Aiacos, c'est un personnage quand même ^^ Enjoy it et merci pour tout !...


Chapitre 11 : King of Karura

"Violate."

"Mon Roi ?..." ployant un genou devant le vaste et imposant trône.

"Je veux que tu partes en éclaireur et que tu me ramènes les faits et gestes des Saints."

"Bien. Ma mission sera couronnée de succès et je vous rapporterai les informations attendues."

"Va, maintenant, Violate."

En quittant la salle, Violate croisa Minos qui se tenait là, épaule appuyée contre l'ébrasement de la grande porte de métal.

"Ne t'en fais pas, je m'occuperai comme il se doit de ton Roi en ton absence."

Violate s'arrêta, serrant le poing.

"Tu ne veux toute de même pas prétendre t'y connaître mieux que moi, toi, un Spectre terrestre, pas même le quart d'un Juge ?..."

Minos maniait décidément la provocation avec précision.

Violate passa outre, animée par un fort sentiment de tristesse et de rage. Si Minos n'existait pas, elle était certaine qu'elle pourrait monter encore plus haut ; tentative désespérée d'une créature vouée au sol.


"Es-tu certain qu'elle effectuera sa mission avec succès, Cos ?"

"Bien sûr. C'est dans son intérêt de ne pas me décevoir." sec.

"La discrétion... ne semble pas être son fort."

"Hahaha ! Tu te trompes, Minos. Violate sait se montrer aussi invisible qu'une ombre. J'ai toute confiance. Elle me rapportera avec fidélité ce qu'elle a observé." trempant ses doigts avant de se mettre à table. "Si tu nourrissais des doutes quant à ses capacités, il te suffisait de l'accompagner sur le terrain."

"Je crains que cette confiance aveugle te porte un jour préjudice, Aiacos."

"Préjudice que je saurai répercuter sur le/la responsable." s'allongeant pour manger, réarrangeant les coussins pour être à son aise.

"Je pars du principe qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même."

"Moi ? Me déplacer en personne pour espionner des insectes rampants ?! Tu veux rire, Nos !..." sur un petit rire méprisant.

Il en était superbe, à couper le souffle, affichant sans complexe son dédain pour des créatures inférieures... dans ce cas, pourquoi tenait-il autant à Violate qui ne valait, aux yeux de Minos, guère mieux ?...

Les plats servis étaient harmonieusement relevés, Aiacos ayant conservé un palais pour les épices.

"Sur mon navire ne subsistent que les plus forts. Les faibles y sont relégués dans des fosses depuis lesquels ils servent de combustible jusqu'au dernier souffle de vie. La loi sur ce bâtiment est immuable."

Les épices donnaient de jolies couleurs aux joues pales du Griffon.

Aiacos s'amusait à faire dégringoler la nourriture depuis les doigts jusqu'en bouche, basculé sur le dos, une jambe ramenée sur l'autre.

"Sais-tu ce que j'apprécie par-dessus tout, Nos ?..."

Minos attendait, suspendu aux lèvres cruelles du Garuda.

"L'éperonnage. J'apprécie d'éventrer, avec la dernière des sauvageries, les navires. La seule différence réside dans l'angle d'attaque ; j'agis toujours par le haut afin qu'ils puissent contempler leur imminente défaite." sur un petit ricanement sadique.

Aiacos savourait ; à la limite de l'érection.

"Tout ceci..." désignant son équipage. "... ne me serait guère nécessaire. Lorsque nous éperonnons un navire adverse, je me trouve à la proue et je suis seul à diriger la manœuvre."

"Tu apprécies donc, en certaines circonstances, ne compter que sur toi."

"Pour une manœuvre aussi délicate, oui. Elle exige à la fois force et vitesse. Il n'y a aucune place pour l'hésitation dans l'équation."

"Tu sais assurément te rendre maître du ciel." admit Minos.

"As-tu noté que nous étions suivis, Minos ?"

"Sui... vis ?..."

