, tu seras gracié.
- Tu es certain qu'il est coupable ?
- Qu'est-ce que ça change ? Je cherche à te disculper, Drago, pas à mener l'enquête ! Tu sais si Granger avait un mec, ça nous aiderait à le faire plonger ?
- …
- Drago, il est absolument essentiel que tu sortes de ce mutisme et que tu répondes à toutes mes questions. Est-ce que Granger avait quelqu'un ?
- Je… et bien, je…
- Ce n'est pas une question difficile, putain Drago ! Elle baisait qui, cette conne ?
- LA FERME, ZABINI !
- Mais qu'est-ce qui te prend ? T'inquiète pas, on va te sortir de là !
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- Je ne peux rien faire de plus.
- Mais tu reconnais que les preuves sont là, Théo ! Ce mec est un débile qui ne saurait même pas écrire son propre prénom sans faire une faute ! Si on ajoute à ça sa jalousie maladive et son tempérament impulsif, on a plus que ce qu'il nous faut pour le coffrer.
- C'est maigre comme piste, Blaise. Je suis vraiment désolé mais cette enquête ne mène à rien. Granger et lui avaient de bonnes relations, malgré la rupture de leur fiançailles, tout le monde est unanime là-dessus. Et il aura forcément le jury en sa faveur, c'est un ancien héros de guerre, il est apprécié alors que Drago… et bien…
- Oui, je sais pertinemment ce que les gens pensent de moi.
- Drago a purgé sa peine pour ses agissements durant la Grande Guerre, le jury ne pourra pas en tenir compte.
- Ce n'est pas à toi que je vais apprendre les ressorts d'un procès en assises, Blaise. Tu sais aussi bien que moi que les a priori qu'ils ont sur Drago ne joueront pas en sa faveur.
- Alors il nous faut une autre piste, et vite.
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- Mrs Everwood, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Monsieur Malefoy ?
- Bien sûr, Maître. Drago et moi nous nous sommes rencontrés au Chaudron Baveur, tout bêtement. Je ramenais mon verre du bar jusqu'à ma table et sans le vouloir, en me retournant, j'ai trébuché et nous sommes tombés, le contenu de mon verre et moi, sur la chemise de Drago. J'ai voulu lui offrir un verre pour me faire pardonner et voilà comment nous avons commencé à nous fréquenter.
- Quel genre de relation entreteniez-vous avec Monsieur Malefoy, Mrs Everwood ?
- Amicale, je pense.
- Amicale ? Vraiment ?
- Et bien oui, je veux dire… cela n'a jamais été très sérieux entre Drago et moi.
- Pouvez-vous éclaircir votre propos, Mrs Everwood. Votre relation relevait-elle de l'amitié ou du libertinage ?
- Oui et bien, c'est vrai que Drago et moi nous nous sommes… vus quelques fois.
- Messieurs-dames, membres du jury, vous noterez que dans ce contexte "nous nous sommes vus quelques fois" signifie "nous avons pratiqué l'acte sexuel à plusieurs reprises".
- Je ne vous permets pas, Maître Zabini !
- Oh, pardon, Mrs Everwood, me serais-je fourvoyé sur la nature de vos rencontres ?
- Et bien… non mais… mais ce n'est pas une raison pour dire ça comme ça !
- Éprouviez-vous des sentiments amoureux pour Monsieur Malefoy ?
- J'appréciais beaucoup Drago, je l'apprécie toujours, d'ailleurs, mais je n'ai jamais été amoureuse de lui.
- Vraiment ? Voilà une déclaration qui surprendra toute cette cour.
- Je ne suis pas sûre de vous suivre, Maître.
- Mrs Everwood, savez-vous pourquoi ce tribunal vous a convoqué aujourd'hui ?
- Pour témoigner en faveur de la moralité de Drago Malefoy ?
- Non, Mrs Everwood. Si vous êtes ici, c'est pour convaincre cette cour que vous et vous seule êtes coupable du meurtre de Mrs Granger.
- Tout ça n'a aucun sens, je ne connaissais même pas Mrs Granger !
- Permettez-moi d'en douter, Mrs Everwood. Et si nous reprenions toute l'histoire depuis le début, voulez-vous ?
« Mrs Everwood est née dans la petite banlieue chic du Derbyshire. Ses parents, Mr et Mrs Everwood, l'ont élevée dans les pures traditions bourgeoises de la campagne anglaise. Quelle n'a pas été leur surprise, le jour des onze ans de leur fille, lorsqu'un homme étrange toqua à leur porte pour les informer que la jeune Caitlin n'était autre qu'une sorcière ! Révoltés par cette découverte et ne souhaitant en aucun cas être associés à toute forme d'ésotérisme, Mr et Mrs Everwood décidèrent d'un commun accord d'informer leurs amis que leur fille avait malheureusement succombé à une chute de cheval.
« Cette épreuve s'est avérée terrible, pour la jeune Caitlin. Rejetée de son monde pour atterrir dans un univers qu'elle ne connaissait en rien.
« Dotée d'une intelligence indéniable et d'un sens de la ruse à toute épreuve, le choixpeau a longuement hésité avant de finalement statuer sur Serdaigle. Caitlin rejoindra les érudits dans l'indifférence totale. Solitaire et introvertie, elle ne se fera remarquer que par ses professeurs, pour ses brillants résultats.
« Mais Caitlin ne supporte pas cet anonymat qui la poursuit. Elle voudrait être adulée de tous, montrer ses capacités au monde entier, qu'on la salue sur son passage. Mais rien. Caitlin n'est autre qu'une Serdaigle parmi tant d'autres que même ses camarades de chambrée nomment "la fille du lit du fond".
