Et le voilà... tout chaud, tout beau, tout doux XD Nous entrons, en fin de chapitre, dans le vif du sujet...


Chapitre 7 : Possession

Aiacos bascula sur le ventre, cherchant les améthystes couvertes par ces rangs de longs cils argentés.

"Tu n'as pas répondu à la question."

Griffon étendit le bras pour caresser, d'un revers effleurant, le flanc et le dos de son bel amant.

"A quel sujet ?..."

"Comment t'y prends-tu pour que tes sacrés fils ne s'entremêlent pas."

Petit rire de Minos, basculant sur le côté à son tour pour embrasser le bras, au tracé musculaire avantageux, du Garuda. "Tiens-tu vraiment à percer à jour tous mes secrets ?... Que se passera-t-il le jour où je n'en posséderai plus ?... Vais-je perdre tout intérêt ?..."

Aiacos plissa. "Serais-tu idiot, Minos ? Ce n'est pas comme si je te demandais de me révéler l'absolu secret de tes arcanes."

"Donc... je dois demeurer concis dans mon explication ?..." embrassant toujours la peau délicieusement hâlée.

"De préférence, oui."

"Une longue, longue maîtrise." avisant la bouche de l'Oiseau à s'en faire adorablement loucher, se hissant à sa hauteur. "Pour quelle raison mes fils t'intéressent-ils tant, Cos ?... Aurais-tu envie que je m'en serve présentement ?... Comme ceci ?..." les laissant s'emparer de la taille d'Aiacos pour le retourner sur le dos, d'un seul mouvement de main.

D'abord surpris, Aiacos finit par sourire à Minos. "Tu es le péché incarné, Griffon..." allant lui caresser la joue, glissant un pouce agile le long des lèvres fines. "... toi qui le condamnes si vertement, tu t'y livres sans compter."

"Par Hadès, frayer avec d'autres Spectres n'a jamais été considéré comme une faute !..." outré.

"Fort bien. C'est noté." sur un petit sourire bien senti qui camouflait très mal le fond de sa pensée.

"Ose et je..."

"Et tu quoi, Griffon ? Hein ? Dis-moi ?..."

Griffon vint se hisser sur le corps à sa merci, le chevauchant en basculant des hanches, conquérant.

"Oooooh... je vois !... Ça donnerait presque envie de s'y risquer !..." toujours dans la provocation qui lui était propre.

Minos porta la main au cou d'Aiacos, y refermant ses doigts. "Cela te... dégraderait." avec une moue dégoûtée. "Je suis d'ailleurs fortement étonné que tu y penses. Surtout lorsque tu te trouves en ma présence."

"Aurais-tu laissé ton humour en cale, mon cher Nos ?..." taquin, pas impressionné pour trois sous par la main serrée autour de son cou.

"Depuis ton arrivée, je ne me permets plus de désirer ni même regarder Rune. Toi, par contre, tu me sembles chercher l'appétit dans tous les recoins de ce navire. Je vais te dire, moi, Cos : le jour où tu te réveilleras aux côtés de ta bête terrestre, tu te demanderas si tu n'as pas été suffisamment ivre pour te taper le premier garde venu !..." fixant les iris sombres de son partenaire.

"Rune doit jouir comme une pucelle. Ses aigus m'insupporteraient. L'effet sur moi serait sans doute de l'ordre de la débandade." jouant à fond sur le double-sens.

Minos hésitait à le suivre davantage sur cette pente savonneuse... leur dernière altercation lui demeurait en mémoire et il rendit sa liberté à Aiacos, basculant sur le côté du lit défait pour s'y installer, récupérant ses vêtements.

"C'est... tout ?..." déçu.

"Oui. Je n'ai aucune envie que cela se solde par une nouvelle prise de becs."

"Oh, comme cette expression tombe à propos !..." amusé, allant flatter de quelques caresses le dos du Juge, doigts se frayant un chemin entre les pans argentés.

Malgré lui, la peau de Minos venait de se granuler, à la totale satisfaction d'Aiacos.

"Reste..."

Minos soupira, suspendant temporairement son habillage.

"Ne pars pas le ventre vide. Je vais nous faire servir quelque chose de consistant."

"Très bien. Mais dans un cadre intime, je te prie."

"Ici sera très bien, dans ce cas." se levant à son tour, sortant dans le couloir, nu comme un ver, donnant des ordres précis à une des servantes avant de revenir, se grattant l'arrière de la tête, cheveux en bataille.

Minos ne put empêcher un rire doux. "Tu ne fais vraiment aucun cas de ta nudité."

