« Lily ! » appela une voix lointaine.

La jeune fille se retourna dans son lit, ne sachant pas si son prénom avait réellement été prononcé ou si cela faisait partit de son rêve.

« Lily, debout ! »

Elle savait désormais que c'était la réalité, jamais personne ne lui demanderait de se réveiller au beau milieu d'un rêve. La jeune fille cligna des yeux plusieurs fois et aperçut le visage de sa mère penché au-dessus d'elle.

« Humm ? » grommela-t-elle.

« Tu n'as pas mis ton réveil ? » demanda sa mère. « Il est neuf heures, on part dans une heure. »

Neuf heures ? NEUF HEURE ?

Lily sauta de son lit, et courut dans vers la salle de bain en espérant que celle-ci serait libre. Par chance, c'était le cas. Elle ferma le verrou derrière elle et se dirigea vers l'évier pour s'asperger le visage d'eau froide afin de finir de se réveiller. Quand elle se redressa, elle aperçut ses cheveux roux dans le miroir : comment allait-elle pouvoir les arranger en si peu de temps ? Durant l'été, Lily avait décidé de se faire une frange et elle le regrettait amèrement désormais. En effet, depuis ce jour, il lui était devenu impossible de passer moins d'un quart d'heure à dompter ses mèches rebelles si elle voulait être présentable. Cependant, elle décida qu'elle réfléchirait à ce problème plus tard et entra dans la douche.

Quand elle en ressortit, elle enroula ses cheveux dans une serviette et repartit vers sa chambre. Elle ouvrit son armoire quasiment vide - elle avait eu la bonne idée de préparer sa malle la veille pour gagner du temps - et en sortit une robe bleue marine que sa mère lui avait offerte. Une fois habillée, elle s'assit devant sa coiffeuse et commença à appliquer du mascara sur ses cils.

« Lily ! » appela son père en bas des escaliers. « Le petit déjeuner ! »

Lily regarda son réveil : neuf heure trente-sept.

Merlin !

« J'arrive ! »

Elle attrapa sa veste sur le dossier de sa chaise et descendit.

« La voilà enfin, » dit sa sœur Pétunia quand la rouquine entra dans la cuisine et s'assit à sa place habituelle. « Il faut encore qu'elle se fasse remarquer, même le dernier jour, » ajouta-t-elle plus bas.

« Bonjour à toi aussi Tuney, » répondit Lily avec un sourire en ignorant la remarque de sa sœur.

Mais, même si le ton acerbe de sa sœur paraissait passer au-dessus de la jeune fille, Lily sentit son cœur se serrer. Avant que tout cela n'arrive, Lily et Pétunia Evans étaient plus que des sœurs, c'étaient les meilleures amies du monde, elles étaient inséparables. Mais cela avait bien changé, et l'événement perturbateur avait constitué en une lettre et une marguerite.


1er juillet 1971 :

« Tunie ! » appela Lily d'une voix joyeuse, « Tunie, viens voir ! »

Sa sœur apparue en haut des escaliers.

« Qu'est-ce qu'il y a Lily ? Pourquoi est-ce que tu cries comme ça ? » demanda l'aînée en regardant sa sœur trépigner d'impatience dans l'entrée.

« J'ai reçu une lettre ! C'est la première fois que j'en reçois une, » répondit la plus jeune en brandissant ladite lettre.

Pétunia descendit les escaliers pour rejoindre sa sœur et prit la lettre. Elle la retourna pour en connaitre l'expéditeur mais rien n'était indiqué. Seul un cachet de cire rouge cachetait l'enveloppe.

« Viens, on va aller voir les parents, » dit Pétunia en prenant sa sœur par la main.

Quand les deux sœurs eurent montré l'étrange enveloppe à leurs parents, Lily - qui ne tenait plus en place - décida de l'ouvrir et lu la lettre à haute voix.

COLLÈGE DE POUDLARD, ÉCOLE DE SORCELLERIE

Directeur : Albus Dumbledore

Commandeur du Grand-Ordre de Merlin

Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur-en-chef, Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers

Chère Mademoiselle Evans,

Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.

