Ils portent bien leur titre XD Voilà le chapitre 9 ^^ régalez-vous !...


Chapitre 9 : Sons of hell

Griffon se traînait hors du lit pour se nourrir de quelques mets frugaux.

Puis il résolut de prendre un bain, se défaisant de sa tenue de nuit avant d'observer son reflet dans le miroir. Ma foi... ce n'était guère fameux !... Des cernes interminables sous les yeux, un teint brouillé, une maigreur à faire peur. Assurément, le Juge se mourait. Avait-il l'intention de galvauder ainsi la seconde vie accordée par son Seigneur et Maître ?...


S'il y en avait une qui se faisait une joie immense de ne plus croiser le chemin du Griffon, c'était Violate !... Cependant, voir Aiacos aussi triste et abattu ne lui causait que du trouble.

Même les combats, qui d'ordinaire l'animaient, le laissaient à présent de marbre, regard cherchant ailleurs.


Au premier Tribunal, Rune était débordé. Lui aussi se languissait de Minos.

Les propos fâcheux qu'il entendait à son sujet ne lui convenaient guère et il résolut de lui rendre une petite visite à Tolomea.

"Seigneur Minos." avec une petite courbette alors que ce dernier prenait l'air sur son balcon, allongé sur une banquette, contemplatif du ciel ambré des Enfers.

"Rune. Comment se porte le premier Tribunal en mon absence ?..."

"Il souffre, Seigneur."

La réponse fut si directe qu'elle surprit presque Minos.

"Eh bien passes-y plus de temps." tomba aussitôt.

Petit rire derrière lui. "Ce n'était pas vraiment... ce que ma remarque suggérait, Seigneur Minos." fixant le mouvement des jolies mèches argentées, hérissées sur le dessus du crâne de son compatriote.

Minos soupira. "Veux-tu dire que tu es incapable de t'en sortir sans moi, Rune ? Voilà qui est fâcheux." incapable de camoufler un petit sourire de satisfaction.

"Je vous demande humblement d'écourter votre... hem... convalescence pour revenir m'épauler."

Minos eut un geste de la main qui signifiait à Rune que sa demande avait été prise en compte et qu'il souhaitait à présent demeurer seul.

Rune se retira de ce pas, toujours aussi obéissant et dévoué.


Si Rune était parvenu à secouer le côté professionnel du beau Griffon, il en était un autre duquel son cœur et son corps se languissaient cruellement... hors de question cependant de se présenter à lui dans une apparence négligée aussi peu ragoûtante !... Il fallait le meilleur pour Aiacos. Oui, le meilleur !...


Alors qu'Aiacos se débattait avec une belle brute de près de deux fois sa taille, prêt à lui asséner une flambée de cosmos rugissant, son assaillant fut soulevé dans les airs pour être fracassé, sans ménagement, contre le mur d'enceinte de l'arène.

"Mine !" grogna Minos.

Aiacos se redressa, assis sur son séant, observant celui qui marchait droit sur lui. Il ne put empêcher son sourire de gagner à la vue de cette silhouette qui avait repris en masse pour arborer ce corps tonique qu'il avait toujours connu.

"Juste au moment où j'allais le cramer. Tu me prends tout mon plaisir, Minos !..." sur un air renfrogné.

Minos lâcha ses fils sur Aiacos, le plaquant contre le mur, s'approchant de ses lèvres. "N'as-tu pas entendu ce que je viens de dire, Cos ? Mine."

Aiacos eut le souffle littéralement coupé et le sexe en éveil.

"Cela... reste à voir, Griffon." provoquant, comme à son ordinaire.

La main de Minos grimpa le long de son torse, vagabonde. "Ne te sens pas obligé de renforcer ta ligne de défense pour moi, Aiacos."

"C'est toi qui... as perdu la tête devant la beauté, étourdissante, il faut le reconnaître, de cet ennemi."

"Je l'ai défait. Dans les règles de l'art. Et ce pour la plus grande gloire de notre Seigneur."

"Il t'a quand même foutu parterre, présomptueux Griffon. Et j'ai bien cru devoir t'y ramasser à la petite cuillère." respiration s'accélérant de seconde en seconde devant l'entreprise de Minos.

"Un moment d'égarement."

"Qui a bien failli te coûter la vie !"

"Tu sais ce que l'on dit ?... Il ne faut jamais vendre les plumes du Griffon avant de l'avoir tué."

"Quelle créature divergente tu fais..."

"En attendant, je te tiens en mon pouvoir, Cos." battant presque des cils, enjôleur.


A Tolomea, sur une vaste terrasse :

"L'as-tu désiré, Minos ?..." planté derrière lui, bouche proche de son oreille.