"Mais oui. Si tu savais diriger ton attention sur autre chose que ta haine pour Violate, tu aurais sans doute noté la présence toute proche d'un cuirassé, là, derrière la roche, prêt à attendre son heure."

"Tu dis cela... comme ça ? Qu'attends-tu pour mener tes hommes à la contre-attaque ?"

"Hahahaha ! Tu es amusant, Minos !... Ils attendent que mon vaisseau stabilise pour m'attaquer par le bas ; comme le ferait tout bon perdant." cynique.


"C'est le moment. Préparez-vous pour la manœuvre."

Le plus puissant cuirassé de la flotte se mit en route. La vitesse venait de doubler en quelques instants à peine et la proue renforcée pointait vers le navire d'Aiacos.


"Ils bougent enfin." sourit Aiacos, se relevant au moment où l'on servait le dessert.

Sur un éclat de lumière cruciforme, il revêtit son surplis, invitant Minos à faire de même.

"Ton baptême naval a sonné, Minos."

Le cuirassé était certes imposant mais très lourd à diriger, exigeant une manœuvre longue et périlleuse.

"Esquive." ordonna Aiacos.

Le coup de barre donna l'impulsion au navire noir pour éviter le choc.

"Admire, Minos." déployant la roue de plumes impressionnante de son surplis, produisant ce cosmos sombre et redoutable, rappelant les flammes d'un brasier incandescent.

Le cuirassé était stabilisé à présent et flottait dans les hauteurs.

Aiacos fit augmenter la vitesse de son propre bâtiment, surplombant les cieux avant de le faire se retourner et plonger, proue en avant, à toute allure.

Minos dut se cramponner alors qu'Aiacos riait à gorge déployée, sûr de sa victoire.

L'aura produisait l'emblème redoutable de la tête d'un Garuda, au bec muni de crocs féroces.

Les flammes rongeaient à présent le navire entier, faisant des dégâts sur le pont, crépitant jusqu'au tonnerre incendiaire, emportant, dans sa fureur, quelques hommes mal préparés.

Le choc fut tel qu'il éventra en deux le cuirassé, passant à travers tout le corps du navire.

"Ma victoire est totale." souligna Aiacos, tournant le dos aux dégâts infligés à la fois à l'adversaire ainsi qu'à son propre équipage.


"Je t'écoute, Violate."

"Les Saints sont bien rassemblés sur un haut plateau. Ils œuvrent à la réhabilitation d'un navire."

"C'est donc une bataille navale qu'ils veulent ? Fort bien. Aucune force sur Terre n'est capable de rivaliser avec la galère noire."

"Les attaquons-nous ?"

"Négatif. Notre Seigneur a bien spécifié notre rôle d'observation. Tu peux te retirer, Violate."

"Bien." rompant.

"Ces Saints n'ont rien inventé. Je doute fort que leur coque de noix soit capable de s'élever dans les airs." à Minos. "Je vais leur rappeler, moi, que leur place demeure au sol."

Soudain, un attroupement. Aiacos leva le sourcil. "Que vous arrive-t-il ?"

Sa garde était parvenue à récupérer le capitaine du cuirassé.

Petit rire d'Aiacos. "N'est-il pas d'usage que le Capitaine sombre avec son navire ?"

"Nous avons affaire à un pleutre, il me semble."

"Bien. Quel châtiment allons-nous te réserver ?..."

Minos murmura à l'oreille d'Aiacos. "Oh !... Quelle grandiose idée !..." sur un sourire sadique. "Mettez-moi ça en cale."


Aiacos venait de faire son rapport à Hadès. Ce dernier l'autorisa à se retirer, le temps qu'il analyse la situation et la marche à suivre.

Garuda retrouva Griffon et Balrog dans la prison la plus proche. Ces derniers se trouvaient aux portes de la cellule dans laquelle croupissait le capitaine rebelle.

"Bien. Voyons de quoi est capable ce fouet." tendant la main, désireux de porter le premier coup.

"Rune, cède ton arme à Aiacos." ordonna Griffon.

