Ici, je vous livre quelque chose de plus du passé d'Aiacos... ainsi qu'un Griffon entièrement soumis à la seule volonté de son partenaire ; ))


Chapitre 14 : Sinful

"Seigneur Hadès." ployant le genou devant sa Grandeur.

"Juge du Garuda. Je suis prêt à t'accorder une seconde chance malgré ta défaite."

"Seigneur." baissant le regard, profondément reconnaissant mais subissant déjà le poids d'un certain sursis.

"A partir de cet instant, je te restitue ta fonction et ta puissance. Va, à présent, et honore mon nom."


"Dis-moi, Cos... quelle aurait été ta réaction si ton père ou un autre était parvenu à mettre la main sur ce bandit de Kripal pour le conduire jusqu'à la potence ?..." questionna Minos, picorant dans quelques plats, dans l'intimité de Tolomea.

"Il me semble, mon cher Nos, que tu aurais pris plaisir à monter toi-même des Enfers pour lui passer la corde autour du cou."

"C'est bien là tout ce qu'une larve de sa condition mériterait."

Petit rire d'Aiacos.

"Je réitère donc : quelle aurait été la réaction de Suikyô ? Te serais-tu interposé ? L'aurais-tu regarder pendre, avec détachement, au bout de sa corde ?..." pressant Aiacos de questions pour le moins déplacées.

"Je l'ignore, hélas, mon pauvre Nos."

"Tu mens effrontément, Aiacos."

Petit soupir. "Très bien... J'aurai été évidemment fort affecté, comme tu peux t'en douter. Un premier amour, même terrestre, ne s'oublie jamais. Je pense que... je me serai détaché de la foule pour grimper sur la potence pour l'étreindre une ultime fois, lui criant mon amour à gorge éperdue, me fichant de toutes les convenances."

"Et ton père ?"

"Il l'aurait très mal pris et m'aurait sans doute destitué. Je l'aurai bien vu me placer dans un monastère pour que j'y fasse pénitence jusqu'à la fin de mes jours. De quel fils indigne aurait-il écopé ?..."

"J'ignore en fait quel aurait été le pire sort pour toi : arraché aux bras de ces moines dévoués ou privé de ta nuit de noces." philosophe.

"A moins que j'en aurai trépassé de chagrin..." lançant un bref regard à Minos. "Qu'en penses-tu, grand Juge ? Jusqu'où allaient donc les ramifications de mon péché ?... Dis-le moi, Juge du premier Tribunal."

"Tes pas t'auraient conduit jusqu'à la plus sévère de nos prisons. Tu y aurais été châtié sans relâche."

"T'aurais-je déjà plu du haut de mes quinze ans ?..." poussant un peu plus loin le jeu.

"Tes péchés auraient déjà été... si nombreux pour ton jeune âge... Suikyô..." s'en léchant les lèvres, élan plaqué au corps.

"M'aurais-tu davantage débauché, Minos ?..." regard fou planté dans celui de son amant. "Si goûter à Suikyô te démange tant, tu aurais dû laisser la malédiction de Bénou faire son œuvre."

"Cette discussion est une offense à mon sang."

Aiacos étendit la main, incapable de résister à l'appel de ces longs pans argentés basculés sur l'avant. Ses doigts s'y perdirent à volonté.

"Ce que tu possèdes ne te suffit-il donc pas ?..."

"Je n'ai jamais dit une telle ineptie, Cos." lui offrant un sourire de réconciliation.

"Dans ce cas, j'ai une proposition à te faire." laissant couler sur lui un regard coquin.

"Hmm... je t'écoute." reportant son attention tout entière sur le bel Oiseau.

"Que dirais-tu si je... te soumettais à ta propre spécialité ?..."

Minos plissa les yeux, désireux d'être absolument certain de comprendre l'enjeu. "Souhaites-tu... me... lier ?..."

"Oui."

Le sourire du Marionnettiste en titre gagna plusieurs centimètres pour donner dans ce qu'il avait de plus charnel.

"L'idée semble... te séduire."

"J'appelle cela... une forme de fantasme ultime."

"Je serai ravi de te l'appliquer, Nos."

"Commençons sans tarder !..." enflammé.

"Évidemment, il n'est pas question de rubans de satin pour ce faire, nous sommes bien d'accord ?..."

"Que... proposes-tu ?..." impatient et un tantinet inquiet malgré tout.

"Les chaînes avec lesquelles nous lions les âmes les plus réticentes."

Minos était en passe d'applaudir tant l'idée était grandiose !...

"Je pense que même un Juge est incapable de briser un tel alliage."


Aiacos attacha donc les poignets de Minos, dans un claquement sinistre, ainsi que les chevilles.