"Pourquoi le ferais-je, mon bon Minos ? Je n'ai rien à cacher." mais sur les anses de ses hanches.


Minos était ponctuel. Rune savait que ce trait devait s'appliquer à tous ceux qui étaient amenés à travailler avec le Griffon.

Aussi, Rune mettait-il un point d'honneur pour être à l'heure et plaire ainsi à son Seigneur.

"Rune, il ne faut pas tenir rigueur à Aiacos. Il apprécie de s'amuser." posant une main sur l'épaule du dévoué Procureur, tentant de justifier à sa façon le comportement irrévérencieux d'Aiacos.

Ce dernier envisagea le geste avec un petit sourire. "Ses amusements ne sont guère les vôtres, ni les miens. Veillons tous les deux à ce que ce soit la dernière fois qu'il bafoue ainsi les règles sacrées de notre beau Tribunal, Seigneur Minos."

"Quant à toi, n'oublie pas quelle est ta place face à un Juge." raffermissant sa poigne sur l'épaule de Rune.


Minos était perdu dans ses lignes d'écriture, tentant de remonter les ramifications de l'orgueil, cherchant à en dissocier les différentes formes. Puis soudain, ses pensées se dirigèrent ailleurs, d'elles-mêmes. Un sourire doux prit naissance sur ses lèvres.

"J'aime... la façon dont tu t'es abattu sur moi depuis le ciel." écrivit-il en marge.

Ses pensées demeurèrent un long moment centrées sur Aiacos, lui faisant négliger ses écrits.

Il décida d'ouvrir un carnet de poèmes dédiés à son Oiseau favori. Les lignes naquirent d'elles-mêmes ; gloire chantée, par un amant épris, à la terreur qui colorait de sang le ciel.


"Mes fils vont... là où je leur commande d'aller." avait fini par avouer Minos alors qu'Aiacos reposait au creux de ses bras.

"Je me disais bien que la technique était secondaire." souriant, occupé à lisser entre deux doigts une mèche argentée du Griffon. "Tu ne t'y es donc jamais retrouvé empêtré ?..."

"Une fois, ils... se sont accrochés à mes ailes... c'était... grotesque." avec un petit rire, allant effleurer d'un revers la joue de son favori.

"Devant un ennemi ?"

"Par Hadès, non !... Cette mésaventure m'est arrivée lors d'un entraînement solitaire, fort heureusement."

"J'aurai aimé voir ça ; un Griffon aux ailes ligotées par ses propres prouesses !..."

"Ce n'était guère réjouissant à voir, Aiacos."

"Tu as dû les maudire, ces fameuses ailes ?..."

"Cela m'a surtout servi de leçon pour ne pas reproduire la même, grossière erreur."

"As-tu... usé de tes fils sur Rune ?"

Petit soupir en face. "Il est si docile, Cos, que cela m'est inutile. Un ordre et le voici qui s'exécute."

"J'ai donc l'exclusivité de cette technique ?"

"En effet."

"Et je souhaite la garder."

"Qu'il en soit ainsi." se penchant pour l'embrasser, presque chastement, du bout des lèvres, comme pour sceller cette promesse.

"Maintenant." avec le regard brillant.

Les pupilles du Griffon venaient de se dilater et il défit Aiacos de ses vêtements avant de lâcher ses fils autour des poignets et des chevilles, lui faisant écarter bras et jambes.

Un instant, il admira le spectacle de cet être indomptable, pris dans ses fils par jeu.

Puis il se défit à son tour, venant le masser de tout son corps, ondulant sur lui tandis qu'il le tenait à sa merci.

Les soupirs se mirent à monter, sexes répondant aux stimuli, peau se gavant de ces effleurements plus ou moins marqués.

Tenu sur un bras, verges en contact hampe contre hampe, Minos les attrapa toutes deux, les flattant d'une prise agile et ferme.

Les deux poussaient à présent de lourds geignements, se faisant écho de la plus érotique des façons.

"Haaaaaaaah !... Nos !..."

"C... Cos !... Haaaaaaaan !... C'est..."

Minos affirmait sa dominance par de légers coups de reins tandis qu'Aiacos tentait un contresens, ajoutant au surplus de la main active de Minos.

Bientôt, ils en suintèrent, fluides se mélangeant en renforçant les sensations déjà bien présentes. Minos se plaisait d'ailleurs à dispenser ce lubrifiant naturel au moyen de son pouce, cherchant à même l'orifice. L'autre main contrôlait les fils retenant Aiacos en son pouvoir.