Balrog, mâchoire serrée, déposa à contrecœur son précieux fouet dans la paume d'Aiacos.

"J'ai failli attendre."

"Pren... prenez garde, Seigneur... j'ignore tout de son comportement lorsqu'une main étrangère le dirige."

"Allons, Balrog, me prendrais-tu pour un débutant ?" faisant siffler le fouet.

"Ecarte-toi, Rune." lui conseilla Minos.

Aiacos fit claquer le fouet une première fois, emportant une partie du corps par lacération.

"HAHAHAHA ! Grandiose !..." sur un deuxième coup, tout aussi violent que le premier, avec les mêmes conséquences.

Rune trépignait à ses côtés.

"Fabuleux, fabuleux !... Je n'y aurai jamais cru !... Tu devrais essayer, Minos !..."

"Sans façon. Je préfère m'en tenir à ma technique." refusant poliment l'offre.

"Pourriez-vous... à présent me rendre... ce qui m'appartient ?..." demanda Rune.

"Minos. Apprends donc la patience à ton Procureur, tu veux ?"

"Rune est possessif à l'égard de son matériel et je ne peux l'en blâmer."

"Absolument. Daignez me rendre ce fouet avant qu'il ne se retourne contre vous." tendant la main.

"Encore une fois !..." armant la troisième salve.

"Veuillez cesser immédiatement !" tonna la voix de Rune.

Le ton, évidemment, ne plut guère à Aiacos qui le toisa. "Dis-moi, Rune, que sais-tu de nos vies terrestres, à nous autres, Juges ?"

"T... tout." baissant le regard.

"Fort bien. Il y a quelqu'un qui jadis a échappé à ma colère. Il s'agit de Soneeya. Ma gouvernante." tranchant le corps en deux avec ce nouveau coup porté. "Que peux-tu m'en dire ?"

"Il faudrait que... je consulte le volume à son propos, Seigneur."

"Tu devrais déjà être en train de le faire, Rune." déposant le fouet enroulé dans la paume du Procureur. "Je veux connaître l'endroit où elle se terre."

Rune se hâta.

"Aurais-tu en vue une petite expédition punitive, mon cher Aiacos ?..." questionna Minos, non sans appétit pour la perspective du sang versé.

"Je veux qu'elle sache qui je suis devenu."

"Ne... croyait-elle pas en toi, mon bel Oiseau ?..." caressant les mèches sombres de son amant.

"La boucle me semblera ainsi bouclée."


"Dans un monastère ?"

"Absolument, Seigneur." confirma Rune, lui indiquant la ligne précise relatant ce fait.

Aiacos eut un geste bref de la main. "Soit. Que mon navire s'abatte sur cet édifice profane."


La panique gagna rapidement toutes les strates de l'édifice. Certains se mirent à la prière. D'autres couraient en tous sens.

"Abaissez le navire. Que sa coque écrase la tour centrale. Je serai le premier à descendre." ordonna Aiacos, déterminé.

Violate n'en pouvait plus de l'admirer !... Ce profil fier et inflexible !...

Dans la vaste salle ornée d'un Bouddha recouvert de fines couches d'or, les prières se faisaient plus ferventes encore.

Sur un jeté de portes, Garuda fit son entrée, scrutant la salle, regard s'arrêtant sur une proie précise.

Cette dernière fut prise d'un violent frisson.

"Soneeya." le ton était sans appel.

Comment un tel démon pouvait-il connaître son prénom ?... Alors qu'ici tout le monde l'ignorait puisqu'elle avait fait vœu d'anonymat.

"Tu n'as pas changé, à ce que je constate !... Toujours à faire preuve du même sang froid qui t'a permis de fuir ma rage cette nuit-là." s'avançant, écrasant quelques crânes de moines en prière au passage, dans des gerbes de sang éclaboussant le minéral du surplis.

Cette voix... elle lui parlait si distinctement !...

Les démons apprécient particulièrement de tromper le monde et de se jouer des sentiments. Et celui-ci plus précisément que les autres !...

