Disclaimer : Sinbad est l'oeuvre de James Dormer, de Russel Lewis et de Jack Lothian.
Résumé : La routine sert de bulle à Anwar. Une bulle où il se rassure autant qu'il souffre en essayant d'oublier les sentiments qu'il éprouve pour Sinbad.
Note de l'auteur : Cette fic a été écrite lors de l'atelier d'écriture du Discord « La Fabrique à Plumes » du 26/08/2021 sur le thème des signes astrologiques : écrire sur le prompt donné qui est en rapport avec la personnalité du signe à l'honneur. 30 minutes par prompt sauf le dernier (parce que c'est le dernier donc plus libre). Cette fic a été prolongée post-atelier. Prompt Final – Vierge : Votre personnage est très sage et effectue tous les jours le mêmes actions sans se plaindre mais iel cache un (grand) secret... [à vous de voir si le secret est dévoilé au grand jour, suggéré, ou à peine mentionné. Il doit malgré tout peser sur l'ambiance ou le perso]
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : Alphabet : A - Anwar Sheibani (Sinbad, 2012) + Sinbad/Anwar Sheibani (Ship rare) + Cap ou pas cap d'écrire un Anwar x Sinbad ? + Situation 463 : A n'ose pas avouer à ses amis qu'iel est d'une personne de même sexe qu'iel, de peur d'être rejeté.e + Quatre cent quarante septième baiser : Un doux baiser + Sarah&Voirloup 357 - Ecrire dans votre fandom sur un duo sur lequel vous avez peu écrit (10fic max) + 50 nuances de fandom méconnu + Titre du 11/08/2021 : Dans ma bulle
Dans ma bulle
Sa vie, malgré son côté bohème car au fil de l'eau, est étonnement routinière. Tous les matins, Anwar se lève à la même heure. Il se rend sur le pont, étudie ses cartes pour vérifier qu'ils sont sur la bonne route, calcule s'ils sont en avance ou en retard. Puis, il range ses affaires et aide Gunnar avec les voiles s'il y en a besoin ou dépanne Cook pour la vaisselle. Ils déjeunent tous ensemble puis, quand c'est à lui de le faire, il brique le pont. Si quelqu'un se trouve mal, il l'examine et tente de le soulager. Sinon, il vérifie ses stocks de plantes, d'onguents, de remèdes et s'il le peut, il lit ou relit ses rouleaux pour apprendre des nouvelles techniques ou pour réviser ce qu'il connaît déjà. Ils partagent encore deux repas ensemble si les provisions le permettent. Quand la nuit tombe, ils jettent l'ancre, restent au coin du feu et se racontent des histoires, des anecdotes, ils jouent ensemble. C'est une existence diamétralement opposée à son confort à Basra et pourtant, si elle peut être éreintante physiquement, il ne s'est jamais senti aussi épanoui. Contrairement à ses parents, malgré leur amour sincère, sur le Providence, Anwar se sent compris. Ecouté. Considéré en tant qu'être humain. Il a des amis.
Et surtout, il y a Sinbad.
Sinbad qui est son ami le plus proche.
Sinbad qui commence à lui faire peur à cause de ce qu'il lui fait ressentir.
Un homme ne devrait pas rougir sous les compliments d'un autre homme. Il ne devrait pas ressentir un envol de papillons né d'un sourire d'un autre homme. Il ne devrait pas avoir ce besoin d'être à ses côtés, de causer sa joie. Et pire encore, il ne devrait pas avoir envie de l'embrasser, d'explorer son corps et de se donner à lui. C'est pourtant tout ce qu'il éprouve à l'égard du combattant de Basra. Il le captive, l'obsède, hante ses pensées le jour et ses rêves la nuit. Alors les habitudes quotidiennes sont du pain béni pour lui permettre d'anesthésier son esprit quelques temps, d'oublier ce qui n'aurait jamais dû naître en lui. Et quand il sourit, il est sincère. Il est heureux à bord de ce navire, entouré d'une équipe aussi hétéroclite qu'attachante. Il a l'impression de faire partie d'une nouvelle famille un peu disparate mais largement moins toxique que ce qu'il a pu vivre.