La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendrons votre hibou le 31 juillet au plus tard.

Veuillez croire, chère Mademoiselle Evans, en l'expression de nos sentiments distingués.

Minerva McGonagall

Directrice-adjointe

« Poudlard ? » demanda Pétunia. « Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Une école de magie et puis quoi encore ? »

« Pétunia, ma chérie, tu veux bien nous laisser avec ta sœur un moment s'il te plait ? » demanda Monsieur Evans d'une voix douce qui laissait cependant paraitre une certaine anxiété.

« Q-Q-Quoi ? » bégaya Pétunia incrédule.

« Chérie… » commença sa mère.

Mais elle ne finit pas sa phrase. Pétunia avait déjà fait volte-face et la porte d'entrée claqua derrière elle tandis qu'elle sortait en courant de la maison.

Après que ses parents l'eurent félicité et lui aient appris qu'une tante de sa mère était elle-même allée dans cette école, Lily sortit afin de trouver sa sœur. Quelques instants plus tard, elle aperçut les cheveux blonds et ondulés de son aînée qui était assise sur un banc dans le parc d'en face.

« Tunie ? » demanda la rousse d'une petite voix.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

« Pourquoi est-ce que tu es fâchée ? »

« Pourquoi ? Tu me demandes pourquoi ? » s'indigna sa sœur. « Et bien voyons, peut-être parce que toi, Lily, tu vas aller dans une école loin d'ici alors que moi je n'ai pas eu le choix et que je dois aller dans ce stupide collège de quartier tout ça parce que Papa et Maman ne pouvait pas payer les frais d'inscription à l'Institut Sainte Élisabeth. Mais toi, tu peux aller où bon te sembles ! »

« Mais Tunie, je devais aller dans le même collège que toi, » se défendit sa sœur. « Mais je vais devoir aller dans cette école parce que je suis… différente. »

« Différente ?! »

« Tu te rappelles à Noël quand on s'est retrouvées enfermées dans le placard sur le palier ? »

Pétunia hocha la tête.

« Oui, tu t'es mise à pleurer comme un bébé parce qu'il faisait noir. » lâcha-t-elle amèrement.

« Et la porte s'est ouverte comme… Comme par magie, » termina Lily. « Toutes ces choses étranges, elles s'expliquent enfin… »

« Quelles choses étranges ? » demanda Pétunia en se levant.

Lily se baissa et cueillit une marguerite aux pieds de sa sœur. Elle la déposa au creux de sa main et, lentement, la fleur se mit à flotter dans les airs à quelques centimètres de sa main avant de retomber. Les yeux de Pétunia s'écarquillèrent.

« Tu es un monstre ! Lily le monstre ! » s'écria l'ainée.

« Mais Tunie… » supplia Lily les larmes aux yeux.

Mais Pétunia avait tourné les talons et s'éloignait en courant. Lily resta immobile un moment avant de sentir une larme rouler sur sa joue. Jamais elle n'avait vu sa sœur ainsi. Jamais elle ne l'avait regardé avec autant de mépris et de haine. Elle sentit son estomac se tordre et son cœur se serra, pourquoi avait-elle l'étrange impression que jamais plus rien ne serait comme avant ?


« Hey, Black ! »

Sirius et Regulus Black se retournèrent tous deux lorsqu'ils entendirent leur nom. Un jeune homme brun aux cheveux tellement désordonnés qu'on aurait cru qu'il venait de traverser une tempête sur son balai agitait les mains dans leur direction. Un sourire en coin étira les livres de Sirius quand il aperçut celui qui l'avait interpellé.

« James, mec ! »

James tenta de se frayer un chemin à travers la foule qui s'amassait sur le quai de la voie neuf-trois-quart de la gare de King's Cross. Ce ne fut pas aisé étant donné que la majeure partie des jeunes filles présente se mettaient en travers de son chemin afin de le saluer.