Minos était cambré, longue chevelure argentée suivant les vagues de ses ondulations, lâchant des propos outranciers comme chaque fois que les sensations le dominaient.

Aiacos, dessous, laissait échapper des sons de plus en plus rauques, sexe arrivant à bout de toute résistance, tout comme l'était celui de Minos.

Vint alors le meilleur de la sensation ; ces trente secondes avant le déferlement, où ils tentèrent un échange de regards flous avant de céder, grognant chacun leur plaisir, s'inondant laiteusement, dans des rauques sublimes.


Aiacos se tenait à la proue de son navire, embrassant l'horizon d'un regard d'oiseau de proie.

De devant, comme de derrière, la roue de plumes ouvertes de son surplis était impressionnante ; à en faire pâlir le meilleur des paons en parade !...

Il aimait se tenir ainsi lorsqu'ils survolaient les cieux à bord de ce navire tenu d'une main de fer.

L'ombre massive de la galère noire surplombait la Terre des rampants, leur rappelant l'imminence du jugement.

Cette fois, Violate ne fut guère invitée à siéger aux côtés du Roi de Karura, ce dernier souhaitant jouir d'une certaine solitude.

Déjà, dans les rangs, l'attitude questionnait : "Violate aurait-elle perdu sa position de favorite ?..."

Le vent soufflait contre les joues du fier rapace, faisant taire le murmure qui secouait le pont.

Violate savait qu'il était inutile, voire dangereux, de s'approcher du Juge sans son consentement. Aussi était-elle demeurée sur le pont, oreilles fermées à la vague de bruit qui gonflait dans les rangs.

Aiacos avait été sommé par Hadès de reprendre possession d'un territoire tombé sous l'égide d'un ancien Spectre qui s'était permis de trahir sa Majesté.

Même si ledit Spectre se révélait discret, s'étant constitué une petite garde personnelle de déchus, savoir qu'il existait insupportait Hadès.

Pour quelles raisons Hadès avait-il choisi Aiacos ?... Eh bien parce que le Juge représentait à lui seul la colère s'abattant du ciel, le bras armé et impitoyable d'Hadès !...

Hadès avait bien précisé au Juge de ramener l'impudent vivant, la suite étant confiée à Minos.

Pour Aiacos, qui avait pour habitude de briser ses ennemis en quatre ou leur infliger une mort immédiate, l'exercice demandait du tact ainsi que du doigté.

"Rappelez-vous... Hadès Sama le veut vivant." rappela-t-il avant l'abordage de ses troupes.

Il s'arrêta devant Violate. "Je ne t'enverrai que s'il montre suffisamment de résistance pour mettre mon armée en difficulté."

Béhémoth acquiesça d'une petite courbette, désireuse de se plier aux ordres du Juge.


On traîna le traître sur le pont, maintenu par deux Spectres, jambes pendantes, le jetant aux pieds griffus d'Aiacos.

"Ainsi... c'est toi qui fais de l'ombre à notre Seigneur ?..." questionna le Juge, toisant le Spectre déchu de haut. "A quelle armée appartenais-tu déjà ?"

Silence.

Stand s'avança, gratifiant le Spectre d'un coup de pied tel qu'il fut projeté contre le bastingage du navire, s'y échouant avec violence. "TU VAS RÉPONDRE, TRAITRE ?!"

Aiacos fronça les sourcils, levant la main pour rendre son geste à Stand, le propulsant contre le parapet avec la même violence.

"A quel moment ai-je fait appel à tes compétences en matière d'interrogatoire, rappelle-moi, Stand ?"

Ce dernier était visiblement plus sonné par le coup que le traître dont il souhaitait obtenir une réponse !...

"Bien. Mettez-moi ça en cale. Violate, je te charge de la surveillance."

"Bien, Seigneur."


Minos se tenait d'un côté du trône royal, Lady Pandora de l'autre.

C'est Aiacos qui fit d'abord son entrée - le cœur animé de Minos fit un bond en le voyant arriver de son pas le plus sûr - suivi par deux Spectres de sa garde, maintenant fermement le prisonnier.

Ce dernier fut jeté sans ménagement sur les marches devant le trône d'Hadès.

C'est Minos qui vint s'emparer de lui grâce à sa technique, le suspendant dans les airs, à hauteur d'Hadès.

"Tu vas apprendre ce qu'il en coûte de t'octroyer ainsi un territoire qui me revient de droit." se levant, ceint de juste colère. "Mais avant, je laisse le loisir à Minos de disposer de toi." puis se tournant à moitié vers Minos. "Tâche de corriger ses vilaines manières."