Sauf que peu à peu, son silence le pèse. Son sourire, toujours si aisé à venir se nicher dans les plis de ses lèvres, lui paraît de plus en plus douloureux, sa peine en adéquation avec la pierre qu'il a sur le cœur. Il se tait, il ne prononce rien qui puisse le compromettre. Car même s'il sait que personne ne le rejettera s'il révélait son secret, il a peur de briser la paix délicate sur le bateau. Il a peur de perdre ce qu'il a avec celui qu'il aime en secret. Et oui, il l'admet, il a peur aussi d'être rejeté malgré sa certitude qu'il ne le sera pas. Parce qu'il a peur d'offenser son ami avec ses sentiments contre-nature. Il perd peu à peu son entrain même s'il parvient à le cacher. La présence du capitaine le soulage autant qu'elle entretient ses maux.
Aussi, quand il se retrouve un jour sans plus rien à faire, il se retrouve non seulement démuni mais effrayé car seul avec son cerveau qui surchauffe.
Malgré ses précautions, il a eu une insolation en essayant d'aider les autres. Ils l'ont remarqué plus vite que lui d'ailleurs, comme quoi les médecins peuvent aussi être les plus mal soignés. La tête qui tourne, la sueur, sa pâleur surtout. Rina l'a grondé et envoyé dans sa cabine comme un enfant pris en flagrant délit de bêtise. Là, allongé dans l'ombre rafraîchissante de ses quartiers, il se repose, tente de soulager son mal de tête qui n'est pas arrangé par sa réflexion permanente. Et il sait que remonter sur le pont va lui attirer plus de foudre. La porte s'ouvre, Sinbad entre en essayant de ne pas faire trop de bruit.
- Comment tu te sens ? Tente-t-il
- Ridicule...
Le jeune homme dépose une carafe d'eau et un gobelet près de lui. Il récupère vite un bol, un linge et éponge doucement son front.
- Je peux me débrouiller, Sinbad. Ne t'inquiète pas pour moi.
- Justement, je m'en fais pour toi. Depuis quelques temps, tu as l'air... triste. Ailleurs. Tu as des ennuis ? Tu peux m'en parler, tu sais.
- Je sais que je peux te parler. Simplement, je ne peux pas te parler de ça...
Anwar boit un peu avant de se rallonger. Il sent sur lui le regard inquisiteur du capitaine du navire.
- A garder ça pour toi, tu te fais du mal pour rien. Tu sais bien que je ne juge pas les gens. Laisse-moi deviner. Tu as le béguin pour quelqu'un sur le bateau ?
Ses yeux fuyants le font sourire.
- Oh, qui est l'heureuse élue ? Rina ? C'est vrai que vous êtes toujours fourrés ensemble. Nala ? Je ne peux pas te blâmer. On dirait un ange.
Chaque mot est un poignard de plus dans sa poitrine.
- Ce... Ce n'est pas une fille, Sinbad... Confesse-t-il douloureusement sans oser le regarder
- Oh... Eh bien, okay. Je ne suis pas sûr que Gunnar ou Cook soient de ce bord-là par contre...
Il voudrait lui hurler de se taire tant la douleur est insupportable. C'est uniquement quand Sinbad constate qu'il serre les lèvres, qu'il évite sciemment de le regarder, qu'il retient des larmes qui se confondent avec sa peau perlée de sueur, qu'il finit par comprendre. Anwar le sent. Et il attend désormais l'irrémédiable sentence.
- Anwar. Regarde-moi. S'il te plaît.
Il obéit à contrecoeur avant de se figer, il croit rêver, c'est impossible. Le jeune homme a posé ses lèvres sur les siennes avec une douceur insoupçonnée. Il se laisse porter, ne sachant pas s'il répond à ses sentiments ou si c'est pour lui permettre de tourner la page et de l'oublier pour que tout redevienne comme avant. Un doute qui s'efface quand la chasteté de leur étreinte disparaît alors que la passion la remplace. Ce n'est que le manque d'air qui cause leur séparation.
- J'attendais que ce soit toi qui m'en parles. Révèle son ami
Le docteur a un rire nerveux avant de sentir tout ce qu'il a retenu en lui couler à travers des larmes désormais libres. L'homme de sa vie l'embrasse à nouveau et seuls les quatre murs de la cabine sont les témoins de la naissance de cette nouvelle relation.
FIN