« Une fois ses ASPIC en poche, Caitlin se promet d'obtenir une revanche sur la vie. Peu à peu, elle apprend à se faire des amis en fréquentant des cercles privés. Dans son porte monnaie en cuir noir, derrière sa carte de membre de la bibliothèque universitaire de Cambridge, Caitlin cache précieusement un petit écusson brodé.
« Mrs Everwood, pouvez-vous montrer cet écusson à la cour ?
- C'est ma vie privée ! Faire partie de ce groupe n'a rien d'illégal !
- Montrez cet écusson, Mrs Everwood.
- Voilà qui est mieux. Je vais demander à Lionel, mon assistant, de faire passer l'écusson au membre du jury. Merci. Pouvez-vous maintenant nous lire l'inscription ?
- Sanctimonia Vincet Semper.
- Merci Lionel. Sanctimonia Vincent Semper, autrement dit, La Pureté Vaincra Toujours. La même devise que celle des Malefoy. Surprenant, n'est-ce pas ? Mrs Everwood, pouvez-vous nous dire ce que cet écusson signifie ?
- C'est la marque d'adhésion à un groupe.
- Un groupe, dîtes-vous ? Et quelles sont les ambitions de ce groupe ?
- C'est simplement un groupe de femmes qui se réunissent pour discuter et prendre le thé.
- Discuter et prendre le thé, vraiment ? Mrs Everwood, dois-je vous rappeler que vous témoignez sous serment ?
- Très bien… C'est un groupe d'adorateurs.
- D'adorateurs ? Voilà qui sonne très fanatique. Et qui adorez-vous, Mrs Everwood ?
- Drago Malefoy.
- Alors, permettez-moi de vous reposer ma question, légèrement transformée, cette fois-ci : éprouvez-vous des sentiments amoureux ou une obsession malsaine pour Drago Malefoy ?
- Aucun des deux ! Nous sommes juste très admiratives de son parcours !
- Celui en tant que Mangemort ou d'homme repentit ?
- Je pense que cela va de soi !
- Non, je ne pense pas. Drago Malefoy savait-il que vous faisiez partie de ce groupe ?
- Non, je ne suis même pas certaine qu'il connaisse son existence.
- Miss Caitlin Everwood, rejetée par ses parents, ses camarades de classe, esseulée jusqu'à ce qu'elle décroche le gros lot ! Quelle belle histoire. Vous deviez être une petite célébrité au sein de votre groupe, n'est-ce pas ?
- Je ne vois pas le rapport avec le meurtre de Mrs Granger.
- Nous non plus, Maître Zabini, veuillez nous éclairer, cette cour et moi, s'il vous plaît.
- J'y viens Monsieur le Président. Nous disions donc que Mrs Everwood, au bras de Monsieur Malefoy, était au comble du bonheur. Il n'a pas dû être trop compliqué de le charmer, n'est-ce pas ?
« J'ai fait quelques recherches sur ce groupe, les Dragomaniacs, de son petit nom - peu rassurant, soit dit en passant. Les Dragomaniacs se réunissent tous les mardis soir au Charing Pub. Elles y discutent de Monsieur Malefoy, des articles parus dans les journaux à son sujet mais aussi et surtout de leurs dernières découvertes.
« Mrs Everwood et ses comparses ne se contentent pas d'éplucher les magazines à l'affût des derniers ragots en vue. Non. Elles traquent, suivent, écoutent, espionnent et collectent des informations. J'ai en ma possession le journal de bord de Mrs Everwood.
- Mais où est-ce que vous l'avez trouvé ? Il est toujours dans mon sac !
- Là n'est pas la question. Nous nous demanderons plutôt, qu'est-ce que ce journal contient ? La réponse est simple. Une syntaxe douteuse et des photos, principalement. Des centaines et des centaines de photos de Monsieur Malefoy, datées et annexées. Drago sur le Chemin-de-Traverse, le 23 octobre. Drago récupère son café, le 12 juin. Un vrai petit album, tout ce qu'il y a de plus charmant.
« Jusqu'à ce que… Le 13 décembre 2003 : Drago se prend la tête avec cette pouffiasse. Drago la regarde intensément. Drago lui envoie un hibou. Oh, tenez, une copie de la lettre est jointe, également ! Nous pouvons donc ajouter à la liste de vos activités le vol de courrier. Comme c'est intéressant.
« Mrs Everwood, pouvez-vous nous indiquer qui se cachait derrière "cette pouffiasse" ?
- Je ne m'en souviens plus.
- Comme c'est habile. Cette déclaration écrite dans votre journal le 15 mai 2004 devrait pouvoir nous aider à vous rafraîchir la mémoire.
« Je cite : Drago n'a pas mangé son scone habituel ce matin, cette mégère de Deauclaire lui a apporté un muffin à la myrtille. Granger est entrée dans son bureau, certainement pour fouiner. Elle a reniflé le muffin en grimaçant et est sortie. J'ai pu intercepter le gâteau avant que Drago ne l'avale. Cette poufiasse est bien capable de l'avoir arrosé de potion tue-loup.
« Mrs Everwood, pouvez-vous nous indiquer le genre de relation que vous entreteniez avec Mrs Granger ?
- Absolument aucune.
- Aucune ? Et qu'est-ce qui peut bien justifier que vous l'appeliez avec ce merveilleux sobriquet ?
- Cette femme en faisait baver à Drago ! Toujours sur son dos, toujours en train de lui donner des ordres et de lui hurler dessus ! Drago n'en pouvait plus, un jour, il m'a confié qu'elle lui sortait par les yeux.
- La cour connaît tout à fait le passif entre Monsieur Malefoy et Mrs Granger. Ce que nous ignorons toujours, en revanche, c'est pourquoi cette relation vous tenait tellement à cœur ?