Ils avaient résolu de procéder à l'expérience à l'intérieur même d'une cellule d'une aile de prison désaffectée car le Juge soumis aurait bien évidemment été capable de faire céder n'importe quel barreau de lit ou de chaise !...

Il fallait un ancrage solide pour pouvoir retenir prisonnière une telle puissance.

Là, sur cette table en pierre brute, entièrement dévêtu, était suspendu le Griffon.

La vision était de toute beauté et Aiacos prit du recul pour admirer ainsi son compagnon, s'en pinçant la lèvre, corps réagissant déjà fortement.

Il se doutait bien que l'expérience allait être inédite pour l'un comme pour l'autre. Et son cher Minos était si précieux à ses yeux qu'il était hors de question de le malmener... sauf, bien sûr, s'il venait à le demander expressément !...

Pour l'heure, Aiacos le laissait s'habituer à l'entrave totale de ses bras et de ses jambes.

Il avait dans l'idée de le teaser jusqu'à ce que Minos quémande grâce !...

Des mains, de la langue, des lèvres, du sexe. Tout lui serait bon !...

Aussi quitta-t'il son surplis dont les pièces rejoignirent celui du Griffon, se retrouvant en justaucorps près du corps, ce qui permettait à son sexe de s'exprimer librement.

Il s'approcha, jugeant bon de commencer par les cuisses fuselées de Minos, les caressant des doigts et des revers de mains, appréciant le fin duvet qui les recouvrait.

Minos tira une première fois sur les chaînes, levant haut le menton, sifflant entre ses dents, notamment lorsque les caresses animées du Garuda s'aventuraient le long de son aine sensible.

Son sexe ne tarda pas à réagir.

Aiacos était hautement flatté de la totale confiance que lui témoignait le Griffon.

Puis il alla s'égarer du côté des aisselles, y faisant courir une langue téméraire.

Une fois encore, Griffon fit pression sur ses entraves.

"Ton corps... me fait terriblement envie... Nos..." avoua-t'il à l'oreille de son compagnon avant d'en mordiller le lobe.

Minos poussa un soupir lourd.

"Ton sexe sera ma cible ultime."

C'était terrible pour le Griffon d'être ainsi privé de ses mains et de ses jambes qu'il désirait plus que tout nouer autour de son cher Aiacos !...

Garuda le contournait tel un oiseau de proie, le fixant de tous ses yeux - ceux galactiques compris !... Il s'en léchait les lèvres, animé par un appétit de plus en plus acéré.

Minos était déjà remarquablement dressé, s'ébattant sur son propre ventre nu.

Aiacos était placé à sa tête, caressant l'intérieur de ses bras, effleurant comme jamais.

La peau de Minos semblait réagir au quart de tour, se granulant de délice à chaque passage.

Une nouvelle fois, Minos tenta d'aller contre l'emprise de ses chaînes.

"Inutile, mon beau..." chantonnait presque la voix profonde d'Aiacos, allant cueillir le bourgeon de chair d'un sein pour le titiller et le pincer à loisir, sachant Minos très sensible de l'endroit.

Ce dernier finit par lâcher plusieurs jurons en bon norvégien, au grand délice des oreilles de son bourreau, appréciant particulièrement de voir la noblesse du Griffon foulée ainsi aux pieds !...

Glissant sur le côté, il finit par y aller des lèvres et de la langue, bouton donnant dans l'éclosion sous les attentions et Griffon se tortillant au mieux de délice, rauques roulant dans sa gorge délicate.

"Lib... libère-moi... Cos..."

"Ah ha ha !... Pas encore, Nos. Pas encore." joueur. "Je n'en ai pas terminé..."

"Attends un peu que... je me..." faisant appel à ses fils pour s'acharner à distance sur la serrure.

Heureusement, Aiacos avait prévu le coup !... Et bien que Minos fut particulièrement agile de ses fils, la serrure ne céda pas.

"Raaaaaah ! Espèce de... haaaaaaaaaaaaaah !..." tête partant en arrière tandis que la langue d'Aiacos zigzaguait de long en large sur son torse.

Minos n'avait pas d'autre option que de se cambrer et se renverser, tirant de plus en plus fortement sur ses attaches.

Aiacos avait franchement l'impression de passer à table, sens servis par un mets de choix !...

Puis il alla sillonner à l'intérieur des cuisses de son amant.

Le souffle de Minos n'était déjà plus qu'un râle d'appel.

Sa belle verge elle-même suintait outrageusement sur son ventre clair.

Véritablement, Griffon arrivait à bout de résistance.

