Ecrit pour ladiesbingo sur le thème "Undiscovered countries"
Avertissements pour des mentions de sexe, d'alcool, de nudité, d'un organe génital, d'un animal mort, d'un risque de noyade.
La pluie tombait, chaude, lourde, comme des larmes de rage plutôt que de tristesse. Michiko et Hana avaient trouvé refuge dans une cabane sur pilotis, où vivaient deux pêcheurs et leur vieille mère.
Hana jetait des coups d'oeil anxieux au niveau de l'eau, encore loin de la porte mais qui montait rapidement. Elle faisait poliment semblant d'écouter les histoires de pêche que racontaient les deux frères ; eux-mêmes avaient ignoré Hana en premier, trop concentrés sur les vêtements trop légers et trop moulants de Michiko. Comme s'ils comptaient l'intéresser avec leurs poissons !
Et pourtant, à un moment, Hana éprouva le sentiment - si familier, si désagréable - que si elle ne se mettait pas à suivre et même à surveiller la conversation des adultes, les conséquences allaient lui retomber dessus plus lourdement que des seaux de pluie.
"J'en ai vu une, une fois, sous forme humaine," expliqua le plus jeune des deux. "Je t'assure ! Elle se baignait dans la rivière, elle était nue, avec des cheveux blonds."
"Et tu ne l'as même pas invitée à la maison." se moqua le grand frère.
La grand-mère parla alors, pour la première fois de l'après-midi. "Ton frère a bien agi. S'il avait réagi à ses tentatives de séduction, elle l'aurait poursuivi, jusqu'à l'enlever et l'emmener de force dans la ville enchantée sous les eaux. C'est ce que font les botos."
Hana espéra un instant que son instinct l'avait trompée, et qu'elle avait juste pressenti le moment d'écouter un conte de fées, comme dans les livres qu'elle avait aimé lire. C'était certainement plus intéressant que les histoires de pêche !
"Les dauphins ?" demanda Michiko d'un air incrédule.
"Ceux-là, oui !" répondit la vieille femme. "Ils se transforment en humains, pour venir danser lors des fêtes, ou juste pour se baigner. Ils ont la peau pâle, comme des blancs, et souvent les cheveux blonds." Hana eut l'impression de sentir un regard posé sur elle, mais la femme avait les yeux si plissés qu'elle ne pouvait pas être sûre. "Ils sont tellement attirants, drôles et doux qu'ils peuvent séduire n'importe quelle jeune fille. Quant à leurs femmes, elles sont entreprenantes, et d'une beauté dévastatrice."
"Maman dit que leur magie est puissante," dit le grand frère, qui refusait d'exprimer ses propres opinions.
"Cela me fait penser, un petit verre de liqueur ?" demanda la vieille femme.
Les deux fils et Michiko acceptènt avec joie. Hana ne réalisa pas tout de suite qu'on lui en offrait à elle aussi, et refusa avec horreur.
"C'est un alcool magique qui permet d'obtenir la faveur de l'être aimé !" s'exclama le jeune frère. A l'expression de Michiko, cela avait l'air fort. Mais s'il espérait obtenir sa faveur ainsi, il roulerait lui-même sous la table avant longtemps. "Grâce à un pénis de dauphin rose mariné dedans !"
Michiko recracha sa gorgée. Hana envoya une prière de remerciements à Dieu pour avoir refusé le verre. Et elle ne priait que dans les grandes occasions.
"Ne vous inquiétez pas !" dit le plus jeune des deux frères. "Je ne me permettrais jamais de tuer un dauphin. Son corps a été rejeté sur le rivage."
Cela ne rassura pas Michiko non plus. Ou peut-être que si, parce qu'elle décida que la meilleure façon d'oublier était d'en reprendre un second verre.
"Dites m'en plus sur la ville enchantée sous les eaux," dit-elle à la vieille femme. "Je veux tous les détails."
A ce moment, Hana était encore en train de s'extasier sur sa politesse. Presque comme une vraie adulte. Si elle avait su...
Michiko se glissa doucement hors du hamac qu'elle partageait avec Hana. les deux frères le leur avaient prêté, et dormaient ensemble dans le leur, tandis que leur mère utilisait le seul matelas de la pièce.