« Bon et bien je vais te laisser avec Potter, » se moqua Regulus en levant les yeux au ciel. « A plus. »

« Salut Reg ! »

Et Regulus s'éloigna dans la foule au même moment où James arrivait à quelques pas de Sirius. Ce dernier traversa la distance qui les séparait encore et prit son ami dans ses bras.

« Mec, tu ne peux pas savoir ce que tu m'as manqué, » dit-il en soupirant.

« Tant que ça ? » se moqua James. « Attention Black, je pourrai croire que t'es amoureux de moi. »

« Moi ? Amoureux de toi ? Alors que toutes ces jolies jeunes filles n'attendent que le beau Sirius Black ? Pff… » répondit Sirius d'un ton faussement hautain.

« Rêve pas Black, » répondit James sur le même ton. « Toutes ces jolies filles, comme tu dis, n'attendent que le beau et célèbre nouveau Capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, c'est à dire… Moi. »

« Nous y revoilà, » dit Sirius en levant les yeux au ciel. « Je suis au courant que tu as été promu Capitaine mec, tu me l'as dit environ une dizaine de fois dans chacune de tes lettres cet été. »

« On ne se lasse jamais des bonnes choses, » rétorqua James d'un ton faussement offensé avant d'afficher un sourire angélique sur son visage. « Mais vois le bon côté des choses, maintenant que toutes les filles de Poudlard seront à mes pieds, je pourrai t'en laisser une ou deux. »

« Désolé mec mais je suis pas du genre à passer après un autre, » rigola Sirius enlevant le menton prétentieusement.

James Potter passa une main dans ses cheveux en bataille en levant les yeux au ciel.

« Viens, il faut qu'on se dépêche si on veut pas se faire prendre notre compartiment par des premières année qui ne connaissent rien à l'ordre des choses, » dit James.

Il commença à se diriger vers le train et Sirius le suivit, les mains dans les poches de sa veste en cuir.

Quand ils arrivèrent devant ce qu'ils aimaient appeler « Leur » compartiment, les deux garçons furent ravis de voir qu'il n'y avait personne à l'intérieur et s'installèrent chacun sur une banquette, étendant leurs jambes afin de poser leurs pieds sur la banquette opposée.

« Sinon, » commença James. « Comment se sont passées tes vacances ? »

« Oh, tu sais, à part les quatre murs de ma chambre j'ai pas vu grand-chose, » répondit Sirius en haussant les épaules.

« T'as dû faire des progrès en anatomie vu que la moindre parcelle de mur de la pièce qui te sert de chambre est recouverte de filles à moitié nues… » répondit James en riant.

Sirius se mit à rire.

« Tu verrais la tête de ma chère mère à chaque fois qu'elle rentre, » dit-il en mettant ses mains derrière sa tête. « Déjà que les couleurs de Gryffondor lui donnaient la gerbe, imagine maintenant. »

James leva les yeux au ciel.

« T'es un génie, » félicita-t-il son ami. « Sérieusement, je t'admire. »

« Je sais, je sais, » répondit Black faussement modeste. « Mais que veux-tu, quand tu es né dans une famille complètement cinglée, il faut trouver un moyen de pas le devenir. Et moi j'ai trouvé : les filles en bikini. »

« James ! »

L'intéressé tourna la tête vers la porte du compartiment et vit un jeune homme se glisser à l'intérieur. Son visage rond était rouge et il avait le souffle court.

« Pete ! » s'écria James.

« J-Je t'ai pas vu s-s-sur le quai, » bégaya Peter Pettigrew en s'asseyant à côté de James pour reprendre son souffle. « D-Donc j'ai couru jusqu'ici. »

« Ça se voit mon vieux, » se moqua Sirius. « Arrête de parler et reprend ton souffle sinon tu vas claquer. »

« Tes vacances se sont bien passées Peter ? » demanda James en se retenant de rire.

« Très, » répondit le jeune homme qui avait désormais repris son souffle. « Où est Remus ? »

« Sûrement à la réunion des Préfets. » répondit Sirius en levant les yeux au ciel. « Bon sang, quelle idée d'avoir promu le plus sérieux d'entre nous préfet ! Je suis sûr qu'ils pensaient que ça nous calmerait »

« Et bien après un an on peut affirmer qu'ils ont échoué si c'était le but, Maraudeur un jour, Maraudeur toujours, » déclama James d'un air solennel.

