Ah la la... ils s'aiment tellement, ces deux-là 3
Chapitre 17 : Tell me
Garuda tourna sur le ventre.
"Dis-moi, Nos..."
Les jolies améthystes s'ouvrirent de moitié sur le Népalais.
"... n'est-ce pas une brève montée de cosmos que j'ai pu ressentir lorsque tu t'es donné dans ma bouche tout à l'heure ?..."
Petit rire ensommeillé de son partenaire. "Dire que... j'avais pensé que cela soit passé inaperçu..."
"Chercherais-tu à mettre à profit ce que nous avions évoqué pour renforcer le plaisir ?..."
"On ne peut rien te cacher." sur un sourire confessant.
"As-tu obtenu un résultat ?..." curieux.
"Cela a été très bref. J'hésite cependant à mettre cette pulsion sur le compte de ma propre excitation ou de tes talents buccaux."
"Sais-tu à quel point j'aime te sentir te répandre chaudement contre mon palais ?..." l'avisant de pupilles dilatées.
"Et inversement." sur un sourire doux.
"Tu n'as pas terminé le récit de tes aventures avec..."
"Oda ?..." le sachant pertinemment au vu du regard pétillant de son cher Garuda, prêt à poursuivre le récit interrompu. "... je suis allé frapper à sa porte, bouquet à la main, m'excusant de ne pas avoir pris sa défense devant la colère de mon père."
"Là, qu'avais-je dit ?... Sindre ne désarme pas aussi facilement devant les difficultés !..."
"Elle a commencé à nous sermonner tous les deux, disant que c'était de la folie et punissable vu que j'étais encore mineur."
"J'attends l'argument imparable."
"Je lui ai aimablement rappelé que c'était elle qui m'avait parlé de mon corps d'homme qui s'éveillait devant les estampes dénichées chez mon oncle."
"Touchée !..."
"Elle s'est excusée pour cette malencontreuse maladresse. Évidemment, je refusais d'entendre cette version erronée des faits, rétorquant que je viendrai la voir tous les jours, que l'opinion de mon père n'avait guère d'importance. Elle s'est mise à trembler devant ma résolution."
"Oh !..." régalé.
"Puis elle a fini par m'ouvrir à nouveau sa porte et son cœur."
"Incapable de résister à de telles améthystes." envisageant le regard précieux de Minos. "A-t'elle fini par t'offrir son corps ?..."
"Oui. Ce fut..." secouant la tête sur un sourire éloquent. "... bien au-delà du plaisir qu'avaient été capables de produire les estampes de mon oncle."
"Ça a duré longtemps ?..."
"Nous étions d'une régularité exemplaire !..." petit rire. "Je me sauvais dès que mon père avait le dos tourné. Puis... il y eut ce jour fatidique où elle fut... happée par une calèche dont l'attelage s'était emballé... Cos... j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps devant sa tombe... J'ai supplié qu'on me la rende !..."
Aiacos caressa le bras de Minos.
"Au lieu de cela... c'est moi que le Seigneur Hadès est venu chercher." grimaça Minos.
"Et maintenant te voici... mon alter ego, mon amant." sur un sourire berçant, lissant une jolie mèche argentée entre les doigts.
"Cos..." sur un sourire reconnaissant. "... tu n'es en rien comparable à Oda."
"Tu... me laisserais te faire l'amour... tendrement ?..." avisant l'épaule blessée.
La proposition fouetta les reins du Griffon. "Tout ce que... tu voudras... même brutalement, si cela te chante..." s'en léchant les lèvres de délectation.
"Ce n'est pas ce que tu m'inspires actuellement, Griffon. Je souhaite te voir sombrer lentement."
Minos monta une jambe sur la banquette sur laquelle il était assis. "Alors viens..."
Aiacos se défit de son haut, entreprenant de défaire lentement son Griffon ; besoin de sentir sa peau délicate contre la sienne, halée.
A dire vrai, Minos ne lui connaissait pas une telle douceur dans les gestes.
Une fois qu'il fut nu, Aiacos entreprit d'embrasser la moindre parcelle de peau, tendre comme un agneau.
L'attitude émut Griffon presque jusqu'aux larmes. Ce Juge redoutable l'aimait bien plus que n'importe quel humain ou Spectre n'aurait jamais pu en être capable !...
Garuda nota les yeux humides de Minos. "Je... te fais mal ?..."
"Bien... au contraire... continue... Cos..." sur un sourire encourageant.
Alors qu'il butinait autour de la jolie verge dressée, Minos eut le frisson, peau se granulant à loisir. C'était comme si chaque attention guérissait un peu plus sa blessure... Vraiment, l'attachement que lui portait Aiacos bénéficiait de bien des vertus !...