"Bien, votre Altesse."


"Il t'a opposé de la résistance ?" questionna Aiacos.

"Pas l'ombre." déclara Minos.

"Employer deux Juges pour corriger un Spectre de si petite vertu, c'est presque... insultant."

"Notre Seigneur doit avoir ses raisons."

"J'ai horreur de tenir ainsi mon pouvoir en laisse." grognon.

Petit rire de Minos. "Tu t'y es pourtant tenu."

"Je me voyais mal ramener les pièces d'une charogne en pleine salle de trône, Minos !..." croisant les bras.

"En effet." concéda l'aîné.

"Ceci dit, j'aurai très bien pu charger Violate d'une telle requête."

Minos siffla entre ses dents, agacé dès qu'il s'agissait de Béhémoth.

"Ou toi Rune." se plut-il à ajouter.

"Nous ne pourrons montrer nos véritables talents que lors de la prochaine guerre sainte que notre Seigneur ne manquera pas de déclarer à Athéna et ses sbires. En attendant, nous devons nous contenter de ces guerres intestines."

"Hmm mmm. Entre deux parties fines."

Minos cessa son pas. "Est-ce... un passe-temps pour toi au même titre que le serait un loisir, Aiacos ?..."

Aiacos s'arrêta, fixant Minos. "Qu'attends-tu que je dise ?..."

"Je te demande si... notre relation n'a pas plus de valeur pour toi qu'une récréation, Cos."

"Comme tu prends la mouche, beau Griffon !..." amusé, levant la main pour caresser la joue pale, geste aussitôt intercepté par Minos.

"Réponds."

"OK, très bien. C'est... plus, bien plus qu'un passe-temps, Minos." sur un soupir. "Tu... tu me plais, Minos. Vraiment, je veux dire. Tu es le seul à me faire vibrer de cette façon."

Le sourire se redessina sur les lèvres fines du Griffon. "Voilà qui est mieux." relâchant le poignet d'Aiacos.

"Ces termes ont-ils satisfait mon beau Griffon ?..." lissant une mèche de cheveux argentés entre ses doigts, garnis des garde-phalanges de son redoutable surplis, approchant son visage du sien, lisant le trouble dans les améthystes de son partenaire.

"S'ils étaient sincères, oui."

"Douterais-tu de leur véracité ?" sévère.

"Je te crois capable de tout. Y compris de m'apaiser lorsque cela t'arrange."

"S'il s'agissait d'un autre que toi, je lui ferai sauter la tête sur-le-champ !..." plaquant son plastron menaçant contre le sien, dans un choc de surplis. "Je n'ai jamais triché avec toi, Minos." cherchant à cibler ses prunelles pour s'y fixer. "J'en suis tout bonnement incapable. Est-ce un sort que tu m'as jeté ? L'une de tes spécialités ?"

"Aiacos... je n'ai jamais..." en demeurant bouche bée.

"Shhh." barrant les lèvres de Minos. "Qu'importe. Je ne souhaite pas le savoir." s'écartant d'un pas. "Et toi, qu'es-tu venu chercher ? Plus de répondant que n'en possèdera jamais Rune ?" piquant à son tour.

"Tu ne peux pas savoir ce que tu as provoqué en moi ce jour où tu es descendu du ciel, Aiacos." penchant adorablement la tête sur le côté. "Je ne suis plus le même depuis. L'immensité de la place que tu as prise est telle qu'elle en est déstabilisante. L'élite des Spectres a-t'elle le droit de désirer si profondément ?... De vénérer un semblable au point de faire de l'ombre à notre Seigneur lui-même ?..."

"Moi, ça me va." ramenant Minos à lui, dessinant ses lèvres fines de la pulpe des pouces. "A présent, montre-moi, Nos... cette si jolie bouche... capable de proférer tant de vilaines choses..."


Aux Enfers, le temps paraissait figé. Il semblait aux Spectres qu'il s'était écoulé quatre cents ans jusqu'à ce qu'Hadès professe guerre contre Athéna.

Être sur le pied de guerre signifiait une mobilisation complète des armées disponibles ; des juges quittant leurs Tribunaux respectifs, montant en première ligne.

Les Enfers, connus pour leurs règles implacables et méthodiques, connaissaient depuis une véritable effervescence.

Et pendant que beaucoup peaufinaient leurs attaques et leurs stratégies, deux Juges se faisaient l'amour en guise d'adieu.