Les deux autres se mirent à rire.

« J'ai toujours pensé que ça serait toi James, » dit Peter en donnant un coup de coude à son camarade.

« Moi ? » s'étonna James. « Pete, voyons, j'ai eu plus de retenue que n'importe quel élève de Poudlard. Dumbledore est peut-être vieux mais il est pas encore sénile. »

« Et moi ? » s'indigna Sirius. « Je suis quoi ? Je te signale que toutes les conneries que tu as faites, je les ai faites avec toi ! »

« Sois pas jaloux Padfoot, » se moqua Potter.

Sirius leva les yeux au ciel.

« Moi, jaloux, jamais. »

Les trois garçons éclatèrent de rire et continuèrent ainsi pendant une bonne partie du trajet.


« Voilà, vous pouvez maintenant retourner dans vos compartiments, » finit Amelia Bones la Préfète-en-Chef.

« Et n'oubliez pas, les Préfets de cinquième année emmènent les nouveaux aux dortoirs après le diner, » ajouta Kingsley Shacklebolt, son homologue.

Lily se leva en s'étirant. La réunion de rentrée des Préfets était si longue. Elle se dirigea vers la sortie du compartiment des Préfets afin de rejoindre ses amies qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de voir.

« Salut Lily, » la salua Remus Lupin, l'autre Préfet de sixième année, en la laissant passer.

Remus était ce que l'on pouvait appeler un gentleman. Il avait toujours été gentil avec Lily et, même s'il faisait partie de la bande des Maraudeurs, il n'était pas insupportable comme pouvaient l'être James Potter et Sirius Black. Parfois, il arrivait que Remus et Lily restent plusieurs heures à étudier dans la Salle Commune de Gryffondor et ils avaient donc tissé certains liens, même si Remus paraissait toujours un peu distant. Il parlait rarement de lui et, quand Lily essayait d'en savoir plus sur sa vie, il changeait toujours rapidement de sujet. Mais malgré cela, elle appréciait sincèrement Remus.

« Salut Remus, » répondit Lily en lui adressant un sourire. « Tes vacances se sont bien passées ? »

Le jeune homme avait l'air fatigué et de larges cernes soulignait ses yeux verts. Cela aurait pu être étonnant pour quelqu'un qui revenait de deux mois de vacances, mais Remus Lupin avait toujours l'air fatigué et maladif. Alors, même si Lily le remarqua, elle n'y prêta pas attention.

« Oh, oui, tu sais j'ai lu certains livres moldus que tu m'avais recommandé, » répondit Lupin tandis qu'ils marchaient côte à côte dans le couloir du Poudlard Express.

« Vraiment ? » s'étonna Lily. « Tu as aimé ? »

« Oui, surtout celui avec l'orphelin : je l'ai lu deux fois, » précisa-t-il.

« 'Oliver Twist' ? J'étais sûre que tu allais aimer celui-là. » confessa Lily en riant.

« Et toi tes vacances ? »

Lily haussa les épaules.

« Plutôt bonnes, » répondit-elle. « Mis à part ma sœur qui ne supporte pas d'être dans la même maison que moi… »

Le sourire de Lily s'évanouit et Remus passa un bras autour de ses épaules.

« T'inquiète pas Lily, c'est simplement qu'elle ne te comprend pas mais un jour, elle reviendra vers toi. »

Lily leva les yeux vers Remus et lui sourit faiblement. Remus avait toujours les mots pour la réconforter quand il s'agissait de Pétunia et de son aversion pour sa cadette.

« Merci Remus. »

« Je t'en prie, » dit-il avec un grand sourire.

Il s'arrêta devant un compartiment et ouvrit la porte. Quand les trois occupants le virent, ils écarquillèrent les yeux et stoppèrent leur conversation. Cela étonna Remus dans un premier temps, mais il se rendit compte que son bras était toujours entouré autour des épaules de Lily Evans et il le retira vivement.

