Ah la la, qu'est-ce qu'on peut les aimer, nos deux plumeux, pas vrai ? ^^ Ce chapitre apporte un peu de tout : de la romance, du lemon et un brin d'humour !...


Chapitre 10 : Depravity at its finest

"Je ne pensais pas souffrir d'une quelconque déficience au royaume des morts... Aiacos est devenu ma maladie." écrivait la plume habile de Minos.

Le fléau en question venait d'ailleurs de fouler le seuil de Tolomea. Il en était devenu coutumier.

Il était intenable depuis qu'Hadès rechignait à l'envoyer à la tâche.

Rhamanthys, proche de Pandora, semblait se voir affecter plus de missions et ceci faisait enrager l'Oiseau mythique.

"Calme-toi, Aiacos. Tu vas nous produire un ulcère ou un excès de bile jaune."

Aiacos darda Minos d'un regard torve. "Très drôle, Minos."

"Tu sais que j'ai raison." poursuivant sa session d'écriture.

"Pourquoi Hadès Sama me garde-t'il en réserve ? Alors que je pourrai tous les exterminer jusqu'au dernier et ramener la tête de la déesse Athéna ?"

"Peut-être que d'autres doivent faire leurs preuves." avec philosophie.

"Ça ne tient pas debout."

"Bien au contraire."

Il faisait les cent pas, incapable de se poser. A dire vrai, il donnait à la fois le vertige et la migraine à Minos.

"Pour l'amour d'Hadès, Aiacos ! Trouve-toi un nid !..."

"Minos !... Toute cette énergie !... Il faut bien que j'en fasse quelque chose !..." se tenant les tripes, regard exorbité.

"Casse quelques hommes." sans lever le nez de ses écrits.

Aiacos fit claquer ses paumes à plat sur le bureau de marbre de Minos. "Pourquoi ne m'envoie-t'on pas au combat ?!"

Minos haussa les épaules. "Demande donc à notre Maître."

"Minos, il faut que je fasse quelque chose de mon énergie !... Maintenant. Tout de suite."

Minos leva les yeux sur ce Rapace bondissant. "Je suggérerai bien un certain usage..." d'une voix blanche.

Aiacos n'eut pas grand mal à déchiffrer le message non-codé.

"Par ailleurs, penses-tu qu'en... faisant appel à nos cosmos au moment du paroxysme, cela influerait sur notre plaisir ?... J'avoue y avoir souvent pensé, sans jamais oser le tester."

Petit rire excité en face. "Je ne sais pas si... je pourrai concilier un orgasme avec une montée de cosmos mais... l'expérience me paraît excitante." regard brillant. ""Tu... n'as donc jamais testé ?..." curieux.

"J'attendais... le bon partenaire pour le faire." sur un regard explicite.

Garuda se renversa sur le bureau, admirant Minos en contreplongée. "Et... ce bon partenaire, c'est moi ?..." souriant, posant la question pour la forme.

"Que souhaites-tu entendre, Aiacos ?" trempant sa plume dans l'encrier, ne prêtant qu'une attention distraite à celui qui se donnait en spectacle devant lui.

"Ce que tu voudras, pourvu que tu me débarrasses de ce surplus d'énergie."

"Tu es... insupportable." sur un sourire doux.

"Tu n'as encore rien vu." sur un sourire de guerre.

"Très bien. Dans ces conditions, je te mets au défi, Cos : fais monter ton cosmos au moment où tu jouiras."

Large sourire en face, se remettant d'équerre. "Je sens que cette expérience va être... palpitante !..."


Dans la vaste chambre, ils se firent face devant le lit.

"Je suis heureux de partager cela avec toi."

"J'espère qu'il te reste suffisamment d'onguent." amena Aiacos, taquin.

"Je dois en préparer à nouveau... il est vrai que nous en sommes friands."

"C'est toi qui... le prépares ?..." surpris.

"Bien sûr. Avec les plantes du parc. J'ai été fils de médecin, je te rappelle." sur un petit rire.

Aiacos vint caresser la joue de Minos. "Mon merveilleux compagnon..." rêveur, posant son front contre le sien.

"Tout cela parce que... je sais préparer du baume lubrifiant ?..."

Petit rire d'Aiacos. "T'es bête !..." relevant la tête pour chercher des lèvres.

Une fois trouvées, les cajoler, leur rendre hommage. Longuement. Presque lentement.

Des paumes possessives vinrent s'arrimer aux hanches étroites de Minos.

Puis il souleva Griffon pour le laisser couler le long de son corps, s'éveillant progressivement.

Il le défit tel un cadeau dans son emballage précieux.