Hana bougea un peu dans son sommeil, mais ne se réveilla pas. Michiko hésita un peu. Elle pouvait l'emmener. Elles avaient fait le trajet jusqu'ici ensemble pour une raison.
Puis elle se dit qu'elle reviendrait vite, qu'elle commettrait probablement quelques actions qui n'étaient pas pour les enfants en chemin, et surtout, que si elle la réveillait maintenant, Hana refuserait de croire au génie de son plan et essaierait de la retenir. Eh bien, tant pis pour elle !
L'eau avait beaucoup monté, mais restait juste quelques centimètres en dessous du plancher extérieur, étalé sur les pilotis. La pluie avait cessé. Les vagues étaient douces et calmes.
Michiko hésita un instant à emprunter une pirogue, mais elle doutait de ses capacités à la piloter. Elle choisit donc de se laisser glisser dans l'eau en silence, dans ses sous-vêtements qui feraient un très bon maillot de bain, et de nager jusqu'au nouvel emplacement de la rive.
Là, elle regretta de ne pas avoir emporté une gorgée de plus de cet alcool qui était répugnant, mais au moins, fort, et observa la rivière. La chance devait être avec elle : elle eut l'impression de voir nager quelque chose de rose et lisse.
"Hey ! Beauté ! Comment ça va ?" cria-t-elle, les mains en porte-voix. Elle avait trop bu pour être subtile, et n'était pas sûre d'y arriver de toute façon.
Et la créature s'approcha.
Michiko put voir un aileron long et bas, puis la créature sortit la tête de l'eau. Elle était d'une étrange couleur entre le rose et le gris, un museau trop long, des dents trop nombreuses. Puis elle replongea, et Michiko entrevit, à la surface de l'eau, une couronne de cheveux blonds.
Elle se retint à grand peine de murmurer le nom d'Hiroshi.
Mais quand la créature émergea de l'eau, ce n'était clairement pas lui - même si c'était le même genre de beauté. Michiko croyait totalement aux légendes qu'on lui avait racontées maintenant, bien plus réalistes qu'une arnaque compliquée, même si Hana prétendrait le contraire si elle était là. C'était une femme entièrement nue, à la peau pâle, aux longs cheveux blonds, et aux formes parfaites. Ses seins étaient encore plus volumineux que ceux de Michiko, qui ne put s'empêcher de les fixer un instant. Elle comprenait un peu ce que les hommes et Atsuko ressentaient maintenant.
"Tu es bien audacieuse," dit la jeune femme, un rire dans la voix.
"Toujours." répondit Michiko, en regrettant de ne pas avoir demandé à la vieille femme s'il était matériellement possible de s'échapper en leur donnant un grand coup de pied dans le menton. Il était trop tard pour revenir en arrière maintenant.
La femme passa une main sur la joue de Michiko, qui frissonna. Oui, elle était là pour une raison. Ce n'était pas pour cela qu'elle ne pouvait pas prendre du bon temps, surtout si cela pouvait la sortir du pétrin (ou l'y plonger ? Des fois, malgré ce que disait Hana, c'était un peu pareil.)
En tout cas, plonger sembla être le bon mot quand la femme-dauphin l'entraîna par la main. Michiko aurait, peut-être, pu résister. Mais elle avait quelque chose à aller chercher au fond des eaux. Et puis, cette femme sentait tellement bon... Michiko avait l'impression que si elle lui touchait les cheveux, ils seraient aussi doux que ceux d'Hiroshi.
Elle se boucha le nez et ferma les yeux quand la femme l'entraîna au fond de la rivière. Cela l'empêcha d'étouffer - pendant les cinquante premiers battements de coeur, au moins. Ensuite, elle commença sérieusement à paniquer. Elle ouvrit les yeux. Une eau brune, opaque, se mit à y entrer. Elle ouvrit la bouche pour hurler, ce qui était une très mauvaise idée.
Alors la femme-dauphin l'embrassa.
Choquée, Michiko, au lieu de mordre, l'embrassa en retour comme si sa vie en dépendait. C'était sans doute le cas. L'haleine de la femme-dauphin était... était de l'air pur, et Michiko se souciait peu de si elle sentait le poisson ou pas.
