TU PEUX TOI AUSSI COMMANDER TA FICTION
Oui tu peux toi aussi commander une fiction en te rendant sur notre histoire "Commandes de fictions" ou sur notre forum, et review le mois en cours !
Hé ! Bien le bonjour (ou le bonsoir) à toi qui arrive sur cette histoire ! Almayen nous a demandé un YenneferxJaskier dans l'univers de la série!
Marina Ka-Fai, une des auteurs de notre collectif, a décidé répondre à cette commande.
Disclaimer : The Witcher appartient à Netflix, à sa créatrice Lauren Schmidt Hissrich et au créateur original de cet univers, Andrzej Sapkowski.
Résumé : Montrer à Jaskier son apparence d'autrefois lui donnait la sensation d'être exposée. Et Yennefer redoutait sa réaction
Note de l'auteur: Je n'en suis encore qu'aux débuts de la saison 1. Merci aussi de ne pas poster de spoils de la saison 2 de la série pour ceux qui lisent les reviews mais n'ont pas encore eu le temps de la voir.
Celle qu'elle avait été jadis
- Geralt m'a dit que tu avait changé ton apparence magiquement.
Yennefer soupira, roulant des yeux. Jaskier et sa manière de mettre les pieds dans le plat. Le connaissant, il avait dû parler, parler et parler au sorceleur à son sujet, lequel avait fini, pour couper court à tous ses « Yen est tellement belle », par lui dire que sa beauté, elle l'avait façonnée. Elle savait qu'il n'y avait aucun jugement de valeur dans cette révélation, c'était un simple constat pour faire taire le barde verbeux. C'était là le scénario le plus plausible étant donné que le jeune noble ne cessait de lui dire qu'elle était sa muse, sa reine d'amour et de beauté, toutes les formulations magnifiées d'un artiste mais qui ressortaient souvent trop mielleuses. Le guerrier n'avait rien fait de mal, le chanteur non plus, c'était juste qu'elle n'aimait pas penser à cette partie de sa vie, aux souffrances qu'elle finissait indubitablement par lui rappeler. D'ailleurs, son compagnon sembla s'en rendre compte. Son sourire tomba, sa bonne humeur aussi, pour laisser place à l'inquiétude de l'avoir blessée.
- Je suis désolé. S'excusa-t-il aussitôt. C'était stupide. Tu as bien le droit de faire ce que tu veux de ton corps, t'en as les capacités et... Oh Seigneur, je m'enfonce...
- Geralt a raison. Le coupa-t-elle. J'ai altéré mon apparence magiquement.
- Vraiment ? Pourquoi ? Tu voulais changer quelque chose ? Une couleur de cheveux ? Ta carrure ?
Un sourire triste naquit sur les lèvres de la magicienne.
- Ma carrure... On peut dire ça, oui... Je suis née bossue, Jaskier.
- Oh... Je suis sûr que tu étais déjà superbe à l'époque. Tu n'as fait qu'améliorer ta santé.
Le fou. L'adorable fou qui ne savait décidément jamais quand se taire !
- Jaskier...
- J'en suis certain, Yen !
Pour le réduire au silence, d'un geste de la main, elle matérialisa un morceau de sa mémoire, le jour où son père l'avait vendue sous les maigres protestations maternelles. Le musicien ne parlait plus, enfin ! Mais elle le vit observer avec attention, bouche-bée, celle qu'elle avait été jadis. Il voyait cette pauvre fille, une adolescente, pleine de boue, son regard améthyste plein de larmes, sa lèvre tremblante de peur et d'indignation. Il voyait son allure difforme, sa mâchoire déformée, son dos rond, cette épaule plus haute que l'autre. Elle se sentait fragile, presque nue à la vérité, de se montrer ainsi à lui, de lui montrer que la vision qu'il avait d'elle n'était pas forcément la bonne. Elle s'attendait à des remarques, certes pas cruelles car Jaskier ne se le permettrait pas, mais des remarques qui la marqueraient au fer rouge tout de même.
- Tu es tellement mignonne, Yennefer.
Ses yeux s'écarquillèrent.
- Ne te moque pas de moi, Jaskier. Et ne me prends pas en pitié ! J'étais difforme, j'étais...
- Difforme, oui. Différente, oui. Mais laide ? Non.
Il avait un sourire tendre.
- Ton regard est resté le même : hypnotisant et expressif. Ton ancien visage te donnait du caractère et un certain charme. Tu étais déjà belle. Une beauté pas conventionnelle, d'accord. Mais tu étais déjà belle. Vraiment. Une jolie enfant aux yeux innocents, une expression douce... Et une enfant qui méritait bien mieux que ce qu'elle a pu vivre. En tout cas, de ce que tu m'en as dit.
- Il n'en reste pas moins que je me suis modifiée pour des raisons vaines.
- On a tous un peu de vanité en nous, Yen. Tu étais déjà belle, tu ne me feras pas changer d'avis !
Yennefer se dérida enfin et étrangement, elle se sentait soulagée. Soulagée d'un poids, apaisée par l'acceptation, même tardive, de quelqu'un qui l'aimait sincèrement.
- Il faudra que tu me laisses voir l'enfant que tu as été, Jaskier.
- Je ne préfère pas...
Elle l'embrassa.
FIN