Une fois nu, il ploya les genoux, allant le gâter de la bouche, attentionné et averti.

Minos avait posé les mains sur les épaules solides, y allant de sons résonnants, verge n'en pouvant plus de se dresser, rendue luisante du fait de la langue agile d'Aiacos.

Tenir ainsi Garuda à ses pieds... Minos sentit son excitation faire un bond, respirant bruyamment pour tenter d'en conserver l'absolu contrôle.

Aiacos abattit ses paumes sur le fesses fermes tandis qu'il l'avalait en gorge.

Par Hadèèèèès !... C'était... insoutenable de délice !...

Minos s'en pinçait la lèvre jusqu'au sang pour ne pas hurler de plaisir !...

"Si tu... contin..." invitant Garuda à le rejoindre plus haut, incapable d'en endurer davantage sous peine de jouir, il le jeta sur le lit pour l'y rejoindre, le chevauchant sans délai, crinière argentée basculant sur l'avant.

Minos bougeait des hanches pour permettre à leurs sexes de se caresser mutuellement.

Les deux en geignaient, rauques.

Basculant sur une hanche, c'est Minos qui les empoigna tous deux, s'évertuant à rappeler brièvement les règles du jeu : "Donc... nous sommes d'accord ?... Montée de cosmos au moment où... haaaaaaah..." levant le menton sur le sommet d'une vague lancinante.

"Oui, oui !..." grimaça en retour Garuda.

Ils peinaient à se fixer, dans le brouillard des sensations.

Ce qui suintait de l'extrémité sensible en rajoutait en voluptés, toujours plus affirmées.

"Min... Nos !... Ça... ça vient !..."

Minos tâcha de se caler sur les sensations vives d'Aiacos. "OK. Go."

Ah, c'était plus ardu qu'il n'y paraissait. Certes, il y eut une brève montée de cosmos mais la jouissance prit rapidement le dessus, réduisant l'expérience à l'échec.

Cependant, les deux Juges étaient du genre acharné, n'abandonnant pas à la première défaite venue !...


Aiacos rêvait peu. Il cauchemardait plutôt. Généralement, son ex-fiancée et son père revenaient le hanter.

La façon dont il avait posé la main sur la tête de son père pour le conduire à une combustion intégrale, insensible à ses appels et à ses cris, déjà mis à part pour Hadès. La manière dont il avait pourchassé Yahnaa pour se rendre maître de la situation. Tout ceci lui revenait à l'esprit avec une précision redoutable.

Après de telles réminiscences, Aiacos se sentait nauséeux. Plusieurs verres d'eau lui étaient nécessaires pour faire passer cet état.


Si Suikyô était né prince, il était devenu Juge et se faisait à présent appeler Aiacos. Garuda, lui, était le roi des Oiseaux ; une divinité à part entière dans mythologie hindouiste et bouddhiste. Cela en faisait, un palmarès !...

L'apanage de son surplis d'ailleurs rappelait clairement ce fait avec cette roue formant une auréole de plumes, placée dans son dos. Garuda en imposait. En outre, des serres acérées perçaient du surplis. Rapace, assurément.

Si on ajoutait à cela la cruauté, alliée à l'art de mener à la calcination tout ce qui lui tombait sous la main, on pouvait dire que, réellement, ce Juge inspirait la crainte. Et son nom y était associé.


Minos et Aiacos n'avaient pas perdu de vue de se moquer de Wyvern à la première occasion venue.

"Il arrive..."

"Vu." sourit Minos.

Rhadamanthys s'arrêta devant les deux compères, leur adressant un regard en biais.

La meilleure des défenses demeurait toujours et encore l'attaque !...

"Dis donc, Garuda. J'ai appris que ta principale disposition était de servir de monture aux divinités."

Aiacos fut estomaqué, demeurant muet un instant.

"Alors avant de t'amuser sur mon compte, tu ferais mieux de balayer devant tes propres écuries."

Minos pouffa.

"Je sers de monture lorsque ça me chante, figure-toi, Wyvern !"

"Quelle faible défense." ricana Rhadamanthys, s'avançant.

Minos n'en pouvait plus, à la limite de se tenir les côtes. "Comme il t'a mouché ! Mieux encore que l'aurait fait Veronica !..."


"Tu as noté comme moi ?"

"A propos ?..."

"De ce Spectre, là, proche de Wyvern. Qui le dévorait des yeux."

"Ah ! Tu veux parler de Valentine de la Harpie ?"

"Ouais, comme tu veux." poursuivant son chemin.

"S'il n'y avait que lui... Wyvern a également à sa botte Sylphide du Basilic, Gordon du Minotaure et Queen de l'Alraune. Tous ramenés de ses campagnes."