- Drago ne méritait pas ça ! Elle aurait dû disparaître il y a bien longtemps déjà.
- Serait-ce des aveux ?
- Absolument pas ! Mais Drago a suffisamment souffert dans sa vie pour ne pas avoir besoin qu'une sang-de-bourbe le rabaisse en permanence.
- Quel qualificatif intéressant, n'êtes-vous pas vous-même de naissance moldue, Mrs Everwood ?
- Ça n'a rien à voir !
- Je n'en suis pas aussi persuadée que vous. Et si nous reprenions les faits depuis le début ?
« Nous savons que Mrs Everwood entretenait une haine féroce envers Mrs Granger. Elle avoue même avoir déjà souhaité sa mort. Mrs Granger, principale détractrice de Monsieur Malefoy, entravait le bonheur de mon client et, par association, celui de Mrs Everwood.
« De plus, rappelons que Mrs Everwood est née-moldue. Elle maîtrise tout à fait le système de serrure installé par Mrs Granger dans son appartement. Elle connaît d'ailleurs certainement mille et une façon d'assassiner quelqu'un à la moldue. Ne savons-nous pas qu'ils sont particulièrement friands d'histoires de crime ?
« Mrs Everwood a donc un mobile plus qu'établi. Maintenant, il nous reste à déterminer pourquoi elle souhaiterait faire accuser Monsieur Malefoy du meurtre, homme dont elle est, selon ses dires, particulièrement éprise.
« Pour déterminer cela, revenons s'il vous plaît au 31 décembre 2003. Cette date vous rappelle-t-elle quelque chose, Mrs Everwood ?
- Le passage à la nouvelle année ?
- Je vous donnerais un simple conseil, Mrs, ne jouez pas à ça. Vous n'êtes pas dans une posture suffisamment confortable pour vous le permettre. Je vous répète donc la question, la date du 31 décembre 2003 vous rappelle-t-elle quelque chose ?
- C'est le jour où Drago a décidé de rompre…
- Rompre, vous dîtes ? Cela signifie-t-il que vous entreteniez une relation d'exclusivité ?
- Et bien, nous n'en avions jamais réellement discuté mais c'était tout comme. Je ne voyais que lui !
- Ça, je n'en doute pas.
- Je connaissais toutes ses habitudes, ses petites manies, ses préférences dans tous les domaines. N'est-ce pas le lot d'une petite amie ?
- Ou d'une psychopathe qui le suit sans relâche, cela reste encore à déterminer. C'est surprenant comme votre déclaration sur vos rapports a pu changer depuis le début de cette audience. Dîtes moi, Mrs Everwood, à combien de reprises Monsieur Malefoy et vous vous êtes vous vus ? Par "vus" j'entendrais ici, rendez-vous où Monsieur Malefoy avait également conscience de votre présence.
- Je ne sais pas, de nombreuses fois.
- Vraiment ? J'ai pourtant ici une déclaration de mon client affirmant le contraire. Je le cite : « Mrs Everwood et moi avons passé une soirée ensemble, celle du 10 mai 2003. On s'est rencontré au Chaudron Baveur, nous avons fini par passer la nuit ensemble. A partir de là, nous nous sommes croisés quelques fois sans que cela se reproduise. En fin d'année, je la voyais partout, peu importe où j'allais. J'ai commencé à comprendre qu'elle me suivait. Je lui ai fermement demandé de cesser de me traquer. Je ne l'ai plus jamais revue depuis. »
« Est-ce également l'image que vous vous faîtes d'un couple, Mrs Everwood ?
- Il ment ! Il m'aimait, Drago m'aimait jusqu'à ce qu'elle lui retourne complètement le cerveau !
- Qui, Mrs Everwood ? Qui lui a retourné le cerveau ?
- Hermione Granger. Je les ai vus… J'attendais que Drago sorte de son bureau, je voulais lui faire une surprise, qu'on aille dîner ensemble. Même si nous n'étions pas toujours sur la même table, j'adorais ces moments où nous dinions dans le même restaurant. Comme un vrai couple, vous voyez ? Alors je l'attendais, derrière la lourde colonne en marbre du hall. Bien sûr, il ne pouvait pas me voir, c'était une surprise. Et c'est là que je l'ai vue.
- Qu'avez-vous vu, Mrs Everwood ?
- Cette poufiasse enfoncer sa langue dans la gorge de mon petit-ami.
- Mon dieu !
- C'est impossible !
- Calomnies ! Hermione n'aurait jamais fait ça ! Elle détestait ce meurtrier !
- Silence dans la salle, merci. Maître Zabini, poursuivez s'il vous plaît.
- Oui, bien sûr… Je veux dire… Et bien… Je demande que la séance soit ajournée pour m'entretenir avec mon client, votre honneur.
- Accordé. Silence dans la salle ! Nous… nous reprendrons demain.
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- C'est quoi ce putain de bordel ?
- …
- Tu te fous de ma gueule, c'est ça ?
- …
- Drago ?
- …
- Drago. Réponds-moi.
- …
- Tu vas l'ouvrir ta putain de gueule ? Tu veux quoi au juste ? Finir ta vie dans la cellule qui borde celle de ton père ? Non ? Alors donne-moi une seule bonne raison de ne m'avoir rien dit.
- …
- Mais c'est quoi ton putain de problème ? Je suis ton avocat et ton meilleur ami, merde ! Et à aucune de ces deux personnes tu n'as jugé pertinent de dire que tu t'envoyais la morte ?
- Je t'interdis de l'appeler comme ça !