"De quelle façon souhaites-tu être pris, Nos ?... Ou préfères-tu que je m'offre ?..."
"Chevauche-moi... Cos..."
Juché sur son cher Griffon, Aiacos flatta son entrée au moyen de l'extrémité sensible de Minos.
A défaut d'onguent, la salive fit l'appoint.
Minos suffoqua de plaisir lorsqu'il entra lentement dans le couloir étroit de son Oiseau de proie.
"C... Cos !..."
"Oooooh... comme c'est..." dodelinant de la tête.
"Par... parfait... Cos !..." perdant les sens, sentant son partenaire sur toute la longueur de son sexe.
L'endroit était exigu et chaud à souhait.
Minos ne put faire autrement que d'animer ses hanches, sur un petit rire coupable. "Par... Hadès... Aia... cos..." levant haut le menton, régalé.
Lentement... il bougeait si lentement... que Griffon crut en devenir fou !...
Il empoigna les hanches découpées de son cher Garuda.
"Tu... t'impatientes ?... Alors que le seul but de ma... lenteur est de te... mmmm... faire perdre les sens... Griffon... avant de te... oooooh... voir sombrer..."
"C'en... est... trop... Cos !... Haaaan !..." donnant en contresens sans pouvoir s'en empêcher.
"Griff..." posant les paumes sur les abdominaux toniques au travail.
C'est qu'il poussait loin et fort, l'animal, épaule blessée ou non !...
Aiacos souriait de le sentir faire, animé par un désir fou.
Son Griffon... son magnifique, fabuleux Griffon... Ah, tiens !... Quelques insanités en bon norvégien !... De quoi étirer davantage le sourire déjà épanoui du Népalais tandis qu'il se laissait aller et venir sur toute la belle longueur de son amant.
"Pour Béhémoth..."
"Hmm ?... Oh, tu sais, je suis certain que ton empoté de Procureur, s'il avait été dans le cas de Violate, serait également apparu pour prendre ta défense s'il t'avait su en danger !..."
Minos se cala davantage contre son bel Oiseau, sur un soupir doux. "Je n'ai même plus besoin de parler ; tu lis dans mes pensées."
"Tu es assez aisé à décrypter, Griffon. Je n'ai presque aucun mérite." caressant la chevelure argentée, savourant cette accalmie après la jolie tempête érotique promise. "Ton épaule semble retrouver sa mobilité..."
"En effet."
"Je suis désolé..." se sentant fautif.
"Tu en as fait tout autant pour moi. Et le principal est que nous ayons détruit ce maudit rosaire !... As-tu d'ailleurs fait ton rapport à notre Seigneur à ce propos ?"
"Je t'attendais pour ce faire. Après tout, nous étions deux pour le leur dérober."
"Nous avons fait du bon travail, Cos. Et je ne verrai pas d'objection à ce que tu demandes, en contrepartie, à notre Seigneur de ramener Béhémoth à la vie."
Petit rire d'Aiacos. "Dis plutôt que tu te sens un peu délaissé depuis que tu n'as plus personne à titiller !..."
"Tu lis véritablement dans mes pensées. Je vais finir par m'en agacer." sur un reniflement doux.
"Minos, Aiacos."
"Seigneur." ployant le genou.
"Vous avez servi très justement les intérêts des Enfers. Je ne peux que vous en féliciter."
"Merci, Seigneur."
Bref échange de regards entre les deux Juges concernant Violate.
"Quelque chose cependant a retenu notre attention et nous souhaitons vous en faire part, votre Seigneurie."
"Parlez."
"Outre le fait que le Saint de la Vierge soit apte à naviguer entre deux dimensions, Violate du Béhémoth nous est apparue et venue en aide."
"Voilà qui est curieux, en effet." plissant les yeux. "Quel lien pourrait lui être suffisamment précieux pour permettre un tel prodige ?..."
Minos eut un petit coup de coude envers Aiacos, complice, avant de prendre la parole. "Je pense que cette créature est demeurée profondément attachée à son maître. Et ce jusque dans la mort." affirma Minos.
"Quel dévouement exemplaire." admit Hadès.
"Aussi, est-il possible de la faire revenir parmi nous maintenant que la malédiction du rosaire est rompue ?..." questionna Minos, prenant l'initiative.
Aiacos eut un petit sourire en coin. "Toi... tu dois vraiment t'ennuyer... pour réclamer aussi fortement le retour de ton jouet favori..."
"Je vais m'y employer." en réponse.
"MESSIRE MINOS !"
Aiacos eut une petite mine agacée face aux cris de celui qui venait de pénétrer dans la salle du trône.