Garuda fit glisser sa langue le long de la jolie hampe renflée, ce qui fit véritablement sursauter le Griffon !...

"HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !..."

Sa poitrine montait et redescendait à vive allure ; tout son corps sur le point d'abdiquer.

"You're such a child, Minos..." sur un reproche tendre, allant le prendre en bouche, main appliquant le rythme pour le faire rendre.

Bientôt, le palais d'Aiacos fut pris par des saccades généreuses, Griffon secoué comme un beau diable, cheveux en bataille sur la pierre froide de cette table de tortures.

La vision était de toute beauté !...


"Raconte-moi, Cos..." quémandais Minos, reposant, nu, contre son bel Oiseau.

"Que je te raconte quoi, Minos ?..." allant humer la belle chevelure argentée.

"... un épisode avec ton bandit..."

Petit rire d'Aiacos. "Je note qu'il t'inspire bien plus que l'a fait Violate !..."

Minos haussa les épaules. "Oui, étrangement. Je le trouverai presque plaisant comparé à ta bête de foire défunte."

"Que souhaites-tu que je raconte ?..."

"Champ libre."

"Mmm... voyons... Oh, oui !... Kripal était... du genre séducteur, vois-tu ?... Hommes, femmes, rien ne l'arrêtait. J'avais noté... qu'il semblait s'être pris d'affection pour l'une de nos servantes... Anshu. Une orpheline que mon père avait recueillie et qu'il considérait comme sa propre fille. La jalousie qui m'a brûlé les veines avait été telle lorsque j'ai découvert qu'ils se voyaient en secret..."

Les pupilles d'Aiacos brillaient d'un tel feu !...

"Sitôt qu'ils sont allés chacun de leur côté, j'ai rattrapé Kripal et l'ai saisi par les épaules." fixant le plafond, laissant courir la même rage qu'à l'époque à travers tout son être spectral. "Je lui ai demandé des explications. Il m'a ri au visage, me disant qu'il ne m'avait jamais rien promis, que je faisais l'enfant gâté !..."

"Ouch !..." s'amusait Minos.

"Kripal passait son temps à me rabaisser, se riant de mes sentiments, s'en servant à ses fins. La nuit suivante, j'ai... je me suis saisi d'une lame servant à tanner le cuir des yak... et je me suis introduit dans la petite pièce où Anshu dormait, à l'écart des autres domestiques. Là, j'ai..."

"Tu... tu n'as pas fait cela... Aiacos ?..."

"J'étais éperdu de jalousie, Minos... je..." observant la main qui a perpétré le délit de sang, tremblant.

"Et de quelle manière t'es-tu disculpé ?..."

"Je... j'ai accusé indirectement Kripal du meurtre." se redressant sur le lit. "Par Hadès... c'était ignoble de ma part..."


Etait-ce le cri de Kripal qui venait d'arracher Aiacos de son lit et des bras de Minos ?...

Quoi qu'il en était, Garuda était sur le pied de guerre !... Revêtant son surplis et se rendant sur Terre, il assista à la capture de Kripal.

Ils étaient dix contre un. On venait de lui faire baigner le visage dans la boue et il manqua à plusieurs reprises de s'y étouffer.

Comme jadis, il comptait sur un coup du sort pour se sortir de l'impasse, appelant, à haute voix, toutes les divinités maléfiques et les démons de la Terre. Or, ce fut un Juge qui venait d'entendre son appel !...

Oh, il aurait été très aisé pour Aiacos de bondir hors du fourré pour exterminer, en quelques rotations à peine, ou même à distance, ce petit groupe !... Seulement voilà... Il fallait que Kripal sente l'étau se resserrer autour de sa gorge !...

Le bandit et Aiacos avaient un ancien compte à régler. Un compte demeuré en suspens.

Kripal fut mis aux fers et très peu nourri, attendant là sa condamnation.

Parfois, un long sanglot lui échappait.

Sa promesse de se repentir avait été vaine... comme l'avait justement pressenti Minos.

Sa première rechute se solda par un échec.

Par les barreaux de la fenêtre qui le retenaient prisonnier, les villageois se succédaient pour l'insulter et lui cracher dessus.

Chaque soir, un groupe d'hommes vint là pour le rouer de coups de bâton.

On le disait fruit des amours illicites d'un démon et d'une sorcière pervertie !...

Il est vrai que Kripal possédait, dans le fond de la pupille, un élan singulièrement pernicieux, son visage revêtait presque naturellement un pli terriblement moqueur.

Malgré les privations, le jeune homme demeura d'une beauté presque surnaturelle, ce qui lui attira les foudres les plus vives des villageois !...