- Et bien ça y est, tu as retrouvé ta langue. Tu peux arrêter de m'étrangler maintenant, c'est bon, j'ai compris. Merci. Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ?
- Je… je ne voulais pas.
- Mais tu sais que ça nous met dans une merde noire, cette histoire ? Maintenant tu as un nouveau mobile pour ce meurtre ! Vu vos relations, le procureur va plaider le crime passionnel et tu es bon pour un aller simple chez les détraqueurs. Drago… Tu fais chier putain !
- …
- Tu n'as pas aligné plus de trois phrases depuis le début de ce procès. C'est pour ça ? Parce que tu la baisais sur le coin de ton bureau ?
- Arrête.
- Quoi ? C'est pas vrai peut-être ? Non… Ne me dis pas que tu… ? Si ?
- La ferme, Blaise.
- Mais je croyais que…
- J'ai dit, la ferme.
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- Tu sais que je pourrais perdre ma place ? Et aller moi-même à Azkaban ?
- Tu es Auror, mec. Ne me fais pas croire que tu seras jugé au même titre que nous, pauvres mortels. Et puis, même si c'était le cas, tu aurais le meilleur avocat pour te défendre !
- Je n'aime pas tes méthodes, Zabini.
- Et tu en as d'autres, peut-être ?
- Potter se doute de quelque chose… il sait que j'enquête de mon côté… s'il me choppe avec le corps je…
- Personne ne va te chopper, Théo. C'est notre dernière chance de disculper Drago. Je ne vois pas d'autres solutions. C'est forcément cette tarée qui a buté Granger. Mais pour ça, il faut qu'un… comment ils appellent ça déjà ?
- Un légiste.
- Ouais, ce que tu dis. Il faut que ce type l'examine. Elle a forcément été tuée à la moldue, il faut juste que ce mec-là nous le prouve et nous aurons notre coupable.
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- Monsieur Malefoy, nous avons tous été surpris d'apprendre la nature de votre relation avec Mrs Granger lors de la déclaration de Mrs Everwood. Avez-vous quelque chose à déclarer ?
- Non.
- Mrs Granger était-elle votre petite amie ?
- Je ne m'en souviens plus.
- Vraiment ? Surprenant cette perte subite de mémoire. Que faisiez-vous le soir du meurtre, Monsieur Malefoy ?
- …
- Monsieur Malefoy, veuillez répondre aux questions de Madame la Procureur.
- Je ne m'en souviens plus.
- Très bien. Revenons alors sur votre relation. Était-elle basée sur des sentiments ?
- Je ne sais pas.
- Était-elle secrète ?
- Je ne sais plus.
- Vous savez Monsieur Malefoy, dans ce genre d'affaire, le manque évident de coopération ne dissimule jamais quelque chose de bon.
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- Mais bon sang t'es complètement con ou quoi ? Pourquoi tu n'as pas répondu à ses questions ? On était d'accord, non ?
- Non.
- Comment ça, non ?
- Non. Tu m'as donné un texte à apprendre, des réponses toutes faites. Tu étais d'accord pour que je les récite, pas moi.
- Et il ne t'est pas venu à l'esprit de m'informer de ton désaccord ?
- Qu'est-ce que ça aurait changé ?
- Putain Drago mais t'as envie de prendre pour ce meurtre ou quoi ?
- …
- Tu vas me parler, oui ? Pourquoi est-ce que tu ne te défends pas ?
- …
- Je… Je n'en reviens pas de te demander ça mais… Est-ce que c'était toi ?
- …
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- Aucune trace de poison, de blessure par arme à feu ou arme blanche. Aucune trace d'asphyxie, aucun os brisé. Rien. Absolument rien. Tout ce que nous avons ce sont des litres et des litres de sang retrouvés près de la victime. Mais alors, s'il n'y a pas de plaie, d'où vient tout ce sang, Docteur Fletcher ?
- Pouvez-vous préciser le sens de votre question, Maître Zabini ?
- Vous me forcez à m'exprimer vulgairement, Docteur Fletcher. Je ne suis pas un expert en médecine comme, je le devine, la majorité de cette cour. Alors, nous aurions besoin d'un petit éclaircissement. Comment trois litres de sang ont pu s'échapper du corps de Mrs Granger sans qu'aucune plaie n'en soit la cause ?
- C'est simple, Maître. La cause de la mort de Mrs Granger est interne, cela semble une évidence. Malheureusement, nous n'arrivons toujours pas à définir comment cela a pu se produire. Aucune trace de magie n'a été retrouvée sur le corps de Mrs Granger ni, comme vous l'avez signalé, aucune trace de poison. Nous avons également le rapport d'un médecin moldu qui atteste n'avoir jamais rien vu de tel ni n'avoir aucune explication logique à cette mort. Si vous me permettez l'expression, Mrs Granger a tout simplement implosé.
- Pourtant, la structure extérieure de son corps est restée intacte, n'est-ce pas ?
- Parfaitement intacte.
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- Je ne comprends pas comment nous avons pu passer à côté de ça… Et tout à l'heure, en regardant les photos, ça m'a sauté aux yeux.
- Théo, c'est capital comme information ! Au point où nous sommes, tout est capital. J'ai besoin de n'importe quoi, un cheveu, un bout d'ongle, n'importe quoi ! Mais il faut que je sorte Drago de là.
- Pour l'instant, c'est tout ce que nous avons. J'avais ratissé moi-même la scène de crime et je n'avais rien trouvé d'autre. A vrai dire, je ne sais même pas comment interpréter ces empreintes…
- Mais qu'est-ce qu'un putain de gamin faisait sur cette scène de crime ? Et où est-ce qu'il est passé ?
- J'en sais rien Blaise, rien du tout… Cette enquête n'a aucun sens.