Minos prit les devant et lui lança ses fils, le projetant pour l'immobiliser contre une colonne.
"Pardonnez mon Procureur, Seigneur Hadès, il lui arrive de manquer de la plus élémentaire des politesses, par moment."
"SEI... Seigneur Minos !..."
"SILENCE, RUNE." tonna la voix du Griffon.
Aiacos dut reconnaître que le spectacle était plaisant.
"Pardonnez-moi, Seigneur Minos... une affaire de la plus haute importance..."
"Rien qui ne saurait attendre, Rune. Nous tenons audience auprès de Sa Seigneurie, au cas où cela t'aurait échappé !"
Aiacos était en passe de faire un pied-de-nez à l'indiscipliné Procureur.
"Seigneur Minos !... Les... les registres... la page !..."
"Ton bredouillage est incompréhensif, Rune." sévère.
"Une page a été déchirée du registre 14 589 !"
Minos se raidit. "Comment ?"
"C'est... c'est incompréhensible, Seigneur Minos !... Arrachée, vous dis-je !"
Minos relâcha enfin son Procureur. Ce dernier heurta violemment le sol.
"Seigneur Hadès, je vais enquêter de ce pas." avec une révérence.
"Fort bien, Minos."
Rune ouvrait la marche sur un Minos renfrogné.
"C'est inimaginable, Seigneur !"
"Tu te répètes, Rune." passablement agacé.
Rune se tassa, peu désireux d'essuyer une nouvelle colère.
Minos énumérait dans sa tête les potentiels responsables ainsi que leurs motifs. Aucun ne le contentait.
Quoi qu'il en était, il fallait à présent faire garder les précieux registres !... Et par Cerbère lui-même, de préférence !...
Sur le lieu du délit, Minos ne put que constater l'absence de ladite page.
Il s'agissait d'un outrage suprême !... Quel que fut le coupable, c'est Griffon lui-même qui infligerait le châtiment !... Et au rayon des tortures, Griffon n'avait que l'embarras du choix !...
On fit donc veiller Cerbère dans la vaste bibliothèque dans laquelle sommeillaient les volumes de valeur.
Aiacos émergeait, engourdi de sommeil, notant que le Griffon prenait le frais sur le balcon.
Sur un petit sourire, il repoussa les draps et le rejoignit, nu comme un ver - Aiacos n'avait jamais fait grand cas de sa nudité.
Une fois à portée, il l'étreignit. "Que fais-tu dehors, mon beau ?..."
"Je... réfléchis."
"Voyons..." dégageant quelques mèches pour accéder à la jugulaire battante et y poser des baisers doux et pleins. "Viens te recoucher..."
"Si je tenais... l'impudent qui a osé..." serrant le poing.
"T-t-t-t, Nos. L'heure n'est pas encore au châtiment." amenant lentement Griffon à lui faire face, dirigeant sa main jusqu'au sexe semi-érigé.
Sitôt le contact établi, l'expression de Minos changea. "Quels rêves... ont bien pu te conduire à un tel état ?..."
"L'image d'un bel éphèbe prenant l'air vicié des Enfers sur son balcon, peut-être..." effleurant de dents la joue de Minos.
Petit rire de Minos alors que sa main se mit en action sur la hampe sensible d'Aiacos.
Garuda dodelina de la tête, signe que les sensations montaient en même temps que le sexe prenait en volume et en dureté.
"My beautiful... child..." souffla Minos, scotché par le spectacle que donnait à voir le Népalais.
L'air frais attisait les sensations déjà bien présentes.
Lentement, Griffon bascula Garuda contre le garde-corps, main toujours sur lui.
Il fureta dans le cou du Népalais, donnant toujours du poignet plus bas.
Aiacos était à présent bien haut, bien éveillé, sens au zénith.
Qu'importe si des servantes ou des gardes les surprenaient. Ce n'était plus un mystère pour personne, ni à Tolomea, ni à Antinora !...
Aiacos laissait enfler les appréciations dans sa gorge ; mélodie dont les oreilles de Minos se régalaient !...
C'était surtout le mouvement du pouce de Minos, revenant de manière rythmée, sur le joli frein ultra-sensible qui rendait Aiacos fou de plaisir. La sensation était d'ailleurs accentuée par les fluides que Garuda laissait échapper.
Minos, lui, se dressait à mesure et bientôt il fut en état de les attraper tous deux pour leur prodiguer une attention toute particulière, leur arrachant des sons voluptueux, entrecoupés par quelques termes grossiers pour l'un et par des feulements appuyés pour l'autre.
Le plaisir à la vue de tous, face au jeu des lunes infernales, à gémir de bien face au monde souterrain.