"Oui." sur un souffle confessant.

"Plus que moi ?..." laissant passer une mèche argentée entre deux doigts.

Griffon se raidit, souffle pris. "Ce n'était pas... le même rapport. Tu sais pourtant quelle exaltation s'empare de moi lorsque je découvre un pantin digne de mes fils !..."

"Tu mériterais que je te mette au pain sec et à l'eau, Griffon, pour m'avoir causé autant de tourments."

"Tu te... punirais toi-même, Cos. Et cela, tu n'y tiens pas."

Aiacos bascula sur le devant, venant chevaucher Minos. "Tu es présomptueux, Griffon. Je vais corriger ça." venant prendre cette bouche avec élan, vif dans l'échange, écrasant dangereusement ses lèvres contre celles, conquises, de Minos.

Garuda fut hautement satisfait en quittant la bouche de Minos, notamment du flou laissé dans ses iris améthystes.

"Tu as bien assez à faire avec Rune pour aller t'encombrer d'un Saint, quelle que fut sa beauté."

"Il était d'une tout autre trempe, crois-moi, Cos." fixant le visage lui faisant face.

"Je veux l'exclusivité."

Petit rire de Minos. "Tu deviens possessif, Rapace."

"J'ai failli te perdre." entourant la nuque de Minos de bras fermes.

"Être à toi constituerait donc une... sécurité ?..." glissant un pouce le long des lèvres encore humides d'Aiacos. "Tu as de bien curieuses façons..."

"Ma manière de te dire que... j'ai eu peur pour toi, Griffon."

"Tes sentiments me vont droit au cœur, Cos." souriant, d'un charme fou.

"Par ailleurs, il m'incombe de t'honorer sur-le-champ." reprenant la bouche avec fermeté.

Minos s'y détacha avec délice, envisageant cet Oiseau en appétit. "Je pensais que jamais tu ne le proposerais..."

"Je l'ai déjà fait, Minos !..." amusé, ne saisissant pas encore les pensées de l'aîné.

"Non. Jamais."

Aiacos fronce. "Parlons-nous de la même chose ?..." remontant en caresses le long des flancs étroits de son partenaire.

"Hmm mmm." améthystes brillantes, se faisant parfaitement comprendre.

"Hors de question." soufflé à son oreille.

"Il est temps d'évoquer l'alternance. Le moment est on-ne-pourrait mieux choisi. Je vais... me faire un plaisir de... me glisser entre tes chairs gorgées, Cos. Et crois-moi je serai... le plus attentionné des amants." doigts allant s'égarer du côté de la chevelure relevée et sauvage du Garuda, tandis qu'il menait un nouveau baiser à sa guise.

"Tu m'as fait souffrir mille tourments... et à présent, tu exiges de..."

"Je suggère. Y vois-tu la nuance ?..." reprenant le baiser avec lenteur. "Crois-moi... tu ressentiras un plaisir inédit... et tu en redemanderas."

Aiacos fronça. "Et si... le contraire se produisait ?..."

"N'es-tu pas plus curieux que cela, Garuda ?..."

"Bon... très bien, tu as... gagné."

"Viens." le prenant par la main pour le diriger jusqu'à l'intimité de la vaste chambre.

Minos défit Aiacos avec lenteur, rendant longuement hommage à sa peau dorée.

De son côté, Garuda attisait Minos, des mains, des lèvres et de la langue. Parfois des dents.

"Bien. Laisse-moi te... préparer à présent..." faisant allonger Aiacos, relevant ses jambes, allant flatter l'orifice convoité de la langue.

"Haaaaaa..." découvrant là une sensation inédite.

Minos sourit. "Voilà qui ne tarde guère..." ravi.

Aiacos s'ouvrait à mesure que les sensations progressaient et Minos était rudement calé en la matière !...

Un doigt, un second, un troisième...

L'érection du Griffon ne faiblissait guère devant pareils encouragements.

Aiacos, quant à lui, se caressait avec lenteur. "Je n'aurai... jamais imaginé ainsi nos... retrouvailles..."

"Il fallait... marquer le coup." affirma Minos, allant et venant des doigts avec lenteur.

Récupérant l'onguent, il s'en enduisit, ainsi que son partenaire de jeu.

"Promis, je serai... délicat."

"Tu l'es en toute circonstance, Minos... même lorsque tu... lâches des insanités..." respirant lourdement.

Minos demeura un long moment à butiner, de sa jolie prune éclose, l'entrée d'Aiacos.