- Est-ce qu'il serait possible que Granger ait un gosse gâché ?
- C'est peu probable, je dirais même impossible. Et au vu des empreintes de pas, le gamin devrait avoir entre sept et dix ans. On était encore à Poudlard à cette époque. Non, c'est clairement impossible que ce soit le sien.
- Et Potter, il n'a pas un gosse, lui ?
- Parce que tu veux accuser Potter du meurtre maintenant ? C'est le chef du bureau des Aurors, Blaise. Tu peux t'attaquer à Weasley si ça te chante mais Potter ce n'est pas la même histoire.
- Et alors ? Si c'est lui, sa position ne le sauvera pas.
- Son gamin vient tout juste de naître, ça ne colle pas. Et puis de toute façon, qu'est-ce qu'il viendrait foutre avec des gosses chez Granger s'il avait prévu de l'assassiner ? Non, Blaise, ne t'entête pas, ça ne concorde pas.
- Il faut absolument que tu me trouves d'où sortent ces empreintes. C'est notre seule piste.
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- Pouvez-vous nous décrire votre relation avec la victime ?
- J'en sais rien, j'la connaissais pas, moi.
- Vous avez tout de même passé sept ans de votre vie ensemble.
- Et alors ? Je l'ai pas revue depuis, je sais qu'elle bossait avec Malefoy parce que c'était écrit dans la Gazette, mais c'est tout.
- Vous lisez la Gazette du Sorcier ?
- Comme tout le monde, j'imagine.
- Maître Zabini, pouvez-vous vous concentrer sur des questions en rapport direct avec ce procès ? Merci.
- Bien sûr Monsieur le Président, je… Je voulais dire par là… Qu'avez-vous ressenti en voyant la nouvelle de sa mort faire les gros titres dans les journaux ?
- Pas grand chose, j'me suis dit qu'on allait encore parler que d'ça pendant des semaines alors que la coupe du monde de Quidditch approche.
- Une profonde indifférence, donc ?
- Ouais, si tu veux.
- Monsieur Goyle, depuis combien de temps êtes-vous sorti d'Azkaban ?
- Un peu plus de trois ans.
- Avez-vous renoué avec vos anciennes… fréquentations ?
- Tu sais bien que non.
- Non, je ne sais pas.
- Ben on traîne plus ensemble, non ? Personne ne m'attendait à la sortie d'Azkaban et c'est la première fois que j'ai de tes nouvelles depuis Poudlard donc non, je ne vous fréquente plus.
- Je parlais de vos autres fréquentations.
- C'est quoi le rapport, Zabini ?
- Je me pose exactement la même question, Maître.
- J'y viens, Monsieur le Président. Monsieur Goyle, comme vous le savez, a été incarcéré il y a de cela six ans pour participation à un génocide, association de malfaiteurs, bref, je vous passe les détails. Monsieur Goyle était un Mangemort reconnu qui a purgé sa peine. N'est-ce pas une grande coïncidence de voir que seulement trois ans après sa sortie, Mrs Granger, qui, en plus d'être une figure magistrale de la victoire de la magie blanche, et de naissance moldue, se fasse assassiner ?
- Non, à vrai dire, cette… coïncidence ne me frappe pas, Maître Zabini.
- Monsieur le Président, reconnaissez que Goyle est un ancien Mangemort ! Un raciste ! Il détestait Granger, il faisait tout pour lui nuire à Poudlard. Il aurait très bien pu l'assassiner pour se venger ! Trois ans c'est parfait, il pensait que personne ne le soupçonnerait.
- Et effectivement, personne ne le soupçonne. Maître Zabini, veuillez mettre fin à cet interrogatoire qui ne mène à rien, merci.
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- Je n'y arrive plus. On est en train de perdre, Park's…
- Mais c'est impossible, tu es le meilleur avocat de Londres et Drago est innocent !
- Ah bon ? Tu peux l'affirmer ?
- Mais… qu'est-ce que tu… Blaise ? Tu as vraiment des doutes ?
- Ils couchaient ensemble… Drago et Granger, ils étaient… enfin ils avaient une liaison, c'est tout ce que je peux affirmer.
- …
- Putain Pansy c'est pas vrai, ne me dis pas que tu étais au courant ?
- …
- Et toi non plus, t'étais pas foutue de me le dire ? Comment veux-tu que je bosse, moi, si personne ne me dit rien ? T'es pas sérieuse, là ? Putain vous faites chier. VOUS ME FAITES TOUS PUTAIN DE CHIER !
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- J'ai trouvé.
- Quoi ? Un cheveu ?
- Non mec j'ai… j'ai trouvé. Enfin, je crois. Je n'arrive pas vraiment à y croire.
- Mais trouver quoi, Théo ?
- Qui a tué Hermione Granger.
- Tu déconnes là ? Putain mais… attends, tu es sûr de toi ? Sûr, sûr ? Pas un coup foireux à la Goyle ?
- Non Blaise, je sais qui a fait le coup. C'est justement Goyle qui m'a mis sur la piste.
- Attends… Quoi ? Alors ce tocard avait bien des infos ? Je ne délirais pas complètement ?
- Non, il n'avait absolument rien à voir là dedans.
- Alors, c'est qui ?
- C'est la piste d'un ancien Mangemort qui m'a mis la puce à l'oreille. Et puis, il y avait ces foutus traces de pas d'enfants. Je n'arrivais pas à comprendre ce qu'un gamin pouvait foutre là. Tout ça n'avait aucun sens. Et puis… et puis d'un coup, ça m'a fait tilt, j'ai compris, et tout s'est enchaîné. Ça tient la route, Blaise, même plus que ça, tout concorde.