« Et bien, Evans, on se dévergonde ? » se moqua Sirius Black.

« Du calme Sirius, » intervint Remus. « Lily et moi sommes simplement amis. »

« Amis, vraiment ? » demanda Sirius Black en haussant un sourcil d'un air suggestif.

« Oui, tu sais, on appelle ça comme ça quand deux personnes s'apprécient sans pour autant se sauter dessus. »

« Quoi ?! Ça veut donc dire que tu ne meurs pas d'envie de me sauter dessus à chaque fois que tu me regarde Remus ? Vraiment tu me blesse… » demanda Sirius avec un petit rire.

Lily regarda le regarda amusée et Remus leva les yeux au ciel en soupirant. Son ami ne pouvait pas rester sérieux plus de cinq minutes.

« Cet idiot à une définition bien à lui de ce qu'est l'amitié, il ne comprendra jamais. On perd notre temps à essayer de lui expliquer, » dit-il en haussant les épaules.

Sur ce, Lily lui rendit son sourire et tourna les talons, s'apprêtant à partir quand quelque chose frappa son dos. Elle se retourna, furieuse, et croisa le regard amusé de James Potter.

« Voyons Evans sois pas gênée, tiens, prends une Chocogrenouille » dit-il d'un air angélique.

« C'est trop aimable, » répondit Lily d'un ton ironique en se retournant. « Et tu t'es senti obligé de me la lancer au visage ? »

« Du calme Evans, » dit Sirius en s'enfonçant dans sa banquette.

« Evans vraiment tu me déçois, je pensais que tu étais une fille intelligente mais tu ne sais pas faire la différence entre ton dos et ton visage apparemment » dit James d'un ton narquois

Lily leva les yeux au ciel. James Potter n'avait décidément pas changé durant l'été. C'était toujours un idiot insolent qui ne semblait vivre que pour l'agacer. En effet, cela était le passe-temps préféré du garçon depuis leur première année à Poudlard.

James haussa les sourcils et éclata de rire.

« Oh, allez Evans, le prends pas comme ça, » dit-il en riant. « Je voulais te faire plaisir. »

Il passa une main dans ses cheveux, ce qui agaça encore plus Lily.

« Et bien c'est raté Potter, » dit-elle en lui relançant le chocolat. « Je m'achèterai ma propre boite. »

Elle s'apprêta à s'en aller mais James se leva et la rattrapa par le bras. Elle se retourna d'un coup.

« Quoi ?! »

« Allez, » insista James avec un sourire en coin. « Le chariot est déjà passé et je sais que tu adores tellement les Chocogrenouilles qu'il en reste rarement une fois que le chariot est passé devant ton compartiment. »

Les yeux de Lily s'écarquillèrent. Mais pour qui se prenait-il ? Mais, rougissant encore une fois, la jolie rousse décida de ne pas relever et essaya de se libérer de l'emprise de James.

« Excuse-moi, mais ça serait gentil de ta part de me lâcher. » lança Lily.

Elle tira son bras une nouvelle fois, mais il resserra sa prise.

« Allez, Evans, t'énerve pas… » insista-t-il avec un sourire charmeur. « Je m'excuse de t'avoir lancé une Chocogrenouille. »

« T'es vraiment un mauvais menteur James Potter, » répondit-elle en haussant les sourcils.

« Sincèrement, je suis désolé, » répéta-t-il en affichant une mine de chiot martyrisé, « Pour me racheter, je te propose qu'on sorte ensemble à Pré-Au-Lard, d'accord ? »

Lily n'en crut pas ses yeux ni ses oreilles. James Potter était un abruti de premier ordre. Il avait passé son temps à la martyriser depuis le premier jour et là, il lui faisait l'affront de se payer ouvertement sa tête devant ses amis. Certes, il fallait avouer que James Potter était ce qu'on pouvait appeler un beau garçon. Certainement l'un des plus beau de son année, mais cela ne compensait pas son comportement déplacé, immature et complément idiot. Lily n'était pas comme la plupart des filles de Poudlard qui ne vivaient que pour adresser la parole à James Potter ou à Sirius Black. Au contraire, moins elle le faisait, mieux elle se portait. Mais là, il ne s'en sortirait pas simplement avec de l'ignorance. Non, pas cette fois.