Michiko agrippait encore les épaules de la femme-dauphin pour l'empêcher de partir quand elle réalisa qu'elle était couchée sur le dos d'une route, avec de l'air partout autour d'elle, et qu'elle n'avait plus besoin de l'embrasser du tout. Elle laissa partir sa bouche moelleuse, avec un peu de regret. Puis elle regarda autour d'elle.
Les maisons de cette ville étaient faites de marbre. Le sol était pavé d'or.
Michiko avait réussi.
Michiko se leva, essora ses cheveux, essaya d'essorer ses vêtements, puis y renonça.
Elle leva les yeux. La jeune femme blonde à l'ample poitrine portait maintenant une jolie robe à dentelles avec une ombrelle. Michiko le remarqua avec beaucoup d'embarras et un peu de regret.
"Avant tout," dit Michiko, "je ne voudrais pas que tu tu fasses de fausses idées sur notre relation. Et... comment tu t'appelles, au fait ?"
"Maira," répondit la jeune femme, qui semblait s'amuser beaucoup.
"Maira. Moi c'est Michiko. Je te suis très reconnaissante pour m'avoir emmenée ici, mais je cherche quelqu'un. Un homme blond, à la peau blanche, comme toi, qui s'appelle Hiroshi. Je pensais le trouver ici."
Quand la vieille femme avait raconté l'histoire des dauphins roses, Michiko avait, bien sûr, pensé à lui. Mais c'était peut-être parce que tout lui faisait penser à Hiroshi.
Alors, elle s'était dit, je dois aller vérifier. Probablement parce qu'elle était à moitié ivre.
Mais maintenant, elle avait vu la beauté nonchalante et sensuelle de Maira. Et elle pouvait voir en jetant des coups d'oeil en coin, _tous_ les habitants de la ville des dauphins étaient semblables sur ce point quelle que soit la couleur de leur peau et de leurs cheveux. Elle était devenue encore plus convaincue d'avoir trouvé le bon endroit.
La femme-dauphin la regarda en souriant.
"Peut-être. Que me donneras-tu si je te parle de lui ?"
Michiko regarda autour d'elle. La magnificence de la ville lui brûlait presque les yeux. Elle avait connu beaucoup de mecs qui se seraient mis à courir en hurlant. de joie.
"Je suppose que si je te propose de l'or ou des diamants, tu ne serais pas intéressée."
Tous les marchands proposaient des nourritures riches et aux odeurs délicieuses. Il y avait même des télévisions ! Comment des dauphins pouvaient-ils avoir des télévisions dans leur pays sous l'eau ! Michiko se demanda s'ils observaient les actualités du monde humain ou avaient leurs propres programmes.
Maira rit. "Même pas si tu en possédais."
"Je pourrais t'embrasser !" proposa Michiko.
Maira eut un sourire plus large, et Michiko se rappela que les dauphins étaient des carnivores, malgré la douceur captivante de celle-là. "Oh, crois-tu que je te devrais quelque chose pour cela ?"
Michiko sentit ses joues s'échauffer, mais réussit à ne pas répondre de façon extrême.
"Qu'est-ce qui t'intéresserait ?" demanda Michiko, pensant que puisqu'elle était en bon termes avec Maira, il était plus simple de faire un accord avec elle, quitte à voler quelque chose à un autre dauphin. C'était des circonstances extrêmes !
"Allons en discuter autour d'un repas." dit Maira avec un sourire plein de dents pointues.
Michiko regarda autour d'elle. Bien sûr, toute la nourriture ici avait l'air absolument délicieuse, mais elle ne pouvait pas se permettre de perdre du temps si près du but.
"Dis-moi, dis-moi, dis-moi d'abord !" insista-t-elle. "On pourra manger après !"
"Cela ne se discute pas." dit Maira d'une voix séductrice. "Je suis sûre que tu en meurs d'en..."
Elle dut s'interrompre au beau milieu de sa phrase, car Michiko ne l'écoutait plus. Elle interrogeait tous les passants.
"Est-ce que tu connais un habitant de cette ville qui s'appelle Hiroshi ? Blond, grand comme ça ? Je l'ai rencontré dans... vous appelez ça le monde des humains ? Comment ça s'appelle ici ?"