Le meilleur restait à venir !... Il était impatient de voir Aiacos perdre tout contrôle lorsqu'il irait marteler, avec douceur et répétition, le fameux point P. Et Minos s'y connaissait, se fiant systématiquement et infailliblement aux sons et aux réactions de son partenaire pour peaufiner sa recherche et aboutir !... Redoutable amant, persévérant Griffon.

Il s'invita lentement en Aiacos, le laissant s'habituer à la sensation nouvelle. Ce n'est que lorsque Garuda l'appela des hanches que Minos se mit en mouvement.

Garuda sentit en très peu de temps les premières sensations ; cette vague lui inondant tout le bassin, se répartissant dans ses jambes, remontant jusqu'à ses bras.

"Haaaaaaaah... ooooooooh..."

"Je t'avais dit que... tu ne le regretterais pas."

"Achè... ve-moi... Min..." se tordant sous lui.

Petit rire de la partie adverse. "Je vais te livrer à un plaisir retentissant, mon cher Cos. C'est le genre d'orgasme qui ne connaît aucune période réfractaire... celui dont tu peux enchaîner le nombre. Tu vas en ressortir... rincé, mon très cher Cos." à son oreille qu'il mordillait.

Garuda l'entendait de très loin, certaines paroles ne lui parvenant même pas.

Minos se remit en mouvement, hanches mobiles à souhait, verge dressée frappant sans cesse le précieux point de contact, stimulant cette glande de la taille d'une noix, capable de tant de ravages charnels !...

Aiacos monta haut, très haut - le moins qu'on pouvait en attendre pour un fils du ciel !...

En moins de vingt minutes, il était passé par pas moins d'une dizaines de pics sublimes.

Il avait l'impression de rendre tout son cosmos alors que le tout repartait plus fort encore les secondes d'après.

Ce qui s'échappait de son sexe n'était pas mal non plus ; ce liquide pré-séminal coulait hors de lui comme une véritable fontaine !... Il ne s'était jamais cru capable d'en produire autant en si peu de temps.

Pour mettre fin au supplice délicieux, Minos vint s'occuper de lui jusqu'à la jouissance classique qui demeura bien fade après tant de puissance montante !...

Puis Minos s'autorisa enfin à venir inonder l'antre stimulé de son cher Rapace.

Les deux s'effondrèrent sur le lit, lessivés comme jamais.

"C'était..."

"Tu as vu... des étoiles... n'est-ce pas, mon cher... Cos ?..."

"La voie lactée... la carte du ciel... Minos, tout y était... Ce fut..."

"... fabuleux ?..." sourit Minos. "Pour moi aussi... te voir partir si loin, Cos..."

Sourires échangés avant de rejoindre les bras d'un sommeil légitime.


Minos prenait l'air vicié des Enfers sur le balcon, rejoint par Aiacos qui vint l'enserrer.

"Comment se porte... le Spectre qui m'a tant apporté hier soir ?..."

"A merveille." souriant, caressant les bras refermés autour de lui, frottant sa belle tête contre celle d'Aiacos. "Dire que tu étais réfractaire au départ..." amusé.

"Quel bel idiot j'ai pu faire..."

"Tu vas en redemander ?..."

"Oooooh oui." soufflé. "Mais je compte te rendre la pareille avant. Alternance, tu te souviens ?..."

"J'en prends bonne note."

"Par contre... toi qui as été un homme de science... tu es sans doute capable de m'apporter une explication quant... à ce prodigieux phénomène."

"Bien sûr. Je me suis simplement appliqué à stimuler une glande inconnue du grand public ; la grande négligée du plaisir, du fait de sa position et de son accessibilité, malgré un potentiel évident." sur un petit rire.


Certaines nuits, durant ses rares périodes de sommeil - Griffon était du genre peu gourmand en heures de sommeil, doublé d'un insomniaque - Minos rêvait de bribes de sa vie passée.

Le Docteur Svendsen était un homme de renommée. Sage. Lent à la colère.

Il était meilleur père qu'époux. Sa femme s'ennuyait. Aussi, profitait-elle des marchés pour se divertir, espérant trouver son bonheur parmi les riches marchands.

Sindre adorait le marché pour ses odeurs, son côté authentique. La couleur rare de ses iris lui valait tous les compliments. L'enfant était d'une beauté troublante.

Bien sûr, du haut de son jeune âge, Sindre ne pouvait guère comprendre les motivations qui animaient les adultes, sa mère notamment. Il la suivait avec bonheur, récoltant régulièrement des friandises pour attirer l'œil de façon aussi singulière.

L'enfant de la dernière chance, Paula, manqua malheureusement de rapprocher le couple désuni.

A l'adolescence, Sindre développa un œil plus critique et l'attitude de sa mère souleva une vague de soupçons au fond de lui.