« Potter, ton égo est tellement surdimensionné que ça commence à impacter tes capacités cognitives. Le monde ne tourne pas autour de toi ! » rétorqua-t-elle.

« Tu n'as pas répondu à ma question Evans »

« Argh ! » grogna-t-elle. « Ouvre les yeux Potter ! Non, je ne sortirai pas avec toi ! »

« Vraiment Evans ? Pourtant depuis que Snivellus ne te suis plus à la trace tu dois te sentir bien seule non ? »

Bam !

James lâcha son bras sur le coup du choc et se frotta la joue, les yeux écarquillés de surprise. Lorsque la gifle était partie, les trois autres Maraudeurs présents dans le compartiment avaient retenu un cri de surprise et s'étaient figés.

« Vraiment Evans ? » demanda Sirius d'un ton moqueur.

« Toi, » le prévint-elle en le pointant du doigt. « Tu la fermes. »

Sur ce, elle partit et cette fois James ne la rattrapa pas, trop secoué par la gifle qu'il venait de recevoir.


« Mais quel con ! » jura Lily à voix haute en remontant le couloir afin de trouver ses amies.

Lily sentait encore sa main brûler. Jamais elle n'avait été violente. Même si Potter l'avait toujours exaspéré, jamais il ne lui était venu à l'esprit de le frapper. Désormais, non seulement Lily se sentait humiliée par la remarque la remarque du jeune homme au sujet de Severus, mais elle se sentait également coupable d'avoir giflé quelqu'un, même si ce quelqu'un était James Potter.

« Qui a bien pu t'énerver au point de te faire parler toute seule ? »

Lily sursauta et fit volte-face.

« Marlene ! » s'écria la jeune sorcière. « Tu m'as fait peur ! »

Marlene McKinnon se mit à rire et pris son amie dans les bras.

« On se demandait où tu étais passée ! Le chariot est déjà passé mais pas d'inquiétude, comme je suis la meilleure des amies, je t'ai pris des Chocogrenouilles » l'informa-t-elle en la tirant par le bras pour l'emmener vers le compartiment qu'elle occupait. « Donc, tu vas me dire qui est le con dont tu parlais où est-ce que je vais devoir le deviner ? »

« James Potter, qui d'autre ? » soupira Lily

Sa réponse n'étonna pas Marlene qui était habituée à la querelle entre Lily et James.

« Et qu'est-ce que Potter à fait cette fois pour mériter une insulte avant même d'être arrivé à Poudlard ? » répondit-elle en riant

Lily lui raconta alors ce qu'il c'était passé en détails.

« Quoi ? Tu l'as GIFLE ? » s'écria Marlene en entrant dans le compartiment.

Alice Fortescue et Dorcas Meadowes qui discutaient en attendant leurs amies se turent d'un coup et regardèrent Lily avec des yeux ronds.

« Lily a frappé quelqu'un ? » demanda Alice, choquée.

« Qui que ce soit dit moi qu'il a le nez cassé ! » dit Dorcas au même moment

« Potter ! Notre Lily a giflé Potter » dit Marlene « Et le meilleur c'est que toute sa petite bande était présente pour assisté à cet acte historique ! »

« J'y crois pas » dit Dorcas « dire que j'ai raté ça ! »

« Pourquoi est-ce que tu l'as giflé Lily ? » s'enquit Alice

Alice avait toujours été la plus calme des quatre, l'opposé total de Dorcas qui perdait rapidement son sang-froid. Lily ne put s'empêcher de penser que leur réaction montrait vraiment bien à quel point ses deux amies étaient différentes l'une de l'autre. Elle raconta alors une nouvelle fois les évènements qui l'avait conduit à frapper James Potter.