Rire franc du Garuda. "Quel harem ! Il ne se refuse rien !..."

"Alors comme cela, tu sers de monture lorsque ça te chante, uh ?..." lui donnant un léger coup de surplis.

"Tout à fait. Et Wyvern ne me donne absolument pas envie de me laisser chevaucher."

"Il est vrai que cela reste un privilège." faisant les yeux doux.

"Je laisse volontiers Wyvern à ceux qui apprécient le marteau-pilon !..."

Éclat de rire de Minos, à s'en essuyer des larmes.


Aiacos vint enserrer, de ses bras solides, le Griffon qui prenait le frais sur le balcon.

"Tu ne parviens pas à dormir ?..." humant sa chevelure argentée.

"Le sommeil me fuit depuis des siècles." sur un sourire résigné.

"Mon magnifique Griffon insomniaque..." murmuré à son oreille, mordillant légèrement le cartilage.

Un frisson délicieux vint remonter l'échine du Griffon.

"Tu ne procures certes pas le sommeil... par contre tu sais à merveille t'y prendre pour distiller l'envie." glissant les doigts dans la chevelure folle d'Aiacos, frottant sa belle tête contre la sienne.

Aiacos attrapa les mains de Minos pour glisser ses doigts entre les siens.


Dans le parc fleuri de Minos, Aiacos tenait le panier avec un peu de gêne néanmoins.

"Détends-toi... personne n'oserait la moindre remarque." lui assura le Griffon.

"Il y a intérêt !... J'ai une réputation, moi !..."

"Voilà, elles sont là. Les belles araméthystes." découpant la tige au sécateur avec moult précaution.

"Comment t'y es-tu pris pour... transférer ton savoir sur l'horticulture infernale ?"

"Oh, elles sont de propriétés équivalentes, figure-toi." garnissant le panier. "Je suis heureux que tu aies proposé de m'assister dans la fabrication de l'onguent."

"Si j'avais su que je me retrouverai dehors à tenir un panier..."

Petit rire de Minos. "Il est clair que si Béhémoth te voyait, ta réputation en prendrait un fameux coup !..."


Minos était en train de piler au mortier les fleurs entières. Broyées, elles produisaient un gel aux propriétés huileuses.

Aiacos inspectait les divers flacons posés sur les étagères de la pièce improvisée en labo.

"Décidément... je ne suis pas un Spectre de science."

"Non ? Tu parviens pourtant à pousser à combustion des corps sans les approcher directement."

Rire d'Aiacos. "C'est l'effet de mon cosmos, Minos."

Petit coup d'oeil aux carnets de notes ; un charabia incompréhensible, agrémenté de formules chimiques indéchiffrables. Garuda referma le carnet aussi sec.

Minos était en train de doser des conservateurs naturels, déposant l'onguent dans de petites boîtes hermétiques.

"Je veux être appelé au combat, Minos !"

"Souhaites-tu que j'aille en toucher deux mots à notre Maître ?..."

"Non. C'est simplement que je ne comprends pas ses choix tactiques."

"Il n'a aucun compte à nous rendre à ce sujet."

Fort soupir du Garuda.

"J'ai terminé." refermant le dernier contenant.

"J'ai besoin d'être diverti. J'hésite cependant entre un usage détourné du fouet de ton Procureur et faire danser Violate avec des plumes sur elle..."

A Minos d'éclater de rire. "Autre option : aller titiller Wyvern jusqu'à ce qu'il entre dans une colère noire." sur un levé de sourcils.

Aiacos tapa des mains, sur une mine de gamin réjoui. "Lui rendre la monnaie de sa pièce !..."

"Laisse-moi placer tout ceci en lieu sûr et je te suis." souriant.


Rhadamanthys eut le sourcil qui tressauta à la venue de ces deux compères en surplis, visiblement animés par un grand besoin d'être amusés.

Voyant l'humeur de son Seigneur et Maître, Valentine, dévoué, barra la route aux deux Juges.

"Mon Maître a besoin de calme pour travailler. Il planche actuellement sur une tactique complexe."

"Il travaille trop et se prend trop au sérieux. Nous sommes là pour le dérider."

"Je suis désolé mais je vais vous demander de quitter ces lieux." sur une courbette censée apaiser la susceptibilité exacerbée de ses supérieurs.

"Assez plaisanté. Ecarte-toi." émit Aiacos, tout en rauque.

"Obéis, Valentine." intervint Rhadamanthys, se tenant derrière son dévoué serviteur.

La Harpie ne demanda guère son compte et se recula.

"Quel vent vous amène, tous les deux ? N'avez-vous guère mieux à faire que d'importuner ma quiétude ?"