Chaque nouveau cri de sa part, durant les heures de torture, traversait Aiacos de part en part, lui prenant la respiration, paupières étroitement closes.


"Tu n'es qu'une larve, Kripal." avait lâché Aiacos alors qu'il se présenta enfin devant le corps rompu du malfaiteur. "Même le Seigneur que je sers ne peut plus rien pour toi. Aussi, suis-je venu t'arracher moi-même la vie."

Kripal eut du mal à redresser la tête, vision fixée sur les bottes griffues d'Aiacos.

"Sui... kyô..." crachant une flaque de sang.

"Tu n'en a plus pour longtemps ; tu seras sans doute déjà devant le pupitre du premier Tribunal au moment où ton corps pendra au bout de la corde."

"Sau... Sauve-m... Sui... kyô..."

La salve énergétique frappa en plein, éclairant un court instant la cellule, irradiant à travers les barreaux. Les villageois, accourus, ne purent que constater un corps séparé en quatre, gerbes de sang sur les murs en pierres nues.

On attribua le décès à une divinité qui inspira un nouveau culte.


Aiacos était sombre ces derniers temps, gravité plaqué sur son visage de Spectre.

"Quel sujet te chagrine donc tant, mon cher Cos ?... Puis-je faire quelque chose pour te libérer de ton tourment ?..." questionnait Minos.

"J'ai... tué Kripal... de mes mains."

"Oh... Dans ce cas, il ne tardera pas à se présenter devant mon pupitre. Je te promets de demeurer équitable avec lui, Cos."

"Il a... des circonstances atténuantes, tu sais ?..."

"Reste à savoir s'il va se raconter ou tenter d'enjoliver la réalité ou, pire, camoufler ses actes."

"Fait... au mieux, Minos. Mais par pitié, juge vite."

"Bien sûr, Cos." embrassant sa joue avec dévotion.


"Âme suivante : Kripal Kansakar !..." émit la forte voix de Rune.

Minos frémit à l'appel lancé par Rune.

Kripal s'avança. Hmm... beau, à l'évidence. Beau à en troubler !... Avec cet air de vaurien gravé dans les traits.

"Décline tes méfaits en toute franchise et de manière objective." l'encouragea Minos.

"Je... j'ai volé... mais c'était pour aider ma mère et mes sœurs cadettes, vous savez ?..."

"Cantonne-toi aux seuls faits."

"J'ai... dévoyé... un prince..."

Nous y voilà !...

"Rune, laisse-nous." ordonna Minos.

Rune fixa Minos, bouche entrouverte d'incompréhension.

"N'as-tu point entendu, Rune ?!" d'un ton un peu plus sec.

Le Procureur descendit du pupitre, adressant un ultime regard à Minos, espérant qu'il sache ce qu'il faisait et demeure maître d'une situation capable de lui échapper...

"Dévoyé, dis-tu ?... Précise."

"Je l'ai... initié à... des plaisirs illicites, en dehors de tout cadre et à l'encontre de sa famille."

"En as-tu éprouvé un quelconque repentir ?"

"Ja... jamais."

"Poursuis."

"J'ai... eu... de multiples relations sexuelles avec des gens de toutes conditions, souvent pour leur extorquer des biens. J'ai menti pour... assurer ma survie. J'ai volé pour garantir ma subsistance."

Le bilan s'alourdissait à mesure, à tel point que Minos faillit en soupirer. C'était la pire des prisons qui l'attendait, à l'évidence !...

"Je... regrette... je regrette tant..." brisé.

"Ce n'est pas face à ce pupitre qu'il faut montrer du repentir mais bien avant que la mort ne te fauche."

"Pourrais-je... voir Suikyô ?..."

Ainsi, ce vaurien était donc capable de se rendre compte de la présence d'Aiacos aux Enfers ?... Fort bien.

"Celui que tu désignes par ce prénom est mort." sec, refermant le lourd registre. "Moi, Minos, Juge du premier Tribunal et Spectre du Griffon, te condamne, toi, Kripal Kansakar, à purger une éternité de peine dans la Septième Prison." faisant retentir le marteau sur le tas, appelant la fin d'un jugement définitif et sans appel.


Minos en frémissait encore, suspendant sa lourde robe de Juge. Quel animal, ce Kripal !...

En regagnant Tolomea, Minos eut besoin de tremper son corps dans le bassin d'eau claire, se laissant bercer par l'onde, longue chevelure argentée flottant en surface.

Il se félicitait d'avoir pu juger Kripal au plus juste de sa faute. A présent, ce dernier n'était plus qu'une âme parmi les autres, bien incapable de remonter jusqu'à Aiacos. Un sourire satisfait vint étirer les lèvres fines du Griffon.