- Mais dans ce cas c'est un gosse ou un Mangemort qui a fait le coup ?
- Non Blaise, tu ne comprends pas ! Ce n'était pas un enfant qui était sur la scène de crime. Et encore moins un mangemort.
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- Blaise est dans tous ses états depuis qu'il… qu'il sait.
- …
- Pourquoi est-ce que tu ne lui as rien dit avant ?
- …
- Drago… t'enfermer dans ton silence ne servira à rien… Je sais ce qu'elle représentait pour toi, et je n'imagine même pas ce que tu peux ressentir en te faisant accuser de son meurtre mais… mais il faut que tu aides Blaise. Il faut que tu témoignes, que tu te défendes. Il faut que tu te relèves, que tu te battes pour ta liberté et pour que justice lui soit rendue. On sait tous les deux que tu n'y es pour rien dans cette histoire.
- C'est de ma faute, Pansy.
- Bien sûr que non. tu n'as rien à te reprocher, Drago.
- Je… Je devais la rejoindre, ce soir-là. Je devais aller la voir chez elle mais j'ai été retardé par ma mère qui ne me lâchait pas et… et quand je suis arrivée elle… elle… elle était… Je n'ai rien fait Pansy. Rien du tout. Je l'ai laissée là, toute seule, et je suis parti en courant. Je l'ai laissée toute seule. Toute seule. La femme de ma vie…
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- Trois mornilles de l'heure, vous dîtes ? C'est bien au-dessus du salaire légal.
- Oui, Monsieur Zabini.
- Jusqu'à l'année dernière, vous n'étiez payé qu'une mornille de l'heure, n'est-ce pas ?
- Oui, Monsieur Zabini.
- Et qu'est-ce qui justifie une telle hausse de salaire, selon-vous ?
- Prunille ne sait pas, Monsieur Zabini.
- Quel genre de relation entretenez-vous avec vos supérieurs, Prunille ?
- Prunille exécute les ordres de ses maîtres, Monsieur Zabini.
- Arrive-t-il à vos maîtres de vous donner des ordres qui dépassent vos fonctions ?
- La fonction de Prunille est de répondre aux ordres du maître, Monsieur Zabini.
- Et ceux de votre maîtresse ?
- Oui, Monsieur Zabini.
- Est-elle au courant de toutes vos activités ?
- Oui, Monsieur Zabini. Prunille ne fait que remplir son devoir, Monsieur Zabini.
- La loi des elfes est assez floue, concernant les convocations au tribunal. Il est par ailleurs absolument certain que comme n'importe quelle créature magique, vous êtes soumis à l'obligation solennelle de vérité. Comprenez-vous ce que cela signifie, Prunille ?
- Prunille n'est pas certaine de comprendre, Monsieur Zabini.
- Cela veut simplement dire que lorsque je pose une question, la loi vous oblige à répondre la vérité.
- Prunille n'a d'ordre à recevoir que de son maître, Monsieur Zabini.
- Pas dans ce tribunal et encore moins lorsque vous êtes sur le banc des accusés. Savez-vous de quoi vous êtes accusée, Prunille ?
- Non, Monsieur Zabini.
- Du meurtre de Mrs Hermione Jean Granger.
- C'est impossible !
- Une elfe qui tue une sorcière ? C'est insensé !
- Silence dans l'assistance ! Maître Zabini, reprenez votre plaidoirie, je vous prie.
- Merci Monsieur le Président. Je crois par ailleurs que le temps des questions est révolu. Je vais maintenant m'adresser aux membres du Jury et vous raconter l'histoire de Prunille ou plutôt, comment une elfe de maison respectable s'est rendue coupable de meurtre.
« Prunille est arrivée dans sa famille il y a déjà onze ans. Elfe dévouée et serviable, elle accomplit quotidiennement ses tâches. Ses maîtres sont rigoureux et exigeants. Prunille subit de nombreux châtiments corporels mais ne se plaint jamais. Elle voue une admiration sans borne pour ses maîtres ou peut-être devrais-je dire, ses bourreaux.
« En 2002, lorsque Hermione Jean Granger fait passer une loi en faveur de la libération des elfes de maison, Prunille refuse de se rendre au Ministère pour se faire enregistrer. Elle préfère continuer de travailler dans sa maison, sans protection juridique ni Ministérielle. C'est son droit et la justice Magique ne peut donc rien faire pour elle.
« Prunille est si discrète que sa maîtresse ne lui prête guère attention. Elle assiste à toutes les conversations, connaît tous ses secrets mais sa loyauté est telle qu'elle ne les divulguera jamais à quiconque. D'ailleurs, Prunille a la formelle interdiction de sortir, à qui pourrait-elle donc confier quoi que ce soit ?
« Mais à l'automne dernier, tout bascule pour l'elfe de maison. Sa maîtresse est particulièrement stressée et son humeur devient exécrable. A la maison, Prunille doit se faire plus discrète encore si elle veut échapper aux coups de bâton. Sa simple présence agace. Son travail, pourtant méticuleux, n'est jamais suffisant. Elle se donne corps et âme pour satisfaire une maîtresse qui se sert d'elle pour passer ses nerfs.
« Alors, Prunille tente par tous les moyens de se rendre utile. Elle supplie sa maîtresse de l'aider. Malheureusement pour elle, Narcissa Malefoy la prend au mot.
« Le 21 septembre 2004, Narcissa Malefoy montre à Prunille l'étendue de ses correspondances avec son mari. Nous ne sommes pas parvenus à nous procurer les lettres en question. Mais par chance, la prison d'Azbakan a été tout à fait disposée à nous fournir celle que Lucius Malefoy a gardé en sa possession, les lettres de sa femme. Permettez-moi de vous en lire quelques extraits.