Un coup de botte brutal vint faire chuter, crâne en avant, le moine à côté de Soneeya.

"Agenouille-toi devant ton Maître, Soneeya." se présentant devant elle, mains sur les hanches.

Paupières étroitement closes, elle récitait ses mantras avec un fanatisme redoublé.

"Je vais te gratifier de mon attaque la plus puissante, Soneeya. J'ouvrirai tes yeux pour te détruire de l'intérieur." se préparant à porter son coup au moyen d'un cosmos enflant. "Regarde... regarde bien mon œil galactique et sa formidable puissance !... Galactica Death Bring !"

Qu'importe si l'adversaire avait les paupières closes ou les yeux crevés, l'attaque allait droit au cerveau. Imparable. Violente.

L'attaque avait la particularité de brûler entièrement le système nerveux, générant d'indicibles souffrances !... En outre, la victime en demeurait totalement paralysée.

"Je pense qu'il aurait mieux valu que tu goûtes à la mort la nuit de mon appel, Soneeya." sec et sans la moindre pitié.


Minos jouait avec les cordons de sa tenue, se languissant de son bel Oiseau.

Il avait bien senti son cosmos lorsqu'il était revenu au bercail, ayant hâte d'entendre le récit de ses exploits sur ce monastère !...

Garuda avait besoin d'une nuit pour lui et il la passait généralement sur le pont de son navire, contemplant les cieux rougeoyants des Enfers.

Le fier guerrier n'avait laissé aucun survivant derrière lui, prenant de court les Saints venus se porter au secours de l'institution.

Il n'en restait à présent que ruines et cadavres devant lesquels les Saints se lamentaient.

"Mon Roi, puis-je me permettre de vous féliciter pour votre action ?..."

Aiacos eut un bref sourire, sans se retourner vers Violate.

"Ravager ainsi un édifice religieux demeure un acte fort."

"Le choix n'était pas volontaire. Quelqu'un que je souhaitais retrouver s'y terrait."

Aiacos finit par se retourner, coudes en appui sur le bastingage. "Violate... ne dit-on pas de ton Étoile qu'elle est celle de la solitude ? Pourtant, tu sembles rechercher la compagnie, ce soir."

"Si je vous importune, je vais me faire fort de disparaître sur-le-champ." baissant la tête.

"Pas du tout. Au contraire. Moi aussi j'ai besoin de compagnie ce soir."

Le cœur de Violate fit un bond dans son imposant poitrail - Aiacos cherchait donc une présence et n'avait pas fait appel au Juge Minos pour lui tenir compagnie... Voilà qui s'annonçait de très bon augure pour celle qui s'était hissée jusqu'aux cieux !...

Il était magnifique, ainsi baigné par la lueur rougeoyante des cieux, sous ces trois demi-lunes, plongé dans ce surplis tout en serres et en pointes, à la roue de plumes minérales impressionnante, chevelure balançant dans la brise, pied croisé sur l'autre.

"Je vous servirai jusqu'à mon dernier souffle, mon Roi." souffla Violate. "Dès que vous m'êtes apparu, j'ai su... que c'était là mon but. Tel est mon honneur."

"Ce soir, nous ne sommes que deux Spectres appréciant la compagnie l'un de l'autre, devant ce clair de lunes."

Que la nuit dure et ne cesse jamais... Violate le pria si fort qu'elle en avait le cœur en larmes.

"J'ai toujours dirigé mon équipage de façon à être craint et redouté et en obtenir ainsi le contrôle total... pourtant, je n'ai pas envie de cela avec toi, Violate."

Le rêvait-elle ?... Le rêvait-elle seulement ?...

"Puis-je vous... demander quels projets vous nourrissez à mon égard ?..."

"Je veux te voir t'élever davantage, Violate."

"Et je ferai en sorte de ne jamais vous décevoir, dussé-je y laisser ma vie."

"Je connais ta dévotion, Violate. Et elle me va droit au cœur."

"Vous êtes assurément fait pour dominer les cieux."