"MESSIRES !"

Voilà Rune qui accourait.

Coup de coude d'Aiacos à Minos. "Avec son fouet, ce sera d'autant plus divertissant !..."

"MESSIRES !..." arrivé à hauteur. "Sa Grandeur vous demande sur-le-champ !..."

Aiacos eut un visage transcendé. "Enfin un peu d'action !..."


"Voici les dernières nouvelles du Sanctuaire : deux Saints ont été dépêchés pour lier alliance avec le dieu Poséidon. Je nomme donc Wyvern pour accompagner Pandora et prendre ces deux Saints de court."

Aiacos trépignait.

"Nous avons également été informés que plusieurs autres Saints cherchaient à rétablir une arche afin de pouvoir s'élever jusqu'à notre résidence céleste sur Terre."

"Totalement de mon ressort, votre Grandeur !..." s'emballa Aiacos.

"J'allais y venir, Aiacos. Je t'invite à y effectuer quelques repérages stratégiques vu qu'il t'est difficile de tenir en place."

Petite mine du Griffon.

"Minos."

"Oui, Seigneur ?"

"Tu accompagneras Aiacos."

Regard reconnaissant du Juge. "Bien. Je dépêche immédiatement Rune pour me remplacer au premier Tribunal."


Violate vit d'un très mauvais œil celui dont été flanqué son bien-aimé Aiacos.

Minos, lui, exultait un petit sourire, défiant. "Hahaha ! Tu ne t'y attendais pas, à celle-ci, n'est-ce pas, Béhémoth ?"

"Mettez le cap sur la chaîne himalayenne. Immédiatement." ordonna Aiacos.

L'imposant navire se mit en branle.

Aiacos longea l'allée aux fosses dans lesquelles les ombres des esclaves grouillaient de cris et de plaintes.

Contournant le trône, il tira un rideau opaque, invitant Minos à entrer. Il s'agissait d'un vaste bureau. Diverses cartes étaient déroulées sur le plan central. C'est d'ici qu'Aiacos prenait toutes les décisions stratégiques.

"La route va être un peu longue." posant son casque sur l'assise d'un fauteuil. "Autant se mettre à l'aise."

Magnifique, prestigieux Capitaine !...

Minos en eut un élan vif au corps.

Selon lui, Suikyô devait sans doute déjà en imposer de son vivant. Fils de chef... prince.

Minos s'en mordit la lèvre, améthystes dévorant, en toute impunité, la silhouette affirmée du Garuda.

Aiacos se retourna de moitié, amusé par l'attitude statique de Minos. "Eh bien ?..."

"Là, tout de suite, je balayerai d'un geste les cartes posées sur ce meuble pour t'y basculer et t'honorer sans délai."

Petit rire d'Aiacos. "Et qu'est-ce qui... t'empêche d'y procéder, Griffon ?..."

"Je..." petit reniflement. "... ne suis pas chez moi."

"Faut-il que... je t'y autorise ?..." commençant à retirer une pièce du surplis après l'autre. "Faut-il que le Capitaine s'offre à toi sur un plateau ?..." jusqu'au justaucorps, offrant la cambrure parfaite de son corps à la vue et à l'appétit grandissant du Griffon. "Toujours pas décidé ?..." retirant la combinaison près du corps avant de venir s'étaler sur les cartes, envisageant Minos à la renverse. "Toujours pas ?..."

"Aia... cos..." en perdant littéralement son langage.

Aiacos monta une jambe, invitant le Griffon d'une main. "Le voyage va être long, Nos." souriant. "Autant tuer le temps."

Minos se défit si rapidement de son surplis qu'il pulvérisa son propre record !...

Il vint se placer entre les jambes ouvertes d'Aiacos, laissant leurs sexes s'ébattre l'un contre l'autre.

Aiacos chercha les flancs nus de Minos des paumes.

"Mmm..."

"Oooooh..."

Régalés.

"Que tu... t'offres ainsi à moi... puissant Garuda..." éperdu de bonheur.

"Je serai... fou de ne pas le faire..." souriant, attrapant Minos avec une délicatesse peu commune.

Aiacos savait combien Minos était sensuel. La brutalité, très peu pour lui. Et Garuda savait manœuvrer pour en obtenir les pleines faveurs.

Il caressait à présent Minos et son sexe à la fois. "Dis-moi... as-tu l'onguent sur toi ?..."

"Tu vas sans doute me... trouver présomptueux mais... non."

"Je..." levant la tête, regard allumé de rapace en pleine partie de chasse. "... te ferai tant suinter de délice qu'il n'en sera plus qu'accessoire."

"Cos..." dodelinant de la tête, corps en pleine déroute.