« Le 30 novembre 2003, Narcissa écrit :
« Je m'inquiète pour Drago. Il n'est plus le même, ces derniers temps. Il découche presque tous les soirs et ne me dit plus rien. Je crois même qu'il me ment. »
« Le 12 janvier 2004, elle renchérit :
« Drago voit quelqu'un, j'en suis convaincue. Il tente de le cacher mais son air satisfait le trahit. J'ai essayé de l'interroger à ce sujet mais il refuse de me répondre. »
« Le 6 avril 2004, Narcissa rédige une lettre à l'écriture brouillonne et paniquée :
« Cette odeur, celle qui poursuit Drago depuis des mois, je sais d'où elle vient. Lucius, je crois que notre fils est perdu. Il sent cet horrible mélange de vanille française et de fleur de lys. C'est son odeur à elle, la sang-de-bourbe. »
« Et puis, tout s'accélère. Entre avril et octobre, Narcissa écrit quotidiennement à son mari qui lui répond avec la même assiduité. Tous deux sont convaincus que Drago est hypnotisé, qu'il a perdu la raison. Lucius, déjà condamné à perpétuité, n'a plus grand chose à perdre, si ce n'est sa réputation. Pour le commun des mortels, la réputation des Malefoy n'est qu'un lointain souvenir. Mais pour quelques vieilles familles de sang-pur, il n'existe aucun déshonneur qui surpasse celui d'un mariage mixte, comme ils le disent si… élégamment.
« Alors, Narcissa se met en tête de convaincre son fils de mettre un terme à cette relation. Mais Drago nie. Il affirme haut et fort que Mrs Granger et lui ne sont que collègues, qu'il n'éprouve rien pour cette femme et que sa mère se fait des idées. Mais Narcissa ne se laisse pas convaincre aussi facilement. Elle missionne Prunille pour espionner son fils. Bien vite, l'elfe remarque qu'elle n'est pas la seule à jouer les espionnes et dérobe une partie de son butin à Mrs Everwood. Les preuves que Prunille rapportent à Mrs Malefoy sont édifiantes : Drago et Mrs Granger entretiennent bel et bien une relation.
« C'est le monde entier de Narcissa et Lucius Malefoy qui s'effondre. Leur fils unique, le seul héritier de la maison Malefoy s'entiche d'une née-moldue. Il faut que cela cesse, par tous les moyens. Mais Drago refuse toujours d'entendre raison et n'admettra jamais sa relation à ses parents. Alors, pour les époux Malefoy, une seule option reste possible : éliminer Mrs Granger.
« Les tentatives sont aussi nombreuses qu'infructueuses. On apprendra, toujours dans cet échange de lettres qui sera remis à l'appréciation du jury, que Mrs Malefoy n'a pas hésité à soudoyer l'assistante personnelle de Monsieur Malefoy.
« Lors de son interrogatoire, Mrs Deauclaire nous a confié qu'elle apportait tous les jours un thé et un scone à Monsieur Malefoy. Mais le 15 mai 2004, c'est un muffin à la myrtille qui a été déposé sur son bureau. Nous avons mené notre enquête et découvert que ce muffin était la pâtisserie préférée de Mrs Granger. Mrs Deauclaire l'avait arrosé de potion tue-loup. N'est-ce pas ironique que ce jour-là, ce soit Mrs Everwood qui, en espionnant Monsieur Malefoy, ait sauvé Mrs Granger d'une mort certaine ? Il n'a fallu qu'une rondelette somme d'argent pour corrompre Mrs Deauclaire et l'envoyer passer quelques années à Azkaban pour tentative de meurtre.
« Vous souvenez-vous que Monsieur Weasley nous confiait avoir en sa possession un double des clés de Mrs Granger ? Il avait même ajouté "nous l'avons tous". Alors, pourquoi s'est-il laissé convaincre, un matin de juillet, de donner cette même clé à sa sœur, Mrs Ginny Potter, qui avait pourtant un double en sa possession ? Nous apprendrons que cette bêtise à contribué à conduire Mrs Granger à sa perte. Ce jour-là, ce n'était pas Ginny Potter mais bien Mrs Malefoy qui, sous polynectar, est parvenu à convaincre Monsieur Weasley de lui remettre la clé.
« Ce procès a été riche en rebondissements, Mesdames et Messieurs membres de jury. Par ailleurs, chaque individu passé à cette barre a contribué, d'une manière ou d'une autre, au meurtre de Mrs Granger.
- Permettez-moi simplement de souligner qu'avec Monsieur Goyle, vous avez fait perdre un temps considérable à cette cour, Maître Zabini.
- Je n'en suis pas certain, Monsieur le Président. C'est en interrogeant un ancien Mangemort que leur possible implication a germé dans mon esprit. Maintenant, permettez-moi s'il vous plaît de revenir au jour du meurtre.
« Prunille n'avait plus le choix. Toutes les tentatives de sa maîtresse avaient échoué et elle était dans un tel état de folie que la pauvre elfe craignait pour sa vie. Elle se devait d'aider Narcissa Malefoy à accomplir sa terrible tâche.
« Le plan était rigoureusement établi. Narcissa devait inviter son fils à dîner et faire traîner le repas autant que possible. Pendant ce temps, Prunille devait se rendre chez Mrs Granger. Mrs Deauclaire avait assuré à Narcissa Malefoy qu'elle pousserait Mrs Granger à rentrer tôt chez elle. Prunille avait également la clé de Mrs Granger, fournie par les bons soins de Monsieur Weasley. Bref, tout était réuni pour que leur plan se déroule sans accroc.