Après tout, se disait Michiko, si elle demandait à suffisamment de monde, elle finirait bien par trouver quelqu'un qui savait _et_ qui était prêt à rendre service.
"Attends !" s'exclama Maira avec un mouvement impérieux de son ombrelle. "Tu crois vraiment que n'importe qui t'aidera ? C'est moi qui t'ai amenée ici !"
"Je dirais bien merci, sauf que c'était un kidnapping et j'ai failli me noyer, donc on est quittes !" s'exclama Michiko.
Et elle tourna le dos à Maira. Elle avait été gentille, certainement, selon les standards des enlèvements que Michiko avait subis. Mais elle était aussi si scandaleusement sexy que ça commençait à être un problème. Non, ce n'était pas une question de jalousie, ce n'était pas non plus parce qu'elle ressemblait à Hiroshi, c'était plutôt que... Michiko savait que certaines personnes pouvaient profiter de sa bonne foi de temps en temps, et elle semblait exactement le type. Pas spécialement le type à essayer. Plutôt le type à y arriver.
Elle ne se retourna pas, avec juste un peu de regret.
Il y avait un problème avec la nourriture ici.
Elle avait l'air délicieuse, poisson frit, viande rouge saignante, fruits parfaitement mûrs. Et pourtant, on la lui offrait gratuitement.
Michiko n'avait jamais été considérée comme très intelligente par les professeurs de l'orphelinat, mais elle avait connu des arnaqueurs. Ceci dit, elle n'avait pas envie de réfléchir, et déjà, son sang bouillonnait.
"Qu'est-ce que c'est que ces cuisses de grenouille et pourquoi tout le monde insiste pour que j'en mange ? Je vais te les faire bouffer, oui ! Enfin non, parce que c'est le but, mais..."
Elle avait saisi le dernier homme-dauphin par le col, et le menaçait clairement d'un coup de genou dans les parties basses.
Il eut un grand sourire, comme si c'était la meilleure chose qui lui était jamais arrivée. Michiko se retint, un temps, troublée.
Et puis elle secoua la tête, et se remit à secouer le col de sa victime aussi.
"Où est Hiroshi ? Je suis sûre que vous savez tous où il est, et vous vous amusez à ne rien me dire !"
L'homme commençait à paniquer. "Je ne sais pas ! Il n'habite plus dans le pays sous les eaux ! Il est parti il y a des années !"
"Oh!" s'exclama Michiko en le relachant. Elle observa tous les passants autour d'eux, qui la fixaient. "Vous auriez pu commencer par là !" lança-t-elle d'un ton offensé.
Contrairement à ce qu'elle avait imaginé, Maira était là, au premier rang des spectateurs. Et elle resta même quand la foule commença à se disperser.
"Pourquoi vous m'avez laissée faire ?" lui demanda Michiko. Elle venait juste de réaliser que, même si elle se sentait capable de botter les fesses d'une bonne douzaine d'entre eux, ils étaient en fait bien plus nombreux que ça, et auraient sans doute pu l'arrêter.
"Parce que c'était drôle !" Maira pencha la tête sur le côté de façon charmante, tout en faisant un mouvement artistique de son ombrelle. "Mais dis-moi, tu es vraiment immunisée ?"
"Moi ?" demanda Michiko. "A quoi ?"
Maira fronça le nez. "Au pouvoir de séduction des dauphins."
"Sérieusement !" lança Michiko. "Est-ce que je serais là en train de chercher Hiroshi si... si..."
Elle éclata en sanglots, la morve lui coulant par le nez, de façon absolument humiliante. cela ne dura que quelques minutes. Non, sa relation avec Hiroshi était bien plus que cela, et sa réaction à tous les autres était en train de le prouver. Elle s'essuya le visage et montra les dents à Maira.
"Un peu de jus de fruits ?" demanda-t-elle.
"Mais qu'est-ce que vous avez tous avec votre bouffe ?" demanda Michiko en essayant de jeter le verre par terre ; mais Maira esquiva.
"Oh, ça. Si tu en avais mangé, tu resterais ici pour toujours. Beaucoup de gens commencent par ça."
"Pourquoi tu me dis ça maintenant ?" demanda Michiko, les sourcils froncés.
"Parce que tu vas repartir de toute façon. Je n'avais pas réalisé à quel point tu étais obstinée."