Minos rongeait son frein. La tentation était grande d'abandonner son Tribunal pour se rendre, d'un battement d'ailes, sur le pont de la galère noire et prendre possession du corps d'Aiacos !... Il avait une telle envie de cette peau hâlée qu'il en perdait le fil de ses jugements. Fort heureusement Rune était là pour prendre le relais !...

Il écarta de ses pensées l'idée de retrouver son amant et cette maudite Violate dans le même lit. La jalousie lui rongeait toutefois les veines, le rendant incapable de se concentrer sur autre chose que des pensées assassines.

Ah, s'il les trouvait dans le même lit... il s'en prendrait tout d'abord à elle, la soulevant dans les airs, prenant son temps pour briser une articulation après l'autre, ayant pris le soin d'immobiliser Aiacos. Ses doigts frétillaient d'eux-mêmes tant il était absorbé par ses ruminations !...

"Seigneur Minos..." appela Rune.

"Quoi, Rune ?"

"Allez donc prendre le frais ou vous changer les idées."

"Tu... te permets de me commander, Rune ? Moi, ton Maître ?"

"Je ne fais que m'assurer de la marche correcte de ce Tribunal et force est de constater que vous y faites obstacle."

Minos ouvrit la bouche sans être capable de proférer le moindre mot. C'est qu'il devenait redoutable et pugnace, le petit Procureur !...

"N'oublie jamais ta place, Rune." le toisant avec une ostensible supériorité.

Rune se tassa.

"Que prétends-tu savoir des liens qui m'attachent au Garuda ?" se levant pour le toiser de toute sa noble hauteur.

"Minos... Sama..." se ratatinant.

"Soit. Prends donc la relève puisque cela te tient tant à cœur." quittant le pupitre surélevé, n'y tenant plus, désireux de rejoindre son aimé.


Minos foula le pont, faisant s'aligner les Spectres. D'un pas résolu, il franchit les larges ouvertures menant à l'intérieur, ouvrant la porte des appartements privés d'Aiacos à la volée, trouvant le Juge vautré dans son lit.

Le regard de Minos parcouru la couche, ne détectant fort heureusement aucune forme ennemie.

Aiacos se redressa, se frottant les yeux. "Est-ce une manière de déranger ainsi ceux qui ont besoin d'un peu sommeil ?"

Minos s'approcha, toujours méfiant, regard avisant la pièce entière, à la recherche du moindre indice.

"Tu as... dormi seul ?"

"Évidemment, pauvre crétin." lâcha Aiacos sur une voix pâteuse.

"Elle... n'est pas cachée quelque part ?..."

"Oh, Minos, dégage le plancher, je te prie. Tu m'es insupportable au réveil." se recouchant.

"Humpf. Tu n'as pas toujours dit ça !..."

"Allez, du vent." avec un petit geste l'y encourageant.

"Pourquoi n'es-tu pas venu me rejoindre à Tolomea hier soir ?"

"Oh, par Hadès, que tu peux être lourd parfois !..." ramenant le drap sur sa tête, désireux de plonger à nouveau dans le sommeil.

"Debout, Aiacos." en bord de lit, mains sur les hanches.

"Tu es plus pénible encore qu'une armée d'incapables, tu saisis, Minos ?"

Il bougonnait, l'ayant mauvaise d'avoir été ainsi arraché de son sommeil.

"Cesse, veux-tu, Aiacos ?"

Il fixa Minos de sa pupille double. "Qu'est-ce qui te permet de venir ainsi sur mon navire pour y faire la loi ? J'en ai décapité pour bien moins que ça !..." se rabattant sur quelque chose de consistant pour éteindre la lourdeur de son estomac.

"Tu... as bu ?..."

"Raaaah... tu m'agaces, Minos !... Oui, je me suis enivré hier soir pour m'affaler, seul, dans mon lit."

"Tu aurais dû venir me rejoindre à Tolomea. Ton réveil aurait été moins difficile."

"Encore un mot, Minos, et je te fais balancer par-dessus bord !..."