Le marchand sur lequel elle avait des vues se nommait Jørgensen Alfrid. Veuf et séducteur. Sindre le détestait. Il était l'exact opposé de son père ; distingué et humble.

Nul ne fut étonné d'apprendre que Sindre, élève modèle selon son précepteur, suivait la voie de la médecine. Père et fils se rapprochèrent davantage, laissant Mme Svendsen à ses contemplations morbides.

Quant à Paula, elle répondit davantage à l'affection de son père que de sa mère.

Isolée, rejetée par son marchand au bénéfice d'une femme plus jeune, Mme Svendsen en arriva au suicide. Le geste affecta profondément Sindre. Il trouva alors refuge dans le grenier de la maison, au milieu des coffres contenant les effets maternels. Sindre y dénicha d'ailleurs une lettre écrite de la main de sa mère, expliquant la douleur qu'elle avait pu ressentir à être uniquement considérée comme la "femme du Docteur Svendsen". A l'évidence, elle n'était jamais parvenue à trouver sa voie... et pour ce fait, Sindre la méprisait.

Pour s'oublier, Sindre travaillait son très joli coup de crayon. Il s'était fait fabriquer un pantin de bois articulé qui lui permettait d'affiner son trait et d'étudier certaines positions ; le mannequin lui servant de modèle.

La première dissection fut pour Sindre une véritable révélation !... Il avait prélevé chaque organe, placés dans une solution conservatrice, pour en dessiner chaque détail.

Mais sa passion demeurait les articulations avec leurs os spécifiques et leurs tendons ; un prodige de mécanique humaine !...

Dès ses premières années d'études, il s'était mis à fabriquer des aides de cuir visant à soulager les personnes souffrant des articulations, comprenant éminemment le fonctionnement de ces dernières et quels points décharger afin d'obtenir un apaisement de l'inflammation.

Les choses prirent une tournure dramatique lorsqu'il aborda le virage de la vingtaine. Jeune, fringuant, plein de promesses, faisant la fierté familiale, le jeune adulte fut confronté au viol de sa sœur Paula. Le responsable n'était autre qu'un voisin dont on plaidait le dérèglement de l'humeur. Inadmissible pour Sindre !...

Fou de colère, il prépara une table conçue spécialement par ses soins, garnie de multiples lanières et sangles, munies de roues qu'il suffisait d'actionner pour faire souffrir les articulations humaines jusqu'à la torsion voire l'arrachement.

Sindre attira le simple d'esprit jusqu'au grenier, lui bâillonnant la bouche avant de l'attacher, prenant un vaste plaisir à le torturer avec précision durant plusieurs heures au moyen de cette table !...

Se débarrasser du corps avait été un véritable jeu d'enfant ; découpé au moyen d'une scie en prenant mille précautions pour éviter les éclaboussures, mis dans une malle hermétique pour le transport, restes placés dans une fosse creusée en pleine forêt, recouverts à grand renfort de chaux. C'est Sindre qui déclencha la réaction en urinant sur les restes, dans la fosse. Alors que le processus chimique se produisait, il comblait le trou à la pelle. Avec de telles précautions, aucun prédateur ne pourrait plus déterrer les restes pour en faire son festin.

Ce crime ne lui posa d'ailleurs pas le moindre souci de conscience, estimant qu'il s'agissait là d'un juste retour de choses.

Ceci, néanmoins, n'atténua pas la colère tapie au fond de lui. Ses dissections se firent d'ailleurs de plus en plus violentes et sanglantes, à la surprise paternelle.

Sindre, réputé si doux, basculait progressivement dans la brutalité, conservant cependant un impact totalement chirurgical dans ses actes. Son père s'étonnait d'ailleurs de trouver en son fils cette dualité surprenante de barbarie sanglante alliée à un raffinement de salon.


Minos se réveilla en nage, gorge sèche. Il se jeta sur un verre d'eau désaltérante, allant prendre le frais sur le balcon, oreilles attentives aux bruits inquiétants de la faune infernale.

Au loin grondait un orage de soufre, zébrant d'éclairs le ciel pesant.

Minos aurait souhaité que la pluie s'abatte sur lui à cet instant même, lui apportant un rafraîchissement libérateur. Paupières closes, mains fermées sur le garde-corps de la balustrade de fer forgé, Griffon attendait, plongé dans une tenue de nuit longue, tissée en fin lin, ne camouflant rien de son anatomie, robe de chambre négligemment posée sur les épaules.

Il aurait souhaité que cet orage l'emporte vite et loin.

Demeurerait-il donc pour l'éternité un être torturé ?...