"Hey." Michiko chassa les sentiments agréables que le compliment lui faisait ressentir, et décida de pousser sa chance. "C'est vrai, ce qu'il m'a dit sur Hiroshi ?"
Maira haussa les épaules. "Probablement. Il y a eu quelqu'un qui s'appelait comme ça, et qui est parti. Bien sûr, cela pourrait être un autre. Il a dû payer le prix pour cela."
"Je comprends pourquoi il est parti !" s'exclama Michiko d'un air de défi.
Si elle avait pu, elle se serait alors jetée dans... quelque chose pour rejoindre la rivière, pour ponctuer son affirmation. Mais la sortie était bien cachée, il lui fallut chercher pour trouver la rivière qui était, ici aussi, le fleuve Amazone, mais de l'autre côté, presque transparent.
Elle plongea sans hésiter. Elle ne repensa même pas qu'elle avait failli manquer d'air en arrivant.
Michiko n'était pas dans la cabane quand Hana se réveilla.
Elle jeta un coup d'oeil prudent à la fenêtre, espérant la trouver, espérant être capable d'esquiver si Michiko prétendait lui offrir un bain d'eau noire dès le matin. Mais il n'y avait toujours personne.
Elle commença à s'inquiéter modérément, et observa les autres habitants de la cabane. Les fils dormaient encore. La vieille dame, elle, était en train de tresser silencieusement ce qui devait finir par être un vêtement.
"Michiko vous a dit où elle allait ?" murmura-t-elle.
"Elle était partie quand je me suis réveillée au milieu de la nuit. Il ne pleuvait plus."
"Et personne ne me l'a dit !"
La vieille femme haussa les épaules, de façon qui prouvait qu'elle n'avait pas remarqué l'évidence : entre Michiko et Hana, c'était Hana la personne responsable.
Hana eut envie de sauter à l'eau. Elle se retint. "Est-ce que ce serait possible de convaincre vos fils d'aller la chercher ? J'ai peur qu'elle se soit perdue. Elle devrait déjà être revenue."
Ce fut arrangé, et bientôt, Hana parcourait la rivière accroupie sur la pointe de la pirogue, jetant des coups d'oeil intenses et inquiets aux deux rives, pendant que les hommes, qui ne perdaient pas le nord, pêchaient. Ils étaient flegmatiques, mais elle sentait qu'ils cherchaient aussi.
"Je la vois !" cria soudain Hana.
Michiko était presque nue - ce qui ne changeait pas grand chose à son état habituel - et sans connaissance sur la berge. Hana sauta dans l'eau pour faire les derniers mètres à pied, et peu importe si elle trempait ses vêtements cette fois.
"Michiko ! Je ne sais pas quelle bêtise tu as encore faite, mais tu as intérêt à te réveiller cette fois !"
Michiko laissa échapper un grognement qui prouvait qu'elle était vivante. Cela donna envie à Hana de la secouer et de la serrer dans ses bras en même temps, aussi elle se rabattit sur un mélange des deux. A ce moment, Michiko commença à tousser de l'eau avec des bruits de gorge pitoyables. Hana ne la lacha pas. Au point où elle en était.
"Tu es toute mouillée," commenta Michiko. "Normal, tu es un bébé dauphin." Mais comme elle mangeait la moitié de ses mots, et aussi, c'était franchement absurde, Hana choisit de l'ignorer.
"Qu'est-ce que tu fais à aller nager en pleine nuit !"
"J'ai trouvé Hiroshi ! Ou plutôt, je ne l'ai pas trouvé, parce qu'il n'était pas là. Mais j'ai progressé dans mon enquête. Je veux dire, je n'ai rien appris d'utile, mais, mais..."
Hana lui tapota doucement, maladroitement l'épaule.
"Ne t'inquiète pas, Michiko, on va le retrouver."
Hana ne voulait pas voir Michiko s'effondrer maintenant, alors qu'elle avait clairement beaucoup trop bu, et probablement un alcool qui contenait trop de pénis d'animaux. Ce n'était pas grave si elle avait eu quelques hallucinations. Elle était vivante, et là, dans les bras d'Hana.
Elle redeviendrait cohérente plus tard, ou pas.