Aiacos mouvait des hanches sans pouvoir s'en empêcher, animé, ce qui fit sourire Griffon qui accéléra perceptiblement.
"Cos ?..."
"Hmm ?..."
"Tu m'aimes ?..."
Aiacos sourit face à cette question enfantine, ouvrant des yeux flous pour aller racler de ses dents le cartilage de l'oreille de Minos. "Férocement."
"Raconte-moi... Cos..." d'une voix de miel.
"Que souhaites-tu que je te raconte, Minos ?"
"N'importe quoi. Un souvenir... une sensation... je prends tout." sur un sourire doux.
"Ce matin... d'avril... peu avant la mousson... la neige était encore présente sur les hauts sommets..."
"Ouiiii..." améthystes pétillantes, prêt à engloutir le récit.
Petit rire du Garuda devant le visage enfantin de Minos.
"... nous avons préparé notre paquetage, portés par nos montures, mon père et moi. Direction un marché dans la vallée, sur lequel mon père souhaitait vendre quelques uns de ses chevaux. Nous devions traverser un bras de jungle, non loin de Ghorepani... quand soudain... bondissant hors d'un fourré, un tigre énorme a surgi, faisant fuir nos montures sur un hennissement affolé !..."
Minos se raidit tout entier en imaginant la frayeur du père et de son fils.
"Par Hadès... Cos..."
"L'un des animaux avait bien entendu emporté la lance de mon père avec lui, dans sa fuite. Nous avons cru notre dernière heure arriver !... Nous avons récité à toute vitesse quelques prières pendant que le fauve rugissait devant nous, prêt à nous dépecer."
Minos saisit le bras de son compagnon. C'était une torture !...
"C'est alors qu'une antilope a surgi sur le chemin. D'une espèce peu commune dans la région. Le tigre sembla hésiter un instant et établit un choix ; l'antilope lui parut plus appétissante que nous !..."
Minos souffla de soulagement.
"J'ignore encore aujourd'hui quel dieu est intervenu en notre faveur..." sur un petit sourire amer. "Etait-ce déjà Hadès Sama qui s'assurait de ma future destinée dans ses rangs ?..."
"Qu'importe. L'essentiel étant que tu aies eu la vie sauve..."
"Et si... l'intervention était venue d'Athéna elle-même ?..."
"Nous ne saurons jamais, Cos."
S'il y avait bien une chose que Minos vénérait, jusqu'au fétichisme, c'était cette roue de plumes orgueilleuse que possédait le surplis d'Aiacos. Certes, l'ustensile n'était qu'ornemental, ne lui étant d'aucun secours pour le vol - d'ailleurs Aiacos ne volait pas, il se déplaçait au moyen de projections énergétiques et c'était lui qui, au moyen du puissant Garuda Flap, propulsait ses ennemis dans les airs. Cette jolie et imposante roue de plumes représentait à elle seule toute la fierté de Garuda, l'auréolant de prestige !...
Elle lui permettait de concentrer le cosmos dans cette partie du surplis pour le libérer d'un seul coup, notamment lorsque le Népalais usait de la technique redoutable du Surendra-jit !...
Aiacos était véritablement d'une puissance redoutable, ciblée !... Sa force de destruction demeurait cependant différente de celle déployée par Wyvern. Aiacos aimait se mettre en scène - fils de chef de village oblige ! - contrairement à Wyvern qui se moquait royalement de l'effet et ne comptait que sur le résultat.
Aux yeux de Minos, Garuda était le plus majestueux et mystique de tous les Oiseaux !...
Ce n'était pas la première fois que Minos percevait cette faible voix qui l'appelait du fin fond des Enfers... d'une des prisons, pour être précis... celle des peines légères...
"Sindre..."
C'était chose peu ordinaire d'entendre ainsi l'appel sur un prénom disparu. Même si Aiacos et Minos se le permettaient par moment, le fait demeurait fortement tabou.
"Sindre... pitié..."
La voix tourmentait Minos. Parce qu'elle possédait ce timbre particulier... un timbre qui éveillait en lui des souvenirs enfouis...
"Sindre... à l'aide..."
Minos se redressa sur le lit, en nage, respiration courte.
A ses côtés, Aiacos tourna la tête sur un grognement ensommeillé.
Moite jusqu'aux os, Griffon quitta lentement le lit, doigts tremblants s'emparant de sa robe de chambre qu'il posa sur ses épaules, allant prendre le frais.
Cette voix provenait des profondeurs infernales, à n'en point douter. Si présente en demeurant si lointaine, frappant en plein cœur résigné !...
"Sindre... mon frère... sauve-nous..."