« A 21h07, Prunille s'est introduite discrètement dans l'appartement de Mrs Granger. D'un claquement de doigts, elle l'a clouée au sol à 21h08. A 21h09, un second claquement a suffit à ôter la vie à la sorcière la plus brillante de sa génération.
« Mais pourquoi, me direz-vous, Mrs Malefoy a envoyé son elfe accomplir cette ignoble tâche plutôt que de s'en accommoder elle-même ? La réponse réside en quelques mots seulement : la magie des elfes, indétectable par nos instruments habituels. Et qui irait soupçonner une innocente créature ? Ruse et pureté ne font-ils pas partie des grands principes de la famille Malefoy ?
- Maître Zabini, votre discours semble particulièrement cohérent et cette cour ne manquera pas d'étudier avec attention les preuves que vous nous fournissez. Par ailleurs, un détail reste toujours inexplicable. Pourquoi avons-nous retrouvé, contre le mur de la victime, écrit avec son propre sang, la phrase "Drago m'a tuer" ? Pourquoi cette elfe, si dévouée à sa famille, aurait-elle fait accuser son jeune maître ?
- Mais tout simplement parce que ce n'est pas Prunille qui a inscrit cette phrase sur le mur. Ne vous ai-je pas dit que chacun des témoins interrogés avait un rôle à jouer dans ce meurtre ?
- Soyez plus précis, Maître Zabini.
- L'auteure de cette phrase a assisté à toute la scène. Ce jour-là, elle était postée derrière la fenêtre de Mrs Granger, attendant avec rage et impatience le retour de Monsieur Malefoy. Elle le détestait de ne pas partager son amour. Elle lui vouait une haine si terrible qu'elle était incapable de cesser d'espionner ses moindres faits et gestes. Elle passait son temps à voir l'amour éclore entre Monsieur Malefoy et Mrs Granger, prostrée derrière un buisson ou un pan de mur. Ces images, desquelles elle ne parvenait plus à se détourner, la hantaient quotidiennement.
« Alors, quand Mrs Everwood assista au meurtre de sa plus grande rivale, elle y vit l'occasion de ne plus jamais souffrir. Monsieur Malefoy avait été clair, son amour ne serait jamais partagé. Mrs Granger était peut-être celle qui avait décroché son cœur, mais sa mort ne permettrait pas à Mrs Everwood de l'avoir à son tour.
« N'est-ce pas un vieux proverbe moldu qui dit : loin des yeux, loin du coeur ? C'est certainement ce qu'a essayé de faire Mrs Everwood en inscrivant d'une main tremblante "Drago m'a tuer" près du corps de Mrs Granger.
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- A Drago !
- A Drago ? A Blaise, plutôt ! C'est moi qui l'ai sorti de ce merdier !
- Une fois que je t'ai donné tous les éléments de mon enquête, mon cher.
- Bon, ça va, ça va, peu importe. A Drago, Blaise et Théo, si vous voulez. Le plus important reste que mon meilleur ami est libre !
- Quand est-ce que sera prononcé le verdict pour les accusés ?
- Oh, ça va prendre encore un petit peu de temps. Ils vont sûrement faire appel du jugement. On ne sera définitivement sorti de cette affaire que dans six à huit mois. Alors Drago, qu'est-ce que ça fait d'être innocenté ?
- C'était ma mère, Blaise. Ma mère et… et… la femme de ma vie, et… elle… elle…
- Drago… J'imagine à quel point c'est dur que tes parents se soient rendus coupable de ce meurtre. Mais concernant Granger, tu la connaissais à peine, au final… Je suis persuadé que tu en trouveras une autre, des centaines, même. Granger était peut-être super sexy mais cette relation avait-elle vraiment un avenir ?
- Blaise, laisse-le tranquille. Drago a besoin de repos.
- C'était la femme de ma vie… la femme de ma vie…
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- Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée, Blaise.
- C'est mon ami tout autant que le tien, Pansy. Je m'inquiète pour lui.
- Il est encore… fragile. Je crois que s'il te revoit, tout ça va lui revenir en pleine figure et…
- Putain mais c'est MOI qui l'ai sorti de ce merdier ! MOI qui ai plaidé sa cause comme un con alors qu'il refusait de me dire quoi que ce soit. S'il est chez toi actuellement à pleurer toute la journée c'est grâce à MOI, Pansy. Uniquement grâce à MOI.
- Ça suffit, Blaise. Laisse ton égo de côté cinq minutes. Tu imagines ce que cette victoire représente pour lui ? Il a tout perdu. Sa mère, la femme qu'il aimait… Tu ne peux pas lui accorder quelques semaines pour digérer la nouvelle ?
- Ça fait des mois que le procès est terminé. Des mois qu'il n'a pas prononcé le moindre mot, et tu me parles de semaines ? Il lui en faudra encore combien ?
- Il parle, tu sais.
- Ah oui, et pour dire quoi ?
- Tu sais très bien ce qu'il dit.
- C'est insensé. C'est Drago, merde ! Pas un putain de détraqué bloqué sur la putain de même phrase depuis six mois !
- Je croyais que c'était ton ami ?
- Parce que c'est le tien, peut-être ? Pansy, tu débloques complètement. Il n'est plus le Drago qu'on a connu. Il a complètement vrillé.
- Il a besoin de temps, Blaise.
- Le temps, on a déjà essayé. Non, ce dont il a besoin, c'est que son bon vieux pote le traîne par la peau des couilles jusqu'au premier pub venu et qu'on laisse le whisky faire son œuvre.
- Je t'interdis d'ouvrir cette porte. Laisse-le tranquille, Blaise !
- La ferme, Pansy.
- La femme de ma vie… C'était la femme de ma vie…
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