Disclaimer : Reign ne m'appartient pas. Et tant mieux parce que je crois que je ferai un régicide vu un certain personnage...

Résumé : Elizabeth ne peut pas laisser la femme transparaître. La reine doit toujours être affichée. C'est une question de survie.

Note de l'auteur : Cette fic a été écrite lors de l'atelier d'écriture du Discord « La Fabrique à Plumes » du 26/08/2021 sur le thème des signes astrologiques : écrire sur le prompt donné qui est en rapport avec la personnalité du signe à l'honneur. 30 minutes par prompt sauf le dernier (parce que c'est le dernier donc plus libre). Prompt 3 – Gémeaux: Votre personnage a deux faces : celle qu'iel montre à tout le monde et l'autre, la face cachée...

Liste des dettes du Discord «Défis Galactiques » : Prénom 23 : Elizabeth + Quatre aspects d'Eduard Einstein : Fils de... : Ecrire sur un perso dont le parent est célèbre ou écrire sur le nepotisme

Le prix d'une couronne

- Je dois toujours être la fille de mon père.

Une Tudor.

Sans peur.

Sans reproche.

Leur prouver à tous que malgré son sexe, malgré sa naissance douteuse, elle est celle qu'il faut au royaume pour le diriger comme il le mérite.

Un cœur d'homme dans un corps de femme.

Un cœur de roi.

Un cœur de roi d'Angleterre.

La digne fille d'Henry VIII.

Et pourtant, une fois seule, une fois tous les courtisans loin d'elle, Elizabeth sent le poids de sa mascarade peser de plus en plus lourd sur ses épaules, la fatiguant dans un combat constant entre la reine et la femme. Comme tout le monde, elle a peur. Elle pleure. Elle s'effondre. Mais pas devant eux. Elle n'en a pas le droit. Un faux pas et on la jettera en pâture à Mary, la reine d'Ecosse, la reine mieux née, dont la légitimité n'est pas à prouver. Devant tout le monde, elle doit être cette figure forte, fière, cette lionne puissante et indomptable à la crinière de feu. Une seule erreur et ce qu'elle a entre les jambes servira de justification pour la mettre sur le côté et se débarrasser d'elle. Le monde est cruel. Elle ne le sait que trop bien. Elle l'a compris à trois ans quand son père a fait décapiter sa mère. Elle l'a compris à quatorze ans quand on l'a crue responsable des avances ignobles de Thomas Seymour à son égard. Elle l'a compris adolescente puis adulte quand son frère l'a remise au rang de bâtarde puis quand sa sœur l'a enfermée à la tour. Oui, parfois, Elizabeth tremble, souffre et voudrait quelqu'un pour l'enlacer, la soulager, lui dire que tout irait bien sans qu'il ne soit forcé de le lui dire sous prétexte qu'elle est la reine. Mais même avec ses favoris, elle ne peut pas prendre un risque aussi grand, faire ce saut de l'ange sans un calcul au préalable. Et puisque l'Histoire se moque de la femme, alors elle lui donne la souveraine entière. Elle sera le plus grand monarque qui n'a jamais existé dans son royaume. Elle inspirera encore des siècles après sa mort.

Après tout, n'est-ce pas ce qu'on attend d'une figure qui se fait appeler « la Reine Vierge » ?

FIN